
Les Chromebooks sont en sursis. En 2034, Google arrêtera ses mises à jour et, par voie de conséquence, tout usage serein de ces engins. Continuer à utiliser un engin basé sur le Cloud, vendu à des millions d’exemplaires sans une sécurité à toute épreuve, est évidemment problématique. Si la date est lointaine et les 8 années qui nous séparent de celle-ci sont suffisamment longues pour anticiper de nouvelles solutions, cela revient de facto à la mort immédiate du format. C’est précisément sur cela que compte le moteur de recherche qui veut mettre en avant ses Googlebooks.

Lenovo Chromebook 14
La date d’arrêt des mises à jour de ChromeOS a été décidée pour le troisième trimestre 2034. L’idée pour Google est de basculer les utilisateurs de Chrome OS vers Googlebook OS. Attention, ChromeOS a toujours été très clair sur le fait que la durée de support promise de dix années commençait lors de la mise sur le marché des machines et non pas à la date de vente de celles-ci. La majorité des modèles proposés aujourd’hui datent du lancement de la gamme Chromebook Plus en 2023 et sont donc déjà réduits à une garantie courant jusqu’en 2033… Beaucoup de modèles vendus aujourd’hui ne perdent donc rien en termes de support. Par contre, les modèles les plus récents ou les éventuels modèles commercialisés dans le futur – Google a promis qu’ils existeraient.… – ne tiendront pas cette promesse des dix années de support.

Lenovo GoogleBook 15
Pourquoi abandonner les Chromebooks et Chrome OS ?
On se doute qu’avec cette annonce publique d’une date de fin de support, la marque vient de lâcher le couperet d’une mort annoncée. Il mettra certes 8 ans à finir sa course, mais dans l’esprit du grand public comme des administrateurs, la projection du résultat est évidente. Chrome OS est mort, il faut lui trouver un substitut.
L’objectif est simple pour Google. L’abandon de ChromeOS a déjà débuté et les entreprises et éditeurs partenaires de cet écosystème se sont déjà tournés vers les Googlebooks. Multiplier les systèmes et les développements est financièrement épuisant en plus d’avoir un impact sur la lisibilité de la marque pour le public. Recentrer son activité autour d’Android et Googlebook OS est donc plus profitable et efficace. Sans même compter le mouvement nécessaire que doit opérer Google vers l’IA Gemini pour ne pas perdre le secteur de la recherche en ligne.
Des méthodes de transition de Chrome OS vers le nouveau système sont à l’étude même si on peut s’attendre à de nombreuses déconvenues. Parmi les points communs des machines annoncées sous Googlebook OS on peut noter des évidences : beaucoup de mémoire vive, un stockage conséquent, des écrans très haute définition et des processeurs performants. Des éléments qui semblent absolument indispensables pour profiter des fonctionnalités promises par la nouvelle gamme.
La gamme « Chromebook Plus » elle-même annoncée en 2023 ne colle pas avec ces impératifs. Elle préconisait un écran FullHD comme minimum technique, par exemple. Mais avec une fonction qui permet d’afficher l’écran de votre smartphone sur votre Googlebook, cette définition parait fort légère. La mémoire vive préconisée était de 8 Go minimum et le stockage de 128 Go. Moitié de ce que tous les modèles de Googlebooks ont présenté il y a quelques jours. Même constat pour la puissance de calcul. Il y a trois ans, il n’était pas encore question de NPU dans les engins grand public et les puces mises en avant datent donc déjà beaucoup. On parle désormais de processeurs Intel Core Ultra et de Qualcomm Snapdragon X Elite, un tout autre monde.

Certains modèles, comme le Lenovo Chromebook 14 lancé l’année dernière qui illustre le début de ce billet, pourront prétendre à cette mise à jour. Il s’agit d’un modèle très haut de gamme pour ce marché spécifique : avec un SoC Mediatek Kompanio Ultra 910 pensé pour ChromeOS, 16 Go de mémoire vive et 256 Go de stockage, il propose un écran en 1920 par 1200 pixels. C’est également un engin à 999€ soit à peu de chose près le prix d’un Googlebook. Ce modèle est donc susceptible de basculer vers la nouvelle formule de Google… mais sans spécialement faire de cadeau à son utilisateur.

Autre questionnement, le prix d’un éventuel basculement vers le nouveau système. Si l’accès au nouveau système est incertain matériellement, il sera également possiblement payant, notamment en termes de services. Ce qui ne ravira sans doute pas l’utilisateur moyen. Le risque étant, comme avec les smartphones, que les développeurs abandonnent peu à peu le terrain de Chrome OS.
D’ici 2034 le scénario le plus probable est celui que l’on connaît bien avec les vieilles versions d’Android. Des mises à jour des outils qui ne veulent plus fonctionner sur les systèmes les plus anciens. Que seuls les smartphones récents et les Googlebooks reçoivent les dernières fonctionnalités techniques et que, petit à petit, les engins sous Chrome OS soient délaissés par tout le monde : Google, constructeurs et développeurs.
Il est fort possible que dans huit ans plus personne n’utilise encore un engin sous ChromeOS. Non pas par manque de mises à jour de sécurité, mais pour la simple et bonne raison que plus rien ne sera réellement exploitable avec ces machines d’ici quelques années.
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