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Vue normale

Dette française : le scénario du pire, de 2027 à 2037

29 septembre 2026 à 19:43
La France n’avait plus emprunté aussi cher depuis 2008. Sauf qu’en 2008, le monde traversait une crise financière majeure. L’inconséquence politique pourrait finir par se payer cher. Très cher. Au point de faire entrer le pays dans un hiver budgétaire… pour une décennie.L’article Dette française : le scénario du pire, de 2027 à 2037 est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Crises financières : sept précédents européens

29 septembre 2026 à 19:43
La France ne serait pas le premier pays d’Europe à traverser une crise financière. D’autres l’ont précédée, et s’en sont relevés. Mais aucun n’en est sorti indemne.L’article Crises financières : sept précédents européens est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Dette française : quel secours attendre de la BCE, et à quel prix ?

29 septembre 2026 à 19:43
Si notre dette dérape, beaucoup imaginent que la BCE n’aura qu’à sortir le chéquier. Elle le peut… Mais pas à n’importe quelles conditions. Les Français seront-ils alors encore maîtres de leur destin ?L’article Dette française : quel secours attendre de la BCE, et à quel prix ? est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Dette française : le scénario de l’étouffement lent

29 septembre 2026 à 19:43
Et si une crise de la dette n’était pas le pire scénario ? Pas de krach. Pas de panique. Pas de sauvetage. Juste une France qui s’appauvrit lentement, irrémédiablement, année après année.L’article Dette française : le scénario de l’étouffement lent est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Stellantis va interrompre la production dans quatre usines françaises en octobre

29 septembre 2026 à 19:06
Un employé dans une des usines de Stellantis

Stellantis prévoit plusieurs arrêts temporaires dans ses usines de Sochaux, Rennes, Mulhouse et Poissy en octobre. Le groupe invoque notamment une disponibilité insuffisante de certaines batteries pour ses véhicules électriques à longue autonomie.

Ces arrêts font grogner les syndicats de salariés qui auraient préféré des baisses de cadence.

Quatre sites concernés en octobre en France

Selon Stellantis, les arrêts dureront de cinq à quinze jours selon les sites.

À Sochaux (Doubs), la production sera suspendue du 23 au 30 octobre. L’usine produit notamment les Peugeot 3008 et 5008. Stellantis explique cette interruption par une disponibilité insuffisante de certaines batteries destinées aux versions électriques à longue autonomie.

Le constructeur indique que la demande pour ces versions dépasse actuellement ses capacités d’approvisionnement. Les clients professionnels représentent notamment une part importante de cette demande. Une bonne nouvelle en un sens, mais avec un partenaire défaillant, Peugeot souffre.

Des arrêts dans les usines Stellantis liés aux batteries électriques

À Rennes (Ille-et-Vilaine), l’arrêt est prévu du 22 au 30 octobre. Stellantis donne la même explication et précise que la situation concerne particulièrement le Citroën C5 Aircross.

À Mulhouse (Haut-Rhin), la production sera interrompue du 15 au 30 octobre, soit la période la plus longue parmi les quatre sites concernés. L’usine produit actuellement les Peugeot 308 et 408 qui « n’ont pas la possibilité d’accueillir des batteries grande autonomie ». Ici, donc, cela semble plus être les ventes qui demandent ce long arrêt.

Le site doit bénéficier de 400 millions d’euros dans le cadre du milliard d’euros d’investissements annoncé par Stellantis en France en juin. Trois nouveaux modèles, des berlines et des SUV compacts du segment C (le successeur de la 408 sur STLA One), doivent y être assemblés à partir de 2029.

Sauf qu’en attendant, ne pouvant pas obtenir les grandes batteries, les modèles (et donc la production) vont souffrir.

Des syndicats demandent une baisse des cadences

Ces annonces ont suscité des réactions parmi les représentants du personnel.

Ainsi, à Mulhouse, la CGT demande de réduire les cadences plutôt que de recourir au chômage technique. Le syndicat propose notamment de conserver les salariés intérimaires et de profiter de cette période pour améliorer les conditions de travail et organiser des formations.

À Rennes, la CFDT s’inquiète des conséquences de l’activité partielle sur le pouvoir d’achat des salariés. Elle souligne également le contexte de hausse des carburants.

Poissy prépare l’arrêt de la production automobile

À Poissy (Yvelines), la production sera arrêtée du 19 au 23 octobre. Stellantis présente cette interruption comme une adaptation de la production à la demande du marché et à la gestion des stocks. Actuellement y sont produits les SUV urbains DS 3 et Opel Mokka.

Le groupe avait annoncé en avril que la production de véhicules devait s’arrêter sur ce site d’ici à 2028. L’activité doit ensuite être orientée vers la production et le recyclage de pièces, ainsi que vers la préparation et la transformation de véhicules.

Notre avis, par leblogauto.com

L’adaptation des cadences de production est un incontournable des usines automobiles, que ce soit de production de véhicules ou de pièces détachées. Ici, on a ACC (*) qui peine à fournir les batteries et qui plombe les livraisons de véhicules qui fonctionnent commercialement. Dommage.

L’autre aspect et de gérer des modèles « en fin de vie » ou qui ont du mal à se vendre. Cela tranche avec les annonces de Renault qui repasse aux 3×8 dans l’usine de Douai face aux très bonnes ventes des véhicules électriques produits à ElectriCity. 350 recrutements à la clef.

(*) Les batteries « longue distance » (ou Grande Autonomie) des véhicules électriques Stellantis sont produites par la coentreprise Automotive Cells Company (ACC) créée par Stellantis. La chimie des cellules (le mélange des matériaux actifs de la cathode NMC) est conçue dans le centre de R&D d’ACC à Bruges (près de Bordeaux). Les cellules physiques sont ensuite directement produites de A à Z dans la gigafactory de Billy-Berclau / Douvrin.

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☕️ Oura reporte son introduction en Bourse, une semaine après l’avoir annoncée

29 septembre 2026 à 13:39


Oura reporte son introduction en Bourse (IPO). Le constructeur de bagues connectées préparait depuis quelques mois son lancement au Nasdaq, l’indice américain des technologies. Mais « malgré une forte demande », un délai est nécessaire en raison des « incertitudes qui pèsent sur le marché [des IPO] ».

L’entreprise, créée en Finlande sous le nom Oura Health Oy, a transféré son siège juridique aux États-Unis cette année. La R&D reste toutefois ancrée en Finlande. Elle avait annoncé son intention de se lancer en Bourse le 21 septembre en vendant 50 millions d’actions à un prix oscillant entre 40 et 44 dollars. L’objectif était alors de lever 2,2 milliards de dollars.

La décision de reporter l’IPO une semaine après son annonce a de quoi étonner, d’autant que les incertitudes boursières relevées par Oura ne datent pas d’hier (ces conditions n’ont pas l’air de gêner Anthropic). « Nous voulons réussir une introduction en Bourse exceptionnelle pour nos salariés et nos investisseurs », a justifié Tom Hale, le directeur général d’Oura, « et nous avons le luxe de pouvoir choisir le moment opportun. D’ici là, nous continuerons à saisir les opportunités qui s’offrent à nous. »

L’entreprise est rentable, affirme le communiqué, sa croissance est soutenue et l’activité s’est « encore renforcée depuis le lancement du processus d’introduction en Bourse ». La bague Oura 5 a rencontré « un accueil exceptionnel », et le nombre d’abonnés payants a atteint les 5,7 millions (5,99 euros par mois). Le chiffre d’affaires devrait progresser de 90 % sur un an.

☕️ Oura reporte son introduction en Bourse, une semaine après l’avoir annoncée

29 septembre 2026 à 13:39


Oura reporte son introduction en Bourse (IPO). Le constructeur de bagues connectées préparait depuis quelques mois son lancement au Nasdaq, l’indice américain des technologies. Mais « malgré une forte demande », un délai est nécessaire en raison des « incertitudes qui pèsent sur le marché [des IPO] ».

L’entreprise, créée en Finlande sous le nom Oura Health Oy, a transféré son siège juridique aux États-Unis cette année. La R&D reste toutefois ancrée en Finlande. Elle avait annoncé son intention de se lancer en Bourse le 21 septembre en vendant 50 millions d’actions à un prix oscillant entre 40 et 44 dollars. L’objectif était alors de lever 2,2 milliards de dollars.

La décision de reporter l’IPO une semaine après son annonce a de quoi étonner, d’autant que les incertitudes boursières relevées par Oura ne datent pas d’hier (ces conditions n’ont pas l’air de gêner Anthropic). « Nous voulons réussir une introduction en Bourse exceptionnelle pour nos salariés et nos investisseurs », a justifié Tom Hale, le directeur général d’Oura, « et nous avons le luxe de pouvoir choisir le moment opportun. D’ici là, nous continuerons à saisir les opportunités qui s’offrent à nous. »

L’entreprise est rentable, affirme le communiqué, sa croissance est soutenue et l’activité s’est « encore renforcée depuis le lancement du processus d’introduction en Bourse ». La bague Oura 5 a rencontré « un accueil exceptionnel », et le nombre d’abonnés payants a atteint les 5,7 millions (5,99 euros par mois). Le chiffre d’affaires devrait progresser de 90 % sur un an.

Entre risques existentiels et pertes record, Anthropic avance vers la bourse

29 septembre 2026 à 08:32
For whom the bell tolls
Entre risques existentiels et pertes record, Anthropic avance vers la bourse

Consulté par Reuters, le prospectus destiné aux investisseurs d’Anthropic révèle que l’entreprise a bien intégré la notion de « risques existentiels » associés au développement de l’IA générative à sa communication financière. Il souligne dans le même temps que l’entreprise maintient une politique de dépenses massives, avec 518 milliards de dollars de dépenses programmées sur les prochaines années.

Anthropic avance encore sous les radars, mais les modalités de son introduction en bourse commencent à se préciser, avec un lancement désormais programmé aux alentours de novembre, probablement juste après les élections de mi-mandat aux États-Unis.

L’agence Reuters a en effet révélé lundi 28 septembre avoir eu accès au prospectus d’Anthropic, c’est-à-dire le document que présente l’entreprise à ses actionnaires potentiels dans le cadre de la tournée (roadshow) qui sert à recueillir l’engagement des investisseurs institutionnels.

Il faut encore attendre qu’Anthropic publie la version complète de son document d’enregistrement préalable (le formulaire S-1, déposé en juin dernier mais assorti d’une clause de confidentialité) pour pouvoir auditer avec précision ses comptes.

Le prospectus consulté par Reuters révèle néanmoins un certain nombre d’indicateurs financiers, à commencer par la capitalisation visée par Anthropic. L’entreprise, qui se valorisait 965 milliards de dollars en mai dernier à l’occasion de sa dernière levée de fonds, ambitionnerait d’atteindre les 2 000 milliards de dollars.

À l’appui de sa démarche, elle affirme que l’intelligence artificielle a le potentiel de transformer plus profondément l’économie que ne l’ont fait l’industrialisation, l’électricité ou Internet.

Chiffre d’affaires, croissance et dépenses

Reuters évoque des chiffres arrêtés à fin 2025, avec un chiffre d’affaires annuel de 4,6 milliards de dollars, multiplié par 12 en un an. D’après l’agence, Anthropic précise dans son prospectus qu’un quart de ce chiffre d’affaires est réalisé auprès de deux clients principaux (non identifiés). L’entreprise souligne par ailleurs que beaucoup de ses grands clients ne sont pas liés par des engagements de long terme, ce qui est présenté comme un facteur de risque concurrentiel.

Au 31 décembre 2025, Anthropic disposait par ailleurs de 20,28 milliards de dollars de réserve, répartis entre du cash et des placements à court terme.

Bien qu’en forte croissance, les revenus d’Anthropic sont loin de couvrir ses dépenses : le prospectus chiffre ainsi à 12,65 milliards de dollars les dépenses d’exploitation sur l’année 2025, dont environ 7,3 milliards de dollars consacrés au calcul et aux infrastructures informatiques, une somme trois fois supérieure à celle consacrée à ce poste en 2024.

La perte d’exploitation sur l’année se monterait de ce fait à environ 8 milliards de dollars. Anthropic comptabilise cependant une perte nette de 42 milliards de dollars sur l’année. Les 34 milliards de dollars manquants sont associés à une charge comptable qui reflète, selon Reuters, « une augmentation de la valeur estimée du financement qui pourrait éventuellement se transformer en actions Anthropic ».

Ces chiffres ne reflètent toutefois pas l’accélération d’Anthropic sur les six premiers mois de l’année 2026. D’après le Financial Times, Anthropic a récemment revendiqué un chiffre d’affaires de 11,5 milliards de dollars sur le deuxième trimestre, ce qui porterait son revenu annualisé, c’est-à-dire la projection de chiffre d’affaires annuel estimée à partir de ses revenus actuels, à 65 milliards de dollars, contre 47 milliards de dollars estimés à fin mai 2026.

Le prospectus révèle qu’en dépit de l’appel lancé par Dario Amodei à ralentir le développement des modèles de pointe, l’entreprise poursuit sa trajectoire d’investissements. Elle évoque ainsi une enveloppe pluriannuelle de 518 milliards de dollars en location ou achats d’infrastructures et dépenses de calcul, notamment chez SpaceXAI.

Risques existentiels non chiffrés

Dans une autre dépêche, Reuters détaille la façon dont Anthropic aborde, au sein de son prospectus, la question du « risque existentiel » que ferait peser l’intelligence artificielle sur l’humanité. Source d’un emballement médiatique sans précédent, cette question du risque occuperait 80 des 261 pages du document, alors qu’elle ne représentait que 38 des 277 pages du prospectus de SpaceX lors de sa propre introduction en bourse, remarque l’agence.

Anthropic y renouvelle l’idée de modèles capables d’acquérir une forme de compréhension des limites que l’homme essaie de leur imposer. « La prise de conscience potentielle des modèles quant à nos efforts d’évaluation constitue une limitation importante de notre capacité à évaluer la sécurité des modèles », écrit l’entreprise, dont le discours anthropomorphiste a récemment été dénoncé par le patron de l’IA chez Microsoft.

Le résumé fait par Reuters illustre une nouvelle fois l’ambiguïté du discours d’Anthropic, qui alerte sur les risques potentiels, mais continue à développer ses nouveaux modèles à un rythme effréné, comme en témoigne les sorties récentes d’Opus 5.5 puis de Sonnet 5.5.

Anthropic ne chiffre pas ce risque dans sa communication financière, mais renouvelle son engagement à publier davantage de données sur les incidents impliquant ses modèles et ses algorithmes d’auto-amélioration récursive. « Nous pensons que la construction de systèmes d’IA fiables, dignes de confiance et sécurisés est une responsabilité collective et que le marché la récompensera », déclare l’entreprise.

Une gouvernance protectrice

Une troisième dépêche illustre quant à elle la façon dont Anthropic prépare l’évolution de sa gouvernance, une fois son capital ouvert au public, notamment en raison de ces fameux risques.

Le sujet n’est pas anodin : l’introduction en bourse de SpaceX a par exemple révélé comment Elon Musk s’assurait de garder un contrôle quasi total sur les décisions stratégiques de son entreprise grâce à un système d’actions préférentielles.

Anthropic prévoit de son côté de créer un nouveau véhicule, « Founder LLC », qui réunirait les intérêts et les parts des sept fondateurs de l’entreprise, et disposerait d’actions à droits préférentiels garantissant 50,1 % des droits de vote sur les sujets de gouvernance. Cette majorité de contrôle pourrait selon le prospectus prendre des décisions qui entrent « en conflit avec les intérêts financiers et les performances commerciales à court, moyen ou long terme » au nom d’un objectif supérieur qualifié de « bien commun », quitte à pénaliser temporairement la valeur des actions ordinaires.

Entre risques existentiels et pertes record, Anthropic avance vers la bourse

29 septembre 2026 à 08:32
For whom the bell tolls
Entre risques existentiels et pertes record, Anthropic avance vers la bourse

Consulté par Reuters, le prospectus destiné aux investisseurs d’Anthropic révèle que l’entreprise a bien intégré la notion de « risques existentiels » associés au développement de l’IA générative à sa communication financière. Il souligne dans le même temps que l’entreprise maintient une politique de dépenses massives, avec 518 milliards de dollars de dépenses programmées sur les prochaines années.

Anthropic avance encore sous les radars, mais les modalités de son introduction en bourse commencent à se préciser, avec un lancement désormais programmé aux alentours de novembre, probablement juste après les élections de mi-mandat aux États-Unis.

L’agence Reuters a en effet révélé lundi 28 septembre avoir eu accès au prospectus d’Anthropic, c’est-à-dire le document que présente l’entreprise à ses actionnaires potentiels dans le cadre de la tournée (roadshow) qui sert à recueillir l’engagement des investisseurs institutionnels.

Il faut encore attendre qu’Anthropic publie la version complète de son document d’enregistrement préalable (le formulaire S-1, déposé en juin dernier mais assorti d’une clause de confidentialité) pour pouvoir auditer avec précision ses comptes.

Le prospectus consulté par Reuters révèle néanmoins un certain nombre d’indicateurs financiers, à commencer par la capitalisation visée par Anthropic. L’entreprise, qui se valorisait 965 milliards de dollars en mai dernier à l’occasion de sa dernière levée de fonds, ambitionnerait d’atteindre les 2 000 milliards de dollars.

À l’appui de sa démarche, elle affirme que l’intelligence artificielle a le potentiel de transformer plus profondément l’économie que ne l’ont fait l’industrialisation, l’électricité ou Internet.

Chiffre d’affaires, croissance et dépenses

Reuters évoque des chiffres arrêtés à fin 2025, avec un chiffre d’affaires annuel de 4,6 milliards de dollars, multiplié par 12 en un an. D’après l’agence, Anthropic précise dans son prospectus qu’un quart de ce chiffre d’affaires est réalisé auprès de deux clients principaux (non identifiés). L’entreprise souligne par ailleurs que beaucoup de ses grands clients ne sont pas liés par des engagements de long terme, ce qui est présenté comme un facteur de risque concurrentiel.

Au 31 décembre 2025, Anthropic disposait par ailleurs de 20,28 milliards de dollars de réserve, répartis entre du cash et des placements à court terme.

Bien qu’en forte croissance, les revenus d’Anthropic sont loin de couvrir ses dépenses : le prospectus chiffre ainsi à 12,65 milliards de dollars les dépenses d’exploitation sur l’année 2025, dont environ 7,3 milliards de dollars consacrés au calcul et aux infrastructures informatiques, une somme trois fois supérieure à celle consacrée à ce poste en 2024.

La perte d’exploitation sur l’année se monterait de ce fait à environ 8 milliards de dollars. Anthropic comptabilise cependant une perte nette de 42 milliards de dollars sur l’année. Les 34 milliards de dollars manquants sont associés à une charge comptable qui reflète, selon Reuters, « une augmentation de la valeur estimée du financement qui pourrait éventuellement se transformer en actions Anthropic ».

Ces chiffres ne reflètent toutefois pas l’accélération d’Anthropic sur les six premiers mois de l’année 2026. D’après le Financial Times, Anthropic a récemment revendiqué un chiffre d’affaires de 11,5 milliards de dollars sur le deuxième trimestre, ce qui porterait son revenu annualisé, c’est-à-dire la projection de chiffre d’affaires annuel estimée à partir de ses revenus actuels, à 65 milliards de dollars, contre 47 milliards de dollars estimés à fin mai 2026.

Le prospectus révèle qu’en dépit de l’appel lancé par Dario Amodei à ralentir le développement des modèles de pointe, l’entreprise poursuit sa trajectoire d’investissements. Elle évoque ainsi une enveloppe pluriannuelle de 518 milliards de dollars en location ou achats d’infrastructures et dépenses de calcul, notamment chez SpaceXAI.

Risques existentiels non chiffrés

Dans une autre dépêche, Reuters détaille la façon dont Anthropic aborde, au sein de son prospectus, la question du « risque existentiel » que ferait peser l’intelligence artificielle sur l’humanité. Source d’un emballement médiatique sans précédent, cette question du risque occuperait 80 des 261 pages du document, alors qu’elle ne représentait que 38 des 277 pages du prospectus de SpaceX lors de sa propre introduction en bourse, remarque l’agence.

Anthropic y renouvelle l’idée de modèles capables d’acquérir une forme de compréhension des limites que l’homme essaie de leur imposer. « La prise de conscience potentielle des modèles quant à nos efforts d’évaluation constitue une limitation importante de notre capacité à évaluer la sécurité des modèles », écrit l’entreprise, dont le discours anthropomorphiste a récemment été dénoncé par le patron de l’IA chez Microsoft.

Le résumé fait par Reuters illustre une nouvelle fois l’ambiguïté du discours d’Anthropic, qui alerte sur les risques potentiels, mais continue à développer ses nouveaux modèles à un rythme effréné, comme en témoigne les sorties récentes d’Opus 5.5 puis de Sonnet 5.5.

Anthropic ne chiffre pas ce risque dans sa communication financière, mais renouvelle son engagement à publier davantage de données sur les incidents impliquant ses modèles et ses algorithmes d’auto-amélioration récursive. « Nous pensons que la construction de systèmes d’IA fiables, dignes de confiance et sécurisés est une responsabilité collective et que le marché la récompensera », déclare l’entreprise.

Une gouvernance protectrice

Une troisième dépêche illustre quant à elle la façon dont Anthropic prépare l’évolution de sa gouvernance, une fois son capital ouvert au public, notamment en raison de ces fameux risques.

Le sujet n’est pas anodin : l’introduction en bourse de SpaceX a par exemple révélé comment Elon Musk s’assurait de garder un contrôle quasi total sur les décisions stratégiques de son entreprise grâce à un système d’actions préférentielles.

Anthropic prévoit de son côté de créer un nouveau véhicule, « Founder LLC », qui réunirait les intérêts et les parts des sept fondateurs de l’entreprise, et disposerait d’actions à droits préférentiels garantissant 50,1 % des droits de vote sur les sujets de gouvernance. Cette majorité de contrôle pourrait selon le prospectus prendre des décisions qui entrent « en conflit avec les intérêts financiers et les performances commerciales à court, moyen ou long terme » au nom d’un objectif supérieur qualifié de « bien commun », quitte à pénaliser temporairement la valeur des actions ordinaires.

AMD rachète World Labs et ses « modèles de monde » pour 8,2 milliards de dollars

29 septembre 2026 à 08:01
8 milliards en deux ans
AMD rachète World Labs et ses « modèles de monde » pour 8,2 milliards de dollars

AMD vient de s’offrir une jeune pousse de l’IA, spécialisée dans la conception de « modèles de monde ». La firme américaine veut obtenir des données synthétiques de qualité et mieux sentir le sens du vent dans le domaine de l’IA.

AMD a annoncé le 28 septembre 2026 un accord définitif en vue d’acquérir World Labs, pour la somme de 8,2 milliards de dollars, payés intégralement en actions.

World Labs est une jeune pousse du secteur de l’IA (créée en 2024) qui développe des « modèles de monde », pour simuler des environnements en trois dimensions. Son premier modèle, Marble, vise les contenus de divertissement et la création d’environnements simulés pour l’entraînement de robots. Son dernier modèle, Atlas, peut générer la réplique virtuelle d’une usine ou d’un entrepôt à partir de quelques photos, et simuler des objets en mouvement comme des convoyeurs. L’entreprise n’est pas la seule sur ce créneau : AMI Labs (Yann LeCun) travaille aussi sur ce type de modèle.

World Labs est dirigée par Fei-Fei Li, professeure de mathématiques à l’Université américaine de Stanford, connue pour son rôle dans la gestion de la base de données ImageNet et la compétition associée, qui ont permis d’importants progrès en reconnaissance d’images. Au terme du rachat, celle-ci obtiendra une double casquette chez AMD : vice-présidente et surtout directrice scientifique. Elle ne rendra compte qu’à Lisa Su, CEO d’AMD.

Cette acquisition n’est pas complètement une surprise. L’opération intervient sept mois après qu’AMD a participé à un tour de table de 1 milliard de dollars, valorisant World Labs à 5 milliards. La somme de 8,2 milliards place le rachat comme deuxième plus important de l’histoire d’AMD, derrière Xilinx en 2022, pour laquelle la société avait déboursé 50 milliards de dollars.

Lisa Su et Fei-Fei Li, source : Fei-Fei Li

Sentir le vent tourner

Pourquoi un tel rachat ? Lisa Su l’explique dans le communiqué : « Construire les plateformes de calcul pour la prochaine génération d’IA nécessite une compréhension approfondie de l’évolution des modèles. Fei-Fei et l’équipe des World Labs apportent un leadership exceptionnel en recherche et une expertise exemplaire. Ensemble, nous pouvons utiliser ces connaissances pour développer le matériel, les logiciels et les systèmes qui alimenteront la prochaine génération d’IA et renforceront l’écosystème ouvert de l’IA »

En d’autres termes, AMD veut avoir une vision précoce de l’évolution des modèles pour mieux orienter ses futurs produits, matériels et logiciels. C’est aussi une bonne manière de ne pas laisser NVIDIA prendre trop d’avance dans le domaine, avec ses modèles ouverts, son Open Agent Safety Platform lancée récemment pour tenir les agents en laisse, ses GPU bien sûr ou encore le rachat de Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars. AMD pourrait ainsi devenir un acteur de poids dans la production de données synthétiques pour l’entraînement des modèles.

« Faire progresser la prochaine génération de technologies d’IA nécessite une collaboration étroite entre la recherche sur les modèles, les systèmes et le calcul. Rejoindre AMD donnera à notre équipe les ressources et la profondeur d’ingénierie nécessaires pour accélérer nos recherches et aider à définir l’infrastructure nécessaire à la prochaine ère de l’IA », a indiqué Fei-Fei Li. Position qu’elle développe également dans un billet dédié sur son Substack.

World Labs restera une entité indépendante jusqu’à la finalisation du rachat, attendue pour la fin de l’année. Après quoi, « l’équipe de World Labs continuera de se concentrer sur l’avancement de la recherche sur les modèles d’IA », indique simplement le communiqué.

AMD rachète World Labs et ses « modèles de monde » pour 8,2 milliards de dollars

29 septembre 2026 à 08:01
8 milliards en deux ans
AMD rachète World Labs et ses « modèles de monde » pour 8,2 milliards de dollars

AMD vient de s’offrir une jeune pousse de l’IA, spécialisée dans la conception de « modèles de monde ». La firme américaine veut obtenir des données synthétiques de qualité et mieux sentir le sens du vent dans le domaine de l’IA.

AMD a annoncé le 28 septembre 2026 un accord définitif en vue d’acquérir World Labs, pour la somme de 8,2 milliards de dollars, payés intégralement en actions.

World Labs est une jeune pousse du secteur de l’IA (créée en 2024) qui développe des « modèles de monde », pour simuler des environnements en trois dimensions. Son premier modèle, Marble, vise les contenus de divertissement et la création d’environnements simulés pour l’entraînement de robots. Son dernier modèle, Atlas, peut générer la réplique virtuelle d’une usine ou d’un entrepôt à partir de quelques photos, et simuler des objets en mouvement comme des convoyeurs. L’entreprise n’est pas la seule sur ce créneau : AMI Labs (Yann LeCun) travaille aussi sur ce type de modèle.

World Labs est dirigée par Fei-Fei Li, professeure de mathématiques à l’Université américaine de Stanford, connue pour son rôle dans la gestion de la base de données ImageNet et la compétition associée, qui ont permis d’importants progrès en reconnaissance d’images. Au terme du rachat, celle-ci obtiendra une double casquette chez AMD : vice-présidente et surtout directrice scientifique. Elle ne rendra compte qu’à Lisa Su, CEO d’AMD.

Cette acquisition n’est pas complètement une surprise. L’opération intervient sept mois après qu’AMD a participé à un tour de table de 1 milliard de dollars, valorisant World Labs à 5 milliards. La somme de 8,2 milliards place le rachat comme deuxième plus important de l’histoire d’AMD, derrière Xilinx en 2022, pour laquelle la société avait déboursé 50 milliards de dollars.

Lisa Su et Fei-Fei Li, source : Fei-Fei Li

Sentir le vent tourner

Pourquoi un tel rachat ? Lisa Su l’explique dans le communiqué : « Construire les plateformes de calcul pour la prochaine génération d’IA nécessite une compréhension approfondie de l’évolution des modèles. Fei-Fei et l’équipe des World Labs apportent un leadership exceptionnel en recherche et une expertise exemplaire. Ensemble, nous pouvons utiliser ces connaissances pour développer le matériel, les logiciels et les systèmes qui alimenteront la prochaine génération d’IA et renforceront l’écosystème ouvert de l’IA »

En d’autres termes, AMD veut avoir une vision précoce de l’évolution des modèles pour mieux orienter ses futurs produits, matériels et logiciels. C’est aussi une bonne manière de ne pas laisser NVIDIA prendre trop d’avance dans le domaine, avec ses modèles ouverts, son Open Agent Safety Platform lancée récemment pour tenir les agents en laisse, ses GPU bien sûr ou encore le rachat de Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars. AMD pourrait ainsi devenir un acteur de poids dans la production de données synthétiques pour l’entraînement des modèles.

« Faire progresser la prochaine génération de technologies d’IA nécessite une collaboration étroite entre la recherche sur les modèles, les systèmes et le calcul. Rejoindre AMD donnera à notre équipe les ressources et la profondeur d’ingénierie nécessaires pour accélérer nos recherches et aider à définir l’infrastructure nécessaire à la prochaine ère de l’IA », a indiqué Fei-Fei Li. Position qu’elle développe également dans un billet dédié sur son Substack.

World Labs restera une entité indépendante jusqu’à la finalisation du rachat, attendue pour la fin de l’année. Après quoi, « l’équipe de World Labs continuera de se concentrer sur l’avancement de la recherche sur les modèles d’IA », indique simplement le communiqué.

Le capital universel : comment préserver nos revenus à l’ère de l’IA

28 septembre 2026 à 19:30
L'IA va-t-elle mettre fin au travail ? Et si oui, comment préserver nos revenus ? La taxer ? Nationaliser les moyens de production ? Instaurer un revenu universel ? Une autre voie est possible.L’article Le capital universel : comment préserver nos revenus à l’ère de l’IA est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Stargate : le data center Jupiter, caillou dans la chaussure des finances d’Oracle

28 septembre 2026 à 11:00
Pas d'énergie, pas de data center. Pas de data center, pas de paiement. Pas de paiement... pas de paiement.
Datacenters : de l’Europe aux États membres, personne n’impose la transparence

Oracle prévoit un potentiel retard du projet de data center Jupiter, aux États-Unis, et cherche à obtenir des facilités de paiement dans un tel cas de « force majeure ». L’affaire illustre directement les tensions qui se cristallisent autour de l’infrastructure nécessaire à l’IA, aussi bien au niveau local qu’à l’échelle des marchés financiers.

Le data center « Projet Jupiter » sortira-t-il de terre à temps ? Partie intégrante du vaste plan d’investissement « Stargate » présenté par le gouvernement des États-Unis au retour de Donald Trump au pouvoir, le projet technique et immobilier semble inquiéter son principal bailleur de fonds, Oracle, ce qui crée en retour des tensions sur les marchés.

L’entreprise tente désormais de se protéger d’un éventuel retard dans la livraison du vaste projet de centre de données, prévu dans l’état du Nouveau-Mexique. Sur le terrain, l’opposition locale est active, au point de faire du Projet Jupiter l’une des images de l’opposition croissante de la population états-unienne à la trajectoire prise par les industries de l’intelligence artificielle et des centres de données.

Obtenir des délais de paiement en cas de retard

Le géant des bases de données a envoyé une alerte citant un cas de force majeur à Stack Infrastructure, le développeur du centre. Ce dernier est une émanation du fonds d’investissement Blue Owl Capital, impliqué dans d’autres grands centres de données, comme le projet Hyperion porté par Meta.

S’il ne quitte pas le navire, Oracle cherche à reculer, voire s’éviter des paiements au cas où le planning initial ne serait pas respecté. Concrètement, l’entreprise cherche à obtenir au moins trois ans de délais sur sa location du lieu si le centre de données n’est pas sorti de terre et connecté au réseau en 2028.

Auprès de Bloomberg, un porte-parole affirme que citer la force majeure est « courant » pour des projets de cette taille – ça l’est, de fait, dans le domaine énergétique, notamment pour se prémunir d’événements climatiques ou géopolitiques.

Il s’agirait, ici, de préciser les obligations contractuelles du principal bailleur en cas de retard. Le média économique pointe néanmoins que cela ne suffira peut-être pas à libérer entièrement le spécialiste des progiciels, qui se déclare de toute manière toujours « parfaitement aligné » avec le projet Jupiter.

Doutes sur la solvabilité d’Oracle

Copié par le président français, lorsque celui-ci a annoncé 109 milliards d’investissements dans l’intelligence artificielle et son infrastructure lors du Sommet sur l’IA, le projet Stargate n’en est pas moins suffisamment complexe à mettre en œuvre pour avoir rapidement été revu à la baisse.

Project Jupiter est l’un des éléments centraux de Stargate, supposé atteindre, à terme, une capacité de 2,45 gigawatts. C’est à peine moins que la puissance des réacteurs 1 et 2 de la centrale de Flamanville (1 300 MW chacun), et pourrait suffire à alimenter environ 1,8 million de foyers.

Un groupe de 20 banques ont par ailleurs fourni un prêt de 18 milliards de dollars pour financer sa construction, mais cette dette subit, elle aussi, les effets d’une opposition croissante. Les tentatives de la revendre à un plus grand nombre d’institutions bancaires restent pour le moment sans effet, rapporte le Financial Times, devant le manque croissant de confiance envers la solvabilité d’Oracle.

Mi-septembre, la décision brutale du cofondateur d’Oracle Larry Ellison d’annuler un plan de vente de 50 millions d’actions pour 7,5 milliards de dollars n’avait pas été de nature à rassurer les marchés.

Opposition locale féroce

Mais le cas du projet Jupiter est complexe en lui-même. Depuis le début des travaux, ce dernier s’est heurté à divers obstacles, dont le refus répété de l’État du Nouveau-Mexique de fournir des permis nécessaires à son approvisionnement énergétique. Ces refus ont notamment visé à limiter le recours à des turbines à gaz particulièrement polluantes. Le raccordement à un pipeline de gaz d’Energy Transfer LP, supposé entrer en service ce mois de septembre 2026, s’en retrouve désormais repoussé à février 2027.

Le projet est par ailleurs l’un des lieux où l’opposition croissante aux projets de centres de données et au développement de l’IA s’incarne le plus. Les riverains s’inquiètent essentiellement des effets de l’infrastructure sur les réserves d’eau et la qualité de l’air – selon certains sondages, 65 % des résidents du Nouveau-Mexique seraient contre le projet. Sur place, Oracle travaille donc activement à tenter de rallier certains opposants à sa cause.

Le projet est même devenu sujet de débat, dans la perspective des élections de mi-mandat : la candidate démocrate Deb Haaland a par exemple déclaré que, si elle était élue, elle imposerait une pause à tous les projets de développement de centres de données de l’État et obligerait leurs développeurs à investir clairement dans les énergies renouvelables.

Stargate : le data center Jupiter, caillou dans la chaussure des finances d’Oracle

28 septembre 2026 à 11:00
Pas d'énergie, pas de data center. Pas de data center, pas de paiement. Pas de paiement... pas de paiement.
Datacenters : de l’Europe aux États membres, personne n’impose la transparence

Oracle prévoit un potentiel retard du projet de data center Jupiter, aux États-Unis, et cherche à obtenir des facilités de paiement dans un tel cas de « force majeure ». L’affaire illustre directement les tensions qui se cristallisent autour de l’infrastructure nécessaire à l’IA, aussi bien au niveau local qu’à l’échelle des marchés financiers.

Le data center « Projet Jupiter » sortira-t-il de terre à temps ? Partie intégrante du vaste plan d’investissement « Stargate » présenté par le gouvernement des États-Unis au retour de Donald Trump au pouvoir, le projet technique et immobilier semble inquiéter son principal bailleur de fonds, Oracle, ce qui crée en retour des tensions sur les marchés.

L’entreprise tente désormais de se protéger d’un éventuel retard dans la livraison du vaste projet de centre de données, prévu dans l’état du Nouveau-Mexique. Sur le terrain, l’opposition locale est active, au point de faire du Projet Jupiter l’une des images de l’opposition croissante de la population états-unienne à la trajectoire prise par les industries de l’intelligence artificielle et des centres de données.

Obtenir des délais de paiement en cas de retard

Le géant des bases de données a envoyé une alerte citant un cas de force majeur à Stack Infrastructure, le développeur du centre. Ce dernier est une émanation du fonds d’investissement Blue Owl Capital, impliqué dans d’autres grands centres de données, comme le projet Hyperion porté par Meta.

S’il ne quitte pas le navire, Oracle cherche à reculer, voire s’éviter des paiements au cas où le planning initial ne serait pas respecté. Concrètement, l’entreprise cherche à obtenir au moins trois ans de délais sur sa location du lieu si le centre de données n’est pas sorti de terre et connecté au réseau en 2028.

Auprès de Bloomberg, un porte-parole affirme que citer la force majeure est « courant » pour des projets de cette taille – ça l’est, de fait, dans le domaine énergétique, notamment pour se prémunir d’événements climatiques ou géopolitiques.

Il s’agirait, ici, de préciser les obligations contractuelles du principal bailleur en cas de retard. Le média économique pointe néanmoins que cela ne suffira peut-être pas à libérer entièrement le spécialiste des progiciels, qui se déclare de toute manière toujours « parfaitement aligné » avec le projet Jupiter.

Doutes sur la solvabilité d’Oracle

Copié par le président français, lorsque celui-ci a annoncé 109 milliards d’investissements dans l’intelligence artificielle et son infrastructure lors du Sommet sur l’IA, le projet Stargate n’en est pas moins suffisamment complexe à mettre en œuvre pour avoir rapidement été revu à la baisse.

Project Jupiter est l’un des éléments centraux de Stargate, supposé atteindre, à terme, une capacité de 2,45 gigawatts. C’est à peine moins que la puissance des réacteurs 1 et 2 de la centrale de Flamanville (1 300 MW chacun), et pourrait suffire à alimenter environ 1,8 million de foyers.

Un groupe de 20 banques ont par ailleurs fourni un prêt de 18 milliards de dollars pour financer sa construction, mais cette dette subit, elle aussi, les effets d’une opposition croissante. Les tentatives de la revendre à un plus grand nombre d’institutions bancaires restent pour le moment sans effet, rapporte le Financial Times, devant le manque croissant de confiance envers la solvabilité d’Oracle.

Mi-septembre, la décision brutale du cofondateur d’Oracle Larry Ellison d’annuler un plan de vente de 50 millions d’actions pour 7,5 milliards de dollars n’avait pas été de nature à rassurer les marchés.

Opposition locale féroce

Mais le cas du projet Jupiter est complexe en lui-même. Depuis le début des travaux, ce dernier s’est heurté à divers obstacles, dont le refus répété de l’État du Nouveau-Mexique de fournir des permis nécessaires à son approvisionnement énergétique. Ces refus ont notamment visé à limiter le recours à des turbines à gaz particulièrement polluantes. Le raccordement à un pipeline de gaz d’Energy Transfer LP, supposé entrer en service ce mois de septembre 2026, s’en retrouve désormais repoussé à février 2027.

Le projet est par ailleurs l’un des lieux où l’opposition croissante aux projets de centres de données et au développement de l’IA s’incarne le plus. Les riverains s’inquiètent essentiellement des effets de l’infrastructure sur les réserves d’eau et la qualité de l’air – selon certains sondages, 65 % des résidents du Nouveau-Mexique seraient contre le projet. Sur place, Oracle travaille donc activement à tenter de rallier certains opposants à sa cause.

Le projet est même devenu sujet de débat, dans la perspective des élections de mi-mandat : la candidate démocrate Deb Haaland a par exemple déclaré que, si elle était élue, elle imposerait une pause à tous les projets de développement de centres de données de l’État et obligerait leurs développeurs à investir clairement dans les énergies renouvelables.

Économie, industrie, agriculture : ces décisions qui ont coulé la France depuis 50 ans

De Valéry Giscard d’Estaing à Emmanuel Macron, l’Institut Thomas More dresse l’inventaire des décisions politiques qui ont fragilisé la démocratie et les institutions françaises.

© Vincent Kessler / REUTERS

Les hauts-fourneaux de Florange (ici en 2011) ont été arrêtés en 2012. Ils n’ont jamais redémarré, malgré la loi Florange de 2014.

☕️ L’éditeur de Norton et Avast lorgne le géant des noms de domaine GoDaddy

25 septembre 2026 à 05:32


L’éditeur de Norton 360 veut explorer de nouveaux horizons, et ils sont plutôt inattendus : Gen Digital a formulé une offre préliminaire de rachat pour GoDaddy, le géant américain des noms de domaine. Deux métiers très différents donc, mais les deux entreprises sont confrontées aux bouleversements provoqués par l’IA.

Par bien des aspects, Gen Digital et GoDaddy se ressemblent beaucoup. Pas uniquement parce que ces deux entreprises sont basées à Tempe, dans l’État de l’Arizona, avec des capitalisations boursières proches (14 milliards de dollars pour Gen, 13 milliards pour GoDaddy). Ce sont aussi et surtout des sociétés qui incarnent le web old school, celui des antivirus, des noms de domaine et des logiciels utilitaires dont les marques – Norton, LifeLock, Avast – ont traversé les différentes époques jusqu’à aujourd’hui.

Illustration : Flock

Il est toutefois difficile d’imaginer les deux sous un même toit. C’est pourtant ce que compte faire Gen Digital, qui a fait une offre d’achat à GoDaddy, selon le Financial Times. Les discussions n’en seraient qu’au stade préliminaire, et elles pourraient capoter à tout moment. Néanmoins, Gen Digital a entamé une stratégie de diversification : l’entreprise, née de la fusion en 2022 de NortonLifeLock et de son concurrent tchèque Avast, a de l’appétit.

En avril 2025, elle avait sorti le carnet de chèques pour acquérir la fintech MoneyLion dans un deal valorisé à 1 milliard de dollars. On est loin des antivirus. Gen Digital cherche à réduire sa dépendance à un métier historique que l’IA menace de bouleverser.

GoDaddy administre plus de 80 millions de noms de domaine, soit un cinquième du total mondial. La base clientèle est de plus de 20 millions de particuliers et de petites entreprises : un vivier intéressant pour vendre des solutions de sécurité.

Pour GoDaddy, l’opération aurait de quoi redorer la pilule d’une action en berne (- 55 % depuis son pic de janvier 2025 à 215 dollars). La rumeur d’une acquisition lui a d’ailleurs permis de rebondir ce jeudi 24 septembre. Les investisseurs craignent que les outils IA ne grignotent l’activité de l’entreprise. Celle-ci n’est toutefois pas restée sans rien faire : elle a lancé en novembre dernier Airo.ai, un service d’aide à la conception de sites web par l’intermédiaire d’un agent IA.

☕️ L’éditeur de Norton et Avast lorgne le géant des noms de domaine GoDaddy

25 septembre 2026 à 05:32


L’éditeur de Norton 360 veut explorer de nouveaux horizons, et ils sont plutôt inattendus : Gen Digital a formulé une offre préliminaire de rachat pour GoDaddy, le géant américain des noms de domaine. Deux métiers très différents donc, mais les deux entreprises sont confrontées aux bouleversements provoqués par l’IA.

Par bien des aspects, Gen Digital et GoDaddy se ressemblent beaucoup. Pas uniquement parce que ces deux entreprises sont basées à Tempe, dans l’État de l’Arizona, avec des capitalisations boursières proches (14 milliards de dollars pour Gen, 13 milliards pour GoDaddy). Ce sont aussi et surtout des sociétés qui incarnent le web old school, celui des antivirus, des noms de domaine et des logiciels utilitaires dont les marques – Norton, LifeLock, Avast – ont traversé les différentes époques jusqu’à aujourd’hui.

Illustration : Flock

Il est toutefois difficile d’imaginer les deux sous un même toit. C’est pourtant ce que compte faire Gen Digital, qui a fait une offre d’achat à GoDaddy, selon le Financial Times. Les discussions n’en seraient qu’au stade préliminaire, et elles pourraient capoter à tout moment. Néanmoins, Gen Digital a entamé une stratégie de diversification : l’entreprise, née de la fusion en 2022 de NortonLifeLock et de son concurrent tchèque Avast, a de l’appétit.

En avril 2025, elle avait sorti le carnet de chèques pour acquérir la fintech MoneyLion dans un deal valorisé à 1 milliard de dollars. On est loin des antivirus. Gen Digital cherche à réduire sa dépendance à un métier historique que l’IA menace de bouleverser.

GoDaddy administre plus de 80 millions de noms de domaine, soit un cinquième du total mondial. La base clientèle est de plus de 20 millions de particuliers et de petites entreprises : un vivier intéressant pour vendre des solutions de sécurité.

Pour GoDaddy, l’opération aurait de quoi redorer la pilule d’une action en berne (- 55 % depuis son pic de janvier 2025 à 215 dollars). La rumeur d’une acquisition lui a d’ailleurs permis de rebondir ce jeudi 24 septembre. Les investisseurs craignent que les outils IA ne grignotent l’activité de l’entreprise. Celle-ci n’est toutefois pas restée sans rien faire : elle a lancé en novembre dernier Airo.ai, un service d’aide à la conception de sites web par l’intermédiaire d’un agent IA.

Carburants : le blocage des prix, solution miracle ou fausse bonne idée ?

24 septembre 2026 à 13:12
Blocage des prix des carburants : une personne fait le plein de gazole

Avec un gazole, mais aussi une essence, qui battent des records, l’idée d’un blocage des prix des carburants à la pompe revient dans le débat politique. Pourquoi le gouvernement n’en veut pas, et qu’est-ce qui changerait pour les automobilistes ? Surtout, pourquoi c’est impossible en l’état actuel des choses ?

Le diesel a atteint près de 2,40 € le litre en moyenne en France dimanche 20 septembre 2026, un nouveau record, dans un contexte géopolitique qui perturbe fortement les approvisionnements. Plusieurs candidats à la présidentielle de 2027 avancent leurs idées. D’aucuns proposent de bloquer les prix à la pompe, quand d’autres réclament plutôt une baisse des taxes.

Le gouvernement refuse les deux !

Pourquoi le gouvernement juge la mesure « inapplicable »

Le raisonnement est simple : les distributeurs achètent leur carburant au prix du marché mondial, principalement en fonction du marché de Rotterdam aux Pays-Bas.

Si on leur impose de vendre moins cher, ils risquent de cesser de s’approvisionner plutôt que de vendre à perte, ce qui provoquerait des pénuries artificielles, selon le ministre Roland Lescure. Pour rappel, en France, la vente à perte est interdite. Certaines stations indépendantes ont déjà stoppé la distribution devant des prix trop élevés.

Le candidat communiste, Fabien Roussel, a même proposé un blocage du gazole à 1,60 €/l. Alléchant. Cependant, au cours du jour à Rotterdam, la tonne de gazole s’échange à 1 426,50 dollars américains. Avec un dollar à 0,88 €, cela représente 1 255 € la tonne de gasoil. En prenant une densité de 0,830 kg/l pour le gazole B7, cela donne 1 205 litres par tonne, soit un prix de 1,042 €/l de gazole acheté.

Il n’y a pas si longtemps, le GO s’échangeait sous les 50 centimes le litre à la cotation de Rotterdam. C’est plus du double, donc.

Le marché de Rotterdam et un approvisionnement mondial plombent tout

Sur ce prix, il faut ajouter environ 15 centimes pour le transport et la distribution (cela a tendance à grimper avec le prix des carburants pour le transport NDLA), mais aussi les 15 centimes environ de CEE (certificats d’économie d’énergie). On arrive à un carburant à 1,35 €/l hors toutes taxes (sauf CEE).

Ensuite, on ajoute 60,8 centimes d’euro d’accise (ex TICPE, TIPP) pour le gazole (67 c€ pour l’essence) et on arrive à 1,96 €/l HT. La TVA de 20 % achève le tableau pour atteindre 2,35 à 2,40 €/l actuellement.

Dès lors, le blocage des prix à 1,60 €/l ne serait possible qu’en bridant la TVA mais aussi l’accise à 25 centimes. Si les prix à Rotterdam continuent de grimper, il faudrait encore que l’Etat rogne ces taxes.

Juste pour donner un ordre d’idée : 2 c€ de taxe sur les carburants c’est environ 950 millions d’euros par an pour l’Etat. 75 centimes (pour limiter à 1,60 €/l) revient à trouver près de 34 milliards d’euros de recette ailleurs.

Comment fait TotalEnergies ?

TotalEnergies a plafonné ses prix à 1,99 € pour l’essence et 2,25 € pour le diesel. Cela provoque des ruées et même des pénuries locales dans certaines stations. Les patrons de la grande distribution, mais aussi les stations indépendantes dénoncent « une concurrence déloyale ».

Mais comment fait le géant pétrolier pour bloquer ses prix ? Eh bien, c’est en maîtrisant la chaîne de bout en bout, du forage de pétrole au raffinage, à la distribution. En rognant sur ses propres marges et en faisant des bénéfices dans d’autres secteurs que la distribution de carburant, TotalEnergies peut mettre des prix « bas ». Mais vous remarquerez que ce n’est pas 1,60 € pour autant.

D’autres proposent d’interrompre momentanément les CEE carburant. Ce sont environ 15 centimes qui sont répercutés par les distributeurs de carburants pour financer la transition énergétique (et les primes coup de pouce, ex-bonus, pour les véhicules électriques). Néanmoins, cela ne ferait « que » passer le gazole à 2,25 €/l en ce moment. Ce n’est pas magique.

La baisse des taxes, on l’a déjà vue, impose de trouver des dizaines de milliards d’euros, en fonction du curseur. Cela peut être une solution temporaire comme le gouvernement l’avait déjà fait lors de la crise de 2022 après la tentative d’invasion militaire de l’Ukraine par la Russie. Certains pays voisins ont décidé de certaines baisses de taxes temporaires sur les carburants, mais seulement parce que leurs finances le leur permettent, après avoir entrepris de profondes restructurations.

Que propose le gouvernement à la place ?

Des aides ciblées plutôt qu’un prix bloqué pour tous. Annoncées le 22 septembre, elles prolongent les dispositifs existants : l’aide « grands rouleurs » court jusqu’au 31 décembre, elle est élargie à 5,5 millions d’automobilistes, et la prime carburant versée par les entreprises passe de 600 à 1 000 €. L’aide double aussi, avec un équivalent de 40 centimes par litre contre 20 auparavant, soit 100 € pour les mois d’octobre à décembre. Cela représente entre 40 centimes et 1 €/l d’aide selon la distance domicile-travail et la consommation de son véhicule.

L’enveloppe est bien moindre, de l’ordre de 450 millions d’euros pour ce dernier trimestre. Mais ces mesures sont loin de faire l’unanimité. Certains les jugent insuffisantes. La colère sociale commence à se faire entendre. Explosif.

Quelles perspectives à moyen terme ?

Honnêtement, elles ne sont pas bonnes. Surtout que le président Trump envisage de réserver les carburants raffinés aux USA et de bloquer son exportation à l’étranger. Vu que les USA sont les premiers (ou deuxièmes selon les années) raffineurs de gazole au monde avec la Chine, toute interdiction d’exportation de gazole créerait encore plus de tensions sur les marchés mondiaux et ferait grimper les prix d’achat de gasoil.

La France a décidé depuis des années de ne plus faire tourner ses raffineries. Nous en avons 6 en activité contre 21 dans les années 70. Il y a plusieurs facteurs qui ont poussé à ces fermetures. Déjà, les installations étaient plus anciennes, et demandaient des investissements de modernisation. Les raffineurs ont trouvé plus rentable d’investir dans d’autres pays jugés plus attractifs et plus rentables.

Ensuite, il y a la transition énergétique et l’anticipation d’une baisse de la consommation d’hydrocarbures. Cette baisse est par exemple de 26 % entre 2005 et 2024 ! Pourquoi raffiner dans un pays qui ne consomme plus les produits ? Voilà la France (mais il n’y a pas qu’elle) déshabillée et incapable de produire localement un carburant sur lequel elle pourrait imposer un prix de vente.

Toutefois, il faut relativiser (si on veut être optimiste…). En effet, un litre d’essence ou de diesel est certes plus cher qu’en 1975. Cependant, ramené au budget des ménages, ce litre de carburant pèse aujourd’hui beaucoup moins lourd pour les ménages modestes qu’il y a 50 ans. Cela ne change pas les fins de mois, mais remet en perspective cette période de carburants chers à la pompe.

Source : gouv.fr, UFIP, mes cours de maths et de chimie

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