"La publication, cette semaine, des résultats financiers trimestriels de Meta et de Microsoft révèle que les deux groupes ont largement dépassé leurs dépenses d'investissement programmées en 2025. Ils prévoient d'accélérer encore la cadence en 2026"
Le mur arrive, mais ils accélèrent.
Et ils vont s'écraser la gueule, violemment.
1 milliard d’euros. C’est ce que pourrait coûter l’indemnisation des cancers attribués aux essais nucléaires en Polynésie. Une somme colossale, conséquence d’une nouvelle loi votée à l’unanimité. Quand les députés préfèrent l’émotion à la science, l’irrationnel prend le pouvoir.
Lorsque l’indépendance de l’Algérie, en juillet 1962, met fin aux essais nucléaires dans le Sahara, la France cherche un nouveau site d’expérimentation. Après étude, le choix se porte sur les atolls inhabités de Mururoa et Fangataufa, en Polynésie française. Il tient surtout à la très faible densité de population de ces lieux. L’île habitée la plus proche, Tureia, compte alors une centaine d’habitants à 100 km, et l’archipel des Gambier, quelques centaines, à 400 km.
Le premier essai atmosphérique, baptisé Aldébaran, a lieu le 2 juillet 1966. Un désastre. Le nuage radioactif dérive vers l’archipel des Gambier au lieu de la direction initialement prévue, provoquant une contamination des populations locales… qui leur est dissimulée, sans leur offrir de protection particulière. Les autorités estiment l’exposition faible – de l’ordre de 5 millisieverts (mSv), proche des limites alors considérées comme acceptables – et préfèrent éviter toute communication susceptible de susciter un rejet populaire contre des essais présentés comme inoffensifs. Des évaluations ultérieures ont confirmé une exposition moyenne autour de 5 mSv, mais avec de fortes incertitudes liées aux habitudes alimentaires des habitants.
Les essais suivants sont mieux contrôlés. Dans la plupart des cas, les panaches radioactifs se dirigent vers l’Amérique du Sud, à plus de 7 000 km. Seuls quelques tirs contaminent Tureia ou les Gambier, sans atteindre le niveau d’Aldébaran. En 1974, lors de la dernière année des essais atmosphériques, c’est Tahiti – à 1 200 km – qui est touchée. Un épisode crucial pour évaluer l’impact sanitaire des tirs. La grande majorité des Polynésiens vit sur la côte ouest de l’île, qui est relativement épargnée grâce à l’absence de fortes précipitations lors du passage du nuage atomique. À l’inverse, la côte est et certaines zones centrales subissent des retombées plus importantes. Les doses estimées restent incertaines (habitudes alimentaires, déplacements), mais sont de l’ordre de 1 mSv à l’ouest et de quelques mSv à l’est.
La dose fait le poison
Ces niveaux de contamination sont-ils réellement préoccupants ? La radioactivité naturelle varie selon les régions, mais elle atteint souvent plusieurs mSv par an. Un scanner médical délivre couramment quelques mSv. Les travailleurs du nucléaire eux-mêmes peuvent recevoir annuellement jusqu’à 20 mSv, et la limite pour le public (hors sources naturelles et médicales) est fixée à 1 mSv sur la même période. Un seuil volontairement très protecteur, et non une valeur au-delà de laquelle le danger devient significatif.
Le manque de transparence (voire les dissimulations des autorités) nourrit pourtant une profonde et compréhensible défiance. Beaucoup de Polynésiens restent convaincus d’un impact sanitaire majeur, certaines associations évoquant même un « crime contre l’humanité ». Pourtant, les données épidémiologiques n’en témoignent pas. La fréquence globale des cancers en Polynésie n’est pas supérieure à celle de la métropole, sauf pour le cancer de la thyroïde, dont l’incidence élevée s’observe aussi dans d’autres régions du Pacifique et semble davantage liée à des facteurs génétiques. Une étude demandée par le gouvernement à l’INSERM conclut que « les rares études épidémiologiques ne mettent pas en évidence d’impact majeur des retombées des essais nucléaires sur la santé des populations polynésiennes ». Un effet faible ne peut être exclu, mais un impact massif est incompatible avec les observations.
Faute de signal épidémiologique clair, on peut recourir aux modèles de risque établis à partir des survivants d’Hiroshima et Nagasaki. Ils suggèrent que l’exposition aux essais aurait pu provoquer quelques dizaines de cancers supplémentaires en Polynésie. À titre de comparaison, la même population connaît naturellement plusieurs dizaines de milliers de ces pathologies. Pour une dose de 1 à quelques mSv, la probabilité de développer un cancer radio-induit reste très faible, bien inférieure à 1 pour 1 000.
Quand la rumeur prend le pouvoir
Cette analyse rationnelle contraste fortement avec la perception dominante en Polynésie, alimentée par des associations indépendantistes ou antinucléaires. Conscient d’une responsabilité historique, l’État a créé en 2010, via la loi Morin, un dispositif d’indemnisation pour les personnes atteintes de cancers découlant potentiellement des essais conduits. Une commission a examiné chaque dossier, dont la grande majorité n’a pas été reconnue, tant le lien de causalité apparaissait très improbable au vu des doses reçues.
Face à la frustration suscitée par ces refus, la méthodologie a été modifiée, de manière à ce qu’une exposition d’au moins 1 mSv valide la qualité de victime. Une inflexion qui a entraîné une nette hausse des indemnisations, voyant plusieurs centaines de dossiers être acceptés, alors même que la probabilité réelle d’un cancer radio-induit reste hypothétique.
Ce seuil de 1 mSv reste néanmoins hors d’atteinte pour la majorité des habitants de Tahiti, les doses estimées sur la côte ouest — où vit l’essentiel de la population — étant inférieures à ce niveau. Pas de quoi satisfaire la majorité des demandeurs, donc… D’où l’appel à la représentation nationale, sous la forme d’un chantage émotionnel sur ce sujet sensible et culpabilisant pour l’État. Sous l’impulsion des députés Mereana Reid Arbelot (Polynésie française) et Didier Le Gac (Finistère), une proposition de loi a donc été déposée pour faire disparaître ce seuil. Et ce, au prétexte de l’absence de fondement scientifique de celui-ci, au passage fort commode, puisqu’il repose sur l’idée que nul ne peut exclure un rôle de la radioactivité dans la survenue d’un cancer, y compris à faibles doses.
On notera le renversement de la charge de la preuve. Normalement, une personne physique ou morale est considérée coupable si l’on peut démontrer qu’elle est la cause d’un désordre, au-delà d’un doute raisonnable. Ici, l’État est considéré coupable et responsable de la survenue d’un cancer, car on ne peut pas démontrer que ce n’est pas le cas.
Sans surprise, le texte a été adopté à l’unanimité par les 60 députés présents à l’Assemblée nationale le 29 janvier. Il va permettre à plusieurs milliers de personnes ayant vécu en Polynésie à l’époque des essais et ayant développé un cancer d’être officiellement reconnues comme victimes, sans condition de dose minimale. Selon les estimations financières, le coût pour l’État pourrait atteindre l’ordre du milliard d’euros. Rien que ça, alors même que la dette de la France ne cesse d’enfler.
Si cette mesure répond à une attente forte, elle rompt totalement avec une approche scientifique, mais aussi probabiliste. Elle ouvre la voie à des indemnisations pour des cas où la responsabilité des essais apparaît en réalité très improbable. Une politique qui s’exonère des faits et de la rigueur, mais grève réellement les finances publiques sur l’autel de l’émotion…
Je pose ça là, on verra comment l'affaire se décante : « Les plaignants affirment que Meta et WhatsApp « stockent, analysent et peuvent accéder à pratiquement toutes les communications prétendument "privées" des utilisateurs de WhatsApp » et accusent les entreprises d'avoir menti aux utilisateurs de WhatsApp. »
En même temps, comment espérer de la confidentialité de la part d'une entreprise dont le coeur de métier c'est de collecter un *maximum* d'informations sur vous pour les monétiser ? 🤷♂️
"C'est dur de quitter GMail/GoogleDrive".
Non mais sérieusement, regardez : Mail (10 Go)+Cloud perso (10 Go) à 1€ par mois.
Ne me dite pas que c'est impossible ou que c'est cher.
Et les services qui vont avec cette offre : "partages de fichiers, agendas, contacts, client de synchronisation compatible PC, Mac et mobile, service Album, Envoi de gros fichiers, votre page BlogZ, Flux le lecteur RSS, ZSecret, ZClef, le moteur de recherche Zotop etc…"
C'est pas beau, ça ?
Le témoignage du juge de la Cour Pénale Internationale qui s'est fait pourrir par Trump. Même commander en France ou réserver un hôtel en France pose désormais problème. (Permalink)
Suite à la plainte de Spotify, Anna's Archives a perdu ses domaines en .org et .se. Et CloudFlare a bloqué les serveurs DNS de leur domaines en .li.
Anna's Archive est donc passé chez Njalla pour l'hébergement des DNS, et a pris par précaution les TLD .pm et .in en plus.
Le registry du TLD .pm est l'AFNIC, l'organisme français en charge de .fr également.
Et ils ont clairement annoncé qu'ils n'obériaient pas à une décision de justice américaine (sauf si la plainte est portée en France et qu'un juge français tranche). (Permalink)
Astuce rapide et crade mais futée pour utiliser un emoji/caractère Unicode comme favicon.
Vous pouvez aussi créer "favicon.svg" à la racine de votre site:
<svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg">
<text y="32" font-size="32">🚀</text>
</svg>
Et utiliser : <link rel="icon" href="/favicon.svg" /> dans vos pages. (Permalink)
Régulièrement pointé du doigt par les agriculteurs pour ses contrôles tatillons, menés par des agents armés, l’OFB cherchait à se construire une légitimité. Patatras : la nomination d’une écologiste radicale comme directrice générale déléguée chargée de la « mobilisation de la société » ravive la contestation de ses méthodes et pose frontalement la question de son militantisme environnemental, à l’instar de celui de l’ADEME.
Créé en 2020 par la fusion de l’Agence française pour la biodiversité et de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, l’Office français de la biodiversité (OFB) s’est vu confier un champ d’action exceptionnellement large. Il produit de l’expertise scientifique, finance et accompagne des projets, gère des espaces naturels, anime des réseaux territoriaux, conduit des campagnes nationales de communication, mobilise la société civile… et exerce la police administrative et judiciaire de l’environnement. Peu d’opérateurs publics européens cumulent à ce point autant de fonctions.
Des moyens qui ne suivent pas
Pour mener à bien ses missions, l’OFB s’appuie sur de significatives ressources humaines : plus de 3 000 agents, dont 1 700 inspecteurs de l’environnement, répartis sur 270 implantations territoriales. Pourtant, lorsqu’on fait le bilan de ses moyens réels, et malgré leur augmentation régulière et un conseil d’administration pléthorique, ceux-ci s’avèrent nettement en retrait par rapport à ceux de ses homologues européens.
Résultat : avec des effectifs globalement inférieurs à quinze agents par département, l’OFB n’est pas, comme le souligne un rapport sénatorial, « en mesure d’accompagner de façon satisfaisante les acteurs et les élus locaux sur le terrain ».
Priorité à la police
Dans ce contexte, l’Office privilégie sa mission de police. Son rapport d’activité 2024 revendique plus de 130 000 contrôles et plusieurs milliers de procédures pénales, notamment établies par des officiers judiciaires de l’environnement dotés de prérogatives étendues.
Durant leur audition au Sénat, de nombreux acteurs ont dit regretter que ces missions prédominent sur celles d’accompagnement et de conseil, réduisant durablement l’image de l’OFB à sa dimension répressive. Une orientation contestée dès l’origine, comme en 2019, par le sénateur Daniel Gremillet, regrettant, de façon prémonitoire, le choix d’« une posture répressive concernant la biodiversité ». « Dans les territoires, on observe un phénomène de ras-le-bol », ajoutait-il. On s’en serait douté.
Le poids des normes
Cet aspect répressif s’ajoute à la difficulté de l’OFB à naviguer dans la complexité contradictoire de règles environnementales érigées en priorité politique et dont il doit pourtant contrôler la mise en œuvre.
Mais en raison de ce foisonnement normatif et de moyens somme toute limités, sa mise en œuvre policière et judiciaire repose sur la mise en scène, la pression symbolique et la conflictualité plus que sur son effectivité, avec une réponse pénale limitée. La loi prévoit pourtant des peines plafond lourdes allant jusqu’à l’emprisonnement, mais en pratique, les peines réellement prononcées par les tribunaux sont souvent de l’ordre du rappel à la loi ou des stages de citoyenneté. Pas de quoi justifier une telle usine à gaz, alors ?
Quand l’OFB déclenche un tir de barrage judiciaire
À l’OFB, l’arme est l’habit qui fait le moine. Pour Olivier Thibault, son directeur général, elle « est indissociable de l’exercice de la police de l’environnement ». Réellement ? Les agents de l’Office national de la chasse étaient déjà armés, ce qui se justifiait par la lutte contre le braconnage, notamment nocturne. Or la création de l’OFB s’est notamment accompagnée de la disparition de ses patrouilles de nuit. Comme le relève le Sénat, non sans ironie, à propos des activités illicites visées, elles ont désormais lieu « principalement les week-ends et jours fériés, journées pendant lesquelles les agents de l’OFB ne sont pas présents sur le terrain ».
Tout se passe ainsi comme si le contrôle de l’agriculteur avait remplacé celui du braconnier. Pour justifier le maintien de l’arme, la direction invoque la mémoire de ses employés morts en service. Les sénateurs rappellent en effet « l’existence d’un lourd historique d’agents blessés ou tués », illustré par la stèle rendant hommage aux 85 d’entre eux morts en service, dont une quinzaine tombés sous les balles. Un monument promu par les syndicats, devenu un symbole de la légitimation du port d’arme. Or celui-ci ne résiste pas à l’analyse. Depuis la création de l’Office, on ne recense en effet qu’un seul mort en service… par électrocution. Un paradoxe d’ailleurs reconnu par le directeur général lui-même : « depuis la création de l’OFB, [les] inspecteurs n’ont jamais sorti une arme devant un agriculteur ». Si le revolver n’est jamais utilisé, pourquoi en faire un élément indispensable, alors que sa fonction culpabilisante demeure ?
Porosité militante
La réponse apparaît en filigrane dans les travaux parlementaires. Les sénateurs pointent « l’approche militante, parfois zélée, voire disproportionnée de certains inspecteurs », allant jusqu’à évoquer la nécessité de sanctions. Des postures qui nourrissent la crispation sur le terrain et fragilisent la légitimité de l’OFB. Un de ses agents a même assimilé les agriculteurs à des dealers. Quant à Véronique Caraco-Giordano, secrétaire générale du Syndicat national de l’environnement (SNE-FSU), syndicat majoritaire au sein de l’OFB, elle fait mine de s’interroger : « Est-ce qu’on demanderait à la police nationale et aux préfets d’aller s’asseoir avec les délinquants pour dire “voilà, on va vous laisser un peu tranquilles” ? » Les agriculteurs seraient donc des délinquants par essence ? Qui peut laisser passer cette affirmation ?
Un communiqué publié en janvier 2026 par le syndicat pointé développe une lecture politique globale de la crise agricole, dénonçant la « mondialisation mortifère », appelant à un « changement systémique » du modèle du secteur et affirmant « faire sienne la lutte paysanne ». Le propos est assumé comme militant, mais le décalage est patent. Des agents investis de pouvoirs de police judiciaire, parfois armés, se revendiquent publiquement d’un discours idéologique à propos du modèle économique qu’ils sont chargés de contrôler. Et la même Véronique Caraco-Giordano de demander « aux paysans et aux paysannes de nous nourrir de façon correcte, sans nous empoisonner ». Une formule qui, de facto, tend à faire de l’agriculteur (conventionnel) l’ennemi public numéro un de la biodiversité.
Mobiliser la société ?
Dans ce contexte, la mission de « mobilisation de la société » prend tout son sens. Elle constitue désormais un axe structurant de l’action de l’OFB. Son rapport d’activité revendique des campagnes de communication massives, des partenariats avec des plateformes de participation citoyenne engagées et des relais médiatiques. Selon le registre européen de transparence, l’OFB participe même au financement de l’association Générations Futures, connue pour ses études biaisées et anxiogènes sur les résidus de pesticides.
La nomination d’Anne Le Strat, ancienne élue et militante écologiste, opposée aux méga-bassines, ex-porte-parole du Mouvement Utopia, une association qui prône la « citoyenneté universelle, le refus du dogme de la croissance, de la société de consommation et de la centralité de la valeur travail », ne peut donc pas être interprétée comme une maladresse isolée. Elle parachève une orientation assumée, où l’Office ne se contente plus d’appliquer le droit, mais entend organiser l’adhésion à un projet sociétal qui dépasse le cadre de la protection de la biodiversité. D’ailleurs, et c’est rassurant, cette nomination baroque a suscité un tel tollé sur les réseaux sociaux que le Premier ministre a annoncé l’ouverture d’une enquête sur ses conditions.
Comme avec l’ADEME, nous sommes face à un opérateur qui cumule les fonctions d’expert, de prescripteur, de financeur et de communicant, auxquelles s’ajoute la coercition. Cette concentration de rôles brouille les responsabilités, fragilise la légitimité de l’action publique et alimente la conflictualité.
Traquer le braconnier, oui. Encore faut-il envoyer des agents à sa rencontre lorsqu’il agit. Culpabiliser l’agriculteur par principe au nom d’une idéologie ignorante de la réalité agricole, pour attiser sa colère et tromper l’opinion, sûrement pas…
Woao la dernière version de FreeType (le logiciel en charge de faire le rendu des polices à l'écran) vient d'améliorer ses performances de 40% pour le rendu en sous-pixels.
PS: si je ne fais pas erreur, FreeType est aussi utilisé sur Android. (Permalink)
"In other words, what for years seemed like a protocol design oddity is now looking more like a deliberate decision to facilitate global surveillance of all Telegram users by the Russian state, while obscuring Telegram’s infrastructure provider’s role and providing some measure of plausible deniability for Telegram itself."