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Reçu — 15 mars 2026 De tout et de rien

Électroscope #18 : dôme de fer français, fin des antennes et vaccin maison

15 mars 2026 à 21:30

Des capteurs de la taille d’un morceau de sucre pour remplacer les antennes, la France qui présente son Dôme de fer, des miroirs dans l’espace pour éclairer la nuit, une mouche virtuelle et un vaccin ARNm maison… C’est parti pour Électroscope 18.

La fin des antennes ?

Les antennes gigantesques et les ondes qui nous entourent – radio, Wi-Fi, radar, 5G et bientôt 6G – vous font peur ? Voilà de quoi vous rassurer. Après des années d’efforts collectifs menés par plusieurs équipes internationales de pointe (américaines, canadiennes et polonaises), des scientifiques ont réussi à créer des capteurs minuscules, à peine plus gros qu’un morceau de sucre, capables d’amadouer toutes les fréquences radio, des plus basses aux plus hautes, sans aucune antenne classique. Adieu les grandes tiges métalliques, les paraboles encombrantes ou les circuits compliqués : ce sont désormais des atomes spéciaux, appelés atomes de Rydberg, qui font le travail.

Et ils n’ont rien d’ordinaire. On les excite avec des lasers jusqu’à ce qu’un électron s’éloigne énormément du noyau, comme une planète très lointaine autour d’une étoile. Dans cet état, l’atome devient ultra-sensible aux ondes électromagnétiques. Quand une onde radio passe, il la « sent » immédiatement et change d’état. Un autre laser lit ce changement comme un message, et le signal est capté avec une précision incroyable, sur une gamme de fréquences immense, sans devoir changer de matériel.

En quoi cela représente-t-il un changement de paradigme ? D’abord évidemment pour une question de taille, permettant d’envisager la fin des antennes géantes chargées de capter les ondes longues (celles qui voyagent très loin, comme les ondes radio AM). Tout tient dans un petit boîtier, idéal pour les drones, les smartphones, les satellites minuscules ou même des appareils portés sur soi. Ensuite, la performance : ces capteurs voient un spectre ultra-large d’un coup, sans perte de qualité, avec très peu de bruit et une sensibilité exceptionnelle. Ils fonctionnent même dans des environnements brouillés ou hostiles.

L’intérêt va bien au-delà de la technique pure. Pour les militaires, c’est un atout majeur : communications plus discrètes, détection anti-brouillage, radars compacts. Pour nous tous, cela pourrait signifier des téléphones plus petits et plus puissants, des réseaux 6G partout sans énormes installations, une meilleure surveillance de l’environnement (pollution électromagnétique, ondes cosmiques), voire des avancées en médecine avec des capteurs implantables ultra-sensibles. Et cerise sur le gâteau, ces systèmes sont auto-étalonnés grâce aux lois de la physique quantique, donc très fiables et précis.

Certes, nous n’en sommes pas encore à déboulonner les antennes du monde entier. Cette technologie reste confrontée à des défis essentiels comme la robustesse ou la production en masse. Mais la voie est tracée. Il est envisageable de penser que, bientôt, capter le monde des ondes tiendra littéralement dans la paume de votre main, grâce à une poignée d’atomes excités. Miniaturiser pour rêver plus grand.

La France présente son dôme de fer

Depuis février 2022 et le déclenchement de la guerre en Ukraine, le monde est confronté à un nouveau type de conflits qui s’exprime également dans celui qui oppose, depuis quelques jours, la coalition israélo-américaine et l’Iran. Des combats dont les drones et les missiles balistiques ou hypersoniques sont les héros, défiant toutes les stratégies antérieures plaçant les soldats au cœur des champs de bataille. Pour répondre à ces nouveaux enjeux, le groupe français Thales, fleuron de notre défense, vient d’entrer dans la danse des « dômes » protecteurs. Le 11 mars, il a officiellement dévoilé SkyDefender, un système intégré de défense aérienne et antimissile multicouche, présenté comme la réponse européenne au célèbre Dôme de fer israélien et à celui impulsé par Donald Trump pour couvrir l’ensemble du territoire américain.

SkyDefender ne part pas de zéro : il assemble des technologies déjà éprouvées au combat, les relie via un centre de commandement dopé par l’intelligence artificielle cortAIx, et les déploie sur terre, en mer comme dans l’espace. Ce bouclier est capable de contrer une gamme très large de dangers, des quadricoptères kamikazes aux projectiles filant à Mach 5 et plus.

Il opère grâce à une superposition astucieuse de protections. À courte portée, ForceShield érige une bulle étanche autour des troupes, des navires ou des sites vitaux, neutralisant roquettes, munitions rôdeuses et drones avec des missiles légers et des canons rapides. Pour les menaces intermédiaires, le système SAMP-T NG nouvelle génération, associé à des radars Ground Fire offrant une vue à 360 degrés, prend le relais jusqu’à une centaine de kilomètres, interceptant missiles de croisière, avions ou engins tactiques. Enfin, la couche la plus ambitieuse s’étend à très longue distance : des radars puissants, couplés à des capteurs infrarouges satellitaires, repèrent les intrus jusqu’à 5 000 kilomètres, offrant une alerte précoce cruciale contre les menaces stratégiques.

Contrairement à certains projets qui demandent des décennies de mise en œuvre, SkyDefender s’appuie sur du concret déjà vendu et opérationnel – au Danemark, en Italie, au Portugal ou ailleurs –, ce qui le rend adaptable rapidement à des besoins nationaux ou alliés. Il renforce la souveraineté européenne en matière de défense et permet une riposte proportionnée et ultra-rapide grâce à l’IA, qui trie les priorités en temps réel. Face à un monde où la vitesse et la saturation des attaques deviennent la norme, ce dôme modulaire, ouvert et interopérable avec les systèmes de l’OTAN, pourrait bien sauver des vies tout en positionnant l’Europe comme un acteur crédible dans la course aux boucliers du XXIe siècle, arrivant au meilleur moment.

En finir avec la nuit ?

Envoyer des miroirs géants dans l’espace pour ramener la lumière du Soleil la nuit ! C’est le projet développé par une petite start-up californienne, Reflect Orbital. Le premier satellite test, appelé Earendil-1, devrait décoller dès avril 2026 (ou cet été, selon les dernières annonces). Ce petit engin, à peu près de la taille d’un frigo d’étudiant, déploiera en orbite un miroir carré d’environ 18 mètres de côté, fait d’un matériau ultra-réfléchissant comme le mylar. Une fois en place, à environ 400 km d’altitude, il pourra diriger un faisceau de lumière solaire vers un endroit précis sur Terre, illuminant un cercle d’environ 5 kilomètres de diamètre avec une clarté comparable à celle d’une pleine lune – voire plus pour les versions futures.

L’entreprise a déjà testé le concept sur Terre avec un grand miroir porté par un ballon stratosphérique. Elle a réussi à concentrer assez de lumière pour booster des panneaux solaires au sol. À terme, Reflect Orbital rêve d’une constellation de milliers (voire 50 000) de ces satellites-miroirs d’ici 2035. L’idée ? Vendre de la « lumière sur demande » à des clients pour prolonger la production d’électricité des fermes solaires après le coucher du soleil, éclairer des zones de catastrophe pour les secours, aider l’agriculture en donnant plus d’heures de jour aux plantes, ou même combattre la dépression saisonnière dans les régions sombres.

Ce principe de soleil artificiel pourrait aussi, à terme, signifier la production d’une électricité totalement verte sans nécessiter la construction de nouvelles centrales. Mais tout le monde n’est pas enthousiaste. Les astronomes s’inquiètent d’une pollution lumineuse massive qui rendrait les étoiles invisibles et perturberait la faune nocturne. L’entreprise promet des utilisations ciblées et limitées, non un ciel illuminé en permanence. La partie est encore loin d’être gagnée, mais l’idée est séduisante en dépit des doutes légitimes qu’elle soulève. Elle nous laisse imaginer l’idée un peu folle d’une humanité à même de dompter l’obscurité sans ampoules…

Un cerveau de mouche dans un… ordinateur !

Des chercheurs, armés de la cartographie précise du cerveau d’une mouche du vinaigre, ont accompli l’impensable : recréer intégralement cet organe neuronal dans les circuits d’un ordinateur. Environ cent trente-neuf mille neurones, interconnectés par plus de cinquante millions de synapses, modélisés avec une fidélité stupéfiante. Loin d’une simple abstraction, il s’agit d’une émulation vivace, intégrée à un corps virtuel simulé physiquement, où la mouche digitale se meut, se nourrit et se toilette de manière autonome, sans le moindre apprentissage artificiel préalable.

Cette avancée, fruit du consortium FlyWire et couronnée par les innovations de la société Eon Systems, éclaire les mystères de la cognition biologique, révélant comment des structures neurales, une fois transposées dans du silicium, engendrent des comportements émergents, spontanés et complexes. Au-delà de la prouesse, l’intérêt réel de cette expérience réside dans son potentiel transformateur. Décrypter les rouages intimes du cerveau pourrait accélérer la compréhension des troubles neurologiques humains, inspirer des intelligences artificielles plus efficientes, voire ouvrir des voies thérapeutiques inédites pour des pathologies comme Alzheimer ou Parkinson. Pourtant, cette mouche virtuelle, si modeste en échelle comparée aux milliards de neurones humains, nous rappelle humblement la distance infinie qui nous sépare encore d’une simulation cérébrale à notre mesure. Mais elle nous en ouvre la porte…

Avec l’IA, il a créé le vaccin qui a sauvé son chien !

Parfois, la force du lien entre l’homme et l’animal nous livre des histoires extraordinaires. Celle-ci nous vient de Sydney, grâce au quotidien The Australian. Paul Conyngham, un entrepreneur australien, expert en données et en intelligence artificielle, a refusé de laisser partir sa chienne Rosie sans combattre le mal qui la rongeait. Cette adorable croisée staffy-shar pei, adoptée dans un refuge en 2019, a été diagnostiquée en 2024 avec un cancer agressif des mastocytes. Des tumeurs multiples, dont une grosse comme une balle de tennis sur sa patte, ont surgi. Malgré des milliers de dollars dépensés en chirurgie et chimiothérapie, les vétérinaires donnaient à Rosie seulement quelques mois à vivre.

Désespéré mais déterminé, Paul a décidé de ne pas baisser les bras. Il s’est tourné vers ChatGPT pour envisager des idées de traitement. Le chatbot l’a guidé étape par étape pour analyser les données génétiques, identifier les mutations responsables du cancer et même esquisser un plan pour créer un vaccin personnalisé. Il a ensuite payé 3 000 dollars pour faire séquencer l’ADN de Rosie à l’université de Nouvelle-Galles du Sud, comparant son ADN sain à celui de la tumeur pour repérer les anomalies.

Armé de ces gigaoctets de données, il a utilisé des outils comme AlphaFold (l’IA de Google pour modéliser les protéines) et ses propres algorithmes pour trouver celles ayant muté. ChatGPT l’a aidé à formuler une recette condensée en une demi-page pour un vaccin à ARN messager sur mesure.

Il a enfin convaincu des scientifiques de haut niveau pour qu’ils l’aident. Le professeur Martin Smith s’est employé au séquençage, le professeur Pall Thordarson (directeur de l’institut RNA de l’UNSW) a fabriqué le vaccin en nanoparticules, et la professeure Rachel Allavena, de l’université du Queensland, spécialiste en immunothérapie canine, a administré le sérum légalement après une approbation éthique.

Le vaccin a été injecté à Rosie fin 2025, avec un rappel en février 2026. Le résultat s’est avéré stupéfiant. La grosse tumeur a fondu de moitié, la plupart des autres ont disparu ou rétréci, Rosie a retrouvé de l’énergie, un poil brillant et son envie de jouer – elle a même couru après un lapin ! Ce n’est pas une guérison totale (un nouveau vaccin est en préparation pour une tumeur résistante), mais cela lui a offert du temps précieux et une qualité de vie bien meilleure.

Les scientifiques sont bluffés. « C’est magique », s’est enthousiasmée Rachel Allavena. « C’est la première fois qu’un vaccin ARN personnalisé est conçu pour un chien », a ajouté Pall Thordarson, qui y voit un espoir pour les humains. Cette aventure n’est pas une recette miracle à copier chez soi – elle a demandé des mois de travail acharné, des expertises pointues et des autorisations strictes. Mais elle montre comment un passionné, aidé par l’IA accessible à tous, peut collaborer avec la science de pointe pour défier l’impossible.

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Libre circulation : la justice européenne impose la reconnaissance de l’identité de genre - Association STOP homophobie

15 mars 2026 à 08:19
"La Cour de justice de l’Union européenne a estimé qu’un État membre ne peut pas refuser de délivrer des documents d’identité conformes à l’identité de genre d’une personne trans lorsque celle-ci a été légalement reconnue dans un autre pays de l’UE. Une décision qui renforce la protection des droits fondamentaux et la liberté de circulation des citoyens européens."
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(Permalink)

Épargner ou investir : l’épargne de précaution

15 mars 2026 à 07:32

Vous avez décidé d’investir. Vous avez lu des articles, regardé des vidéos, et vous avez même commencé à vous familiariser avec les marchés financiers. Aujourd’hui, votre voiture vient de rendre l’âme sur l’A6, et vous réalisez que vous n’avez pas un euro de côté. Résultat : vous liquidez vos investissements en urgence pour payer le garagiste. Vous venez de transformer un investissement de long terme en moins-value express. C’est ce que l’épargne de précaution cherche à éviter… Premier épisode de notre série d’initiation financière.

Avant d’investir le moindre euro, il faut répondre à une seule question : si votre vie décidait de mal tourner pendant six mois, est-ce que vous tiendrez sans toucher à vos investissements ? Si la réponse est « non » ou « euh… », cet article est pour vous.

Adam et Sonia : deux vies, deux coussins

Pour parcourir ce sujet de manière concrète, nous vous présentons deux personnages qui nous accompagneront tout au long de cette série. Ils ne sont pas parfaits, c’est volontaire.

Adam : autoentrepreneur, locataire, célibataire

Adam a 31 ans. Il est graphiste indépendant, loue un appartement à Lyon et vit seul avec une plante verte appelée Monstera. Ses revenus ? Entre 1 000 et 3 000 € selon les mois. Parfois plus, souvent moins. Son loyer représente environ un tiers de son revenu moyen.

Adam est enthousiaste à l’idée d’investir. Il a un compte sur une appli financière, un avis tranché sur l’or et une tendance à confondre rendement et frisson.

Sonia : fonctionnaire en couple, propriétaire avec crédit

Sonia a 38 ans. Elle et son conjoint Lucas sont tous les deux fonctionnaires : elle travaille dans une mairie et lui dans l’Éducation nationale. Ils sont propriétaires de leur appartement à Clermont-Ferrand, avec un crédit immobilier qui représente environ un tiers de leurs revenus combinés.

Sonia est prudente, méthodique et légèrement agacée par les gens qui lui disent qu’elle « joue la sécurité » parce qu’elle est fonctionnaire. Elle a raison d’être agacée.

Ces deux profils illustrent une réalité : l’épargne de précaution ne se calcule pas de la même façon pour tout le monde. Le bon montant dépend de la situation de chacun, pas d’une règle gravée dans le marbre.

L’épargne de précaution : à quoi ça sert exactement ?

L’épargne de précaution, c’est la somme que vous pouvez récupérer en quelques heures ou jours pour faire face à une dépense imprévue, sans toucher à vos investissements, sans contracter un crédit à la consommation et sans appeler votre mère.

Elle sert à absorber les chocs de la vie courante : une perte de client pour Adam, un arrêt de travail non couvert immédiatement, un déménagement précipité, une franchise d’assurance. Rien de catastrophique, mais une dépense suffisamment coûteuse pour déstabiliser quelqu’un qui n’a rien prévu. Si vous êtes propriétaire, la liste s’allonge considérablement : les impondérables du bâtiment sont pour vous, et ils arrivent sans préavis.

Propriétaires : des aléas en plus, et souvent plus chers

J’approfondis

Le rôle de cette épargne n’est pas de rapporter de l’argent, mais d’être disponible quand tout le reste décide de ne pas l’être.

Ce que l’épargne de précaution n’est pas

Ce n’est pas votre épargne pour la retraite. Ce n’est pas votre apport pour un appartement. Ce n’est pas votre portefeuille en attente d’opportunités. Ce n’est pas non plus le bas de laine de 50 000 € que certains gardent sur livret par peur viscérale des marchés : ça, c’est de l’épargne mal orientée, et nous y reviendrons.

Combien faut-il mettre de côté ?

La règle classique : entre 3 et 6 mois de dépenses courantes. Les dépenses courantes, c’est ce que vous dépenseriez chaque mois même si vous restiez assis dans votre canapé : loyer ou remboursement de crédit, charges fixes, alimentation, assurances, abonnements. Pas les vacances, pas les restaurants, pas un achat en ligne à 23 h.

Adam, revenus variables, deux trimestres visés

Adam dépense environ 2 400 € par mois en charges fixes. Sa situation commande plutôt 6 mois de réserve, soit 14 400 €, car ses revenus varient fortement d’un mois à l’autre. Un trimestre sans contrat, et sans coussin, c’est la catastrophe. Avec 6 mois de réserve, il pourra traverser un creux d’activité sans brader ses investissements au pire moment.

Sonia, aléas du bâtiment, quatre mois atteints

Sonia et Lucas ont des revenus stables et des charges fixes à 3 000 € par mois. Mais ils sont propriétaires : un appel de fonds exceptionnel du syndic peut arriver à tout moment. Ils visent 4 mois de réserve, plutôt que 3, soit 12 000 €, pour couvrir à la fois un aléa de revenus et un aléa du bâtiment sans arbitrer en urgence.

Les critères qui font varier le curseur

  • La stabilité de vos revenus est le critère principal. Fonctionnaire ou CDI dans un grand groupe : plutôt 3 mois. Indépendant, intermittent ou revenus variables : plutôt 5 à 6 mois, voire davantage.
  • Vos charges incompressibles : un crédit immobilier qu’on ne peut pas suspendre pèse plus lourd qu’un loyer qu’on peut réduire en déménageant.
  • Votre couverture sociale : certaines mutuelles ou prévoyances couvrent une partie des accidents de la vie. Si vous êtes bien couvert, la réserve peut être plus légère.
  • Votre tolérance au stress : une personne qui ne dort plus dès que son livret descend sous 15 000 € a besoin de plus de réserve, non parce que c’est rationnel, mais parce que la tranquillité d’esprit a une valeur réelle.

Comment se forcer à épargner : méthodes et astuces

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Où ranger son épargne de précaution ?

L’épargne de précaution doit répondre à deux critères non négociables : être disponible immédiatement ou presque, et ne pas perdre de valeur. La performance est un bonus, pas un objectif.

Premier point à retenir : l’argent qui reste sur un compte courant ordinaire ne rapporte rien, mais il ne stagne pas pour autant. Il perd de la valeur. Avec une inflation à 2 %, 10 000 € immobilisés un an sur compte courant représentent 200 € de pouvoir d’achat évaporés. Les livrets réglementés ne permettent pas de s’enrichir, mais ils limitent cette érosion. C’est leur rôle premier : préserver la valeur réelle de la réserve.

ProduitTaux (fév. 2026)DisponibilitéPour qui ?
Compte courant ordinaire0 %, perd de la valeurImmédiateÀ éviter pour l’épargne de précaution
Livret A1,5 % net
ImmédiateTout le monde (plafond 22 950 €)
LDDS : livret de développement durable et solidaire1,5 % netImmédiateMajeurs résidents français (plafond 12 000 €)
LEP : livret d’épargne populaire2,5 % netImmédiateSous conditions de revenus (plafond 10 000 €)
Fonds euros (assurance-vie)2–3 % brutSous 72 h à quelques semainesTout le monde, à réserver au-delà des livrets

Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux : leur taux affiché est le taux net. Les autres produits (fonds euros, comptes courants rémunérés) sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU).

LEP, livrets et fiscalité : comprendre les taux nets

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Un point souvent négligé : les livrets réglementés sont des produits strictement individuels, impossible d’en ouvrir un en commun. Pour un couple, c’est une force : répartir la réserve à parts égales sur les livrets de chacun assure une autonomie financière immédiate, quelle que soit la situation : séparation, décès, blocage de compte en attente de règlement successoral. Avoir sa propre réserve accessible sans dépendre du compte de l’autre n’est pas un luxe.

Livret A ou fonds euros d’assurance-vie ?

Pour la partie principale de l’épargne de précaution, le Livret A reste le roi : disponible en quelques heures, garanti par l’État, sans frais, sans fiscalité. Son taux de 1,5 % est moins reluisant qu’il y a deux ans, mais ce n’est pas la question : on n’optimise pas le rendement d’un coussin de sécurité, on optimise sa disponibilité. Le Livret A peut être complété par un LDDS, ce qui mène à 34 950 € plus d’éventuels intérêts.

Le fonds euros d’assurance-vie peut accueillir une hypothétique troisième tranche, si votre contrat permet des rachats rapides (24 à 72 heures pour certains contrats en ligne, deux semaines pour d’autres : vérifiez avant). Néanmoins, il comporte un risque peu connu : en cas de crise financière majeure, la loi Sapin 2 donne à l’État le pouvoir de bloquer temporairement les rachats. Précisément quand vous en auriez le plus besoin.

Règle pratique : le fonds euros complète, il ne remplace pas. Votre socle, au moins 3 mois de dépenses, doit rester sur des produits inconditionnellement disponibles.

Adam, éligible au Livret d’épargne populaire (LEP)

Adam ouvre un LEP (il y est éligible : c’est la première chose à faire), qu’il complétera par le Livret A. Sa cible de 14 400 € sera atteinte avec ces deux produits. Il laisse le compte courant rémunéré de côté : l’offre est temporaire, le plafond limité, et le différentiel avec le Livret A ne justifie pas la complexité.

Sonia, deux livrets, un chacun

Sonia et Lucas répartissent leur réserve de 12 000 € à parts égales : 6 000 € sur le Livret A de Sonia, 6 000 € sur celui de Lucas. Chacun reste autonome en cas de coup dur. Sonia loge une deuxième tranche sur son LDDS : de l’argent qu’elle avait avant le mariage et qu’elle ne veut pas laisser tomber en communauté.

Les deux erreurs classiques

Trop peu : le piège du vendeur contraint

Sans épargne de précaution, la moindre dépense imprévue se finance soit par un crédit à la consommation (coûteux), soit en vendant des investissements au mauvais moment. Or les mauvais moments ont une tendance fâcheuse à coïncider avec les krachs boursiers. Une crise économique frappe simultanément votre emploi, votre voiture et votre portefeuille. Vendre des positions en urgence pendant une récession, c’est offrir votre prime de risque à celui qui achète.

Adam, la sagesse de l’expérience

En 2022, Adam avait investi 8 000 € en bourse. Deux mois plus tard, son principal client part sans préavis. Sans réserve, il a revendu ses positions à −18 % pour payer son loyer. Il reconstitue une réserve de 14 000 € avant de réinvestir. La même situation s’est reproduite en 2024 : il n’a pas perdu un centime en vendant inopportunément.

Trop : l’épargne paralysée par la peur

L’autre erreur est moins spectaculaire mais tout aussi coûteuse : garder 40 000 € sur livrets « au cas où » quand votre besoin réel est de 12 000 €. Les 28 000 € en excès ne rapportent presque rien.

Ce n’est pas un jugement moral, c’est de l’arithmétique. Ces 28 000 € à 1,5 % rapportent environ 470 € par an net. Les mêmes 28 000 € investis en marché actions à 5 % réel annualisé valent 74 000 € après 20 ans. Sur livret au même taux : à peine 37 700 €. L’écart, 36 000 €, représente plus que la somme initiale.

Sonia, trop sur livret, trop longtemps

Sonia avait 23 000 € sur Livret A pour un besoin réel de 6 000 €. Après avoir fait le calcul — 17 000 € sur livret pendant 20 ans contre 17 000 € investis en marché actions, écart de plus de 45 000 € — elle a réorienté ces 17 000 € vers des investissements plus risqués, mais avec une meilleure espérance de rendement. Ce n’était pas de la témérité, c’était de la lucidité.

Et si le coussin n’était pas assez épais ?

Un imprévu survient avant que le coussin ne soit en place ? Voici les recours à explorer dans l’ordre :

  • Reports et échelonnements : demander un délai au bailleur, au syndic, au fournisseur d’énergie, à l’opérateur, aux impôts. Beaucoup d’acteurs accordent des facilités sur simple demande.
  • Avance sur salaire ou sur factures : l’employeur peut accorder une avance remboursable sans intérêts ; un client peut accepter un acompte anticipé.
  • Aides sociales : la CAF, le CCAS de votre commune ou une assistante sociale peuvent débloquer des aides d’urgence ou orienter vers des dispositifs adaptés.
  • Famille et proches : un prêt sans intérêts entre particuliers, formalisé par reconnaissance de dette, préserve les relations.
  • En dernier recours, si un crédit s’impose : choisir un crédit personnel avec le meilleur taux bancaire disponible grâce à une mise en concurrence. Surtout pas de crédit facile : crédit revolving, offres à souscription immédiate, rachats de créances. C’est presque toujours très cher.

En résumé

L’épargne de précaution est ennuyeuse, peu rémunératrice et indispensable. C’est la fondation sur laquelle tout le reste repose. Sans elle, investir revient à construire sur du sable.

La bonne taille ? Entre 3 et 6 mois de dépenses courantes selon la stabilité de vos revenus. Le bon endroit ? Livret A en priorité, LEP si vous y êtes éligible, LDDS pour la deuxième tranche, et surtout pas le compte courant, où l’inflation grignote silencieusement chaque euro qui y stagne. En couple : un livret chacun, à parts égales.

Une fois ce coussin constitué, chaque euro supplémentaire mérite mieux que le livret. C’est l’objet des articles suivants.

LA PROCHAINE ÉTAPE

Article n° 2 : actions et obligations, les deux piliers

Maintenant que votre coussin est en place, il est temps de comprendre dans quoi on investit réellement, et pourquoi ces deux classes d’actifs se comportent souvent différemment selon les cycles économiques. Suite au prochain épisode…

Les taux cités (Livret A 1,5 %, LDDS 1,5 %, LEP 2,5 %) sont ceux en vigueur au 1er février 2026. Ils sont révisables tous les six mois. Le PFU de 31,4 % se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Adam et Sonia sont des personnages fictifs ; leurs situations sont représentatives de cas réels mais simplifiées à des fins pédagogiques. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.

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Reçu — 14 mars 2026 De tout et de rien

IA et fiabilité

14 mars 2026 à 10:15
C'est quand même fou qu'avec des machines fondamentalement déterministes (les ordinateurs) ont ait TOUT FAIT pour améliorer le déterministe de ces systèmes (en travaillant sur la fiabilité : builds reproductibles, TDD, vérification d'intégrité, environnements conteneurisés, RAM ECC...) et améliorer l'industrialisation...

... et que l'IA arrive comme un chien dans un jeu de quilles, foutant tout en l'air à ne pas répondre deux fois la même chose à la même question.

Comment, en tant qu'informaticien, on peut seulement SOUHAITER ça ?

EDIT: Je ne suis pas le seul que ça gêne : https://hachyderm.io/@EmilyEnough/116258821633964028
(Permalink)

The Washington Post Is Using Reader Data to Set Subscription Prices. How Does That Work? - Washingtonian

14 mars 2026 à 09:18
Les lecteurs qui n'ont pas encore annulé leur abonnement au Washington Post (détenu par le milliardaire Jeff Bezos) en sont pour une bonne surprise : Une augmentation du tarif de leur abonnement. Mais pas la même pour tout le monde : Chaque abonné voit le prix de son abonnement augmenter décidé par un algorithme en fonction de ses données personnelles.

On entrevoit là les prémices d'un ajustement des prix pour presser au maximum le consommateur comme un citron afin de lui extraire un maximum de fric, le tout basé sur la monstrueuse collecte de données personnelles. On imagine bien voir ce genre de chose sur Amazon (qui appartient à Jeff Bezos).

Il y a déjà des expérimentations, aux USA, d'étiquettes de prix électronique qui changent à l'approche des clients. (Vous êtes friqué·e·s ? Quand vous vous approchez d'un produit que vous achetez toutes les semaines, hop, montée du prix puisqu'on sait que vous allez l'acheter, c'est une habitude. Et puis c'est facile de vous identifier de manière unique: Votre smartphone diffuse à qui le veut votre adresse MAC Bluetooth.)
C'est une certaine idée de l'enfer. Ou du paradis néo-libérale pour certains.
(Permalink)

Roblox Rolls Out AI-Powered Real-Time Rephrasing Of Profanity Within Chat | Techdirt

14 mars 2026 à 07:52
Encore un truc qui me semble une super super mauvaise idée : Faire ré-écrire par une IA ce que vous avez écrit dans un chat. Sans votre consentement.
Le prétexte : éviter les phrases et mots choquants (comme d'habitude "c'est pour protéger les enfants !")

Pourquoi c'est une pente glissante ? Parce que :
1) cela va faire entrer dans les habitudes de faire déformer votre discours par les IA (1️⃣).  
2) le critère de ce qui est "acceptable" est très (très) variable.
3) le curseur de la censure va descendre (Je rappelle qu'aux USA, Trump a pondu des lois pour considérer l'anti-capitalisme et l'anti-christianisme comme "anti-américain". Donc des lois pour empêcher la critique du capitalisme et des chrétiens.)

On se dirige doucement vers les manières de la dictature chinoise où vous êtes puni·e·s pour tout ce qui porte atteinte à l'«harmonie sociale».

( 1️⃣ Des utilisateurs de GMail ont déjà constaté la reformulation de certains mails par l'IA, sans le consentement de l'expéditeur. )

J'ajoute qu'il n'y aura aucune règle propre dans ces systèmes, vous ne ferez que subir l'arbitraire. (D'autant plus avec une IA qui n'a pas un fonctionnement déterministe.)
Je voudrais raconter une anecdote : Le jeu vidéo Borderlands 3 est littéralement *rempli* d'insultes, d'injures et de jurons (Exemple: "Putain de sa race, sa mère la pute!"). Quand j'ai voulu entrer dans le jeu avec mon pseudo "sebsauvage" il a été refusé. Trop violent. Parce qu'il contient le mot "sauvage" (qui n'est pas en soi une insulte). C'est absurde.
(Permalink)
Reçu — 13 mars 2026 De tout et de rien

Quentin Deranque, catholique traditionaliste à la ville et néonazi en ligne | Mediapart

13 mars 2026 à 17:40
Voilà la personne pour qui l'assemblée national a fait une minute de silence.
La droite et l'extrême-droite adoubent les fascistes. On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.
(Vraiment j'ai pas envie de parler politique sur mon Shaarli, hein, mais avec la montée du fascisme je ne peux juste pas fermer ma gueule.)

(Article en accès libre ; Copie de l'article là au cas où : https://app.wallabag.it/share/69b44c75ae8927.21742120
et là : https://web.archive.org/web/20260313233328/https://www.mediapart.fr/journal/france/120326/quentin-deranque-catholique-traditionaliste-la-ville-et-neonazi-en-ligne )
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Chief Nerd (@TheChiefNerd): "? SAM ALTMAN: “We see a future where intelligence is a utility, like electricity or water, and people buy it from us on a meter.”" | XCancel

13 mars 2026 à 07:53
"Nous envisageons un avenir où l'intelligence est un service, comme l'électricité ou l'eau, et les gens l'achètent chez nous selon un compteur."

Vous le voyez le projet de société ?  Sucer le travail des humains en chiant sur les lois pour le revendre sous forme d'abonnement À LEUR SEUL BÉNÉFICE.
La technologie n'est pas neutre.
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Palantir CEO Makes Shocking Confession on Disrupting Democratic Power | The New Republic

13 mars 2026 à 07:41
" Le PDG de Palantir, Alex Karp, pense que sa technologie d'IA réduira le pouvoir des « électeurs très éduqués, souvent des femmes, qui votent principalement démocrate », tout en augmentant le pouvoir des hommes de la classe ouvrière. "

Au moins il le dit clairement : Il préfère un peuple inculte. Inculte et masculin. Un peuple non éduqué est plus facile à manipuler et exploiter.

Encore une preuve que le projet de la Silicon Valley s'accorde avec le fascisme de Trump.
L'IA est un projet de société : Celui de l'asservissement et de la soumission aux puissants.
La technologie n'est pas neutre.
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Hey, les gens des réacteurs ?

Tristan K. @tristankamin.bsky.social posted:
Hey, les gens des réacteurs ?

Quoted post from @jcamillep.bsky.social:
J'ai une question pour les spécialistes de sûreté/combustible.
Dans le rapport d'EDF sur la modulation, il y a un critère de burnup min pour évacuer du combustible. (-40JEPP sur le prévisionnel).
Quel problème de sûreté est-ce que cela pose?
@buchebuche56.bsky.social
@tristankamin.bsky.social

Espagne : terre promise des nouveaux antisémites ?

13 mars 2026 à 05:30

On les célèbre comme les nouveaux héros pacifistes. La réalité est beaucoup plus sombre : l’Espagne bascule radicalement dans l’antisémitisme. En cause, la « convergence des luttes » entre partis au pouvoir et mouvances islamistes. Et une ingérence étrangère, celle des ayatollahs.

Profanation d’un cimetière juif il y a quelques semaines à Barcelone, tentative d’incendie d’un restaurant casher à Madrid, expulsion du musée d’art national Reina Sofía de trois touristes juives, manifestations contre l’équipe cycliste israélienne sur la « Vuelta », débarquement forcé de jeunes Juifs français à l’aéroport de Valence… Ce ne sont là que quelques exemples des violences que subissent les Juifs en Espagne, et qui ont été multipliées par cinq au cours des trois dernières années !

Des manifestations d’antisémitisme dont la fréquence s’est sensiblement accélérée depuis le 7 octobre 2023, au rythme de la banalisation d’une rhétorique largement véhiculée par les représentants des partis d’extrême gauche, dont la vice-présidente du gouvernement Yolanda Díaz (« La Palestine sera libre de la rivière à la mer »), la ministre de la Jeunesse Sira Rego, la secrétaire générale de Podemos Ione Belarra (comparant, sur X, les actions d’Israël à celles du nazisme), et par le propre président du gouvernement, le socialiste Pedro Sánchez, qui a été l’un des premiers à accuser son homologue israélien de « génocidaire ». Il vient d’ailleurs de rappeler son ambassadeur en Israël, une première pour un pays de l’UE, en réponse à l’interdiction d’entrée sur le territoire de l’État hébreu infligée à Díaz et Rego après leurs propos. Un simple chargé d’affaires sera désormais à la tête de la représentation diplomatique espagnole.

« Ces discours portent effectivement des éléments d’antisémitisme », confirme le sociologue Alejandro Baer. « Mais en réalité, ce sont des questions de politique intérieure qui sont ici en jeu. La question juive en soi, et Israël en particulier, n’est qu’un prétexte ; c’est une instrumentalisation, une manipulation de certains sentiments, qui peuvent être provoqués par les images de la souffrance à Gaza, les images des bombardements en Iran ou au Liban. Mais tout cela ne vise qu’à conforter une mobilisation à usage de politique interne ». Une dynamique dont Pedro Sánchez a grandement besoin : son parti est gangrené par la corruption et les affaires de harcèlement – particulièrement délétères pour un gouvernement qui s’était présenté en champion du féminisme –, sans majorité stable au Parlement, incapable de faire adopter un budget depuis trois ans.

La cause palestinienne, voile pudique des affaires

J’approfondis

Pour tenir politiquement, le leader socialiste a compris tout le crédit qu’il pouvait récupérer auprès de ses alliés de gauche en se posant (en paroles tout au moins) en principal opposant au « trumpisme ». « Son « non à la guerre » est bien sûr une position opportuniste », ajoute Alejandro Baer, « mais il marque aussi une insensibilité totale et un déni de ce que représentent l’Iran et ses mandataires par rapport à l’État d’Israël, ce qui nourrit et renforce le substrat de l’antisémitisme en Espagne ». D’autant que ce discours « infuse » largement au sein d’une société espagnole où 71 % des Espagnols qualifient l’action d’Israël à Gaza de génocide (contre 34 % en France, où les actes antisémites explosent également). Or, pour le sociologue, le lien entre cette rhétorique et la banalisation des actes de violence envers les Juifs ne fait aucun doute.

Les universités, pépinières de l’antisémitisme

Ce narratif ne surgit pas par hasard : il est soigneusement élaboré et cultivé au sein des universités espagnoles avant d’être repris dans les milieux intellectuels et médiatiques, explique le grand reporter et spécialiste de l’Iran Emmanuel Razavi, qui enquête depuis longtemps sur ces sujets : « Les chercheurs qu’on invite sur les plateaux de télévision, présentés comme experts du Moyen-Orient, participent ainsi de cette dialectique pro-palestinienne, soi-disant antisioniste, qui en réalité est un discours antisémite ».

Des universités dont les amphithéâtres sont largement ouverts à des mouvements tels que Samidoun, interdit et considéré comme une entité terroriste en Allemagne, aux États-Unis, en Israël et au Canada. L’organisation, qui a soutenu la « Flottille de la liberté », revendique son attachement au Front populaire de libération de la Palestine. Le mouvement palestinien révolutionnaire Masar Badil impose également sa doctrine antisémite sur les campus espagnols pour y promouvoir la lutte armée et la destruction d’Israël, et revendique ses liens avec les organisations terroristes. De fait, observe Alejandro Baer, « il est pratiquement impossible d’organiser un événement universitaire en Espagne avec une position modérée, comme il est impossible d’inviter un professeur israélien, quelle que soit sa ligne politique, à moins qu’il ne soit ouvertement antisioniste à l’instar d’Ilan Pappé, par exemple ».

Pedro Sánchez dans le « train de Lénine »

C’est d’ailleurs sur les campus espagnols qu’est née la formation politique d’extrême gauche Podemos en 2014, profitant justement de financements iraniens, notamment pour la diffusion des émissions de propagande de son leader Pablo Iglesias (vice-président du gouvernement espagnol en 2020 et 2021) sur HispanTV. Une collaboration conforme à ce que le fondateur de Podemos justifiait alors selon « la théorie du train de Lénine » (convoyé par les Allemands en 1917 pour déstabiliser la Russie) : « Les Iraniens s’intéressent à la diffusion d’un discours de gauche en Amérique latine et en Espagne parce que cela affecte leurs adversaires… et nous en profitons ! Pour moi, celui qui fait de la politique doit assumer et surmonter ses contradictions (…) : les femmes qui travaillent sur HispanTV doivent être voilées. Est-ce que cela me plaît ? Non. Est-ce une raison suffisante pour refuser de travailler pour cette chaîne ? Non ! Car je pense que ce que nous faisons est plus efficace ».

En Espagne, le train de Lénine passe par Téhéran

J’approfondis

Aujourd’hui, le président du gouvernement espagnol adopte à son tour cette stratégie du train de Lénine. À moins qu’il ne la subisse, rétorque Emmanuel Razavi : « Pedro Sánchez a peur ! Il a peur du terrorisme iranien sur le sol espagnol, car cette menace est aujourd’hui extrêmement élevée. Il veut faire en sorte d’éviter des bombes dans des centres commerciaux, dans des stations de métro, parce que c’est le mode opératoire des réseaux qui organisent ces attentats sous le commandement de la force Al-Qods des Gardiens de la révolution, l’unité d’élite en charge des opérations extérieures iraniennes ». Un attentat comme celui qui a été commandité par Téhéran contre l’ancien vice-président du Parlement européen, Alejo Vidal-Quadras, le 9 novembre 2023, en plein cœur de Madrid. Ce dernier, qui a miraculeusement survécu à un coup de feu au visage, était alors considéré comme l’ennemi numéro un du régime des mollahs en Espagne, en raison de son soutien à l’opposition en exil. Depuis lors, selon des sources policières nationales, des dizaines de cellules terroristes ont été démantelées dans le royaume ibérique.

Des listes de Juifs

C’est sur cette peur que prospère l’antisémitisme en Espagne, ainsi que sur l’instrumentalisation de la cause palestinienne, commune à l’extrême gauche et à ses alliés objectifs islamistes. « Ce qu’il faut comprendre, c’est que la cause palestinienne constitue la matrice de la lutte anti-impérialiste globale et offre les infrastructures, armes, réseaux et même la légitimité révolutionnaire », ajoute Emmanuel Razavi. Dans son dernier livre, le grand reporter cite Michel Fayad, qui rapporte les propos de l’ayatollah Khomeini lors de la visite du leader palestinien Yasser Arafat à Téhéran, le 17 février 1979 : « Il n’y a pas de cause palestinienne, c’est une cause islamique ».

L’explosion de l’antisémitisme en Espagne prouve à quel point cet entrisme a réussi. C’est également la preuve de la dangerosité d’une convergence des luttes « révolutionnaires » islamistes, anticolonialistes et anti-impérialistes. Surtout, note Alejandro Baer, dans un pays où « il n’existe pas de culture de la mémoire de l’Holocauste, et où la communauté juive ne représente qu’une très petite partie de la population [entre 40 000 et 50 000 personnes, ndlr], ce qui signifie qu’elle n’a pas la masse critique, ni l’activité ou la force que peuvent avoir d’autres communautés pour répondre aux agressions antisémites ».

« Dans ce contexte, nul ne sait jusqu’où peuvent aller les dérives antisémites », s’inquiète David Benatar, président de la fédération des jeunes Juifs d’Espagne, accusant la mise en ligne récente d’une carte, sur la plateforme GoGoCarto, où étaient identifiées les entreprises et institutions de Barcelone « liées à Israël » : une liste de plus de 150 établissements étiquetés comme participant à « l’économie sioniste », dont des boutiques, des écoles juives, des restaurants casher, des agences immobilières, des cabinets d’avocats juifs, avec les noms exposés comme des cibles… « Pour rendre visible et dénoncer l’impact de leurs investissements sur notre territoire », expliquaient les promoteurs anonymes de cette page baptisée « Barcelonaz » (le lien est désormais inactif après dénonciation). Une « carte de la haine antisémite », se désole David Benatar.

Et l’on ne peut s’empêcher de s’interroger : qu’est-ce qui vient après le fichage et la publication haineuse d’une liste de Juifs ?

L’article Espagne : terre promise des nouveaux antisémites ? est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Reçu — 12 mars 2026 De tout et de rien

No, “AI” is not a Stochastic Parrot ? | by Margaret Mitchell | Mar, 2026 | Medium

12 mars 2026 à 08:45
Les IAs ne sont pas des perroquets stochastiques.
Les *LLMs* sont des perroquets stochastiques.

Et l'article fait une remarque très intéressante : L'humain considère que le langage est *LA* marque de l'intelligence.
Donc quand une machine "parle" bien (les LLMs sont très fortes à ce jeu), on a naturellement tendance à penser que la machine *EST* intelligente et à lui attribuer des traits humains. Alors qu'elle n'est en réalité qu'un perroquet stochastique : Une machine qui pond statistiquement une suite de mot calculés à partir d'un ensemble de mots en entrée, sans réflexion et sans rien même comprendre aux mots qu'elle utilise.

Essayons une autre analogie des LLMs:
Imaginez que vous êtes une machine. On vous a donné à bouffer *TOUS* les textes en Chinois existants au monde. Vous ne comprenez rien au Chinois, mais vous avez créé un gigantesque model statistique de l'enchaînement des mots.
Quelqu'un vous soumet une question en chinois. C'est un enchaînement de mots.
Vous utilisez votre modèle statistique pour calculer la suite de mots la plus probable qui correspond aux mots en entrée.
Et vous répondez ces mots à la personne.

Notez que dans l'opération :
- Vous ne comprenez pas un traitre mot de la question qu'on vous a posée. (Vous ne comprenez pas le Chinois).
- Vous ne comprenez pas non plus un seul mot de la réponse que vous avez donnée.
- Vous n'avez pas compris la question, vous n'y avez pas "réfléchi" par rapport à une "base de connaissance" : Vous avez juste *calculé* statistiquement la suite de mots la plus probablement juste en utilisant les statistiques des *milliards* de textes que vous avez ingérés.

D'ailleurs dans le jargon, on ne parle pas de "mot" mais de "token". Littéralement des "jetons". Si on me donne cette suite de jetons en entrée, statistiquement voici la liste de jetons en sortie la plus probablement juste.
C'est comme cela que fonctionnent les LLMs comme ChatGPT et autres.

L'article mentionne tout de même que même si les LLMs sont des perroquets stochastiques, associées à d'autres types d'IA ou d'algorithmes elles peuvent rendre certains services.
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