Waymo Launches Robotaxi Service In Miami, Extending US Lead
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Les prix des SSD sont en train de fortement augmenter, surtout les modèles "internes", mais la tendance commence à se faire sentir également sur les modèles externes peu à peu. Si vous êtes en train de vous dire qu'il vous faudrait justement un SSD externe 1 To à bon prix avant que la situation ne d...
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Après le Venezuela, l’escalade déclenchée par Donald Trump autour du Groenland fait redouter à certains l’exercice d’un moyen de pression sans précédent : l’interruption des principaux services numériques émanant d’entreprises ou d’organisations placées sous l’autorité des États-Unis.
Groenland oblige, on a vu revenir, sur les réseaux sociaux, l’hypothèse d’un Donald Trump furibard qui, lassé des protestations de l’Union européenne, appuierait sur le kill switch des services numériques états-uniens. Et nous priverait donc, braves Européens que nous sommes, de nos outils bureautiques, de nos moteurs de recherche et de nos réseaux sociaux.
L’hypothèse se double depuis lundi d’un autre scénario en forme de réponse du berger à la bergère : celui d’une privation, volontaire cette fois, que l’Europe pourrait décider en vertu d’un dispositif réglementaire entré en vigueur en décembre 2023, l’Instrument anti-coercition (ACI, pour Anti-Coercion Instrument).
Quel que soit le côté depuis lequel s’exerce la tentative de chantage, il parait peu plausible que les mesures de rétorsion aillent jusqu’à une interruption complète de services en ligne, ou d’approvisionnement en équipements de pointe. Mais, nous aurait-il paru réaliste il y a 24 mois que les États-Unis déclarent publiquement envisager l’option militaire pour prendre le contrôle d’un territoire souverain, administré par un pays ami de l’OTAN ?
Quand les fluctuations de l’actualité gagnent en amplitude dans de telles proportions, il est permis (et même conseillé) d’interroger les scénarios extrêmes.
Début 2025, le déclenchement, par Donald Trump, de la guerre des droits de douane nous avait conduit à nous demander s’il était possible de boycotter la tech américaine. Début 2026, il convient peut-être de se poser la question en des termes différents : risque-t-on de se trouver privés de tech américaine ?
Rappel pour les retardataires : après une extraction en forme de coup d’État au Venezuela, c’est donc le Groenland que lorgne Donald Trump, à la fois pour sa proximité géographique avec les États-Unis, et pour les immenses réserves foncières, géologiques et énergétiques que représente ce territoire de 2,17 millions de km².
Trump a multiplié les sorties publiques au sujet du Groenland ces derniers jours, et plusieurs pays européens, dont la France, ont en réaction envoyé quelques troupes d’élite sur place, afin de montrer leur soutien au Danemark et leur détermination à ne pas laisser passer un acte offensif.
Samedi 17 janvier, le locataire de la Maison-Blanche a répondu en annonçant l’introduction de nouveaux droits de douane : à compter du 1er février 2026, les exportations de la France, du Royaume-Uni, du Danemark, de la Suède, de la Finlande, des Pays-Bas et de l’Allemagne seront ainsi frappées par une taxe de 10 %, qui sera ensuite relevée à 25 % au 1er juin. « Ces droits de douane resteront applicables et payables jusqu’à la conclusion d’un accord portant sur l’achat complet et total du Groenland », promet Trump.
Comme si cette annonce ne suffisait pas, le président des États-Unis a franchi un nouveau cap dans la provocation dimanche, en laissant circuler un courrier adressé par ses soins au Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre. « Cher Jonas, puisque votre pays a décidé de ne pas me décerner le prix Nobel de la paix pour avoir empêché plus de huit guerres, je ne me sens plus tenu de penser uniquement à la paix, même si elle restera toujours ma priorité », y écrit Trump.
Alors que les jets privés du monde entier commencent à converger vers le Forum économique mondial de Davos, la tension est depuis encore montée d’un cran. Pour punir la France, dont le président a publiquement déclaré qu’il refusait de s’asseoir au Conseil de paix imaginé par Trump comme une alternative plus facile à manier que l’ONU, le président des États-Unis a par exemple menacé d’une surtaxe à l’importation de 200 % sur les vins hexagonaux.
Mercredi 21 janvier, les leaders politiques et économiques du monde moderne, réels ou supposés, sont donc réunis à Davos, et la cacophonie monte encore d’un cran. Gavin Newsom, le gouverneur de Californie, marque des points dans les médias européens en appelant le Vieux Continent à s’affirmer devant Donald Trump et à le frapper à la figure si nécessaire pour le faire reculer sur la question du Groenland.
Une petite avarie électrique à bord d’Air Force One a retardé Trump, mais lui aussi arrive à Davos mercredi. Dans son discours officiel, très critique vis-à-vis de la vieille Europe, il réaffirme sa détermination à acquérir le Groenland, mais exclut, au moins pour l’instant, l’usage de la force.
Si les nuages de la guerre armée s’éloignent, quels sont donc les moyens de pression qu’envisage l’homme d’affaires devenu chef d’État ?
Pour les États souverains qu’il ne peut pas se permettre de traiter comme le Venezuela, la guerre commerciale à base d’interdictions et de droits de douane est le principal levier employé par Donald Trump. Le problème de cette lame, efficace même si elle dépasse les prérogatives du président, comme le souligne Hugo Toudic, c’est qu’elle est à double tranchant.
Comme nous le détaillions il y a un an, les États-Unis et l’Europe entretiennent en effet une balance commerciale globalement équilibrée. En 2023, les échanges représentent un total de 1 600 milliards d’euros, qui se répartissent entre biens et services.
Sur le volet des biens, la balance commerciale de l’Europe est excédentaire : le Vieux Continent exporte 503 milliards d’euros de marchandises vers les États-Unis, et en importe 347 milliards d’euros. La situation s’inverse quand on regarde les services : l’Union européenne exporte l’équivalent de 319 milliards d’euros vers les États-Unis, alors que ces derniers génèrent 427 milliards d’euros à partir du marché européen.
Les masses ne sont pas identiques, mais il n’existe pas de déséquilibre patent qui constituerait un moyen de pression absolu. D’autant que les deux côtés de l’Atlantique sont des terres d’investissements croisés, avec d’importants flux bilatéraux de capitaux.
Chacune des deux parties essaie d’ailleurs de jouer sur les positions dominantes de l’autre. Ainsi, l’Europe regarde comment taxer plus efficacement les flux financiers qui traversent l’Atlantique en direction des géants du numérique. En face, la politique de droits de douane de Trump cible en premier lieu l’acier allemand ou les vins français quand il est question d’engager un bras de fer. Mais sur ces dossiers, on crée simplement de la friction : on n’enraye pas totalement la machine.
Si le bras de fer dure trop longtemps, on s’épuise, et Trump n’aime pas particulièrement gagner à l’usure, il préfère la blitzkrieg. D’où cette idée, inconcevable il y a seulement un an, d’un président qui déciderait de couper l’Europe de certains services numériques ou technologiques vitaux : les équipements de cœur de réseau, le Web en .com, Windows, les réseaux sociaux, pourquoi pas l’iPhone, Gmail, Hotmail, Netflix ou ChatGPT. Le cloud d’AWS peut-être, dont les interruptions de service paralysent Internet ? Ou les CDN comme Akamai et Cloudflare, qui assurent la desserte vers d’innombrables services français ou européens.
Trump peut-il le faire, au sens politique du terme ? Les premiers mois de son deuxième mandat ont montré qu’il ne s’embarrassait ni de scrupules, ni du Congrès, alors pourquoi pas…
« Trump n’a aucune limite. Son arme majeure : le numérique (Microsoft etc) et les systèmes de paiements (Mastercard, visa, Apple Pay…) Il peut tout couper. Il l’a déjà fait », s’alarme (sur X) Aurore Lalucq (Place publique), Présidente de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.
L’exemple n’est pas choisi au hasard. Il fait directement référence à l’expérience vécue par le juge Nicolas Guillou, de la Cour pénale internationale, qui a fait l’objet de sanctions prononcées par les États-Unis et s’est vu privé de sa boîte mail ou de ses moyens de paiement. Ce dernier alertait justement mardi sur la façon dont cette dépendance se transforme en vassalisation dès lors que « du jour au lendemain, vous pouvez vous retrouver banni du numérique de votre propre pays ».
Trump peut-il tout couper, au sens technique du terme cette fois ? Mardi, un vrai ou faux de Radio France s’est attaché à démontrer, rapport de la Banque centrale européenne à l’appui, que si Visa et Mastercard disposent d’une position oligopolistique sur le marché des systèmes de paiement, il existe des alternatives européennes. De la même façon, couper l’accès au .com ou aux DNS basés aux États-Unis (voir notre dossier mode d’emploi d’Internet) ne figerait pas d’un seul coup le navigateur de 450 millions d’Européens. Mais ce serait à coup sûr « a major pain in the ass », pour emprunter au langage fleuri de Donald Trump.
L’Europe dispose-t-elle d’un potentiel de privation comparable ? S’il existe dans le monde technologique quelques secteurs bien précis qui dépendent exclusivement d’une compétence européenne (on pense par exemple à ASML, premier et unique producteur des machines nécessaires à la fabrication de semi-conducteurs de pointe), la réponse est globalement non. Le numérique européen regorge de sociétés, de services et de produits absolument brillants, mais leur taux de pénétration est sans commune mesure avec celui de la tech américaine, devenue littéralement pervasive dans notre quotidien.
Ce n’est guère plus brillant d’un point de vue politique ou législatif. Plusieurs politiques ont brandi dans les médias ces derniers jours la nécessité d’activer de façon préventive l’ACI, l’instrument anti-coercition européen, évoqué notamment par Emmanuel Macron dimanche en réponse à une énième provocation de Trump. Entré en vigueur le 27 décembre 2023 suite à l’adoption du texte dédié, ce dispositif définit le cadre d’action de l’Union européenne en cas de coercition économique à l’encontre de tout ou partie de ses membres.
C’est un outil puissant, puisqu’il autorise par exemple l’Union européenne à restreindre l’import-export, les droits de propriété intellectuelle, les investissements étrangers ou l’accès aux marchés publics. C’est en revanche un outil fastidieux à mettre en œuvre. « La décision de recourir à l’instrument anti-coercition doit être adoptée par le Conseil à la majorité qualifiée », rappelle par exemple Vie publique. Il n’est donc pas dit qu’il soit efficace face à un décret signé de façon impulsive dans le Bureau ovale…
Le risque parait faible, mais admettons que Trump aille plus loin. Imaginons qu’Intel, Qualcomm, AMD, NVIDIA, Cisco, Broadcom, Apple et tous les autres fournisseurs américains de semi-conducteurs activent d’un seul coup, sans crier gare, les portes dérobées qui leur permettent de désactiver à distance nos appareils. Imaginons que Microsoft, Google, Amazon, Meta, mais aussi IBM, ServiceNow, Salesforce, Oracle, VMware, Shopify, Stripe, Adobe, Infosys, Brocade, Juniper, Rackspace, HashiCorp et une infinité d’autres coupent simultanément leurs services aux Européens.
C’est le scénario d’un livre blanc collaboratif proposé à discussion depuis quelques jours par Genma de l’association Framasoft. Un document partagé dresse déjà le panorama des dégâts potentiels, avec des effets en cascade virtuellement infinis. Le projet se veut un outil de sensibilisation :
« Ce livre blanc explore un scénario volontairement radical mais techniquement plausible : les États-Unis coupent l’accès aux services numériques américains pour l’Europe (cloud, plateformes, identités, CDN, services associés). L’objectif n’est ni la peur, ni l’idéologie, mais la lucidité : Comprendre ce qui tomberait réellement. Identifier ce qui continuerait à fonctionner. Mettre en lumière les dépendances invisibles. Aider citoyens, DSI et décideurs à se préparer sérieusement. »
On reproche parfois au courant survivaliste son anticipation presque paranoïaque du pire… mais il arrive que le pire survienne. La population iranienne sait par exemple très bien qu’on peut couper de façon autoritaire l’accès à Internet à l’échelle d’un pays pendant plus de deux semaines.
« Les menaces tarifaires sont inacceptables et n’ont pas leur place dans ce contexte. Les Européens y répondront de façon unie et coordonnée si elles étaient confirmées. Nous saurons faire respecter la souveraineté européenne. », déclarait Emmanuel Macron le 17 janvier dernier. Reste à savoir comment. Un sommet exceptionnel doit justement réunir les chefs d’État et de gouvernement des 27 États membres jeudi soir à Bruxelles.
Après le Venezuela, l’escalade déclenchée par Donald Trump autour du Groenland fait redouter à certains l’exercice d’un moyen de pression sans précédent : l’interruption des principaux services numériques émanant d’entreprises ou d’organisations placées sous l’autorité des États-Unis.
Groenland oblige, on a vu revenir, sur les réseaux sociaux, l’hypothèse d’un Donald Trump furibard qui, lassé des protestations de l’Union européenne, appuierait sur le kill switch des services numériques états-uniens. Et nous priverait donc, braves Européens que nous sommes, de nos outils bureautiques, de nos moteurs de recherche et de nos réseaux sociaux.
L’hypothèse se double depuis lundi d’un autre scénario en forme de réponse du berger à la bergère : celui d’une privation, volontaire cette fois, que l’Europe pourrait décider en vertu d’un dispositif réglementaire entré en vigueur en décembre 2023, l’Instrument anti-coercition (ACI, pour Anti-Coercion Instrument).
Quel que soit le côté depuis lequel s’exerce la tentative de chantage, il parait peu plausible que les mesures de rétorsion aillent jusqu’à une interruption complète de services en ligne, ou d’approvisionnement en équipements de pointe. Mais, nous aurait-il paru réaliste il y a 24 mois que les États-Unis déclarent publiquement envisager l’option militaire pour prendre le contrôle d’un territoire souverain, administré par un pays ami de l’OTAN ?
Quand les fluctuations de l’actualité gagnent en amplitude dans de telles proportions, il est permis (et même conseillé) d’interroger les scénarios extrêmes.
Début 2025, le déclenchement, par Donald Trump, de la guerre des droits de douane nous avait conduit à nous demander s’il était possible de boycotter la tech américaine. Début 2026, il convient peut-être de se poser la question en des termes différents : risque-t-on de se trouver privés de tech américaine ?
Rappel pour les retardataires : après une extraction en forme de coup d’État au Venezuela, c’est donc le Groenland que lorgne Donald Trump, à la fois pour sa proximité géographique avec les États-Unis, et pour les immenses réserves foncières, géologiques et énergétiques que représente ce territoire de 2,17 millions de km².
Trump a multiplié les sorties publiques au sujet du Groenland ces derniers jours, et plusieurs pays européens, dont la France, ont en réaction envoyé quelques troupes d’élite sur place, afin de montrer leur soutien au Danemark et leur détermination à ne pas laisser passer un acte offensif.
Samedi 17 janvier, le locataire de la Maison-Blanche a répondu en annonçant l’introduction de nouveaux droits de douane : à compter du 1er février 2026, les exportations de la France, du Royaume-Uni, du Danemark, de la Suède, de la Finlande, des Pays-Bas et de l’Allemagne seront ainsi frappées par une taxe de 10 %, qui sera ensuite relevée à 25 % au 1er juin. « Ces droits de douane resteront applicables et payables jusqu’à la conclusion d’un accord portant sur l’achat complet et total du Groenland », promet Trump.
Comme si cette annonce ne suffisait pas, le président des États-Unis a franchi un nouveau cap dans la provocation dimanche, en laissant circuler un courrier adressé par ses soins au Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre. « Cher Jonas, puisque votre pays a décidé de ne pas me décerner le prix Nobel de la paix pour avoir empêché plus de huit guerres, je ne me sens plus tenu de penser uniquement à la paix, même si elle restera toujours ma priorité », y écrit Trump.
Alors que les jets privés du monde entier commencent à converger vers le Forum économique mondial de Davos, la tension est depuis encore montée d’un cran. Pour punir la France, dont le président a publiquement déclaré qu’il refusait de s’asseoir au Conseil de paix imaginé par Trump comme une alternative plus facile à manier que l’ONU, le président des États-Unis a par exemple menacé d’une surtaxe à l’importation de 200 % sur les vins hexagonaux.
Mercredi 21 janvier, les leaders politiques et économiques du monde moderne, réels ou supposés, sont donc réunis à Davos, et la cacophonie monte encore d’un cran. Gavin Newsom, le gouverneur de Californie, marque des points dans les médias européens en appelant le Vieux Continent à s’affirmer devant Donald Trump et à le frapper à la figure si nécessaire pour le faire reculer sur la question du Groenland.
Une petite avarie électrique à bord d’Air Force One a retardé Trump, mais lui aussi arrive à Davos mercredi. Dans son discours officiel, très critique vis-à-vis de la vieille Europe, il réaffirme sa détermination à acquérir le Groenland, mais exclut, au moins pour l’instant, l’usage de la force.
Si les nuages de la guerre armée s’éloignent, quels sont donc les moyens de pression qu’envisage l’homme d’affaires devenu chef d’État ?
Pour les États souverains qu’il ne peut pas se permettre de traiter comme le Venezuela, la guerre commerciale à base d’interdictions et de droits de douane est le principal levier employé par Donald Trump. Le problème de cette lame, efficace même si elle dépasse les prérogatives du président, comme le souligne Hugo Toudic, c’est qu’elle est à double tranchant.
Comme nous le détaillions il y a un an, les États-Unis et l’Europe entretiennent en effet une balance commerciale globalement équilibrée. En 2023, les échanges représentent un total de 1 600 milliards d’euros, qui se répartissent entre biens et services.
Sur le volet des biens, la balance commerciale de l’Europe est excédentaire : le Vieux Continent exporte 503 milliards d’euros de marchandises vers les États-Unis, et en importe 347 milliards d’euros. La situation s’inverse quand on regarde les services : l’Union européenne exporte l’équivalent de 319 milliards d’euros vers les États-Unis, alors que ces derniers génèrent 427 milliards d’euros à partir du marché européen.
Les masses ne sont pas identiques, mais il n’existe pas de déséquilibre patent qui constituerait un moyen de pression absolu. D’autant que les deux côtés de l’Atlantique sont des terres d’investissements croisés, avec d’importants flux bilatéraux de capitaux.
Chacune des deux parties essaie d’ailleurs de jouer sur les positions dominantes de l’autre. Ainsi, l’Europe regarde comment taxer plus efficacement les flux financiers qui traversent l’Atlantique en direction des géants du numérique. En face, la politique de droits de douane de Trump cible en premier lieu l’acier allemand ou les vins français quand il est question d’engager un bras de fer. Mais sur ces dossiers, on crée simplement de la friction : on n’enraye pas totalement la machine.
Si le bras de fer dure trop longtemps, on s’épuise, et Trump n’aime pas particulièrement gagner à l’usure, il préfère la blitzkrieg. D’où cette idée, inconcevable il y a seulement un an, d’un président qui déciderait de couper l’Europe de certains services numériques ou technologiques vitaux : les équipements de cœur de réseau, le Web en .com, Windows, les réseaux sociaux, pourquoi pas l’iPhone, Gmail, Hotmail, Netflix ou ChatGPT. Le cloud d’AWS peut-être, dont les interruptions de service paralysent Internet ? Ou les CDN comme Akamai et Cloudflare, qui assurent la desserte vers d’innombrables services français ou européens.
Trump peut-il le faire, au sens politique du terme ? Les premiers mois de son deuxième mandat ont montré qu’il ne s’embarrassait ni de scrupules, ni du Congrès, alors pourquoi pas…
« Trump n’a aucune limite. Son arme majeure : le numérique (Microsoft etc) et les systèmes de paiements (Mastercard, visa, Apple Pay…) Il peut tout couper. Il l’a déjà fait », s’alarme (sur X) Aurore Lalucq (Place publique), Présidente de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.
L’exemple n’est pas choisi au hasard. Il fait directement référence à l’expérience vécue par le juge Nicolas Guillou, de la Cour pénale internationale, qui a fait l’objet de sanctions prononcées par les États-Unis et s’est vu privé de sa boîte mail ou de ses moyens de paiement. Ce dernier alertait justement mardi sur la façon dont cette dépendance se transforme en vassalisation dès lors que « du jour au lendemain, vous pouvez vous retrouver banni du numérique de votre propre pays ».
Trump peut-il tout couper, au sens technique du terme cette fois ? Mardi, un vrai ou faux de Radio France s’est attaché à démontrer, rapport de la Banque centrale européenne à l’appui, que si Visa et Mastercard disposent d’une position oligopolistique sur le marché des systèmes de paiement, il existe des alternatives européennes. De la même façon, couper l’accès au .com ou aux DNS basés aux États-Unis (voir notre dossier mode d’emploi d’Internet) ne figerait pas d’un seul coup le navigateur de 450 millions d’Européens. Mais ce serait à coup sûr « a major pain in the ass », pour emprunter au langage fleuri de Donald Trump.
L’Europe dispose-t-elle d’un potentiel de privation comparable ? S’il existe dans le monde technologique quelques secteurs bien précis qui dépendent exclusivement d’une compétence européenne (on pense par exemple à ASML, premier et unique producteur des machines nécessaires à la fabrication de semi-conducteurs de pointe), la réponse est globalement non. Le numérique européen regorge de sociétés, de services et de produits absolument brillants, mais leur taux de pénétration est sans commune mesure avec celui de la tech américaine, devenue littéralement pervasive dans notre quotidien.
Ce n’est guère plus brillant d’un point de vue politique ou législatif. Plusieurs politiques ont brandi dans les médias ces derniers jours la nécessité d’activer de façon préventive l’ACI, l’instrument anti-coercition européen, évoqué notamment par Emmanuel Macron dimanche en réponse à une énième provocation de Trump. Entré en vigueur le 27 décembre 2023 suite à l’adoption du texte dédié, ce dispositif définit le cadre d’action de l’Union européenne en cas de coercition économique à l’encontre de tout ou partie de ses membres.
C’est un outil puissant, puisqu’il autorise par exemple l’Union européenne à restreindre l’import-export, les droits de propriété intellectuelle, les investissements étrangers ou l’accès aux marchés publics. C’est en revanche un outil fastidieux à mettre en œuvre. « La décision de recourir à l’instrument anti-coercition doit être adoptée par le Conseil à la majorité qualifiée », rappelle par exemple Vie publique. Il n’est donc pas dit qu’il soit efficace face à un décret signé de façon impulsive dans le Bureau ovale…
Le risque parait faible, mais admettons que Trump aille plus loin. Imaginons qu’Intel, Qualcomm, AMD, NVIDIA, Cisco, Broadcom, Apple et tous les autres fournisseurs américains de semi-conducteurs activent d’un seul coup, sans crier gare, les portes dérobées qui leur permettent de désactiver à distance nos appareils. Imaginons que Microsoft, Google, Amazon, Meta, mais aussi IBM, ServiceNow, Salesforce, Oracle, VMware, Shopify, Stripe, Adobe, Infosys, Brocade, Juniper, Rackspace, HashiCorp et une infinité d’autres coupent simultanément leurs services aux Européens.
C’est le scénario d’un livre blanc collaboratif proposé à discussion depuis quelques jours par Genma de l’association Framasoft. Un document partagé dresse déjà le panorama des dégâts potentiels, avec des effets en cascade virtuellement infinis. Le projet se veut un outil de sensibilisation :
« Ce livre blanc explore un scénario volontairement radical mais techniquement plausible : les États-Unis coupent l’accès aux services numériques américains pour l’Europe (cloud, plateformes, identités, CDN, services associés). L’objectif n’est ni la peur, ni l’idéologie, mais la lucidité : Comprendre ce qui tomberait réellement. Identifier ce qui continuerait à fonctionner. Mettre en lumière les dépendances invisibles. Aider citoyens, DSI et décideurs à se préparer sérieusement. »
On reproche parfois au courant survivaliste son anticipation presque paranoïaque du pire… mais il arrive que le pire survienne. La population iranienne sait par exemple très bien qu’on peut couper de façon autoritaire l’accès à Internet à l’échelle d’un pays pendant plus de deux semaines.
« Les menaces tarifaires sont inacceptables et n’ont pas leur place dans ce contexte. Les Européens y répondront de façon unie et coordonnée si elles étaient confirmées. Nous saurons faire respecter la souveraineté européenne. », déclarait Emmanuel Macron le 17 janvier dernier. Reste à savoir comment. Un sommet exceptionnel doit justement réunir les chefs d’État et de gouvernement des 27 États membres jeudi soir à Bruxelles.
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On vous propose un petit retour sur 20 ans de ROG chez ASUS avec de dossier qui compile l'interview de Kris Huang et Vincent Chiou, mais aussi une partie des produits ROG que nous avons testé, une petite chronologie de cette gamme emblématique et enfin nos vidéos lors du dernier CES 2026. C'est ici : ASUS ROG 20 ans ou en cliquant sur la source. […]
Lire la suiteLe jeu Rustler (Grand Theft Horse) est offert par le store d'Epic Games, l'ajout est possible ici, jusqu'au 29 janvier 2026, 17 heures. Le titre se veut amoral, en vous proposant d'incarner un bandit de grand chemin dans un monde ouvert médiéval, tuez les héros, rackettez les paysans, volez leurs chevaux... tout cela dans un univers qui sent bon les premiers GTA ! […]
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Ce NucBox K16 est un bon exemple de la réactivité du marché des MiniPC par rapport à d’autres secteurs informatiques. La souplesse des fabricants et la relative étroitesse de la production permettent plus de choses aux petits acteurs de ce marché qu’aux marques internationales.
Lorsqu’un HP, un Lenovo ou un Dell conçoivent une machine, ils ont une stratégie à long terme. C’est logique et normal vu le nombre d’unités à produire. En amont, il faut un stock conséquent de matériel, des lignes de production réservées pour des temps longs, signer des contrats avec différents fournisseurs. En aval, il faut former ses équipes, préparer les ventes et le marketing, gérer une énorme logistique… Tout cela demande du temps et des moyens techniques importants. Ce qui crée toujours un décalage entre la conception des machines et leur mise en place sur le marché.
Pour les fabricants de MiniPC, on n’est pas du tout dans les mêmes métriques. Ce ne sont pas des dizaines de milliers d’unités qui sont négociées pour arroser les stocks de toutes les filiales. Ce sont des lots de 2000 ou 3000 machines qui sont lancés au mieux. Quitte à relancer la production dans la foulée. Il est donc possible de mettre la main sur un « lot » de processeurs et d’activer une production très ponctuelle.
| Coeurs / Threads | Fréquences | Cache | TDP | GPU | |
| Ryzen 7 7735HS | 8 / 16 | 3.2 GHz / 4.75 GHz | 20 Mo | 35-45W | Radeon 680M (12 x RDNA 2) |
| Ryzen 7 6800H | 8 / 16 | 3.2 GHz / 4.70 GHz | 20Mo | 45W | Radeon 660M (12 x RDNA 2) |
C’est exactement ce que semble avoir fait GMKtec avec son NucBox K16. Un « nouveau » MiniPC qui embarque un « ancien » processeur AMD Ryzen 7 7735HS. Pour tout vous dire, la dernière minimachine équipée de ce processeur qui est apparue sur le blog date d’il y a un an. Le dernier MiniPC GMK avec cette puce était le NucBox K5 lancé en février 2024.
L’intérêt pour GMKtec de relancer un MiniPC de ce type, c’est de pouvoir le proposer à un prix plus abordable. La hausse des tarifs de la mémoire et du stockage conduit à faire des choix. Soit répercuter le prix de ces composants sur un MiniPC « classique » et donc proposer au public des engins de plus en plus chers. Soit baisser un autre poste technique de la machine pour compenser la hausse.
Sur un MiniPC, il n’y a pas un grand choix technique possible. Passer d’un Wi-Fi6 à un Wi-Fi5 ne fait gagner que quelques dollars. Même chose pour un Ethernet moins performant ou un port M.2 en moins. La seule piste possible pour bouger réellement les lignes se retrouve au niveau du processeur. Basculer d’une puce de 2025 vers une puce de 2023 permet sans doute de grappiller quelques dollars. Surtout s’il s’agit d’un vieux stock de puces délaissées par un autre fabricant.
GMKtec NucBox K16
Le processeur a été lancé en mai 2023 dans une gamme « Rembrandt Refresh » qui cache très mal le fait qu’il s’agit juste d’un Ryzen 7 6800H un peu remaquillé. C’est donc en réalité une puce de début 2022 qui est intégrée dans ce nouveau MiniPC. Est-ce que c’est grave ? Pas vraiment.
Le Ryzen 7 7735HS propose de bonnes performances globales en FullHD.
Ce NucBox K16 propose donc un processeur à l’architecture Zen 3+ avec 8 cœurs et 16 Threads dans des fréquences allant de 3.2 à 4.75 GHz. Il fonctionne de 35 à 54 W de TDP. Un de ses principaux avantages est la présence d’un circuit graphique Radeon 680M avec 12 cœurs RDNA 2 capable d’atteindre 2.2 GHz. Il est ici secondé par 32 Go de mémoire vive LPDDR5-6400 soudés à la carte mère. Le stockage est confié à 2 ports M.2 2280 PCIe Gen4 x4 NVMe M.2 2280. Un ensemble aux performances toujours convaincantes qui pourra effectuer de nombreuses tâches.
![]()
Le tout est monté dans un châssis impressionnant. 10.7 cm de large, 11.1 cm de profondeur, mais 6.3 cm d’épaisseur. C’est haut pour un MiniPC et la connectique semble un peu noyée dans l’engin. Cela permet surtout à GMKtec de proposer un engin bien ventilé avec une circulation d’air qui se fera sur les côtés pour ne pas être gênée par la connectique arrière.
![]()
On retrouve en façade un USB4, deux USB 3.2 Type-A, un jack audio combo 3.5 mm et un port OCuLink pour profiter d’une solution graphique externe. Un bouton de démarrage est également visible.
Sur la partie arrière, on peut lister un USB 3.2 Type-A, un USB 2.0 Type-A, un port HDMI 2.0, un DisplayPort 1.4, deux Ethernet 2.5 Gigabit et un Antivol type Kensington Lock. Le module sans fil embarqué propose du Wi-Fi6E et du Bluetooth 5.2.
![]()
L’engin est proposé à 619.99€ dans une version équipée de 32 Go de mémoire et 512 Go de stockage. Le code K16OFF15 permet de le faire baisser de 15€ pour un total de 604.99€. Le modèle en 1 To passe de son côté de 669.99€ à 654.99€ avec le même code. La livraison est gratuite depuis un entrepôt Allemand et le paiement est assuré par Paypal.
| GMKtec NucBox K16 : Ryzen 7735HS – 32 Go / 512Go / 1 To – Windows 11 | ||
| + conception originale + distribution certifiée + évolutions du stockage possible + performances évoluées + accès simple aux composants + connectique USB4 / OCuLink + livré prêt à l’emploi sous W11 |
– prix « élevé3« |
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GMKtec NucBox K16 : le retour du Ryzen 7 7735HS © MiniMachines.net. 2025
En plus de Leo, Blue Origin va lancer une autre constellation avec plus de 5 400 satellites : TeraWave. L’entreprise veut proposer 144 Gb/s symétriques via les ondes Q/V à ses clients et même jusqu’à 6 Tb/s symétrique en optique (laser) avec des satellites plus haut.
Blue Origin, une société de Jeff Bezos, vient jouer sur les platebandes de SpaceX. Elle annonce TeraWave, un « nouveau réseau spatial de 6 Tb/s ». Il sera accessible à rien de moins que « des dizaines de milliers d’entreprises, de centres de données et d’utilisateurs gouvernementaux qui ont besoin d’une connectivité fiable pour des opérations critiques ».
Les principales cibles sont des « zones isolées, rurales et suburbaines » où le déploiement de la fibre optique est complexe, couteux voire impossible. TeraWave est une nouvelle constellation en orbite basse et moyenne (LEO et MEO), avec pas moins de 5 408 satellites interconnectés via des liaisons optiques. Elle viendra donc rejoindre Leo (anciennement Kuiper) qui doit disposer de plus de 3 000 satellites au terme de sa première phase.
Dans les faits, deux groupes de satellites sont à distinguer au sein de TeraWave : 5 280 sont en orbite basse (LEO), les 128 autres sur une orbite moyenne (MEO). Dans le premier cas, les satellites évoluent généralement à moins de 1 000 km d’altitude, dans le second cas, ils « évoluent à des altitudes de 19 000 à 23 000 km », mais peuvent aussi descendre plus bas. À 36 000 km, on arrive, pour rappel, aux satellites géostationnaires, ceux qui ne bougent pas dans le ciel.
Blue Origin ne donne pas beaucoup de précisions, mais comme l’entreprise a déposé une demande à la FCC, nous pouvons en apprendre davantage. Le document a également été partagé par Christian Frhr. von der Ropp dans le groupe LinkedIn Megaconstellations | Low-Earth Orbit High-Throughput Satellite Constellations (LEO-HTS).
C’est la théorie. Dans la pratique, les satellites LEO seront situés entre 520 et 540 km, c’est-à-dire dans les mêmes eaux que les satellites Starlink de SpaceX. Les MEO seront bien plus éparpillés avec des orbites entre 8 000 et 24 200 km. 104 des 128 satellites seront entre 8 000 et 8 100 km, les 24 derniers seront à plus de 24 000 km.


Les milliers de satellites LEO proposeront une connectivité dans les bandes Q (download) et V (upload), avec un débit maximum de 144 Gb/s pour les clients. Les 128 satellites MEO pour leur part proposent une liaison optique (très certainement via laser) avec un débit de 6 Tb/s maximum. Dans les deux cas, c’est du symétrique, c’est-à-dire que la vitesse est aussi bien en download qu’en upload.
L’altitude joue deux rôles importants pour la partie des télécommunications. Tout d’abord, la latence, c’est-à-dire le temps pour le signal de faire un aller/retour : 250 ms pour les satellites géostationnaires. Dans la pratique, c’est même le double (500 ms) pour une requête : le terminal l’envoie au satellite, le satellite la retourne à une station de base au sol, qui à son tour envoie la réponse au satellite, qui la transfère au terminal.
Ici la limite est la vitesse de la lumière dans le vide, qu’on ne peut pas dépasser. Si on passe de 36 000 km à 500 km environ, la distance est 72 fois moins importante, le temps de trajet aussi. De 250 ms pour un aller/retour, on descend à 3 ou 4 ms. À 8 000 km, la latence est de 55 ms environ et de 170 ms à 24 000 km, toujours pour un aller/retour. C’est la théorie, en pratique c’est toujours plus. Starlink par exemple est entre 20 et 40 ms.
L’autre point important est la vitesse orbitale permettant de maintenir un satellite dans son orbite. On vous épargne les calculs et formules, mais plus l’orbite est basse, plus la vitesse est importante.
À 36 000 km, la période orbitale du satellite est de 24 h, comme la rotation de la Terre, le satellite parait donc immobile. À 24 000 km, la période orbitale est de 13 heures environ, puis on descend à 4/5 heures aux alentours des 8 000 km et seulement quelques minutes à 500 km.

Pour résumer, plus les satellites sont hauts, plus ils peuvent couvrir une même zone longtemps. Dans le cas contraire, il faut donc établir des communications entre les satellites pour assurer la continuité. C’est le rôle des satellites placés plus haut. En effet, comme indiqué dans le schéma ci-dessous, les 128 satellites MEO serviront aussi de liaison pour les satellites de l’orbite basse.
Blue Origin affirme être capable de servir une centaine de milliers de clients avec TeraWave. Il y a le temps de voir venir puisque le déploiement ne devrait débuter qu’au 4ᵉ trimestre 2027.
Blue Origin va donc largement occuper l’espace en orbite basse avec 5 000 nouveaux satellites, alors que SpaceX est aussi présent. Le problème étant que, si le nombre de places est virtuellement illimité (l’espace c’est surtout du vide), en pratique ça sera plus compliqué, car il y a six places à prendre dans la course mondiale, expliquait l’ANFR : « Il faut en prendre au moins une, peut-être plus, pour l’Europe », expliquait Gilles Brégant (directeur général de l’ANFR).
En plus de Leo, Blue Origin va lancer une autre constellation avec plus de 5 400 satellites : TeraWave. L’entreprise veut proposer 144 Gb/s symétriques via les ondes Q/V à ses clients et même jusqu’à 6 Tb/s symétrique en optique (laser) avec des satellites plus haut.
Blue Origin, une société de Jeff Bezos, vient jouer sur les platebandes de SpaceX. Elle annonce TeraWave, un « nouveau réseau spatial de 6 Tb/s ». Il sera accessible à rien de moins que « des dizaines de milliers d’entreprises, de centres de données et d’utilisateurs gouvernementaux qui ont besoin d’une connectivité fiable pour des opérations critiques ».
Les principales cibles sont des « zones isolées, rurales et suburbaines » où le déploiement de la fibre optique est complexe, couteux voire impossible. TeraWave est une nouvelle constellation en orbite basse et moyenne (LEO et MEO), avec pas moins de 5 408 satellites interconnectés via des liaisons optiques. Elle viendra donc rejoindre Leo (anciennement Kuiper) qui doit disposer de plus de 3 000 satellites au terme de sa première phase.
Dans les faits, deux groupes de satellites sont à distinguer au sein de TeraWave : 5 280 sont en orbite basse (LEO), les 128 autres sur une orbite moyenne (MEO). Dans le premier cas, les satellites évoluent généralement à moins de 1 000 km d’altitude, dans le second cas, ils « évoluent à des altitudes de 19 000 à 23 000 km », mais peuvent aussi descendre plus bas. À 36 000 km, on arrive, pour rappel, aux satellites géostationnaires, ceux qui ne bougent pas dans le ciel.
Blue Origin ne donne pas beaucoup de précisions, mais comme l’entreprise a déposé une demande à la FCC, nous pouvons en apprendre davantage. Le document a également été partagé par Christian Frhr. von der Ropp dans le groupe LinkedIn Megaconstellations | Low-Earth Orbit High-Throughput Satellite Constellations (LEO-HTS).
C’est la théorie. Dans la pratique, les satellites LEO seront situés entre 520 et 540 km, c’est-à-dire dans les mêmes eaux que les satellites Starlink de SpaceX. Les MEO seront bien plus éparpillés avec des orbites entre 8 000 et 24 200 km. 104 des 128 satellites seront entre 8 000 et 8 100 km, les 24 derniers seront à plus de 24 000 km.


Les milliers de satellites LEO proposeront une connectivité dans les bandes Q (download) et V (upload), avec un débit maximum de 144 Gb/s pour les clients. Les 128 satellites MEO pour leur part proposent une liaison optique (très certainement via laser) avec un débit de 6 Tb/s maximum. Dans les deux cas, c’est du symétrique, c’est-à-dire que la vitesse est aussi bien en download qu’en upload.
L’altitude joue deux rôles importants pour la partie des télécommunications. Tout d’abord, la latence, c’est-à-dire le temps pour le signal de faire un aller/retour : 250 ms pour les satellites géostationnaires. Dans la pratique, c’est même le double (500 ms) pour une requête : le terminal l’envoie au satellite, le satellite la retourne à une station de base au sol, qui à son tour envoie la réponse au satellite, qui la transfère au terminal.
Ici la limite est la vitesse de la lumière dans le vide, qu’on ne peut pas dépasser. Si on passe de 36 000 km à 500 km environ, la distance est 72 fois moins importante, le temps de trajet aussi. De 250 ms pour un aller/retour, on descend à 3 ou 4 ms. À 8 000 km, la latence est de 55 ms environ et de 170 ms à 24 000 km, toujours pour un aller/retour. C’est la théorie, en pratique c’est toujours plus. Starlink par exemple est entre 20 et 40 ms.
L’autre point important est la vitesse orbitale permettant de maintenir un satellite dans son orbite. On vous épargne les calculs et formules, mais plus l’orbite est basse, plus la vitesse est importante.
À 36 000 km, la période orbitale du satellite est de 24 h, comme la rotation de la Terre, le satellite parait donc immobile. À 24 000 km, la période orbitale est de 13 heures environ, puis on descend à 4/5 heures aux alentours des 8 000 km et seulement quelques minutes à 500 km.

Pour résumer, plus les satellites sont hauts, plus ils peuvent couvrir une même zone longtemps. Dans le cas contraire, il faut donc établir des communications entre les satellites pour assurer la continuité. C’est le rôle des satellites placés plus haut. En effet, comme indiqué dans le schéma ci-dessous, les 128 satellites MEO serviront aussi de liaison pour les satellites de l’orbite basse.
Blue Origin affirme être capable de servir une centaine de milliers de clients avec TeraWave. Il y a le temps de voir venir puisque le déploiement ne devrait débuter qu’au 4ᵉ trimestre 2027.
Blue Origin va donc largement occuper l’espace en orbite basse avec 5 000 nouveaux satellites, alors que SpaceX est aussi présent. Le problème étant que, si le nombre de places est virtuellement illimité (l’espace c’est surtout du vide), en pratique ça sera plus compliqué, car il y a six places à prendre dans la course mondiale, expliquait l’ANFR : « Il faut en prendre au moins une, peut-être plus, pour l’Europe », expliquait Gilles Brégant (directeur général de l’ANFR).
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