❌

Vue normale

Non, un datacenter ne fait pas exploser votre facture d’électricité

21 septembre 2026 à 19:25
Gourmands en électricité, les datacenters vont-ils faire grimper un peu plus nos factures ? L’analyse des données des États américains sur les trois dernières années ne montre pourtant aucune relation statistiquement détectable.L’article Non, un datacenter ne fait pas exploser votre facture d’électricité est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

L’effet Électron #1 : La drogue au pouvoir

15 septembre 2026 à 19:54
Vous pensiez que la drogue menaçait le pouvoir. Le livre de Benjamin Sire raconte comment elle l'a d'abord servi. Avant de se retourner contre lui.L’article L’effet Électron #1 : La drogue au pouvoir est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

La Chine est à 145 dollars de devenir un pays riche

15 septembre 2026 à 13:00
Un Chinois dispose encore en moyenne d'un revenu plus de trois fois inférieur à celui d'un Français, et six fois à celui d'un Américain. À quelques dollars près, la Chine aurait pourtant pu rejoindre cette année, pour la première fois, le club des « pays à haut revenu ».L’article La Chine est à 145 dollars de devenir un pays riche est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Quand l’IA locale sort le marteau-pilon pour écraser une mouche

14 septembre 2026 à 19:41
Plus intelligentes, mais pas toujours plus malignes. Les IA locales peuvent résoudre des problèmes complexes, mais perdre beaucoup de temps et d'énergie sur des questions toutes simples. Le défi n'est plus de faire réfléchir les modèles… Mais de les empêcher de trop en faire.L’article Quand l’IA locale sort le marteau-pilon pour écraser une mouche est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

IA et éducation : la nouvelle panique morale

8 septembre 2026 à 18:15
« L'IA détruit le cerveau de nos enfants ! » Dans ce climat de panique morale, que dit vraiment la science ? Loin d'être une simple machine à tricher, l'intelligence artificielle pourrait bien être le tuteur personnalisé dont notre école a tant besoin.L’article IA et éducation : la nouvelle panique morale est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Complément d’enquête : la paille, la poutre et l’éléphant

5 septembre 2026 à 06:23
Jeudi soir, France 2 a consacré son émission Complément d’enquête à la « guerre de l’info » autour de l’acétamipride. L’émission promettait de débusquer les intox des deux camps. Malheureusement, le fact-checking s'est mué en règlement de comptes.L’article Complément d’enquête : la paille, la poutre et l’éléphant est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Automatisation industrielle : pourquoi le coût du travail reste décisif

3 septembre 2026 à 18:54
Non, le coût du travail français n'est pas une incitation à la robotisation, au contraire. Car automatiser ne fait pas disparaître la masse salariale, il la déplace vers des emplois beaucoup plus qualifiés et mieux rémunérés.L’article Automatisation industrielle : pourquoi le coût du travail reste décisif est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

La Chine vit sa révolution robotique — mais loin des humanoïdes

2 septembre 2026 à 18:41
200 000 robots vendus en une seule année. Pendant que le monde entier a les yeux tournés vers des machines à corps et à visage humain, la Chine travaille sur des modèles moins photogéniques, mais beaucoup plus efficaces. Et c'est avec eux qu'elle est en train de gagner son pari.L’article La Chine vit sa révolution robotique — mais loin des humanoïdes est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Robots : pourquoi les roues ont l’avantage sur les jambes

2 septembre 2026 à 18:41
Les humanoïdes courent, dansent et attirent toutes les caméras. Mais la révolution robotique pourrait leur échapper, au profit d'une invention vieille de 5 000 ans : la roue.L’article Robots : pourquoi les roues ont l’avantage sur les jambes est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Cash Investigation, Envoyé spécial : l’écran de la peur

1 septembre 2026 à 18:32
Musique anxiogène, traque à la caméra, traces infimes transformées en poison : d'Envoyé spécial à Cash Investigation, les mêmes ficelles transforment l'investigation en procès à charge. Et la peur en programme de service public. L’article Cash Investigation, Envoyé spécial : l’écran de la peur est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Générations Futures : la machine à marronniers médiatiques

1 septembre 2026 à 18:32
Prix de l'essence, régimes minceur, pesticides : chaque été, les mêmes marronniers médiatiques refleurissent. L'ONG Générations Futures en est devenue l'un des principaux fournisseurs, malgré des méthodes contestables et des intérêts trop souvent passés sous silence.L’article Générations Futures : la machine à marronniers médiatiques est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Huiles essentielles : le grand double standard

27 août 2026 à 05:45
Quelques gouttes sur l'oreiller d'un enfant. Un diffuseur dans le salon. Une huile essentielle pendant la grossesse. Ces gestes paraissent anodins. Ils ne le sont pas toujours.L’article Huiles essentielles : le grand double standard est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Carlo Leifert, une carrière à science unique sous le signe du bio

24 août 2026 à 19:55
Superviseur de la méta-analyse de 2014, Carlo Leifert a une spécialité : trouver des vertus au bio là où les autres n'en voient pas. De son premier coup d'éclat en 2007 à son récent virage épidémiologique, plongée dans un parcours jalonné de vives controverses.L’article Carlo Leifert, une carrière à science unique sous le signe du bio est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Glyphosate : requiem en sol majeur

19 août 2026 à 18:08
Et si l'un des produits les plus décriés de l'agriculture était en réalité l'un de nos meilleurs atouts agroécologiques ? En permettant de ranger la charrue, le glyphosate est la clé de voûte d'une pratique qui régénère les sols et stocke le carbone : l'agriculture de conservation.L’article Glyphosate : requiem en sol majeur est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Cancer du sein chez les hôtesses de l’air : le coupable est-il à bord ?

27 août 2026 à 19:43
40 % de cancers du sein supplémentaires chez les hôtesses de l’air. Un chiffre spectaculaire qui a participé à la première reconnaissance de cette pathologie comme maladie professionnelle. Mais travailler à bord d’un avion augmente-t-il réellement le risque ?L’article Cancer du sein chez les hôtesses de l’air : le coupable est-il à bord ? est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Cadmium : la méta-analyse pipée qui a fait basculer l’opinion

24 août 2026 à 19:55
« Manger bio permet de réduire de 48 % son exposition au cadmium. » Depuis des mois, médias et politiques répètent ce chiffre avec aplomb. Pourtant, entre manipulation statistique et soupçons de conflits d'intérêts, son histoire est proprement sidérante.L’article Cadmium : la méta-analyse pipée qui a fait basculer l’opinion est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Dessaler l’eau de mer, l’angle mort de la « guerre de l’eau »

23 août 2026 à 06:45
À Mayotte, l'eau est partout… Sauf au robinet. Une usine de dessalement pourrait mettre fin à la pénurie, mais son chantier est aujourd'hui suspendu, après l'action en justice d'associations environnementales. Prudence légitime, ou dogmatisme ?L’article Dessaler l’eau de mer, l’angle mort de la « guerre de l’eau » est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Prolétaires de tous les pays, capitalisez !

17 août 2026 à 19:27

Faire fructifier nos cotisations plutôt que les engloutir ? La retraite par capitalisation est une nécessité, tant notre système par répartition est au bord du gouffre. La transition est possible. Refuser de la faire, c’est laisser les plus précaires au bord du chemin.

Dans le débat présidentiel qui s’amorce, les candidats sont (enfin) frappés d’une même épiphanie : notre système de retraite est à bout de souffle et il est temps d’en réformer le financement. L’ancien haut fonctionnaire Jean-Pascal Beaufret en a chiffré le déficit réel à 81 milliards d’euros par an, contributions de l’État comprises. Et la démographie censée le supporter est en berne. Même Marine Le Pen, pourtant rétive au libéralisme, s’y est mise, en plaidant désormais pour une capitalisation « volontaire », « pour ceux qui le peuvent ». La précision est savoureuse, car la France reste (heureusement) un pays libre où chacun peut (encore) placer son épargne comme il l’entend. Le mécanisme proposé existe déjà et a été renforcé en 2019, via la création du Plan d’épargne retraite (PER), ayant déjà séduit près de treize millions de souscripteurs et franchi les 150 milliards d’euros d’encours. Avec le ralliement du Rassemblement national, presque toutes les principales forces politiques – hormis certains partis de gauche, La France insoumise en tête – se disent désormais ouvertes à une dose de capitalisation. Le moment est idéal pour regarder de près ce mécanisme, et ce qu’il peut vraiment apporter.

Comment ça marche ?

À la différence du système par répartition régissant actuellement nos retraites, la capitalisation mise sur le temps pour générer ses ressources. Dans la répartition, les cotisations des actifs sont transférées chaque mois vers les retraités pour payer leurs pensions. Dans la capitalisation, elles sont investies, puis reviennent à l’actif sous forme de dividendes le jour où il cesse de travailler. L’économiste Patrick Artus avait illustré l’apport concret de la capitalisation sur le long terme. Selon ses calculs, un euro placé en 1982 valait deux euros quarante ans plus tard dans la répartition, quand il aurait pu en valoir vingt-deux dans la capitalisation. Une dose de capitalisation permet donc de générer des pensions plus généreuses ou d’amoindrir le poids des cotisations dans le salaire net.

La capitalisation au Krach-test !

J’approfondis
Un mannequin en combinaison orange pilote un kart tout en brandissant de l'argent sur un paysage surréaliste de graphiques boursiers.

Où cela marche déjà ?

Nul besoin de chercher bien loin des exemples de réussites. Les Pays-Bas ont adossé leur système à un puissant pilier de capitalisation, quasi universel. Le résultat est éloquent. Ils profitent d’un taux de remplacement (ratio de la pension par rapport au dernier salaire versé) parmi les plus élevés de l’OCDE, supérieur à 90 %, contre 60 % en moyenne en France. Une performance obtenue avec un poids des retraites dans le PIB deux fois inférieur au nôtre (7 % contre plus de 14 % chez nous) et qui permet à leurs fonds de pension de peser désormais une fois et demie la richesse de leur pays.

En France, il n’y a pas que les titulaires d’un PER qui profitent de la capitalisation. Depuis 2005, les fonctionnaires cotisent à un régime par capitalisation obligatoire, le RAFP, quand d’autres professions (les pharmaciens en tête, devant les agents de la Banque de France et les élus) disposent du leur, créé pour faire face à une démographie déclinante. Solides et bien provisionnés, ces régimes traversent les crises sans dommage. Ce qui fonctionne pour eux pourrait fonctionner pour tous.

Le rendez-vous manqué de 1999

La France a failli généraliser ce procédé à tous les salariés. En 1999, le gouvernement Jospin crée le Fonds de réserve pour les retraites, précisément pour amortir le choc du papy-boom à venir grâce à de l’épargne collective. Si l’intuition était bonne, la réalisation n’a pas suivi. Ce fonds n’a jamais vraiment capitalisé pour nos vieux jours. Dès 2010, les ressources qui l’alimentaient et les dividendes qu’il générait ont été redirigées vers la CADES pour éponger la dette sociale. Notre seule réserve de long terme a fini en tirelire pour boucher les trous du passé. Le rendez-vous était pris, mais nous l’avons manqué.

Combien faudrait-il, et comment y parvenir ?

Posons un ordre de grandeur. Pour verser 350 euros de plus chaque mois à 18 millions de retraités (chiffre projeté en 2045), il faudrait disposer d’un fonds d’environ 1 500 milliards d’euros qui, placé à 5 % net (soit légèrement moins que la performance annuelle moyenne des bourses mondiales depuis 1900), dégagerait 75 milliards de revenus par an. On peut l’amorcer en transférant les réserves déjà constituées – environ deux cents milliards entre l’Agirc-Arrco, le reliquat du Fonds de réserve et les encours du PER –, puis l’alimenter de 25 à 30 milliards par an, correspondant à 10 % des cotisations retraites versées actuellement par les salariés (qui imposera donc en parallèle une baisse des pensions du même montant). À 5 %, la mécanique des intérêts composés permet d’atteindre la cible en vingt ans. La transition a un coût, qui pèsera d’abord sur les pensions d’aujourd’hui (les salariés ne pourront être mis à contribution dans le cadre d’un double versement, leur pouvoir d’achat étant déjà bien amputé par les cotisations actuelles). Mais c’est le prix pour cesser de cotiser à perte et offrir aux suivants une retraite digne de ce nom.

Comment financer notre économie ?

À l’inverse de la répartition qui ne produit aucun capital, la capitalisation constitue un trésor de guerre patient, investi sur des décennies. Or la France en manque cruellement. Faute de fonds de pension nationaux, la moitié du capital du CAC 40 est aujourd’hui aux mains d’investisseurs étrangers, selon la Banque de France. Nos fleurons sont financés par les fonds de pension néerlandais, canadiens ou américains, qui empochent les dividendes que nous ne savons pas capter. Un fonds collectif à la française inverserait la donne. Il orienterait l’épargne des Français vers les entreprises françaises, les start-up et les infrastructures, et garderait chez nous les fruits de cette croissance. Le PER montre déjà la voie, avec plus de 80 % de ses actifs placés en France et en Europe. Il suffirait de changer d’échelle.

Le vrai débat : obligatoire, collective ou volontaire ?

C’est sur cette modalité que tout se joue. La capitalisation volontaire, chacun la pratique déjà s’il en a les moyens, à coups de plan d’épargne retraite, d’assurance-vie ou d’achats immobiliers. Mais qui peut réellement épargner ?

Prenons un salarié payé 1 600 euros net par mois. Chaque mois, environ 565 euros quittent son salaire brut pour financer la retraite par répartition, quand l’INSEE évalue sa capacité d’épargne personnelle à 80 euros. Il épargne donc sept fois moins que ce qu’il cotise. Et pour récupérer les quelque 290 000 euros qu’il aura versés sur sa carrière, il lui faudrait vivre jusqu’à quatre-vingt-neuf ans. Dans le cadre d’une capitalisation financée par 10 % de ses cotisations, il récupérerait 103 000 € à la retraite (31 000 € de versements et 72 000 € d’intérêts). En plaçant à 3 %, il pourrait se verser un complément de revenu de 300 € par mois sans toucher au capital qu’il pourra léguer à ses enfants.

Seule une capitalisation à la fois obligatoire et collective renverse la table. Obligatoire, elle embarque tout le monde et élargit l’assiette des cotisants. Collective, elle mutualise les risques, comprime les frais de gestion et profite d’abord aux plus modestes. C’est la seule forme permettant à tous les salariés les plus précaires de toucher, eux aussi, un dividende le jour de leur retraite.

Choisir la capitalisation collective et obligatoire, c’est faire œuvre de justice sociale, en relevant les petites pensions au lieu de réserver l’épargne aux plus aisés. C’est aussi cesser de voir nos fleurons passer sous pavillon étranger en dirigeant l’épargne des Français vers leurs propres entreprises. Non, la capitalisation n’est pas l’ennemie de notre modèle social. Elle pourrait même en devenir l’alliée la plus solide.

L’article Prolétaires de tous les pays, capitalisez ! est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Éric Servat : « L’eau ne doit pas être otage des luttes politiques »

16 août 2026 à 06:45

Bassines, sécheresse, Plan Eau, dessalement… Figure majeure de l'hydrologie française, Éric Servat sonne l'alarme face à un débat qu'il juge gangrené par l'idéologie. Il appelle à revenir d'urgence aux faits, à la science et aux réalités locales.

Hydrologue spécialiste de la gestion de la ressource en eau, Éric Servat a passé plusieurs décennies à l'étudier sur le terrain, en particulier en Afrique, avant de diriger des institutions de recherche de premier plan. Directeur honoraire du Centre international UNESCO sur l'eau, qu'il a créé en 2020, directeur de recherche à l'IRD et professeur associé à l'université de Montpellier, il observe aujourd'hui avec inquiétude la tournure prise par le débat français.

Au point de prendre la plume. Dans Le Grand Défi de l'eau, publié il y a quelques mois, il s'attaque aux idées reçues, aux postures militantes et aux solutions toutes faites qui, selon lui, ont progressivement contaminé la gestion d'une ressource pourtant trop vitale pour devenir un champ de bataille idéologique.

Les Électrons Libres : Vous décrivez votre livre comme « un plaidoyer pour la raison, l'espoir et l'action ». Que voulez-vous dire par là ?

Éric Servat : J'en avais assez d'entendre n'importe qui dire n'importe quoi. Dans les pays où j'ai vécu, notamment en Afrique, j'ai approché de près la problématique de la ressource en eau. J'ai vu des gens en grande difficulté par manque d'eau ou parce qu'elle était de mauvaise qualité. C'est pourquoi j'aimerais qu'on retrouve un peu de sérénité sur cette question en France, où tous les sujets sont devenus clivants et polémiques, générant de l'hystérie et de la violence, de façon presque indécente au regard de la situation des pays sahéliens par exemple. Pour l'eau comme pour d'autres sujets nous avons, en France, une capacité d'analyse, de décision et d'action que beaucoup nous envient.

Les débordements du printemps 2023 autour des « mégabassines » à Sainte-Soline m'ont choqué. C'est en partie la raison de ce livre : répondre à des discours souvent purement militants, donner au grand public des clés de compréhension et souligner les progrès accomplis ces dernières décennies en matière de gestion de la ressource. Certes, en tant que scientifique, il est compliqué de se positionner car le débat est fréquemment préempté par des visées de politique politicienne. Des gens qui n'y connaissent rien martèlent des affirmations erronées parce que leur projet politique sous-jacent est de renverser le « système » et de mettre en place un autre modèle de société. L'eau ne doit pas être otage de ces luttes politiques. Elle mérite mieux que ça.

Un discours rationnel est-il encore audible ?

Difficilement, car une partie de la communauté scientifique est elle-même partie prenante. On l'a vu lors des débats sur la loi Duplomb : les faits et les données ne sont pas pris en compte. Il faut revenir aux fondamentaux. Nos sociétés se sont construites depuis la nuit des temps autour de l'eau, dont on oublie trop souvent aujourd'hui les dimensions économique, sociale et culturelle.

« La quantité totale de précipitations ne change pas beaucoup, mais l'irrégularité s'accroît »

Comment le changement climatique affecte-t-il le cycle de l'eau ?

Le cycle hydrologique (précipitations, ruissellement, infiltration, évaporation) est modifié par le réchauffement : davantage d'évaporation, davantage de transpiration par les plantes. Résultat, une partie de l'eau remonte plus vite et plus fort vers l'atmosphère et les sols se dessèchent plus rapidement, notamment en surface. Autrement dit, le cycle de l'eau s'accélère et l'atmosphère stocke davantage de vapeur d'eau supplémentaire : 7 % de plus pour une hausse de température de 1 degré.

On observe déjà les conséquences de cette situation. Dans l'arc méditerranéen, que je connais bien puisque je vis à Montpellier, les classiques épisodes dits « cévenols » surviennent dans une atmosphère bien plus chargée en vapeur d'eau, entraînant des pluies potentiellement plus intenses, des crues violentes et un ruissellement accru puisque l'eau s'infiltre mal dans le sol imperméabilisé par la sécheresse. La quantité totale d'eau précipitée ne change pas beaucoup mais l'irrégularité des pluies s'accroît. Au final, une grande partie de cette eau est « perdue » pour la recharge des aquifères.

D'une autre manière, les Pyrénées-Orientales subissent aussi ce changement : de 2022 à 2024, on y a observé une sécheresse d'une intensité telle que certains paysages et certaines contraintes d'usage de l'eau ont temporairement évoqué ceux de régions semi-désertiques, ce qui a fortement impacté l'économie locale (agriculture et tourisme).

« Le mille-feuilles administratif doit être revisité en profondeur. Il faut simplifier le système »

Vous jugez sévèrement les politiques publiques menées depuis des années dans ce domaine. Pourquoi ?

Excessivement complexe, le mille-feuilles administratif doit être revisité en profondeur. Certes, les grandes agences de bassins (dédiées aux principaux fleuves comme le Rhône, la Loire ou la Seine) sont à conserver, leurs Comités de Bassin étant de vrais lieux de discussion et de décision entre tous les types d'acteurs de l'eau. Mais en matière d'exploitation de la ressource en eau, c'est l'échelle du bassin versant qui est pertinente. Or, les compétences sont aujourd'hui éparpillées entre les communes, communautés de communes, départements et régions, auxquelles s'ajoutent celles des agences locales de l'eau, des schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), des schémas d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE), des PTGE, des CLE, etc. Il faut simplifier le système et s'appuyer sur les contraintes locales.

Vous n'êtes guère plus indulgent pour le Plan Eau, lancé en 2023.

Ce plan n'a rien d'innovant, ni dans ses constats – les mêmes qu'il y a dix ans – ni dans ses recommandations. S'il s'agit juste de prôner la sobriété (mot valise et culpabilisant car évoquant une addiction, auquel je préfère « économies d'eau » ou « optimisation des usages de l'eau ») et l'amélioration de la qualité de l'eau, on n'a pas besoin de grand Plan Eau ! Sauf peut-être dans un État aussi jacobin que le nôtre, dans lequel on a toujours besoin d'un signal « venu d'en haut » …

Article réservé à nos abonnés.

Lire la suite s'abonner dès 5€/mois

L’article Éric Servat : « L’eau ne doit pas être otage des luttes politiques » est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

❌