OOhhhh... sous le coude : Une sorte de RClone pour Android.
Super pour synchroniser votre smartphone vers/depuis sftp, ssh, smb, webdav, NextCloud, ProtonDrive, GoogleDrive et tout un tas d'autres. (Permalink)
AdGuard banlance en opensource son protocole de VPN qui se fait passer pour du trafic HTTP/2 et HTTP/3. Aussi bien la partie client que la partie serveur. https://github.com/TrustTunnel/TrustTunnel (Permalink)
Transformer l’air en eau, rendre les avions immortels, faire progresser le fertilité grâce à l’IA, nettoyer les océans et rendre l’IA autonome… C’est parti pour Électroscope #11.
Le distille de Dune existe !
Des chercheurs du MIT ont mis au point un dispositif qui semble tout droit sorti d’un film de science-fiction. Il extrait de l’eau potable directement à partir de l’air, même dans les déserts les plus arides où l’humidité ne dépasse pas 10 %. Le rêve des personnages du célèbre roman Dune, de Frank Herbert ! Testé avec succès dans des conditions extrêmes (notamment la Vallée de la Mort, dans le désert de Mojave californien), ce système passif, sans électricité ni tuyaux, repose sur un hydrogel innovant intégré dans un panneau de la taille d’une fenêtre.
Le principe est astucieux et simple. La nuit, quand l’humidité augmente légèrement, le matériau absorbe la vapeur d’eau ambiante comme une éponge ultra-efficace. Le jour, la chaleur solaire libère cette eau capturée sous forme liquide, propre, filtrée et potable. Pas de pompe, pas de compresseur énergivore, juste la physique des matériaux et le soleil. Les tests ont montré des rendements impressionnants : jusqu’à 160 millilitres par jour dans des conditions très basses en humidité, avec une eau de qualité potable après traitement minimal.
Près de 2 milliards de personnes vivent dans des zones où l’accès à l’eau douce est critique, souvent loin des nappes phréatiques ou des rivières. Ce dispositif pourrait équiper des maisons, des villages isolés, des camps de réfugiés ou même des bases militaires et des expéditions, en produisant de l’eau sur place sans infrastructure lourde. À plus grande échelle, des versions modulaires pourraient alimenter des communautés entières, réduisant la dépendance aux forages coûteux ou au transport d’eau par camion.
Se pose encore la question de savoir comment s’assurer que l’eau reste vraiment sûre partout. Pour l’instant, le dispositif ne peut être déployé à grande échelle, restant au stade des prototypes prometteurs et des tests sur le terrain. Mais le MIT a démontré que, même à 10 % d’humidité, l’air contient assez d’eau pour être exploitable. C’est une percée concrète vers un monde où l’eau potable ne dépend plus seulement des pluies ou des rivières, mais de l’atmosphère elle-même. Avec de la prudence et des investissements intelligents, cela pourrait devenir un outil majeur contre la crise hydrique mondiale.
Des avions « immortels » ?
Des chercheurs américains des universités de North Carolina State et de Houston viennent de présenter un matériau composite révolutionnaire qui pourrait rendre les avions, les turbines éoliennes ou même les engins spatiaux quasi « immortels ». Ce composite auto-réparant se remet de ses blessures plus de 1 000 fois sans perdre ses performances, et il est déjà plus résistant que les matériaux actuels utilisés dans les ailes d’avions ou les pales de turbines.
Le secret réside dans une ingénieuse combinaison faite de fibres renforcées classiques (type carbone ou verre), intégrant des agents de réparation imprimés en 3D et des chauffages embarqués. Quand une fissure ou une délamination apparaît – typique des chocs, de la fatigue ou des impacts en vol –, le système détecte le dommage et active localement la chaleur. Cela déclenche la fusion d’un agent réparateur qui comble la brèche, solidifie le tout et restaure la structure. Les tests en laboratoire ont montré que le matériau reste plus solide que les composites standards, même après 500 cycles de casse et de réparation. Au-delà de 1 000, il conserve encore une intégrité remarquable.
L’intérêt est colossal pour l’aéronautique. Aujourd’hui, les avions doivent être inspectés et réparés régulièrement, ce qui coûte cher et immobilise les appareils. Avec ce matériau, les structures pourraient durer des siècles au lieu de décennies, réduisant drastiquement les coûts de maintenance, les déchets et les remplacements. Une aile ou un fuselage qui se répare seul, en vol ou au sol, changerait la donne pour la sécurité, la durabilité et même l’empreinte carbone du transport aérien. Les applications s’étendent aux éoliennes (où les pales subissent des vents extrêmes) et aux engins spatiaux (où les réparations en orbite sont quasi impossibles).
Cette révolution ne concerne pas encore les avions en développement, mais les premiers résultats montrent que la science des matériaux vient de franchir un cap. Des composites qui se soignent eux-mêmes pourraient transformer l’industrie en une ère de durabilité extrême, où le terme « jetable » ne serait plus employé…
L’IA championne de la FIV ?
Dans un monde frappé par la dénatalité, une petite révolution est en train de se produire dans le domaine de la fertilité. Un laboratoire entièrement robotisé, piloté par l’intelligence artificielle, a contribué à la naissance de 19 bébés en parfaite santé. Ce système, développé par la startup Conceivable Life Sciences et baptisé AURA, automatise les étapes les plus délicates de la fécondation in vitro (FIV), traditionnellement réalisées à la main par des embryologistes.
Au lieu de manipulations humaines sujettes à la fatigue, aux variations ou aux erreurs minuscules, AURA utilise des bras robotiques précis et des algorithmes d’IA pour sélectionner les meilleurs spermatozoïdes, injecter l’un d’eux dans l’ovule, surveiller en continu le développement des embryons et choisir ceux qui ont le plus de chances de donner une grossesse viable. Plus de 200 gestes sont ainsi standardisés, sans contact humain direct.
Les 19 naissances, issues de cliniques partenaires (notamment au Mexique), sont toutes issues de ce processus automatisé. Les premiers résultats sont encourageants. Les taux de fécondation et de grossesse obtenus dans les essais pilotes se situent au niveau des meilleures cliniques humaines, voire légèrement au-dessus dans certains cas. L’IA excelle particulièrement dans l’analyse objective et répétable des embryons, là où l’œil humain peut varier d’un technicien à l’autre.
La FIV traditionnelle reste une procédure chère, épuisante et dont le taux de succès moyen tourne autour de 30 à 40 % par cycle pour les femmes de moins de 35 ans. En automatisant et en optimisant chaque étape, AURA pourrait réduire les coûts à long terme, diminuer les écarts entre cliniques et rendre le traitement plus accessible à des millions de couples qui en sont aujourd’hui exclus pour des raisons financières ou géographiques. À terme, cela pourrait transformer la fertilité en une médecine plus prévisible et plus équitable.
Pour l’instant, AURA n’est pas encore « meilleur » que les laboratoires humains de pointe sur tous les plans, mais ses résultats préliminaires montrent qu’il est déjà plus constant et potentiellement plus efficace sur les étapes critiques. À suivre avec prudence, espoir et vigilance.
The Ocean Cleanup : sus au continent plastique
The Ocean Cleanup, l’organisation fondée par le jeune ingénieur néerlandais Boyan Slat, poursuit son combat contre la pollution plastique des océans. En 2025, elle a franchi un nouveau cap. Ses systèmes ont extrait environ 25 000 tonnes de déchets plastiques des milieux aquatiques (océans et rivières combinés). Ce chiffre représente un record absolu pour une seule année.
Un volume que Boyan Slat compare au poids d’une dizaine de tours Eiffel.
L’organisation ne se contente pas de ramasser le plastique déjà présent dans l’océan. Elle déploie aussi des « intercepteurs » dans les rivières pour bloquer les déchets avant qu’ils n’atteignent la mer. Selon leurs estimations, ces barrières recueillent désormais entre 2 et 5 % des flux mondiaux de plastique entrant dans les océans chaque année. Un pourcentage qui grimpe rapidement avec l’expansion de leur programme « 30 Cities », lancé en 2025.
Chaque année, environ 11 millions de tonnes de plastique finissent dans les océans, menacent la vie marine et contaminent la chaîne alimentaire. En extrayant les matériaux flottants avant qu’ils ne se fragmentent en microplastiques quasi impossibles à récupérer, The Ocean Cleanup empêche une dégradation irréversible. Leur objectif ambitieux reste de supprimer 90 % de cette pollution d’ici 2040, en combinant nettoyage actif, prévention en amont et plaidoyer pour des politiques globales plus strictes.
Restons néanmoins prudents. 25 000 tonnes par an, c’est énorme pour une ONG, mais minuscule face aux millions de tonnes qui finissent annuellement au fond des mers. Ensuite, si recycler ce plastique récupéré en produits utiles (comme des lunettes de soleil ou des routes) évite qu’il ne revienne dans la nature, le modèle économique est fragile, tant il repose sur des dons, des partenariats et des ventes. Mais Boyan Slat et son équipe prouvent que la technologie peut inverser la tendance, à condition de maintenir le rythme et d’obtenir un soutien mondial massif.
Rubin, la vraie révolution de l’IA ?
NVIDIA a lancé sa nouvelle plateforme Rubin, annoncée par son PDG, Jensen Huang. Succédant à Blackwell, elle est conçue pour propulser l’IA vers des systèmes de raisonnement autonomes, à même de planifier plusieurs étapes et d’agir comme de vrais agents intelligents.
Au cœur de Rubin, six puces inédites fonctionnent comme un tout cohérent. Le GPU Rubin apporte une puissance de calcul massive, le CPU Vera (avec 88 cœurs Olympus Arm) gère les tâches complexes, et quatre puces réseau assurent des connexions ultra-rapides. Les gains sont impressionnants : jusqu’à cinq fois plus de performances que Blackwell sur l’entraînement et l’inférence IA, et un coût divisé par dix pour traiter les données. Cela permettra des modèles d’IA bien plus puissants, avec des contextes gigantesques et une fiabilité accrue.
L’intérêt ? Ouvrir la voie à des applications concrètes comme des assistants personnels ultra-autonomes, des voitures qui décident en temps réel, des diagnostics médicaux plus précis et des usines intelligentes qui anticipent les pannes. Produite en masse dès janvier 2026, la plateforme arrivera chez les grands fournisseurs cloud fin 2026-début 2027.
Chaque lundi, Les électrons libres vous propose un tour d’horizon des nouvelles électrisantes qui secouent le monde de la tech et œuvrent en faveur d’un progrès à même de changer votre quotidien.
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Schrödinger's Cat@comtestanaccount.bsky.socialposted: Imagine t'es exécuté sommairement dans la rue et la une de tous les journaux du monde c'est que ton état vital est incompatible avec l'exercice de la vie, potentiellement en raison d'une activité policière qui aurait pu avoir eu lieu à ce moment là
Quoted post from Le Parisien@leparisien.fr: Un homme est mort après avoir été touché par des tirs de l’ICE, la police de l’immigration, à Minneapolis, seulement quelques semaines après un drame similaire qui avait causé la mort d’une Américaine du même âge.
La nouveauté de 2025, c'est que les startups de la tech américaine n'essaient plus seulement d'arnaquer les utilisateurs : Ils essaient aussi d'arnaquer les investisseurs.
La chute va être rude. (Malheureusement pas que pour eux.)
Extrait : " « beaucoup de nouvelles technologies intégrant l’IA ne sont que des itérations d’outils déjà existants, habillés de marketing extravagant ». Ces produits sont présentés comme révolutionnaires alors qu’ils ne font rien de fondamentalement nouveau. L’industrie se concentre sur l’image et le battage médiatique plutôt que sur la création de valeur réelle. " (Permalink)
Sous le coude : une TUI pour gérer les machines sous Virt-manager (QEMU/KVM).
(C'est une interface "graphique" en mode terminal qui permet de gérer les machines virtuelles.) (Permalink)
Le monde vit désormais en état de crise permanente. Doit-on subir, renoncer, s’habituer ? Il y a 1 800 ans, un empereur trouvait des clefs pour ne pas devenir esclave du chaos.
« Ne perds plus de temps à discuter de ce que doit être un homme de bien. Sois-en un. » La main qui trace cette phrase tremble légèrement, pas de peur, mais de froid. Nous sommes vers 172 après J.-C., quelque part le long du Danube. Dans une tente militaire mal éclairée, Marc Aurèle écrit en grec sur un carnet qui n’était pas destiné à nous parvenir.
L’empereur romain fait face à des choix impossibles. La guerre s’éternise et nécessite des fonds. Les provinces, affaiblies par la peste, peinent déjà à payer leurs impôts. Dans ces conditions, toute décision implique de faire souffrir quelqu’un. Augmenter les taxes dans des territoires exsangues, ou laisser la frontière s’effondrer faute de renforts. Il n’écrit pas pour convaincre ni pour transmettre. Il écrit pour empêcher les circonstances extérieures de prendre le contrôle sur ce qu’il juge juste de faire, même lorsque toutes les options sont mauvaises.
Marc Aurèle n’a jamais cherché le pouvoir. Formé très jeune à la philosophie stoïcienne, il aurait sans doute préféré une vie d’études et de retrait. Mais il hérite du trône en 161, précisément au moment où l’Empire commence à se fissurer. Les crises s’empilent. La peste affaiblit durablement les populations, les guerres aux frontières se multiplient, les tensions politiques internes s’exacerbent. Gouverner ne consiste plus à améliorer un système relativement stable, mais à contenir un effondrement lent, fait d’arbitrages impossibles et de décisions prises avec des informations toujours incomplètes.
Très vite, l’intuition s’impose, profondément inconfortable : il n’y aura pas de retour à la normale. Pas de moment idéal où tout redeviendra simple. La crise n’est pas une parenthèse, mais le terrain même sur lequel il va falloir agir.
Merdification des smartphones OnePlus: il y a désormais un fusible qui claque dans le CPU Qualcomm et brick le téléphone si vous installez une ROM alternative ou si vous essayez de revenir à une version antérieure du système. Et ce n'est pas réparable.
Sympa, hein ? (Permalink)
Continuation de l'ancien logiciel pour virer les applications indésirables de votre smartphone.
Ce qui est sympa avec cette application est qu'elle vous indique s'il est dangereux ou gênant de virer une application ou non. Par exemple l'application de Gallerie Xiaomi : C'est elle qui est en charge des captures d'écran. Si vous la déinstallez, plus de capture d'écran avec la gesture "3 doigts". Universal-Debloater-Alliance vous prévient de cela.
Installation :
1) activer le mode développeur sur le smartphone.
2) activer le débogage USB dans les menus développeur.
3) installez adb si ce n'est pas déjà fait.
4) adb devices
5) valider la popup sur le smartphone pour autoriser.
6) lancer uad-ng-linux (Permalink)
Un moteur de rendu html, c'est un bout de code incroyablement complexe chargé de transformer html et css en quelquechose à l'écran.
Avant il y avait Trident (le moteur d'Internet Explorer), Presto (l'excellent moteur d'Opera), Gecko (Firefox), Blink (Google), et WebKit (Apple).
Sauf que Microsoft et Opera ont abandonné leur moteur, et que en gros Blink a plus de 80% du marché. (Vivaldi, Chromium, Edge, Opera, Brave... bref à peu près tous navigateurs utilisent Blink)
Alors il est bon de voir naître un nouveau moteur. Même si Servo est encore balbutiant, il est très prometteur. Il est écrit en Rust, ce qui laisse présager des performances exceptionnelle et une meilleure sécurité (et c'est bien ce qu'on recherche pour un moteur de rendu web). (Permalink)
Quelqu'un a créé un ImageBoard en se basant sur le code de Shaarli (la partie "Picture Wall"). Ça lui permet de republier facilement des images qu'il a trouvées intéressantes, avec des tags, et tout cela est stocké sur son propre serveur.
(source : https://post.lurk.org/@raphael/115694695449286255) (Permalink)
Plus de 4 milliards d’euros de budget. Plus de mille employés. L’agence, initialement dédiée aux économies d’énergie et devenue au fil du temps un temple de la décroissance, ferait bien de s’appliquer à elle-même ses propres préceptes. D’autant que son dogmatisme l’a conduite à des contresens lourds de conséquences.
C’est écrit noir sur blanc. Assumé. « Au-delà d’une expertise technique et scientifique, [l’ADEME] a progressivement pris en charge un rôle d’amplificateur des initiatives. L’agence intègre aujourd’hui la dimension sociale de la transition écologique en mobilisant les citoyens et l’ensemble des acteurs, pour tracer le récit d’un futur sobre et désirable. »
Cette phrase figure sur le site officiel de l’Agence de la transition écologique, dans la présentation de sa propre histoire. Elle résume, à elle seule, le cœur du problème. Tout est là : la revendication d’une sortie du champ de l’expertise pour entrer dans celui de la transformation sociale, et la mise en avant de la sobriété comme horizon indépassable.
En revendiquant la mission — inédite pour une agence publique — de définir un « récit » et de déterminer ce que serait un futur « désirable », l’ADEME franchit le Rubicon. Elle ne se contente plus d’éclairer la décision publique, elle entend orienter la société et prescrire des modes de vie. Sans aucun mandat démocratique pour cela.
Le péché originel
L’ADEME trouve ses racines dans la crise énergétique des années 1970. Après le premier choc pétrolier de 1973, la France crée en 1974 l’Agence pour les économies d’énergie. François Mitterrand la fusionne ensuite avec le Commissariat à l’énergie solaire pour former l’Agence française pour la maîtrise de l’énergie (AFME), et en confie la direction à Bernard Laponche, polytechnicien et ancien du CEA, devenu par la suite l’une des figures intellectuelles majeures de l’antinucléarisme français.
Cette nomination constitue un lot de consolation pour les antinucléaires, dont François Mitterrand s’était rapproché pendant sa campagne et qui s’estiment trahis par le maintien — à l’exception notable du projet de centrale de Plogoff — du programme électronucléaire français. L’agence se voit dotée de moyens importants, son budget étant multiplié par trois par rapport aux structures précédentes, avec pour mission affichée de rompre avec le « modèle productiviste ». Elle se développe dès lors sur une culture marquée par le rejet de l’énergie nucléaire.
Fin 1990, Brice Lalonde crée l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) en fusionnant l’AFME avec l’Agence nationale pour l’élimination des déchets (ANRED) et l’Agence pour la qualité de l’air (AQA). L’ADEME commence à fonctionner le 1ᵉʳ janvier 1992 avec cinq missions initiales reflétant les priorités environnementales de l’époque : pollution de l’air, déchets, sols pollués, économies d’énergie, développement des énergies renouvelables et lutte contre les nuisances sonores.
Croissance d’un bastion décroissant
L’histoire de l’ADEME est celle de la construction progressive d’un bastion idéologique, portée par ses dirigeants. En 1997, la ministre de l’Environnement Dominique Voynet appelle à son cabinet Bernard Laponche pour orchestrer le sabordage de Superphénix, avant de placer à la tête de l’agence un proche, Pierre Radanne, figure des Amis de la Terre. Sous sa présidence (1998-2002), l’ADEME recrute massivement dans les sphères militantes et passe de multiples marchés à des associations amies. Un rapport confidentiel de l’IGF de mars 2000 dénonce même « des conflits d’intérêts, des procédures opaques, des gaspillages… ».
Dans le même temps, les missions de l’agence s’élargissent. Initialement centrée sur le conseil technique, l’ADEME devient progressivement opérateur de politiques publiques. Le Grenelle de l’environnement, puis la création du Fonds Chaleur, des fonds déchets et, à partir de 2010, des Programmes d’investissements d’avenir changent sa nature. L’agence ne se contente plus d’expertiser, elle sélectionne et finance. Sans évaluation systématique de l’efficacité réelle de la dépense.
Cette mutation atteint son apogée sous la présidence d’Arnaud Leroy (2018-2022), ex-député socialiste rallié à la majorité. L’agence change alors d’échelle sans changer de logiciel. Son budget explose, passant d’environ 600 millions à plus de 4,2 milliards d’euros en 2023. Ce « pognon de dingue » finance aussi un gonflement organisationnel : plus de mille agents répartis dans 17 directions régionales et sur 23 sites, un empilement de guichets, de structures intermédiaires et de dispositifs parfois redondants avec les services déconcentrés de l’État.
Aujourd’hui, cette continuité idéologique — illustrée par le blocage parlementaire de la nomination du pro-nucléaire Boris Ravignon — confirme l’autonomie d’une institution où la ligne des réseaux écologistes historiques, entretenue par des recrutements endogames, prime sur les inflexions successives de la politique énergétique nationale.
Ces partis pris s’incarnent dans le rapport Transition(s) 2050 (2021). Présenté comme un exercice de prospective, il propose plusieurs trajectoires reposant, à l’exception d’une, sur un socle commun : réduction massive des usages, transformation profonde des modes de vie et sobriété structurelle.
Le scénario dit de « sobriété », construit avec Négawatt et The Shift Project, est explicitement valorisé. Il prône une division par trois de la consommation de viande, 70 % d’agriculture biologique, une limitation forte de la construction neuve, une réduction de la mobilité, la généralisation des low-tech et une contraction du commerce international. On y évoque même, dans un doux euphémisme, une « frugalité choisie mais aussi contrainte ». Bref, de la décroissance pure et dure… qui ne s’applique pas au mélange des genres. Les mêmes associations financées et mobilisées comme expertes vendent ensuite formations, conseil et audits pour décliner les orientations qu’elles ont contribué à définir. Une économie circulaire financée par le contribuable.
Prolifèrent aussi, en parallèle, des projets anecdotiques ou symboliques qui gaspillent l’argent public sans aucun bénéfice climatique. Ainsi, la « carte verte » expérimentée à Angers, censée faciliter l’accès à l’alimentation au nom de la transition écologique, revient à subventionner les courses des bobos de centre-ville : 35 % des participants étaient des actifs CSP+ (contre 13 % en population générale) et 58 % des achats ont été réalisés dans des magasins Biocoop.
Les grands contresens
Plus grave encore, les orientations majeures promues par l’ADEME convergent vers des solutions aux impacts environnementaux plus que discutables, voire délétères.
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) en est l’exemple le plus parlant. Pendant des années, l’électricité y a été pénalisée par un coefficient de conversion artificiellement élevé — fixé à 2,58 puis abaissé à 2,3 — alors même qu’elle est en France largement décarbonée. Concrètement, ce paramétrage revenait à surévaluer les émissions associées à l’électricité, dégradant mécaniquement la note des logements chauffés à l’électrique et favorisant, par comparaison, le gaz ou des solutions hybrides pourtant plus émettrices de CO₂. Ce choix n’était pas strictement technique, mais incitatif. Le coefficient a été négocié par l’ADEME dans le cadre de la RE 2020 afin de maintenir une pression forte en faveur de l’isolation, totem historique de l’agence, et qui freine le déploiement des pompes à chaleur. Autrement dit, un outil censé refléter la réalité carbone a été biaisé pour orienter les comportements, au prix d’un contresens climatique.
Autre paradoxe : l’entêtement à soutenir le chauffage au bois via le Fonds Chaleur, alors même que l’ADEME reconnaît qu’il constitue la première source d’émissions de particules fines en France (une proportion des PM2,5 qui pourrait même dépasser les 60 % selon les dernières évolutions méthodologiques), et que sa neutralité carbone repose avant tout sur une convention théorique. L’agence a bien lancé une vaste étude « Périclès » sur les émissions de particules ultrafines (les plus dangereuses) issues des systèmes de chauffage au bois, mais, bien que terminée en octobre 2024, ses résultats ne sont pas encore publiés à ce jour.
Enfin, le scénario « 100 % renouvelables » publié en 2015, initialement bloqué par la direction puis diffusé après avoir opportunément fuité dans Le Monde, qui le qualifie de « brûlot », illustre la dimension idéologique du débat. Fondé sur une méthodologie critiquée par RTE et la Cour des comptes pour avoir minoré les coûts de système et sous-estimé l’intermittence, il promeut une logique proche de l’Energiewende allemande, récemment qualifiée par le chancelier Merz de « grave erreur stratégique » et de transition « la plus coûteuse au monde ». Cette croyance persistante dans la faisabilité d’un système électrique reposant exclusivement sur les renouvelables a durablement brouillé le débat énergétique en France, jusqu’à ce que la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine en révèle brutalement les limites.
Aujourd’hui, l’opposition résolue de l’agence au développement du numérique l’entraîne dans les mêmes travers. L’ADEME ne se contente pas d’évaluer les impacts environnementaux du numérique. Elle s’est dotée d’un service spécifiquement dédié à la « sobriété numérique », signe que la réduction des usages y est pensée comme la finalité en soi. Ses propositions de moratoire sur le déploiement des data centers reviendraient à délocaliser leurs émissions vers des pays à l’électricité plus carbonée, tout en ignorant les enjeux de souveraineté industrielle et de puissance de calcul indispensables au pays.
Pour la transition
Chaque fois que l’ADEME est mise en cause, ses défenseurs crient à l’attaque contre l’écologie. Mais c’est précisément pour cette dernière qu’il faut aujourd’hui questionner son existence. En substituant l’idéologie à l’expertise et le micromanagement infantilisant à la pédagogie, l’agence est devenue un frein à la transition.
Si un impératif de décroissance s’impose aujourd’hui, c’est celui de l’ADEME elle-même.
(L’idée de départ de ce papier est venue de la lecture des Illusionnistes de Géraldine Woessner et Erwan Seznec – Robert Laffont 2024)
"Ce texte crée un statut à part pour les seules forces de l’ordre en considérant qu’en cas d’usage d’une arme, les policiers seraient présumés avoir respecté les critères d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité exigés, sans avoir à le démontrer."
En gros, un projet de loi qui donnerait aux flics un permis de tuer. 🤷♂️