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Vue normale

Tech : pourquoi l’Europe a décroché — et comment raccrocher

10 octobre 2026 à 17:50
L’Europe a raté la révolution de la tech. Bilan ? Pour chaque famille, c’est près de 35 000 € en moins par an. Depuis 1995, la productivité européenne a décroché d’un cinquième face à l’Amérique. Trop frileux, le Vieux Continent investit trop peu dans la tech. Pour inverser la tendance, il faut encourager la prise de risque, sans sacrifier la protection des salariés.L’article Tech : pourquoi l’Europe a décroché — et comment raccrocher est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

L’éditorial de Jacques-Olivier Martin : « Arrêtons le massacre de l’automobile européenne »

L’automobile chinoise pourrait bientôt représenter 20 % des ventes en Europe. Sur un marché stagnant, chaque vente gagnée sera une vente perdue pour nos constructeurs.

© Le Figaro

Jacques-Olivier Martin.

Pékin accepte de réduire ses exportations vers l’UE : “coup d’arrêt” dans l’escalade commerciale

Après deux jours de négociations à Pékin, le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a annoncé que la Chine avait accepté de réduire ses exportations de véhicules hybrides et électriques vers le Vieux Continent. Une pause bienvenue dans l’escalade commerciale de ces derniers mois, commente la presse internationale.

© Photo Florence Lo/REUTERS

Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, lors d’une conférence de presse à Pékin, en Chine, le 9 octobre 2026.

Les brasseurs de bière japonais soupçonnés d’entente sur les prix, une “trahison”

Quatre grands brasseurs nippons, dont les géants Asahi et Sapporo, sont soupçonnés par les autorités de s’être entendus sur les prix de leurs produits. Une pratique susceptible de constituer une violation de la loi antitrust. Des perquisitions ont été menées à leurs sièges, mercredi 7 octobre.

© PHOTO RIE KIKUCHI/AFP

Les autorités japonaises ont perquisitionné mercredi 7 octobre les locaux de quatre grands brasseurs nippons, soupçonnés de s’être entendus pour augmenter les prix des boissons en violation de la législation antimonopole.

Le marché des PC dégringole de 20 % au troisième trimestre sur un an

9 octobre 2026 à 15:43
Et ce sera pire après
Le marché des PC dégringole de 20 % au troisième trimestre sur un an

IDC et Omdia (anciennement Canalys) ont publié leurs chiffres préliminaires pour les ventes d’ordinateurs pour le troisième trimestre. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne sont pas bons, avec un recul très net sur un an.

On pouvait le pressentir, IDC et Omdia le confirment. Si les chiffres sont légèrement différents entre les deux cabinets d’analyse, la tendance est peu ou prou la même. Sur le troisième trimestre 2026, les expéditions mondiales ont reculé d’environ 20 % par rapport à 2025. La chute est brutale, mais les constructeurs ne font pas tous grise mine dans les mêmes proportions.

Une chute brutale, mais attendue

Chez IDC, les expéditions mondiales ont reculé de 20,1 % sur un an, à 62,7 millions d’unités. C’est le deuxième trimestre consécutif de baisse, après −3,8 % au 2ᵉ trimestre. Le recul est aussi de 9,1 % par rapport au trimestre précédent, alors que le 3ᵉ trimestre dépasse habituellement le 2ᵉ.

Source : IDC

Comme on peut le voir dans le tableau fourni par IDC, le recul est général, mais certaines entreprises s’en tirent mieux que d’autres. Lenovo, HP et Dell ont tous reculé plus vite que le marché et cèdent ensemble 4,2 points de part. À eux trois, ils représentent 11,6 des 15,8 millions d’unités perdues, soit environ 73 % de la baisse. Apple et ASUS s’en tirent mieux, mais la claque reste marquée.

Dans la FAQ fournie, IDC répond à l’éléphant dans la pièce : pourquoi les livraisons de PC ont-elles reculé durant un trimestre habituellement plus fort ? Parce que les constructeurs ont tous fait des stocks avant l’inévitable augmentation des prix des composants, menée par celle de la RAM. Pour rappel, les tarifs de la mémoire explosent depuis que les producteurs ont abandonné la DRAM au profit de la HBM dont les datacenters IA sont si friands. Surtout, elle est beaucoup plus onéreuse et beaucoup plus rentable.

IDC estime cependant que les prix vont baisser, bien que « modestement et brièvement », car les stocks restent élevés. Ils pourraient donc donner lieu à des promotions (par exemple pour le Black Friday et les fêtes de fin d’année), mais la demande serait faible, indique le cabinet.

Pour IDC, l’avenir n’est guère lumineux pour cette demande : « La détérioration des conditions macroéconomiques est la principale préoccupation. Une économie plus faible pourrait encore affaiblir la demande, et avec les prix toujours élevés et l’offre limitée, les perspectives pour le reste de 2026 et l’entrée en 2027 pourraient se détériorer ».

Autre source, mêmes constats

Chez Omdia, les chiffres sont légèrement différents mais rejoignent largement ceux d’IDC. En moyenne, le recul est de - 21,2 % sur un an pour le troisième trimestre.

Selon l’un des analystes, Ben Yeh, la part de la DRAM et des SSD est passée de 15 % du coût moyen d’un PC à près de 40 %. « Bien que les fabricants de PC aient augmenté les prix à plusieurs reprises au cours des derniers trimestres, ces hausses n’ont pas encore totalement compensé l’impact. Ces pressions devraient persister, et le déclin actuel pourrait n’être que le début d’un nouveau cycle descendant », ajoute-t-il.

Source : Omdia

Pour Omdia, la baisse va donc se poursuivre et devrait atteindre - 24 % sur le quatrième trimestre en glissement annuel, d’ordinaire porté par les fêtes de fin d’année. Point intéressant en revanche : même en tenant compte des baisses franches dans les volumes expédiés, le classement des constructeurs n’a guère changé.

Lenovo reste ainsi en tête avec 25,7 % de parts de marché, suivi par HP et Dell, avec respectivement 17,8 et 13,1 %, même si tous ces chiffres ont baissé d’une année sur l’autre. Pour Apple et ASUS, l’histoire est légèrement différente. Non seulement la baisse de leurs volumes est moins prononcée, mais ces deux entreprises ont grapillé des parts de marché, Apple passant notamment de 10,4 à 11,7 % des volumes écoulés sur un an. Pour Omdia, l’entreprise de Cupertino a été sauvée par son profil premium, mais le MacBook Neo pourrait avoir joué un rôle, tant son tarif lui a permis de se vendre comme des petits pains. Le maintien d’ASUS n’est en revanche pas expliqué.

Dans l’ensemble, ce décrochage était annoncé. IDC prévoyait déjà −11,3 % sur l’année 2026, avec un marché en valeur en hausse de 1,6 % à 274 milliards de dollars grâce à la hausse des prix. En juin dernier, IDC avait pronostiqué une chute de 20 % au 4ᵉ trimestre et une pénurie de mémoire durant jusqu’à fin 2027. La baisse de 20 % arrive donc un trimestre plus tôt que prévu.

Si d’autres cabinets comme Gartner et Counterpoint n’ont pas encore publié leurs chiffres, il est probable qu’ils n’aient pas de nouvelles plus joyeuses à annoncer. Les projections d’IDC et Omdia vont en effet dans le même sens : le marché ne va pas se réveiller de sitôt, et il faudra attendre une détente sur le marché de la DRAM, qui pourrait ne pas arriver avant plusieurs années. D’ici là, plusieurs marchés auront peut-être été remodelés.

Le marché des PC dégringole de 20 % au troisième trimestre sur un an

9 octobre 2026 à 15:43
Et ce sera pire après
Le marché des PC dégringole de 20 % au troisième trimestre sur un an

IDC et Omdia (anciennement Canalys) ont publié leurs chiffres préliminaires pour les ventes d’ordinateurs pour le troisième trimestre. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne sont pas bons, avec un recul très net sur un an.

On pouvait le pressentir, IDC et Omdia le confirment. Si les chiffres sont légèrement différents entre les deux cabinets d’analyse, la tendance est peu ou prou la même. Sur le troisième trimestre 2026, les expéditions mondiales ont reculé d’environ 20 % par rapport à 2025. La chute est brutale, mais les constructeurs ne font pas tous grise mine dans les mêmes proportions.

Une chute brutale, mais attendue

Chez IDC, les expéditions mondiales ont reculé de 20,1 % sur un an, à 62,7 millions d’unités. C’est le deuxième trimestre consécutif de baisse, après −3,8 % au 2ᵉ trimestre. Le recul est aussi de 9,1 % par rapport au trimestre précédent, alors que le 3ᵉ trimestre dépasse habituellement le 2ᵉ.

Source : IDC

Comme on peut le voir dans le tableau fourni par IDC, le recul est général, mais certaines entreprises s’en tirent mieux que d’autres. Lenovo, HP et Dell ont tous reculé plus vite que le marché et cèdent ensemble 4,2 points de part. À eux trois, ils représentent 11,6 des 15,8 millions d’unités perdues, soit environ 73 % de la baisse. Apple et ASUS s’en tirent mieux, mais la claque reste marquée.

Dans la FAQ fournie, IDC répond à l’éléphant dans la pièce : pourquoi les livraisons de PC ont-elles reculé durant un trimestre habituellement plus fort ? Parce que les constructeurs ont tous fait des stocks avant l’inévitable augmentation des prix des composants, menée par celle de la RAM. Pour rappel, les tarifs de la mémoire explosent depuis que les producteurs ont abandonné la DRAM au profit de la HBM dont les datacenters IA sont si friands. Surtout, elle est beaucoup plus onéreuse et beaucoup plus rentable.

IDC estime cependant que les prix vont baisser, bien que « modestement et brièvement », car les stocks restent élevés. Ils pourraient donc donner lieu à des promotions (par exemple pour le Black Friday et les fêtes de fin d’année), mais la demande serait faible, indique le cabinet.

Pour IDC, l’avenir n’est guère lumineux pour cette demande : « La détérioration des conditions macroéconomiques est la principale préoccupation. Une économie plus faible pourrait encore affaiblir la demande, et avec les prix toujours élevés et l’offre limitée, les perspectives pour le reste de 2026 et l’entrée en 2027 pourraient se détériorer ».

Autre source, mêmes constats

Chez Omdia, les chiffres sont légèrement différents mais rejoignent largement ceux d’IDC. En moyenne, le recul est de - 21,2 % sur un an pour le troisième trimestre.

Selon l’un des analystes, Ben Yeh, la part de la DRAM et des SSD est passée de 15 % du coût moyen d’un PC à près de 40 %. « Bien que les fabricants de PC aient augmenté les prix à plusieurs reprises au cours des derniers trimestres, ces hausses n’ont pas encore totalement compensé l’impact. Ces pressions devraient persister, et le déclin actuel pourrait n’être que le début d’un nouveau cycle descendant », ajoute-t-il.

Source : Omdia

Pour Omdia, la baisse va donc se poursuivre et devrait atteindre - 24 % sur le quatrième trimestre en glissement annuel, d’ordinaire porté par les fêtes de fin d’année. Point intéressant en revanche : même en tenant compte des baisses franches dans les volumes expédiés, le classement des constructeurs n’a guère changé.

Lenovo reste ainsi en tête avec 25,7 % de parts de marché, suivi par HP et Dell, avec respectivement 17,8 et 13,1 %, même si tous ces chiffres ont baissé d’une année sur l’autre. Pour Apple et ASUS, l’histoire est légèrement différente. Non seulement la baisse de leurs volumes est moins prononcée, mais ces deux entreprises ont grapillé des parts de marché, Apple passant notamment de 10,4 à 11,7 % des volumes écoulés sur un an. Pour Omdia, l’entreprise de Cupertino a été sauvée par son profil premium, mais le MacBook Neo pourrait avoir joué un rôle, tant son tarif lui a permis de se vendre comme des petits pains. Le maintien d’ASUS n’est en revanche pas expliqué.

Dans l’ensemble, ce décrochage était annoncé. IDC prévoyait déjà −11,3 % sur l’année 2026, avec un marché en valeur en hausse de 1,6 % à 274 milliards de dollars grâce à la hausse des prix. En juin dernier, IDC avait pronostiqué une chute de 20 % au 4ᵉ trimestre et une pénurie de mémoire durant jusqu’à fin 2027. La baisse de 20 % arrive donc un trimestre plus tôt que prévu.

Si d’autres cabinets comme Gartner et Counterpoint n’ont pas encore publié leurs chiffres, il est probable qu’ils n’aient pas de nouvelles plus joyeuses à annoncer. Les projections d’IDC et Omdia vont en effet dans le même sens : le marché ne va pas se réveiller de sitôt, et il faudra attendre une détente sur le marché de la DRAM, qui pourrait ne pas arriver avant plusieurs années. D’ici là, plusieurs marchés auront peut-être été remodelés.

500 milliards de dollars en neuf mois : les emprunts colossaux de la Big Tech mettent sous pression le marché de la dette

Les grandes sociétés technologiques multiplient les emprunts vertigineux pour financer leurs investissements dans l’IA, jusqu’à empiéter sérieusement sur le marché des bons du trésor américain.

© Jonathan Ernst / REUTERS

Les besoins en capitaux du secteur de l’intelligence artificielle poussent les géants du numérique à s’endetter dans des volumes sans précédents. 

Uniqlo passe la seconde et talonne désormais H&M

Forte de ses succès à l’étranger, la société d’habillement japonaise espère détrôner la société suédoise H&M en tant que deuxième marque mondiale du secteur. Une progression remarquée par la presse nippone.

© Photo YUICHI YAMAZAKI/AFP

Une boutique de la marque Uniqlo à Tokyo (Japon), le 8 octobre 2026.

Bruxelles et Pékin fourbissent leurs armes pour éviter une guerre commerciale ouverte

Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, est à Pékin pour négocier une réduction du déficit commercial abyssal qu’accuse l’Europe face à la Chine. Entre le bazooka européen et les cartouches chinoises, la hausse des tensions bat son plein.

© PHOTO WANG ZHAO/REUTERS

L’heure du thé lors d’un sommet entre l’Union européenne et la Chine, le 14 juillet 2025, à Pékin.

L'IA devra générer 6 000 milliards de revenus annuels d'ici 2031 pour rentabiliser les investissements colossaux dans les centres de données, or les applications actuelles n'en couvriront qu'une fraction

8 octobre 2026 à 07:01
"Bain & Company estime que l'industrie mondiale de l'IA devra générer environ 6 000 milliards de dollars de revenus annuels d'ici 2031 pour justifier les investissements massifs dans les centres de données et l'infrastructure informatique."

6000 milliards de revenus. Pas du tout irréaliste, hein.
Par contre j'espère qu'on attendre pas 2031 pour que tout ça se casse la gueule. Plus on attend, plus la chute sera dure.
(Permalink)

“Tempête” sur l’agriculture portugaise, plombée par la concurrence espagnole et la crise des carburants

Confrontés à l’explosion des coûts, à la concurrence espagnole et au recul des investissements, les agriculteurs portugais réclament un plan d’urgence de 140 millions d’euros. Ils prévoient une mobilisation le 12 octobre à Lisbonne. Dans la presse, certains dénoncent surtout un manque de vision politique pour le secteur.

© PHOTO PATRICIA DE MELO MOREIRA/AFP

Un agriculteur lors d’une manifestation à Golegã, à 130 kilomètres au nord de Lisbonne, en février 2024.

Bruxelles cherche à taxer les grandes entreprises américaines du numérique sans les nommer

7 octobre 2026 à 14:08
Ménager la chèvre européenne et le chou américain
Bruxelles cherche à taxer les grandes entreprises américaines du numérique sans les nommer

Il n’aura échappé à personne que les finances publiques de plusieurs pays européens sont au plus bas. Difficile pour Bruxelles de demander une rallonge pour boucler le budget européen. La Commission cherche donc de nouvelles recettes, en visant les grandes entreprises… sans donner l’impression de cibler les géants américains du numérique.

En coulisse, les négociations pour le budget européen 2028 - 2034 (2 000 milliards d’euros) sont compliquées par les contraintes financières de plusieurs États membres, rapporte le Financial Times. La Commission a proposé cinq nouvelles « ressources propres » avec des recettes attendues de 58,5 milliards d’euros par an.

Parmi ces ressources, on recense un système d’échange de quotas d’émission de l’UE, un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, les déchets électroniques non collectés, les droits d’accise sur le tabac, et une contribution des grandes entreprises qui opèrent dans le marché unique. Cette « contribution forfaitaire annuelle », qui devrait rapporter 6,8 milliards d’euros, fait l’objet de toutes les attentions.

Des sous pour l’UE

Connue sous le nom de « Corporate Resource for Europe » (Core), cette proposition viserait les entreprises opérant et vendant dans l’UE avec un chiffre d’affaires net annuel dépassant 100 millions d’euros. Bruxelles envisagerait désormais d’en modifier les seuils afin d’épargner davantage d’entreprises européennes de taille moyenne, tout en faisant contribuer plus fortement les très grands groupes, notamment les géants américains du numérique, sans les viser explicitement.

On ne parle donc pas d’une nouvelle taxe sur le numérique US, plusieurs capitales européennes s’opposant à un tel projet pour ne pas froisser davantage la Maison-Blanche. Il s’agirait de maintenir une taxe applicable à tous les secteurs mais calibrée pour toucher surtout les plus grandes multinationales. Il se trouve simplement que beaucoup d’entre elles sont américaines…

La majorité des pays de l’UE ne voudraient pas entendre parler d’une plus forte taxation des sociétés européennes, qui subiraient un désavantage par rapport aux rivales étrangères. D’où l’idée de revoir les seuils : suffisamment élevés pour épargner une partie des entreprises européennes, mais suffisants pour faire contribuer davantage les plus puissants groupes.

L’accord mondial de l’OCDE toujours enlisé

Ce serait là une manière pour Bruxelles de ménager la chèvre (éviter de taxer les entreprises européennes) et le chou (la susceptibilité de Washington). Mais malgré les efforts de la Commission pour éviter l’ire américaine, les grands groupes US iront probablement frapper à la porte de Donald Trump pour se plaindre du mauvais traitement supposé dont ils font l’objet dans l’UE. Les points de contentieux sont nombreux entre les deux blocs, que ce soit sur les régulations ou les sanctions infligées aux entreprises américaines.

Depuis janvier 2024, une directive européenne a établi un impôt minimum de 15 % sur les bénéfices des multinationales réalisant plus de 750 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel dans le monde. Il s’agit de la transposition du second pilier de la solution négociée dans le cadre de l’OCDE en 2021.

Le premier pilier, celui qui concerne la réattribution d’une partie des droits d’imposition aux pays où les grandes entreprises réalisent leurs ventes, est toujours enlisé depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Or, c’est ce volet de l’accord qui devait répondre au cas des géants du numérique, capables de générer des revenus importants sur des marchés où ils ne réalisent pas une part équivalente de leurs bénéfices imposables.

Bruxelles cherche à taxer les grandes entreprises américaines du numérique sans les nommer

7 octobre 2026 à 14:08
Ménager la chèvre européenne et le chou américain
Bruxelles cherche à taxer les grandes entreprises américaines du numérique sans les nommer

Il n’aura échappé à personne que les finances publiques de plusieurs pays européens sont au plus bas. Difficile pour Bruxelles de demander une rallonge pour boucler le budget européen. La Commission cherche donc de nouvelles recettes, en visant les grandes entreprises… sans donner l’impression de cibler les géants américains du numérique.

En coulisse, les négociations pour le budget européen 2028 - 2034 (2 000 milliards d’euros) sont compliquées par les contraintes financières de plusieurs États membres, rapporte le Financial Times. La Commission a proposé cinq nouvelles « ressources propres » avec des recettes attendues de 58,5 milliards d’euros par an.

Parmi ces ressources, on recense un système d’échange de quotas d’émission de l’UE, un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, les déchets électroniques non collectés, les droits d’accise sur le tabac, et une contribution des grandes entreprises qui opèrent dans le marché unique. Cette « contribution forfaitaire annuelle », qui devrait rapporter 6,8 milliards d’euros, fait l’objet de toutes les attentions.

Des sous pour l’UE

Connue sous le nom de « Corporate Resource for Europe » (Core), cette proposition viserait les entreprises opérant et vendant dans l’UE avec un chiffre d’affaires net annuel dépassant 100 millions d’euros. Bruxelles envisagerait désormais d’en modifier les seuils afin d’épargner davantage d’entreprises européennes de taille moyenne, tout en faisant contribuer plus fortement les très grands groupes, notamment les géants américains du numérique, sans les viser explicitement.

On ne parle donc pas d’une nouvelle taxe sur le numérique US, plusieurs capitales européennes s’opposant à un tel projet pour ne pas froisser davantage la Maison-Blanche. Il s’agirait de maintenir une taxe applicable à tous les secteurs mais calibrée pour toucher surtout les plus grandes multinationales. Il se trouve simplement que beaucoup d’entre elles sont américaines…

La majorité des pays de l’UE ne voudraient pas entendre parler d’une plus forte taxation des sociétés européennes, qui subiraient un désavantage par rapport aux rivales étrangères. D’où l’idée de revoir les seuils : suffisamment élevés pour épargner une partie des entreprises européennes, mais suffisants pour faire contribuer davantage les plus puissants groupes.

L’accord mondial de l’OCDE toujours enlisé

Ce serait là une manière pour Bruxelles de ménager la chèvre (éviter de taxer les entreprises européennes) et le chou (la susceptibilité de Washington). Mais malgré les efforts de la Commission pour éviter l’ire américaine, les grands groupes US iront probablement frapper à la porte de Donald Trump pour se plaindre du mauvais traitement supposé dont ils font l’objet dans l’UE. Les points de contentieux sont nombreux entre les deux blocs, que ce soit sur les régulations ou les sanctions infligées aux entreprises américaines.

Depuis janvier 2024, une directive européenne a établi un impôt minimum de 15 % sur les bénéfices des multinationales réalisant plus de 750 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel dans le monde. Il s’agit de la transposition du second pilier de la solution négociée dans le cadre de l’OCDE en 2021.

Le premier pilier, celui qui concerne la réattribution d’une partie des droits d’imposition aux pays où les grandes entreprises réalisent leurs ventes, est toujours enlisé depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Or, c’est ce volet de l’accord qui devait répondre au cas des géants du numérique, capables de générer des revenus importants sur des marchés où ils ne réalisent pas une part équivalente de leurs bénéfices imposables.

Coût des emprunts : l’Union africaine lance sa propre agence de notation

L’instance a lancé, mercredi 7 octobre, l’Afcra, sa propre agence de notation de crédit. Une initiative qui intervient alors que les agences internationales sont régulièrement accusées de surestimer le risque africain, gonflant mécaniquement le coût des emprunts pour les États et entreprises du continent. Reste désormais à convaincre les investisseurs de la crédibilité de cette nouvelle agence. Un enjeu de taille, estime la presse africaine.

© Photo Tiksa Negeri/REUTERS

Les locaux de l’Union africaine, à Addis-Abeba (Éthiopie), le 8 novembre 2021.

Bertille Bayart : « Les sept poncifs qui nous ont envoyés dans le mur de la dette »

CHRONIQUE - Beaucoup d’arguments, très solides, ont été utilisés pour éviter un véritable redressement des comptes. Avec le résultat que l’on sait : la perte de contrôle de l’endettement du pays.

© Jean-Christophe MARMARA

Bertille Bayart.

☕️ Skydance, un géant hollywoodien à peine né et déjà perclus de dettes

7 octobre 2026 à 05:35


Après bien des rebondissements, Paramount Skydance a officialisé l’acquisition à grands frais (110 milliards de dollars) de Warner Bros. Discovery. Le groupe de David Ellison, fils du mogul Larry (cofondateur d’Oracle), a mis beaucoup d’engagements sur la table pour remporter le morceau.

Le nouveau groupe, baptisé Skydance tout simplement, combine deux des grands studios hollywoodiens, Paramount et Warner (qui conserveront leurs noms), ainsi que les services de streaming Paramount+, HBO Max et Discovery+ qui vont officiellement fusionner. Skydance revendique plus de 200 millions d’abonnés.

Le château d’eau de Warner Bros, par Silas Lundquist, Licence Unsplash

La corbeille comprend également CNN, CBS, HBO, les studios DC, des licences de diffusion de compétitions sportives, un énorme catalogue de films, de séries télé et de documentaires, des franchises aussi connues que Harry Potter, Star Trek, Top Gun, Mission Impossible, Bob l’Éponge (ne l’oublions pas).

Larry Ellison a promis aux exploitants des salles de cinéma « au moins » 30 films par an avec une fenêtre de diffusion exclusive d’un minimum de 45 jours pour les salles obscures américaines. Sans oublier des studios de jeux vidéo (Rocksteady, WB Games…) dont l’avenir s’écrit en pointillés : il n’en a jamais été question durant les négociations de l’opération.

Le pari géant de David Ellison

« Aujourd’hui est un jour historique, non seulement pour Skydance, mais pour l’ensemble de notre industrie », a déclaré Ellison. « Notre attention se tourne maintenant vers l’avenir : bâtir une entreprise qui donne les moyens d’agir aux créateurs, divertit les publics et récompense les actionnaires. Nous sommes plus impatients que jamais de nous mettre au travail. »

Du travail, il va y en avoir car le plus dur reste à faire : accomplir les promesses et satisfaire le locataire de la Maison-Blanche qui voit cette acquisition d’un très bon œil. Donald Trump a déjà dit sa volonté de mater CNN.

En décembre dernier, le président américain a déclaré qu’il était « impératif » que la chaîne tout-info soit vendue, l’accusant de diffuser du « poison » et des « mensonges ». Larry Ellison est un proche de Trump, ce qui a certainement facilité les négociations avec les régulateurs. Skydance va créer un « conseil indépendant éditorial » pour CNN et CBS News, dont les membres seront choisis par… Skydance.

Sur le plan des finances, Skydance affiche un chiffre d’affaires d’environ 70 milliards de dollars, et la direction entend réaliser 6 milliards de dollars de synergies (des économies) annuelles d’ici trois ans. Autre objectif : générer un flux de trésorerie de plus de 10 milliards de dollars à l’horizon 2030.

Une trajectoire ambitieuse, soumise à la mise en œuvre d’une feuille de route qui l’est tout autant, entre intégration opérationnelle, discipline dans les dépenses de contenu, réalisation des synergies et réduction de l’endettement. Celui-ci est colossal : 80 milliards de dollars. Il faudra donc faire croître les revenus tirés du streaming et relancer les films en salles, tout en protégeant les revenus de chaînes câblées qui déclinent.

☕️ Skydance, un géant hollywoodien à peine né et déjà perclus de dettes

7 octobre 2026 à 05:35


Après bien des rebondissements, Paramount Skydance a officialisé l’acquisition à grands frais (110 milliards de dollars) de Warner Bros. Discovery. Le groupe de David Ellison, fils du mogul Larry (cofondateur d’Oracle), a mis beaucoup d’engagements sur la table pour remporter le morceau.

Le nouveau groupe, baptisé Skydance tout simplement, combine deux des grands studios hollywoodiens, Paramount et Warner (qui conserveront leurs noms), ainsi que les services de streaming Paramount+, HBO Max et Discovery+ qui vont officiellement fusionner. Skydance revendique plus de 200 millions d’abonnés.

Le château d’eau de Warner Bros, par Silas Lundquist, Licence Unsplash

La corbeille comprend également CNN, CBS, HBO, les studios DC, des licences de diffusion de compétitions sportives, un énorme catalogue de films, de séries télé et de documentaires, des franchises aussi connues que Harry Potter, Star Trek, Top Gun, Mission Impossible, Bob l’Éponge (ne l’oublions pas).

Larry Ellison a promis aux exploitants des salles de cinéma « au moins » 30 films par an avec une fenêtre de diffusion exclusive d’un minimum de 45 jours pour les salles obscures américaines. Sans oublier des studios de jeux vidéo (Rocksteady, WB Games…) dont l’avenir s’écrit en pointillés : il n’en a jamais été question durant les négociations de l’opération.

Le pari géant de David Ellison

« Aujourd’hui est un jour historique, non seulement pour Skydance, mais pour l’ensemble de notre industrie », a déclaré Ellison. « Notre attention se tourne maintenant vers l’avenir : bâtir une entreprise qui donne les moyens d’agir aux créateurs, divertit les publics et récompense les actionnaires. Nous sommes plus impatients que jamais de nous mettre au travail. »

Du travail, il va y en avoir car le plus dur reste à faire : accomplir les promesses et satisfaire le locataire de la Maison-Blanche qui voit cette acquisition d’un très bon œil. Donald Trump a déjà dit sa volonté de mater CNN.

En décembre dernier, le président américain a déclaré qu’il était « impératif » que la chaîne tout-info soit vendue, l’accusant de diffuser du « poison » et des « mensonges ». Larry Ellison est un proche de Trump, ce qui a certainement facilité les négociations avec les régulateurs. Skydance va créer un « conseil indépendant éditorial » pour CNN et CBS News, dont les membres seront choisis par… Skydance.

Sur le plan des finances, Skydance affiche un chiffre d’affaires d’environ 70 milliards de dollars, et la direction entend réaliser 6 milliards de dollars de synergies (des économies) annuelles d’ici trois ans. Autre objectif : générer un flux de trésorerie de plus de 10 milliards de dollars à l’horizon 2030.

Une trajectoire ambitieuse, soumise à la mise en œuvre d’une feuille de route qui l’est tout autant, entre intégration opérationnelle, discipline dans les dépenses de contenu, réalisation des synergies et réduction de l’endettement. Celui-ci est colossal : 80 milliards de dollars. Il faudra donc faire croître les revenus tirés du streaming et relancer les films en salles, tout en protégeant les revenus de chaînes câblées qui déclinent.

Crise lycéenne : l’argent de l’école part à la retraite

6 octobre 2026 à 19:07
Les lycéens bloquent leurs établissements pour réclamer des professeurs, des horaires plus cohérents et des classes moins chargées. Pourtant, contrairement aux idées reçues, l’école ne manque pas d’argent. Mais souvent, il ne finance plus ni les élèves ni les enseignants.L’article Crise lycéenne : l’argent de l’école part à la retraite est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

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