La RAM ça coûte tellement cher maintenant que quand vous achetez une barette de RAM avec LEDs RGB, ils vous donnent une fausse seconde barette avec juste les LEDs pour faire plus joli dans le PC.
#FakeItUntilYouCanBuyIt
😂 (Permalink)
C'est quand même fou qu'avec des machines fondamentalement déterministes (les ordinateurs) ont ait TOUT FAIT pour améliorer le déterministe de ces systèmes (en travaillant sur la fiabilité : builds reproductibles, TDD, vérification d'intégrité, environnements conteneurisés, RAM ECC...) et améliorer l'industrialisation...
... et que l'IA arrive comme un chien dans un jeu de quilles, foutant tout en l'air à ne pas répondre deux fois la même chose à la même question.
Comment, en tant qu'informaticien, on peut seulement SOUHAITER ça ?
Les lecteurs qui n'ont pas encore annulé leur abonnement au Washington Post (détenu par le milliardaire Jeff Bezos) en sont pour une bonne surprise : Une augmentation du tarif de leur abonnement. Mais pas la même pour tout le monde : Chaque abonné voit le prix de son abonnement augmenter décidé par un algorithme en fonction de ses données personnelles.
On entrevoit là les prémices d'un ajustement des prix pour presser au maximum le consommateur comme un citron afin de lui extraire un maximum de fric, le tout basé sur la monstrueuse collecte de données personnelles. On imagine bien voir ce genre de chose sur Amazon (qui appartient à Jeff Bezos).
Il y a déjà des expérimentations, aux USA, d'étiquettes de prix électronique qui changent à l'approche des clients. (Vous êtes friqué·e·s ? Quand vous vous approchez d'un produit que vous achetez toutes les semaines, hop, montée du prix puisqu'on sait que vous allez l'acheter, c'est une habitude. Et puis c'est facile de vous identifier de manière unique: Votre smartphone diffuse à qui le veut votre adresse MAC Bluetooth.)
C'est une certaine idée de l'enfer. Ou du paradis néo-libérale pour certains. (Permalink)
Encore un truc qui me semble une super super mauvaise idée : Faire ré-écrire par une IA ce que vous avez écrit dans un chat. Sans votre consentement.
Le prétexte : éviter les phrases et mots choquants (comme d'habitude "c'est pour protéger les enfants !")
Pourquoi c'est une pente glissante ? Parce que :
1) cela va faire entrer dans les habitudes de faire déformer votre discours par les IA (1️⃣).
2) le critère de ce qui est "acceptable" est très (très) variable.
3) le curseur de la censure va descendre (Je rappelle qu'aux USA, Trump a pondu des lois pour considérer l'anti-capitalisme et l'anti-christianisme comme "anti-américain". Donc des lois pour empêcher la critique du capitalisme et des chrétiens.)
On se dirige doucement vers les manières de la dictature chinoise où vous êtes puni·e·s pour tout ce qui porte atteinte à l'«harmonie sociale».
( 1️⃣ Des utilisateurs de GMail ont déjà constaté la reformulation de certains mails par l'IA, sans le consentement de l'expéditeur. )
J'ajoute qu'il n'y aura aucune règle propre dans ces systèmes, vous ne ferez que subir l'arbitraire. (D'autant plus avec une IA qui n'a pas un fonctionnement déterministe.)
Je voudrais raconter une anecdote : Le jeu vidéo Borderlands 3 est littéralement *rempli* d'insultes, d'injures et de jurons (Exemple: "Putain de sa race, sa mère la pute!"). Quand j'ai voulu entrer dans le jeu avec mon pseudo "sebsauvage" il a été refusé. Trop violent. Parce qu'il contient le mot "sauvage" (qui n'est pas en soi une insulte). C'est absurde. (Permalink)
Voilà la personne pour qui l'assemblée national a fait une minute de silence.
La droite et l'extrême-droite adoubent les fascistes. On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.
(Vraiment j'ai pas envie de parler politique sur mon Shaarli, hein, mais avec la montée du fascisme je ne peux juste pas fermer ma gueule.)
"Nous envisageons un avenir où l'intelligence est un service, comme l'électricité ou l'eau, et les gens l'achètent chez nous selon un compteur."
Vous le voyez le projet de société ? Sucer le travail des humains en chiant sur les lois pour le revendre sous forme d'abonnement À LEUR SEUL BÉNÉFICE.
La technologie n'est pas neutre. (Permalink)
" Le PDG de Palantir, Alex Karp, pense que sa technologie d'IA réduira le pouvoir des « électeurs très éduqués, souvent des femmes, qui votent principalement démocrate », tout en augmentant le pouvoir des hommes de la classe ouvrière. "
Au moins il le dit clairement : Il préfère un peuple inculte. Inculte et masculin. Un peuple non éduqué est plus facile à manipuler et exploiter.
Encore une preuve que le projet de la Silicon Valley s'accorde avec le fascisme de Trump.
L'IA est un projet de société : Celui de l'asservissement et de la soumission aux puissants.
La technologie n'est pas neutre. (Permalink)
Tristan K.@tristankamin.bsky.socialposted: Hey, les gens des réacteurs ?
Quoted post from @jcamillep.bsky.social: J'ai une question pour les spécialistes de sûreté/combustible.
Dans le rapport d'EDF sur la modulation, il y a un critère de burnup min pour évacuer du combustible. (-40JEPP sur le prévisionnel).
Quel problème de sûreté est-ce que cela pose?
@buchebuche56.bsky.social
@tristankamin.bsky.social
On les célèbre comme les nouveaux héros pacifistes. La réalité est beaucoup plus sombre : l’Espagne bascule radicalement dans l’antisémitisme. En cause, la « convergence des luttes » entre partis au pouvoir et mouvances islamistes. Et une ingérence étrangère, celle des ayatollahs.
Profanation d’un cimetière juif il y a quelques semaines à Barcelone, tentative d’incendie d’un restaurant casher à Madrid, expulsion du musée d’art national Reina Sofía de trois touristes juives, manifestations contre l’équipe cycliste israélienne sur la « Vuelta », débarquement forcé de jeunes Juifs français à l’aéroport de Valence… Ce ne sont là que quelques exemples des violences que subissent les Juifs en Espagne, et qui ont été multipliées par cinq au cours des trois dernières années !
Des manifestations d’antisémitisme dont la fréquence s’est sensiblement accélérée depuis le 7 octobre 2023, au rythme de la banalisation d’une rhétorique largement véhiculée par les représentants des partis d’extrême gauche, dont la vice-présidente du gouvernement Yolanda Díaz (« La Palestine sera libre de la rivière à la mer »), la ministre de la Jeunesse Sira Rego, la secrétaire générale de Podemos Ione Belarra (comparant, sur X, les actions d’Israël à celles du nazisme), et par le propre président du gouvernement, le socialiste Pedro Sánchez, qui a été l’un des premiers à accuser son homologue israélien de « génocidaire ». Il vient d’ailleurs de rappeler son ambassadeur en Israël, une première pour un pays de l’UE, en réponse à l’interdiction d’entrée sur le territoire de l’État hébreu infligée à Díaz et Rego après leurs propos. Un simple chargé d’affaires sera désormais à la tête de la représentation diplomatique espagnole.
« Ces discours portent effectivement des éléments d’antisémitisme », confirme le sociologue Alejandro Baer. « Mais en réalité, ce sont des questions de politique intérieure qui sont ici en jeu. La question juive en soi, et Israël en particulier, n’est qu’un prétexte ; c’est une instrumentalisation, une manipulation de certains sentiments, qui peuvent être provoqués par les images de la souffrance à Gaza, les images des bombardements en Iran ou au Liban. Mais tout cela ne vise qu’à conforter une mobilisation à usage de politique interne ». Une dynamique dont Pedro Sánchez a grandement besoin : son parti est gangrené par la corruption et les affaires de harcèlement – particulièrement délétères pour un gouvernement qui s’était présenté en champion du féminisme –, sans majorité stable au Parlement, incapable de faire adopter un budget depuis trois ans.
La cause palestinienne, voile pudique des affaires
Pour tenir politiquement, le leader socialiste a compris tout le crédit qu’il pouvait récupérer auprès de ses alliés de gauche en se posant (en paroles tout au moins) en principal opposant au « trumpisme ». « Son « non à la guerre » est bien sûr une position opportuniste », ajoute Alejandro Baer, « mais il marque aussi une insensibilité totale et un déni de ce que représentent l’Iran et ses mandataires par rapport à l’État d’Israël, ce qui nourrit et renforce le substrat de l’antisémitisme en Espagne ». D’autant que ce discours « infuse » largement au sein d’une société espagnole où 71 % des Espagnols qualifient l’action d’Israël à Gaza de génocide (contre 34 % en France, où les actes antisémites explosent également). Or, pour le sociologue, le lien entre cette rhétorique et la banalisation des actes de violence envers les Juifs ne fait aucun doute.
Les universités, pépinières de l’antisémitisme
Ce narratif ne surgit pas par hasard : il est soigneusement élaboré et cultivé au sein des universités espagnoles avant d’être repris dans les milieux intellectuels et médiatiques, explique le grand reporter et spécialiste de l’Iran Emmanuel Razavi, qui enquête depuis longtemps sur ces sujets : « Les chercheurs qu’on invite sur les plateaux de télévision, présentés comme experts du Moyen-Orient, participent ainsi de cette dialectique pro-palestinienne, soi-disant antisioniste, qui en réalité est un discours antisémite ».
Des universités dont les amphithéâtres sont largement ouverts à des mouvements tels que Samidoun, interdit et considéré comme une entité terroriste en Allemagne, aux États-Unis, en Israël et au Canada. L’organisation, qui a soutenu la « Flottille de la liberté », revendique son attachement au Front populaire de libération de la Palestine. Le mouvement palestinien révolutionnaire Masar Badil impose également sa doctrine antisémite sur les campus espagnols pour y promouvoir la lutte armée et la destruction d’Israël, et revendique ses liens avec les organisations terroristes. De fait, observe Alejandro Baer, « il est pratiquement impossible d’organiser un événement universitaire en Espagne avec une position modérée, comme il est impossible d’inviter un professeur israélien, quelle que soit sa ligne politique, à moins qu’il ne soit ouvertement antisioniste à l’instar d’Ilan Pappé, par exemple ».
Pedro Sánchez dans le « train de Lénine »
C’est d’ailleurs sur les campus espagnols qu’est née la formation politique d’extrême gauche Podemos en 2014, profitant justement de financements iraniens, notamment pour la diffusion des émissions de propagande de son leader Pablo Iglesias (vice-président du gouvernement espagnol en 2020 et 2021) sur HispanTV. Une collaboration conforme à ce que le fondateur de Podemos justifiait alors selon « la théorie du train de Lénine » (convoyé par les Allemands en 1917 pour déstabiliser la Russie) : « Les Iraniens s’intéressent à la diffusion d’un discours de gauche en Amérique latine et en Espagne parce que cela affecte leurs adversaires… et nous en profitons ! Pour moi, celui qui fait de la politique doit assumer et surmonter ses contradictions (…) : les femmes qui travaillent sur HispanTV doivent être voilées. Est-ce que cela me plaît ? Non. Est-ce une raison suffisante pour refuser de travailler pour cette chaîne ? Non ! Car je pense que ce que nous faisons est plus efficace ».
Aujourd’hui, le président du gouvernement espagnol adopte à son tour cette stratégie du train de Lénine. À moins qu’il ne la subisse, rétorque Emmanuel Razavi : « Pedro Sánchez a peur ! Il a peur du terrorisme iranien sur le sol espagnol, car cette menace est aujourd’hui extrêmement élevée. Il veut faire en sorte d’éviter des bombes dans des centres commerciaux, dans des stations de métro, parce que c’est le mode opératoire des réseaux qui organisent ces attentats sous le commandement de la force Al-Qods des Gardiens de la révolution, l’unité d’élite en charge des opérations extérieures iraniennes ». Un attentat comme celui qui a été commandité par Téhéran contre l’ancien vice-président du Parlement européen, Alejo Vidal-Quadras, le 9 novembre 2023, en plein cœur de Madrid. Ce dernier, qui a miraculeusement survécu à un coup de feu au visage, était alors considéré comme l’ennemi numéro un du régime des mollahs en Espagne, en raison de son soutien à l’opposition en exil. Depuis lors, selon des sources policières nationales, des dizaines de cellules terroristes ont été démantelées dans le royaume ibérique.
Des listes de Juifs
C’est sur cette peur que prospère l’antisémitisme en Espagne, ainsi que sur l’instrumentalisation de la cause palestinienne, commune à l’extrême gauche et à ses alliés objectifs islamistes. « Ce qu’il faut comprendre, c’est que la cause palestinienne constitue la matrice de la lutte anti-impérialiste globale et offre les infrastructures, armes, réseaux et même la légitimité révolutionnaire », ajoute Emmanuel Razavi. Dans son dernier livre, le grand reporter cite Michel Fayad, qui rapporte les propos de l’ayatollah Khomeini lors de la visite du leader palestinien Yasser Arafat à Téhéran, le 17 février 1979 : « Il n’y a pas de cause palestinienne, c’est une cause islamique ».
L’explosion de l’antisémitisme en Espagne prouve à quel point cet entrisme a réussi. C’est également la preuve de la dangerosité d’une convergence des luttes « révolutionnaires » islamistes, anticolonialistes et anti-impérialistes. Surtout, note Alejandro Baer, dans un pays où « il n’existe pas de culture de la mémoire de l’Holocauste, et où la communauté juive ne représente qu’une très petite partie de la population [entre 40 000 et 50 000 personnes, ndlr], ce qui signifie qu’elle n’a pas la masse critique, ni l’activité ou la force que peuvent avoir d’autres communautés pour répondre aux agressions antisémites ».
« Dans ce contexte, nul ne sait jusqu’où peuvent aller les dérives antisémites », s’inquiète David Benatar, président de la fédération des jeunes Juifs d’Espagne, accusant la mise en ligne récente d’une carte, sur la plateforme GoGoCarto, où étaient identifiées les entreprises et institutions de Barcelone « liées à Israël » : une liste de plus de 150 établissements étiquetés comme participant à « l’économie sioniste », dont des boutiques, des écoles juives, des restaurants casher, des agences immobilières, des cabinets d’avocats juifs, avec les noms exposés comme des cibles… « Pour rendre visible et dénoncer l’impact de leurs investissements sur notre territoire », expliquaient les promoteurs anonymes de cette page baptisée « Barcelonaz » (le lien est désormais inactif après dénonciation). Une « carte de la haine antisémite », se désole David Benatar.
Et l’on ne peut s’empêcher de s’interroger : qu’est-ce qui vient après le fichage et la publication haineuse d’une liste de Juifs ?
Faille dans certains téléphones Android permettant d'outrepasser l'écran de verrouillage (!). Sont concernés certains téléphones avec SOC MediaTek. (Permalink)
Les IAs ne sont pas des perroquets stochastiques.
Les *LLMs* sont des perroquets stochastiques.
Et l'article fait une remarque très intéressante : L'humain considère que le langage est *LA* marque de l'intelligence.
Donc quand une machine "parle" bien (les LLMs sont très fortes à ce jeu), on a naturellement tendance à penser que la machine *EST* intelligente et à lui attribuer des traits humains. Alors qu'elle n'est en réalité qu'un perroquet stochastique : Une machine qui pond statistiquement une suite de mot calculés à partir d'un ensemble de mots en entrée, sans réflexion et sans rien même comprendre aux mots qu'elle utilise.
Essayons une autre analogie des LLMs:
Imaginez que vous êtes une machine. On vous a donné à bouffer *TOUS* les textes en Chinois existants au monde. Vous ne comprenez rien au Chinois, mais vous avez créé un gigantesque model statistique de l'enchaînement des mots.
Quelqu'un vous soumet une question en chinois. C'est un enchaînement de mots.
Vous utilisez votre modèle statistique pour calculer la suite de mots la plus probable qui correspond aux mots en entrée.
Et vous répondez ces mots à la personne.
Notez que dans l'opération :
- Vous ne comprenez pas un traitre mot de la question qu'on vous a posée. (Vous ne comprenez pas le Chinois).
- Vous ne comprenez pas non plus un seul mot de la réponse que vous avez donnée.
- Vous n'avez pas compris la question, vous n'y avez pas "réfléchi" par rapport à une "base de connaissance" : Vous avez juste *calculé* statistiquement la suite de mots la plus probablement juste en utilisant les statistiques des *milliards* de textes que vous avez ingérés.
D'ailleurs dans le jargon, on ne parle pas de "mot" mais de "token". Littéralement des "jetons". Si on me donne cette suite de jetons en entrée, statistiquement voici la liste de jetons en sortie la plus probablement juste.
C'est comme cela que fonctionnent les LLMs comme ChatGPT et autres.
L'article mentionne tout de même que même si les LLMs sont des perroquets stochastiques, associées à d'autres types d'IA ou d'algorithmes elles peuvent rendre certains services. (Permalink)
Une remarque tout à fait pertinente que je me permet de recopier ici :
"On continue avec les stéréotypes de l’UX autour de logiciel libre : « Linux c’est tout en ligne de commande » et « la ligne de commande c’est pas bien ».
Comment sait-on que c’est un stéréotype ? En 2026, simplement parce que les agents conversationnels sont considérés par *les mêmes personnes* comme une bonne UX.
Or, un chatbot n’est jamais qu’une forme dégradée de ligne de commande : moindre répétabilité, plus de place à l’ambiguïté, etc.
Donc, si une interface fondée sur un langage est une bonne UX, alors la ligne de commande ne peut pas être pire qu’un chatbot. Et si ce n’est pas le cas, alors le chatbot ne peut pas être une bonne UX.
Un raisonnement similaire s’applique pour l’idée que les interfaces graphiques seraient nécessairement plus simples. Car en effet, qui pourrait accepter l’assertion qu’il est plus simple de trouver l’adresse de sa carte réseau dans l’UI graphique de Windows que de taper ̀ipconfig̀ dans un terminal ?
C’est d’ailleurs une des sources du premier stéréotype : il est beaucoup plus facile de dire à un utilisateur qui veut régler son problème sans le comprendre de copier/coller ça dans un terminal, que de lui faire suivre la longue série de clics permettant de trouver le truc au fin-fond des paramètres.
Au final, c’est juste un compromis découvrabilité/puissance différent. Méfiez-vous des stéréotypes. " (Permalink)
Woao... dans un revirement surprenant, le parlement européen a voté *CONTRE* la surveillance de masse (dont la surveillance des communications chiffrées). C'est très bien.
Maintenant reste encore à le faire respecter dans les différents états.
(Et je ne me fais pas d'illusions : ils remettront ça sur le tapis, comme toujours.) (Permalink)
15 000 € le kW. Sept fois plus que lors du plan Messmer de 1974. À force d’empilement de normes, le coût de construction du nucléaire a explosé en Europe et aux États-Unis. Tant pis pour nos factures, pour l’industrie et pour le climat. Pour changer les choses, il faut changer d’état d’esprit : accepter le risque.
Le nucléaire est devenu beaucoup trop sûr. Les accidents le concernant constituent un problème financier, pas un problème sanitaire. Et cette confusion, entretenue depuis des décennies par une partie de la classe politique, particulièrement en Europe, s’avère mortelle.
Sa permanence est liée à ce que Jack Devanney, ancien professeur au MIT, également concepteur principal et architecte du réacteur ThorCon (à sels fondus MSR), appelle les « 2 mensonges » contradictoires du complexe nucléaire. Le premier : tout rejet significatif de matière radioactive serait une catastrophe inacceptable. Le second : la probabilité d’un tel rejet est si faible que nous pouvons supposer qu’il ne se produira pas.
Ces 2 mensonges forment un véritable piège. Le premier justifie des dépenses illimitées pour prévenir l’accident. Le second berce le public dans une fausse sécurité. Et quand un rejet survient – comme c’est inévitable avec des milliers de réacteurs sur des décennies – la confiance est anéantie pour une génération.
Nucléaire belge : balancier perpétuel entre idéologie et rationalité
Nous vivons dans un monde de ressources limitées. L’argent dépensé pour sauver une vie devrait être à peu près équivalent d’un domaine à l’autre. Sauver une année de vie par la vaccination ou les ceintures de sécurité coûte entre 100 et 1 000 dollars. Dans le nucléaire, à cause de réglementations trop précautionneuses, nous dépensons plus de 2,5 milliards de dollars pour sauver une seule année de vie.
C’est une allocation catastrophique de ressources. La preuve que l’on peut faire autrement existe : la France l’a démontré. Le plan Messmer a permis de construire 58 réacteurs à eau pressurisée en moins de 2 décennies, avec des durées de construction moyennes de 6 ans et un coût total estimé à 83 milliards d’euros (valeur 2010). Ce parc, standardisé et construit en série, fournit encore aujourd’hui près des 2 tiers de l’électricité française à un coût compétitif !
Aux États-Unis, les centrales bâties dans les années 1960, avant l’explosion réglementaire, produisaient de l’électricité à environ 3 centimes le kilowattheure en dollars constants – et elles fonctionnent toujours, plus de 50 ans plus tard, sans avoir blessé personne. À ces niveaux de coûts, le charbon aurait été balayé et une part énorme de la pollution aux particules fines aurait été évitée, sans parler des gigatonnes de CO₂ jamais émises.
3 expériences grandeur nature
L’industrie nucléaire vit dans la terreur d’un rejet radioactif majeur. Pourtant, nous disposons de 3 « expériences » grandeur nature dont les résultats sont des plus rassurants, mais les conséquences très discutables.
Three Mile Island (28 mars 1979). À 4 h du matin, une panne des pompes d’alimentation en eau du circuit secondaire provoque l’arrêt automatique du réacteur n°2, mais une vanne de décharge coincée en position ouverte vide le circuit primaire de son eau de refroidissement sans que les opérateurs s’en rendent compte à cause d’une mauvaise indication en salle de contrôle. Cela entraîne une fusion partielle du cœur (environ 50 % du combustible fond), avec un dégagement de gaz radioactifs et la formation d’une bulle d’hydrogène, mais sans explosion.
Le scénario redouté s’est produit à cause d’une succession d’erreurs humaines. Pourtant, on ne déplore… aucun blessé. Quant à la dose moyenne de radiation reçue par la population, elle n’a pas dépassé 0,015 mSv, soit moins qu’un vol transatlantique.
Fukushima (2011). Un rejet 100 000 fois plus important que TMI. Quinze ans plus tard, là encore, le bilan est sans appel. En 2021, le Comité scientifique des Nations unies sur les effets des rayonnements atomiques (UNSCEAR) n’a identifié aucun préjudice sanitaire lié aux radiations parmi la population. Sans évacuation, peu de membres du public, voire aucun, n’aurait reçu 2 mSv ou plus en une journée. Quant à la possibilité d’une augmentation des cancers liée à des débits de dose bien inférieurs à 20 mSv/jour, même lorsque ces débits ont été subis pendant des décennies, elle a été invalidée. Même les travailleurs de la centrale, dont certains ont passé des heures dans les salles de contrôle situées à quelques mètres des réacteurs percés et en fusion, n’ont pas présenté d’effets sanitaires détectables après plus de dix ans de suivi. Leurs analyses sanguines ne montrent aucune différence avec la population masculine japonaise en bonne santé.
Tchernobyl (1986) reste un cas à part dans l’histoire des accidents nucléaires. Il résulte avant tout d’un système soviétique défaillant à tous les niveaux : le réacteur RBMK présentait un coefficient de vide positif, un défaut de conception connu qui rendait l’installation instable à basse puissance. Il était par ailleurs dépourvu d’enceinte de confinement étanche, si bien que lorsque le toit a sauté, le cœur du réacteur s’est retrouvé à l’air libre. L’essai de sécurité qui a précipité la catastrophe a été réalisé en violation flagrante des procédures, par des opérateurs insuffisamment formés, dans un contexte où les alertes remontaient mal. Cet accident était évitable, et cette technologie spécifique est aujourd’hui interdite de construction.
Le rejet radioactif de Tchernobyl fut de 9 à 140 fois plus important que celui de Fukushima. Sur les 134 personnes hospitalisées pour syndrome d’irradiation aiguë, 28 sont mortes dans les mois suivants dans d’horribles conditions, auxquelles s’ajoutent 2 décès lors de l’explosion elle-même.
Parmi les quelque 600 000 liquidateurs qui se sont relayés sur le site dans les années suivantes, les études épidémiologiques ont mis en évidence une augmentation modeste de certains cancers (notamment la leucémie chez les plus exposés) et de cataractes.
Cependant, le bilan sanitaire va au-delà de ces chiffres immédiats. L’effet le plus clairement documenté concerne les cancers de la thyroïde chez les enfants et adolescents exposés : selon les données compilées par l’UNSCEAR jusqu’en 2015-2018, près de 20 000 cas ont été enregistrés entre 1991 et 2015 chez les personnes âgées de moins de 18 ans en 1986 dans les zones touchées (Biélorussie, Ukraine et régions russes les plus contaminées), dont environ un quart (soit 4 800 à 5 000 cas) sont attribuables à l’exposition à l’iode-131. Bien que la mortalité liée à ces cancers reste faible – une quinzaine de décès confirmés dans les premières décennies, grâce à un dépistage précoce et à des traitements efficaces –, ces milliers de cas ont entraîné des opérations chirurgicales répétées, des traitements à vie, des hypothyroïdies iatrogènes et des souffrances physiques et psychologiques importantes pour de jeunes patients.
Concernant les décès à long terme, le consensus des organismes internationaux (UNSCEAR, OMS, AIEA, Forum Tchernobyl de 2005-2006) en projette environ 4 000 supplémentaires attendus sur la durée de vie des populations les plus exposées – liquidateurs de 1986-1987, évacués et résidents des zones les plus contaminées –, incluant les cas d’ARS, une quinzaine de décès par cancer de la thyroïde et environ 3 900 cancers ou leucémies radio-induits. Cette estimation reste conservatrice, limitée aux groupes les plus irradiés, et l’augmentation reste statistiquement difficile à distinguer du bruit de fond des cancers spontanés. Mais, encore une fois, évoquer les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, c’est bien davantage éclairer l’incurie d’un système soviétique persuadé de sa toute puissance et de son infaillibilité, malgré l’incompétence flagrante des responsables de la centrale, que les dangers de l’atome.
Par ailleurs, d’autres accidents industriels majeurs entraînent bien plus régulièrement des blessés et des morts. En France, le 21 septembre 2001, l’usine chimique AZF explose à Toulouse et fait 31 morts et 2 500 blessés, en plus de dévaster une bonne partie de la ville. Un drame aux conséquences humaines immédiates infiniment supérieur aux accidents ayant touché des installations nucléaires.
Le dogme au cœur du système
Alors pourquoi avons-nous si peur des radiations ? Sans doute à cause du modèle Linéaire Sans Seuil (LNT), qui considère le postulat envisageant que chaque dose de radiation, aussi infime soit-elle, provoque des dommages proportionnels à une dose massive. Suivre cette logique revient à affirmer que prendre une aspirine par jour pendant un an serait aussi mortel qu’avaler 365 aspirines d’un coup.
Le LNT ignore un fait biologique fondamental : nos cellules savent réparer les conséquences des radiations. La vie a évolué alors qu’elles étaient bien plus intense qu’aujourd’hui. La nature nous a dotés de systèmes de reconstruction de l’ADN remarquablement efficaces, développés à l’origine pour gérer les dommages métaboliques internes – qui abiment notre ADN à un rythme au moins 25 000 fois supérieur au taux de rayonnement naturel moyen.
Les Académies françaises des Sciences et de Médecine l’ont confirmé dans un rapport conjoint en 2005 : le dogme LNT est invalidé par la capacité de réparation cellulaire. Elles confirment l’absence d’effet cancérigène en dessous de 100 mSv reçus en dose flash. Le débit fait toute la différence : la biologie n’est pas une simple addition.
Ce que les Académies valident sur le plan des principes, les données empiriques le confirment également sur le terrain. Au Kerala, en Inde, la radioactivité naturelle atteint jusqu’à 60 mSv/an dans certaines zones. Une étude portant sur près de 70 000 personnes suivies pendant plus de 10 ans n’a montré aucune hausse de cancer. Le risque relatif du groupe le plus exposé était même légèrement inférieur à celui de ses voisins moins irradiés. L’étude, mise à jour en 2021 avec un échantillon élargi à près de 150 000 personnes confirme ces résultats avec des marges d’erreur considérablement réduites.
Les données réelles montrent qu’aucune hausse des cancers n’est détectable en dessous de 20 mSv/jour – soit 7 000 fois la limite légale de 1 mSv/an.
Les évacuations qui tuent
C’est le LNT qui a motivé l’évacuation de 160 000 personnes à Fukushima alors que personne n’aurait reçu plus de 50 mSv la première année en restant sur place. Cette panique a tué plus de 50 personnes âgées en quelques jours. Au total, les décès liés à l’évacuation et à l’exil dépassent les 2 300 dans la seule préfecture de Fukushima. Zéro mort par radiation. Des milliers de morts par la peur.
Et les conséquences ne s’arrêtent pas là. Quand le Japon a fermé l’ensemble de ses réacteurs après l’accident, le prix de l’électricité a bondi d’environ 40 %. La consommation hivernale a chuté de 15 %, entraînant selon une étude de Neidell et al. environ 310 décès supplémentaires par an liés au froid. Au-delà de ces réglementations paranoïaques et de ces évacuations meurtrières, c’est l’explosion des coûts de construction et l’effondrement du nombre de nouvelles centrales qui constituent la conséquence la plus dévastatrice du LNT.
La peur du nucléaire a fait prospérer le charbon et tué des millions de personnes.
L’honnêteté de l’aviation
Nous acceptons des risques négligeables tous les jours. L’aviation commerciale est considérée à raison comme sûre, et pourtant des avions s’écrasent parfois. Quand cela arrive c’est tragique.
Mais nous ne clouons pas les avions au sol et nous ne rendons pas le billet inabordable pour vendre un risque zéro. L’industrie aéronautique est honnête sur le risque. Elle va jusqu’à installer des boîtes noires (enregistreur de vol et enregistreur de conversations) dans chaque appareil, conçues pour survivre à un crash qui tue tout le monde à bord – reconnaissant ouvertement que de tels événements se produiront.
Le nucléaire doit adopter cette même honnêteté. L’objectif ne doit pas être d’empêcher tout rejet radioactif, mais d’avoir la capacité de gérer les conséquences d’un rejet éventuel par une régulation appropriée.
Si un accident survient, l’opérateur doit indemniser automatiquement et immédiatement les riverains exposés. Un confinement doit être réalisé s’il s’avère nécessaire, mais l’évacuation de zones où les doses de radiation sont infimes ne peut se justifier. Et rappelons que les pires rejets de centrales construites depuis les années 1960 ne tuent personne.
L’urgence morale
Les chiffres donnent le vertige. Les centrales américaines des années 1960 coûtaient moins de 1000 €/kW en euros constants 2025. Le plan Messmer a livré le parc français à environ 2 200 €/kW. L’EPR de Flamanville, après 17 ans de chantier, atteint près de 15 000 €/kW. Les futurs EPR2, présentés comme un retour à la raison, sont estimés à 7 800 €/kW, et même 10 800 €/kW par la cour des comptes – 5 fois le coût raisonnable. Pendant ce temps, la sûreté française exige une probabilité de fusion du cœur de 10⁻⁷ par an et par réacteur, soit un accident tous les 10 millions d’années par réacteur. Tant que chaque pico sievert évité est censé « sauver des vies » au nom du modèle linéaire sans seuil, cette spirale n’a aucune raison de s’arrêter.
En revenant à la science et en libérant le nucléaire de ses entraves réglementaires, ses coûts peuvent s’effondrer et rendre le charbon obsolète, tout en éradiquant la pollution aux particules fines, permettant de sauver de très nombreuses vies chaque année et de faire chuter les émissions de CO₂.
Il y a 15 ans, le tsunami du Tōhoku a tué près de 20 000 personnes en quelques heures. La centrale nucléaire de Fukushima, elle, n’en a tué aucune par radiation. Pourtant c’est le nucléaire qui a été condamné. Il est temps de rétablir la vérité – et de mesurer le coût monstrueux de ce mensonge.
Tristan K.@tristankamin.bsky.socialposted: Illustration de comment l'ignorance, croisée avec un militantisme forcené qui impose de se préserver dans cette ignorance, est un terreau pour le complotisme.Chaîne de posts sur Bluesky qui dit :
« Je pense que ce n'est dès lors pas très difficile de comprendre que la relance du nucléaire a en fait des objectifs militaires planqués derrière des préoccupations soi disant écologiques qui sont de purs alibis.
Et que les écologiques qui pensent que "nucléaire et renouvelables sont complémentaires" (alors que tout le lobby nucléaire fait tout son possible pour saboter les renouvelables) avalent en fait du gros pipeau qui couvre en réalité un projet militariste profondément préoccupant et qui met potentiellement la planète en grand danger. »