Vue normale

Incendies en Gironde : la SNCF prolonge encore les échanges et remboursements gratuits des billets de train

31 juillet 2026 à 06:06

Face aux feux de forêt d'ampleur exceptionnelle en Gironde et dans les Landes, le gouvernement et SNCF Voyageurs demandent aux voyageurs de reporter leurs trajets. Les échanges et remboursements sans frais sont prolongés jusqu'au mardi 4 août 2026 inclus.

Le Danube est presque à sec, la Roumanie met des centrales nucléaires à l’arrêt

Les vagues de chaleur et la sécheresse qui touchent de plein fouet l’ouest de l’Europe menacent désormais aussi l’est. En Roumanie, le débit du Danube a chuté à un niveau inquiétant.

© Photo Ovidiu Micsik/Inquam Photos/REUTERS

Des vaches sur les dunes rendues visibles par le faible niveau du Danube, à Calarasi (Roumanie), le 18 juillet 2026.

42 000 hectares brûlés en Gironde : ce que représente la surface du plus grand incendie en France depuis 77 ans

29 juillet 2026 à 09:40

La situation en Gironde est toujours scrutée de près. Plusieurs jours après le début de l'incendie qui s'est déclenché à Saumos, le feu est toujours stabilisé ce matin du 29 juillet 2026. 42 000 hectares ont été brûlés. Une surface immense, qui peut être difficile à imaginer.

Flamap : cet outil open source permet de mesurer les incendies en temps réel

29 juillet 2026 à 06:35

Nouvelle création de Guillaume Rozier, connu pour ses outils CovidTracker et ViteMaDose pendant la pandémie, Flamap s'appuie sur les données des satellites de la NASA et de Copernicus pour afficher l'évolution des incendies en quasi-temps réel. Son code est open source : tout le monde peut s'en servir pour créer des outils.

Plantations d’arbres, locaux climatisés : comment Athènes tente de s’adapter au réchauffement

Dans une longue interview à l’hebdomadaire allemand “Der Spiegel”, le maire de la capitale grecque, le socialiste Haris Doukas, vante son plan d’action face au changement climatique. De son côté, l’hebdomadaire grec “Lifo” remet en question son efficacité.

© PHOTO ARIS MESSINIS/AFP

Touristes en quête de fraicheur dans le centre d’Athènes, le 21 juillet 2026.

Incendies en Gironde : la SNCF prolonge les échanges et remboursements gratuits des billets de train

27 juillet 2026 à 11:05

Face aux feux de forêt d'ampleur exceptionnelle en Gironde et dans les Landes, le gouvernement et SNCF Voyageurs demandent aux voyageurs de reporter leurs trajets. Les échanges et remboursements sans frais sont prolongés jusqu'au vendredi 31 juillet 2026 inclus.

RecordPy propose une carte mise à jour toutes les 10 minutes pour suivre les incendies en Gironde

27 juillet 2026 à 10:50

La situation en Gironde et dans les Landes peut rapidement évoluer. Pour suivre en temps réel les incendies qui parcourent la zone, le site RecordPy vient d'ajouter une carte mise à jour toutes les 10 minutes. Cet outil permet de voir en direct la présence du feu, mais aussi la température ou l'humidité.

Incendies en Gironde : les images satellites révèlent des nuages de fumée « quasi-inédits en France »

27 juillet 2026 à 08:42

Les incendies qui parcourent la Gironde et les Landes ont forcé à l'évacuation de milliers de Français. Vus du ciel, ces gigantesques feux sont extrêmement impressionnants. Les images satellites permettent de prendre la mesure de la dégradation du territoire et de la qualité de l'air.

Va-t-on vers une quatrième canicule en France début août 2026 ?

23 juillet 2026 à 15:35

Alors que la France vient déjà de vivre 3 épisodes de forte chaleur depuis le mois de mai 2026, les modèles météo laissent planer le doute : la canicule sera-t-elle de retour fin juillet et début août ? Les prévisionnistes sont prudents, mais partagent leur inquiétude.

Au Maghreb et dans la Corne de l’Afrique, même les dromadaires surchauffent

Les dromadaires sont connus pour leur résistance aux températures élevées. Mais les épisodes caniculaires au Maghreb et dans la Corne de l’Afrique en font des victimes du changement climatique, comme l’explique la “BBC”, qui relève une hausse de la mortalité.

© PHOTO Sima Diab/The New York Times

Un dromadaire en Égypte, en 2019

La France à 50 °C dès 2050 : pourquoi ce scénario est possible

20 juillet 2026 à 15:46

Un été comme celui de 2003 pourrait bientôt passer pour une saison fraîche : c'est le constat du chercheur Pascal Yiou, spécialiste des épisodes climatiques extrêmes, auprès de Numerama. En plein été 2026, déjà marqué par des épisodes caniculaires remarquables, il nous détaille comment la France doit se préparer à affronter des températures inédites de 50 °C dès le milieu du siècle.

Climatiser la France : qui osera porter politiquement un « droit au froid » ?

18 juillet 2026 à 16:03

Dans le prolongement de notre vidéo sur les idées reçues liées à la climatisation, nous avons poursuivi la réflexion dans la newsletter ToujoursPlus du 16 juillet autour d'un autre thème : le droit au froid doit être un sujet politique, ne serait-ce que pour protéger celles et ceux qui n'ont pas les moyens de se l'offrir. Qui portera ce sujet en France aura sa place dans la grande Histoire des politiques publiques efficaces.

Les prières semblent faire tomber la pluie dans certains endroits, découvrent des chercheurs

Que vaut une prière pour faire venir la pluie ? Cela dépend de la région dans laquelle elle est prononcée, ont mis en évidence des chercheurs.

© PHOTO FARIQ FARAJ MAHMOOD/ANADOLU/AFP

Prière pour l’arrivée de la pluie lors d’un rituel spécial à Souleimaniyé, en Irak, en novembre 2025, lors d’une période de sécheresse.

Notre maison brûle, et les pétroliers forent ailleurs

Les canicules s’enchaînent. La science a établi la responsabilité des émissions liées aux énergies fossiles dans la crise climatique. Pourtant, les plus grandes compagnies pétrolières produisent toujours plus. C’est que leurs dirigeants vivent dans une réalité parallèle, fustige “The Guardian”.

© DESSIN DE SCHOT, PAYS-BAS.

Le canal de Panama se prépare au phénomène El Niño

Face à l’installation progressive du phénomène El Niño, le canal de Panama anticipe une baisse durable des précipitations et prévoit une réduction du tirant d’eau autorisé pour franchir ses écluses. Une première restriction depuis près de deux ans, qui ravive les souvenirs de la sécheresse historique de 2023.

© PHOTO MARTIN BERNETTI/AFP

Un cargo attend avant de pénétrer dans le canal de Panama, à Panama City, le 23 février 2025.

Comment aider les agriculteurs chinois face au changement climatique ?

Le nord agricole de la Chine est confronté à une augmentation phénoménale des précipitations qui bouleversent le quotidien des agriculteurs et font moisir les récoltes. Dans le magazine en ligne shanghaïen “Sixth Tone”, une météorologue propose des pistes pour s’adapter à cette nouvelle donne.

© Dessin d’Eva Vázquez paru dans El País, Madrid.

Le nord de la Chine a connu ces vingt dernières années une augmentation importante des épisodes pluvieux extrêmes.

Peut-on limiter El Niño en masquant le Soleil ? 

9 juillet 2026 à 11:50

Alors que le phénomène climatique El Niño menace de provoquer un dérèglement climatique inédit, certaines solutions de géo-ingénierie proposent de limiter son impact en cachant la lumière du Soleil. Mais est-ce vraiment envisageable ? Et souhaitable ?

Et si on climatisait la Terre ?

8 juillet 2026 à 21:02

C’est LE tabou de l’adaptation climatique. Pourquoi, pour protéger l’humanité, les écosystèmes et l’agriculture, ne refroidissons-nous pas artificiellement la planète ? C’est techniquement envisageable. Peut-on se passer d’en débattre ?

La France vient de connaître un épisode de canicule exceptionnel, avec des températures dépassant de presque 4° un mois de juin habituel. En 2003, la chaleur avait tué plus de 14 000 personnes. Pour juin 2026, Santé publique France a déjà recensé plus de 2 000 décès, avec des données provisoires qui sous-estiment le bilan réel. L’agroclimatologue Serge Zaka parle de catastrophe agricole majeure : en 2003, la production continentale avait plongé de 30 %. Le réchauffement climatique n’est plus une abstraction pour la fin du siècle, il tue et ruine des récoltes dès maintenant.

Pourtant, les effets les plus meurtriers du réchauffement pourraient être évités grâce à une technologie connue depuis les années 1970 : la géo-ingénierie solaire. Son principe, assez simple, est de refroidir la planète en réfléchissant une partie des rayons du soleil avant qu’ils n’atteignent le sol. Concrètement, des avions spécialement conçus dispersent de fines particules de soufre à environ 20 kilomètres d’altitude, dans la basse stratosphère tropicale. Les courants naturels les répartissent ensuite vers les pôles, renvoyant vers l’espace une petite fraction du rayonnement solaire. Moins de soleil au sol, donc moins de chaleur.

Comment la lutte contre la pollution a réchauffé la planète

Trois expériences ont prouvé l’efficacité du procédé. En 1991, aux Philippines, le volcan Pinatubo projette environ 20 millions de tonnes de dioxyde de soufre dans la stratosphère, entraînant un refroidissement planétaire d’environ 0,5° pendant 2 ans.

La deuxième expérience vient d’Europe. Depuis les années 1980, le continent réduit massivement sa pollution industrielle au soufre. Le gain sanitaire est considérable. Mais ces particules forment aussi un écran contre une partie du rayonnement solaire. Leur disparition contribue à 23 % du réchauffement de surface simulé en Europe entre 1980 et 2012. Dans les régions les plus exposées, comme la Suisse et le nord de l’Allemagne, ce recul expliquerait même près des deux tiers du réchauffement rapide observé depuis les années 1980. Entre 1961 et 1980, environ 700 décès annuels liés à la chaleur en Grande-Bretagne sont masqués par le refroidissement des aérosols. Sans cet effet parasol, la mortalité climatique aurait émergé jusqu’à 4 décennies plus tôt.

Les navires ont fourni le troisième indice. En 2020, l’Organisation maritime internationale divise par 7 la teneur en soufre de leur carburant. Cette mesure, excellente pour la qualité de l’air, a l’inconvénient de supprimer l’effet parasol du soufre. Selon les travaux récents, la suppression de cette protection expliquerait environ un 5e des records de température de 2023 et un dixième du réchauffement anthropique de l’Arctique.

La géo-ingénierie ne propose pas de reproduire ces accidents. Elle a pour ambition de faire mieux. Les avions injecteraient à 20 kilomètres d’altitude une vapeur d’acide sulfurique, formant des gouttelettes bien plus fines que celles d’un volcan, plus efficaces pour réfléchir le soleil et plus économes en soufre. L’opération se ferait très loin du sol où on respire, sans les cendres ni les polluants d’une éruption ou d’un carburant marin. Aucune pollution locale, juste un parasol installé au-dessus de nos têtes.

Des effets secondaires réels, chiffrés et pilotables

Aussi efficace soit-elle, cette technologie n’est pas sans risques. Injecter du soufre dans la stratosphère abîme un peu la couche d’ozone et déplace des régimes de précipitations. Concernant les pluies acides, la quantité de soufre nécessaire serait, selon la National Academy of Sciences américaine, minuscule face aux sources naturelles et industrielles qui acidifient déjà sols et océans. L’humanité rejette déjà environ 50 millions de tonnes de soufre par an en pollution tandis qu’un programme complet de refroidissement planétaire en demanderait 1 million.

Surtout, il existe une bonne et une mauvaise façon de faire des injections d’aérosols dans la stratosphère. Le mauvais design injecte le soufre en un seul point, à l’équateur. C’est le pire scénario sur tous les critères car il concentre les aérosols dans les tropiques, chauffe la basse stratosphère et détériore l’ozone. Le bon design injecte à plusieurs latitudes. Cette stratégie, validée sur 2 modèles climatiques indépendants, refroidit plus efficacement, réduit le chauffage stratosphérique, adoucit les extrêmes régionaux, et protège bien mieux la couche d’ozone.

Ces risques pourraient pousser à temporiser. Mais l’inaction n’est pas, elle non plus, sans risques massifs. Plus on attend, plus le refroidissement de rattrapage devra être brutal le jour venu, et plus il malmènera le vivant. D’après des chercheurs de la Colorado State University, déployer tôt et stabiliser la température dès le départ maintient les écosystèmes dans des conditions quasi préindustrielles. Retarder de 10 ans puis refroidir vite pour rattraper pourrait exposer deux tiers des terres émergées à des bouleversements pires que si l’on n’avait rien fait. Le principe de précaution mal appliqué augmente le danger qu’il prétend éviter.

Un seul petit pays pourrait décider du climat de la Terre

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Illustration surréaliste d'une main émergeant d'une île tropicale et tenant une baguette lumineuse vers le ciel.
Graphique illustrant l'effet de la géo-ingénierie solaire sur les températures globales selon l'année de lancement.

Refroidir le monde pour le plus grand bénéfice des pays pauvres

Souvent décrite comme un fantasme d’industriels occidentaux, la géo-ingénierie pourrait en réalité bénéficier en premier lieu aux plus pauvres.

Dans les champs indiens, une injection modérée d’aérosols préserverait la mousson d’été, réduirait les jours de chaleur extrême et relèverait les rendements du blé et du riz pluviaux, ceux des paysans privés d’irrigation. Des gains similaires ont été modélisés dans quatre régions vulnérables du Sud global, avec des gains particulièrement marqués en Amérique centrale et en Afrique de l’Ouest. Refroidir la planète, ici, ce n’est pas protéger le confort des riches. C’est aider à nourrir les populations les plus exposées au réchauffement.

À l’échelle mondiale, le bénéfice devient massif. Pour 6 grandes cultures, les rendements progresseraient d’environ 10 % sous géo-ingénierie solaire, alors qu’ils reculeraient de 5 % dans un scénario limité à la réduction des émissions.

Développer la géo-ingénierie ferait-il renoncer à la décarbonation, comme le craint l’Académie des sciences ? L’argument, qui paraît intuitif, ne tient pas. Depuis 2014, une quinzaine de travaux l’ont testé. La quasi-totalité ne trouve aucun effet de relâchement, au contraire : informer sur la géo-ingénierie renforce souvent le soutien à la taxe carbone. Les travaux les plus rigoureux, eux, ne détectent aucun effet significatif. Autrement dit, il n’est pas nécessaire de laisser les populations souffrir du réchauffement pour les convaincre de le combattre.

Une climatisation pour la planète

Modifier les grands équilibres de la planète n’est pas une nouveauté. En captant l’azote de l’air pour fabriquer des engrais, nous avons déjà pris la main sur un cycle biogéochimique majeur. Aujourd’hui, près de la moitié de l’humanité est nourrie grâce à cet azote de synthèse. Dans la même lutte contre la misère, nous avons aussi brûlé du charbon, du pétrole et du gaz. Les énergies fossiles ont permis un immense progrès matériel, mais elles ont aussi réchauffé le climat. Le réchauffement n’était pas le projet. Il fut l’effet secondaire de l’indispensable usage énergétique, souvent sans l’avoir voulu. Le réchauffement climatique lui-même est l’effet secondaire d’un progrès énergétique immense, mais mal maîtrisé. La question mérite donc au moins d’être posée : faut-il exclure par principe toute intervention volontaire sur le climat, ou chercher à comprendre si un refroidissement limité pourrait réduire une partie des risques ?

Il est possible de commencer par des expérimentations à grande échelle. Si les résultats venaient confirmer les modèles, un programme de déploiement graduel pourrait ensuite être engagé, à la hauteur de cette crise planétaire. David Keith, physicien à Harvard et pionnier du sujet, propose de ne compenser que la moitié du réchauffement, plutôt que sa totalité. L’avantage serait double : limiter les effets secondaires tout en maintenant la décarbonation indispensable. À défaut d’expérimentations ambitieuses, le minimum serait au moins de lancer de vastes programmes de recherche.

Les coûts directs d’un tel programme semblent faibles au regard des dommages climatiques qu’il pourrait éviter. Compenser tout l’excès de réchauffement depuis la révolution industrielle reviendrait à environ 1 milliard de dollars par an, soit moins d’un centime par personne et par mois.

Nous avons déjà transformé le monde une première fois pour manger à notre faim. Allons-nous oser le transformer une seconde fois, pour protéger les plus faibles et une biodiversité qui suffoque déjà sous la chaleur ? Il est temps, au moins, d’ouvrir sérieusement le débat.

La guerre du ciel n’existe pas !

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Illustration d'une antenne parabolique dans l'espace réfléchissant un rayon de soleil au-dessus de la Terre, bordée par un drapeau français.

Réchauffement climatique, la faute au capitalisme ?

7 juillet 2026 à 20:33

Sous la canicule, il faut un coupable, et le capitalisme fait un accusé commode. C’est pourtant le meilleur allié du climat.

La faim dans le monde ? La faute du capitalisme. Les guerres ? Le capitalisme. La crise du logement ? Le capitalisme. La pandémie ? Le capitalisme. La pauvreté ? Le capitalisme. L’hôpital à bout de souffle, le réchauffement climatique ? Le capitalisme, le capitalisme vous dis-je ! On croirait entendre la Toinette du Malade imaginaire répondant « le poumon » à chaque symptôme qu’on lui décrit. Le diagnostic est tout aussi imaginaire, mais il a le mérite d’avoir le confort de la simplicité pour celui qui le formule.

Accuser le système, c’est absoudre tout le monde. De l’électeur qui se cabre contre la taxe carbone aux puissances qui carburent au charbon, nul n’est ainsi plus comptable de rien puisque le coupable est partout. Pour une frange de l’écologie politique, le réquisitoire cache d’ailleurs un autre agenda. Le climat sert de cheval de Troie au projet bien plus ancien d’en finir avec le marché, la propriété et le profit. Le carbone n’est que le prétexte d’une opération dont le collectivisme est le but. Vous voulez sincèrement sauver la planète ? Chiche. Instruisons le dossier, et regardons qui la salit, et qui la nettoie.

De quoi le capitalisme est-il le nom ?

Tout procès commence par la vérification de l’identité de l’accusé. Avant d’être une idéologie ou un complot, le capitalisme est une mécanique de coordination, la plus puissante jamais inventée. Des millions d’individus, propriétaires de leurs moyens et libres de leurs choix, échangent sur des marchés où les prix éclairent sur la rareté. C’était l’une des démonstrations les plus éclairantes de Friedrich Hayek : les prix sont des agrégateurs instantanés de milliers d’informations éparpillées dans la tête de chaque producteur et consommateur, que nul bureau central ne serait capable de compiler. Le prix d’une chose condense tout ce que le monde sait d’elle, ce qu’elle coûte à produire et ce qu’on consent à sacrifier pour l’obtenir. C’est le système nerveux de l’économie. Débranchez-le, et plus rien ne répond.

L’accusé a ses turpitudes, nul ne songe à les nier. Il engendre des excès et des externalités qui sont mesurables, notamment en matière environnementale. En brûlant du pétrole, chacun rejette dans l’atmosphère une facture qu’il ne paie pas. Mais la faute ne gît pas dans le marché en tant que tel, elle réside dans l’absence d’un prix réel donné à ces émissions néfastes pour le climat.

Le carbone ne doit pas être gratuit

Fixer des prix est la fonction même du marché. William Nordhaus a reçu le Nobel d’économie en 2018 pour avoir fait entrer le climat dans l’équation économique et établi que la voie la moins coûteuse pour le préserver passe par le prix du carbone plutôt que par l’interdit ou le rationnement. Christian Gollier, l’un de nos meilleurs économistes du climat, auteur de Le climat après la fin du mois, démontre qu’un signal-prix unique, universel et appliqué sans exception demeure le moyen le plus efficace d’atteindre sa cible. Son collègue toulousain Jean Tirole, Nobel en 2014, enfonce le clou. À quoi bon empiler normes et subventions quand un simple prix suffirait à réaliser la transition écologique ?

Si l’émission de carbone est taxée à sa source, tout le reste de la chaîne des comportements s’adapte. Le capital délaisse les activités sales au profit des solutions propres et le pollueur paye le juste prix de son empreinte. Soit très exactement l’inverse de ce que font nos gouvernements en cassant le signal-prix à chaque flambée de l’essence, à coups de ristournes et de boucliers. Savoureuse ironie que de voir ceux dépeints en zélotes du marché, passer leur temps à tenter de le bâillonner.

Le dividende carbone, ou l’art de faire aimer une taxe

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Le grand découplage

La théorie n’est pas uniquement séduisante dans les manuels d’économie, elle s’observe de manière empirique. Depuis trente ans, les économies avancées réussissent ce que l’on jurait impossible, à savoir produire davantage de richesses en émettant moins de CO2. Et en matière de découplage, la France est particulièrement performante. Depuis 1990, son PIB a progressé de 65 %, pendant que ses émissions territoriales ont diminué d’un tiers, jusqu’à atteindre l’année dernière le point le plus bas jamais enregistré.

Et elle n’est pas la seule. L’étude publiée en décembre 2025 par l’Energy and Climate Intelligence Unit, passant au crible 113 pays et plus de 97 % du PIB mondial, montre que le découplage PIB-CO2 est devenu la norme et non l’exception. Depuis l’accord de Paris, 92 % de la richesse mondiale se crée dans des économies ayant décorrélé croissance et carbone, et près de la moitié dans des pays dont les émissions baissent en valeur absolue pendant que leur PIB monte.

Reste l’objection rituelle. N’aurions-nous pas simplement délocalisé notre pollution, en balayant nos fumées sous le tapis chinois ? L’usine part à Shenzhen, l’émission disparaît de nos registres, et nous voilà vertueux à peu de frais. Le soupçon fut longtemps fondé. Il ne l’est plus. Les auteurs de l’étude ECIU ont mesuré les émissions du côté de la consommation, en réintégrant chaque tonne de carbone importée avec les jouets, l’acier ou les smartphones fabriqués au bout du monde. Le verdict ne bouge pas, même en incluant les importations, la baisse est confirmée. Le découplage n’a rien d’un tour de passe-passe comptable, notre production de richesse est de plus en plus vertueuse.

Les pollueurs ne sont pas ceux que l’on croit

Vient alors la pièce du dossier qui embarrasse le plus l’accusation. Les plus gros pollueurs se trouvent parmi les économies les moins capitalistes. Rapportées au PIB, les émissions recensées par la base Edgar de la Commission européenne dressent un classement sans appel. Pour produire un million de dollars de richesses, le monde émet en moyenne 316 tonnes d’équivalent CO2 avec une hétérogénéité selon les pays. Quand la Chine en émet 491 et la Russie 458, l’Union européenne se situe à 134 tonnes et la France à 108. Le hasard n’y est pour rien. Les nations les plus sobres du monde développé sont des économies de marché, la France adossée à son nucléaire, le Royaume-Uni à son prix plancher du carbone. Les plus émettrices sont des économies administrées, gavées de charbon subventionné et sourdes aux signaux de prix.

Le casier de l’économie planifiée plaide dans le même sens. Le collectivisme n’a jamais protégé la nature, comme le rappellent tristement la mer d’Aral asséchée, Tchernobyl, le ciel empoisonné de Norilsk ou les campagnes d’extermination des moineaux dans la Chine maoïste. Le palmarès peu glorieux de l’économie planifiée devrait être réétudié par ses thuriféraires voulant abolir l’économie de marché.

La prospérité est la meilleure politique écologique

Les prêcheurs de la décroissance occultent une vérité pourtant simple : nul ne devient écologiste s’il a le ventre vide. C’est la base de ce que les économistes appellent la courbe de Kuznets environnementale. Ce n’est qu’à partir d’un certain seuil de richesse qu’une société se met à améliorer la qualité de l’air, sauvegarder la biodiversité et prendre soin de ses paysages, tout simplement parce qu’elle en a enfin les moyens. En deçà, elle a d’autres urgences, et le peuple qui compte ses fins de mois fera toujours passer la fin de la semaine avant la fin du monde.

Or c’est précisément ce seuil que le capitalisme a fait franchir à la planète. En 1990, près de quatre humains sur dix vivaient dans l’extrême pauvreté (en dessous de 2,15 $ par personne et par jour). C’est moins de un sur dix aujourd’hui (au nouveau seuil de 3 $), alors que la Terre compte près de trois milliards d’habitants de plus. L’ouverture des marchés a arrimé la Chine, l’Inde et l’Asie émergente au train de la prospérité mondiale, et pour la première fois depuis la révolution industrielle, les inégalités entre nations reculent au lieu de se creuser. Cette convergence des niveaux de vie, en plus d’être une grande victoire sociale, est également la condition silencieuse de la transition. Des populations entières, absorbées autrefois par la survie, ont désormais les moyens de se soucier de leur air et de leurs fleuves. Si le découplage est devenu la norme mondiale, c’est parce que la prospérité l’est devenue avant lui. Le capitalisme a sorti les Hommes de la misère, qui se sont mis alors à prendre soin de la planète.

La vertu climatique est donc un bien supérieur qui s’achète avec de la prospérité, jamais avec de la pénurie. Appauvrir les gens pour sauver le climat, c’est scier la branche sur laquelle se développe l’écologie.

Le pari Ehrlich-Simon

L’incitation est l’arme la plus puissante contre le carbone. Paul Romer, co-lauréat du Nobel la même année que Nordhaus, en a écrit la théorie. La croissance naît des idées, et les idées surgissent là où les incitations les appellent. Si les performances des technologies au service du climat s’améliorent, ce n’est pas parce qu’une autorité centrale l’a décrété, mais bien parce que des ingénieurs ont trouvé leur compte dans l’exploration de ces segments de recherche.

L’économiste Julian Simon avait mis cette confiance à l’épreuve de la façon la plus loyale qui soit, en y engageant son argent. En 1980, le biologiste Paul Ehrlich, auteur de La Bombe P, best-seller promettant famines et effondrement par surpopulation, incarnait la certitude de la pénurie. En désaccord avec cette affirmation, Simon lui proposa un pari. Ehrlich devait choisir cinq matières premières et une échéance. Si leurs prix montaient d’ici là – signe que la rareté gagnait – Simon devait payer 1 000 $. S’ils baissaient – signe que l’ingéniosité humaine avait déjoué la pénurie – Ehrlich réglerait la note. Le prophète choisit le cuivre, le chrome, le nickel, l’étain et le tungstène, à l’horizon de dix ans. En 1990, les cinq avaient baissé. Ehrlich posta son chèque sans un mot.

Quand une ressource se raréfie, son prix monte, et cette hausse déclenche aussitôt une réponse du marché, cherchant substituts, gisements nouveaux et économies de matière. La rareté appelle l’invention, à condition qu’un prix la signale. C’est très exactement ce que l’on demande aujourd’hui au prix du carbone. L’ingéniosité humaine, cette « ressource ultime » selon le mot de Simon, dame le pion à Malthus depuis deux siècles. Étrangler la prospérité, comme en rêvent les décroissants, reviendrait à débrancher la machine qui fabrique nos solutions.

Que faut-il donc pour gagner ? Un prix du carbone qui explicite la vérité des coûts, des profits capables de financer les milliers de milliards d’investissements dans la transition, des inventions qui rendent le propre moins coûteux que le polluant, des incitations qui fassent tirer des millions d’acteurs dans le même sens sans qu’aucun commissaire n’ait à le décréter. Ce cahier des charges correspond en tout point au fonctionnement du capitalisme. Aucune société appauvrie n’a jamais rien financé. Au terme du procès en pyromanie, l’accusé mérite la relaxe, mais sous conditions. Donnez-lui un prix, une règle et un cap, et c’est lui qui éteindra l’incendie.

Transition écologique : l’engrenage toxique du capitalisme de connivence

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Les vagues de chaleur, un risque majeur pour l’industrie lourde européenne

Dès 2030, les fortes températures menaceront gravement l’activité de 80 % des grands sites industriels européens de l’acier, du raffinage, du verre, du ciment et de l’ammoniac, selon l’étude réalisée par le consultant Sia Partners sur 365 usines.

© PHOTO NICOLAS TUCAT/AFP

Le port d’Anvers, en Belgique, photographié le 10 avril 2026, est particulièrement menacé par le changement climatique, selon le cabinet Sia Partners.
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