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Google Tests AI Data Center In Space

Par : BeauHD
3 octobre 2026 à 07:00
Longtime Slashdot reader Geoffrey.landis shares a report from NPR: Google just put a refrigerator-sized satellite into space, part of a research project the company hopes can pave the way for orbiting AI data centers powered by the sun. The prototype satellite has four specialty chips in it called Tensor Processing Units, or TPUs, that Google designed for machine learning and has already deployed in data centers on Earth. The chips will run a version of the company's Gemma AI model for 15 minutes at a time due to heat management constraints, using the open weight model to answer simple queries. In a blog post, Google said the mission will gauge how the TPUs handle "the physical stress of spaceflight and the radiation and thermal extremes of space." The satellite launched October 1 is a prototype that Travis Beals, senior director and lead of Project Suncatcher, called "a very minimal test" to make sure the chips can run in space. A SpaceX rocket carried it into orbit, and Planet will get it up and running. Beal said Google will then fire up and test the TPUs. The goal is for the mission to be operational for a year.

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arXiv limite les soumissions à 2 par mois pour faire face à la submersion due à la genAI

2 octobre 2026 à 14:53
Buffer overflow
arXiv limite les soumissions à 2 par mois pour faire face à la submersion due à la genAI

Submergée par les propositions d’articles générés par IA, la plus ancienne et populaire des plateformes de prépublication scientifique resserre encore ses restrictions de soumissions.

La soumission incessante d’articles générés par IA commence à épuiser les équipes de plateformes de prépublications scientifiques. On l’a vu très récemment avec le cas du chercheur Nicholas Polson qui a mis en ligne plus de 200 prépublications depuis le début de l’année, essentiellement sur la plateforme SSRN de la multinationale Elsevier.

Mais la plus ancienne et populaire de ces plateformes n’est pas épargnée, au contraire. En octobre 2025, elle prenait la décision de ne plus accepter aucune prépublication d’articles de synthèse ou d’argumentaires sur l’IA. Dans ce champ disciplinaire, seuls les articles sur une nouveauté scientifique sont acceptés depuis.

En mai dernier, elle avait annoncé la mise en œuvre d’une sanction spécifique concernant l’utilisation de l’IA : une suspension d’un an pour celles et ceux qui soumettent des articles générés par IA qui n’ont manifestement pas été vérifiés. Après cette suspension, arXiv n’accepte de nouveau des articles signés par l’auteur confondu que s’ils ont été acceptés par des revues ou des conférences (ce qui enlève beaucoup d’intérêt à soumettre sur la plateforme).

Les soumissions d’articles à arXiv continuent de grimper

Mais ces mesures ne semblent pas avoir suffi. Rien que pour le domaine de l’IA, les soumissions continuent à monter en flèche :

Et arXiv précise que pour les autres domaines, les soumissions ont doublé depuis janvier 2024.

Pour la plateforme, limiter les soumissions par utilisateur s’impose de plus en plus. « Avant l’avènement de l’IA, il existait une limite pratique clairement identifiable quant au rythme auquel des soumissions indépendantes pouvaient être produites, et les modérateurs bénévoles d’arXiv limitaient le nombre de soumissions des auteurs qui dépassaient largement ce seuil », explique-t-elle dans un billet de blog.

Mais maintenant, « les outils d’IA devenant de plus en plus sophistiqués et accessibles aux auteurs, la « limite pratique » du nombre d’articles pouvant être soumis fait désormais l’objet d’un débat », ajoute-t-elle.

La limite des bénévoles est atteinte

Surtout que la plateforme s’appuie sur des bénévoles. « Une proportion relativement faible d’auteurs soumet un grand nombre d’articles de mauvaise qualité et accapare une part disproportionnée du temps des modérateurs », souligne le président du Conseil consultatif éditorial d’arXiv, Thomas Dietterich. « Cette situation est injuste pour les auteurs qui continuent à soumettre des articles de qualité : leurs articles peuvent en effet subir des retards de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines », constate-t-il.

Deux soumissions par mois, une limite raisonnable

L’équipe a choisi de mettre en œuvre une limite de deux soumissions par mois (calendaire) par auteur ainsi qu’une limite de trois soumissions en attente de vérification. Cette limite s’applique de toute façon, même si les articles soumis avant ont été rejetés. Elle rappelle aussi que « les articles soumis à arXiv doivent présenter des travaux de recherche originaux, novateurs et significatifs, constitués en un tout cohérent et s’inscrivant dans les catégories d’arXiv ».

En décidant cette limite drastique du nombre de soumissions par auteur, arXiv semble avoir trouvé le bon moyen de limiter la submersion. En effet, il n’est pas simple de créer un compte sur la plateforme et un auteur qui aurait envie de soumettre plus d’articles ne peut pas éviter la restriction via un nouveau compte. Ainsi, libre à chacun de choisir les deux articles maximum qu’il veut mettre en ligne sur arXiv pendant un mois, ce qui est déjà une limite très importante comparée au taux moyen de publication des chercheurs dans des revues scientifiques.

arXiv limite les soumissions à 2 par mois pour faire face à la submersion due à la genAI

2 octobre 2026 à 14:53
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arXiv limite les soumissions à 2 par mois pour faire face à la submersion due à la genAI

Submergée par les propositions d’articles générés par IA, la plus ancienne et populaire des plateformes de prépublication scientifique resserre encore ses restrictions de soumissions.

La soumission incessante d’articles générés par IA commence à épuiser les équipes de plateformes de prépublications scientifiques. On l’a vu très récemment avec le cas du chercheur Nicholas Polson qui a mis en ligne plus de 200 prépublications depuis le début de l’année, essentiellement sur la plateforme SSRN de la multinationale Elsevier.

Mais la plus ancienne et populaire de ces plateformes n’est pas épargnée, au contraire. En octobre 2025, elle prenait la décision de ne plus accepter aucune prépublication d’articles de synthèse ou d’argumentaires sur l’IA. Dans ce champ disciplinaire, seuls les articles sur une nouveauté scientifique sont acceptés depuis.

En mai dernier, elle avait annoncé la mise en œuvre d’une sanction spécifique concernant l’utilisation de l’IA : une suspension d’un an pour celles et ceux qui soumettent des articles générés par IA qui n’ont manifestement pas été vérifiés. Après cette suspension, arXiv n’accepte de nouveau des articles signés par l’auteur confondu que s’ils ont été acceptés par des revues ou des conférences (ce qui enlève beaucoup d’intérêt à soumettre sur la plateforme).

Les soumissions d’articles à arXiv continuent de grimper

Mais ces mesures ne semblent pas avoir suffi. Rien que pour le domaine de l’IA, les soumissions continuent à monter en flèche :

Et arXiv précise que pour les autres domaines, les soumissions ont doublé depuis janvier 2024.

Pour la plateforme, limiter les soumissions par utilisateur s’impose de plus en plus. « Avant l’avènement de l’IA, il existait une limite pratique clairement identifiable quant au rythme auquel des soumissions indépendantes pouvaient être produites, et les modérateurs bénévoles d’arXiv limitaient le nombre de soumissions des auteurs qui dépassaient largement ce seuil », explique-t-elle dans un billet de blog.

Mais maintenant, « les outils d’IA devenant de plus en plus sophistiqués et accessibles aux auteurs, la « limite pratique » du nombre d’articles pouvant être soumis fait désormais l’objet d’un débat », ajoute-t-elle.

La limite des bénévoles est atteinte

Surtout que la plateforme s’appuie sur des bénévoles. « Une proportion relativement faible d’auteurs soumet un grand nombre d’articles de mauvaise qualité et accapare une part disproportionnée du temps des modérateurs », souligne le président du Conseil consultatif éditorial d’arXiv, Thomas Dietterich. « Cette situation est injuste pour les auteurs qui continuent à soumettre des articles de qualité : leurs articles peuvent en effet subir des retards de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines », constate-t-il.

Deux soumissions par mois, une limite raisonnable

L’équipe a choisi de mettre en œuvre une limite de deux soumissions par mois (calendaire) par auteur ainsi qu’une limite de trois soumissions en attente de vérification. Cette limite s’applique de toute façon, même si les articles soumis avant ont été rejetés. Elle rappelle aussi que « les articles soumis à arXiv doivent présenter des travaux de recherche originaux, novateurs et significatifs, constitués en un tout cohérent et s’inscrivant dans les catégories d’arXiv ».

En décidant cette limite drastique du nombre de soumissions par auteur, arXiv semble avoir trouvé le bon moyen de limiter la submersion. En effet, il n’est pas simple de créer un compte sur la plateforme et un auteur qui aurait envie de soumettre plus d’articles ne peut pas éviter la restriction via un nouveau compte. Ainsi, libre à chacun de choisir les deux articles maximum qu’il veut mettre en ligne sur arXiv pendant un mois, ce qui est déjà une limite très importante comparée au taux moyen de publication des chercheurs dans des revues scientifiques.

La semaine intense de SpaceX : toutes ses fusées utilisées, première orbite du Starship, record américain de vitesse vers l’ISS et mission top secrète

2 octobre 2026 à 14:48

falcon heavy starship

SpaceX a lancé ses trois modèles de fusées en moins de quatre jours. Le Starship est parti ce lundi 28 septembre, puis deux Falcon 9 et une Falcon Heavy ont décollé en moins de 13 heures, entre ce jeudi 1er octobre et la nuit suivante. Pour la première fois, le Starship a atteint l'orbite.

8 heures pour rejoindre l’ISS : Crew-13 bat un record américain, mais ce n’est pas un exploit calculé

2 octobre 2026 à 11:02

L'arrivée de Crew-13 à l'ISS

Le vaisseau transportant l'équipage Crew-13 a rejoint la Station spatiale internationale après tout juste huit heures de vol. Du jamais vu pour les États-Unis, mais une réussite qui tient avant tout à la chance.

Quatre tirs en quatre jours : SpaceX fait décoller toutes ses fusées, avec des misions inédites

2 octobre 2026 à 08:18

falcon heavy starship

SpaceX a lancé ses trois modèles de fusées en moins de quatre jours. Le Starship est parti ce lundi 28 septembre, puis deux Falcon 9 et une Falcon Heavy ont décollé en moins de 13 heures, entre ce jeudi 1er octobre et la nuit suivante. Pour la première fois, le Starship a atteint l'orbite.

SpaceX lance Crew-13 : suivez en temps réel le voyage américain le plus rapide de l’histoire vers l’ISS

1 octobre 2026 à 15:46

Comme pour la mission de Sophie Adenot en février, SpaceX permet de suivre en temps réel la capsule de Crew-13, partie ce jeudi 1er octobre à 17h10 vers la Station spatiale internationale avec quatre astronautes à bord.

Suivez en direct le décollage de SpaceX Crew-13, en attendant le retour de Sophie Adenot

1 octobre 2026 à 14:52

crew-13 falcon 9 crew dragon

SpaceX doit lancer la mission Crew-13 vers la Station spatiale internationale ce jeudi 1er octobre à 17h10, heure de Paris. Le décollage arrive avec près de trois semaines de retard, à cause d'une fuite sur la capsule Dragon.

On dirait vraiment l’Étoile noire, mais ce sont d’incroyables aurores boréales (vidéo)

1 octobre 2026 à 11:02

La Terre et ses aurores vues par Smile

Le satellite Smile a commencé ses observations scientifiques et propose une vue de la Terre très inhabituelle, où des aurores boréales apparaissent. Une vision qui rappelle beaucoup un monstrueux vaisseau de Star Wars mais qui a pourtant une explication scientifique.

Vol Flydubai FZ1073 : Trump félicite Boeing après la terrible plongée du 737 MAX, et vante sa résistance, mais attention aux conclusions hâtives

1 octobre 2026 à 10:15

Le Boeing 737 MAX 8 du vol Flydubai FZ1073 a perdu plus de 4 200 mètres d'altitude en moins de trente secondes ce mercredi 30 septembre, après une altercation violente dans le cockpit, avant de se poser à Tabouk, en Arabie saoudite. Les 174 personnes à bord ont survécu.

Du jamais-vu pour le Starship ? Trois semaines après son premier vol orbital, la fusée géante devrait revoler, et peut-être deux fois en octobre

1 octobre 2026 à 07:53

Un document de la FAA, l'autorité américaine de l'aviation civile, cale le 15e vol du Starship au plus tôt le 19 octobre 2026. Ce serait trois semaines seulement après le premier vol orbital de la fusée géante, ce lundi 28 septembre.

SpaceX Crew-13 décolle jeudi après trois semaines de retard, Sophie Adenot peut préparer son retour

1 octobre 2026 à 05:02

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SpaceX doit lancer la mission Crew-13 vers la Station spatiale internationale ce jeudi 1er octobre à 17h10, heure de Paris. Le décollage arrive avec près de trois semaines de retard, à cause d'une fuite sur la capsule Dragon.

SpaceX lance pour la première fois une Falcon Heavy pour une mission secrète du renseignement américain

30 septembre 2026 à 13:00

Une fusée Falcon Heavy de SpaceX doit décoller de Floride dans la nuit du 1er au 2 octobre 2026 pour le NRO, l'agence américaine des satellites espions. C'est la première mission de cette agence confiée au lanceur lourd de SpaceX.

SpaceX dévoile des vidéos inédites du Starship lors du vol 14

30 septembre 2026 à 11:02

SpaceX a publié ce mardi 29 septembre de nouvelles vidéos au ralenti du décollage du Starship, filmées depuis le pas de tir et la tour de Starbase, au Texas. Elles montrent le 14e vol de la fusée géante, le premier à atteindre l'orbite.

Code d’urgence, alerte au détournement : le mystère du vol flydubai FZ1073 qui a affolé Flightradar24

30 septembre 2026 à 09:16

Parti de Dubaï pour Tel-Aviv ce mercredi 30 septembre, le vol flydubai FZ1073 a émis un code de détournement avant de se poser en Arabie saoudite. Sur Flightradar24, il est devenu le vol le plus suivi du moment.

Avec 52 tonnes en orbite lors de son 14e vol, Starship entre dans le top 3 des plus gros lanceurs de l’histoire

30 septembre 2026 à 07:06

SpaceX a placé 26 satellites Starlink V3 en orbite ce lundi 28 septembre 2026, lors du 14e vol de son Starship. Ils pèsent environ 52 tonnes au total. Une infographie publiée sur X classe ce chargement au troisième rang des plus lourds de l'histoire, derrière la navette soviétique Bourane et la station américaine Skylab.

Après un vol test calamiteux, la Nasa veut quand même refaire voler des astronautes dans le Starliner d’ici 2028

29 septembre 2026 à 16:21

La Nasa a annoncé ce lundi 28 septembre qu'elle veut refaire voler des astronautes dans la capsule Starliner de Boeing d'ici 2028, et qu'elle compte lui commander deux missions de plus.

Le 14e vol du Starship était historique, mais le record absolu lui échappe

29 septembre 2026 à 14:13

SpaceX a placé 26 satellites Starlink V3 en orbite ce lundi 28 septembre 2026, lors du 14e vol de son Starship. Ils pèsent environ 52 tonnes au total. Une infographie publiée sur X classe ce chargement au troisième rang des plus lourds de l'histoire, derrière la navette soviétique Bourane et la station américaine Skylab.

L’Allemagne se lance concrètement pour sauver les données climatiques menacées par Trump

29 septembre 2026 à 12:56
Retten wir die Daten
L’Allemagne se lance concrètement pour sauver les données climatiques menacées par Trump

L’Allemagne se lance dans la résilience des données scientifiques sur le climat en finançant plusieurs projets et en mettant à disposition son data center créé en 2022 pour abriter les données allemandes sur le sujet. Reste que les financements ne sont pour l’instant pas pérennes et devront être renouvelés après 2027.

Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, les données sur le climat stockées par les États-Unis sont menacées. Les chercheuses et chercheurs allemands mettent maintenant en place des infrastructures pour les protéger.

Dès janvier 2025, des chercheurs et militants états-uniens ont essayé de prémunir les informations et données des agences de leur suppression. Mais l’attaque de l’administration Trump contre les données scientifiques est massive. 375 jeux de données ont déjà été touchés, selon le relevé du projet dataindex.us. Politico vient de son côté de révéler que des associations conservatrices traquent les chercheurs américains sur le climat en faisant nombre de demandes d’accès à des documents administratifs.

En Europe, une certaine volonté de les aider est affichée. L’année dernière, le directeur général délégué à la science du CNRS, Alain Schuhl affirmait que les bases de données sont « l’urgence absolue ». Mais, depuis, la plus importante structure scientifique française a encore vu son budget baisser avec le constat d’ « un net désengagement de l’État ». Et aucun projet de financement français ne semble émerger alors que la direction du CNRS s’est lancée dans une réorganisation du monde de la recherche.

Concrétisation en Allemagne

C’est d’outre-Rhin que des initiatives plus concrètes semblent arriver. Ainsi, comme l’explique le magazine de l’École de l’environnement de Yale, plusieurs racks qui vont être ajoutés dans le German Climate Computing Center (DKRZ) pour accueillir les données jusque-là stockées par les laboratoires américains. Les capacités de stockage du DKRZ, actuellement de 254 pétaoctets, se voient augmenter de 5 pétaoctets qui doivent être alloués à la sauvegarde des données venant des projets américains.

La Fondation allemande pour la recherche (DFG) a obtenu de son gouvernement des financements visant à sécuriser les référentiels de données menacés et à promouvoir la résilience des données. En tout, l’Allemagne prévoit de financer 10 projets autour de cette « résiliences des données ».

Le projet SEND Earth Data va, par exemple, identifier les jeux de données et les services à risque et mettre en place des systèmes de redondance « là où cela s’avère nécessaire et en élaborant des stratégies durables pour leur conservation et leur accessibilité à long terme ». L’idée n’est pas seulement de faire des backups mais d’instaurer des standards pour l’acquisition des données, s’assurer de leur qualité, de leur enrichissement par des métadonnées et de leur conservation à long terme.

Certains chercheurs allemands ont déjà identifié des besoins. Ainsi, un autre projet, nommé CMIP7-ark, a prévu de mettre en place sur le DKRZ ce qu’ils appellent une « zone de réplication d’urgence » pour « dupliquer les flux de données américains hautement prioritaires dès leur publication » concernant le CMIP7, un projet international de comparaison des modèles climatiques.

« Bien que les données soient diffusées par l’intermédiaire de l’Earth System Grid Federation (ESGF), les faiblesses structurelles et les coupes budgétaires prévues au sein des agences scientifiques américaines (NASA, NOAA, NCAR, DOE) menacent la stabilité opérationnelle de leurs nœuds de données locaux », expliquent-ils. « Toute interruption de l’accès créerait un « vide de données » critique, entravant gravement les capacités de recherche allemandes en matière de détection de signaux climatiques à haute résolution et de modélisation comparative du système terrestre ».

Des projets de résilience des données au-delà du climat

Les projets de « résilience des données » ne s’arrêtent pas au climat. Ainsi, le biologiste Lorenz Christian Reimer a convaincu la DFG de financer l’intégration des données de transcriptions de gènes du projet RegulonDB, créé en 1998 et financé jusqu’à récemment par le NIH américain, dans l’outil DSMZ Digital Diversity géré par son équipe.

La DFG finance aussi un projet qui veut « répondre au besoin urgent de créer une plateforme européenne dédiée au dépôt des données biomoléculaires de résonance magnétique nucléaire (RMN), actuellement stockées, annotées et gérées par le BMRB aux États-Unis ».

Mais un financement non pérenne

L’Allemagne semble donc avoir mis les mains dans le cambouis de la « résilience » des données de la science, jusque-là très souvent stockées par les diverses agences états-uniennes. Si on peut saluer l’effort, notons quand même que la DFG souligne dans ses « guidelines » [PDF] que « cette initiative de financement est limitée aux années 2026 et 2027 » et que les « projets peuvent bénéficier d’un financement jusqu’au 31 décembre 2027 au plus tard ; cette date marque également la fin de la durée du projet ».

Ce financement « par projet », qui s’est généralisé depuis des années dans la recherche européenne et qui limite sa portée à quelques années, est en contradiction avec la résilience des données qui demande que l’engagement de financement s’étale sur le long terme. Les chercheurs qui les portent vont devoir espérer que d’autres institutions, allemandes ou européennes, acceptent de reprendre le flambeau.

L’Allemagne se lance concrètement pour sauver les données climatiques menacées par Trump

29 septembre 2026 à 12:56
Retten wir die Daten
L’Allemagne se lance concrètement pour sauver les données climatiques menacées par Trump

L’Allemagne se lance dans la résilience des données scientifiques sur le climat en finançant plusieurs projets et en mettant à disposition son data center créé en 2022 pour abriter les données allemandes sur le sujet. Reste que les financements ne sont pour l’instant pas pérennes et devront être renouvelés après 2027.

Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, les données sur le climat stockées par les États-Unis sont menacées. Les chercheuses et chercheurs allemands mettent maintenant en place des infrastructures pour les protéger.

Dès janvier 2025, des chercheurs et militants états-uniens ont essayé de prémunir les informations et données des agences de leur suppression. Mais l’attaque de l’administration Trump contre les données scientifiques est massive. 375 jeux de données ont déjà été touchés, selon le relevé du projet dataindex.us. Politico vient de son côté de révéler que des associations conservatrices traquent les chercheurs américains sur le climat en faisant nombre de demandes d’accès à des documents administratifs.

En Europe, une certaine volonté de les aider est affichée. L’année dernière, le directeur général délégué à la science du CNRS, Alain Schuhl affirmait que les bases de données sont « l’urgence absolue ». Mais, depuis, la plus importante structure scientifique française a encore vu son budget baisser avec le constat d’ « un net désengagement de l’État ». Et aucun projet de financement français ne semble émerger alors que la direction du CNRS s’est lancée dans une réorganisation du monde de la recherche.

Concrétisation en Allemagne

C’est d’outre-Rhin que des initiatives plus concrètes semblent arriver. Ainsi, comme l’explique le magazine de l’École de l’environnement de Yale, plusieurs racks qui vont être ajoutés dans le German Climate Computing Center (DKRZ) pour accueillir les données jusque-là stockées par les laboratoires américains. Les capacités de stockage du DKRZ, actuellement de 254 pétaoctets, se voient augmenter de 5 pétaoctets qui doivent être alloués à la sauvegarde des données venant des projets américains.

La Fondation allemande pour la recherche (DFG) a obtenu de son gouvernement des financements visant à sécuriser les référentiels de données menacés et à promouvoir la résilience des données. En tout, l’Allemagne prévoit de financer 10 projets autour de cette « résiliences des données ».

Le projet SEND Earth Data va, par exemple, identifier les jeux de données et les services à risque et mettre en place des systèmes de redondance « là où cela s’avère nécessaire et en élaborant des stratégies durables pour leur conservation et leur accessibilité à long terme ». L’idée n’est pas seulement de faire des backups mais d’instaurer des standards pour l’acquisition des données, s’assurer de leur qualité, de leur enrichissement par des métadonnées et de leur conservation à long terme.

Certains chercheurs allemands ont déjà identifié des besoins. Ainsi, un autre projet, nommé CMIP7-ark, a prévu de mettre en place sur le DKRZ ce qu’ils appellent une « zone de réplication d’urgence » pour « dupliquer les flux de données américains hautement prioritaires dès leur publication » concernant le CMIP7, un projet international de comparaison des modèles climatiques.

« Bien que les données soient diffusées par l’intermédiaire de l’Earth System Grid Federation (ESGF), les faiblesses structurelles et les coupes budgétaires prévues au sein des agences scientifiques américaines (NASA, NOAA, NCAR, DOE) menacent la stabilité opérationnelle de leurs nœuds de données locaux », expliquent-ils. « Toute interruption de l’accès créerait un « vide de données » critique, entravant gravement les capacités de recherche allemandes en matière de détection de signaux climatiques à haute résolution et de modélisation comparative du système terrestre ».

Des projets de résilience des données au-delà du climat

Les projets de « résilience des données » ne s’arrêtent pas au climat. Ainsi, le biologiste Lorenz Christian Reimer a convaincu la DFG de financer l’intégration des données de transcriptions de gènes du projet RegulonDB, créé en 1998 et financé jusqu’à récemment par le NIH américain, dans l’outil DSMZ Digital Diversity géré par son équipe.

La DFG finance aussi un projet qui veut « répondre au besoin urgent de créer une plateforme européenne dédiée au dépôt des données biomoléculaires de résonance magnétique nucléaire (RMN), actuellement stockées, annotées et gérées par le BMRB aux États-Unis ».

Mais un financement non pérenne

L’Allemagne semble donc avoir mis les mains dans le cambouis de la « résilience » des données de la science, jusque-là très souvent stockées par les diverses agences états-uniennes. Si on peut saluer l’effort, notons quand même que la DFG souligne dans ses « guidelines » [PDF] que « cette initiative de financement est limitée aux années 2026 et 2027 » et que les « projets peuvent bénéficier d’un financement jusqu’au 31 décembre 2027 au plus tard ; cette date marque également la fin de la durée du projet ».

Ce financement « par projet », qui s’est généralisé depuis des années dans la recherche européenne et qui limite sa portée à quelques années, est en contradiction avec la résilience des données qui demande que l’engagement de financement s’étale sur le long terme. Les chercheurs qui les portent vont devoir espérer que d’autres institutions, allemandes ou européennes, acceptent de reprendre le flambeau.

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