8 mai 1945 : le jour où le maréchal Keitel signa la capitulation totale et sans condition de l’Allemagne

© TASS / AURIMAGES - Document colorisé par Klimbim

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Franco-brésilien, le doyen des pilotes français et des pilotes de F1, surnommé « Nano », vient de nous quitter, quelques mois après avoir franchi la barre du centenaire. Pour un pilote ayant couru dans les années 50, rester en vie à cette époque et achever une carrière en bonne santé était en soi une victoire.
Né à Paris d’un homme d’affaires brésilien, également pilote automobile dans les années 30 sur Bugatti et d’une mère française, il débute au Brésil, en 1947, au volant d’une MG TC. À son retour en France, il achète une Aston Martin DB2 et remporte ses premiers succès en 1954. En 1955, il intègre l’équipe tricolore Gordini et obtient comme meilleur résultat une 5e place au grand prix de Monaco 1956 sur le modèle T16. Il connaît plus de succès en voitures de sport, s’imposant souvent dans des courses à Montlhéry. En 1958, il est engagé par Alan Brown et court en Formule 2 sur une Cooper puis pilote une Maserati pour sa dernière course de F1, le Glover Trophy, hors-championnat en 1959.

Lors de sa dernière saison de compétition, il termine quatrième avec la Scuderia Centro Sud lors d’une épreuve d’Endurance, le BARC 200, couru à Aintree et dispute les 24 Heures du Mans sur une Ferrari 250 TR, mais un problème de boîte de vitesse le contraint à l’abandon. Il décide de mettre un terme à sa carrière, très affecté par la mort de son ami Alfonso de Portago aux Mille Miglia 1957, un drame qui avait profondément choqué son épouse. Après avoir pris sa retraite du sport automobile, il a connu une brillante carrière dans l’industrie électronique.
“Nano” avait continué de suivre de près la course automobile et avait adressé une belle lettre à Pierre Gasly, lorsque celui-ci avait remporté le grand prix d’Italie à Monza en 2020 : « Bravo Pierre pour m’avoir enchanté avec cette course merveilleuse et cet exploit que tu as réussi malgré la pression de Sainz et de la meute qui te poursuivait. Le doyen des pilotes de F1 te félicite et t’adresse quelques vieux souvenirs de Monza et d’ailleurs, qui te feront probablement sourire. Avec tous mes souhaits pour une brillante carrière qui a si bien commencé. Nano. »
Le titre de doyen des anciens des anciens pilotes de F1 revient désormais au Britannique John Rhodes, qui n’a participé qu’à une seule course — le Grand Prix de Grande-Bretagne 1965 — et âgé de 98 ans au moment du décès d’Hermano da Silva Ramos. Le doyen des pilotes Français est Gérard Larrousse, bientôt 86 ans.
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Le verdict de la toile est tombé, et il est cinglant. Après la diffusion de la seconde bande-annonce de L'Odyssée, le prochain blockbuster de Christopher Nolan, la colère a supplanté l'impatience. Accusé de dénaturer le texte fondateur d'Homère au profit d'une vision froide, industrialisée et politiquement révisée, le cinéaste britannique fait face à une fronde sans précédent. Décryptage d'une polémique où se mêlent identité, anachronismes et philosophie.

© THOMAS SAMSON / AFP
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Mis en ligne fin avril 2026, Talkie est un modèle de langage un peu particulier : il n’a jamais rien lu après 1930. De quoi explorer, à travers ses réponses, ce que le monde pouvait -- ou non -- anticiper avant la suite des événements.

© Tom Nicholson / REUTERS
Bien avant la création de la Communauté Économique Européenne, les constructeurs devaient faire face à un cruel dilemme ! Comment vendre un modèle à l’étranger tout en contournant les barrières douanières ! Certains constructeurs ont trouvé la parade en produisant localement et sous licence leurs modèles ! Cette gymnastique nous donna par exemple l’Innocenti Mini et bien avant elle, la SIMCA 6CV. Cette dernière n’était qu’une Fiat 508 Balilla rebadgée ! Créée par Fiat, la Société Industrielle de Mécanique et Carrosserie Automobile s’est donc contentée de vendre des voitures turinoises rebadgées ! Mais ça, c’était avant l’arrivée de la SIMCA Aronde !

Bien qu’encore sous le giron de Fiat, SIMCA, sous l’impulsion de l’emblématique Enrico Teodoro Pigozzi, envisageait de donner un nouvel élan à la marque à l’hirondelle ! Le projet 1200X débuta en 1948 afin de remplacer une SIMCA 8 qui datait de 1937. Quitte à innover, il fallait faire du moderne et du pertinent.
La première « vraie » SIMCA serait la première de la marque à adopter une structure monocoque ! Néanmoins, le cordon avec la maison mère n’avait pas été totalement coupé. La future star de Nanterre présentait quelques points communs avec une certaine Fiat 1400. Il faut dire qu’une partie de la conception de ces deux autos avait été réalisée chez Budd. Par ailleurs, la mécanique, héritée de la SIMCA 8, était encore un moteur Fiat. Il s’agissait d’un 1221cm3 de 45 ch SAE qui permettait d’accrocher un petit 130 km/h. Ce moteur faisait équipe avec une boîte mécanique à 4 rapports avec une première non synchronisée. Elle transmettait la puissance aux roues arrière.

Le 31 mai 1951, la remplaçante de la SIMCA 8 a fait son apparition. Son nom ? La SIMCA 9 ! Original n’est-ce pas ? Oui ! Car cette fois-ci on ne s’est pas contenté d’accoler un numéro à la marque. On lui a aussi donné un nom : celui de l’hirondelle en patois ! C’est ainsi que débuta la belle histoire de la SIMCA 9 Aronde. Cette petite berline capta rapidement l’attention du grand public mais ses débuts commerciaux furent timides. La marque l’a distribuée au compte-goutte jusqu’au salon de Paris de 1951. Cet événement majeur pour les constructeurs automobiles a été le véritable point de départ pour la carrière commerciale de l’Aronde.
Comme la Fiat 1400, la SIMCA 9 Aronde avait adopté un style « ponton » qui était, notamment aux Etats-Unis, très en vogue dans les années 50. Les lignes de la 9 Aronde étaient l’œuvre de René Dumas. A bord, les premières SIMCA 9 Aronde avaient des sièges tapissés d’un tissu avec des rayures noires et blanches. Ce motif, d’un goût douteux, a été affublé d’un sobriquet tout aussi discutable : « le drap des déportés ». Il convient de garder à l’esprit qu’en 1951, la deuxième guerre mondiale et ses horreurs étaient encore dans toutes les mémoires…

La première modification est intervenue en juin 1951 avec l’adoption d’un nouveau logo qui intègre une hirondelle. En 1952, la SIMCA 9 Aronde a enfin adopté le train arrière hypoïde en lieu et place de celui de la 8. Outre ce nouvel élément mécanique, l’Aronde a reçu plusieurs autres améliorations comme une peinture plus qualitative. La batterie, initialement placée sous le siège passager, a migré dans la baie moteur. En avril 1952, le volant a délaissé sa couleur noire pour le marron. Le mois suivant un nouveau pare-choc avant, en 3 pièces, a remplacé celui des premières années.
L’arrivée du modèle 1953 a apporté une planche de bord modifiée. L’arrivée des commodos au volant a notamment permis de réduire le nombre de boutons ! Ce nouveau millésime et le Salon de Paris de 1952, ont également permis de proposer deux prototypes afin de tester l’accueil du public : un cabriolet 4 places nommé Plein Ciel et un coupé deux portes baptisé Grand Large. A ce stade, la commercialisation de ces modèles n’était pas d’actualité. Il s’agissait surtout de tester les réactions du public…
En revanche, l’Aronde utilitaire (la Commerciale) et la break à deux portes (la Messagère), présentées un an plus tôt, n’étaient pas là pour épater la galerie. Leur présence à ce Salon ’52 donnait le top départ de leur commercialisation. Elles embarquaient une mécanique de seulement 37 ch SAE. En décembre 1952, la Commerciale a changé de dénomination devenant la Chatelaine. Ce tour de passe-passe a permis à SIMCA d’introduire une nouvelle « Commerciale » dont la principale nouveauté était d’avoir une petite vitre à l’arrière !

Le cap des 100 000 unités fabriquées a été passé en mars 1953. Les ventes de l’Aronde laissaient entrevoir de belles perspectives pour la marque de Nanterre ! La gamme s’est développée par le bas avec la commercialisation de la Quotidienne ! Il s’agissait tout simplement d’une version dépouillée de l’Aronde ! Un volant, un moteur et basta ! Même le chauffage était en option…
Le coupé Grand Large présenté au Salon 52 a finalement fait son apparition au catalogue avec l’arrivée des modèles 1954. La version de série comportait quelques modifications par rapport au prototype initial. En ce qui concerne le reste de la gamme, l’Aronde de 1954 a adopté une nouvelle calandre en arc de cercle et des feux arrières redessinés. Les nouveaux feux étaient devenus monoblocs et en plastique. Outre ces modifications, la gamme « utilitaire » s’est enrichie d’une Aronde pickup, baptisée « la Camionnette ».

Durant l’année 1955, la Grand Large a adopté un pare-brise monobloc en lieu et place de celui en 3 parties du premier millésime. En ce qui concerne le reste de la gamme Aronde, les roues sont passées du 15 au 14 pouces, modifiant ainsi la hauteur de caisse ! Cette évolution pneumatique a permis d’améliorer le système de freinage mais aussi d’optimiser la boîte de vitesse. En septembre 1955, l’Aronde a reçu un nouveau moteur dit « Flash ». S’il était toujours à 3 paliers, ce 1290cm3 de 48 ch, a remplacé avantageusement le moteur de la SIMCA 8. A noter, que la puissance des versions utilitaires n’était que de 45 ch SAE.

Pour le modèle 1956, l’Aronde s’est offert une nouvelle ligne dite. S’inspirant des voitures américaines, l’Aronde a adopté des ailes arrières sculptées mais aussi un nouveau tableau de bord a également. A cette occasion, la star de Nanterre est devenue l’Aronde 1300, en référence à la cylindrée de son moteur Flash. La gamme a également été complétée par un élégant coupé baptisé Plein Ciel et un Cabriolet baptisé Oceane en remplacement du Coupé-de-Ville et du cabriolet Week-end.

La gamme utilitaire a également évolué ! La Camionnette est ainsi devenue l’Intendante tandis que la gamme berline s’articulait autour d’une finition Deluxe (une Quotidienne avec, enfin, le chauffage) et d’une Elysée. Du côté du coupé, la Grand Large a vu arriver la « Rue de la Paix ». Il s’agissait d’une version plus luxueuse équipée d’un moteur Flash Spécial poussé à 57 ch.
L’année 1956 a finalement été un excellent cru pour une Aronde 1300 qui s’est laissé tenter par l’automatisme avec la boîte « Simcamatic ». Il faut dire que cette année-là, l’Aronde a été la voiture la plus vendue dans l’Hexagone permettant à SIMCA de devenir le 2ème constructeur français derrière la Régie Nationale des Usines Renault.


Le modèle 1957 a apporté son lot de petits changements à commencer par le mot Aronde qui s’inscrivait fièrement sur la face avant. Ce millésime a également été marqué par l’arrivée de l’Elysée – Matignon, version haut de gamme de la berline. Elle se distinguait notamment par sa peinture bi-ton et son moteur Flash spécial. La commercialisation de cette version a été assez brève, sa production ayant pris fin en 1958. Néanmoins, l’Aronde Monthléry a pris le relais de l’Elysée-Matignon tandis que qu’un Coupé Grand Large Spécial, équipé du moteur de 57ch, a fait son apparition

En 1959, la carrosserie de l’Aronde a une nouvelle fois été revue en profondeur. Exit, l’Aronde 1300. Place à l’Aronde P60. Les premières versions de cette nouvelle mouture étaient prêtes dès 1958 et quelques versions étaient même sorties des chaînes de montages. Néanmoins, le style, de celle que l’on nommait alors la type 305, n’avait pas convaincu le big boss. Les quelques exemplaires qui avaient été produits ont été stockés quelques temps à Bordeaux dans le quartier du Bacalan et les équipes de SIMCA ont dû se retrousser les manches afin de satisfaire Henri-Théodore Pigozzi.

La P60 était sans doute la version la plus américainisée de l’Aronde. Sa généreuse calandre chromée en arc de cercle, ses ailes et ses feux arrière faisaient penser aux SIMCA Vedette, qui étaient nés Ford. Dans un premier temps cette nouvelle carrosserie n’était que l’apanage des versions les plus huppées de l’Aronde. La version d’entrée de gamme qui se déclinait en finition « Deluxe » avec un moteur Flash de 42 ch SAE (6 CV fiscaux) ou en Super Deluxe avec le Flash Spécial de 57 ch (7 CV fiscaux) avait conservé la carrosserie de l’Aronde 1300. Il en était de même pour les besogneuses versions utilitaires de l’Aronde.

Avec l’arrivée du modèle 1960, les Aronde d’entrée de gamme ont à leur tour adopté la nouvelle carrosserie. En décembre 1959, les ingénieurs de la marque on augmenté le taux de compression du Flash Spécial, lui permettant ainsi d’atteindre les 60 ch. A cette occasion, la gamme a évolué la Deluxe devenant l’Etoile 6. En février 1960, ce fut au tour des versions utilitaires d’adopter la face avant de l’Aronde P60. A cette occasion, une version Ranch a a fait son apparition. Il s’agissait d’une Chatelaine avec un traitement plus haut de gamme.

Le millésime 1961 a permis à l’Aronde d’adopter – enfin – un moteur à 5 paliers. Le moteur Rush se déclinait dans une version de 1090 cm3 pour 40 ch ou de 1290 cm3 offrant 52 et 62 ch. Les versions utilitaires recevaient une version dégonflée à 48ch du 1,3. Les évolutions esthétiques sont restées mineures mais il convient néanmoins de noter que le logo de la marque avait repris la place du mot Aronde sur la face avant.

Le modèle 62 a permis à l’Aronde de gagner en puissance. L’entrée de gamme a vu arriver une finition Etoile 7 qui permettait de profiter du Rush de 62ch. Par ailleurs, les versions les plus huppées ont pu profiter d’une nouvelle déclinaison dite Rush Super M. Elle offrait 70ch ce qui permettait à l’Aronde d’offrir des performances intéressantes à ce niveau de gamme.
En dépit de toutes ses améliorations, l’hirondelle commençait à accuser le poids des années. Sa riche carrière commençant à battre de l’aile, il a fallu la remplacer le 22 mai 1963. La SIMCA 1300 prenait alors le relais d’une hirondelle qui s’était écoulée à 1 442 155 exemplaires. La première vraie SIMCA a connu une très belle carrière et pouvait ainsi prendre une retraite bien méritée !

L’Aronde n’est pas tout à fait la première vraie SIMCA ! Avant elle, la firme de Nanterre avait produit une petite série de SIMCA 8 Coupé qui n’était pas directement dérivée d’une Fiat !
La SIMCA Aronde avait un placement intéressant. En effet, il s’agissait d’une 7CV, classe qui deviendra populaire avec l’apparition de la vignette automobile en 1956. Cette classe était celle des voitures pas trop puissantes et ne consommant pas trop tout en étant suffisamment armées pour s’aventurer sur la route !
La SIMCA Aronde a battu plusieurs records du monde sur l’anneau de Montlhéry. On peut citer par exemple celui réalisé le 9 avril 1957, à savoir boucler une distance de 100 000 km à plus de 113km/h de moyenne ! Il a fallu 38 jours et 37 nuits pour réaliser cette performance.
Ce record du Monde donnera naissance à l’Aronde Monthléry quelques mois plus tard (voir plus haut).

La SIMCA Aronde est visible dans les aventures de Tintin, notamment dans l’a lbum « L’Affaire Tournesol ». Spirou et Fantasio ont également été des utilisateurs de la SIMCA Aronde.
Une SIMCA 9 Sport a été vendue entre 1952 et 1954. Carrossée par Facel-Métallon, cette auto abritait le 1221 cm3 de l’Aronde. Néanmoins, le bloc moteur avait reçu une petite cure de vitamine concoctée par Abarth. Si la puissance passait de 40 à 61ch, il n’en demeurait pas moins que les performances n’étaient pas au rendez-vous…

… Facel-Métallon a également produit un Coupé-de-Ville et un cabriolet Week-end en 1955 et 1956. La production de ces autos, dessinées par Jean Daninos, le créateur de Facel Vega, a pris fin avec l’arrivée de l’Aronde Grand Large et de l’Aronde Océane
Les 750 Aronde qui avaient été stockées au Bacalan, n’ont pas été détruites ! Après avoir été longuement entreposées à Bordeaux, elles ont finalement été refourguées dans des pays de l’Est ou revendue au personnel de la marque. Ces derniers ne pouvaient d’ailleurs pas les revendre.
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Depuis avril 2026, il est impossible de commander une Alpine A110 thermique. Les derniers exemplaires seront écoulés d’ici juin. Après ça, il sera trop tard.
La décision est désormais actée : le constructeur Alpine a retiré l’Alpine A110 de son catalogue.
Concrètement, il n’est plus possible de configurer une voiture neuve. Seuls quelques modèles déjà produits, sur configurations imposées, restent encore disponibles – et pour une durée très limitée.
D’ici juin 2026, tout aura disparu et il faudra en passer par l’occasion, avec ses aléas.

Lancée en 2017, l’Alpine A110 s’est écoulée à un peu plus de 25 000 exemplaires.
Un chiffre modeste à l’échelle mondiale, mais suffisant pour en faire un modèle marquant — surtout en France, où elle a concentré l’essentiel de ses ventes.
À l’étranger, le succès est resté plus discret, malgré quelques marchés réceptifs comme le Japon ou le Royaume-Uni. Depuis l’an dernier, Alpine était contraint en Europe de limiter les immatriculations à 1 500 exemplaires pour éviter GSRII imposé depuis juillet 2024.
Ce n’est pas seulement une voiture qui disparaît.
C’est une approche.
Avec environ 1 100 kg tous pleins faits, l’Alpine A110 faisait figure d’ovni dans un marché où les sportives dépassent souvent 1,5 tonne, voire beaucoup plus.
Légère, simple, centrée sur le plaisir de conduite : exactement l’inverse de la tendance actuelle. C’est ce qui la met devant beaucoup de concurrentes dans de nombreux comparatifs, même face à des marques prestigieuses.
Et c’est bien ce qui risque de ne pas revenir.
La prochaine Alpine A110 sera électrique. Une version cabriolet est également prévue.
Mais il y a un revers évident : le poids.
Les futures Alpine seront plus lourdes, plus complexes, et forcément différentes dans leur comportement. Le SUV Alpine A390 dépasse déjà les deux tonnes. La Alpine A290, plus accessible, débute sa carrière.
Le contraste avec l’A110 actuelle est évident.

Il reste encore quelques Alpine A110 neuves disponibles.
Mais uniquement en stock, sans possibilité de personnalisation. Le configurateur reste ouvert, mais permet de trouver la voiture sur stock la plus proche en configuration, via un Alpine Store.
Une fois ces derniers exemplaires vendus, il ne restera plus que le marché de l’occasion.
Et pour beaucoup d’amateurs, cela marque la fin d’une époque – celle des sportives légères accessibles, sans compromis électrique.
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L’usine Stellantis de Poissy, en activité depuis 1938, s’apprête à cesser l’assemblage de véhicules au profit de nouvelles activités industrielles promet-on. Le groupe investit plus de 100 millions d’euros pour transformer le site francilien d’ici 2030, avec pour objectif affiché de maintenir 1 000 postes ouvriers.
Du côté des syndicats, on se montre inquiets.
Le site historique de Poissy va progressivement abandonner sa vocation première. Si la fabrication de voitures neuves est confirmée jusqu’à la fin de l’année 2028, Stellantis prépare déjà la reconversion totale du complexe. Ce projet de transformation, chiffré à plus de 100 millions d’euros, vise à adapter l’outil industriel aux nouveaux cycles de vie des véhicules et à l’économie circulaire.
La mutation du site s’articulera autour de quatre domaines d’activité complémentaires qui seront pleinement opérationnels d’ici 2030 :
Cette transition industrielle redéfinit le paysage social de l’usine. Stellantis annonce le maintien de 1 000 postes ouvriers à l’horizon 2030. L’entreprise précise que l’évolution des effectifs s’appuiera sur la pyramide des âges, privilégiant les départs naturels et le volontariat. Parallèlement, des programmes de formation seront mis en place pour accompagner les salariés vers les nouveaux métiers induits par ces activités, notamment dans la fabrication additive et le reconditionnement.
L’outil industriel français n’en finit pas de se contracter. Si on se concentre sur l’automobile, la production a atteint un maximum vers 2004 avec plus de 3,65 millions de véhicules « made in France ». Désormais, on peine à atteindre 1,5 million, utilitaires compris. Et c’est tout l’écosystème industriel qui gravite autour de la production qui en pâtit : siège, feux, collecteurs fonte, carters, etc.
Ici, Stellantis le jure, l’avenir de Poissy est assuré. Cependant, certains syndicats se méfient et estiment qu’il va falloir rester vigilants. Certains salariés de Poissy travaillaient avant à Aulnay, site fermé en 2014.
L’histoire commence en 1938 sous l’impulsion de Ford. Le constructeur américain cherche alors à s’implanter durablement en France et choisit Poissy pour sa situation stratégique, en bord de Seine et à proximité des voies ferrées. Le site, ultra-moderne pour l’époque, est conçu pour la production de masse. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’usine subit des bombardements alliés avant de reprendre sa vocation civile dès 1946. C’est ici que naîtra la célèbre Ford Vedette, modèle phare de l’immédiat après-guerre.
En 1954, Ford cède le site à Simca (la « Société industrielle de mécanique et carrosserie automobile »). Sous la direction d’Henri Théodore Pigozzi, l’usine devient le bastion de la marque et connaît une expansion fulgurante. Le site est agrandi pour devenir l’un des plus performants d’Europe, produisant des modèles iconiques comme l’Aronde, l’Ariane ou la Simca 1000. Dans les années 1960, le géant américain Chrysler prend progressivement le contrôle de Simca. À son apogée, au milieu des années 1970, l’usine est une véritable « ville dans la ville » employant près de 27 000 salariés.
En 1978, face aux difficultés de Chrysler Europe, le groupe PSA Peugeot Citroën rachète l’usine. Il ressuscite pour l’occasion la marque Talbot, qui devient l’identité visuelle du site pendant près d’une décennie. Poissy voit alors défiler sur ses chaînes des succès populaires majeurs : la Talbot Horizon, puis les Peugeot 205, 306, 206 et 207. Plus récemment, le site s’était spécialisé dans les véhicules urbains et premium du groupe, produisant notamment la DS 3 Crossback et l’Opel Mokka.
Avec la création de Stellantis en 2021 (fusion de PSA et Fiat Chrysler), le site entre dans une phase de rationalisation. Après 90 ans de production ininterrompue et des millions de véhicules sortis de ses lignes, Poissy s’apprête à tourner définitivement la page de l’assemblage automobile en 2028. Ce virage vers l’économie circulaire et les services industriels marque la fin d’une ère, mais assure la pérennité d’un site qui aura survécu à tous les bouleversements de l’industrie automobile française.
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Il y a des idées qui semblent évidentes une fois qu’elles existent. Le Dakar Classic est de celles-là. Née en 2021 pour fêter les 40 ans du rallye mythique créé par Thierry Sabine, cette épreuve parallèle a mis en mouvement ce que beaucoup de passionnés croyaient condamné à la vitrine des musées : les bolides crasseux, boueux, magnifiques des années 80 et 90. Le résultat, cinq ans plus tard ? Un phénomène qui déborde largement le cadre nostalgique qu’on lui prêtait. Et si vous n’avez pas suivi l’aventure depuis le début, voici comment on en est arrivés là.
UN PRINCIPE SIMPLE, UNE EXIGENCE TOTALE
Le Dakar Classic, ce n’est pas la course au chrono. C’est une épreuve de régularité — autrement dit, le but est de rouler le plus près possible d’une moyenne imposée, ni trop vite, ni trop lentement. Un classement basé sur la précision plutôt que sur la brutalité, qui permet aux pilotes de renouer avec les sensations des pionniers du Paris-Dakar. L’instrument clé n’est plus l’accélérateur mais le cadenceur, ce petit boîtier électronique qui indique l’avance ou le retard sur la moyenne cible. Certains puristes vont plus loin encore, roulant au compteur mécanique et à l’instinct, comme au bon vieux temps — celui qu’on a décrypté dans notre retrospective sur le Paris-Dakar 1989.
Seuls les véhicules produits entre les années 80 et 2000 étaient admis à l’origine : Range Rover V8, Peugeot 205 T16 Grand Raid, Mitsubishi Pajero Evolution, Mercedes 2638, DAF bicabines… Un catalogue de légendes. En 2025, la réglementation a évolué pour intégrer les modèles produits jusqu’en 2005, permettant notamment le retour de la Mitsubishi Pajero Evolution victorieuse avec Peterhansel en 2004. Deux challenges renforcent l’authenticité : l’Authentic Codriver, qui impose la navigation sans instruments électroniques, et l’Iconic Classic Club, réservé aux véhicules ayant réellement pris le départ d’un Dakar avant 2000. Un musée roulant, mais avec de la poussière dans les yeux.

DE 24 VOITURES À UNE ARMADA — CINQ ANS D’EXPLOSION
Les chiffres parlent mieux que n’importe quel discours. Lors de sa présentation en 2021, l’organisation avait lancé le concept avec 24 petits équipages courageux. Deux ans plus tard, ils étaient presque quatre fois plus nombreux, avec 88 véhicules engagés pour 187 pilotes et copilotes. En 2024, 76 équipages représentant 164 pilotes et copilotes se sont élancés dans les dunes saoudiennes.
L’édition 2022 constitue le vrai tournant. Près de 150 véhicules au départ, introduction pour la première fois d’épreuves de navigation récompensant le travail des copilotes, et 80 % du parcours soumis au chrono ou à ce nouvel exercice — une mutation racontée en filigrane dans nos comptes-rendus du Dakar 2022. En 2023, face à l’hétérogénéité croissante du plateau, un groupe de vitesse supplémentaire baptisé H0 a été ajouté pour les autos les moins puissantes. L’édition 2025 a poussé la logique encore plus loin avec le format « 48h Chrono » : les concurrents s’arrêtent dans des zones de repos réparties sur l’itinéraire et reprennent au lever du soleil, rations minimalistes et ciel étoilé compris. Du pur rallye-raid de survie.
LES CATÉGORIES : UNE PYRAMIDE DU VINTAGE
Le règlement actuel organise le plateau en groupes de vitesse, du H0 au H4. H0 et H1 rassemblent les véhicules les plus anciens ou les moins puissants, avec des moyennes réduites. H2 et H3 constituent le cœur de la compétition — les Pajero, les Toyota HDJ, les buggys en tout genre. La catégorie H4, réservée aux engins les plus rapides, accueille de vraies répliques d’époque : des Audi Quattro Dakar développant jusqu’à 500 chevaux, un clin d’œil à peine voilé au constructeur allemand sacré champion du Dakar moderne en 2024. Les camions disposent de leur propre classement. Et les équipages peuvent librement choisir leur groupe jusqu’au soir du prologue — une souplesse stratégique que certains manient comme une arme.

L’ARTICULATION AVEC LE DAKAR MODERNE : MÊME DÉSERT, DEUX MONDES
Le Dakar Classic roule en parallèle du Dakar « officiel », reprenant le tracé de l’épreuve principale mais adapté aux véhicules anciens. Les équipages partagent les bivouacs avec les stars modernes — celles que vous retrouvez dans notre présentation du Dakar 2026 ou dans notre article sur la victoire de Dacia — mais les univers ne se mélangent pas vraiment. D’un côté, des prototypes carbone de plusieurs millions d’euros bardés d’électronique. De l’autre, des mécaniques à carburateur et des carrosseries qui ont vécu.
Ce voisinage n’est pas que symbolique : il raconte l’histoire entière du Dakar en un seul bivouac. L’ASO a réussi quelque chose d’assez fort : créer un dialogue entre les générations plutôt qu’une simple opération de marketing nostalgique. Et pour ceux qui regrettent l’Afrique et le Lac Rose, le Dakar Classic, avec son parfum d’aventure accessible, est peut-être la réponse la plus honnête à cette nostalgie.
FOCUS — STÉPHAN LAMARRE, LE CHEF D’ENTREPRISE QUI ROULE AUX ÉMOTIONS
Il y a des pilotes qui font le Dakar Classic pour la gloire. Stéphan Lamarre, lui, le fait pour tout ce que la gloire ne suffit pas à expliquer.
Habitué des rallyes avec son copilote Alexandre Laroche, cet entrepreneur s’est lancé dans l’épreuve dès ses premières éditions, selon une approche qui tient autant du hasard que du destin : c’est Yves Loubet, chargé de faire le road-book en Arabie Saoudite, qui l’a approché et proposé de participer. Avec Alexandre Laroche, ils ont trouvé une Mitsubishi Pajero Evolution sur Leboncoin pour 55 000 euros, complété par des sponsors pour couvrir l’inscription, le transport et la mécanique. Un budget artisanal pour une aventure XXL — à mille lieues des budgets d’usine que l’on scrute dans nos suivis du Dakar 2024.
La suite a été à la hauteur du rêve. Lors de la 11e étape de l’édition inaugurale 2021, l’équipage Lamarre-Laroche a décroché une victoire d’étape au volant de leur Mitsubishi #212, devançant le buggy de Marc Douton, vainqueur final de l’épreuve. Une performance qui prouve que la passion, bien préparée, peut rivaliser avec l’expérience.
Le profil de Lamarre est révélateur : six mois d’entraînement physique intensif avant chaque départ, car tenir 15 jours à raison de 10 à 12 heures de piste quotidiennes exige une condition athlétique réelle. Sa fidélité à l’épreuve ne s’est pas démentie : à la sixième édition en 2026, il s’est présenté au départ dans une Bowler Wildcat — en échangeant le Pajero japonais contre cette machine britannique taillée pour le désert, tout en restant fidèle à l’esprit qui a toujours guidé son aventure.
Stéphan Lamarre incarne parfaitement ce que le Dakar Classic a réussi à faire naître : une communauté de passionnés sérieux, ni professionnels ni amateurs naïfs, qui préparent leurs machines avec rigueur, s’entraînent comme des athlètes, et vivent l’aventure avec une intensité que les budgets d’usine ne peuvent tout simplement pas acheter.
En cinq éditions, le Dakar Classic a prouvé qu’il n’était pas une curiosité de plus dans le calendrier des épreuves vintage. C’est devenu un rendez-vous incontournable, le lieu où le Dakar se souvient de lui-même. Et tant qu’il y aura des Stéphan Lamarre pour acheter un Pajero sur Leboncoin et rêver de dunes saoudiennes, il n’est pas près de s’arrêter. Et vous, cela vous dirait..?
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En octobre 2025, Taito Corporation, la maison derrière le cultissime Space Invaders, avait lancé une enquête nationale au Japon afin de localiser la Crown 602, la première machine à pince fabriquée au Japon. Une chasse au trésor qui s'avère de plus en plus difficile, mais non sans surprise.

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Revoir le Lawrence d’Arabie de David Lean, dont le héros tente de porter la révolte arabe de 1916-1918 dans le but de la conduire vers la création d'un État indépendant et libéré du joug ottoman, procure toujours cette sensation d’immensité vertigineuse et de choc cinématographique. Mais le revoir aujourd'hui, malgré les distances qu'il prend avec la réalité historique, alors que le Proche et le Moyen-Orient se sont à nouveau embrasés depuis le 7 octobre 2023 et l'actuelle attaque israélo-américaine sur l'Iran, livre une précieuse et fascinante grille de lecture du présent.
Le désert infini et vaporeux, la lumière flottante qui sculpte les dunes, la silhouette solitaire de Peter O’Toole enveloppée de soie blanche, chargeant à la tête de ses troupes à destination d'Aqaba (Jordanie), au rythme de la musique entêtante de Maurice Jarre… Le décor du film est planté. L’une des plus grandes productions de l’histoire du cinéma qui, en 1962, rafla la bagatelle de sept Oscars à partir du récit de cette révolte lancée par le chérif Hussein ben Ali, gardien des lieux saints de La Mecque.
Sauf que, contrairement à la réalité, tout concourt dans l’œuvre à donner du rôle de son personnage principal dans cette lutte panarabe l’illusion du combat mystique d’un homme seul défiant l'ordre impérial britannique et cherchant à redessiner le Levant par la grâce de son intuition. La vérité est tout autre. Qu’importe, car le film ressurgit avec une force particulière en ces temps troublés au Proche et au Moyen-Orient, où les échos du conflit ancien qu’il narre, ainsi que les accords Sykes-Picot qui redessineront la région à la même période, ne sont pas étrangers aux événements actuels.
Thomas Edward Lawrence, né en 1888 au pays de Galles, n’était pas l’aventurier solitaire au regard halluciné que le film met en scène. Archéologue brillant, arabisant passionné, il avait parcouru la Syrie et la Mésopotamie (la région de Bagdad) avant la guerre, apprenant les dialectes bédouins et s’imprégnant des coutumes tribales, malgré quelques lacunes plus tard raillées par les observateurs français de son épopée. Engagé dans le renseignement britannique au Caire dès 1914, il devint l’agent de liaison idéal auprès des Arabes au début de leur révolte. Lawrence coordonna ses actions avec le fils du chérif, Fayçal, incarné par un brillant Alec Guinness, organisant des raids de guérilla, notamment contre des lignes ferroviaires vitales pour les Ottomans. La prise d’Aqaba, en juillet 1917, reste l’un des épisodes les plus célèbres de son parcours : une marche audacieuse à travers le désert et une victoire tactique obtenue par surprise.
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Le centre de design d’Opel, à Rüsselsheim, n’est pas un lieu où l’on arrive par hasard. C’est ici que prennent forme les silhouettes des futures Opel, à quelques kilomètres seulement du siège historique de la marque. Nous nous y sommes rendus pour rencontrer Gilles Vidal et Mark Adams. Avant même la rencontre, le décor donne une idée assez précise de la manière dont le design se décide.

On nous fait patienter dans une salle de réunion presque entièrement blanche. Les murs, la grande table au centre, jusqu’au plateau posé dessus : tout semble avoir été pensé pour éliminer la moindre distraction. Au-dessus, un puits de lumière éclaire directement la surface. Difficile de ne pas imaginer des designers venant y déposer une maquette ou quelques planches de croquis, sous ce faisceau très net, pour défendre leur proposition face à la direction du style. La pièce n’a pas de fenêtre. Ici, toute l’attention est censée converger vers l’objet posé au milieu. Nous attendons Mark Adams et Gilles Vidal.
Le premier est vice-président du design d’Opel et Vauxhall chez Stellantis. Britannique, il pilote depuis plusieurs années l’identité visuelle de la marque allemande et a notamment accompagné l’émergence de la signature stylistique du « Vizor », devenue l’un des éléments les plus reconnaissables des Opel récentes. Gilles Vidal, lui, occupe désormais une fonction plus transversale : directeur du design pour les marques européennes de Stellantis. Ancien patron du design Peugeot, période durant laquelle il a profondément renouvelé l’image de la marque, il supervise aujourd’hui l’évolution stylistique d’un ensemble beaucoup plus large.

La porte finit par s’ouvrir. Les deux hommes apparaissent ensemble, sourire aux lèvres. Mark Adams, chevelure grisonnante et costume sombre, dégage une forme de calme très britannique. À ses côtés, Gilles Vidal affiche un style un peu plus décontracté, dans une tenue casual qui tranche légèrement avec la sobriété de la pièce. Les salutations sont rapides, cordiales. Très vite, ils nous proposent de les suivre. Nous quittons la salle blanche pour emprunter quelques couloirs du centre de design avant d’entrer dans un petit auditorium.
C’est là que la conversation doit avoir lieu. Mais plutôt que de s’installer dans les rangées, nous prenons place directement sur scène. Entre eux et nous, une table basse, avec des modèles miniatures et des livres consacrés à la marque. Dans cet auditorium vide, avec seulement nos interlocuteurs et quelques membres des équipes Opel, l’atmosphère est calme. La rencontre a l’air presque fortuite, quasiment informelle. On pourrait dérouler un plan autour du langage de design qui accompagne le lancement de l’Astra restylée. Mais l’ambiance décontractée de l’entretien nous invite plutôt à discuter du présent et du futur du design chez Opel, avec les outils d’aujourd’hui, dans un contexte qui a beaucoup évolué.

La discussion peut commencer. Et, très vite, elle prend le ton d’une conversation presque informelle sur ce qui façonne aujourd’hui le design des marques européennes de Stellantis. Dans une courte introduction, les deux hommes nous expliquent que le design est devenu à la fois une science et une forme d’art. En Europe, c’est la première raison d’achat, précisent-ils, bien avant les performances, l’aménagement intérieur et les équipements. On ne le prend pas pour nous, mais il faut bien avouer que parfois, une voiture connaît un succès inattendu, alors que l’on a pointé chez elle des défauts qui nous semblaient majeurs.
Ils admettent qu’aujourd’hui, les départements de design des constructeurs sont très bons, peu importe l’identité des marques, qu’elles soient coréennes, japonaises, chinoises ou américaines. Il n’est désormais plus suffisant de simplement faire de bonnes voitures, selon eux. Toutefois, Gilles Vidal indique que lorsqu’il s’agit d’une marque française ou italienne, il sait à quel point il peut jouer avec des propositions créatives. Il entend par là que pour une marque allemande comme Opel, c’est un peu plus compliqué. Avec Mark, ils disent vouloir une exécution allemande dans le design, une certaine perfection et puissance. Le Britannique s’est donc penché sur une icône, un showcar comme le GT Concept.

Quand nous regardons cette icône face au Mokka, on ne comprend pas forcément au premier coup d’œil le lien entre les deux voitures, car des époques les séparent, des langages de design les éloignent. Pourtant, selon le designer anglais, c’est un excellent exemple de ce qu’il cherche à nous expliquer. Il nous confie qu’il ne décide pas de ce qui sera une icône. Tout est dans l’intention, dans les idées, dans les formes. Alors, comme souvent avec les designers, on ne comprend pas toujours l’expression parfois très conceptuelle de leurs idées. On en déduit qu’ils conçoivent chaque modèle comme une icône, une voiture à part, et que l’histoire fait le reste. Adams nous montre alors une forme sur le concept, puis directement sur le Mokka, révélant qu’on retrouve ce trait de crayon distinctif sur le SUV. L’un date de 2016, l’autre de 2020. Le premier a tout de même eu de l’influence sur le second.
Il évoque ensuite comment on passe des idées mises sur un concept-car à leur transposition sur un modèle de série, sans perdre au passage le côté iconique. Là encore, on a parfois le sentiment qu’il faut être dans leur tête pour comprendre où ils veulent en venir. Il parle de l’interprétation moderne d’un élément de design, qu’il faut améliorer pour en faire quelque chose d’émotionnel pour la marque. Il faut donc garder à l’esprit ce que l’on voit sur les concept-cars d’aujourd’hui et observer comment cela sera traduit sur les nouveautés. Par exemple, pour ce qu’il y a de plus visible, on a facilement fait le lien entre le concept Vizor et le masque noir en vigueur aujourd’hui sur l’avant de toutes les Opel.

On bascule sur l’intervention de l’IA dans l’industrie, dans leur département en particulier. Les deux hommes comparent d’abord leurs vitesses d’exécution respectives. L’IA arrive avec une rapidité fulgurante, alors que l’automobile avance à son propre rythme. Ils développent des voitures plus rapidement aujourd’hui, mais cela reste lent par rapport à ce type de technologie. Il y a plusieurs temps dans le design, pour chaque modèle. À chaque remplacement, il y a une petite révolution dans la philosophie, la stratégie globale de la voiture, et tout cela doit se mettre en place. Ils ont bien essayé des outils, et certains d’entre eux sont impressionnants. Leurs équipes s’amusent avec. Cela permet d’aller plus vite pour certaines comparaisons et applications, mais cela ne remplace pas leur travail.
Avant de jeter un œil au musée où ils gardent leurs petits trésors, on leur demande s’ils puisent certaines de leurs inspirations et idées dans la vie de tous les jours. Les deux nous répondent qu’elle est partout, tout le temps, dans tous les objets, dans toutes les scènes. On sourit quand Mark Adams confie avoir eu une idée alors qu’il était sur la plage avec sa femme. Ce n’est pas quelque chose qui peut être théorisé, selon eux, et la façon dont cela se traduit n’est pas simple. C’est plutôt un mouvement, un ressenti, pas une science précise que l’on peut expliquer. Ce n’est pas juste un objet, précise Mark. Il voit des couches, des matériaux, des formes. À la maison, il lui arrive de dessiner d’autres choses et d’écrire aux concepteurs de l’objet en question en leur envoyant son dessin.

Gilles Vidal nous apprend que son grand-père et son père tenaient un garage Opel, et qu’il a été frappé par la Calibra en tant que modèle iconique, la Ferrari d’Opel, dit-il en esquissant un sourire. Il a grandi au milieu des Opel et des pièces détachées, ce qui lui confère un lien particulier avec la marque. Sa première voiture fut donc évidemment une Opel, une Corsa de 1982. Une joie nostalgique anime son visage quand il évoque cette voiture, sa boîte à 4 vitesses, son moteur 1.0, son poids léger. Étudiant, il avait réussi à caser toutes ses affaires à l’arrière et en garde évidemment un souvenir particulier. « J’aime Opel ! », conclut-il.
Nous plongeons le temps d’un petit quart d’heure au cœur du musée « Opel Classic », guidés par son gardien des lieux, Leif Rohwedder. Pour ce qui roule, on remonte aux origines, c’est-à-dire les vélos. Au départ, Opel fabriquait d’abord des machines à coudre. Pour la petite histoire, Adam Opel était déjà décédé quand l’entreprise a commencé à faire des voitures, en 1899. La marque a donc, sans que cela saute aux yeux, 125 ans. Plusieurs centaines de voitures se trouvent sous ce toit. On ne va pas les recenser toutes, mais on a adoré notre passage au sous-sol, où sont gardés tous les prototypes et les modèles qui n’ont pas été commercialisés. On regrette notamment d’avoir raté une Tigra cabriolet. Et toutes les Opel de course sont là-bas. Cela nous donne envie d’y retourner…
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