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Reçu — 15 avril 2026 De tout et de rien

Pixels de suivi dans les emails : la Cnil demande une mise en conformité sous trois mois - Next

15 avril 2026 à 17:47
Je ne comprends pas que les pixels de tracking soient encore un sujet. Dans n'importe quel client mail pas pourri, c'est automatiquement bloqué.
Ah pardon les gens utilisent GMail, Outlook et Apple.

EDIT: si vous voulez tester si votre client mail laisse fuiter des informations, il y a cet excellent service : https://www.emailprivacytester.com/
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Parfois, des choses légales et prévues par la loi/procédure inspirent des questions sur l'utilité d'un outil démocratique mis à disposition du citoyen...

Sleeping Giants FR @slpng-giants-fr.bsky.social posted:
Parfois, des choses légales et prévues par la loi/procédure inspirent des questions sur l'utilité d'un outil démocratique mis à disposition du citoyen.

#classement de la pétition

#LoiYadan

Coup de force : la pétition contre la loi Yadan est enterrée

15 avril 2026 à 12:38
Ok donc le gouvernement se torche avec les pétitions dès que le résultat ne lui plaît pas. Et ce n'est pas la première qu'ils font sauter.
Et c'est pas un site random, hein, c'est le site officiel de pétitions de l'Assemblée Nationale.
Il est donc parfaitement inutile d'aller les signer.

(Et après ça va encore être "Mais pourquoi les gens n'ont plus confiance dans les politiques ?")

EDIT: mmmpffff.... https://www.leparisien.fr/politique/loi-yadan-les-deputes-macronistes-retirent-la-proposition-de-loi-contre-lantisemitisme-un-nouveau-texte-presente-fin-juin-16-04-2026-Y3NW33NVA5CYPA5CQHILFMPKVY.php
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Vérification d’âge en ligne : la commission européenne prête à déployer son application

15 avril 2026 à 11:45
"Elle leur permettra, s’ils veulent se connecter à un réseau social interdit aux adolescents, par exemple, de prouver leur âge, sans avoir à transmettre d’informations personnelles à la plateforme en question."

Attendez, je corrige:
"Elle obligera tout le monde, s'il veut se connecter à un réseau social, à prouver son âge en fournissant une copie de sa carte d'identité à un intermédiaire technique, qui se fera sans doute pirater et fuiter dans le futur."

Et j'ajoute (ce n'est pas dans l'article, mais je le vois venir gros comme une maison) : "Il faudra un téléphone américain verrouillé (Android ou iPhone)." (On parie ?)

Ah et si on est sur ordinateur, sans smartphone, du coup on ne peut pas accéder aux réseaux sociaux ?

Encore un truc qui marche sur 3 pattes et qui va se casser la gueule.

Edit : Et il faut bien comprendre une chose : s'ils ont la possibilité de bloquer l'accès aux réseaux sociaux à une certaine tranche d'âge, ils ont la possibilité de bloquer l'accès aux réseaux sociaux À N'IMPORTE QUI. C'est un pouvoir qui ne devrait pas exister.
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Piratage EduConnect : les données personnelles d'élèves dans la nature !

15 avril 2026 à 09:42
"pourrait impacter jusqu'à 3,5 millions d'élèves. Toutefois, aucun chiffre n'a été donné [...] Voici les données concernées par cette fuite de données : prénom, nom, identifiant ÉduConnect, établissement et classe, adresse email"
Ah ben super, hein. 😒
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More! More! More! Tech Workers Max Out Their A.I. Use. - The New York Times

15 avril 2026 à 08:34
Mesurer la productivité des développeurs en comptant les nombre de tokens LLM cramés ? Mais c'est complètement débile !
C'est comme mesurer la productivité de chauffeurs de poids-lourds en comptant le diesel consommé !
J'imagine que c'est encore une idée des boîtes d'IAs dans une volonté désespérée que quelqu'un veuille de leurs produits.
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Reçu — 14 avril 2026 De tout et de rien

Une révolution dans le cancer du pancréas ?

14 avril 2026 à 20:41

Ce ne sont que quelques mois. Mais quand ce sont les derniers, ils valent tout l’or du monde. C’est le message de souffrance et d’espoir livré par un jeune sénateur soumis à un nouveau traitement redoutable, dans une interview qui a bouleversé l’Amérique. Avant que les vaccins à ARNm ne changent enfin la donne ?

Ces derniers jours, beaucoup ont découvert le visage très abîmé et ensanglanté de Ben Sasse, ancien sénateur américain, traité dans un essai pour un cancer du pancréas métastatique. L’image a frappé, et elle a pu faire douter du prix à payer pour un tel traitement. Mais ceux qui l’ont ensuite écouté dans son entretien avec Ross Douthat pour le New York Times ont entendu tout autre chose qu’un homme brisé : un patient d’une lucidité rare, parfaitement conscient du caractère fatal, à terme, de sa maladie, mais convaincu que ce traitement lui a rendu un temps qu’il n’aurait peut-être pas eu autrement. Lui-même raconte qu’on lui avait annoncé, en décembre, une espérance de vie de quelques mois, et que, depuis le début du traitement, sa masse tumorale aurait diminué de 76 %. Il dit aussi que, malgré une toxicité redoutable, il va mieux qu’il ne l’aurait imaginé et qu’il ne serait peut-être déjà plus là sans ce médicament. L’arrivée probable de cette molécule, après l’annonce de résultats inédits par le biais d’un communiqué de presse de la firme qui développe le médicament, raconte donc à la fois la violence de cette maladie et ce que certaines de ses victimes sont prêtes à endurer quand on leur a dit qu’il restait peu de temps. Dans le cancer du pancréas, on ne se bat pas pour un simple confort supplémentaire. On se bat pour du temps. Et, dans ce contexte, quelques mois peuvent changer énormément.

Le médicament dont il s’agit, le daraxonrasib, est une thérapie ciblée prise par voie orale, une fois par jour. Son principe est simple à comprendre. Il vise la protéine RAS, une sorte d’interrupteur moléculaire qui transmet aux cellules l’ordre de se diviser et de survivre. Dans beaucoup de cancers, et tout particulièrement dans celui du pancréas, cet interrupteur reste bloqué sur « on ». Le résultat, c’est un signal permanent de prolifération. C’est pour cela que le cancer du pancréas est une cible logique pour ce type de molécule : plus de 90 % des tumeurs pancréatiques sont portées par des mutations de RAS, le plus souvent KRAS.

Rappelons que le cancer du pancréas reste l’un des plus redoutables. Sa survie à cinq ans, tous stades confondus, plafonne autour de 10 à 15 %, et lorsqu’il est métastatique, elle tombe à moins de 5 %. C’est aussi une maladie diagnostiquée tardivement, souvent quand la chirurgie n’est plus possible. Dans ce décor, les résultats annoncés avec le daraxonrasib sont tout simplement inédits. Dans l’essai de phase 3 RASolute 302, chez des patients déjà traités, donc en deuxième ligne, la survie médiane globale atteint 13,2 mois contre 6,7 mois avec la chimiothérapie standard dans le bras comparatif. Autrement dit, un quasi-doublement.

Historiquement, c’est ce qui rend ces données si impressionnantes. La dernière grande rupture dans cette maladie remonte désormais à 15 ans (!), lorsque le protocole FOLFIRINOX (association de 5FU, irinotécan et oxaliplatine) avait fait mieux que la gemcitabine en première ligne, avec une survie médiane de 11,1 mois contre 6,8 mois. C’était déjà un tournant majeur. Mais c’était en première ligne, chez des patients suffisamment en forme pour recevoir une polychimiothérapie lourde. Ici, on voit des résultats du même ordre de grandeur, voire supérieurs en valeur absolue, mais en deuxième ligne. Ce qui change tout. Un signal jamais observé à ce stade de la maladie.

Six mois de plus, dit comme cela, certains ne trouveront peut-être pas cela énorme. En réalité, dans un cancer du pancréas métastatique, c’est considérable. Et il faut ajouter une chose essentielle : une médiane n’est pas un plafond. Cela signifie que certains patients vivront malheureusement moins longtemps, mais que d’autres vivront davantage, parfois nettement. C’est toute la différence entre une statistique froide et la vie réelle d’un malade. C’est aussi pour cela que ces résultats vont susciter un espoir immense chez des patients qui, jusqu’ici, avaient très peu d’options crédibles après échec d’une première ligne.

Mais la prudence reste de mise. Pour la toxicité cutanée, on attend la publication détaillée de l’essai de phase 3. Les phases précoces montraient déjà un signal clair : beaucoup d’éruptions cutanées, le plus souvent de grade 1 ou 2, mais fréquentes, avec aussi des toxicités digestives. Dans les données présentées auparavant, les effets indésirables liés au traitement les plus fréquents étaient le rash, la diarrhée, les nausées, les vomissements et la stomatite. Les événements de grade 3 ou plus concernaient surtout le rash, autour de 6 à 8 %, puis, plus loin derrière, la stomatite et la diarrhée. Autrement dit, oui, la peau semble être un vrai sujet avec cette molécule. Il faudra voir dans la publication complète à quelle fréquence, avec quelle intensité et avec quelles stratégies de prévention ces toxicités peuvent être contrôlées. Et combien de patients ont dû arrêter le médicament pour toxicité. Car, dans la vraie vie, tout le monde n’est pas Ben Sasse.

Et après ? On espère beaucoup, aussi, des vaccins à ARN messager. Des travaux publiés dans Nature ont montré qu’une approche personnalisée pouvait induire des réponses T durables chez certains patients opérés d’un cancer du pancréas, avec un signal encourageant sur le délai avant récidive. Mais il faut rester lucide : cette pathologie induit une tumeur réputée « froide », c’est-à-dire peu sensible à l’immunothérapie et très habile pour neutraliser l’immunité anticancer du corps. Une publication révélée ce mois-ci suggère justement que la tumeur détourne certaines cellules immunitaires régulatrices pour bloquer l’effet des immunothérapies, tout en ouvrant une piste autour de CD40. L’espoir immunologique est donc réel, mais il se heurte encore à une biologie particulièrement hostile.

Cancer du pancréas : entrevoir la fin d’une fatalité ?

J’approfondis

Reste enfin la question de l’accès. Cette semaine, un ensemble d’experts de la Haute Autorité de santé (HAS) a dénoncé des pressions excessives exercées par certains industriels sur des dossiers en cours d’évaluation. Ils ont raison de défendre leur indépendance. Dans ce domaine, céder à l’émotion au détriment des preuves serait une faute. Mais on peut aussi comprendre la pression exercée par des associations de patients face à une maladie qui laisse si peu de temps. Le vrai enjeu n’est pas d’opposer l’exigence scientifique à la détresse des malades. Il est de réduire au maximum les délais évitables. En France, l’accès reste long, avec un délai médian d’environ 549 jours après l’autorisation de mise sur le marché pour l’accès remboursé dans l’Observatoire européen de l’assurance maladie. Mais l’accès dérogatoire dans le cadre des « accès précoces » a réellement changé la donne ces dernières années : pour l’ensemble des médicaments étudiés, le premier accès survient en moyenne 71 jours avant l’AMM. Autrement dit, il faut protéger l’évaluation, mais aussi accélérer partout où l’on peut le faire sérieusement. Car avec le cancer du pancréas, attendre trop longtemps, c’est souvent faire perdre une chance bien réelle et éthiquement potentiellement injustifiable.

Aucun conflit ou lien d’intérêt.

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Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : le compte à rebours est lancé - Next

14 avril 2026 à 08:07
Donc très bientôt, les réseaux sociaux vont commencer à demander des preuves d'identité à TOUT LE MONDE. Oui, même si vous êtes un adulte, majeur et consentant, vous allez devoir donner une preuve d'identité. (Ce qui permettra a postériori de lier votre identité numérique à votre identité réelle). Pas certain que ça soit une bonne idée.

Vérification d'identité préalable avant de pouvoir accéder aux réseaux sociaux. MMMMmmm... le rêve mouillé des dictatures. Ça tombe bien le RN est de plus en plus populaire.

(Sinon vous pouvez aussi venir sur le Fediverse/Mastondon : on est bien, et personne ne va vous demander vos papiers.)
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Pluralistic: Austerity creates fascism (13 Apr 2026) – Pluralistic: Daily links from Cory Doctorow

14 avril 2026 à 07:33
« Je m'inquiète de la psychose liée à l'IA. Plus précisément, je m'inquiète de cette psychose qui pousse les « décideurs en matière d'allocation de capitaux » à dépenser *1 400 milliards de dollars* dans la technologie la plus déficitaire de l'histoire de l'humanité, dans l'espoir fantaisiste que si l'on enseigne suffisamment de mots à un programme capable de deviner des mots, celui-ci finira par nous voler tous nos emplois. »

Et aussi : L'austérité (et le déclin des services publics) cause la montée du fascisme.
Extrait traduit :
« Les politologues ont rassemblé un vaste ensemble vaste de preuves montrant que «la fourniture de services publics est cruciale pour la perception par les gens de leur qualité de vie et de leur niveau de vie». De bons services publics sont la base «du contrat social entre les gouvernés et les gouvernants» — payez vos impôts et respectez les lois, et en retour vous serez correctement servi.
Lorsque les services publics dysfonctionnent, les gens ne savent pas toujours qui blâmer, mais ils constatent clairement que quelque chose ne va pas ; ainsi, lorsque les services publics échouent, les citoyens cessent de faire confiance à l’État, et le contrat social commence à se déliter. Ils en viennent à soupçonner que les élites s’en mettent plein les poches plutôt que de gérer le système, et ils retirent leur soutien au système.
Les fascistes prospèrent dans ces conditions. Les fascistes accèdent au pouvoir en mobilisant les griefs. En choisissant un bouc émissaire, ils peuvent obtenir le soutien de personnes qui sont à juste titre furieuses que les services sur lesquels elles comptent se soient effondrés. Ainsi, quand on ne peut plus obtenir de logement, de soins de santé, de prise en charge des personnes âgées, de garde d’enfants ou d’éducation pour ses enfants, on devient une cible pour un imposteur fasciste racontant une histoire sur des «migrants indignes» qui auraient pris des avantages qui devraient légitimement revenir à des «natifs méritants».

Voilà.
La guerre menée aux pauvres en France, le délitement des services publics (santé, éducation, justice)... et voilà la montée de l'extrême-droite, rejetant tour-à-tour la faute sur les immigrés et la gauche, alors que le problème, ce sont les riches qui profitent du système.

Et la crainte de Cory Doctorow, c'est qu'avec le crash imminent de l'IA, cela plonge encore plus la planète vers le fascisme. Et je crains qu'il ait raison.
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La pile graphique d’AMD sous Linux est désormais complètement libre - LinuxFr.org

14 avril 2026 à 05:31
Bien, je ne sais pas si ça peut aider ceux qui font du gaming sous Linux avec une NVidia avec le pilote propriétaire, mais : Si vous avez des freeze random dans les jeux, essayez de fermer toutes les autres applications, en particulier celle qui entrent en compétition du pour GPU (et cela inclue les navigateurs comme Firefox).
En fermant Firefox, je n'ai plus de freeze dans les jeux.
Je présume que c'est un bug dans le pilote propriétaire NVidia ou son interface qui a des soucis lors d'accès concurrents.

En tous cas, mon prochain GPU sera un AMD, c'est certains (cf. l'article).
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Reçu — 13 avril 2026 De tout et de rien

IA : Sacrifier notre avenir sur l’autel du droit d’auteur ?

13 avril 2026 à 21:18

Empêcher l’entraînement des IA en France, voire même leur commercialisation, au nom de la protection des auteurs. Irréaliste ? Délirant ? Économiquement criminel ? C’est pourtant le sens de la nouvelle loi votée à l’unanimité par nos sénateurs.

À l’abri de la lumière médiatique, le Sénat vient d’adopter à l’unanimité une proposition de loi sur le rapport entre l’IA et le droit d’auteur. Portée par la sénatrice Laure Darcos, elle a également reçu le soutien direct de Renaissance, de LR et du Parti communiste, dans un attelage pour le moins baroque. Ce texte introduit dans le Code de la propriété intellectuelle un article unique qui bouleverse l’équilibre entre création et innovation. Désormais, « sauf preuve contraire, l’œuvre ou l’objet protégé par un droit d’auteur ou par un droit voisin est présumé avoir été utilisé par le fournisseur du modèle ou du système d’intelligence artificielle, dès lors qu’un indice afférent au développement ou au déploiement de ce système ou au résultat généré par celui-ci rend vraisemblable cette utilisation ».

En d’autres termes, si un indice quelconque laisse penser qu’une IA a pu utiliser une œuvre protégée (un livre, une photo, une musique, etc.) pour s’entraîner ou pour générer un contenu, on considérera automatiquement que c’est le cas… sauf preuve du contraire. À partir de là, tout auteur ou ayant droit pourra engager une procédure judiciaire sur la base d’un simple indice (similarité stylistique ou graphique, etc.). De quoi encore davantage submerger nos tribunaux, déjà au bord de la crise de nerfs, et conduire les entreprises investies dans l’IA à passer leur temps à se défendre plutôt qu’à innover.

La charge de la preuve, qui pesait jusqu’alors sur les ayants droit, bascule donc sur les entreprises. L’intention proclamée est noble en apparence : mettre fin à ce que les défenseurs du texte qualifient de « pillage » ou de « moissonnage » massif des œuvres par les modèles génératifs. Mais, derrière cette rhétorique protectrice, se dissimule un dispositif qui menace non seulement l’essor de l’IA en France, mais aussi le principe même de la création, qu’elle soit humaine ou algorithmique. Ce texte, adopté dans une urgence presque fébrile, révèle une fois encore les travers d’une culture législative française qui, sous couvert de régulation vertueuse, étouffe l’innovation et saborde ses propres atouts dans la course technologique mondiale.

Le principe même des IA remis en cause

Au cœur de cette proposition réside une mise en danger fondamentale de l’entraînement des intelligences artificielles. Un modèle de langage de grande envergure, qu’il s’agisse des architectures open-weight de Mistral AI ou des systèmes plus opaques des géants américains, ne surgit pas du néant. Il se construit par une immersion profonde, une digestion statistique colossale de milliards de données textuelles, visuelles ou sonores collectées sur le web ouvert ou dans des corpus publics. Cet apprentissage, loin d’être une simple copie mécanique, consiste en une synthèse qui permet à la machine de recombiner des concepts et de générer des créations originales au profit de l’être humain qui les prompte.

Interdire ou rendre périlleux cet entraînement revient à nier la nature même de l’IA générative : un outil qui, comme l’esprit humain, progresse par imprégnation cumulative et transfiguration créatrice. Prétendre qu’un système doit rester vierge de toute influence antérieure pour être légitime, c’est ignorer que toute intelligence — biologique ou artificielle — s’élève précisément en absorbant un océan de connaissances préexistantes. Le texte du Sénat ne se contente pas de réguler l’usage ; il fragilise l’architecture cognitive elle-même des modèles, en rendant leur développement techniquement et juridiquement hasardeux sur le sol européen.

Une inversion de la charge de la preuve techniquement insurmontable

Cette fragilisation devient catastrophique lorsqu’on mesure l’ampleur de l’inversion de la charge de la preuve qu’impose le dispositif. Comment un fournisseur d’IA pourrait-il, en pratique, démontrer l’absence totale d’utilisation d’une œuvre protégée au sein de données qui atteignent souvent plusieurs centaines de téraoctets, accumulés sur des années ?

La « preuve contraire » exigerait soit une inspection exhaustive et rétroactive des données — une entreprise colossale, coûteuse et souvent impossible sans dévoiler les secrets industriels les plus sensibles —, soit une transparence forcée des algorithmes qui exposerait les acteurs européens à une vulnérabilité concurrentielle sans précédent face aux géants américains ou chinois, moins contraints par de telles obligations. Les contentieux se multiplieraient en un véritable tsunami judiciaire. Chaque génération de contenu « à la manière de », chaque restitution partielle pourrait déclencher une présomption de culpabilité. Les procédures s’éterniseraient devant les tribunaux, paralysant les startups comme les laboratoires de recherche, tandis que l’innovation stagnerait sous le poids d’une infernale machine administrative et contentieuse. Loin de protéger les créateurs, ce mécanisme risque de créer une insécurité juridique permanente.

Le droit d’auteur détourné de son essence philosophique

Mais le détournement le plus insidieux opéré par ce texte concerne sans doute le droit d’auteur lui-même, dont il pervertit le sens. Ce droit, dans sa philosophie forgée par les Lumières et affinée au fil des siècles, protège l’exploitation frauduleuse et directe d’une forme originale, singularisée par l’empreinte personnelle de son créateur. Il ne vise nullement à entraver l’inspiration, la lecture assidue, l’écoute répétée ou l’étude minutieuse des œuvres antérieures.

Toute l’histoire de l’art, cette longue chaîne ininterrompue de filiations et de ruptures, repose sur ce principe de digestion et de transfiguration. Les peintres de la Renaissance, qu’ils soient flamands ou italiens, copiaient inlassablement les maîtres antiques ou contemporains, analysaient leurs compositions, réinterprétaient leurs motifs avant de forger leur propre langage. Les compositeurs romantiques, de Beethoven à Chopin, s’abreuvaient des partitions de Bach, de Mozart ou de Haydn, non pour les plagier, mais pour les sublimer dans des formes nouvelles. Les écrivains du XXe siècle, de Proust à Joyce en passant par les surréalistes, dévoraient les textes de leurs prédécesseurs avec une voracité intellectuelle qui nourrissait leur génie propre.

Considérer qu’un modèle de langage ne peut s’entraîner sur les œuvres existantes équivaut, en réalité, à interdire au jeune artiste de décrypter les toiles de ses aînés ou au musicien en herbe d’écouter des milliers d’heures de répertoires avant de composer. L’IA ne procède pas autrement : elle lit, elle absorbe, elle synthétise à une échelle surhumaine. Elle ne reproduit pas ; elle recrée à partir d’une mémoire collective digérée à la demande d’un être humain. Assimiler cet apprentissage statistique à un vol revient à méconnaître la nature profonde de la création humaine, qui n’a jamais existé en vase clos, mais s’est toujours enrichie de l’héritage commun.

Quand la photo faisait aussi peur que l’IA

J’approfondis

La peur légitime des artistes, mais un combat mal orienté

Pourtant, la crainte qui anime de nombreux artistes face à cette révolution technologique est compréhensible. Ils voient leurs métiers menacés par des outils capables de produire en quelques secondes des textes, des images ou des compositions d’une qualité souvent époustouflante. Cette angoisse s’exprime avec une force particulière chez les comédiens et les instrumentistes, qui se sentent les premiers exposés au risque d’un remplacement pur et simple.

Leur combat est compréhensible, mais il n’en demeure pas moins mal orienté. Car face à l’IA, dont la perfection parfois froide et « inhumaine » peut laisser un sentiment de frustration chez une partie du public en quête d’authenticité, le spectacle vivant retrouve un boulevard inattendu et prometteur. Le théâtre, le concert, la performance en chair et en os regagnent leur noblesse primordiale : celle de l’incarnation physique, de la présence irremplaçable, de l’imperfection vibrante qui seule touche l’âme. Le public, lassé des productions trop lisses générées par des algorithmes, reviendra en masse vers la scène vivante, vers l’émotion partagée en temps réel.

Quant aux véritables créateurs — réalisateurs, scénaristes, romanciers, etc. —, l’intelligence artificielle ne les supplante pas ; elle les élève à un rang inédit. L’art du prompt, cette nouvelle forme d’écriture précise et nuancée, devient un talent décisif. Celui qui sait structurer sa pensée avec rigueur, affiner son langage, anticiper les subtilités d’une machine probabiliste obtient d’elle exactement ce que son esprit imagine, sans recourir à des processus de production extrêmement coûteux en temps, en énergie ou en ressources. Loin de dévaloriser les littéraires, l’IA les replace au cœur du jeu créatif.

Le syndrome normatif français : légiférer d’abord, comprendre ensuite

On ne peut s’empêcher de reconnaître dans ce texte le symptôme récurrent d’un défaut normatif profondément ancré dans la culture administrative et politique française. Notre pays a toujours manifesté une propension singulière à vouloir légiférer sur tout, et particulièrement sur les innovations issues du secteur privé. Le politique, souvent dépassé par la rapidité fulgurante du monde numérique, réagit par un réflexe réglementaire pavlovien, comme il l’avait fait naguère avec la loi Hadopi. Celle-ci, adoptée en 2009 dans un élan de protection de la création face au téléchargement illégal, est restée dans les mémoires comme un exemple emblématique de dispositif hors-sol, inefficace et contourné par la technologie elle-même.

Ici encore, on légifère sans pleinement appréhender les enjeux, les dynamiques de concurrence internationale ni les subtilités techniques de l’entraînement des modèles. On veut protéger la culture en entravant l’outil même qui pourrait la démultiplier, la rendre accessible à tous et enrichir le terreau créatif français. En réalité, derrière chaque épisode législatif similaire concernant la propriété intellectuelle, on retrouve à la manœuvre les très influents organismes de gestion collective (les fameuses Sacem, SACD, Scam…). Ils ont été à la source d’Hadopi, de la directive copyright et de sa transposition, mais sont aussi parvenus, en 2021, via la loi REEN (réduction de l’empreinte environnementale du numérique), à tordre le bras du législateur pour lui imposer l’introduction d’un prélèvement obligatoire sur les matériels d’occasion reversé aux ayants droit, au titre de la redevance sur la copie privée.

Très chère Hadopi

J’approfondis

Un tir dans le pied face à un potentiel exceptionnel

In fine, ce texte témoigne d’une double et douloureuse distance. Entre l’état du politique et celui de la société d’une part, et entre la France et son propre potentiel d’autre part. Car notre pays dispose, dans le domaine de l’intelligence artificielle, mais aussi dans la biotechnologie, les techniques CRISPR, les nouvelles technologies génétiques, les startups innovantes et la recherche médicale de pointe, d’atouts et de talents d’une rare qualité. Mistral AI, notre fleuron national, incarnait jusqu’ici l’espoir d’une Europe souveraine capable de rivaliser avec les géants d’outre-Atlantique. Cette proposition de loi risque de remettre en cause son existence même sur le sol français, à moins qu’elle ne choisisse, comme d’autres acteurs l’ont déjà laissé entendre, de délocaliser ses activités vers des juridictions plus accueillantes. Ce serait alors l’illustration tragique de notre capacité à saborder nos champions au nom d’une régulation prétendument protectrice.

L’avenir de la France en matière d’innovation ne doit pas se jouer dans des prétoires surchargés ni dans les commissions parlementaires qui cherchent à tout encadrer avant même d’avoir compris les enjeux profonds des sujets qu’elles abordent. Il s’exprimera dans notre capacité collective à accompagner le progrès tout en préservant l’essence de la création humaine. À l’Assemblée nationale, il est encore temps de refuser ce texte ou de le rééquilibrer en profondeur. Non pour abandonner les artistes, mais pour refuser le faux dilemme entre culture et innovation. Car l’une et l’autre ne s’opposent pas, mais se nourrissent mutuellement depuis la nuit des temps. L’intelligence artificielle n’est pas l’ennemie de l’esprit créateur ; elle en constitue un prolongement prometteur. La France a le choix : devenir le pays qui régule l’avenir jusqu’à l’étouffer, ou celui qui l’invente avec audace, intelligence et une confiance retrouvée en son génie propre.

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Vous connaissez peut-être le grand concours photo "Close-Up Photographer Of The Year".

Astropierre @astropierre.com posted:
Vous connaissez peut-être le grand concours photo "Close-Up Photographer Of The Year".

L'an dernier, en marge du concours principal, l'organisation avait organisé un défi thématique, intitulé :
"Death and Decay".

À dérouler ci-dessous.

(Trigger warning : mort & décomposition)
#SciArt

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un collembole sur lequel poussent des tiges de champignon blanc. Crédit : Olivier Clerc

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