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Reçu — 1 avril 2026 De tout et de rien

Cadmium : la solution existe, les idéologues l’interdisent

1 avril 2026 à 22:53

C’est le grand paradoxe : les voix les plus alarmistes sont aussi celles qui refusent les solutions les plus prometteuses. Car celles-ci existent, et sont même déployées ailleurs, en dehors de l’Union européenne. Mais elles ne sont pas bio…

Alors que la « bombe sanitaire » a fait son grand retour dans l’espace médiatique avec le dernier rapport de l’Anses sur le cadmium publié le 25 mars, rares ont été les voix à résister à la tentation du sensationnalisme. Les titres alarmistes se sont emballés… et, dans leur sillage, les approximations se sont multipliées — souvent portées par des commentateurs qui n’ont manifestement pas ouvert l’étude.

Le Monde a ouvert le bal en prêtant à l’agence sanitaire des recommandations sur la limitation de la consommation de céréales, de pain ou de pâtes… qui n’y figurent pas. Du côté de Manuel Bompard, pas davantage de rigueur. Pour le député LFI, c’est sûr : le cadmium « a un rôle important dans l’augmentation des cancers du pancréas ». Aucune nuance, aucun conditionnel… et surtout, aucune cohérence avec le rapport, qui précise pourtant qu’aucune « étude ne permet de montrer clairement une association entre exposition par voie orale et cancer ». Quant à Benoît Biteau, il a ressorti son refrain habituel sur le bio, en passant sous silence le fait que l’Anses indique qu’« il n’est pas possible de conclure à une différence de concentration en cadmium entre les aliments bio et conventionnels ».

Au fond, peu importe le contenu du rapport : ce qui compte, c’est le récit. Un récit éminemment politique, où, selon les mots de Manuel Bompard, des « lobbys de l’agrochimie » empoisonneraient la population pour « servir les intérêts de l’oligarchie ». Rideau. Mais derrière cette mise en scène bien rodée, un élément clé est soigneusement ignoré, ou passé sous silence : la solution pourrait bien venir… de cette même agro-industrie que l’on désigne aujourd’hui comme coupable.

Métaux lourds dans nos assiettes : où en est-on vraiment ?

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Du sol à la plante

Pour comprendre les solutions qui s’offrent à nous, il faut d’abord intégrer une idée clé : l’imprégnation de la population ne dépend pas uniquement du cadmium ajouté aux sols via les engrais.

D’abord, parce que l’alimentation n’est pas la seule source d’exposition. Le tabac, par exemple, représente à lui seul une part non négligeable de l’imprégnation totale.

Ensuite, parce que la teneur en cadmium des sols dépend fortement de la géologie locale. Certains territoires, comme le Jura, présentent en effet naturellement des concentrations élevées, parfois supérieures à celles de terres agricoles pourtant régulièrement fertilisées avec des engrais phosphatés.

Mais surtout, entre le sol et notre organisme, il y a une étape décisive : la plante. Car, pour finir dans nos assiettes, le cadmium doit d’abord être absorbé par les racines, puis incorporé aux organes qui nous nourrissent. Des processus qui reposent sur des transporteurs protéiques spécifiques — notamment un canal impliqué dans le transport du manganèse — qui permettent successivement l’assimilation racinaire, le transport par la sève, puis le transfert dans les organes de réserve, comme les grains de nos céréales.

Un véritable parcours d’obstacles… qui varie fortement selon les espèces, en fonction de l’équipement protéique qui les caractérise. Certaines plantes, comme le chou, l’épinard ou la pomme de terre, accumulent plus facilement le cadmium. D’autres, comme le maïs grain ou les légumineuses, en limitent le transfert vers les parties consommées, le métal restant en grande partie bloqué dans les racines.

Faut-il pour autant modifier nos habitudes alimentaires ? Contrairement à ce qui a pu être affirmé dans les colonnes du Monde, ce n’est pas la position de l’Anses, qui précise qu’« il n’est pas pertinent de formuler des recommandations » ciblant certains aliments ou fréquences de consommation spécifiques.

Mais cette variabilité ouvre en réalité une autre perspective, bien plus intéressante : non pas changer ce que nous mangeons, mais agir sur ce que nous cultivons.

Les apports de la sélection variétale

Car la différence ne se joue pas seulement entre espèces. Même au sein d’une même culture, toutes les variétés ne se valent pas. Pour le blé, par exemple, les chercheurs ont identifié un gène clé — Cdu1 — impliqué dans la capacité de la plante à piéger le cadmium dans ses racines. Certaines variétés possèdent une version particulièrement efficace de ce gène, qui limite fortement le transfert du métal vers les grains.

De quoi ouvrir des pistes très concrètes. À court terme, les agronomes ont déjà développé des outils d’aide à la décision, comme Bléssûr, qui classe les variétés de blé dur cultivées en France selon leur propension à accumuler le cadmium (mais aussi d’autres métaux comme le plomb, le nickel ou l’arsenic). Un levier simple : choisir les bonnes variétés pour réduire l’exposition.

Mais le potentiel va bien au-delà. Cette diversité génétique autour du gène Cdu1 ouvre la voie à de véritables programmes de sélection variétale. Une approche qui a déjà porté ses fruits au Canada, et qui pourrait être déployée en France dans les années à venir.

L’idée ? Passer au crible les variétés existantes pour identifier les allèles les plus protecteurs, puis constituer des bases de données robustes sur leur capacité d’accumulation. L’objectif étant d’orienter la création de nouvelles variétés naturellement peu accumulatrices de cadmium.

Reste un obstacle de taille : les méthodes de sélection classiques sont longues, et il faut souvent 10 à 15 ans pour aboutir à une nouvelle variété. D’où une question qui s’impose : et si l’on accélérait le mouvement… grâce aux outils de la génétique moderne ?

Les promesses des biotechnologies

CRISPR-Cas9. Derrière ce nom un peu austère se cache l’une des révolutions les plus prometteuses de l’amélioration génétique. Le principe ? Des « ciseaux moléculaires » programmables, capables de cibler, couper et modifier l’ADN avec une précision inédite. Depuis leur mise au point en 2012 par les prix Nobel Jennifer Doudna et Emmanuelle Charpentier, les applications se multiplient à grande vitesse.

Et le cadmium pourrait bien en bénéficier directement. Ces outils permettent en effet d’introduire, en une seule génération, des versions favorables de gènes dans des variétés agricoles déjà performantes… et ce, sans passer par des années de croisements hasardeux.

En Chine, le problème du cadmium dans le riz est déjà en train d’être résolu grâce à ces techniques. Depuis 2017, des équipes utilisent CRISPR-Cas9 pour désactiver les transporteurs responsables de l’entrée du cadmium dans les grains. Les résultats sont probants : des concentrations inférieures à 0,05 mg/kg dans le riz brun, contre 0,33 à 2,90 mg/kg pour les variétés classiques. Une avancée concrétisée en novembre 2023, avec la certification de la première variété de riz à faible teneur en cadmium, Xizi-3.

Tout n’est pas si simple pour autant, car les transporteurs du cadmium jouent aussi un rôle dans l’absorption du manganèse, indispensable au bon développement de la plante. Les désactiver complètement peut donc pénaliser les rendements. Mais là encore, la recherche avance. Plutôt que de supprimer ces gènes, certaines équipes ont choisi d’en moduler l’expression, en ajustant leur régulation pour limiter l’entrée du cadmium sans perturber les fonctions essentielles. D’autres stratégies, comme la surexpression du gène OsHMA3 — qui piège le cadmium dans les racines — montrent des résultats encore plus intéressants : plus de 90 % de réduction du cadmium dans les grains, confirmée au champ sur plusieurs sites et plusieurs années, sans impact sur les rendements. Et pour le blé — la culture qui nous concerne directement en France ? Le transfert de connaissances depuis le riz est déjà en marche. En 2025, une première équipe a utilisé CRISPR pour désactiver TaNRAMP5, l’équivalent, chez le blé, du gène clé identifié dans le riz. Résultat : une baisse de 33 % du cadmium dans les grains.

Ce qui ouvre de nombreuses perspectives. Les chercheurs ont déjà identifié chez le blé au moins six grandes familles de transporteurs impliqués dans la gestion du cadmium, pour la plupart mises en évidence par analogie avec le riz. Autrement dit, la feuille de route est tracée. Comme le souligne le biologiste Stephan Clemens dans sa revue de référence : « Il est urgent de transférer les connaissances acquises sur Arabidopsis et le riz à d’autres cultures majeures comme le blé ou la pomme de terre ».

Les cibles sont identifiées, les outils disponibles, et le pipeline scientifique est en place. Reste un obstacle de taille, qui pourrait être moins technique… que réglementaire.

Cadmium : l’agriculture est-elle la seule en cause ?

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Des freins réglementaires

Japon, États-Unis, Brésil, Argentine, Australie, Canada… Partout, ou presque, les cadres réglementaires ont été adaptés pour exempter les plantes éditées (sans ADN étranger) du carcan OGM. En Chine, les lignes directrices publiées en 2022 prévoient un délai d’approbation d’un à deux ans pour les cultures CRISPR, contre six ans pour les OGM transgéniques classiques. Le résultat donne à l’échelle mondiale plusieurs variétés issues de CRISPR (soja, maïs, blé, riz) avançant déjà vers des autorisations de mise sur le marché.

En Europe, le rythme est tout autre. Depuis l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne de 2018, les plantes éditées sont, par défaut, assimilées à des OGM, y compris lorsqu’elles sont génétiquement indiscernables de mutations naturelles. Certes, la Commission européenne a proposé en juillet 2023 un nouveau cadre pour les NGT (nouvelles techniques génomiques), avec une procédure allégée pour certaines plantes. Mais à ce jour, le texte n’est toujours pas adopté.

Conséquence très concrète : une modification ciblée comme le knockout de TaNRAMP5 dans le blé — qui relèverait d’une procédure simplifiée dans la plupart des pays hors Union — ne peut pas être testée en plein champ en France.

Pendant que la Chine avance, avec du riz édité affichant des niveaux inférieurs à 0,05 mg/kg de cadmium… l’Europe, elle, continue de débattre.

À l’heure même où l’Anses appelle à développer des variétés moins accumulatrices de cadmium, le paradoxe est éloquent : les courants politiques qui dénoncent une « bombe sanitaire » sont aussi ceux qui s’opposent le plus fermement aux NGT. On agite le risque… tout en freinant les outils les plus efficaces pour le réduire.

Comble de l’ironie : ces mêmes acteurs érigent l’agriculture biologique en solution, alors que son cahier des charges exclut par principe les techniques d’édition génomique — y compris si elles venaient à être validées par la réglementation européenne.

Pendant ce temps, tandis que certains pointent du doigt l’agro-industrie, c’est précisément de ce côté-là que se développent aujourd’hui les réponses innovantes au problème du cadmium.

Face à un risque sanitaire aussi bien documenté, notre continent ne peut plus se payer le luxe de l’idéologie. Il serait temps d’accepter de chasser le cadmium de nos assiettes grâce à la science et à l’innovation, qui restent nos meilleurs alliés.

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Francesca Albanese publie son rapport sur la torture en Palestine | Entretiens | Là-bas si j'y suis

1 avril 2026 à 18:49
« Cages de fer, attaques de chiens, tortures à l’électricité, viols collectifs avec matraques ou barres de fer, intestins éclatés… »
Le gouvernement israélien est une insulte à la mémoire des Juifs.

EDIT: "le Parlement israélien, a adopté de nouveaux amendements législatifs sur la peine de mort ayant pour but explicite le ciblage délibéré des Palestinien·nes."
https://www.fidh.org/fr/regions/maghreb-moyen-orient/israel-palestine/israel-la-fidh-condamne-l-approbation-par-la-knesset-de-la-peine
Il ne manque plus que des camps pour que l'épuration ethnique soit complète.

L'Histoire ne leur a rien appris. C'est consternant.
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Comment les irresponsables ont mis les nazis au pouvoir ? | Blast le souffle de l’info, site d’information français d’actualités et d’investigations indépendant

1 avril 2026 à 16:23
Je garde ce lien pour la citation de Goebbels : « Ces crétins de bourgeois vont nous donner le pouvoir, on ne leur rendra jamais; ce sont nos cadavres qu’ils devront sortir de là, et ça il faut vraiment vous le mettre dans le crâne »

Toute ressemblance avec la situation actuelle n'est pas fortuite.
(Et je veux dire: aussi bien en France qu'aux USA. cf. Stérin/Bolloré)
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Micron, Samsung et SK Hynix plongent en bourse ! - Overclocking.com

1 avril 2026 à 12:30
Les fabricants de puces - qui ont délaissé le marché grand public pour tout offrir aux boîtes d'IA - sont en train de dévisser en bourse.
Causes multiples : OpenAI qui réduit ses investissements (par exemple en coupant Sora), Google qui annonce une technologie qui réduit les coûts mémoire et CPU nécessaires pour faire tourner les IAs (mais ça reste à prouver), etc.

Notons que dans le même temps, Microsoft et Oracle (gros promoteurs de l'IA) licencient et dévissent aussi en bourse : https://sebsauvage.net/p/#/framapiaf.org/s/116329491549396730
Est-ce que c'est l'éclatement de la bulle IA ?
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RClone sans config prélable

31 mars 2026 à 07:03
Je me note ça pour ne pas oublier: Comment utiliser RClone dans un script shell sans pré-configurer la connexion dans un "rclone config" :

export RCLONE_CONFIG_TMP_TYPE="sftp"
export RCLONE_CONFIG_TMP_HOST="12.23.56.78"
export RCLONE_CONFIG_TMP_USER="user"
export RCLONE_CONFIG_TMP_PORT="22"
# KeyFile ou Password, au choix.
export RCLONE_CONFIG_TMP_KEY_FILE="~/.ssh/maclé"
export RCLONE_CONFIG_TMP_PASS=""
rclone sync --progress --sftp-set-modtime "./répertoirelocal" "TMP:/home/user/répertoiredistant/"
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Loi contre la fraude fiscale et sociale : attaque sur les chômeurs et les allocataires du RSA - Basta!

1 avril 2026 à 07:46
La guerre aux pauvres, toujours, pendant qu'on refuse de faire payer les plus riches juste comme ils le devraient : https://sebsauvage.net/links/?NANJ-A

La misère des plus pauvres n'est pas une fatalité : Elle est *organisée*.
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Reçu — 31 mars 2026 De tout et de rien

Bombe sanitaire et plaisir écocide : le vrai scandale qu’on vous cache

31 mars 2026 à 20:31

Consommation énergétique des data centers, résidus de pesticides dans l’eau du robinet ou encore cadmium dans les spaghettis… Chaque jour, une nouvelle psychose s’affiche en une. Pourtant, un fléau moderne continue de bénéficier d’une complaisance médiatique stupéfiante, que même l’agriculture biologique lui envie : la raclette.

Artères qui se bouchent, empoisonnement sournois de notre environnement, épuisement des ressources d’une planète qui se meurt : autant de conséquences qui devraient faire hurler en chœur Générations Futures et les deux Stéphane du Monde ou envoyer Hugo Clément sur le front. Pourtant, comme par hasard, dès qu’il s’agit de s’attaquer aux lobbys du fromage fondu et à un privilège culturel séculaire, une chape de plomb s’abat sur l’information et Complément d’enquête est aux abonnés absents.

Alors, voici les faits et les chiffres. Et ils sont brutaux. Puisse ce travail de lanceurs d’alerte, enfin, briser l’omerta.

Suicide calorique, mode d’emploi

C’est l’hiver. Il fait froid. Les journées sont courtes. Quoi de mieux pour briser la monotonie d’un long week-end cafardeux qu’une petite raclette entre amis ?

Très mauvaise idée.

Une raclette, par personne, c’est en général 200 à 250 g de fromage, 150 à 200 g de charcuterie et 200 à 350 g de pommes de terre, à faire glisser, avec modération, avec du vin blanc. Autrement dit, une raclette « classique », sans excès — donc avec excès — représente près de 2 000 kcal supplémentaires par personne, concentrées sur un seul repas.

Au temps des Romains, on appelait ça une orgie. Aujourd’hui, on appelle ça un repas équilibré car il y a des cornichons.

Le fromage, pièce maîtresse du dispositif, affiche une densité calorique et lipidique redoutable. Avec 30 à 35 g de lipides dont plus de 20 g de graisses saturées pour 100 g, il coche toutes les cases du parfait allié cardiovasculaire, du moins si votre objectif est de procéder à un stress test de vos artères.

La charcuterie n’est pas en reste. Classée cancérogène avéré par le Centre international de recherche sur le cancer, elle forme avec le fromage une association de malfaiteurs terriblement efficace.

Ajoutez à cela l’alcool, dont les effets délétères sur la santé sont abondamment documentés, et vous obtenez un cocktail nutritionnel d’une redoutable cohérence : gras, trop salé, alcoolisé et massivement consommé au plus mauvais moment possible, en fin de journée.

Mais le pire est à venir.

Cluster au fromage

Car une raclette entre amis coche toutes les cases d’un cluster réussi : fenêtres fermées, ambiance moite, six à huit individus regroupés autour d’une source de chaleur, à moins d’un mètre les uns des autres. On parle fort, on rit, on projette des microgouttelettes avec un enthousiasme difficilement compatible avec les recommandations sanitaires les plus élémentaires.

Le temps s’étire. S’éternise. Deux heures. Parfois trois. Dans une atmosphère progressivement saturée en dioxyde de carbone, odeurs de transpiration et cocktail de virus hivernaux. Une situation que comparent certains épidémiologistes à circuler dans Paris les yeux bandés sur une trottinette débridée.

Parfois, dans les brumes d’alcool et les échanges de miasmes, la soirée dégénère. En 2024, en Bretagne, une soirée raclette a fini en agression au couteau pour une querelle de priorité sur le fromage. En mars 2025, à Saint-Étienne, la tentative de record du monde de la plus grande raclette (2 500 personnes et 800 kg de fromage) a dégénéré en bagarre générale entre participants alcoolisés. Des faits divers emblématiques de la dangerosité d’un plaisir en apparence innocent.

Quant aux bienheureux qui auraient échappé à l’infarctus, au coma lipidique, à la grippe fromagère et à la rixe de fin de soirée, il leur reste un dernier risque, plus discret : les PFAS. Les poêlons, tapissés d’environ 0,5 g à 1 g de PTFE, sont soumis à des températures pouvant dépasser 260 °C, seuil à partir duquel ces revêtements commencent à se dégrader et à émettre des composés indésirables.

C’est l’équivalent d’une pilule empoisonnée de polymère fluoré qu’on laisse ainsi surchauffer des heures durant. Un danger évident qu’aucune étude sérieuse n’a encore permis d’évaluer et qui devrait suffire à invoquer le principe de précaution.

Fauxmage, fausse vertu

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L’accord de Paris en PLS

En France, chaque foyer consomme en moyenne près de 2 kg de fromage à raclette par an. Rapporté à environ 30 millions de ménages, cela représente près de 60 000 tonnes de fromage fondues chaque année dans le plus grand silence médiatique.

Or, le fromage affiche une empreinte carbone d’environ 13,5 kg de CO₂e par kilo. Résultat : rien que pour le fromage à raclette, on atteint environ 0,8 million de tonnes de CO₂e par an. En y ajoutant la charcuterie, on franchit sans difficulté la barre du million de tonnes de CO₂e par an pour la France. Un bilan qui intègre déjà le méthane des vaches et des cochons — mais pas celui des malheureux convives.

Si toute la planète mangeait de la raclette dans les mêmes proportions que les Français, cela représenterait — électricité carbonée en sus comprise — l’équivalent d’environ sept centrales à charbon allemandes de type Neurath, la plus polluante.

On croit chauffer du fromage… et c’est la banquise qui fond.

La raclette jusqu’au black-out ?

Pendant ce temps, l’ADEME nous explique très sérieusement qu’il faudrait débrancher nos box ADSL pour soulager le réseau… Sachant que celles-ci consomment chacune une dizaine de watts en continu, quand un appareil à raclette en mobilise 1 400, une seule soirée raclette efface environ deux semaines d’efforts à débrancher consciencieusement sa box.

Pire : si tous les ménages français lançaient leur appareil à raclette en même temps, on approcherait 42 GW de puissance appelée, soit près de la moitié de la consommation électrique du pays en plein hiver.

Pour donner un ordre de grandeur compatible avec l’imaginaire dominant, cela correspond à environ 17 000 éoliennes installées… ou plutôt plus de 50 000 éoliennes en production réelle, une fois intégré leur facteur de charge. Un parc couvrant environ 20 000 km² — soit l’équivalent de deux régions Île-de-France. Le tout mobilisé simultanément. Pour faire fondre du fromage. Ou plus vraisemblablement le réseau.

Un mille-feuille (rhétorique) bien indigeste

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Solutions pour un monde déraclettisé

Pendant le confinement, les ventes d’appareils à raclette ont explosé de 100 à 300 % selon les enseignes.

Il ne peut pourtant pas y avoir une croissance infinie de la raclette dans un monde fini. Face au dépassement des limites planétaires qu’elle implique, les demi-mesures de l’écologie des « petits gestes » — éteindre la lumière du couloir pendant qu’on branche l’appareil, couper le chauffage deux heures avant, ou finir la cuisson des pommes de terre à la marmite norvégienne — relèvent d’une méconnaissance dramatique des ordres de grandeur.

Certains imaginent un retour aux sources avec la raclette au feu de bois. Tragique erreur : avec des émissions de l’ordre de 4 à 20 grammes de particules fines par soirée, généralisée à l’échelle nationale, la raclette au feu de bois représenterait plusieurs centaines de tonnes de PM2,5 par an. L’équivalent des émissions d’une grande ville française comme Grenoble.

D’autres inventeront sans doute un jour un robot raclette à faisceau laser piloté par IA, ou autre fadaise techno-solutionniste. C’est oublier que les maigres gains ainsi obtenus seront immanquablement effacés par l’effet rebond.

La seule voie, c’est donc la rupture systémique. La raclette responsable et décroissante.

Exit l’hiver, ses pièces confinées et ses excès. Place à une raclette estivale, en extérieur, bas carbone et low-tech. Le fromage pourra avantageusement être remplacé par de la margarine fondue au soleil pour agrémenter des brocolis, bio bien sûr. La charcuterie, quant à elle, pourra être évoquée symboliquement, par exemple sous forme de discussion.

Certes, l’expérience gustative s’en trouvera légèrement modifiée. Mais la sobriété est à ce prix. Car la raclette est un privilège d’un âge révolu. Un privilège que nos petits-enfants nous reprocheront vertement en observant, médusés, des décharges entières de poêlons en Téflon polluer pour l’éternité une planète à + 4 °C.

Le sevrage ne sera évidemment pas facile. Mais pour paraphraser le grand réflexologue plantaire Cyril Dion : « Si on n’arrête pas la raclette, on va arrêter quoi pour faire face au péril climatique ? ».

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Microsoft plans 100% native Windows 11 apps in major shift away from web wrappers | TechSpot

31 mars 2026 à 13:10
Ah ça y est ? Microsoft va arrêter de faire les applications natives de Windows sous forme d'applis web ? C'est pas comme si on savait depuis Electron que ça faisait de la merde (coucou Teams). Cette promesse vous est offerte par la société qui vient juste de transformer l'application Outlook en appli web pour pouvoir collecter plus de données (https://sebsauvage.net/links/?ispozw)
Mais de toute façon, retirer UNE épine quand on a le cul dans des cactus, ça ne va pas changer grand chose. Merci bien, je reste sous Linux.
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L’UFC-Que choisir poursuit en justice l’éditeur de jeux vidéo Ubisoft

31 mars 2026 à 09:52
Un rappel que quand vous "achetez" un jeu, vous n'achetez pas en réalité le jeu. (Contrairement au fait d'acheter un livre, par exemple.)
Vous achetez le droit de jouer au jeu.
Un droit que l'éditeur du jeu peut décider de vous retirer n'importe quand, et sans vous rembourser. Oui c'est du vol.
On accepterait pas qu'un éditeur entre chez nous pour reprendre un livre dans notre bibliothèque. Un livre qu'on a acheté. Ça serait du vol.
Il n'y a pas de raison qu'on le tolère pour les jeux vidéos.
(Et oui, c'est ce qui justifie totalement le fait de retirer les protections/DRM aux jeux.)
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Game Pirates Beat Denuvo with Hypervisor Bypasses — Irdeto Promises Countermeasure * TorrentFreak

31 mars 2026 à 09:08
Denuvo est présenté comme le DRM anti-piratage de jeux le plus résistant. Et pour tout dire, malgré sa nuisance (ralentissement des jeux, jeux qui cessent de fonctionner quand la connexion tombe...) c'est techniquement une réalisation assez admirable (voir https://sebsauvage.net/links/?vY9KrA).

Actuellement, on estime qu'il reste un peu plus d'une cinquantaine de jeux qui résistent. Et plus particulièrement, il faut parfois des mois pour cracker un jeu protégé par Denuvo.

Mais c'est en train de changer : On voit apparaître un Hyperviseur qui se place à un niveau inférieur au noyau de Windows et permet de faire tourner ces jeux sans retirer la protection Denuvo.
Le soucis est qu'il est nécessaire de bidouiller méchamment Windows, jusqu'à désactiver plein de systèmes de sécurité.

C'est moche, mais le résultat est là : Les jeux, même protégés par Denuvo, arrivent sur les sites de Warez le jour même de leur sortie (!).

Personnellement, je ne vous recommande absolument pas de faire tourner ces hyperviseurs sur votre machine Windows. Le risque est trop grand du point de vue sécurité.
(Et cela les rend bien entendu absolument incompatibles avec Wine sous Linux.)
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? #bots (râlage)

31 mars 2026 à 07:16
Non mais pour vous dire à quel point les bots des GAFAMs/IA sont *DÉBILES* regardez le genre de requête que je vois arriver sur le moteur de recherche de mon ancien blog (inactif depuis 2013):

/rhaa/?2011/11&rech=KHALEEJ+GAS+PRICES

Quel esprit sain viendrait chercher sur mon vieux blog le prix du carburant en Inde ???

Devinez qui est ce gros débile ?
Microsoft !   "bingbot/2.0; +bing.com/bingbot.htm)"

Ne venez pas me faire croire que ces gens sont à la pointe de l'intelligence.
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Reçu — 30 mars 2026 De tout et de rien

L’Europe s’apprête à bannir tous les polluants éternels

30 mars 2026 à 20:20

C’est une première historique : l’Union européenne pourrait interdire a priori un ensemble de molécules, plutôt que de les analyser individuellement. Une mesure justifiée, ou un précédent inquiétant ?

Le 26 mars 2026, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a annoncé que ses deux comités scientifiques soutiennent une restriction à l’échelle de l’UE des PFAS, tout en prévoyant des dérogations ciblées pour certains usages jugés essentiels. Un tournant majeur dans le processus de réglementation des produits chimiques dans l’UE.

Des substances omniprésentes dans notre quotidien

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) constituent une vaste famille de composés chimiques synthétiques, regroupant à ce jour plus de 10 000 molécules différentes qui se caractérisent par la présence de liaisons carbone-fluor, parmi les plus solides en chimie organique. Ces substances sont utilisées directement, à l’état liquide, ou pour fabriquer des polymères solides, comme le Téflon présent dans les fameuses poêles Tefal.

Grâce à cette chimie créée par l’homme, les PFAS possèdent des propriétés techniques très recherchées, à la fois pour des applications grand public et hautement techniques. Ils sont très stables mécaniquement, résistants à la chaleur et aux produits chimiques, et présentent un fort pouvoir anti-adhérent. Ils ont également la capacité rare de repousser à la fois l’eau (hydrophobie) et les graisses (lipophobie), et certains agissent comme des tensioactifs. Ces qualités expliquent leur utilisation dans de nombreux domaines : mousses anti-incendie, textiles (habillement ou ameublement), poêles et ustensiles antiadhésifs, électronique, médical, ainsi que dans les matériaux en contact avec les aliments, notamment les emballages en papier ou en carton.

Ces propriétés expliquent leur succès, mais aussi la difficulté à les remplacer, même pour des produits du quotidien. Le carton d’une boîte à pizza, par exemple, doit résister à la chaleur, à l’humidité et surtout aux graisses. Sans traitement spécifique, la matière constituée de fibres de cellulose s’imbibe rapidement, se déforme et peut laisser passer les liquides. Les PFAS permettent d’éviter cela en formant une barrière chimique et physique efficace. Les alternatives existent, mais elles sont moins performantes, plus coûteuses ou nécessitent des compromis.

De la même manière, pour les vêtements imperméables, remplacer les PFAS est un véritable défi. Les traitements déperlants classiques qui se fondent sur eux permettent à l’eau de glisser sur le tissu tout en conservant sa respirabilité. Les alternatives existent, comme les textiles synthétiques, mais elles n’offrent pas le même niveau de performances ; là encore, le compromis est nécessaire pour s’en passer.

Ces propriétés exceptionnelles s’accompagnent néanmoins d’impacts sanitaires et environnementaux importants. Leur grande stabilité rend les PFAS persistants car ils ne se dégradent pas dans la nature. C’est pour cela qu’ils sont souvent qualifiés de « polluants éternels ». De plus, ils sont bioaccumulables, ce qui signifie qu’ils s’accumulent dans les organismes vivants et se concentrent tout au long de la chaîne alimentaire.

Les molécules de PFAS se dispersent facilement dans l’air, les sols et les eaux, ce qui accroît leur potentiel de contamination à grande échelle. Elles proviennent par exemple de sites industriels qui en produisent, de l’utilisation de mousses anti-incendie mais aussi de rejets dans les eaux usées domestiques (lavage de textiles qui en contiennent), car ces substances ne sont pas captées par les stations d’épuration. Leur solubilité dans l’eau favorise notamment la contamination des nappes phréatiques. De plus, leur élimination représente un véritable défi. Ces molécules n’existent pas naturellement, ce qui signifie qu’aucun organisme vivant ne possède d’enzymes capables de les dégrader efficacement.

Dans le cas des PFAS utilisés pour fabriquer des matériaux polymères, comme le Téflon, la pollution se produit lors de leur fabrication et de leur fin de vie, plutôt que lors de leur utilisation. Donc, contrairement à la légende persistante, vous ne courez aucun risque en utilisant votre poêle Tefal. Ainsi, les modes de rejet et de contamination varient fortement selon les applications des PFAS.

Les effets sur la santé humaine restent encore partiellement connus, mais ils suscitent des inquiétudes croissantes. Les chercheurs soupçonnent notamment un « effet cocktail », lié à l’exposition simultanée à plusieurs PFAS, ainsi qu’une possible écotoxicité.

Ainsi, au fil des découvertes scientifiques sur les impacts des PFAS, l’Europe a lancé des procédures réglementaires entre 2000 et 2023. Mais cette dynamique est longue, environ 10 ans par groupe de substances, ce qui génère une substitution des PFAS par d’autres PFAS, avec peu d’efficacité en termes de prévention des risques sanitaires et environnementaux.

La procédure actuellement menée au niveau de l’ECHA, visant une interdiction globale de l’ensemble des PFAS, se veut ainsi plus large afin de limiter ces biais et de favoriser, lorsque cela est possible, une transition technologique pour l’ensemble des usages, qu’ils concernent la consommation grand public ou des applications de haute technicité.

Une restriction d’ampleur inédite

Cette annonce est une étape importante dans le processus de restriction des PFAS. Elle a été initiée par une proposition déposée en 2023 par cinq pays européens, visant à encadrer plus de 10 000 substances en une seule fois, une première dans l’histoire de REACH.

Elle traduit un tournant majeur au sein de l’ECHA : plutôt que de traiter les substances une à une, l’Europe choisit désormais d’agir à l’échelle d’une famille chimique entière, en raison de propriétés communes, notamment leur persistance. Cette décision a été nourrie par un constat : réglementer chaque substance sur la base de données scientifiques consolidées prend de nombreuses années, environ 10 ans par type de substance.

Dans son avis final, le comité d’évaluation des risques de l’ECHA dresse un constat clair, résumé par son président Roberto Scazzola : « L’avis final du RAC et les preuves scientifiques sont clairs : les PFAS peuvent présenter des risques pour les personnes et l’environnement s’ils ne sont pas correctement contrôlés. Une restriction à l’échelle de l’Union européenne constitue donc une mesure efficace pour réduire ces risques. Si des dérogations sont autorisées, le RAC recommande des mesures visant à minimiser les émissions de PFAS. »

Ainsi, pour l’organisme, les mesures réglementaires actuelles ne suffisent plus. Une action à l’échelle européenne est jugée nécessaire pour maîtriser les émissions. Qu’ils soient sous forme de substances ou de polymères, l’ensemble des matériaux et produits contenant ou étant fabriqués à partir de ces substances sont concernés par ce projet de restriction.

Des dérogations ciblées

Si le principe d’une restriction généralisée est confirmé, l’approche retenue se veut pragmatique. Le comité d’analyse socio-économique (SEAC), dans son avis préliminaire, soutient également une interdiction large des PFAS, confirmant l’avis du RAC, tout en insistant sur la nécessité de dérogations ciblées afin de ne pas contraindre des activités industrielles européennes qui dépendent aujourd’hui de ces substances.

Ces exceptions concerneraient des usages pour lesquels :

  • aucune alternative techniquement viable n’existe ;
  • les coûts d’une substitution seraient disproportionnés ;
  • l’arrêt immédiat entraînerait des impacts négatifs supérieurs aux bénéfices attendus.

Cette position reflète la complexité d’un dossier où les PFAS restent, dans certains secteurs, difficilement remplaçables : électronique, dispositifs médicaux, aéronautique ou encore énergie figurent parmi les domaines les plus concernés. Des secteurs stratégiques européens qui seraient fortement impactés par une décision de restriction généralisée les concernant.

L’ECHA ne se contente pas d’ouvrir la porte à des exceptions : elle entend en encadrer strictement les usages et leurs impacts.

Le RAC recommande ainsi la mise en place de mesures de gestion robustes pour les usages bénéficiant de dérogations, notamment :

  • des plans de gestion PFAS spécifiques aux sites industriels ;
  • un suivi systématique des émissions avec déclaration auprès de l’ECHA ;
  • une communication renforcée dans la chaîne d’approvisionnement ;
  • un étiquetage clair pour les consommateurs ;
  • des instructions précises pour l’utilisation et la fin de vie des produits.

L’objectif étant de limiter au maximum les rejets, même dans les cas où l’utilisation des PFAS reste autorisée.

L’annonce du 26 mars s’accompagne de l’ouverture d’une consultation publique de 60 jours sur l’avis du SEAC. Industriels, ONG, chercheurs et citoyens sont invités à contribuer jusqu’au 25 mai 2026. Cette phase de consultation permettra d’affiner les conditions des dérogations et d’évaluer la proportionnalité des mesures proposées en fonction des secteurs industriels et de leur criticité.

Le calendrier reste très soutenu. Le SEAC doit adopter son avis final d’ici la fin de l’année 2026, clôturant ainsi l’évaluation scientifique menée par l’ECHA. Le dossier ainsi finalisé sera transmis à la Commission européenne, qui proposera un texte soumis au vote des États membres.

Un tournant majeur pour l’ECHA

Si la restriction sur les PFAS est adoptée par la Commission européenne, elle entrera en vigueur dès 2027, avec des périodes de transition variables selon les secteurs concernés. Ces délais, exceptionnels par leur durée, peuvent atteindre jusqu’à 13 ans pour les usages où le remplacement ou la substitution reste techniquement complexe.

Dans ce contexte, il est compréhensible de réglementer une large famille de substances présentant des effets et comportements similaires sur l’environnement et la santé humaine. Contrairement à l’approche française, l’ECHA se base sur un consensus scientifique associé à une analyse technico-économique, permettant d’ajuster les mesures en fonction des impacts pour les industries européennes. Toutefois, ce principe ne doit pas devenir une règle, dans un cadre réglementaire parmi les plus stricts au monde.

Autrement dit, la stratégie adoptée pour les PFAS se justifie par la singularité de ces substances, mais elle ne doit pas devenir une exigence réglementaire généralisée. Trouver l’équilibre entre volonté d’anticipation des risques sanitaires et environnementaux et maintien de la compétitivité industrielle sera déterminant pour éviter que l’exigence légitime de précaution ne se transforme en handicap majeur pour l’industrie européenne.

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