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Historic Auto 2026 : comment Asphalt Atipic a transformé un salon en succès commercial

Par : RG Cars
12 mars 2026 à 09:00

Vous êtes-vous déjà demandé si les salons automobiles faisaient encore recette ? Et si oui, qui et comment se décidait une présence sur un salon ? A l’occasion du salon nantais « qui monte », Historic Auto, nous avons pu rencontrer l’un des exposants : Asphalt Atipic Cars. C’était l’un des stands les plus en vue avec un panel éclectique de véhicules allant de la Mini à une Mustang 69 en passant par une superbe 575 Superamerica rouge.

Le salon, qui se tient tous les deux ans à Nantes, a encore fait le plein en 2026, que ce soit les halls, mais aussi le parking extérieur où on pouvait croiser de la 2CV à des raretés sorties pour l’occasion.

Avant propos

Asphalt Atipic cars est un garage automobile créé en 2019, puis repris en 2024 par Ludovic Lemarchand qui lui donne ce nom . Il propose différents services comme la réparation, recherche de panne, entretien, carrosserie, dépôt-vente, conciergerie, etc.

Nous les avons rencontré lors du salon #historicauto 2026 et avons pris rendez-vous avec eux afin de faire un bilan et comprendre les motivations d’une telle entreprise à se retrouver dans un tel événement. Entretien réaliser par RGcars auprès de Ludovic Lemarchand, gérant et Thibault, conseiller sport et collection 

Question: Pourquoi avoir pris la décision de faire Historicauto ? 

Réponse: Nous avions l’habitude d’aller sur le salon entant que visiteurs, un événement que nous avons vu grandir d’année en année. Un salon qui pour nous est local, dans la région (nous sommes basés aux Sables d’Olonne 85), c’était une opportunité afin de nous faire connaître, nous donner de la visibilité au niveau régional  

Qu’attendiez-vous de ce salon ? 

Cela fait peu de temps réellement que notre activité est en fonctionnement et nous avons la volonté de croitre ! Comme je le disais auparavant, c’est une façon de nous faire connaître, d’être au contact de potentiels clients, de présenter les différents services que nous proposons mais aussi essayer de vendre des véhicules   

Cela fait une semaine que le salon a fermé ses portes, qu’est-ce que vous en retenez ? Que ce soit le avant, pendant et après ?  

On retiendra surtout “l’Intensité” pendant toutes les étapes, que ce soit avant avec la préparation, (lustrage, réglage…) le choix des différents véhicules que nous voulions exposés.

Pendant c’est également intense avec un réveil matinal afin de remettre au propre le stand, refaire briller les véhicules. Le stand n’a pas désempli durant le salon, impliquant l’attention aux visiteurs en leur répondant à leur questionnement quant aux différents services …

Et après, une fois le stand plié, les voitures ramenés au garage, nous avons passé la semaine à répondre au téléphone, recevoir des acheteurs, pour des dépôts vente…

Ce samedi nous allons voir un collectionneur rencontré sur le salon qui nous laisserait sa collection pour entretien, réparation mais aussi vente de certains véhicules. Nous ne nous attendions pas à autant de retours positifs à tous les niveaux 

Y retournerez –vous ? Que changeriez –vous si c’est le cas ? 

Bien sûr !!! Nous sommes déjà en train de nous renseigner pour Rétromobile 2027 ! Donc Historicauto , c’est une évidence ! Par contre au lieu de 100 mètre carré, on partirait sur le double.

D’ailleurs comment avez-vous choisi pour la superficie et le stand ? 

Pour la superficie, réellement au hasard, mais on s’est rendu compte très vite que c’était petit, par rapport au nombre de voitures que nous voulions ramener…

Pour le bar et la structure, nous voulions un stand convivial ! On a donc fait confiance à notre ami de “Formacoupe” qui a compris ce que nous voulions et a sorti ce lieu agréable et avec de la visibilité ! pour les voitures, on a pris que des modèles en vente !

Les 3 Minis qui venaient d’être restaurées (et qui prennent peu de place) puis d’autres véhicules éclectiques et colorés comme la mach 1 bleue, le defender blanc, la 911S jaune et bien sûr la 575 Superamerica rouge.

Et donc, quel bilan? Cela a-t-il répondu à vos attentes ? 

Génial !

On a adoré, une expérience intense des rencontres fabuleuses avec des collectionneurs, des visiteurs …Nous voulions de la visibilité, on l’a obtenue (+100 abonnés sur instagram pendant le weekend), du travail pour 1 an, des ventes (1 Mini et 1 Mustang ) des dépots…

Le seul regret est que le speaker tout comme l’organisation qui ont oublié de venir nous saluer.

[Note de la rédaction : la galerie photo du salon Historic Auto devrait arriver avant ce weekend.]

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Dans les années 90, un carrossier français a transformé la Twingo en voiture de luxe

10 mars 2026 à 08:38

Dans les années 1990, la Renault Twingo était l’une des voitures les plus populaires en Europe. Mais un atelier français a tenté une expérience improbable : transformer la petite citadine en version ultra-luxueuse avec cuir, bois et peinture bicolore. Cette rarissime Twingo Lecoq, produite à moins de 50 exemplaires, vient justement de réapparaître à la vente.

Une transformation signée Carrosserie Lecoq

La transformation a été réalisée par la Carrosserie Lecoq, un atelier français réputé pour la restauration de modèles prestigieux comme des Bugatti Type 57 ou des voitures de collection.

Au milieu des années 1990, l’entreprise décide de revisiter la Twingo avec une approche inattendue : appliquer les codes du luxe classique à une citadine populaire.

La petite Renault reçoit alors une transformation complète :

  • peinture bicolore inspirée des Bugatti des années 30
  • jantes spécifiques
  • habitacle entièrement habillé de cuir
  • inserts en bois verni
  • alcantara sur plusieurs éléments de l’intérieur

Le contraste est frappant : une voiture minimaliste transformée en objet presque aristocratique.

Une Twingo extrêmement rare

Bien qu’elle ait reçu l’approbation de Renault, la Twingo Lecoq n’a jamais été produite en série.

Selon les estimations, moins de 50 exemplaires auraient été fabriqués. Chaque voiture était transformée à la main, ce qui rend aujourd’hui ces modèles particulièrement rares dans le monde des youngtimers.

À l’époque, la transformation coûtait très cher : près des trois quarts du prix d’une Twingo neuve.

Autrement dit, il fallait vraiment vouloir une Twingo pas comme les autres.

Crédit Motors Corner Nice

Un exemplaire avec seulement 45 000 km

Aujourd’hui, un exemplaire numéroté vient d’apparaître chez le spécialiste automobile Motors Corner.

Selon l’annonce :

  • 45 000 km seulement
  • exemplaire numéroté
  • contrôle technique valide
  • intérieur cuir et bois caractéristique

Un kilométrage aussi faible est particulièrement intéressant pour un modèle déjà rare. Seul petit bémol peut-être, c’est une version Easy avec boîte semi-automatique (manuelle sans embrayage).

C’est l’exemplaire N° 8 selon la plaque en laiton gravée.

La Twingo la plus originale jamais créée ?

La Twingo Lecoq reste une curiosité fascinante de l’histoire automobile française.

Elle mélange deux mondes opposés :

  • la voiture populaire des années 90
  • le savoir-faire artisanal des carrossiers de luxe

Résultat : une petite Renault devenue objet de collection improbable.

Et plus de trente ans après la naissance de la Twingo, ce genre de création rappelle à quel point cette citadine iconique a inspiré des projets inattendus. Un bon dans le passé intéressant alors que Renault vient de relancer la Twingo 1 en version moderne et électrique.

Pour environ le même prix, vous prenez la Twingo E-Tech ou la Twingo Lecoq ? L’exemplaire en vente chez Motors Corner est ici.

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L’Iran, 2500 ans d’une histoire violente qui fascine et inquiète les Européens

GRAND RÉCIT - L’Iran, une des plus anciennes civilisations du monde qu’on appelait jadis la Perse, a eu un destin très tourmenté, avec une tendance à l’anarchie et aux conflits sanglants.

© Bridgeman Images / / Bridgeman Images / / Bridgeman Images / / Bridgeman Images / Â Unknown photographer, (20th century)

Cyrus le Grand, Abbas Ier, Nader, Reza Pahlavi. 

La première apparition d’un robot au cinéma vient juste d’être retrouvée

3 mars 2026 à 16:52

Un court-métrage du réalisateur français Georges Méliès vient juste d'être retrouvé et partagé par la Bibliothèque du Congrès américain. Le film, d'une durée de 45 secondes, met en scène le premier robot de l’histoire du cinéma.

Iran : histoire d’un naufrage économique

3 mars 2026 à 05:37

Malgré le pétrole, c’est l’effondrement économique qui a rendu possible la fin de Khamenei. La faute au blocus ? Pas seulement. La faillite d’un système corrompu, mêlant racines marxistes, ultra-conservatisme religieux et haine de l’Occident.

Après 47 ans de règne sans partage, le régime des mollahs vacille sous les coups de l’offensive israélo-américaine déclenchée le week-end dernier. Une attaque qui a profité du contexte de manifestations violemment réprimées, ayant à leur fondement l’effondrement économique du pays. Pourtant, l’Iran possède d’immenses ressources naturelles, dont de nombreux gisements pétroliers. Objets de convoitises, ils sont à l’origine de la plupart des soubresauts historiques vécus par cette nation de culture plurimillénaire, peuplée de 87 millions d’habitants. Comment ce pays si richement doté a-t-il pu sombrer dans la pénurie et la répression ? Plongée dans les secousses de l’histoire, des prémices à la chute de la révolution islamique.

L’ère Mossadegh : le rêve nationaliste d’une économie souveraine

Mohammad Mossadegh accède au poste de Premier ministre en avril 1951, porté par un vent de réformes sociales et économiques. Son programme veut infléchir l’exploitation coloniale : l’Iran, riche en pétrole, voit ses ressources pillées par l’Anglo-Iranian Oil Company (AIOC, la future BP et presque un État dans l’État), qui ne reverse qu’une maigre part des bénéfices – environ 8 %, puis 16 % – au pays. Mossadegh, ardent défenseur de la souveraineté, lance une offensive décisive. En mars 1951, le Parlement (Majles) vote la nationalisation de l’industrie pétrolière. Il ordonne un audit des comptes de l’AIOC, expulse ses représentants étrangers et réoriente les royalties vers l’État iranien, transformant le pétrole en outil de développement national.

Mais Mossadegh, porté par son élan, ne s’arrête pas au pétrole. Ses réformes sociales visent à corriger les inégalités criantes d’une société encore féodale. Il libère les paysans du travail forcé sur les vastes domaines des grands propriétaires terriens, imposant des prestations sociales pour les ouvriers malades ou blessés. Une assurance chômage rudimentaire est introduite, marquant une première tentative de protection sociale. Ces mesures s’inscrivent dans une vision plus large visant à rejeter les concessions pétrolières étrangères, comme celle proposée par l’Union soviétique au nord du pays, et à promouvoir une économie diversifiée, moins dépendante des hydrocarbures.

Mais la riposte est féroce. La Grande-Bretagne impose un boycott mondial du pétrole iranien, gelant les exportations et faisant chuter les revenus de l’État. L’économie vacille et le chômage explose, provoquant une période d’instabilité politique. Mossadegh tente de résister en stimulant les exportations non pétrolières et en adoptant des politiques keynésiennes pour soutenir la croissance, comme l’émission de milliards de rials pour combler les déficits. L’agriculture, pilier de l’économie (80 % du PIB), bénéficie de bonnes récoltes, lui offrant un répit temporaire. Pourtant, ses efforts sont vains face à la pression internationale. En août 1953 est lancée l’opération Ajax, orchestrée par la CIA et le MI6 pour le renverser, réinstaller le Shah et revenir sur la nationalisation du pétrole.

La Révolution blanche : une modernisation autoritaire semant la révolte au profit des mollahs

Ressorti renforcé du coup de 1953 et de l’éviction de Mossadegh, Mohammad Reza Shah Pahlavi aspire à faire de l’Iran une puissance moderne, rivalisant avec l’Occident. En janvier 1963, il lance la « Révolution blanche », un programme ambitieux de réformes, soumis à un référendum approuvé à une majorité écrasante (bien que manipulé). Inspirée par les pressions de l’administration américaine cherchant à contrer l’influence communiste, cette révolution vise à briser le féodalisme et à propulser le pays vers l’industrialisation.

Au cœur de ce projet figure une réforme agraire radicale. Les grands propriétaires terriens – souvent liés au clergé chiite ou aux élites traditionnelles, ce qui aura de lourdes conséquences – sont contraints de céder leurs immenses domaines. Environ 2,5 millions de familles paysannes reçoivent des parcelles, tandis que les propriétaires spoliés reçoivent des actions d’usines d’État. Les forêts et pâturages sont nationalisés, les usines vendues au privé, un corps d’alphabétisation est déployé dans les villages pour éradiquer l’analphabétisme rural. Les femmes obtiennent le droit de vote, réduisant le pouvoir des tribus et avançant l’émancipation sociale. Le Shah veut créer une base rurale loyale, tout en affaiblissant l’aristocratie et le clergé.

En apparence, les résultats sont impressionnants. Les revenus pétroliers des années 1970, dopés par le choc de 1973, financent une industrialisation fulgurante. Les usines, barrages, routes et universités poussent comme des champignons. Une classe moyenne urbaine émerge, permettant à l’économie de croître à un rythme effréné et de faire exploser le PIB par habitant. L’agriculture, qui employait 90 % de la main-d’œuvre, bénéficie initialement de la redistribution, réduisant le fossé entre ruraux et urbains.

Mais la Révolution blanche sème les graines de sa propre destruction. Les nouveaux propriétaires, souvent dotés de parcelles trop petites (moins de six hectares pour 73 % d’entre eux), manquent de crédit, d’outils ou de machines pour cultiver efficacement, ce que l’administration du Shah n’avait pas anticipé. Sans soutien technique des technocrates du régime, ils se retrouvent démunis, forcés de vendre ou d’abandonner leurs terres. L’exode rural explose. Des millions de paysans fuient vers Téhéran et les villes, voyant fleurir les bidonvilles. Les grands propriétaires spoliés, le clergé dépossédé et les bazaaris (marchands traditionnels de la petite bourgeoisie), étouffés par la corruption et la répression de la SAVAK (police politique), nourrissent une rancœur viscérale. L’ayatollah Khomeini, exilé dès 1964, et lui-même grand propriétaire dessaisi de ses terres, dénonce ces réformes comme une trahison de l’islam et une occidentalisation forcée, déclenchant une insurrection le 5 juin 1963, violemment réprimée.

Les inégalités s’aggravent et la croissance bénéficie seulement à une élite urbaine, tandis que la dépendance au pétrole rend l’économie vulnérable aux fluctuations mondiales. En 1978-1979, les manifestations embrasent le pays. Les « Vendredis noirs » sur la place Jaleh de Téhéran font des milliers de morts. Mais ils n’empêchent pas les cortèges de grossir malgré la répression. Le Shah fuit le 16 janvier 1979 et Khomeini rentre triomphalement le 1er février depuis la France. La monarchie millénaire s’effondre sur les ruines d’une modernisation qui a aliéné ses propres bases, précipitant la révolution islamique.

La République islamique naissante : de l’idéal populiste à l’économie de guerre

La République islamique, proclamée en avril 1979, naît des cendres de la monarchie, fusionnant pouvoir spirituel et temporel sous la velayat-e faqih (gouvernance du jurisconsulte). Khomeini, guide suprême, réoriente l’économie comme un moyen d’obéissance à Dieu. La Constitution de 1979 proclame une justice sociale islamique, fondée sur l’égalité, la charia et le rejet de l’exploitation capitaliste et de la dépendance occidentale. Influencée par des idées populistes de gauche impulsées par les communistes ayant soutenu la révolution avant d’être exterminés par le nouveau régime, elle rejette les stratégies du Shah. L’économie se prétend un outil pour corriger les injustices, souhaitant effacer le fossé entre villes et campagnes, et se fonde sur la nationalisation massive des banques et des industries.

Khomeini, peu intéressé par les méandres de l’économie, laisse émerger un mélange baroque où se rencontrent influence marxiste et conservatisme clérical, défendant particulièrement la propriété privée. Les bonyads (fondations caritatives) absorbent les biens des élites déchues, devenant des empires opaques contrôlant jusqu’à 30 % de l’économie. La guerre Iran-Irak (1980-1988), déclenchée par Saddam Hussein, et les sanctions américaines (gel de 12 milliards de dollars d’avoirs après la prise d’otages en novembre 1979) étranglent le pays. Les revenus pétroliers chutent de plus de 70 % en 1981, forçant un rationnement sévère et un contrôle étatique accru. Khomeini prône l’autarcie (khod-kafa’i), exaltant le sacrifice pour la révolution, tandis que les Pasdaran (Gardiens de la Révolution), créés en 1979, deviennent une armée idéologique parallèle, mais surtout économique, contrôlant ports, routes et frontières.

Iran : des otages au blocus

J’approfondis

Les années passant, l’idéologie pure s’effrite face aux réalités. L’économie suit le chemin des États rentiers grâce aux hydrocarbures, ce qui permet au régime de se montrer sensible à la situation des plus pauvres et d’améliorer les systèmes de santé et éducatif, néanmoins sous l’égide d’un islam radical. Pourtant, les rivalités entre conservateurs religieux et réformistes (qui n’en ont que le nom), et les politiques court-termistes, creusent les inégalités. Mais pas autant que le blocus imposé depuis la crise des otages américains de 1979-1980 (voir encart), qui renforce l’isolement du pays et le conduit à développer une très large économie parallèle.

Le blocus, eldorado des narcos

Face à ce blocus persistant imposé par les Occidentaux, l’Amérique en tête, l’Iran s’invente une survie clandestine. Sous Khamenei, successeur de Khomeini depuis 1989, la « résistance économique » devient un slogan, mais surtout une politique, en réalité un mélange incohérent de populisme et de pragmatisme. Les Pasdaran et les bonyads dominent. Ils en viennent à contrôler 60 à 70 % d’une économie opaque et corrompue, mettant la main sur les secteurs de l’énergie, des télécoms et de la construction. Une flotte fantôme transporte le pétrole vers l’Asie sous faux pavillons, générant des milliards malgré les embargos.

Le narcotrafic émerge comme pilier invisible de ce corpus dès les années 1980. L’opium afghan transite par le Baloutchistan vers les ports du Golfe comme Bandar Abbas, tandis que les Pasdaran sécurisent les routes, finançant armes et milices. Le Hezbollah, proxy chiite créé en 1982 au Liban, orchestre la contrebande, le trafic d’armes et de drogue en développant des réseaux en Amérique latine avec le Venezuela, le Nicaragua et les cartels mexicains, tout en créant des institutions financières dédiées à cet usage, comme la Lebanese Canadian Bank.

En Syrie, sous le régime de Bachar el-Assad, le Captagon – une amphétamine de synthèse – s’est transformé en véritable « or blanc », tant pour donner du courage aux djihadistes que pour alimenter les soirées des pays du Golfe. Des laboratoires clandestins, installés notamment à Alep et dans la vallée de la Bekaa, le produisent en quantités industrielles. Il génère environ 5 milliards de dollars par an, des revenus qui financent directement le régime syrien et les proxies iraniens. Parallèlement, l’Iran a noué une alliance anti-américaine solide avec Hugo Chávez, puis Nicolás Maduro, au Venezuela. Ce partenariat permet de faire transiter de la cocaïne sud-américaine, de l’or extrait illégalement et des cryptomonnaies, autant de moyens utilisés pour contourner les sanctions internationales et alimenter les caisses du régime des mollahs et de ses réseaux régionaux. Des sommes qui, face aux menaces d’attaques israélo-américaines concrétisées le week-end dernier, n’ont eu de cesse de transiter vers l’Amérique du Sud ces derniers mois pour sécuriser les avoirs des pilleurs du régime des mollahs. Pendant ce temps, la population, outre le fait de subir une répression impitoyable, se retrouve totalement démunie, ce qui va provoquer les violentes émeutes de décembre 2025, qui marqueront le point de départ des événements actuels.

Chape de plomb sur le quotidien

Les tensions accumulées en Iran explosent donc en fin d’année dernière, lorsque les marchands du Grand Bazar de Téhéran, épicentre historique du commerce et de la contestation, ferment leurs échoppes en signe de protestation contre l’effondrement vertigineux du rial – passé de 700 000 à plus de 1,4 million pour un dollar en un an –, une inflation galopante avoisinant les 40 % et une hausse des prix alimentaires de plus de 70 %, rendant inaccessibles les produits de base comme le riz, la viande ou le pain. Cette étincelle économique, nourrie par des années de sanctions réimposées par l’ONU en septembre 2025, suite à l’échec des négociations sur le programme nucléaire – un fiasco diplomatique qui a isolé davantage Téhéran et privé le pays de toute perspective de soulagement –, a rapidement embrasé le pays, transformant des griefs quotidiens en un soulèvement national contre la corruption endémique, la mauvaise gestion des ressources et un régime perçu comme indifférent à la souffrance populaire. Au quotidien, les Iraniens affrontent une réalité asphyxiante : des blackouts électriques récurrents, dus à un sous-investissement chronique dans les infrastructures et exacerbés par la guerre de juin 2025 avec Israël, qui a endommagé des centrales ; des pénuries d’eau chroniques, amplifiées par une sécheresse persistante liée au changement climatique et à une agriculture intensive mal gérée, forçant des villes comme Mashhad ou Tabriz à rationner l’eau et poussant des familles à dépendre de bouteilles hors de prix ; des files d’attente interminables pour du gaz naturel en hiver, tandis que les coupures d’électricité en été paralysent l’industrie et rendent infernal le quotidien des ménages, aggravant le chômage des jeunes à plus de 20 % et plongeant des millions d’Iraniens dans une très grande précarité alimentaire. La répression est féroce, causant des dizaines de milliers de morts et d’innombrables arrestations, creusant un fossé irréparable entre le peuple et le pouvoir. Un corpus dont les conclusions se manifestent actuellement avec la volonté israélo-américaine d’en finir avec le régime, le Guide suprême Ali Khamenei ayant déjà été éliminé.

Après 47 ans d’obscurantisme et de brutalité, les Iraniens subissent une nouvelle épreuve, les bombes risquant de transformer une précarité endémique en désastre où faillites et famines peuvent se succéder. En attendant une nouvelle ère ?

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Les rois d’Angleterre : trois siècles de scandales et d’efforts pour garder la confiance des Britanniques

GRAND RÉCIT - Les souverains du Royaume-Uni ont affronté des crises spectaculaires et des pics d’impopularité, mais la monarchie a surmonté toutes les épreuves et conservé, jusqu’ici, le soutien de l’opinion.

© Bridgeman Images

George IV, la reine Victoria, Édouard VIII et Elizabeth II.

Sandro Munari, légende du rallye, nous a quitté (1940-2026)

1 mars 2026 à 07:12

Dans l’histoire, certains pilotes sont indissociables d’une marque ou d’une écurie : Jean Ragnotti et Renault, Tazio Nuvolari et Alfa Romeo ou encore Tom Kristensen et Audi. Sandro Munari a toute sa place dans cette catégorie, tant son nom est intimement lié à la saga Lancia en Rallye.

Débuts comme copilote

Munari est né le 27 mars 1940 dans la province de Venise, à Cavarzere. Ce village fera ensuite partie intégrante de son surnom, « le dragon de Cavarzere ». Issu d’une famille d’agriculteurs, ses premiers émois mécaniques se font par le karting puis comme copilote de rallye. Il épaule Arnaldo Cavallari, qui s’impose sur une Alfa Romeo Giulia TI Super Quadrifoglio alignée par le Jolly Club de Milan, dès leur premier rallye.

Exploits sur la Fulvia HF

Passé rapidement derrière le volant, Munari est repéré par la Scuderia Lancia HF. Au volant de la Fulvia, l’italien inaugure la grande saga de la marque en rallye. Champion d’Italie en 1967 et 1969, il s’impose surtout une première fois au Monte-Carlo 1972, au volant d’une Fulvia HF1600 pourtant moins puissante sur le papier que les Porsche 911 favorites. L’année suivante, c’est le championnat d’Europe des rallyes qui lui revient. Mais en parallèle, Munari est aussi mobilisé sur un autre projet, qui va révolutionner le rallye des années 70 : la Stratos.

Munari / Stratos, un duo de légende

Munari est impliqué dans le développement du nouveau bolide milanais, mettant au point cette machine révolutionnaire aussi bien dans sa conception, son design futuriste que sa motorisation, un V6 Ferrari issu de la Dino. On dit d’ailleurs que sa participation à la Targa Florio 1972, sur une Ferrrai 312P (qui se termine d’ailleurs par une victoire, aux côtés d’Arturo Merzario), faisait partie du « deal » entre Lancia et Ferrari sur la fourniture des moteurs.

Munari étrenne la Stratos en compétition et lui donne ses premiers lauriers, dont le Tour de France automobile 1973. Mais c’est bien évidemment dans sa version Groupe 4 homologuée pour le rallye mondial que le « dragon » signe les plus belles pages de son aventure : 7 victoires en mondial, dont trois consécutives au Rallye Monte-Carlo en 1975, 1976 et 1977. Cette année-là, il remporte en prime la première coupe du monde des pilotes FIA. Si les constructeurs ont l’honneur d’un titre mondial depuis 1973, les pilotes doivent attendre 1979 pour y avoir droit.

Dernières années

Sandro Munari n’est cependant plus dans la top liste à ce moment-là : politique de groupe oblige, Lancia est « rétrogradée » dans les championnats nationaux et d’Europe en 1978, pour laisser place à FIAT et sa 131 Abarth. Il décroche un ultime podium en mondial au Sanremo 1978 mais la nouvelle génération des Vatanen, Alen et Röhrl prend la relève. Il participe encore au Rallye safari jusqu’en 1984, sur diverses montures, avant de se consacrer ensuite à la sécurité et à une école de pilotage, reprenant occasionnellement le volant pour des épreuves historiques.

Alors que Lancia revient en WRC cette année, son premier grand champion, Sandro Munari, entre définitivement au panthéon des pilotes.

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Michel De Jaeghere : « Luchini n’interprète pas Hugo, il l’incarne, et la magie opère »

L’ÉDITORIAL DU FIGARO HORS-SÉRIE - Chaque soir à Paris, le comédien déclame les vers du poète et en restitue le génie, devant un public fasciné, ébloui.

© ZUMA Press Wire via Reuters Connect / Laurent Lairys - Bridgeman Images / Etienne Carjat

Fabrice Luchini (ici à l’avant-première du film Victor comme tout le monde, le 17 janvier 2026 à Angers) et Victor Hugo.

Fabrice Luchini : « Victor Hugo nous parle de nous. Sa poésie est d’une troublante vérité »

ENTRETIEN - Au Théâtre de l’Atelier, l’artiste interprète en solo les plus belles pages du poète. Au cinéma, il incarne dans Victor comme tout le monde un comédien hanté par son œuvre.

© FREDERIC STUCIN

Fabrice Luchini dans la maison de Victor Hugo à Paris, devant le buste de Victor Hugo en Hermès nu, œuvre de Pierre Jean David d’Angers en 1838.

L’art délicat de la démocratie par les bombardements

25 février 2026 à 20:32

Une intervention militaire étrangère peut-elle apporter la démocratie ? L’expérience semble montrer que ce n’est pas le cas. Pourtant, il existe quelques exceptions. L’Iran peut-il être l’une d’entre elles ?

Renverser les mollahs à Téhéran

Ce n’est peut-être pas, hélas, l’objectif prioritaire de la Maison-Blanche, qui a massé des forces militaires sans équivalent depuis plus de vingt ans et lancé à Téhéran un ultimatum expirant début mars, dont les termes sont clairs : signez un accord acceptable sur le nucléaire, les missiles balistiques et la fin des ingérences régionales, sinon…

Sinon, Washington déclenchera des raids aériens massifs détruisant non seulement les sites nucléaires et balistiques des mollahs, mais aussi (peut-être) son appareil de répression. Ce qui ouvrirait la voie à une nouvelle révolte pouvant emporter, cette fois, la République islamique. Comme un effet collatéral heureux d’une intervention ayant d’autres motivations. Un scénario plausible au risque toutefois de l’inconnu, même si est grand l’enthousiasme à l’idée de voir tomber un régime sanguinaire qui déstabilise le Proche-Orient. Car, au sein de l’opposition, monarchistes, républicains laïcs et ex-marxistes-léninistes se détestent cordialement, même s’ils tentent de se rapprocher depuis peu après plusieurs échecs. Ce qui pose la question : une intervention militaire extérieure peut-elle imposer la démocratie en général, et en Iran en particulier ?

Les raisons des fiascos

« Non, la démocratie n’arrive pas dans les valises des chars et les soutes des bombardiers d’un pays étranger », est la réponse, quasi instinctive, de la plupart des politiques et analystes. Ce qui peut se comprendre. Si la démocratie pouvait se décréter par la volonté des canons de puissances étrangères, la tentation serait grande de multiplier de telles interventions dangereuses entachées d’un paternalisme néocolonial.

En outre, les précédents historiques montrent bien plus d’échecs que de succès, faute de tenir compte de la complexité des dissensions politiques, ethniques et religieuses locales. Ne pas oublier non plus l’effet de ralliement autour du drapeau pouvant désigner l’étranger comme un « ennemi commun ». Même accueillies en sauveurs, les armées étrangères sont rapidement considérées pour ce qu’elles sont : des forces d’occupation. Qui devront partir pour laisser un peuple chercher seul de nouveaux équilibres institutionnels et partisans. Et précisément, après des décennies de dictature sanglante, ledit peuple manque de figures expérimentées, sauf dans les prisons, les cimetières ou en exil. Mais aussi, et surtout, de fondements institutionnels capables de piloter une marche pacifique vers le multipartisme, la liberté d’expression et de la presse.

Quelques contre-exemples

Mais ce dogme mérite d’être questionné. Il existe quelques contre-exemples historiques, à commencer par la première installation de la démocratie dans un grand pays européen, l’Angleterre à l’issue de la Glorieuse Révolution de 1688 ; le renversement du roi Jacques II par le corps expéditionnaire d’un prince batave (et son gendre), Guillaume d’Orange. L’instauration de la monarchie parlementaire y a ouvert la voie à deux siècles de stabilité et d’État de droit ; plus aucune révolution, situation insurrectionnelle, ou guerre civile, n’ont émergé depuis, alors que l’histoire de ce pays en était truffée à l’époque.

Plus récemment, en revanche, la plupart des tentatives ont échoué. Même si viennent à l’esprit quelques transitions réussies après la chute du nazisme en Allemagne, de Mussolini en Italie et de l’impérialisme japonais, en 1945. Des cas toutefois exceptionnels, avec des régimes hyper-criminels de guerre capitulant sans conditions et des pays intégralement occupés. Rien à voir avec ce qui pourrait s’envisager aujourd’hui, où le cahier des charges implicite défini par l’opinion publique occidentale est : peu de morts civils dans le camp d’en face, pratiquement aucun parmi nos militaires et une transition ordonnée. Quitte à oublier ce que disait Mark Twain : « Ceux qui veulent la démocratie sans un peu de désordre sont comme des paysans qui voudraient la pluie pour leurs récoltes mais sans les orages »…

Trois échecs majeurs et une illusion

La stratégie de « regime change » a ainsi connu trois échecs majeurs : en Afghanistan, les talibans renversés en 2001 sont revenus inéluctablement vingt ans plus tard, sans devenir « inclusifs », comme l’espérait avec une infinie naïveté, ou un cynisme consommé, Jean-Yves Le Drian, alors ministre des Affaires étrangères. Les États-Unis avaient mal évalué les complexités des inimitiés entre ethnies dans ce « cimetière des empires ». Leur action pouvait être résumée par la formule du sénateur Charlie Wilson, l’instigateur de l’aide américaine aux adversaires afghans des Soviétiques après leur invasion en 1979 : « On a tout bien fait au début et ensuite on a merdé, comme d’habitude ».

En Irak, après le renversement de Saddam Hussein, Washington a notamment sous-estimé – et surtout méconnu – les antagonismes entre chiites, sunnites et kurdes, conduisant à des arrangements et des rivalités dignes d’un mobile de Calder. Aussi, croire pouvoir tenir un pays de 27 millions d’habitants avec 130 000 soldats était particulièrement naïf. Quant à limoger les officiers sunnites de l’armée pour cause d’adhésion au parti Baas, et mettre ainsi au chômage 20 000 hommes formés à tuer pour qu’ils rejoignent Daech, ce n’était pas l’idée du siècle.

Enfin, après l’élimination de Kadhafi par les armées française et britannique durant le Printemps arabe, la démocratie n’a pas pu prendre racine dans un pays ravagé par 42 ans de terreur et de surveillance, surtout sur fond de pillage des arsenaux du régime.

Et si, il y a quelques semaines, certains ont rêvé que la capture du président vénézuélien, Nicolás Maduro, ouvrirait la voie à la démocratie, il ne faut pas se faire trop d’illusions. Le régime a sauvé sa peau en sacrifiant son numéro un lors d’un raid où il est invraisemblable que ses 32 gardes du corps cubains aient été neutralisés en quelques minutes par un commando américain héliporté et rentrant indemne. Or, leur élimination par une unité aux ordres de la vice-présidente Delcy Rodríguez paraît bien plus probable, signant une collusion avec l’Amérique dont le rétablissement de la démocratie n’était visiblement pas la priorité. Preuve en est la nouvelle tendance des deux pays à s’entendre comme larrons en foire, par la grâce de négociations encore inabouties sur les questions pétrolières.

Les leçons de l’Argentine et de la Serbie

Mais le pire n’est pas toujours sûr. On peut lister l’intervention américaine à Grenade en 1983 contre une dictature marxiste-léniniste, appuyée par quelques pays des Caraïbes, ayant vu la Première ministre de la Dominique, Eugenia Charles, saluer Ronald Reagan en ces termes cavaliers et laudateurs : « Mister President, you have big balls ! ».

Il en est de même du renversement du président gambien, Yahya Jammeh, ayant refusé de reconnaître une défaite électorale en Gambie en 2016 et éjecté de son poste par la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), menée par le Sénégal. On citera surtout l’Argentine, où la junte militaire totalement discréditée par l’humiliation nationale de la défaite face au Royaume-Uni durant la guerre des Malouines en juin 1982, a jeté l’éponge l’année suivante. Et la Serbie, en octobre 2000, où une révolte populaire majoritairement pacifique a emporté le régime délégitimé de Slobodan Milošević – affaibli par la perte du Kosovo suite à l’intervention de l’OTAN en 1999 –, ne faisant que 2 morts et 65 blessés, après des années de guerres fratricides et meurtrières.

Le point commun à ces opérations réussies ? Tout d’abord, pas de troupes étrangères sur le sol national et des pertes civiles faibles (aucune en Argentine). Les interventions militaires ont discrédité les régimes, mais ce sont les peuples qui ont achevé le travail. Deuxièmement, une situation économique, sociale et des libertés publiques très dégradées, accompagnées d’une inflation galopante, de pénuries critiques, d’une corruption endémique et d’un isolement international ayant rendu le régime très impopulaire. Troisièmement, une société civile relativement robuste, avec des syndicats, des ONG, des mouvements d’opposition tolérés, comme celui des mères de la place de Mai à Buenos Aires, ou Otpor (financé par Washington) à Belgrade, et des institutions étatiques fonctionnelles et pas entièrement peuplées de partisans du régime.

Une expérience préalable de la démocratie constitue aussi un plus, voire un must. Il faut admettre que la plupart des expériences réussies d’établissement de la démocratie par une intervention militaire extérieure ont plutôt été un… rétablissement ! L’Allemagne de 1945 avait connu une expérience d’État de droit robuste au XIXe siècle, quoique sous un régime autoritaire, ainsi qu’une période démocratique, bien que brève, avec la République de Weimar, malgré ses faiblesses originelles. Idem pour le Japon avec la période libérale Taisho entre 1913 et 1926. Grenade et la Zambie entrent aussi dans ce cas de figure. Quant à l’Argentine, elle avait vécu la majorité du temps sous le régime du multipartisme et des élections libres lors du siècle ayant précédé la junte militaire en 1976. La démocratie prend généralement du temps pour s’installer solidement. Rappelons que concernant la France, par exemple, il a fallu huit décennies et une ribambelle de révolutions, de coups d’État et de guerres perdues pour y parvenir.

Cinquième critère : des forces de répression qui n’étaient plus prêtes à « tirer dans le tas », comme résignées et conscientes de l’échec politique du régime qu’elles servaient. Les manifestants serbes ont ainsi pris d’assaut au bulldozer le siège de la télévision publique, puis le Parlement le 5 octobre 2000 sous l’œil placide de la police… voire en profitant de la complicité d’une partie du régime. La plupart des révolutions ont une composante discrète de coup d’État. Et la junte du général Galtieri à Buenos Aires a passé la main sans combattre.

L’Iran cocherait-il ces cases en cas de raids aériens américains ? Les points 1 et 2 certainement, un peu le point 3, considérant l’existence d’une société civile plus robuste qu’on ne pourrait le penser après 47 ans de théocratie, comme le montre le courage des étudiants ayant repris ces derniers jours leurs manifestations. L’Iran ne coche pas vraiment le point 4, malgré des ébauches de tentatives de démocratie jadis, mais sa jeunesse en grande partie éduquée et occidentalisée permet d’espérer. En revanche, pour le point 5, les Gardiens de la révolution et consorts semblent déterminés à ne rien lâcher…

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L’impasse de l’antifascisme : des maoïstes des années 1970 à Jean-Luc Mélenchon

GRAND RÉCIT - Il y a cinquante ans, l’antifascisme radical se méfiait profondément des institutions représentatives, jugées complices d’une dérive autoritaire. Aujourd’hui, il s’exprime au Palais-Bourbon.

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Manifestation communiste en mai 1968 devant la Sorbonne a Paris : les manifestants brandissent un portrait de Mao Tse Toung.
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