À l'époque de la Trumpisation de l'Amérique, on ne peut pas faire plus con comme accord.
Et avec la FISA, je présume que ça veut dire que les USA peuvent mettrent leur nez dans les données de la direction générale de la Sécurité intérieure. C'est pas une énorme connerie, ça ?
« Affamer la tumeur », jeûner pour « mieux supporter la chimio »… Depuis quelques années, des naturopathes et des influenceurs sans scrupules présentent le jeûne comme un allié, voire même comme une solution miracle face au cancer. Aujourd’hui, le danger ressurgit, car une nouvelle étude prometteuse pourrait être instrumentalisée par ces thérapeutes autoproclamés.
Le consensus médical est sans appel : ni l’Institut national du cancer (INCa) ni les experts en nutrition ne recommandent le jeûne ou les régimes restrictifs. Aucun bénéfice thérapeutique n’a été démontré chez l’homme, alors que les risques, eux, sont tragiquement documentés : dénutrition sévère, sarcopénie (fonte musculaire) et chute de la tolérance aux traitements. Les gourous de la « détox » profitent pourtant du flou de certaines recherches préliminaires pour faire croire que le jeûne peut remplacer la médecine.
L’affaire Éric Gandon, ce naturopathe mis en examen en 2023 pour homicide involontaire après plusieurs décès lors de stages de « jeûne hydrique », illustre jusqu’où peut aller l’emprise. À l’instar de Thierry Casasnovas ou de feu Irène Grosjean, ces figures ont bâti leur influence sur le rejet de la médecine, provoquant des pertes de chance vitales. Malheureusement, leurs idées se sont diffusées dans la société, à tel point qu’aujourd’hui, la question de l’efficacité du jeûne revient très souvent en consultation.
Une étude prometteuse…
Pourtant, une étude parue dans la revue de référence Nature apporte de nouveaux éléments, qui pourraient, au premier abord, sembler aller dans leur sens. Mais ses résultats sont très ciblés. Elle ne concerne qu’un cas bien particulier : les cancers du sein sensibles aux hormones, pour lesquels les patientes suivent un traitement hormonal spécifique.
En testant le jeûne sur des souris, les chercheurs ont découvert un mécanisme surprenant : le manque de nourriture provoque un pic de cortisol, l’hormone du stress. Ce cortisol agit comme un interrupteur qui « reparamètre » les cellules cancéreuses : il éteint les gènes qui les font grandir et allume ceux qui freinent leur multiplication. Résultat ? Le traitement classique devient plus efficace. Mieux encore, les scientifiques ont réussi à obtenir un effet similaire sans faire jeûner les animaux, simplement en utilisant un médicament à base de cortisone. Si ces résultats sont passionnants, attention à ne pas en tirer des conclusions trop vite, ou à les généraliser.
… mais limitée
Encore une fois, le processus n’est valable que pour une forme précise de cancer du sein. Pour d’autres types, activer cet interrupteur biologique pourrait être dangereux et accélérer la progression de la tumeur.
L’essentiel de la démonstration repose sur des souris. Chez les patientes, les données restent trop limitées : on observe des changements biologiques, mais rien ne prouve encore que cela augmente les chances de guérison.
L’hormonothérapie dure souvent entre 5 et 10 ans. Imposer des cycles de jeûne répétés sur une période aussi longue est physiquement épuisant et presque impossible à tenir pour les patientes au quotidien.
L’étude suggère que des médicaments (corticoïdes) pourraient imiter l’effet du jeûne. Mais, utilisés sur le long terme, ils entraînent des effets secondaires lourds : fonte musculaire, fragilité des os et baisse des défenses immunitaires.
Enfin, le point le plus critique est le risque vital de dénutrition. Le jeûne peut provoquer une perte de poids et de muscle (sarcopénie) qui affaiblit le corps face à la maladie. Un patient dénutri tolère moins bien ses traitements, ce qui diminue ses chances de s’en sortir.
À ce jour, aucun organisme officiel, comme le réseau NACRe, ne recommande le jeûne. Ces pistes de recherche doivent impérativement rester dans le cadre d’essais cliniques encadrés par des médecins.
Attention aux fausses promesses
Il faut rester vigilant : certains charlatans vont sans doute utiliser le nom prestigieux de la revue Nature pour prétendre que « le jeûne guérit le cancer ». Un slogan mensonger. Ces vendeurs d’espoir construisent leur business sur la détresse de patients prêts à tout pour guérir. La réalité scientifique est beaucoup, beaucoup plus nuancée, et c’est cette nuance qui protège les malades. Transformer une hypothèse de laboratoire en certitude commerciale est une dérive grave. En attendant des preuves solides chez l’homme, les faits sont clairs : cette étude ne justifie ni le jeûne à domicile, ni l’arrêt des traitements classiques. Le meilleur conseil reste le plus simple : une alimentation équilibrée et suffisamment riche en protéines. C’est cet apport nutritionnel qui permet de maintenir la masse musculaire, de limiter la fatigue et d’aider l’organisme à mieux tolérer les thérapies classiques.
Trop classe: UEVR se plug directement au coeur des jeux Unreal Engine pour en faire des jeux VR, même si le jeu n'a pas été fait à l'origine pour la VR. (Permalink)
Oracle a perdu 50% de sa valeur en trois mois.
C'est le début de l'éclatement de la bulle d'IA ?
(Article complet : https://archive.is/6clml) (Permalink)
En France, 4 millions de personnes souffrent de mal-logement. 350 000 sont sans-abri. Pourtant, l’État dépense 16 milliards d’euros par an en APL et propose un parc social parmi les plus vastes d’Europe. Pourquoi, alors, le mal-logement persiste-t-il ?
L’offre de logement est étouffée par l’explosion du coût de la construction (renchéri par une réglementation environnementale hors de contrôle) et la frilosité des édiles à délivrer des permis de construire.
La demande est asphyxiée par le durcissement des conditions d’emprunt par l’État et l’importance des droits de mutation, verrouillant l’accès à la propriété pour les ménages modestes. Le logement social est, quant à lui, devenu un piège. Vu comme un totem indépassable trônant au panthéon des mesures dont la remise en cause serait inhumaine, il ne remplit plus son rôle. Avec 4,5 millions de logements sociaux bénéficiant à 11 millions de personnes, la France est théoriquement très bien dotée en la matière. Pourtant, avec 70 % de la population éligible, il est impossible de satisfaire tout le monde. 2,8 millions de ménages sont ainsi aujourd’hui en attente d’un logement, tandis que des centaines de milliers de foyers aisés en profitent, sans en avoir besoin.
Lorsqu’ils évaluent l’efficacité d’une politique publique, les économistes sont souvent confrontés à un biais de ciblage : l’effet Matthieu. Théorisé par Merton et Deleeck dans les années 1980, il reprend le principe biblique de l’évangile éponyme : « à celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a ».
Pour corriger cet effet, les gouvernants élargissent leurs politiques sociales : si leur cible sont les 10 % les plus pauvres, alors ils rendent éligibles les 20 % les moins riches pour être sûrs d’atteindre leur but. Une largesse qui coûte cher et qui, dans le cas d’un secteur contingenté comme le logement, produit d’importants dysfonctionnements. C’est ainsi que les ménages les plus pauvres (appartenant au premier décile, avec un revenu de moins de 1 005 € par mois) vivent à part égale dans le parc social et dans le parc privé. En parallèle, 400 000 foyers (soit 1 million de personnes), appartenant aux trois derniers déciles de revenus et étant au-dessus des plafonds d’éligibilité, en profitent indûment.
La file d’attente s’explique en grande partie par le faible taux de rotation : 8 % contre 24 % dans le secteur privé. Dit autrement, il y a trois fois moins de déménagements dans les HLM chaque année que dans le parc locatif privé. Et l’on comprend aisément la raison : pourquoi quitter un logement subventionné où le loyer est en moyenne à 6,52 €/m² quand le marché en demande 14 € ? Pourquoi subir un taux d’effort moyen (à savoir la part du revenu dédiée au logement) de 25 % lorsqu’on peut rester à 15 % ? Une disparité expliquant la différence d’âge médian des locataires : 53 ans dans le secteur social, contre 42 ans dans le privé, avec des taux d’occupation de plus de dix ans du même bien respectivement de 31 % et 12 %. La devise du logement social pourrait donc aisément être : « j’y suis, j’y reste ! »
Le logement social profite ainsi aux ménages non précaires, notamment aux retraités, qui ont pourtant un niveau de vie moyen supérieur au reste de la population. Lorsque l’on interroge les bailleurs sociaux sur la typologie de leurs occupants, ils l’assument, confessant préférer des ménages solvables, s’acquittant de leur loyer, plutôt que des ménages présentant un risque de défaut de paiement. Quand un ménage voit sa situation s’améliorer drastiquement par rapport à ses conditions d’entrée, il n’a quasiment aucun risque d’en être exclu, même s’il dépasse allègrement les plafonds.
Le logement social ne se contente pas de mal cibler, il immobilise. Les quinze zones les plus dotées en HLM sur le territoire affichent un taux de chômage supérieur de 4 à 8 points à la moyenne nationale. Les bénéficiaires sont donc prisonniers de zones peu dynamiques, incapables de saisir des opportunités professionnelles ailleurs, faute de pouvoir assumer des loyers plus élevés.
Enfin, le fait que les travailleurs précaires soient exclus du parc social constitue un important facteur d’inégalité sociale, notamment dans les métropoles, où les concernés sont obligés d’allonger leur temps de transport, soit vers des zones dotées en HLM, soit vers des villes où le loyer est plus faible.
La « réparation » du logement social passera par la correction de ses deux faiblesses : son ciblage et sa localisation. Cela implique un changement de logiciel, en subventionnant les personnes plutôt que les murs, en passant du logement social au ménage social. Cette idée permet de faire passer le parc théorique de 4,5 millions de logements à 38 millions, permettant à chacun de choisir son lieu de vie, sans être prisonnier d’un statut ou figé sur un territoire.
Concrètement, comment cela fonctionne ?
Les APL, les avantages de loyers en HLM et autres aides connexes sont fusionnés en une allocation unique et personnalisée, calculée en fonction des revenus réels du ménage et de sa situation. Le nombre de bénéficiaires est revu à la baisse, mais en donnant des moyens plus conséquents aux plus précaires. L’effort est ainsi ciblé sur ceux qui en ont réellement besoin, ce qui réduit de facto le nombre de ménages subventionnés.
L’aide est versée directement au bailleur, pour gommer la dimension inflationniste des APL, où le pouvoir d’achat des locataires est artificiellement gonflé. Lors de la mise sur le marché de son bien, le propriétaire n’aura ainsi aucune idée de l’avantage de loyer potentiel dont pourra profiter le locataire, et n’aura donc que le prix du marché comme référence. Le nombre de ménages subventionnés étant réduit par rapport à la situation actuelle, il ne sera pas incité à dévier de ce prix de référence. À l’image d’une enchère silencieuse, s’il décide de fixer un prix trop élevé, il ratera sa potentielle transaction.
L’aide maximale est ainsi plafonnée pour éviter les dérives, et chaque ménage est régulièrement notifié du loyer qu’il peut envisager s’il est toujours éligible au dispositif.
Exemple : Pauline (aide-soignante) et Yassine (commis de cuisine) louaient précédemment un HLM à Créteil pour 450 € par mois (subventionné à hauteur de 300 € mensuels). Avec ce système, ils peuvent louer un deux-pièces à Saint-Ouen, se rapprochant ainsi de leur lieu de travail dans le 18e arrondissement, pour 750 € par mois. Leurs faibles revenus les rendant éligibles au système, ils continuent à ne verser que 450 € par mois, l’État versant directement la différence au bailleur privé. Ce dernier n’aura pas intérêt à aller au-delà du prix de marché (ici 750 €), car la demande est rendue très mobile par ce système et n’est plus figée sur un territoire restreint. Pauline et Yassine peuvent aller où ils le souhaitent, indépendamment des offres de logements sociaux, et récupérer ainsi du pouvoir de marché.
Pour être efficace, ce système doit s’accompagner d’une libération totale des contraintes sur la construction, pour opérer un choc d’offre nécessaire à l’augmentation de la concurrence sur ce marché. L’effet sur la hausse des loyers sera ainsi contenu par les hausses conjointes de la demande et de l’offre de logements, et par une amélioration de la mobilité des habitants, voyant leurs zones de recherche d’un bien s’élargir drastiquement. La transformation du logement social en ménage social se fera en fusionnant tous les dispositifs existants en un seul, et ne coûtera donc pas un seul euro supplémentaire aux finances publiques. Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle dépense publique, mais d’une nouvelle clé de redistribution des aides existantes, pour qu’elles se concentrent sur ceux qui en ont le plus besoin.
Les bénéfices attendus sont nombreux : fin des ghettos, fin des attentes interminables, exclusion des retraités aisés monopolisant indûment cet avantage, exclusion des ménages dépassant les plafonds, libération de ressources pour les plus précaires, diminution du nombre de travailleurs pauvres condamnés à des temps de trajet interminables, augmentation du nombre de logements accessibles, fin du clientélisme local et, surtout, amélioration de la mobilité des salariés, diminuant à terme notre taux de chômage.
Pour mettre en place un tel dispositif, l’IA sera essentielle, calculant l’aide en temps réel, sous les contraintes budgétaires qu’on lui opposera, tout en s’adaptant aux changements de situation des ménages. Une centralisation de la décision supprimant l’effet d’aubaine et les décisions locales injustes, et une automatisation des besoins qui permettra d’en finir avec les biais de ciblage provoqués par l’effet Matthieu, garantissant ainsi que chaque euro public profite à ceux qui en ont vraiment besoin.
En résumé, une réforme favorisée par l’IA, protégeant les plus précaires, punissant les abus, améliorant l’efficacité de la dépense sociale et redonnant du sens aux politiques publiques. Pourquoi s’en priver ?
"George Clooney est un acteur.
Mettez le dans un rôle de chirurgien devant une caméra et il fera et dira des trucs que les non-chirurgiens trouverons crédibles. Au bout d’une heure, l’audience non-chirurgienne sera satisfaite du spectacle.
Mettez Clooney dans une vraie salle d’opération et un vrai patient, ce dernier mourra parce que Clooney ne connaît rien ni à la chirurgie ni à sa pratique.
Ceci est un message sur les LLM et l’IA générative. " (Permalink)
La bulle d'IA nous casse passablement les gonades, mais trouvez un peu de réconfort en imaginant le ridicule absolu de ces boîtes quand ça s'écroulera, à l'image des boîtes qui étaient tellement à fond sur les NFT ou Metavers. (Permalink)
Entre expression du profond malaise du monde agricole, récupération politique et délires complotistes alimentés par les réseaux sociaux, la crise de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est devenue un cas d’école de tous les travers de l’époque.
La dermatose nodulaire contagieuse est une maladie virale hautement contagieuse qui affecte exclusivement les bovins. Causée par un poxvirus apparenté à une variole bovine, elle se manifeste par des nodules cutanés douloureux, une fièvre élevée, une baisse d’état général et, dans certains cas, la mort, celle-ci pouvant toucher entre 5 % et 10 % des bêtes affectées, avec une morbidité capable d’atteindre les 40 %. Elle a logiquement d’importantes conséquences économiques, provoquant une chute violente de la production laitière et une impossibilité de valoriser le cuir des animaux. Elle est également assez sournoise du fait de sa longue période d’incubation, de 15 à 28 jours. Cette affection n’est pas une zoonose : elle ne se transmet pas à l’humain, ni par contact direct ni par consommation de viande ou de lait.
Hélas, il n’existe aucun traitement curatif, contrairement à ce que certaines fake news prétendent, ce sur quoi nous reviendrons. La transmission repose principalement sur des déplacement d’animaux et des insectes tels que les moustiques, le stomoxe ou les taons (et non les mouches communes, contrairement à certaines idées diffusées). Si ces deux derniers ne se déplacent que très rarement sur de longues distances, surtout par temps froid, les moustiques, favorisée par un climat doux et humide, sont les grands suspects pour la dissémination entre les fermes.
En France, le premier foyer a été détecté le 29 juin 2025 en Savoie. À ce jour, 113 foyers ont été confirmés dans onze départements, avec des cas récents dans l’Aude, marquant une extension. Plus de 3 000 bovins ont été euthanasiés sur un cheptel national de 16 à 17 millions de têtes. Outre les pertes économiques, les conséquences sont multiples, notamment psychologiques pour des éleveurs déjà en difficulté et inquiets, qu’importe qu’ils aient raison ou tort quant aux conséquences de traités, comme le Mercosur, ou des importations venant d’Europe de l’Est sur leur activité. Et comme l’a expliqué sur X notre contributeur, le Dr Jérôme Barrière : « Si cela suscite autant de mobilisation chez les éleveurs, c’est qu’avec l’abattage d’un troupeau entier, des années de sélection génétique sont anéanties. Et, parmi ces animaux, il peut aussi exister des races rares ou des lignées précieuses qui pourraient disparaître. Sans parler de l’impact humain : le traumatisme psychologique est réel. » Car oui, pour les agriculteurs, voir leurs animaux, avec lesquels ils entretiennent une relation quasi fusionnelle, être euthanasiés est bien plus qu’un crève-cœur. Or, même si un vaccin existe, l’abattage après contamination et les restrictions de mouvement sont les seules réponses pouvant être apportées. Et elles laissent toujours des traces indélébiles dans la psyché des éleveurs.
Une stratégie contestée et pourtant… indispensable
La stratégie française, alignée sur les règlements européens, combine abattage systématique des unités épidémiologiques infectées, zonage strict et vaccination obligatoire autour des foyers. Ce qui a permis une contention initiale efficace dans les régions alpines, la Savoie étant désormais sauvée de ce fléau. Elle se double d’indemnisations à 100 %, d’avances rapidement dispensées et d’un soutien psychologique. Non sans quelques rigidités qui alimentent la grogne, comme en ont témoigné les blocages d’autoroutes et les manifestations de ces derniers jours, ayant conduit à des affrontements violents avec des forces de l’ordre parfois dépassées et à des réactions brutales. Des syndicats comme la Coordination rurale et la Confédération paysanne dénoncent des abattages excessifs, y compris sur des troupeaux vaccinés (dus à une incubation préexistante), et plaident, à tort, pour celui des seuls animaux en apparence malades, ce qui pourrait être trompeur. Face à une mobilisation exacerbée par des motifs souvent plus politiques que scientifiques, le gouvernement tente de s’ouvrir au dialogue, étend les zones de vaccination et envisage des ajustements, tout en maintenant que l’abattage reste indispensable pour éviter une propagation endémique.
La question a été largement traitée sur X par un vétérinaire tenant le compte Dr Toudou, vu plus de deux millions de fois et relayé par nombre de ses confrères. Il a fait le point, non sans exaspération, sur le chaos informationnel des réseaux sociaux à ce propos, avant de structurer son intervention en décrivant la nature de la maladie et d’en détailler les symptômes avec une précision clinique, tout en rappelant que le vrai fléau réside dans les retombées économiques. Il a ensuite balayé les illusions thérapeutiques qui circulent en ligne, rappelant l’impossibilité de guérison et l’inefficacité de remèdes tels que l’ivermectine ou la fleur de Bach. Pour illustrer l’urgence, il a comparé la situation au Covid-19, mais en « 100 fois pire », en raison de trois obstacles majeurs. D’abord, la transmission vectorielle : le virus ne se propage pas simplement par contact, mais via des insectes, rendant les quarantaines illusoires. Ensuite, le temps d’incubation prolongé permet au virus de se disséminer discrètement avant l’apparition des symptômes. Enfin, la morbidité variable entretient un redoutable flou statistique. Face à ce tableau, le vétérinaire expose les solutions, associant deux mesures complémentaires correspondant aux préconisations de l’État : l’abattage total des troupeaux infectés et la vaccination ciblée. À l’échelle du pays, une vaccination généralisée est prématurée, car elle épuiserait les doses et les ressources humaines et bloquerait les exportations indispensables à la survie du secteur. Un plaidoyer pour la raison face à la panique, soulignant que ces mesures, bien que déchirantes, sont le fruit d’études et de spécialistes, non d’un caprice administratif. Des propos indispensables tant cette crise attise les saillies complotistes et la récupération politique.
La DNC ? « Nous sachons ! »
La DNC agit comme un aimant irrésistible pour les mouvances complotistes et antivax, offrant un narratif qui s’inscrit dans l’actuelle défiance envers les institutions sanitaires et l’État, entretenue par les réseaux sociaux, les intérêts politiques et les ingérences étrangères. Ce que le spécialiste de ces questions, David Colon, a analysé, ayant établi qu’au « moins 16 sites de médias fictifs francophones du réseau Storm-1516 affilié au Kremlin cherchent depuis jeudi dernier à amplifier en ligne le mouvement des agriculteurs ». Les abattages systématiques sont dépeints non comme une nécessité épidémiologique, mais comme une punition arbitraire contre les ruraux, un « génocide bovin » orchestré pour des motifs occultes. La vaccination, pourtant complémentaire et désormais élargie à près d’un million de doses en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine, est elle-même diabolisée, étant présentée comme un « poison expérimental » ou un « cheval de Troie » des laboratoires pharmaceutiques. L’État, accusé d’autoritarisme pur, devient le complice d’une Union européenne vue comme un marionnettiste distant, imposant des protocoles uniformes au mépris des réalités locales.
Ce cocktail émotionnel se fait l’écho des controverses nées durant la pandémie de Covid, où les mêmes acteurs – antivax, souverainistes et ultradroitiers, souvent pro-Kremlin – avaient prospéré sur des théories de « grand reset » ou de « vaccins tueurs ». La crise agricole cumulée (Mercosur, FCO, hausse des coûts) et la défiance post-Gilets jaunes transforment une maladie en symbole d’une « guerre contre les paysans ». Comme l’a analysé Emmanuelle Ducros dans L’Opinion, les réseaux sociaux se muent en « torrents d’émotions et de fake news », où des images chocs – charges policières devant une ferme ariégeoise le 9 décembre, euthanasies filmées en direct – « galvanisent tout ce que la France compte d’antisystèmes », parasitant le débat rationnel et amplifiant une colère légitime en furie populiste.
Ces visuels viraux, souvent décontextualisés ou manipulés (comme une photo générée par IA relayée par des comptes complotistes pour illustrer de prétendus « abattages secrets »), transforment une mesure sanitaire en scandale moral, pour maximiser les vues.
Comme le rappelle le Dr Jérôme Barrière, les mêmes comptes qui, en 2020-2022, propageaient des rumeurs sur les « puces 5G » dans les vaccins humains se reconvertissent aujourd’hui en « défenseurs des vaches ». Sans compter les théories dénonçant un virus « fabriqué en labo » pour justifier le Frexit (cherchez le rapport…). Sur X, l’analyse des contenus viraux confirme cette dérive. Selon des observations partagées par des fact-checkers, comme Raphaël Grably, sur les vingt-sept tweets les plus partagés (plus de 2 000 retweets chacun), vingt-deux émanent de comptes affiliés à l’ultra-droite, aux mouvances antivax, pro-Kremlin ou complotistes, transformant une crise sanitaire agricole en champ de bataille informationnel.
Cette attractivité s’explique aussi par la porosité des sphères. Certains Gilets jaunes ruraux, déjà échaudés par les ZAD et la taxe carbone, se croisent avec des antivax urbains, créant un front hybride où la science est reléguée au rang de « narratif élitiste ». Des opportunistes politiques, inexistants en dehors des réseaux, comme Nicolas Dupont-Aignan ou Florian Philippot, en tirent profit en titrant « DNC : L’AVEU ! », accusant l’UE de vouloir « réduire massivement notre cheptel » via des abattages « imposés ».
De même, des rumeurs comme celle des « 70 vétérinaires radiés pour refus d’abattage », démentie le 15 décembre par le préfet de l’Ariège, se propagent comme une traînée de poudre, accusant un « État totalitaire » de museler les « lanceurs d’alerte ».
Au-delà des fake news, cette attraction révèle une stratégie plus large, également alimentée par le RN et LFI, exploitant la vulnérabilité rurale pour élargir l’audience complotiste en liant la DNC à un « agenda vert » imaginaire ou à des théories globalistes (Bill Gates et les « steaks artificiels »).
Ces convergences, amplifiées par des bots et des groupes Telegram, menacent non seulement l’éradication de la maladie, mais aussi la cohésion sociale.
Récupération politique : les municipales en ligne de mire
L’extrême droite, Rassemblement national en tête, joue un rôle central dans cette instrumentalisation, en dénonçant un « scandale vaccinal » et une gestion « inhumaine » des abattages pour consolider son ancrage dans les campagnes. Après avoir obtenu des scores records lors des européennes de 2024, le RN multiplie les déclarations incendiaires pour capter le vote des éleveurs désemparés. Certains de ses députés, comme Laurent Jacobelli ou Sébastien Chenu, ont relayé des images d’abattages, accusant l’État de « sacrifier l’agriculture française sur l’autel de Bruxelles », dans une rhétorique anti-UE qui fait écho à leur programme. Cette stratégie vise non seulement à déstabiliser le gouvernement, mais aussi à préparer le terrain pour les municipales de mars 2026, où le RN espère conquérir des mairies rurales en Occitanie et dans les Alpes, régions touchées par la DNC. Reconquête, de son côté, amplifie ce narratif en liant la crise à un « complot mondialiste » contre la souveraineté alimentaire, relayant des théories conspirationnistes sur les vaccins bovins pour mobiliser un électorat ultraconservateur.
De l’autre côté de l’échiquier, La France insoumise illustre la jonction entre les extrêmes en qualifiant la politique d’abattage de « mortifère » et d’« écocide sanitaire », dans une ligne qui s’inscrit dans son combat pour une agriculture paysanne et écologique, sans que l’on comprenne bien le rapport entre les deux. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée, a ainsi interpellé la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, lors d’une séance de questions au gouvernement, exigeant une « suspension immédiate des abattages » et une « vaccination massive et gratuite » pour tous les troupeaux, accusant le pouvoir d’une « gestion libérale qui privilégie les exportations au bien-être animal et humain ». LFI tente ainsi de concurrencer le RN sur son terrain. À l’approche des municipales, les insoumis visent des alliances locales avec des listes citoyennes ou écologistes dans des communes agricoles touchées par la DNC.
Enfin, les syndicats agricoles jouent un rôle idéologique essentiel dans cette récupération, en servant de courroie de transmission entre la base paysanne et les partis politiques. La FNSEA, syndicat majoritaire, défend une ligne modérée, soutenant les abattages comme un « mal nécessaire » pour préserver les exportations et le statut indemne de la France, tout en réclamant davantage d’indemnisations et de vaccins – une position qui l’expose aux accusations de « collaboration » avec le gouvernement. À l’opposé, la Coordination rurale, ancrée à droite, voire à l’extrême droite, et entretenant des liens avec le RN, mène une contestation virulente contre les « abattages barbares » et l’UE, appelant à des blocages radicaux pour « sauver nos vaches et notre indépendance ». Lui emboîtant le pas, la Confédération paysanne, d’inspiration altermondialiste et proche de LFI, critique une « politique industrielle mortifère » qui privilégie les gros élevages au détriment des petits, plaidant pour une vaccination généralisée et des traitements alternatifs. Ces deux syndicats, prétendument aux antipodes idéologiquement, ont formé une coalition temporaire, comme l’illustre leur appel commun à des mobilisations. Cette convergence cynique, rare dans l’histoire syndicale agricole, souligne comment la DNC devient un catalyseur de défiance, au risque de fragiliser davantage une filière déjà exsangue.
Doom tournant sur un dongle HDMI Apple. Parce que en fait le dongle HDMI Apple contient un CPU ARM.
Et puis en parallèle, je suis tombé sur une discussion sur les réseaux sociaux qui se résumait à "Savez-vous combien il y a d'ordinateurs dans votre ordinateur ?"
Parce que désormais, une carte Ethernet n'est plus juste une carte Ethernet. C'est un CPU ARM qui choisit de passer les paquets à l'OS (via PCI ou autre). Et notre matériel est littéralement *rempli* de mini-ordinateurs en charge de gérer tout un tas de choses : audio, vidéo, réseau, bluetooth, wifi, USB, stockage, connectique...
Et chacun de ces mini-ordinateurs a son propre OS... et donc aussi ses failles de sécurité. Ces "OS embarqués" peuvent très bien être infecté sans la moindre trace, sans même que le système d'exploitation principal de la machine (Windows, Linux...) le voit, puisque ce sont des mémoires auxquelles l'OS n'a pas d'accès.
Les implications sont absolument énormes.
Une petite réflexion par rapport aux entreprises qui refusent le télétravail:
Fondamentalement, aller au travail, c'est consommer de NOTRE temps personnel POUR le boulot. C'est un cadeau à l'entreprise. Pourquoi le temps de trajet ne serait pas compris dans le temps de travail ?
Sans compter que faire un trajet c'est :
- user sa voiture (coût)
- consommer du carburant (coût)
- ajouter du stress à la perte de temps.
- risquer sa vie.
Refuser le télétravail, c'est dire au salarité : "On préfère que vous dépensiez VOTRE temps et VOTRE argent et que vous risquiez votre vie pour NOTRE confort de control-freak."
☹️
Vous pouvez aussi ajouter que cela a également un coût pour la société toute entière (infrastructures, pollution, services d'urgences, coût des hospitalisations et soins...). (Permalink)
"Boé a équipé 95 % de ses ordinateurs de bureau avec Ubuntu, un système d’exploitation libre. Résultat : 25 000 euros d'économies sur les licences informatiques, une maintenance divisée par quatre et du temps libéré pour accélérer sa transformation numérique. Retour sur un projet ambitieux, mené en interne avec seulement deux agents." (Permalink)
Radio.garden : bloqué par le proxy. Raison : Streaming.
RadioParadise : bloqué par le proxy. Raison : Streaming.
RadioFrance/FIP : bloqué par le proxy. Raison : Streaming.
SomaFM : bloqué par le proxy. Raison : Streaming.
Spotify : en libre accès.
Ah ben de mieux en mieux : Des YouTubers connus se font "cloner" par IA pour répandre de la désinformation. Les YouTubers en question ne sont pas forcément au courant, et ces fausses chaînes ont des millions d'abonnés. (Permalink)