Depuis 1998, le rallye de Monte Carlo est doublé d’une épreuve historique dont le succès ne se dément pas. La 28ème édition se termine samedi 7 février 2026 à l’aube.
Dans l’univers de l’automobile ancienne, on passe très vite d’une ambiance à l’autre. Après l’écrin ouaté de Rétromobile, place au Monte Carlo Historique. Ici il fait souvent froid, les routes étroites sont mauvaises et les voitures portent les stigmates de journées fatigantes. 244 équipages se sont élancés depuis John O’Groats, Bad Homburg, Monaco, Barcelone, Turin et Reims pour rejoindre Valence dans la Drôme. De là trois boucles partent, vers l’Ardèche, l’Isère ou encore le Vercors et le Diois. Puis c’est le départ vers Monaco et le final de nuit. Il y a évidemment un classement, mais le plateau est trop hétéroclite pour y voir une compétition sans merci l’essentiel est ailleurs. L’ambiance est bon enfant. Chaque ville étape célèbre chaleureusement le passage de la course. Sous la pluie ou dans la neige, c’est une sorte e Mille Miglia à la française tant l’enthousiasme est présent.
Plateau d’exception
Quand au plateau, il a de quoi satisfaire le plus grand nombre. Les concurrents viennent de l’Europe entière et même au delà. De la Sunbeam Talbot 90 de 1953, à la R5 Maxi Turbo, en passant par les Alpine A110 et autres Lancia Fulvia, le cortège est d’une grande richesse. Et que l’on roule en Abarth 037 ou en Citroën Dyane, les aléas climatiques savent surprendre les plus aguerris. Les routes de l’Ardèche et du Vercors sont sans pitié. Très étroites, verglacées et enneigées, elle transforment les descentes en patinoires à haut risques. Pour le plus grand plaisir des spectateurs. Le final c’est week-end avec l’arrivée à Monaco ce soir et la mythique nuit dans le Turini à partir de 21h!
Le marché des voitures anciennes continue de surprendre. Lors d’une vente Artcurial Motorcars en marge de Rétromobile, une Renault 4L Plein Air a été adjugée 95 360 euros, bien au-delà de son estimation initiale.
Une estimation largement dépassée
Estimée entre 20 000 et 30 000 euros, cette Renault 4L a finalement été vendue plus de trois fois au-dessus de sa fourchette annoncée. Le résultat tranche avec les standards habituels du modèle, pourtant très diffusé à l’origine.
La vente s’est tenue dans le cadre d’Artcurial Motorcars, organisé en parallèle du salon Rétromobile, un rendez-vous majeur pour les amateurs de véhicules anciens.
Une version particulière de la 4L
Le modèle concerné n’était pas une 4L classique, mais une 4L Plein Air. Cette déclinaison décapotable se distingue par l’absence de toit et de portes latérales. Elle fait partie des versions limitées et atypiques développées autour de la 4L.
Selon les estimations, environ 600 exemplaires de cette version auraient été produits. Aussi, cela contribue à sa rareté sur le marché des collectionneurs.
Un record pour la Renault 4L
Avec un prix final de 95.360 euros, cette 4L Plein Air établit un record : celui de la Renault 4L la plus chère jamais vendue. Cependant elle n’atteint toute fois pas le montant fou de plus de 140 000 € déboursés pour acquérir une Citroën 2CV Charleston.
Ce résultat intervient dans une vente comprenant pourtant des modèles beaucoup plus prestigieux. Il y avait une Mercedes 300 SL Gullwing adjugée à plus de 4,4 millions d’euros. A noter que cet exemplaire est dans son jus, recouvert de poussière grasse et avec des bosses.
Dans la même vente « Automobile Legends » d’autres véhicules n’ont pas atteint leur cote. C’est le cas d’une Jaguar Type E Série 1 vendue à 59 600 €. Elle était estimée entre 70 et 90 000 € ! La Ferrari F92A de Jean Alesi a atteint 2,9 millions pour une cote entre 3 et 5 millions.
D’autres enchères ont en revanche dépassées les attentes.
Un historique et un état recherchés
La valeur atteinte par cet exemplaire s’explique aussi par son historique. La voiture est restée dans la même famille depuis sa sortie d’usine et affiche un kilométrage très faible. Deux critères particulièrement prisés par les collectionneurs de véhicules anciens.
Pour autant, elle n’est pas « état concours » puisqu’elle a presque sa patine d’origine. Artcurial précise qu’elle a reçu un « voile de peinture » pour la rafraîchir un peu. Le tachymètre ne fonctionne plus et donc, le kilométrage ne peut être certifié.
Récemment, elle avait reçu pour 5 000 € d’entretien. Un très bon investissement qui a dû permettre aux enchères de s’envoler encore un peu plus.
Imaginez une icône du sport automobile américain revisitée en version limousine familiale. C’est exactement ce qu’un passionné a osé faire avec une Chevrolet Corvette C3 de 1969, transformant ce bolide emblématique en une berline quatre portes totalement unique. Ce modèle hors-norme fait le buzz sur les réseaux – et pour cause : il est actuellement en vente à 98 000 $ sur Facebook Marketplace.
Une C3 découpée pour devenir limousine
Inspirée de l’audacieux concept Mako Shark II, la C3 Corvette est déjà connue pour ses lignes spectaculaires et son design de requin. Mais cette version limousine pousse le concept encore plus loin. En partant d’un modèle de 1969, le constructeur amateur a allongé le châssis pour créer une voiture à quatre portes offrant un véritable espace intérieur. Le résultat conserve l’essence esthétique de la C3 : feux arrière quadruples, phares escamotables, toit T-top amovible… et ajoute des aérations façon branchies entre les vitres, renforçant l’allure de prédateur marin.
Grâce à l’intégration habile de poignées de portes dissimulées, cette Corvette modifiée conserve un style fluide et racé, malgré sa transformation radicale. L’ensemble, bien que surprenant, demeure cohérent et équilibré sur le plan visuel. Aucune trace de fléchissement du châssis visible, ni de tension excessive dans la carrosserie : la conversion semble avoir été réalisée avec un réel souci de qualité.
Un intérieur pensé pour le luxe… et le show
À bord, l’ambiance s’éloigne du cockpit classique d’une muscle car. On découvre un véritable salon roulant : quatre sièges en cuir réglables électriquement, vitres électriques, installation audio haut de gamme, et même… trois téléviseurs couleur encastrés dans le tableau de bord et le pavillon ! Les amateurs de détails apprécieront aussi le combiné d’instruments numériques façon années 80, avec ses LED vertes rétro-futuristes.
Du côté conducteur, la limousine n’est pas en reste : direction assistée, freins assistés, volant réglable en hauteur et en profondeur… tout est prévu pour une conduite à la fois fluide et confortable. Une suspension pneumatique a été installée sur les quatre roues, améliorant considérablement le confort et la tenue de route malgré la taille inhabituelle du véhicule.
Sous le capot, le moteur d’origine a été remplacé par un V8 Chevrolet avec injection de carburant à port réglé (tuned-port fuel injection), couplé à une boîte automatique 700R4 avec overdrive. Cette configuration garantit des performances fiables, augmentées par la modernisation tout en restant fidèle au caractère musclé de la Corvette d’époque.
Proposée à 98 000 $ — bien au-dessus des prix habituels pour une C3 standard (souvent entre 20 000 et 30 000 $ selon l’état) —, cette limousine Corvette est destinée à une clientèle qui recherche avant tout l’originalité et l’exclusivité. Située à Santa Ana, Californie, elle défie tous les codes traditionnels du classic car par son audace et sa démesure assumée.
À l’heure où les SUV dominent le marché au nom de la praticité, et où les limousines ont perdu de leur réputation face aux services de VTC comme Uber ou Waymo, cette Corvette revisitée fait figure d’ovni roulant. À mi-chemin entre la nostalgie automobile et l’artisanat exubérant, ce projet insolite pourrait séduire les collectionneurs à la recherche de la perle rare.
Est-ce la renaissance d’un nouveau genre de véhicules extravagants ou simplement une curiosité de plus dans l’univers des restomods ? Une chose est sûre : cette Corvette C3 limousine ne laisse personne indifférent. Avec son format hors norme, son équipement luxueux et son style audacieux, elle reste un ovni automobile qui fascine autant qu’il divise. Une proposition qui, en tout cas, confirme que l’univers des voitures vintage n’a pas fini de nous surprendre.
Alfa Romeo est présent sur l’évènement Rétromobile à plus d’un titre. En lien avec le département Stellantis Heritage et la division Alfa Romeo Classiche, le stand de la marque, hall 7.2, expose trois précieux modèles historiques ainsi que le Tonale restylé, tous présentés dans une livrée rouge, couleur emblématique du Biscione et teinte de référence des voitures de course italiennes. Les marques emblématiques doivent s’appuyer sur ce patrimoine pour valoriser leur image et donner un supplément d’âme à leurs produits.
En plus des véhicules exposés, les visiteurs auront l’occasion de découvrir le programme Alfa Romeo Classiche, l’initiative de Stellantis Heritage visant à préserver, certifier et valoriser le patrimoine historique de la marque. Destiné aux propriétaires de voitures anciennes ou de collection, le programme met à disposition plusieurs services de haut niveau dont le Certificat d’Origine, obtenu grâce à la consultation des archives de production originales ; la Certification d’Authenticité, délivrée à l’issue de contrôles techniques rigoureux menés par des experts Heritage, ainsi que des interventions de restauration, de maintenance et de réparation.
Cheveux au vent
Au programme, nous avons d’abord une Alfa Romeo 1600 Spider « Duetto » (1966), qui célèbre cette année son soixantième anniversaire. Dessiné par Pininfarina, le Duetto a dû finalement troquer son nom avec Spider, à cause d’une homonymie avec un goûter de la société Pavesi, qui avait eu gain de cause. Néanmoins, le nom “Duetto” est resté ancré dans l’imaginaire des amoureux de cette version découvrable de la Giulia, l’un des emblèmes de la “dolce vita”.
Une sportive rare
La rarissime Alfa Romeo 750 Competizione (1955) est restée au stade de prototype avec seulement deux exemplaires produits. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, 750 n’était pas la cylindrée évidemment, mais le nom de code interne identifiant la Giulietta. Abarth s’est chargé du développement châssis et moteur, tandis que Boana a signé la belle robe aérodynamique. Abarth va à contre-courant par rapport aux voitures de compétition de l’époque qui utilisent des châssis tubulaires, en proposant un corps porteur en tôle d’acier, tandis que la position avant du moteur est combinée à la propulsion.
La cylindrée du bialbero passe à 1488 cm3 et, avec l’adoption de la tête à double allumage, pour une puissance de145 chevaux à plus de 8 000 tr/min. La boîte est à cinq vitesses et la vitesse maximale dépasse 220 km/h. Bien que la voiture ait été testée avec succès et présente de bonnes qualités dynamiques, le projet est abandonné car Alfa décide de ne plus participer à des courses.
La pionnière
Enfin, le stand expose l’Alfa Romeo 33/2 Periscopica (1966/67), ancêtre de la lignée « 33 » qui a gagné plusieurs titres de championnat du monde de sport-prototypes. La Periscopa, surnommée ainsi en raison de sa prise d’air caractéristique, a été engagée à partir de 1966 pour concurrencer Porsche dans les courses de voitures de sport. Si son succès a été limité, elle a servi de base pour la lignée des 33 qui ont ensuite gagné sur tous les circuits du monde. Les performances étaient bluffantes : implanté longitudinalement en position centrale, le moteur développait une puissance maximum de 270 cv à 9600 t/mn. Avec 580 kg à vide, la barquette atteignait 260 Km/heure !
Tonale restylé
À leurs côtés, le nouvel Alfa Romeo Tonale restylé illustre l’évolution du premier C‑SUV de la marque, qui gagne en caractère et en sportivité grâce à un affinage de ses qualités dynamiques et un design de calandre revisité. Nous vous invitons à relire notre test, réalisé quelques mois auparavant dans les environs de Pise.
D’une 33 à l’autre
Enfin, Alfa Romeo participe au nouveau salon Ultimate Supercar Garage avec l’exposition de la nouvelle Alfa Romeo 33, dans une teinte Verde Montreal qui change de l’habituel Rosso Alfa avec lequel on a pu l’admirer. La boucle est ainsi bouclée entre la 33 Periscopa Spider de 1966 et celle-ci ! La supercar, sortie en 2023, est en binôme avec la Maserati MCXTrema pour mettre en exergue la nouvelle entité BottegaFuoriserie, le département exclusif et sur-mesure lancé en 2025, qui resserre les liens entre le Biscione et les cousins du Trident de Maserati.
L’espace Alfa Romeo du salon Supercars expose aussi la toute dernière série limitée de la Giulia Quadrifoglio, la « Luna Rossa » qui a été développée en partenariat avec l’équipe engagée en coupe de l’America. La berline, avec son nouvel aileron arrière caractéristique inspiré des « foils » des catamarans, côtoie ainsi la 33 Stradale.
Elles partagent a tête d’affiche de l’édition 2026 de Rétromobile avec l’autorail Bugatti. Pour la première fois en France, les sept BMW Art Cars ayant participé aux 24 Heures du Mans sont réunies dans le pavillon 7.2.
Les voitures utilisés comme support par des artistes, c’est une idée très ancienne. Sonia Delaunay est incontestablement la pionnière. En 1925, elle exerçait ses talents sur une Ariès. Un symbole Art déco. Toujours active, l’artiste peintre française d’origine ukrainienne retrouvait l’automobile en 1967. Personne n’a oublié l’originale Matra 530. Ni la Bugatti 35 qu’elle imaginait pour Marc Nicolosi, l’homme de Rétromobile.
Art Cars au Mans
L’histoire des Art Cars BMW débute elle en 1975. Hervé Poulain amateur d’art, commissaire priseur et pilote recherche une voiture pour participer aux 24 heures du Mans. Par l’entremise de Jean Todt, le fondateur de BMW Motorsport, Jochen Neerpasch, lui fournit une BMW 3.0 CSL. Rêvant de faire un pont entre l’art et la course automobile, Hervé Poulain la fait peindre par le sculpteur et peintre américain Alexander Calder. Une idée brillante. BMW va pérenniser cette association. Les plus grands artistes contemporains, Frank Stella, Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Jenny Holzer, Jeff Koons ou encore Julie Mehretu vont réaliser des œuvres uniques.
Des sculptures sur roues qui ont toute la particularité d’être également des voitures de course, que l’on retrouve ici rassemblés. La réussite est incontestable. Ces créations sont non seulement uniques, mais elle traversent le temps avec bonheur. Et l’image de BMW, associé à l’Art, a gagné en prestige au travers de ces associations. Au delà des sept modèles ayant participé au 24 heures du Mans, réunies ici pour ce Retromobile 2026, d’autres Art Cars vont voir le jour. Mais leur nombre reste limité. Elles ne sont que 20. Vivement la prochaine Art Car au Mans!
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Éligible aux courses historiques, cette rare Renault 12 Gordini Groupe 2 de 1974 bénéficie d’une restauration complète selon les spécifications compétition. Une opportunité unique pour les passionnés de VHC.
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