Vue normale

Comment ces organismes mous de 570 millions d’années ont traversé le temps et sont devenus des fossiles

10 janvier 2026 à 07:33

Des fossiles d'organismes à corps mous datant de 570 millions d'années ont été découverts, préservés sous forme d'empreintes dans le grès grâce à un mélange d'argiles. Cette découverte renverse l'hypothèse admise jusqu'à présent et donne une nouvelle explication à cette fossilisation exceptionnelle.

La Nasa prévoit l’évacuation d’un équipage de l’ISS pour problème médical le 14 janvier

L’agence spatiale américaine a annoncé jeudi que les quatre membres d’un équipage de l’ISS seraient évacués dans les prochains jours en raison d’un problème de santé touchant un astronaute.

© Evelyn Hockstein / REUTERS

Le logo de la Nasa.

Ouverture de tombeau, carbone 14, chromosome Y... À la poursuite de l’ADN de Léonard de Vinci

RÉCIT - Des chercheurs américains et italiens ont retrouvé des traces génétiques sur un dessin attribué au génie toscan.

© Marguerite Mangin

La biologiste médico-légale Rhonda Roby prélève un échantillon de Holy Child, un croquis à la craie rouge du XVIe siècle peut-être créé par Léonard de Vinci, pour analyse ADN, avril 2024.

Retracer la vie des animaux à la Préhistoire ? C’est possible grâce à ces petites molécules

9 janvier 2026 à 11:31

Dans une nouvelle étude, des chercheurs ont étudié pour la première fois des molécules métaboliques dans des os fossilisés datant de 1,3 à 3 millions d'années. Ils ont ainsi obtenu des informations sur la santé et l'environnement des animaux préhistoriques.

Data centers : peurs sur l’avenir

9 janvier 2026 à 06:05

Les data centers sont devenus des infrastructures critiques de nos sociétés numériques. Sans eux, pas de cloud, pas d’intelligence artificielle, ni de souveraineté numérique. La France dispose de solides atouts pour les accueillir. Alors pourquoi leur implantation suscite-t-elle une opposition croissante, comme au Bourget ?

Leur rôle stratégique est aujourd’hui reconnu par les États et l’Union européenne. La France compte déjà 300 à 320 data centers, ce qui la situe au 3e ou 4e rang européen, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni et au coude à coude avec les Pays-Bas. Idéalement située au carrefour des grands flux numériques au sein de l’Europe et avec l’Afrique ou l’Amérique, elle dispose en outre de l’un des mix électriques les plus faiblement carbonés au monde, d’un réseau électrique stable et d’un tissu industriel solide. Autant d’atouts qui devraient la conduire à en faire un secteur d’excellence, en cohérence avec ses objectifs climatiques et de souveraineté numérique. C’est pourtant au nom de l’environnement et de la santé publique qu’un projet porté par l’aménageur Segro au Bourget (Seine-Saint-Denis) cristallise une opposition locale d’une rare virulence.

Un projet à zéro artificialisation nette

Le projet prévoit l’implantation d’un centre de données sur un ancien site logistique H&M de la ZAC du Commandant-Rolland, sur une emprise de 3,7 à 4,1 hectares. La surface de plancher atteindrait 25 300 m², pour une puissance de raccordement de 75 MW et une consommation annuelle estimée à 526 GWh, soit environ 3,2 fois la consommation électrique du Bourget.

L’installation comprendrait 33 groupes électrogènes, des batteries de secours lithium-ion, des systèmes de refroidissement au fluide R1234ze, ainsi qu’un projet de récupération de chaleur fatale — la chaleur dissipée par les équipements informatiques, susceptible d’être valorisée pour alimenter un réseau de chauffage urbain ou des bâtiments voisins —, à ce stade non contractualisé. Le site est situé en zone urbaine dense, à proximité immédiate de logements et d’établissements recevant du public.

Sur le plan foncier, le projet s’inscrit toutefois dans une logique classique. Les data centers sont des bâtiments compacts, peu consommateurs de voirie et de stationnement, et moins gourmands en foncier qu’un entrepôt logistique ou une zone commerciale. Cette réalité contraste avec certains discours militants, comme celui de Charlie Hebdo évoquant des « forêts de béton qui dévorent le territoire », alors même que, le plus souvent, ces infrastructures permettent, comme ici, la réhabilitation d’une friche industrielle et la création d’emplois locaux.

Une opposition locale virulente et hautement politisée

Plus de 18 000 personnes ont signé la pétition réclamant l’arrêt immédiat du projet, un chiffre élevé rapporté aux 15 000 habitants de la commune. Le texte mobilise deux registres. D’une part, celui du désastre écologique, évoquant les « millions de litres d’eau pour refroidir les machines », une « consommation d’électricité monstrueuse » et un projet qui « ne servirait qu’à stocker des données, sans améliorer le quotidien ». D’autre part, celui du sentiment d’abandon territorial, avec des formules telles que « assez de mépris pour la Seine-Saint-Denis », « territoire déjà saturé, déjà sacrifié » ou encore « dépotoir énergétique de l’Île-de-France ». Un sentiment qui traduit, en négatif, la réalité d’un département devenu le pôle principal d’accueil de data centers et des emplois qualifiés qui vont avec.

Cette hostilité est relayée par le député LFI Aly Diouara, déjà opposé au data center de La Courneuve ainsi qu’à… la réalisation d’une liaison cyclable entre la Courneuve et Bobigny le long de la RD 986. Ici, il invoque le principe de précaution et des « risques sanitaires, environnementaux et contentieux », en s’appuyant sur l’avis de la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) — avis qui ne conclut à aucun moment à l’existence de risques sanitaires avérés.

Même tonalité chez Vincent Capo-Canellas, sénateur UDI de la Seine-Saint-Denis et ancien maire du Bourget, qui évoque un risque de dévalorisation immobilière et dénonce une « absence de concertation ». Un paradoxe, en pleine enquête publique.

Quant au MNLE 93 (section locale du Mouvement national de lutte pour l’environnement), il s’oppose frontalement au projet, qualifié d’« enjeu de santé publique en zone urbanisée », une expression sortie de nulle part.

Un avis maximaliste

Tous les opposants s’appuient sur l’avis de la MRAe du 30 juin 2025, qui constitue le socle technique du débat. L’avis relève des insuffisances méthodologiques et formule treize recommandations portant sur le bruit, l’air, les risques industriels, les champs électromagnétiques et les effets cumulés. Il souligne notamment la « forte présence de logements et d’établissements recevant du public à proximité du site » et demande de « compléter l’analyse des risques en intégrant des scénarios d’accidents graves incluant les effets sur les populations riveraines ».

L’avis ne conclut ni à un danger avéré, ni à un dépassement réglementaire, ni à l’inacceptabilité du projet. En revanche, il adopte une posture de précaution maximale, en privilégiant systématiquement les hypothèses les plus défavorables, au-delà des exigences réglementaires, sans jamais se prononcer explicitement sur la maîtrise des impacts.

Sur les champs électromagnétiques, la MRAe évoque des « carences du dossier initial » et demande des compléments d’analyse en raison « d’équipements qui génèrent des champs électromagnétiques aux effets peu documentés », alors même que les niveaux attendus relèvent de sources électriques classiques et demeurent très inférieurs aux seuils réglementaires.

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Le fluide frigorigène R1234ze — développé pour remplacer les HFC à fort effet de serre et autorisé par la réglementation européenne —, choisi pour les 48 groupes froids du site, fait l’objet d’une demande d’évaluation de ses produits de décomposition dans l’atmosphère, lesquels « pourraient très fortement relativiser sa qualité de gaz peu responsable d’effet de serre ». Un gaz que la MRAe assimile, à la différence de la réglementation, à un « PFAS », en questionnant son impact « tant sur la santé des populations que sur les milieux ».

Sans surprise, cette posture est aujourd’hui instrumentalisée politiquement, transformant des demandes de compléments méthodologiques en arguments de refus de principe, un glissement déjà relevé par Les Électrons libres.

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Des risques et nuisances limités dans un environnement exposé

Les risques industriels associés aux data centers sont documentés, encadrés et globalement faibles. Le principal concerne l’incendie, lié aux installations électriques, aux batteries ou aux cuves de stockage du carburant des générateurs. Les data centers figurent parmi les bâtiments industriels les plus surveillés — détection précoce, compartimentage, systèmes d’extinction spécifiques — et les incidents recensés ont causé des dommages matériels, sans victime civile ni impact sanitaire extérieur durable documenté. L’incendie spectaculaire d’OVHcloud à Strasbourg en 2021 en est une illustration.

Les risques liés aux batteries lithium-ion restent théoriques et extrêmement rares en exploitation réelle. Les groupes électrogènes, utilisés essentiellement lors de tests ou de coupures électriques, fonctionnent quelques dizaines d’heures par an, avec un niveau de risque comparable à celui d’hôpitaux ou de grands immeubles tertiaires.

Les nuisances sont elles aussi modérées et ponctuelles : bruit de ventilation, tests de groupes électrogènes, émissions atmosphériques limitées dans le temps. Rapportées à l’environnement existant du Bourget — bruit aérien, autoroutes A1 et A3, nœud ferroviaire, tissu industriel dense —, elles apparaissent marginales. Dans ce contexte, un data center constitue objectivement l’un des usages industriels les moins perturbateurs du secteur.

Peur de l’avenir, peur pour l’avenir

Le projet de data center du Bourget révèle un paradoxe français : un pays objectivement bien placé pour accueillir des infrastructures numériques stratégiques, aux nuisances limitées, mais où chaque implantation locale devient le réceptacle de peurs, de slogans et d’instrumentalisations.

Un paradoxe résumé par ce commentaire laissé sur le site de la pétition : « Ces data centers sont des aberrations écologiques, gros consommateurs d’électricité et d’eau, tout ça pour Google, Meta et autres, leurs moteurs de recherche et leurs algorithmes pour vous gaver d’informations peu rigoureuses, voire fausses, ou pire, tendancieuses. » Un propos lui-même nourri de fausses informations, qui se révèle ainsi ironiquement victime de ce qu’il prétend dénoncer.

Entre un avis environnemental poussé à l’extrême de la précaution et son exploitation politique maximale, le débat a glissé du terrain des faits vers celui de la peur. Si l’absence de preuve ne vaut pas preuve de l’absence, elle ne peut non plus justifier un soupçon permanent et une obstruction de fait. À force de voir du danger partout, le risque est de compromettre une ambition industrielle pourtant cohérente avec nos atouts énergétiques et, au nom d’un sentiment d’abandon territorial ressenti, voire entretenu, de priver un territoire des leviers économiques directs (emplois) et indirects (impôts) dont il a précisément besoin.

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« C’est assez bluffant » : les chiens sont bien plus doués qu’on ne le pense pour le langage humain

DÉCRYPTAGE - Certains animaux « surdoués » peuvent même apprendre des mots simplement en écoutant une conversation entre humains.

© BublikHaus - stock.adobe.com

Les chiens seraient capables de déchiffrer, au moins sommairement, notre langage.

Un nouveau virus géant contient peut-être la clé de l’origine de la vie

8 janvier 2026 à 16:47

Une récente étude japonaise a présenté un nouveau virus géant, l'ushikuvirus, qui pourrait éclairer l'origine des cellules eucaryotes, et donc améliorer la compréhension des origines du développement de la vie sur Terre.

Tempête Goretti : qu’est-ce qu’une «bombe météorologique» à l’origine des vents violents attendus cette nuit ?

La tempête Goretti doit balayer la France entre jeudi soir et vendredi matin, avec des rafales pouvant atteindre 150 à 160 km/h sur le littoral. En cause, selon La Chaîne Météo, une «bombe météorologique», c’est-à-dire une dépression dont l’intensification s’emballe en quelques heures.

© DOMINIQUE MARIOTTI / stock.adobe.com

Au cœur de cette tempête, un mot revient en boucle : «bombe météorologique». 

En Antarctique, l’océan s’est réchauffé à la préhistoire… à cause d’un coupable inattendu 

8 janvier 2026 à 13:29

Une étude révolutionnaire par des scientifiques norvégiens et allemands révèle que, durant l'Oligocène, la calotte glaciaire en Antarctique était bien moins dynamique qu'on ne le croyait jusqu'à présent.

Allemagne : les émissions de gaz à effet de serre ont chuté trop lentement en 2025, avertissent des experts

«Si la tendance se maintient, l’objectif climatique pour 2030» de réduire les émissions de 65% par rapport à 1990 «est menacé», assure le groupe d’experts Agora Energiewende.

© Iliya Mitskavets / stock.adobe.com

Photo d’illustration.

Sophie Adenot, quarante jours avant son décollage vers l’ISS : « J’ai hâte de voir à quel point la Terre est belle et fragile »

ENTRETIEN - L’astronaute française se confie sur le rythme très soutenu de son entraînement, son impatience d’être en apesanteur à bord de la Station spatiale internationale et son espoir de faire une sortie en scaphandre.

© Thilo Schmuelgen / REUTERS

L’astronaute française Sophie Adenot, au centre des astronautes de l’Agence spatiale européenne à Cologne.

Après Tesla, le « Vulkangruppe » soupçonné d’avoir saboté le réseau électrique à Berlin

5 janvier 2026 à 10:27

panne courant électricité

Berlin a été touchée par un incendie électrique d'ampleur, avec plus de 50 000 foyers et 2 000 commerces et entreprises sans éclairage ni chauffage, en plein hiver. La piste de l'enquête s'oriente vers un sabotage organisé par un groupe d'extrême gauche, Vulkangruppe, déjà connu pour l'attaque contre une usine de Tesla.

Le botaniste français Francis Hallé, grand défenseur des forêts tropicales, est mort à l’âge de 87 ans

Le botaniste français Francis Hallé est décédé à l’âge de 87 ans à Montpellier. Explorateur et pédagogue engagé, il a consacré sa vie à l’étude et à la protection des forêts, devenant une figure majeure de la défense du vivant.

© THOMAS SAMSON / AFP

Alternant coups de gueule, pédagogie et traits d’humour, le botaniste a poursuivi pendant des décennies un ardent plaidoyer en faveur des forêts tropicales primaires.

Une Française dans l’espace, des Américains autour de la Lune: les grands rendez-vous spatiaux de l’année 2026

Nous avons sélectionné pour vous les plus grands événements du calendrier spatial des douze prochains mois.

© Helen Arase Vargas NASA-JSC

Le 15 février, Sophie Adenot se rendra à bord de la Station spatiale internationale (ISS) pour un séjour de huit mois.

Une année 2026 cruciale pour l’exploration spatiale

Après une année 2025 très tendue, marquée par les craintes de coupes budgétaires drastiques à la Nasa, cette année pourrait bien marquer un renouveau du secteur.

© NASA

Pour la première fois depuis plus de 50 ans, des astronautes vont se rendre autour de la Lune, mais sans s’y poser pour le moment.

Le malentendu et la nécessité

30 décembre 2025 à 05:02

Sacrifier l’humanité ne sauvera pas la planète. Il est temps de sortir du catastrophisme pour passer à une « écologie adulte » : celle des arbitrages réels, de la science et de l’action concrète. Car la prospérité humaine et la préservation du vivant sont les deux faces d’une même pièce. Ni extinction, ni rébellion : action !

Au terme de ce dossier, une certitude s’impose, à rebours des récits dominants : notre rapport à la biodiversité repose sur un malentendu. Trop souvent, nous la percevons comme une « arche de Noé » — une collection d’espèces fragiles à sauver par principe. La réalité est plus abrupte. La biodiversité n’est pas un absolu moral, mais une réalité biologique, foisonnante, fonctionnelle et, en partie, mesurable.
Elle est une machinerie complexe dont nous ne connaissons et ne comprenons encore qu’une fraction, un tissu vivant, une usine invisible dont chaque rouage assure des services inestimables pour le maintien de notre monde.

Contrairement aux récits d’effondrement globaux, le vivant ne disparaît pas partout, ni de la même manière. Mais il ne se porte pas bien pour autant. Il recule ici, se stabilise ailleurs, progresse parfois, disparaît localement, jamais selon un scénario unique.

Les causes de son érosion ne forment pas un bloc indistinct. Elles s’additionnent, se hiérarchisent et interagissent. Certaines sont massives et structurantes, d’autres locales, temporaires ou réversibles. Les confondre, c’est renoncer à les traiter efficacement.

On l’a vu, protéger la biodiversité ne consiste pas à sanctuariser un monde figé qui n’existe plus, n’ayant jamais été davantage qu’une étape. Les écosystèmes que nous habitons sont profondément anthropisés. Gérer, réguler, intervenir n’est pas trahir le vivant ; c’est parfois la seule manière de le maintenir.

Le lac du Der, quand progrès technique rime avec écologique

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La biodiversité n’est pas un décor. Elle est une condition de l’habitabilité humaine. Elle dépend de sols généreux, d’eaux fonctionnelles, de paysages productifs et de systèmes agricoles et industriels compatibles avec le vivant. Imaginer qu’elle serait sauvée par l’effondrement de nos sociétés ou par la disparition de l’humain relève du fantasme, pas de l’écologie.

Les récits catastrophistes séduisent, parce qu’ils simplifient et rassurent moralement, mais ils échouent à décrire finement le réel. En transformant chaque enjeu écologique en quitte ou double, ils finissent par inhiber l’action, complexifier le droit et parfois retourner la protection du vivant contre lui-même. Car la survie à court terme passera toujours avant la survie à long terme. Aussi prospérité humaine et préservation durable de la biodiversité vont-elles de pair.

Paul Watson : l’humain par dessus bord

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Il n’existe pas de solution pure, idéale. La conservation efficace repose sur des choix imparfaits, des arbitrages assumés, des compromis locaux. Elle demande du temps long, des moyens, de la science et de la coopération.

Ce dossier plaide ainsi pour une écologie adulte, non moralisatrice, non catastrophiste, sans naïveté. Une écologie qui accepte la complexité du vivant, la pluralité des situations et la nécessité de hiérarchiser.
Protéger la biodiversité n’est pas un luxe de pays riches, c’est une nécessité qui s’impose à tous. C’est l’acte de lucidité d’une espèce qui comprend que sa conservation dépend de la santé de son environnement. Aussi la hiérarchie d’action est-elle claire : préserver ce qui subsiste, restaurer ce qui a été abîmé, ne remplacer qu’en dernier ressort, et ne jamais se résoudre à ne rien faire. Ni renoncer à se développer.

L’écologie est une science et doit se fonder sur des politiques publiques exigeantes. Tout sauf une posture morale. Ni extinction, ni rébellion, action !

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Le retour du loup : entre fantasme et gestion pragmatique

29 décembre 2025 à 07:02

1 000 loups vivent aujourd’hui en France. Chaque année, ils tuent plus de 10 000 bêtes — dont des bovins ! —, au grand désespoir des éleveurs. Pour les contrer, ceux-ci s’en remettent aux patous. Des molosses efficaces, mais parfois dangereux.

En France, le loup endosse le rôle de figure centrale des tensions contemporaines entre préservation de la biodiversité et activités humaines traditionnelles. Depuis les années 1990, ce prédateur emblématique, le loup gris (Canis lupus), a opéré une recolonisation naturelle du territoire français, passant d'une présence quasi nulle à une population établie et stable. Ce phénomène n'est pas le fruit d'une réintroduction artificielle, comme le suggèrent parfois des rumeurs persistantes, mais d'une migration spontanée depuis les populations italiennes protégées, facilitée par les corridors alpins. En 1992, les premiers individus ont été détectés dans le parc national du Mercantour, marquant le début d'une expansion progressive. Les facteurs clés de ce retour incluent la protection juridique européenne, via la Convention de Berne et la directive Habitats, qui interdisait initialement toute perturbation ou abattage, mais aussi la reforestation massive des zones montagnardes, abandonnées par l'agriculture intensive, et l'abondance croissante de proies sauvages telles que les cerfs, chevreuils et sangliers, qui ont proliféré en l'absence de régulation prédatrice.

Aujourd'hui, les estimations les plus récentes de l'Office français de la biodiversité (OFB) font état d'une population comprise entre 989 et 1 187 individus, centrée autour de 1 082 loups, soit une légère augmentation de 69 animaux par rapport à l'année précédente, mais une stagnation globale observée depuis plusieurs saisons. Cette présence s'étend désormais à une trentaine de départements, des Alpes au Massif central, en passant par les Vosges, les Pyrénées, et même des incursions dans les plaines du Centre et de l'Est, avec des signalements sporadiques en Seine-et-Marne ou aux abords de zones urbaines.

Fascination et répulsion

De manière prévisible, ce retour suscite autant de fascination que de répulsion, ancrées dans un imaginaire collectif où le loup incarne la peur primale déclinée dans les contes pour enfants et autres fictions. Du Petit Chaperon rouge aux Trois Petits Cochons, en passant par l'ombre mythique de la Bête du Gévaudan au XVIIIᵉ siècle, l'animal évoque pour beaucoup un danger latent, un envahisseur tapi dans les forêts.

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Les mesures antienvironnementales de Donald Trump suscitent une levée de boucliers au sein de son propre camp

DÉCRYPTAGE - Les partisans du courant antipesticides et antimalbouffe « Make America Healthy Again » ont demandé la démission de Lee Zeldin, nommé à la tête de l’Agence de protection de l’environnement.

© Kent Nishimura / REUTERS

Lee Zeldin, le 12 décembre 2025.
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