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Reçu — 30 août 2026 Les Électrons Libres

Quand l’IA invente de nouveaux virus pour nous soigner

30 août 2026 à 17:00
Et si l'intelligence artificielle concevait elle-même les médicaments de demain ? Des chercheurs de Stanford ont créé un algorithme capable de générer de l'ADN de toutes pièces pour détruire des bactéries ultra-résistantes !L’article Quand l’IA invente de nouveaux virus pour nous soigner est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Les mauvaises graines de Kokopelli

30 août 2026 à 06:37
Pendant vingt ans, Kokopelli a cultivé l’image du petit semencier qui résiste aux multinationales, suscitant la sympathie des médias et de certains politiques. Salariés désabusés, fondateur complotiste et ouvertement antisémite... L’envers du décor est nettement moins bucolique.L’article Les mauvaises graines de Kokopelli est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Reçu — 29 août 2026 Les Électrons Libres

Ces projets que l’IA rend enfin possibles 

29 août 2026 à 06:58
Avec l’IA, lancer un projet n’a jamais été aussi facile, ni aussi abordable. Mais comment faire, concrètement ? C’est une question que l’on nous pose souvent — et que nous explorons nous-mêmes un peu plus chaque jour avec Les Électrons Libres.L’article Ces projets que l’IA rend enfin possibles  est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Une climatisation zéro énergie ?

28 août 2026 à 13:41
Rafraîchir un bâtiment en plein été sans consommer un seul watt d’électricité. Des scientifiques espagnols font un pas de plus dans ce sens avec un revêtement qui améliore grandement le refroidissement radiatif passif ! Le réchauffement de la planète induit une nette hausse de la demande en réfrigération et en climatisation, et donc in fine […]L’article Une climatisation zéro énergie ? est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Diabète : les injections remplacées par un simple yaourt ?

28 août 2026 à 13:01
La fin des piqûres quotidiennes ? Des biologistes chinois ont mis au point un probiotique intelligent surveillant le sucre dans le sang et pouvant « sécréter son propre remède directement depuis notre intestin ». Le diabète représente une urgence sanitaire mondiale affectant des centaines de millions d’adultes, condamnant de nombreux patients à la surveillance continue […]L’article Diabète : les injections remplacées par un simple yaourt ? est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Huiles essentielles : le grand double standard

27 août 2026 à 05:45
Quelques gouttes sur l'oreiller d'un enfant. Un diffuseur dans le salon. Une huile essentielle pendant la grossesse. Ces gestes paraissent anodins. Ils ne le sont pas toujours.L’article Huiles essentielles : le grand double standard est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Carlo Leifert, une carrière à science unique sous le signe du bio

24 août 2026 à 19:55
Superviseur de la méta-analyse de 2014, Carlo Leifert a une spécialité : trouver des vertus au bio là où les autres n'en voient pas. De son premier coup d'éclat en 2007 à son récent virage épidémiologique, plongée dans un parcours jalonné de vives controverses.L’article Carlo Leifert, une carrière à science unique sous le signe du bio est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Pourquoi le bio ne nous sauvera pas du cadmium

24 août 2026 à 19:54
Le bio, victime du cadmium déversé par l'agriculture conventionnelle ? L'argument est séduisant. Il est surtout trompeur. Car sans elle, le bio devrait se tourner vers des roches naturellement chargées en cadmium — tout en se privant des technologies capables de réduire le problème.L’article Pourquoi le bio ne nous sauvera pas du cadmium est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Dessaler la mer pour sauver un lac ?

23 août 2026 à 06:45
Le dessalement, souvent accusé d'abîmer les écosystèmes, pourrait-il les protéger ? C'est le pari fou d'Israël, qui remonte de l'eau de la Méditerranée pour sauver le lac de Tibériade.L’article Dessaler la mer pour sauver un lac ? est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

La saumure, trésor caché du dessalement ?

23 août 2026 à 06:45
Et si le plus grand déchet du dessalement finissait par payer notre eau ? La saumure contient quantité de molécules désirables, dont la valorisation pourrait couvrir une partie du coût de production… et éviter sa dispersion marine.L’article La saumure, trésor caché du dessalement ? est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Le mensonge contre la démocratie

22 août 2026 à 05:10
À l'approche d'une année présidentielle, les entorses à l'exactitude n'ont rien d'accidentel. Elles annoncent une campagne marquée du sceau du mensonge, du cynisme et de l'espoir que nos concitoyens finiront par exprimer leur seule colère dans les urnes.L’article Le mensonge contre la démocratie est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Parcimonie et précision

19 août 2026 à 18:08
Réduire plutôt qu'interdire. Voilà le pari de l'agriculture de précision. Drones, capteurs, lasers, intelligence artificielle… Et si la technologie permettait de traiter moins et mieux ? Une révolution agricole qui regarde vers l'avenir plutôt que vers le passé.L’article Parcimonie et précision est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Glyphosate : requiem en sol majeur

19 août 2026 à 18:08
Et si l'un des produits les plus décriés de l'agriculture était en réalité l'un de nos meilleurs atouts agroécologiques ? En permettant de ranger la charrue, le glyphosate est la clé de voûte d'une pratique qui régénère les sols et stocke le carbone : l'agriculture de conservation.L’article Glyphosate : requiem en sol majeur est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Reçu — 27 août 2026 Les Électrons Libres

Cancer du sein chez les hôtesses de l’air : le coupable est-il à bord ?

27 août 2026 à 19:43
40 % de cancers du sein supplémentaires chez les hôtesses de l’air. Un chiffre spectaculaire qui a participé à la première reconnaissance de cette pathologie comme maladie professionnelle. Mais travailler à bord d’un avion augmente-t-il réellement le risque ?L’article Cancer du sein chez les hôtesses de l’air : le coupable est-il à bord ? est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

L’amour de la nature, un business si moral

27 août 2026 à 05:45
« Nous sommes tous contaminés. » Mois après mois, la peur de la chimie gagne les esprits. Et cette peur rapporte. Car derrière la vertu du « naturel », prospèrent des intérêts tout à fait matériels.L’article L’amour de la nature, un business si moral est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Reçu — 24 août 2026 Les Électrons Libres

Cadmium : la méta-analyse pipée qui a fait basculer l’opinion

24 août 2026 à 19:55
« Manger bio permet de réduire de 48 % son exposition au cadmium. » Depuis des mois, médias et politiques répètent ce chiffre avec aplomb. Pourtant, entre manipulation statistique et soupçons de conflits d'intérêts, son histoire est proprement sidérante.L’article Cadmium : la méta-analyse pipée qui a fait basculer l’opinion est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Reçu — 23 août 2026 Les Électrons Libres

Dessaler l’eau de mer, l’angle mort de la « guerre de l’eau »

23 août 2026 à 06:45
À Mayotte, l'eau est partout… Sauf au robinet. Une usine de dessalement pourrait mettre fin à la pénurie, mais son chantier est aujourd'hui suspendu, après l'action en justice d'associations environnementales. Prudence légitime, ou dogmatisme ?L’article Dessaler l’eau de mer, l’angle mort de la « guerre de l’eau » est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Reçu — 19 août 2026 Les Électrons Libres

Nourrir huit milliards d’êtres humains

19 août 2026 à 18:09
Les pesticides. Véritables croque-mitaines du débat public, on les accuse de tous les maux, sanitaires comme écologiques. Mais dans ce climat anxiogène, une question passe au second plan : quels sont les apports de la chimie moderne à l'agriculture ? La réponse est loin d'être anodine.L’article Nourrir huit milliards d’êtres humains est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Reçu — 17 août 2026 Les Électrons Libres

Prolétaires de tous les pays, capitalisez !

17 août 2026 à 19:27

Faire fructifier nos cotisations plutôt que les engloutir ? La retraite par capitalisation est une nécessité, tant notre système par répartition est au bord du gouffre. La transition est possible. Refuser de la faire, c’est laisser les plus précaires au bord du chemin.

Dans le débat présidentiel qui s’amorce, les candidats sont (enfin) frappés d’une même épiphanie : notre système de retraite est à bout de souffle et il est temps d’en réformer le financement. L’ancien haut fonctionnaire Jean-Pascal Beaufret en a chiffré le déficit réel à 81 milliards d’euros par an, contributions de l’État comprises. Et la démographie censée le supporter est en berne. Même Marine Le Pen, pourtant rétive au libéralisme, s’y est mise, en plaidant désormais pour une capitalisation « volontaire », « pour ceux qui le peuvent ». La précision est savoureuse, car la France reste (heureusement) un pays libre où chacun peut (encore) placer son épargne comme il l’entend. Le mécanisme proposé existe déjà et a été renforcé en 2019, via la création du Plan d’épargne retraite (PER), ayant déjà séduit près de treize millions de souscripteurs et franchi les 150 milliards d’euros d’encours. Avec le ralliement du Rassemblement national, presque toutes les principales forces politiques – hormis certains partis de gauche, La France insoumise en tête – se disent désormais ouvertes à une dose de capitalisation. Le moment est idéal pour regarder de près ce mécanisme, et ce qu’il peut vraiment apporter.

Comment ça marche ?

À la différence du système par répartition régissant actuellement nos retraites, la capitalisation mise sur le temps pour générer ses ressources. Dans la répartition, les cotisations des actifs sont transférées chaque mois vers les retraités pour payer leurs pensions. Dans la capitalisation, elles sont investies, puis reviennent à l’actif sous forme de dividendes le jour où il cesse de travailler. L’économiste Patrick Artus avait illustré l’apport concret de la capitalisation sur le long terme. Selon ses calculs, un euro placé en 1982 valait deux euros quarante ans plus tard dans la répartition, quand il aurait pu en valoir vingt-deux dans la capitalisation. Une dose de capitalisation permet donc de générer des pensions plus généreuses ou d’amoindrir le poids des cotisations dans le salaire net.

La capitalisation au Krach-test !

J’approfondis
Un mannequin en combinaison orange pilote un kart tout en brandissant de l'argent sur un paysage surréaliste de graphiques boursiers.

Où cela marche déjà ?

Nul besoin de chercher bien loin des exemples de réussites. Les Pays-Bas ont adossé leur système à un puissant pilier de capitalisation, quasi universel. Le résultat est éloquent. Ils profitent d’un taux de remplacement (ratio de la pension par rapport au dernier salaire versé) parmi les plus élevés de l’OCDE, supérieur à 90 %, contre 60 % en moyenne en France. Une performance obtenue avec un poids des retraites dans le PIB deux fois inférieur au nôtre (7 % contre plus de 14 % chez nous) et qui permet à leurs fonds de pension de peser désormais une fois et demie la richesse de leur pays.

En France, il n’y a pas que les titulaires d’un PER qui profitent de la capitalisation. Depuis 2005, les fonctionnaires cotisent à un régime par capitalisation obligatoire, le RAFP, quand d’autres professions (les pharmaciens en tête, devant les agents de la Banque de France et les élus) disposent du leur, créé pour faire face à une démographie déclinante. Solides et bien provisionnés, ces régimes traversent les crises sans dommage. Ce qui fonctionne pour eux pourrait fonctionner pour tous.

Le rendez-vous manqué de 1999

La France a failli généraliser ce procédé à tous les salariés. En 1999, le gouvernement Jospin crée le Fonds de réserve pour les retraites, précisément pour amortir le choc du papy-boom à venir grâce à de l’épargne collective. Si l’intuition était bonne, la réalisation n’a pas suivi. Ce fonds n’a jamais vraiment capitalisé pour nos vieux jours. Dès 2010, les ressources qui l’alimentaient et les dividendes qu’il générait ont été redirigées vers la CADES pour éponger la dette sociale. Notre seule réserve de long terme a fini en tirelire pour boucher les trous du passé. Le rendez-vous était pris, mais nous l’avons manqué.

Combien faudrait-il, et comment y parvenir ?

Posons un ordre de grandeur. Pour verser 350 euros de plus chaque mois à 18 millions de retraités (chiffre projeté en 2045), il faudrait disposer d’un fonds d’environ 1 500 milliards d’euros qui, placé à 5 % net (soit légèrement moins que la performance annuelle moyenne des bourses mondiales depuis 1900), dégagerait 75 milliards de revenus par an. On peut l’amorcer en transférant les réserves déjà constituées – environ deux cents milliards entre l’Agirc-Arrco, le reliquat du Fonds de réserve et les encours du PER –, puis l’alimenter de 25 à 30 milliards par an, correspondant à 10 % des cotisations retraites versées actuellement par les salariés (qui imposera donc en parallèle une baisse des pensions du même montant). À 5 %, la mécanique des intérêts composés permet d’atteindre la cible en vingt ans. La transition a un coût, qui pèsera d’abord sur les pensions d’aujourd’hui (les salariés ne pourront être mis à contribution dans le cadre d’un double versement, leur pouvoir d’achat étant déjà bien amputé par les cotisations actuelles). Mais c’est le prix pour cesser de cotiser à perte et offrir aux suivants une retraite digne de ce nom.

Comment financer notre économie ?

À l’inverse de la répartition qui ne produit aucun capital, la capitalisation constitue un trésor de guerre patient, investi sur des décennies. Or la France en manque cruellement. Faute de fonds de pension nationaux, la moitié du capital du CAC 40 est aujourd’hui aux mains d’investisseurs étrangers, selon la Banque de France. Nos fleurons sont financés par les fonds de pension néerlandais, canadiens ou américains, qui empochent les dividendes que nous ne savons pas capter. Un fonds collectif à la française inverserait la donne. Il orienterait l’épargne des Français vers les entreprises françaises, les start-up et les infrastructures, et garderait chez nous les fruits de cette croissance. Le PER montre déjà la voie, avec plus de 80 % de ses actifs placés en France et en Europe. Il suffirait de changer d’échelle.

Le vrai débat : obligatoire, collective ou volontaire ?

C’est sur cette modalité que tout se joue. La capitalisation volontaire, chacun la pratique déjà s’il en a les moyens, à coups de plan d’épargne retraite, d’assurance-vie ou d’achats immobiliers. Mais qui peut réellement épargner ?

Prenons un salarié payé 1 600 euros net par mois. Chaque mois, environ 565 euros quittent son salaire brut pour financer la retraite par répartition, quand l’INSEE évalue sa capacité d’épargne personnelle à 80 euros. Il épargne donc sept fois moins que ce qu’il cotise. Et pour récupérer les quelque 290 000 euros qu’il aura versés sur sa carrière, il lui faudrait vivre jusqu’à quatre-vingt-neuf ans. Dans le cadre d’une capitalisation financée par 10 % de ses cotisations, il récupérerait 103 000 € à la retraite (31 000 € de versements et 72 000 € d’intérêts). En plaçant à 3 %, il pourrait se verser un complément de revenu de 300 € par mois sans toucher au capital qu’il pourra léguer à ses enfants.

Seule une capitalisation à la fois obligatoire et collective renverse la table. Obligatoire, elle embarque tout le monde et élargit l’assiette des cotisants. Collective, elle mutualise les risques, comprime les frais de gestion et profite d’abord aux plus modestes. C’est la seule forme permettant à tous les salariés les plus précaires de toucher, eux aussi, un dividende le jour de leur retraite.

Choisir la capitalisation collective et obligatoire, c’est faire œuvre de justice sociale, en relevant les petites pensions au lieu de réserver l’épargne aux plus aisés. C’est aussi cesser de voir nos fleurons passer sous pavillon étranger en dirigeant l’épargne des Français vers leurs propres entreprises. Non, la capitalisation n’est pas l’ennemie de notre modèle social. Elle pourrait même en devenir l’alliée la plus solide.

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Reçu — 16 août 2026 Les Électrons Libres

Éric Servat : « L’eau ne doit pas être otage des luttes politiques »

16 août 2026 à 06:45

Bassines, sécheresse, Plan Eau, dessalement… Figure majeure de l'hydrologie française, Éric Servat sonne l'alarme face à un débat qu'il juge gangrené par l'idéologie. Il appelle à revenir d'urgence aux faits, à la science et aux réalités locales.

Hydrologue spécialiste de la gestion de la ressource en eau, Éric Servat a passé plusieurs décennies à l'étudier sur le terrain, en particulier en Afrique, avant de diriger des institutions de recherche de premier plan. Directeur honoraire du Centre international UNESCO sur l'eau, qu'il a créé en 2020, directeur de recherche à l'IRD et professeur associé à l'université de Montpellier, il observe aujourd'hui avec inquiétude la tournure prise par le débat français.

Au point de prendre la plume. Dans Le Grand Défi de l'eau, publié il y a quelques mois, il s'attaque aux idées reçues, aux postures militantes et aux solutions toutes faites qui, selon lui, ont progressivement contaminé la gestion d'une ressource pourtant trop vitale pour devenir un champ de bataille idéologique.

Les Électrons Libres : Vous décrivez votre livre comme « un plaidoyer pour la raison, l'espoir et l'action ». Que voulez-vous dire par là ?

Éric Servat : J'en avais assez d'entendre n'importe qui dire n'importe quoi. Dans les pays où j'ai vécu, notamment en Afrique, j'ai approché de près la problématique de la ressource en eau. J'ai vu des gens en grande difficulté par manque d'eau ou parce qu'elle était de mauvaise qualité. C'est pourquoi j'aimerais qu'on retrouve un peu de sérénité sur cette question en France, où tous les sujets sont devenus clivants et polémiques, générant de l'hystérie et de la violence, de façon presque indécente au regard de la situation des pays sahéliens par exemple. Pour l'eau comme pour d'autres sujets nous avons, en France, une capacité d'analyse, de décision et d'action que beaucoup nous envient.

Les débordements du printemps 2023 autour des « mégabassines » à Sainte-Soline m'ont choqué. C'est en partie la raison de ce livre : répondre à des discours souvent purement militants, donner au grand public des clés de compréhension et souligner les progrès accomplis ces dernières décennies en matière de gestion de la ressource. Certes, en tant que scientifique, il est compliqué de se positionner car le débat est fréquemment préempté par des visées de politique politicienne. Des gens qui n'y connaissent rien martèlent des affirmations erronées parce que leur projet politique sous-jacent est de renverser le « système » et de mettre en place un autre modèle de société. L'eau ne doit pas être otage de ces luttes politiques. Elle mérite mieux que ça.

Un discours rationnel est-il encore audible ?

Difficilement, car une partie de la communauté scientifique est elle-même partie prenante. On l'a vu lors des débats sur la loi Duplomb : les faits et les données ne sont pas pris en compte. Il faut revenir aux fondamentaux. Nos sociétés se sont construites depuis la nuit des temps autour de l'eau, dont on oublie trop souvent aujourd'hui les dimensions économique, sociale et culturelle.

« La quantité totale de précipitations ne change pas beaucoup, mais l'irrégularité s'accroît »

Comment le changement climatique affecte-t-il le cycle de l'eau ?

Le cycle hydrologique (précipitations, ruissellement, infiltration, évaporation) est modifié par le réchauffement : davantage d'évaporation, davantage de transpiration par les plantes. Résultat, une partie de l'eau remonte plus vite et plus fort vers l'atmosphère et les sols se dessèchent plus rapidement, notamment en surface. Autrement dit, le cycle de l'eau s'accélère et l'atmosphère stocke davantage de vapeur d'eau supplémentaire : 7 % de plus pour une hausse de température de 1 degré.

On observe déjà les conséquences de cette situation. Dans l'arc méditerranéen, que je connais bien puisque je vis à Montpellier, les classiques épisodes dits « cévenols » surviennent dans une atmosphère bien plus chargée en vapeur d'eau, entraînant des pluies potentiellement plus intenses, des crues violentes et un ruissellement accru puisque l'eau s'infiltre mal dans le sol imperméabilisé par la sécheresse. La quantité totale d'eau précipitée ne change pas beaucoup mais l'irrégularité des pluies s'accroît. Au final, une grande partie de cette eau est « perdue » pour la recharge des aquifères.

D'une autre manière, les Pyrénées-Orientales subissent aussi ce changement : de 2022 à 2024, on y a observé une sécheresse d'une intensité telle que certains paysages et certaines contraintes d'usage de l'eau ont temporairement évoqué ceux de régions semi-désertiques, ce qui a fortement impacté l'économie locale (agriculture et tourisme).

« Le mille-feuilles administratif doit être revisité en profondeur. Il faut simplifier le système »

Vous jugez sévèrement les politiques publiques menées depuis des années dans ce domaine. Pourquoi ?

Excessivement complexe, le mille-feuilles administratif doit être revisité en profondeur. Certes, les grandes agences de bassins (dédiées aux principaux fleuves comme le Rhône, la Loire ou la Seine) sont à conserver, leurs Comités de Bassin étant de vrais lieux de discussion et de décision entre tous les types d'acteurs de l'eau. Mais en matière d'exploitation de la ressource en eau, c'est l'échelle du bassin versant qui est pertinente. Or, les compétences sont aujourd'hui éparpillées entre les communes, communautés de communes, départements et régions, auxquelles s'ajoutent celles des agences locales de l'eau, des schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), des schémas d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE), des PTGE, des CLE, etc. Il faut simplifier le système et s'appuyer sur les contraintes locales.

Vous n'êtes guère plus indulgent pour le Plan Eau, lancé en 2023.

Ce plan n'a rien d'innovant, ni dans ses constats – les mêmes qu'il y a dix ans – ni dans ses recommandations. S'il s'agit juste de prôner la sobriété (mot valise et culpabilisant car évoquant une addiction, auquel je préfère « économies d'eau » ou « optimisation des usages de l'eau ») et l'amélioration de la qualité de l'eau, on n'a pas besoin de grand Plan Eau ! Sauf peut-être dans un État aussi jacobin que le nôtre, dans lequel on a toujours besoin d'un signal « venu d'en haut » …

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