Vue normale

Les entreprises face à une pénurie d’experts en intelligence artificielle

DÉCRYPTAGE - Selon ManpowerGroup, 72 % des entreprises disent rencontrer des difficultés à recruter des profils maîtrisant l’intelligence artificielle. Les formations s’adaptent progressivement à ce nouveau besoin.

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En 2024, 166 000 offres d’emplois liées à l’IA ont été publiées en France.

Portrait de ville : Nantes, la désenchantée

1 mars 2026 à 07:40

Longtemps, j’ai caracolé en tête des classements des villes où il fait bon vivre. « Tu es la plus belle, la plus verte et la plus attractive », me disaient labels et palmarès. Aujourd’hui, à me regarder de plus près dans le miroir des indicateurs publics, le reflet s’assombrit.

Je suis cette ville que le peuple gaulois des Namnètes fonda vers le Ier siècle avant notre ère. Cette ancienne cité industrielle meurtrie par la fermeture de ses chantiers navals, qui a su opérer une mue spectaculaire. Cette ville que tout le monde voulait habiter et qui compte aujourd’hui environ 330 000 personnes.

Me voilà, comme les autres communes françaises, devant passer le test des élections municipales (15 et 22 mars). Elles verront ma maire sortante, favorite du scrutin, la socialiste Johanna Rolland, briguer un troisième mandat, à la tête d’une liste d’union de la gauche, hors LFI. Elle sera confrontée à Foulques Chombart de Lauwe, candidat de la droite et du centre soutenu par LR, Horizons, Renaissance et Modem, mais aussi à l’insoumis William Aucant, à Jean-Claude Hulot pour le Rassemblement national, à Margot Medkour, se présentant sous les couleurs de Nantes populaire (extrême gauche), et au centriste Mounir Belhamiti.

Niveau indicateurs économiques, ma croissance reste flatteuse, affichant +1,1 % par an sur les 10 dernières années, quatre fois plus que la moyenne nationale. Chaque semaine, je vois arriver près de 80 nouveaux venus.

Ce dynamisme tient à la jeunesse que j’aimante (âge médian : 33 ans), à mon pôle universitaire et à un marché tertiaire attractif. Mais si j’attire, je ne retiens plus forcément. Une partie significative des familles et des seniors s’éloigne vers la seconde couronne métropolitaine ou les départements voisins, chassée par le coût du logement.

Très cher logement

Car ici comme ailleurs, le logement est devenu un nœud gordien. Mon parc social est saturé. Seules 19 % des demandes aboutissent, et à peine 12 % pour les ménages dont les revenus sont inférieurs à 500 euros par mois. Cette tension résulte d’un effet ciseau désormais bien établi : une baisse durable de la production de logements sociaux, conjuguée à une flambée des prix de l’immobilier ancien, qui ont progressé quatre fois plus vite que les revenus en vingt ans.

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Jean-Louis Bourlanges et Jean-Dominique Senard : «Aujourd’hui, plus personne ne sait vraiment qui est responsable de quoi»

GRAND ENTRETIEN - En entreprise comme dans le secteur public, notre système cultive un «confort de l’irresponsabilité», diagnostiquent l’ancien président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale et le président du groupe Renault dans leur rapport pour l’Institut Montaigne.

© Fabien Clairefond.

Jean-Dominique Senard et Jean-Louis Bourlanges.

L’éditorial de Jacques-Olivier Martin : «Stellantis plonge, que Bruxelles lâche le volant !»

Stellantis n’est que l’arbre qui cache la forêt du marasme de l’automobile occidentale. En imposant le tout-électrique plutôt qu’une décarbonation tenable et technologiquement ouverte, l’UE a fragilisé l’auto du Vieux Continent.

© Le Figaro.

Jacques-Olivier Martin.

Automobile : en Europe, l’électrification tourne au carnage dans son appareil de production

DÉCRYPTAGE - Le secteur a subi une saignée historique, mais ne peut pas rayer d’un trait les immenses investissements déjà consentis pour l’électrification.

© piter2121 / stock.adobe.com

Logo de l’entreprise Stellantis.

Visites sur le terrain, fiches détaillées sur tous les sujets… Les premiers pas en douceur de Jean Castex à la SNCF

DÉCRYPTAGE - À la tête du groupe depuis novembre, l’ex-premier ministre a privilégié une prise de fonction moins brutale qu’à la RATP. La vieille dame ferroviaire étant en forme, elle n’a pas besoin de plan d’urgence.

© JOEL SAGET / AFP

Le PDG de la SNCF, Jean Castex, dans un train à grande vitesse, le 30 janvier.

Bernard Accoyer et Marc Fontecave : « D’ici à 2035, le prix de l’électricité pourrait augmenter de plus de 30% en France et baisser de plus de 20% en Allemagne »

GRAND ENTRETIEN - Le gouvernement a adopté par décret la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), qui fixe la stratégie énergétique de la France pour la prochaine décennie. L’ancien président de l’Assemblée nationale et le professeur au Collège de France alertent sur ses dangers.

© Jean-Luc Bertini pour Le Figaro

Bernard Accoyer et Marc Fontecave.

«Pour le secteur français, c’est un risque systémique» : lâché par son actionnaire, Ramsay santé plonge dans l’inconnu

ANALYSE - La majorité du capital du leader français des cliniques devrait changer de mains en fin d’année, dans un contexte chahuté pour le secteur.

© VALLAURI Nicolas / PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP

« Il y a un risque important que des actions de Ramsay santé tombent entre les mains de hedge funds, qui pourraient tenter d’imposer à la direction de Ramsay Santé leur stratégie, voire une vente à la découpe du groupe », estime un bon connaisseur du dossier.

La «lente dégradation» de Paris, «les chutes spectaculaires» de Strasbourg, Marseille, Nantes : cette étude qui alerte sur la situation financière des grandes villes

DÉCRYPTAGE - À l’approche des municipales, «les marges de manœuvre» des nouveaux maires «seront très différentes en raison de la qualité inégale de la gestion financière» des communes, prévient l’Institut Montaigne.

© HJBC / stock.adobe.com

Façade de l'Hôtel de ville de Paris décorée sur le thème des jeux olympiques et paralympiques d'été de Paris 2024.

Des dirigeants de Microsoft craignent que l'IA ne supprime les emplois de codeurs débutants, Russinovich et Hanselman affirment que les entreprises doivent former les juniors et non les remplacer

25 février 2026 à 07:13
Microsoft : Dépense des dizaines de milliards de dollars dans une technologie pour soit-disant "remplacer" les gens.
Also Microsoft : "Non mais attendez, faut pas remplacer les gens !"

Ben comment vous dire... c'est vous qui poussez à ça, non ?
(PS: J'ai une énorme estime pour Mark Russinovich, et je comprend que ça le fasse hurler.)
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Confronté à la crise de l’immobilier, le promoteur Altarea veut être un champion des centres de données

DÉCRYPTAGE - Le groupe français signe un partenariat avec le géant américain Vantage Data Centers. Il vise le développement de 15 data centers d’ici 2030.

© Noah Berger / REUTERS

Fin 2025, 55 % des PME-TPE françaises utilisaient des IA génératives, selon une étude de Bpifrance.

Bertille Bayart : «La Cour suprême a rappelé à Trump ce qu’il ne veut pas entendre, les droits de douane sont des impôts»

CHRONIQUE - Le président des États-Unis refuse d’admettre que sa politique tarifaire est payée par les entreprises et les ménages américains.

© Kevin Lamarque / REUTERS

Donald Trump, le 20 février 2026.

AI Added 'Basically Zero' to US Economic Growth Last Year, Goldman Sachs Says

24 février 2026 à 07:48
Goldman Sachs - qui n'est pas vraiment anti-capitaliste (https://fr.wikipedia.org/wiki/Goldman_Sachs) - dit que l'IA a eu zéro impact sur la croissance de l'économie américaine.
Et que 92% de la croissance vient... de l'investissement dans les datacenters et GPU (c'est à dire que la croissance vient de dépenses colossales qui n'ont aucun avenir de rentabilité).
Comment imaginer que ça ne va pas se casser la gueule ?

À tel point, même, que Goldman Sachs met en place un indice d'entreprises sans IA (car il y a de la demande d'investisseurs qui ne veulent pas se faire polluer par la hype de l'IA) : https://www.axios.com/2026/02/20/ai-goldman-sachs-stocks-index

EDIT: JP Morgan est inquiet aussi, visiblement : https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/02/25/intelligence-artificielle-l-apocalypse-selon-jamie-dimon-patron-de-la-premiere-banque-americaine-j-p-morgan_6668209_3234.html
(cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/JPMorgan_Chase)
(Permalink)

Le bilan gris des verts à Strasbourg

22 février 2026 à 07:00

En 2020, la nouvelle maire écologiste de Strasbourg héritait d’une des villes les plus vertes de France. Immédiatement, elle décrétait « l’état d’urgence climatique ». Six ans plus tard, quel est son bilan ?

L’accession de Jeanne Barseghian à la mairie de Strasbourg, première écologiste à occuper cette fonction, a créé la surprise générale. Issue de la vague verte ayant déferlé sur le pays au sortir du premier confinement, elle avait profité, à l’instar de ses coreligionnaires, d’une faible participation électorale à une époque rythmée par le port du masque et le remplissage d’auto-attestations. Elle n’avait eu besoin d’engranger que 21 592 voix sur les 143 638 inscrits (soit 15 % des suffrages totaux) pour se faire élire avec 41 %. Fort heureusement, l’élection de mars 2026 devrait (sauf très mauvaise surprise de dernière minute) se tenir dans des conditions normales. L’édile sortante ne pouvant plus compter sur l’effet de surprise ou les contraintes sanitaires pour espérer conserver son siège, elle devra utiliser son bilan pour persuader une majorité de Strasbourgeois. Et malheureusement pour elle, celui-ci est plus que contrasté.

Un héritage en or massif

Rappelons en premier lieu, à sa décharge, qu’elle fut élue dans une période complexe, réduisant les capacités budgétaires et s’inscrivant dans un environnement global plutôt morose.

Rappelons également qu’elle a hérité d’une ville très bien gérée et jouissant d’une forte attractivité, fruit de l’excellent travail des trois derniers maires. Elle bénéficiait donc, à l’inverse de certains de ses collègues, d’une situation budgétaire, écologique et sociale plus qu’enviable.

Il est également nécessaire de garder à l’esprit qu’un mandat s’inscrit dans une dynamique de long terme. Cela évite de s’attribuer les mérites d’autrui, comme Jeanne Barseghian avait pu le faire en affirmant avoir fait baisser la pollution de 40 % en 3 ans. Dommage qu’elle n’ait pas fait la promotion du moteur de cette réussite, à savoir un réseau de transports urbains dense, décarboné et basé sur l’intermodalité, dont le développement a commencé en 1998 sous le mandat de Catherine Trautmann (qui se représente elle aussi sous l’étiquette du Parti socialiste lors de ce scrutin) et qui a été prolongé par Fabienne Keller (Horizons) et Roland Ries (Parti socialiste). Les Strasbourgeois jouissent ainsi d’un réseau solide de tramways, composé de sept lignes reliant une centaine de stations, et venant de bénéficier, à la fin 2025, d’une extension vers l’ouest (notamment vers la magnifique commune d’Eckbolsheim), un projet prévu de longue date. Strasbourg avait ainsi réduit intelligemment la place de la voiture dans son centre, en construisant pendant vingt ans des parkings-relais entourant la ville, permettant de déposer son véhicule et de se déplacer de manière illimitée sur le réseau pour seulement 4,2 € par jour. La volonté affichée de la maire sortante de créer des ZFE au sein de la ville était donc vaine, tout ayant déjà été entrepris pendant deux décennies pour réduire au maximum ces émissions.

La ville était depuis longtemps tournée vers l’usage du vélo — au point d’être considérée comme la capitale française du deux-roues — grâce à une politique pragmatique menée dans la durée, sans dogmatisme, à la différence d’autres grandes villes. Elle bénéficiait aussi d’un réseau de chauffage urbain performant et peu carboné, développé par les équipes précédentes. Dans ce contexte, la proclamation de « l’état d’urgence climatique » lors de l’intronisation de Jeanne Barseghian apparaît en décalage, tant avec la situation existante qu’avec les résultats obtenus par la suite.

Car sur le plan écologique, le bilan de la majorité sortante ne repose principalement que sur trois actions : la création du Ring vélo autour de la Grande Île (lancé en 2022 et achevé en décembre 2025), la rénovation énergétique de bâtiments municipaux, et le Plan Canopée, qui a permis la plantation de plus de 5 500 arbres et la végétalisation de 100 000 m².

Les Verts ont mis les finances dans le rouge

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