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Samsung et LG font le ménage dans les apps TV dopées aux proxys résidentiels

4 août 2026 à 06:59
Derrière l’écran, le tunnel
Samsung et LG font le ménage dans les apps TV dopées aux proxys résidentiels

À quelques semaines d’écart, LG et Samsung ont annoncé la suspension ou l’interdiction sur leurs plateformes de téléviseurs connectés d’applications intégrant des systèmes de proxy résidentiel. Il en existe des utilisations légitimes, mais le manque de transparence de ces SDK, leur activation à distance et la difficulté pour les utilisateurs de comprendre ce à quoi ils consentent posent un vrai problème de confiance.

Début juillet, la société spécialisée en sécurité informatique Spur révélait que 42 % des applications proposées au téléchargement sur webOS – la plateforme smart TV de LG – intégraient des SDK permettant de transformer les téléviseurs connectés du constructeur en nœuds de sortie de proxy résidentiel. La même étude indiquait qu’au moins un quart des téléviseurs de Samsung fonctionnant sous Tizen embarquaient les mêmes composants.

Une fois la télé transformée en nœud de sortie proxy résidentiel, l’IP de l’utilisateur est utilisée par des services pour accéder à Internet… avec tous les risques que cela entraine, surtout en cas d’IP fixe. L’adresse peut être signalée en cas de scraping massif, de contournement de blocage, ou encore si elle sert de courroie de transmission à une activité frauduleuse. Le propriétaire de la télévision pourrait alors avoir des problèmes, sans oublier qu’un tel proxy peut générer de la latence sur son accès internet.

Quoi de neuf à la télé ce soir ? Un proxy

La branche américaine de LG a annoncé à KrebsOnSecurity que le constructeur travaillait avec les développeurs tiers au retrait dans leurs applications de cette fonction de proxy résidentiel. Et les développeurs qui s’y refuseront subiront une suspension de leurs applications. « Un réseau de proxy résidentiel n’est pas un usage prévu pour les téléviseurs connectés LG », déclarait le 21 juillet John Taylor, vice-président de LG Electronics USA.

L’examen des applications était déjà « bien avancé », assure le dirigeant, et « LG continuera de renforcer son processus d’évaluation des applications soumises par les développeurs, y compris celles qui intègrent des SDK de proxy résidentiel ». Au passage, LG file un mauvais coton en ce moment, après la controverse sur l’antivirus McAfee proposé de manière agressive aux utilisateurs de certains de ses moniteurs PC.

Une autre enquête, réalisée cette fois par Mnemonic, explique que des jeux distribués par la boutique de Samsung pour ses smart TV contiennent le kit de développement de Bright Data, une société israélienne qui commercialise des proxys résidentiels donnant accès à des millions de réseaux dans le monde.

Il existe des utilisations légitimes pour le proxy résidentiel, par exemple pour vérifier l’efficacité de dispositifs de censure ou de blocage géographique (voir si certains contenus sont accessibles depuis différents endroits), collecter des données publiques pour comparer des prix, ou encore pour contrôler la conformité de publicités (des marques peuvent vérifier que leurs pubs apparaissent correctement sans être associées à des contenus problématiques). Les proxys résidentiels sont prisés car ils ressemblent à du trafic humain « normal ».

Pac-Man et la connexion fantôme

Les téléviseurs enrôlés comme nœuds de sortie via Bright Data peuvent être utilisés pour télécharger des montagnes de données publiques sur le web depuis plusieurs sources à la fois pour éviter les protections anti-scraping. Mnemonic a observé du scraping de profils LinkedIn à grande échelle, ainsi que de la collecte de données pour entraîner des IA. Ce SDK, qui est aussi majoritairement présent dans les apps de proxy résidentiel distribuées par LG, veut pourtant montrer patte blanche.

Bright Data l’affirme à KrebsOnSecurity : « Chaque utilisateur accepte explicitement de participer via un écran de consentement et reçoit une contrepartie en retour ; chaque client est vérifié, et nos pratiques ont désormais fait l’objet d’un deuxième audit indépendant par PwC. » L’entreprise poursuit : « Nous restons attachés à un internet ouvert et transparent, où les entreprises légitimes, les chercheurs et les institutions peuvent accéder de manière responsable aux données relevant du domaine public. »

L’architecture de ces applications, comme la mise en avant de certaines d’entre elles par Samsung dans sa boutique, soulève des questions. Mnemonic indique que tout est « officiel » : le SDK est « dormant » tant que le téléspectateur n’a pas donné son accord… mais les apps ne sont que des coquilles vides qui chargent ensuite le vrai code depuis un serveur distant. Ce que Samsung ou LG vérifient dans leurs boutiques n’est donc pas ce qui se lance sur la télé.

Image : Mnemonic

Les jeux Pac-Man et 2048 Football Cup proposent par exemple une expérience « sans pub », pour peu que l’utilisateur accepte que son téléviseur télécharge des données publiques depuis internet en utilisant l’adresse IP de l’appareil. « Si c’est gratuit, c’est vous le produit » prend ici tout son sens.

Emboîtant le pas de son rival, Samsung a donc commencé à restreindre l’apparition de nouvelles apps intégrant de telles fonctions sur sa plateforme Tizen. « Nous mettons actuellement en place des politiques strictes à l’échelle de la plateforme pour les développeurs, interdisant explicitement les SDK de proxy résidentiel, et nous travaillons à identifier et supprimer toutes les applications actuellement disponibles dans notre boutique qui contiennent ces composants », ajoute un porte-parole de l’entreprise à TechCrunch.

Les proxys résidentiels sont une « menace croissante dans le cyberespace »

Il y a deux ans déjà, Orange alertait sur les proxys résidentiels qui « représentent une menace croissante dans le cyberespace, car ils sont fréquemment utilisés par des groupes d’attaquants qui ainsi se cachent au sein du trafic légitime, mais aussi agissent de manière légitime […] Pour obtenir une infrastructure pouvant atteindre plusieurs millions d’hôtes, les fournisseurs de proxys résidentiels utilisent des techniques qui peuvent induire en erreur les utilisateurs qui installent des logiciels tiers ».

Le nombre d’adresses IP est un point crucial pour les proxys résidentiels, un déploiement massif des points de sortie est donc primordial : « Ces points de sortie incluent les adresses IP des routeurs domestiques, des ordinateurs personnels, des téléviseurs intelligents et, de plus en plus, des téléphones mobiles utilisant les réseaux 4G et 5G ». Il y a des utilisateurs prêts à louer leur connexion, mais aussi d’autres piratés et tout un dégradé de nuances entre ces deux extrêmes.

Depuis maintenant plusieurs années, une des stratégies des proxys résidentiels « est l’implication d’utilisateurs conscients et volontaires », mais qui ne comprennent pas toujours « l’utilisation finale de leur connexion Internet ». Dans le cas présent, nous y sommes probablement.

Côté développeurs, certains proxys résidentiels proposent une sorte de « PaaS » ou « Proxyware as a service » avec un kit pour intégrer directement et facilement cette fonctionnalité dans leur application.

Samsung et LG font le ménage dans les apps TV dopées aux proxys résidentiels

4 août 2026 à 06:59
Derrière l’écran, le tunnel
Samsung et LG font le ménage dans les apps TV dopées aux proxys résidentiels

À quelques semaines d’écart, LG et Samsung ont annoncé la suspension ou l’interdiction sur leurs plateformes de téléviseurs connectés d’applications intégrant des systèmes de proxy résidentiel. Il en existe des utilisations légitimes, mais le manque de transparence de ces SDK, leur activation à distance et la difficulté pour les utilisateurs de comprendre ce à quoi ils consentent posent un vrai problème de confiance.

Début juillet, la société spécialisée en sécurité informatique Spur révélait que 42 % des applications proposées au téléchargement sur webOS – la plateforme smart TV de LG – intégraient des SDK permettant de transformer les téléviseurs connectés du constructeur en nœuds de sortie de proxy résidentiel. La même étude indiquait qu’au moins un quart des téléviseurs de Samsung fonctionnant sous Tizen embarquaient les mêmes composants.

Une fois la télé transformée en nœud de sortie proxy résidentiel, l’IP de l’utilisateur est utilisée par des services pour accéder à Internet… avec tous les risques que cela entraine, surtout en cas d’IP fixe. L’adresse peut être signalée en cas de scraping massif, de contournement de blocage, ou encore si elle sert de courroie de transmission à une activité frauduleuse. Le propriétaire de la télévision pourrait alors avoir des problèmes, sans oublier qu’un tel proxy peut générer de la latence sur son accès internet.

Quoi de neuf à la télé ce soir ? Un proxy

La branche américaine de LG a annoncé à KrebsOnSecurity que le constructeur travaillait avec les développeurs tiers au retrait dans leurs applications de cette fonction de proxy résidentiel. Et les développeurs qui s’y refuseront subiront une suspension de leurs applications. « Un réseau de proxy résidentiel n’est pas un usage prévu pour les téléviseurs connectés LG », déclarait le 21 juillet John Taylor, vice-président de LG Electronics USA.

L’examen des applications était déjà « bien avancé », assure le dirigeant, et « LG continuera de renforcer son processus d’évaluation des applications soumises par les développeurs, y compris celles qui intègrent des SDK de proxy résidentiel ». Au passage, LG file un mauvais coton en ce moment, après la controverse sur l’antivirus McAfee proposé de manière agressive aux utilisateurs de certains de ses moniteurs PC.

Une autre enquête, réalisée cette fois par Mnemonic, explique que des jeux distribués par la boutique de Samsung pour ses smart TV contiennent le kit de développement de Bright Data, une société israélienne qui commercialise des proxys résidentiels donnant accès à des millions de réseaux dans le monde.

Il existe des utilisations légitimes pour le proxy résidentiel, par exemple pour vérifier l’efficacité de dispositifs de censure ou de blocage géographique (voir si certains contenus sont accessibles depuis différents endroits), collecter des données publiques pour comparer des prix, ou encore pour contrôler la conformité de publicités (des marques peuvent vérifier que leurs pubs apparaissent correctement sans être associées à des contenus problématiques). Les proxys résidentiels sont prisés car ils ressemblent à du trafic humain « normal ».

Pac-Man et la connexion fantôme

Les téléviseurs enrôlés comme nœuds de sortie via Bright Data peuvent être utilisés pour télécharger des montagnes de données publiques sur le web depuis plusieurs sources à la fois pour éviter les protections anti-scraping. Mnemonic a observé du scraping de profils LinkedIn à grande échelle, ainsi que de la collecte de données pour entraîner des IA. Ce SDK, qui est aussi majoritairement présent dans les apps de proxy résidentiel distribuées par LG, veut pourtant montrer patte blanche.

Bright Data l’affirme à KrebsOnSecurity : « Chaque utilisateur accepte explicitement de participer via un écran de consentement et reçoit une contrepartie en retour ; chaque client est vérifié, et nos pratiques ont désormais fait l’objet d’un deuxième audit indépendant par PwC. » L’entreprise poursuit : « Nous restons attachés à un internet ouvert et transparent, où les entreprises légitimes, les chercheurs et les institutions peuvent accéder de manière responsable aux données relevant du domaine public. »

L’architecture de ces applications, comme la mise en avant de certaines d’entre elles par Samsung dans sa boutique, soulève des questions. Mnemonic indique que tout est « officiel » : le SDK est « dormant » tant que le téléspectateur n’a pas donné son accord… mais les apps ne sont que des coquilles vides qui chargent ensuite le vrai code depuis un serveur distant. Ce que Samsung ou LG vérifient dans leurs boutiques n’est donc pas ce qui se lance sur la télé.

Image : Mnemonic

Les jeux Pac-Man et 2048 Football Cup proposent par exemple une expérience « sans pub », pour peu que l’utilisateur accepte que son téléviseur télécharge des données publiques depuis internet en utilisant l’adresse IP de l’appareil. « Si c’est gratuit, c’est vous le produit » prend ici tout son sens.

Emboîtant le pas de son rival, Samsung a donc commencé à restreindre l’apparition de nouvelles apps intégrant de telles fonctions sur sa plateforme Tizen. « Nous mettons actuellement en place des politiques strictes à l’échelle de la plateforme pour les développeurs, interdisant explicitement les SDK de proxy résidentiel, et nous travaillons à identifier et supprimer toutes les applications actuellement disponibles dans notre boutique qui contiennent ces composants », ajoute un porte-parole de l’entreprise à TechCrunch.

Les proxys résidentiels sont une « menace croissante dans le cyberespace »

Il y a deux ans déjà, Orange alertait sur les proxys résidentiels qui « représentent une menace croissante dans le cyberespace, car ils sont fréquemment utilisés par des groupes d’attaquants qui ainsi se cachent au sein du trafic légitime, mais aussi agissent de manière légitime […] Pour obtenir une infrastructure pouvant atteindre plusieurs millions d’hôtes, les fournisseurs de proxys résidentiels utilisent des techniques qui peuvent induire en erreur les utilisateurs qui installent des logiciels tiers ».

Le nombre d’adresses IP est un point crucial pour les proxys résidentiels, un déploiement massif des points de sortie est donc primordial : « Ces points de sortie incluent les adresses IP des routeurs domestiques, des ordinateurs personnels, des téléviseurs intelligents et, de plus en plus, des téléphones mobiles utilisant les réseaux 4G et 5G ». Il y a des utilisateurs prêts à louer leur connexion, mais aussi d’autres piratés et tout un dégradé de nuances entre ces deux extrêmes.

Depuis maintenant plusieurs années, une des stratégies des proxys résidentiels « est l’implication d’utilisateurs conscients et volontaires », mais qui ne comprennent pas toujours « l’utilisation finale de leur connexion Internet ». Dans le cas présent, nous y sommes probablement.

Côté développeurs, certains proxys résidentiels proposent une sorte de « PaaS » ou « Proxyware as a service » avec un kit pour intégrer directement et facilement cette fonctionnalité dans leur application.

Bitcoins : des clés cryptographiques des wallets de Coldcard trop faciles à reconstituer

4 août 2026 à 06:04
Un coffre-fort qui manque de combinaisons
Bitcoins : des clés cryptographiques des wallets de Coldcard trop faciles à reconstituer

Mauvaise surprise pour des utilisateurs de portefeuilles de bitcoins de Coldcard. Des petits malins ont su reconstituer leurs phrases de récupération, générées par une méthode trop simple. Résultat, plus de 110 millions de dollars dérobés, et un rappel utile : les clés cryptographiques ne valent que si le système qui les crée est réellement imprévisible.

Une erreur de programmation aurait empêché certains wallets du fabricant Coldcard d’utiliser leur générateur matériel de nombres aléatoires pour créer des « seeds », ces phrases de récupération de 12 ou 24 mots. Cette erreur logicielle aurait poussé le générateur de ces portefeuilles à se rabattre sur une méthode reposant sur des données relativement prévisibles (numéro de série de la puce ou encore valeurs liées à l’horloge), explique l’équipe Bitcoin Engineering and Security de Block.

Plus de 100 millions de dollars volatilisés

Le 30 juillet, 1 196 adresses ont été entièrement vidées pour un peu plus de 1 082 bitcoins, ce qui représente environ 70 millions de dollars selon les calculs de Galaxy Research. L’opération a été rapide, elle n’a duré en tout et pour tout 41 minutes. Deux autres vagues ont eu lieu par la suite, pour un total de 1 816 BTC, soit 114 millions de dollars.

Image : Coldcard

Les bitcoins ne sont pas stockés dans les wallets Coldcard eux-mêmes, mais sur la blockchain ; le portefeuille physique ne conserve que les clés privées permettant de déplacer les bitcoins. En temps normal, ces clés sont impossibles à deviner. Mais dans ce cas, une entropie très insuffisante – autrement dit un hasard « prévisible » – aurait considérablement réduit le nombre de phrases de récupération possibles.

L’erreur ne venait pas de l’absence d’un générateur matériel de nombres aléatoires, mais d’un mauvais branchement logiciel. Le code chargé de créer les phrases de récupération appelait par erreur un générateur de secours alimenté notamment par l’identifiant de la puce et des valeurs d’horloge. Sur les anciens wallets Mk2 et Mk3 concernés, aucun véritable hasard cryptographique ne venait corriger cette faiblesse. Sur les modèles plus récents, Coldcard ajoutait bien une source sécurisée, mais n’en conservait que 32 bits, réduisant fortement le nombre de seeds possibles.

L’attaquant n’avait donc pas besoin de pirater les appareils : il lui suffisait de reproduire le générateur défaillant sur ses propres machines, puis de tester les seeds candidates. Toutes les clés privées et les adresses du propriétaire en découlent, c’est pourquoi il importe que la seed soit choisie de manière complètement aléatoire et imprévisible, ce qui n’était pas le cas ici.

Les fonds volés sont regroupés sur quatre adresses bitcoin. Leur parcours peut être suivi publiquement, mais les identités des personnes qui contrôlent ces adresses restent inconnues, sauf à recouper ces transactions avec d’autres informations, par exemple celles d’une plateforme d’échange. Il se trouve que l’attaquant aurait utilisé un compte payant auprès d’un fournisseur de données blockchain pour interroger les adresses au moment du vol.

Ces informations ne proviennent pas d’une plateforme d’échange, mais un compte payant peut laisser des traces potentiellement exploitables pour remettre la main sur le ou les auteurs de ce casse. Quant aux utilisateurs de Coldcard, ils ne doivent pas se contenter de mettre à jour leurs portefeuilles. Il faut aussi et surtout créer une nouvelle seed à partir d’un système mis à jour, puis transférer les cryptos vers les nouvelles adresses.

Des clés aux pieds d’argile

Cette histoire rappelle que les clés, même très longues (128 ou 256 bits) ne sont aussi solides que la méthode cryptographique qui sert à les générer. Si elle ne produit qu’un petit nombre de valeurs possibles, la sécurité de la clé devient largement illusoire. Dans le cas Coldcard, les wallets Mk4, Q et Mk5 généraient des clés d’environ quatre milliards de suites réellement distinctes. Un nombre immense à l’échelle humaine, mais suffisamment réduit pour pouvoir être exploré par des ordinateurs.

Il y a plusieurs exemples de mécanismes cryptographiques robustes, mais affaiblis par leur implémentation. On peut rappeler la découverte du groupe fail0verflow qui, fin 2010, révélait la clé privée permettant de signer les jeux et les logiciels de la PS3. Il devenait donc possible de faire tourner des homebrews et des programmes non autorisés par Sony sur la console.

L’algorithme ECDSA utilisé exigeait une valeur secrète différente pour chaque signature (« nonce »). Mais voilà, la PS3 réutilisait la même valeur… En comparant plusieurs signatures, les bidouilleurs ont pu calculer la clé utilisée par Sony. Le problème ne résidait pas dans l’algorithme en lui-même, mais dans son implémentation.

Autre exemple célèbre : en 2014, le National Institute of Standards and Technology (NIST) américain retirait un algorithme cryptographique de son projet de recommandations sur les générateurs de nombres pseudo-aléatoires. Il s’agissait de Dual_EC_DRBG, qui était très lent, favorisait certains nombres plutôt que d’autres, et avait cette réputation d’être un tuyau percé.

En septembre 2013, des documents révélés par Edward Snowden ont ravivé les soupçons autour de cet algorithme, soupçonné depuis plusieurs années de contenir une porte dérobée conçue par la NSA. L’agence avait justement insisté auprès du NIST pour conserver Dual_EC_DRBG, alors que ses faiblesses étaient connues depuis 2007.

Bitcoins : des clés cryptographiques des wallets de Coldcard trop faciles à reconstituer

4 août 2026 à 06:04
Un coffre-fort qui manque de combinaisons
Bitcoins : des clés cryptographiques des wallets de Coldcard trop faciles à reconstituer

Mauvaise surprise pour des utilisateurs de portefeuilles de bitcoins de Coldcard. Des petits malins ont su reconstituer leurs phrases de récupération, générées par une méthode trop simple. Résultat, plus de 110 millions de dollars dérobés, et un rappel utile : les clés cryptographiques ne valent que si le système qui les crée est réellement imprévisible.

Une erreur de programmation aurait empêché certains wallets du fabricant Coldcard d’utiliser leur générateur matériel de nombres aléatoires pour créer des « seeds », ces phrases de récupération de 12 ou 24 mots. Cette erreur logicielle aurait poussé le générateur de ces portefeuilles à se rabattre sur une méthode reposant sur des données relativement prévisibles (numéro de série de la puce ou encore valeurs liées à l’horloge), explique l’équipe Bitcoin Engineering and Security de Block.

Plus de 100 millions de dollars volatilisés

Le 30 juillet, 1 196 adresses ont été entièrement vidées pour un peu plus de 1 082 bitcoins, ce qui représente environ 70 millions de dollars selon les calculs de Galaxy Research. L’opération a été rapide, elle n’a duré en tout et pour tout 41 minutes. Deux autres vagues ont eu lieu par la suite, pour un total de 1 816 BTC, soit 114 millions de dollars.

Image : Coldcard

Les bitcoins ne sont pas stockés dans les wallets Coldcard eux-mêmes, mais sur la blockchain ; le portefeuille physique ne conserve que les clés privées permettant de déplacer les bitcoins. En temps normal, ces clés sont impossibles à deviner. Mais dans ce cas, une entropie très insuffisante – autrement dit un hasard « prévisible » – aurait considérablement réduit le nombre de phrases de récupération possibles.

L’erreur ne venait pas de l’absence d’un générateur matériel de nombres aléatoires, mais d’un mauvais branchement logiciel. Le code chargé de créer les phrases de récupération appelait par erreur un générateur de secours alimenté notamment par l’identifiant de la puce et des valeurs d’horloge. Sur les anciens wallets Mk2 et Mk3 concernés, aucun véritable hasard cryptographique ne venait corriger cette faiblesse. Sur les modèles plus récents, Coldcard ajoutait bien une source sécurisée, mais n’en conservait que 32 bits, réduisant fortement le nombre de seeds possibles.

L’attaquant n’avait donc pas besoin de pirater les appareils : il lui suffisait de reproduire le générateur défaillant sur ses propres machines, puis de tester les seeds candidates. Toutes les clés privées et les adresses du propriétaire en découlent, c’est pourquoi il importe que la seed soit choisie de manière complètement aléatoire et imprévisible, ce qui n’était pas le cas ici.

Les fonds volés sont regroupés sur quatre adresses bitcoin. Leur parcours peut être suivi publiquement, mais les identités des personnes qui contrôlent ces adresses restent inconnues, sauf à recouper ces transactions avec d’autres informations, par exemple celles d’une plateforme d’échange. Il se trouve que l’attaquant aurait utilisé un compte payant auprès d’un fournisseur de données blockchain pour interroger les adresses au moment du vol.

Ces informations ne proviennent pas d’une plateforme d’échange, mais un compte payant peut laisser des traces potentiellement exploitables pour remettre la main sur le ou les auteurs de ce casse. Quant aux utilisateurs de Coldcard, ils ne doivent pas se contenter de mettre à jour leurs portefeuilles. Il faut aussi et surtout créer une nouvelle seed à partir d’un système mis à jour, puis transférer les cryptos vers les nouvelles adresses.

Des clés aux pieds d’argile

Cette histoire rappelle que les clés, même très longues (128 ou 256 bits) ne sont aussi solides que la méthode cryptographique qui sert à les générer. Si elle ne produit qu’un petit nombre de valeurs possibles, la sécurité de la clé devient largement illusoire. Dans le cas Coldcard, les wallets Mk4, Q et Mk5 généraient des clés d’environ quatre milliards de suites réellement distinctes. Un nombre immense à l’échelle humaine, mais suffisamment réduit pour pouvoir être exploré par des ordinateurs.

Il y a plusieurs exemples de mécanismes cryptographiques robustes, mais affaiblis par leur implémentation. On peut rappeler la découverte du groupe fail0verflow qui, fin 2010, révélait la clé privée permettant de signer les jeux et les logiciels de la PS3. Il devenait donc possible de faire tourner des homebrews et des programmes non autorisés par Sony sur la console.

L’algorithme ECDSA utilisé exigeait une valeur secrète différente pour chaque signature (« nonce »). Mais voilà, la PS3 réutilisait la même valeur… En comparant plusieurs signatures, les bidouilleurs ont pu calculer la clé utilisée par Sony. Le problème ne résidait pas dans l’algorithme en lui-même, mais dans son implémentation.

Autre exemple célèbre : en 2014, le National Institute of Standards and Technology (NIST) américain retirait un algorithme cryptographique de son projet de recommandations sur les générateurs de nombres pseudo-aléatoires. Il s’agissait de Dual_EC_DRBG, qui était très lent, favorisait certains nombres plutôt que d’autres, et avait cette réputation d’être un tuyau percé.

En septembre 2013, des documents révélés par Edward Snowden ont ravivé les soupçons autour de cet algorithme, soupçonné depuis plusieurs années de contenir une porte dérobée conçue par la NSA. L’agence avait justement insisté auprès du NIST pour conserver Dual_EC_DRBG, alors que ses faiblesses étaient connues depuis 2007.

« Aucun risque pour la sécurité » : comment une faille critique dans SQLite s’est révélée être une pure invention de l’IA

3 août 2026 à 14:49

Une notification de sécurité informatique notée 10 sur 10 (le plus haut degré de gravité), reprise par le NIST, la CISA et le centre de cybersécurité néerlandais, décrivait une faille qui n'a jamais existé. Il aura fallu l'obstination du créateur de SQLite pour la faire retirer.

Apple submergée par les rapports de bugs générés par IA

3 août 2026 à 14:35
Ça bouche sur le radar
Apple submergée par les rapports de bugs générés par IA

Apple, comme d’autres entreprises de la tech, se noie dans les signalements de bugs générés par IA. Pour tenter de garder la tête hors de l’eau, le constructeur a mis en place plusieurs mesures visant à limiter le volume des rapports reçus. Au risque de frustrer les chercheurs en sécurité.

Apple impose depuis juin un plafond et une période de carence de 30 jours pour les rapports de bugs transmis via le portail web dédié. « Face à l’augmentation du nombre de signalements de sécurité générés par IA dans l’ensemble du secteur, nous avons récemment ajusté le nombre de nouveaux rapports qu’un chercheur peut avoir ouverts simultanément », a confirmé l’entreprise au Financial Times.

Apple ferme le robinet

Il s’agit pour le constructeur de donner le temps à ses propres équipes de vérifier les signalements et, le cas échéant, de développer les correctifs. Le tsunami de rapports de bugs de mauvaise qualité générés par IA est tel qu’il est très difficile (et très long) de trier le bon grain de l’ivraie. Le système qui examine les signalements est sous pression, il a donc fallu prendre des mesures radicales.

Malheureusement, cette solution peut avoir une conséquence négative : empêcher des chercheurs en sécurité légitimes d’alerter Apple de l’existence d’une importante vulnérabilité. C’est le cas de l’équipe italienne Bynario, qui a déniché une cinquantaine de failles dans la dernière version de macOS avec l’aide de ChatGPT en trois semaines seulement.

Parmi ces vulnérabilités, une d’entre elles est particulièrement sérieuse puisqu’elle permet une élévation de privilèges, qui pourrait donner à un pirate la possibilité de prendre le contrôle d’un Mac. Hélas, Bynario n’a pas pu prévenir Apple en raison des nouvelles limites imposées aux signalements. Le groupe a néanmoins accepté d’examiner le rapport, suite à la demande d’information du FT.

En 2025, les chercheurs italiens avaient soumis huit rapports de bugs à Apple, dont un qui a été corrigé en novembre. Depuis le début de l’année, ils ont signalé cinq failles supplémentaires, avant qu’Apple leur ferme la porte. La vulnérabilité impossible à soumettre concernait le système de Memory Integrity Enforcement, dévoilé en septembre dernier et censé empêcher les attaques par corruption de mémoire. Une faille de ce type peut se vendre jusqu’à 200 000 dollars sur le marché noir des cybercriminels, selon Bynario.

L’appât du gain

« Les responsables de projets et les éditeurs sont submergés par la quantité de bugs découverts », admet Alfredo Pesoli, directeur général et cofondateur de Bynario, pour qui « c’est une période très difficile pour le secteur ». Apple précise que les chercheurs peuvent « facilement demander à tout moment » une augmentation de l’enveloppe de signalements, pour faire en sorte que les rapports de sécurité critiques puissent être pris en compte.

Apple a bonifié l’an dernier son bug bounty, qui permet aux chercheurs d’empocher jusqu’à 2 millions de dollars (et même 5 millions avec les bonus) pour les failles les plus importantes. Il y a de quoi attiser l’intérêt de beaucoup d’amateurs qui tentent leur chance avec l’aide des outils d’IA.

Dans sa dernière livraison de mises à jour logicielles, Apple a multiplié les correctifs : 87 vulnérabilités corrigées dans iOS 26.6, 155 dans macOS 26.6. Plusieurs de ces correctifs ont été rendus possibles grâce à l’IA d’Anthropic et d’OpenAI, entre autres labos. Apple a également annoncé que le processus de distribution de ces mises à jour allait s’accélérer, là aussi en raison des gros volumes de signalements.

Apple n’est pas la seule entreprise du secteur à ployer sous les correctifs de sécurité en raison de l’IA. Google a ainsi annoncé la semaine dernière que Chrome allait avoir droit à deux mises à jour hebdomadaires, au lieu d’une.

Apple submergée par les rapports de bugs générés par IA

3 août 2026 à 14:35
Ça bouche sur le radar
Apple submergée par les rapports de bugs générés par IA

Apple, comme d’autres entreprises de la tech, se noie dans les signalements de bugs générés par IA. Pour tenter de garder la tête hors de l’eau, le constructeur a mis en place plusieurs mesures visant à limiter le volume des rapports reçus. Au risque de frustrer les chercheurs en sécurité.

Apple impose depuis juin un plafond et une période de carence de 30 jours pour les rapports de bugs transmis via le portail web dédié. « Face à l’augmentation du nombre de signalements de sécurité générés par IA dans l’ensemble du secteur, nous avons récemment ajusté le nombre de nouveaux rapports qu’un chercheur peut avoir ouverts simultanément », a confirmé l’entreprise au Financial Times.

Apple ferme le robinet

Il s’agit pour le constructeur de donner le temps à ses propres équipes de vérifier les signalements et, le cas échéant, de développer les correctifs. Le tsunami de rapports de bugs de mauvaise qualité générés par IA est tel qu’il est très difficile (et très long) de trier le bon grain de l’ivraie. Le système qui examine les signalements est sous pression, il a donc fallu prendre des mesures radicales.

Malheureusement, cette solution peut avoir une conséquence négative : empêcher des chercheurs en sécurité légitimes d’alerter Apple de l’existence d’une importante vulnérabilité. C’est le cas de l’équipe italienne Bynario, qui a déniché une cinquantaine de failles dans la dernière version de macOS avec l’aide de ChatGPT en trois semaines seulement.

Parmi ces vulnérabilités, une d’entre elles est particulièrement sérieuse puisqu’elle permet une élévation de privilèges, qui pourrait donner à un pirate la possibilité de prendre le contrôle d’un Mac. Hélas, Bynario n’a pas pu prévenir Apple en raison des nouvelles limites imposées aux signalements. Le groupe a néanmoins accepté d’examiner le rapport, suite à la demande d’information du FT.

En 2025, les chercheurs italiens avaient soumis huit rapports de bugs à Apple, dont un qui a été corrigé en novembre. Depuis le début de l’année, ils ont signalé cinq failles supplémentaires, avant qu’Apple leur ferme la porte. La vulnérabilité impossible à soumettre concernait le système de Memory Integrity Enforcement, dévoilé en septembre dernier et censé empêcher les attaques par corruption de mémoire. Une faille de ce type peut se vendre jusqu’à 200 000 dollars sur le marché noir des cybercriminels, selon Bynario.

L’appât du gain

« Les responsables de projets et les éditeurs sont submergés par la quantité de bugs découverts », admet Alfredo Pesoli, directeur général et cofondateur de Bynario, pour qui « c’est une période très difficile pour le secteur ». Apple précise que les chercheurs peuvent « facilement demander à tout moment » une augmentation de l’enveloppe de signalements, pour faire en sorte que les rapports de sécurité critiques puissent être pris en compte.

Apple a bonifié l’an dernier son bug bounty, qui permet aux chercheurs d’empocher jusqu’à 2 millions de dollars (et même 5 millions avec les bonus) pour les failles les plus importantes. Il y a de quoi attiser l’intérêt de beaucoup d’amateurs qui tentent leur chance avec l’aide des outils d’IA.

Dans sa dernière livraison de mises à jour logicielles, Apple a multiplié les correctifs : 87 vulnérabilités corrigées dans iOS 26.6, 155 dans macOS 26.6. Plusieurs de ces correctifs ont été rendus possibles grâce à l’IA d’Anthropic et d’OpenAI, entre autres labos. Apple a également annoncé que le processus de distribution de ces mises à jour allait s’accélérer, là aussi en raison des gros volumes de signalements.

Apple n’est pas la seule entreprise du secteur à ployer sous les correctifs de sécurité en raison de l’IA. Google a ainsi annoncé la semaine dernière que Chrome allait avoir droit à deux mises à jour hebdomadaires, au lieu d’une.

☕️ L’Éducation nationale s’est encore fait pirater, un nombre important d’agents concernés

3 août 2026 à 06:39


Vendredi, le ministère a reconnu « une intrusion frauduleuse dans l’un de ses systèmes d’information », qui « a pu conduire à l’exfiltration de données à caractère personnel concernant un nombre important de ses agents ».

C’est la troisième fois cette année, après l’intrusion sur le portail RH Compas en mars qui a exposé les informations de quelque 243 000 agents et stagiaires, ainsi qu’une cyberattaque contre ÉduConnect en avril. Dans ce cas, les élèves étaient visés avec leurs prénoms, noms, identifiants ÉduConnect, établissements, classes et emails.

Cette fois-ci, l’attaque a visé le service dédié à la formation des personnels. L’attaque s’est déroulée dans la nuit du 25 au 26 juillet 2026, avec l’usurpation d’un compte professionnel. Les cibles potentielles sont larges car elles concernent « les agents du ministère ayant exercé en académie depuis 2001 », soit il y a 25 ans tout de même.

Illustration : Flock

Dans le lot des données dérobées, des éléments d’identité et d’informations professionnelles (statut et fonctions) ainsi que, « pour une partie d’entre eux », les coordonnées postales, le numéro de téléphone ainsi que celui de sécurité sociale. Aucun détail n’est donné sur la volumétrie précise, tout juste savons-nous qu’il « s’agit entre autres d’enseignants » via une confirmation du ministère à l’AFP.

Le ministère annonce qu’une plainte a été déposée. L’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) et la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) ont été saisies. Bien évidemment, les « personnes susceptibles d’être concernées seront informées dans les meilleurs délais ». Pour rappel, la notification des personnes concernées est une obligation « en cas de risque élevé ».

Le ministère rappelle les règles élémentaires de prudence en matière de cybersécurité et notamment le risque de phishing avec des pirates qui tenteraient de se faire passer pour le ministère. Il met aussi en garde contre… l’usurpation d’identité, qui est justement en cause dans le cas présent.

☕️ L’Éducation nationale s’est encore fait pirater, un nombre important d’agents concernés

3 août 2026 à 06:39


Vendredi, le ministère a reconnu « une intrusion frauduleuse dans l’un de ses systèmes d’information », qui « a pu conduire à l’exfiltration de données à caractère personnel concernant un nombre important de ses agents ».

C’est la troisième fois cette année, après l’intrusion sur le portail RH Compas en mars qui a exposé les informations de quelque 243 000 agents et stagiaires, ainsi qu’une cyberattaque contre ÉduConnect en avril. Dans ce cas, les élèves étaient visés avec leurs prénoms, noms, identifiants ÉduConnect, établissements, classes et emails.

Cette fois-ci, l’attaque a visé le service dédié à la formation des personnels. L’attaque s’est déroulée dans la nuit du 25 au 26 juillet 2026, avec l’usurpation d’un compte professionnel. Les cibles potentielles sont larges car elles concernent « les agents du ministère ayant exercé en académie depuis 2001 », soit il y a 25 ans tout de même.

Illustration : Flock

Dans le lot des données dérobées, des éléments d’identité et d’informations professionnelles (statut et fonctions) ainsi que, « pour une partie d’entre eux », les coordonnées postales, le numéro de téléphone ainsi que celui de sécurité sociale. Aucun détail n’est donné sur la volumétrie précise, tout juste savons-nous qu’il « s’agit entre autres d’enseignants » via une confirmation du ministère à l’AFP.

Le ministère annonce qu’une plainte a été déposée. L’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) et la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) ont été saisies. Bien évidemment, les « personnes susceptibles d’être concernées seront informées dans les meilleurs délais ». Pour rappel, la notification des personnes concernées est une obligation « en cas de risque élevé ».

Le ministère rappelle les règles élémentaires de prudence en matière de cybersécurité et notamment le risque de phishing avec des pirates qui tenteraient de se faire passer pour le ministère. Il met aussi en garde contre… l’usurpation d’identité, qui est justement en cause dans le cas présent.

Nous y voilà : après OpenAI, Anthropic annonce à son tour que Claude a piraté trois entreprises par erreur

31 juillet 2026 à 08:07

Une semaine après la révélation du piratage d'Hugging Face par un agent OpenAI incontrôlé, Anthropic annonce avoir identifié trois cas où ses propres modèles ont accédé sans autorisation à des systèmes réels lors de tests de cybersécurité.

Chiffrement : Claude casse HAWK et fissure une version réduite d’AES, mais pas de panique

30 juillet 2026 à 15:29
Faucon, vraie faiblesse
Chiffrement : Claude casse HAWK et fissure une version réduite d’AES, mais pas de panique

L’équipe Frontier Red Team d’Anthropic a publié un billet dans lequel elle décrit ses trouvailles sur deux algorithmes dédiés à la cybersécurité : HAWK et AES. Si les découvertes sont avérées, les conséquences ne sont pas aussi dramatiques qu’on peut le lire ça et là. Elles ne sont pas inexistantes pour autant.

Le 28 juillet 2026, Anthropic a publié un billet de recherche consacré à la « découverte de faiblesses cryptographiques avec Claude ». Il décrit les trouvailles réalisées avec une préversion interne de Mythos qui n’est pas encore accessible au public.

Les découvertes concernent deux algorithmes de sécurité. D’abord HAWK, un schéma de signature numérique conçu pour résister aux ordinateurs quantiques. Ensuite AES, ou plus exactement une version réduite d’AES, utilisée en général en recherche pour mieux étudier la robustesse de cet algorithme.

Dans son billet, Anthropic affirme qu’aucune de ces découvertes n’a d’incidence sur l’informatique actuelle. Certes, mais elles ont tout de même quelques conséquences, même si elles sont loin de l’apocalypse décrite par certains.

Le vol court du faucon post-quantique


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Dans un contexte juridique tendu, GrapheneOS défend sa protection des données

28 juillet 2026 à 15:07
Un seul code vous manque et tout est perdu
Dans un contexte juridique tendu, GrapheneOS défend sa protection des données

Le 26 juillet, l’équipe de GrapheneOS s’est lancée tout à coup dans un exposé de nombreuses mesures de sécurité, avec une insistance particulière pour la gestion des mots de passe. Ce calendrier ne doit rien au hasard : pour la première fois aux États-Unis, le ministère de la Justice poursuit un citoyen américain pour destruction présumée de données à l’aide d’un mot de passe « contraint ».

Depuis deux jours, le compte X de GrapheneOS répond à de nombreuses questions sur la gestion de ses mots de passe. L’équipe en a fait une synthèse dans son forum pour résumer toutes les informations.

L’équipe explique que le système mobile est basé sur Android 17 et « sur le matériel le plus sécurisé disponible pour Android », la liste se limitant aujourd’hui aux seuls Pixel de Google. Elle rappelle cependant que la situation va évoluer en 2027, grâce à un partenariat avec Motorola Mobility et « aux progrès réalisés par Qualcomm ». Un signal assez fort pour l’industrie, qui pourrait se rapprocher de Graphene pour lancer des smartphones très orientés vers la sécurité. On parle bien de nouveaux modèles, car aucun appareil Motorola actuel ne dispose des sécurités nécessaires.

Les informations se concentrent tout particulièrement sur la protection des mots de passe et autres secrets, ainsi que sur les défenses du système mobile contre l’extraction de données. Le chiffrement du disque constitue ainsi la première ligne de défense : même les attaquants les plus sophistiqués ne peuvent le casser directement, et doivent soit exploiter l’OS en état « After First Unlock » (après premier déverrouillage), soit forcer le PIN ou mot de passe par force brute.

L’équipe indique également que GrapheneOS supporte uniquement les appareils ayant un secure element avec des limitations strictes sur les tentatives de mots de passe et codes PIN : 4 heures après 10 tentatives échouées, 41 jours après 15, avec seulement 20 tentatives autorisées au total. Le secure element est pour rappel une puce dédiée, physiquement et logiciellement isolée, conçue pour stocker les secrets et résister à leur extraction. Dans le contexte de GrapheneOS, il a en outre un rôle précis : il détient les compteurs de tentatives de déverrouillage et applique la limitation de débit, expliquant les délais de plus en plus longs entre les tentatives. Stocker les compteurs dans la puce empêche de « tricher » en les réinitialisant.

Parmi les autres points abordés, on peut citer la limite de caractères des mots portée de 16 à 128, la possibilité d’utiliser un facteur biométrique pour que le système reste utilisable au quotidien (5 tentatives biométriques seulement, qui comptent dans le quota général), des allocateurs de mémoire durcis, le hardware memory tagging (MTE) pour renforcer la résistance aux exploitations de failles inconnues, le blocage par défaut des nouvelles connexions USB quand l’appareil est verrouillé, ou encore un minuteur de redémarrage automatique, ramenant l’appareil en état « Before First Unlock » (avant premier déverrouillage) au bout de 18 heures (par défaut) sans déverrouillage de l’appareil. Ce dernier comportement a d’ailleurs été repris par Apple et Google dans leurs systèmes.

Dans le billet, on trouve également un paragraphe consacré au PIN de contrainte. Présentée comme un outil relativement mineur et optionnel, il efface l’appareil quand il est saisi dans n’importe quelle invite d’authentification (déverrouillage, changement de réglage sensible, etc.). Il fonctionne sur tous les profils, y compris les utilisateurs secondaires et Private Spaces. L’équipe de GrapheneOS insiste : les données ne dépendent pas de cette fonctionnalité pour être protégées. Elle est considérée comme un outil parmi d’autres, et son usage réel doit être mûrement réfléchi compte tenu des conséquences physiques ou juridiques possibles.

L’affaire Samuel Tunick

La mention des conséquences juridiques n’est pas due au hasard. Si l’équipe de Graphene communique tant autour des protections de son système en ce moment, c’est à cause d’un évènement juridique majeur aux États-Unis lié à la tech.

Pour la première fois (a priori), des procureurs fédéraux poursuivent en effet un citoyen américain pour destruction présumée de données à l’aide d’un mot de passe « contraint » intégré au logiciel d’un téléphone. C’est le lien avec la communication abondante : le logiciel en question n’est autre que GrapheneOS.

Samuel Tunick a été initialement arrêté sans mandat le 25 janvier 2025 à l’aéroport de Hartsfield-Jackson (Atlanta) par les douanes américaines, sur la base de l’exception de fouille frontalière au Quatrième amendement. Alors que les agents fédéraux tentaient d’accéder à son téléphone lors de l’inspection, Tunick aurait saisi un mot de passe de contrainte GrapheneOS qui a immédiatement effacé les données stockées sur l’appareil.

Tunick est donc poursuivi en vertu de la loi américaine pour avoir fourni aux agents frontaliers un code d’accès ayant causé l’effacement du contenu numérique de son téléphone, ce que les procureurs qualifient de destruction intentionnelle de biens pour empêcher leur saisie.

Un enjeu plus grand que le cas individuel

La communication de GrapheneOS est probablement défensive, pour documenter publiquement la robustesse cryptographique de son modèle de menace face à l’attention médiatique soudaine portée à la fonction « mot de passe de contrainte ».

Sur le plan juridique, l’enjeu dépasse le cas individuel : la question posée aux tribunaux est de savoir si l’activation d’une fonctionnalité de sécurité native – conçue précisément pour protéger des données personnelles en cas de contrainte – peut être qualifiée pénalement de destruction de preuves, y compris lorsque la fouille initiale s’est déroulée sans mandat.

Sans surprise, les avocats de Samuel Tunick contestent cette version des faits. Ils affirment que la détention et la saisie étaient illégales, et accusent le gouvernement américain d’exiger l’accès au téléphone sous prétexte d’une recherche d’images pédopornographiques, sans fournir aucun élément pour étayer ces soupçons.

Pour les avocats, cette arrestation et cette affaire sont politiques. Le gouvernement s’en serait pris à Samuel Tunick non pas pour d’éventuels matériels pédopornographiques, mais pour son association avec un mouvement appelé « Defend the Atlanta Forest ». Ce dernier s’oppose à la création d’un énorme campus de formation pour les forces de l’ordre à Atlanta, surnommé « Cop City », critiqué pour son impact environnemental (plus de 34 hectares déforestés) et son coût de 67 millions de dollars.

Les avocats demandent l’annulation de toute la procédure, au motif qu’elle viole les Quatrième, Cinquième et Sixième amendements de la Constitution américaine. Des violations liées à la manière dont l’interrogatoire a été mené, au refus d’un avocat, à l’absence alléguée d’avertissements Miranda (le fameux « Vous avez le droit de garder le silence »), ou encore à la fouille et la saisie sans mandat.

« Je n’ai jamais vu cela auparavant, même si j’ai discuté du scénario potentiel avec des activistes et des journalistes au fil des années. Je pense que cette affaire rappelle que les autorités peuvent prétendre que vous avez sciemment détruit des données, donc il vaut mieux ne pas avoir ces données sur vous lorsque vous franchissez certaines frontières », a réagi Runa Sandvik, une experte en sécurité informatique, auprès de TechCrunch.

Dans un contexte juridique tendu, GrapheneOS défend sa protection des données

28 juillet 2026 à 15:07
Un seul code vous manque et tout est perdu
Dans un contexte juridique tendu, GrapheneOS défend sa protection des données

Le 26 juillet, l’équipe de GrapheneOS s’est lancée tout à coup dans un exposé de nombreuses mesures de sécurité, avec une insistance particulière pour la gestion des mots de passe. Ce calendrier ne doit rien au hasard : pour la première fois aux États-Unis, le ministère de la Justice poursuit un citoyen américain pour destruction présumée de données à l’aide d’un mot de passe « contraint ».

Depuis deux jours, le compte X de GrapheneOS répond à de nombreuses questions sur la gestion de ses mots de passe. L’équipe en a fait une synthèse dans son forum pour résumer toutes les informations.

L’équipe explique que le système mobile est basé sur Android 17 et « sur le matériel le plus sécurisé disponible pour Android », la liste se limitant aujourd’hui aux seuls Pixel de Google. Elle rappelle cependant que la situation va évoluer en 2027, grâce à un partenariat avec Motorola Mobility et « aux progrès réalisés par Qualcomm ». Un signal assez fort pour l’industrie, qui pourrait se rapprocher de Graphene pour lancer des smartphones très orientés vers la sécurité. On parle bien de nouveaux modèles, car aucun appareil Motorola actuel ne dispose des sécurités nécessaires.

Les informations se concentrent tout particulièrement sur la protection des mots de passe et autres secrets, ainsi que sur les défenses du système mobile contre l’extraction de données. Le chiffrement du disque constitue ainsi la première ligne de défense : même les attaquants les plus sophistiqués ne peuvent le casser directement, et doivent soit exploiter l’OS en état « After First Unlock » (après premier déverrouillage), soit forcer le PIN ou mot de passe par force brute.

L’équipe indique également que GrapheneOS supporte uniquement les appareils ayant un secure element avec des limitations strictes sur les tentatives de mots de passe et codes PIN : 4 heures après 10 tentatives échouées, 41 jours après 15, avec seulement 20 tentatives autorisées au total. Le secure element est pour rappel une puce dédiée, physiquement et logiciellement isolée, conçue pour stocker les secrets et résister à leur extraction. Dans le contexte de GrapheneOS, il a en outre un rôle précis : il détient les compteurs de tentatives de déverrouillage et applique la limitation de débit, expliquant les délais de plus en plus longs entre les tentatives. Stocker les compteurs dans la puce empêche de « tricher » en les réinitialisant.

Parmi les autres points abordés, on peut citer la limite de caractères des mots portée de 16 à 128, la possibilité d’utiliser un facteur biométrique pour que le système reste utilisable au quotidien (5 tentatives biométriques seulement, qui comptent dans le quota général), des allocateurs de mémoire durcis, le hardware memory tagging (MTE) pour renforcer la résistance aux exploitations de failles inconnues, le blocage par défaut des nouvelles connexions USB quand l’appareil est verrouillé, ou encore un minuteur de redémarrage automatique, ramenant l’appareil en état « Before First Unlock » (avant premier déverrouillage) au bout de 18 heures (par défaut) sans déverrouillage de l’appareil. Ce dernier comportement a d’ailleurs été repris par Apple et Google dans leurs systèmes.

Dans le billet, on trouve également un paragraphe consacré au PIN de contrainte. Présentée comme un outil relativement mineur et optionnel, il efface l’appareil quand il est saisi dans n’importe quelle invite d’authentification (déverrouillage, changement de réglage sensible, etc.). Il fonctionne sur tous les profils, y compris les utilisateurs secondaires et Private Spaces. L’équipe de GrapheneOS insiste : les données ne dépendent pas de cette fonctionnalité pour être protégées. Elle est considérée comme un outil parmi d’autres, et son usage réel doit être mûrement réfléchi compte tenu des conséquences physiques ou juridiques possibles.

L’affaire Samuel Tunick

La mention des conséquences juridiques n’est pas due au hasard. Si l’équipe de Graphene communique tant autour des protections de son système en ce moment, c’est à cause d’un évènement juridique majeur aux États-Unis lié à la tech.

Pour la première fois (a priori), des procureurs fédéraux poursuivent en effet un citoyen américain pour destruction présumée de données à l’aide d’un mot de passe « contraint » intégré au logiciel d’un téléphone. C’est le lien avec la communication abondante : le logiciel en question n’est autre que GrapheneOS.

Samuel Tunick a été initialement arrêté sans mandat le 25 janvier 2025 à l’aéroport de Hartsfield-Jackson (Atlanta) par les douanes américaines, sur la base de l’exception de fouille frontalière au Quatrième amendement. Alors que les agents fédéraux tentaient d’accéder à son téléphone lors de l’inspection, Tunick aurait saisi un mot de passe de contrainte GrapheneOS qui a immédiatement effacé les données stockées sur l’appareil.

Tunick est donc poursuivi en vertu de la loi américaine pour avoir fourni aux agents frontaliers un code d’accès ayant causé l’effacement du contenu numérique de son téléphone, ce que les procureurs qualifient de destruction intentionnelle de biens pour empêcher leur saisie.

Un enjeu plus grand que le cas individuel

La communication de GrapheneOS est probablement défensive, pour documenter publiquement la robustesse cryptographique de son modèle de menace face à l’attention médiatique soudaine portée à la fonction « mot de passe de contrainte ».

Sur le plan juridique, l’enjeu dépasse le cas individuel : la question posée aux tribunaux est de savoir si l’activation d’une fonctionnalité de sécurité native – conçue précisément pour protéger des données personnelles en cas de contrainte – peut être qualifiée pénalement de destruction de preuves, y compris lorsque la fouille initiale s’est déroulée sans mandat.

Sans surprise, les avocats de Samuel Tunick contestent cette version des faits. Ils affirment que la détention et la saisie étaient illégales, et accusent le gouvernement américain d’exiger l’accès au téléphone sous prétexte d’une recherche d’images pédopornographiques, sans fournir aucun élément pour étayer ces soupçons.

Pour les avocats, cette arrestation et cette affaire sont politiques. Le gouvernement s’en serait pris à Samuel Tunick non pas pour d’éventuels matériels pédopornographiques, mais pour son association avec un mouvement appelé « Defend the Atlanta Forest ». Ce dernier s’oppose à la création d’un énorme campus de formation pour les forces de l’ordre à Atlanta, surnommé « Cop City », critiqué pour son impact environnemental (plus de 34 hectares déforestés) et son coût de 67 millions de dollars.

Les avocats demandent l’annulation de toute la procédure, au motif qu’elle viole les Quatrième, Cinquième et Sixième amendements de la Constitution américaine. Des violations liées à la manière dont l’interrogatoire a été mené, au refus d’un avocat, à l’absence alléguée d’avertissements Miranda (le fameux « Vous avez le droit de garder le silence »), ou encore à la fouille et la saisie sans mandat.

« Je n’ai jamais vu cela auparavant, même si j’ai discuté du scénario potentiel avec des activistes et des journalistes au fil des années. Je pense que cette affaire rappelle que les autorités peuvent prétendre que vous avez sciemment détruit des données, donc il vaut mieux ne pas avoir ces données sur vous lorsque vous franchissez certaines frontières », a réagi Runa Sandvik, une experte en sécurité informatique, auprès de TechCrunch.

Microsoft dévoile Project Perception, sa propre armée d’agents IA pour la cybersécurité

28 juillet 2026 à 13:29

Microsoft a présenté le 27 juillet 2026 une architecture de sécurité entièrement bâtie sur l'IA agentique, avec une préversion publique annoncée pour le 3 août 2026.

Google change le nom des hackers les plus traqués au monde, sans régler l’essentiel

28 juillet 2026 à 08:45

Google Threat Intelligence Group a lancé une nouvelle nomenclature pour ses groupes de hackers, remplaçant les identifiants historiques de Mandiant et du Threat Analysis Group par des cryptonymes en deux mots.

☕️ Impressionnante pluie de correctifs dans iOS 26.6 et macOS 26.6

28 juillet 2026 à 06:26


Fin juin, à l’occasion de la mise en ligne d’iOS 26.5.2, Apple avait expliqué que le processus de distribution des mises à jour de sécurité pour ses systèmes d’exploitation s’était accéléré. En cause : l’IA générative qui permet de développer rapidement « des outils de piratage malveillants ».

Un cycle plus expéditif qui explique aussi peut-être pourquoi la dernière livraison est si riche en correctifs. iOS 26.6 et iPadOS 26.6 corrigent en effet la bagatelle de 87 vulnérabilités, soit autant de CVE dans la longue liste publiée par Apple.

Aucune d’entre elles n’a été exploitée activement avant la publication du correctif (« zero day »), en revanche plusieurs sont considérées comme très sérieuses. C’est le cas de CVE-2026-64747 dans le composant système AVEVideoEncoder, qui permet à une application d’exécuter du code arbitraire avec les privilèges du noyau. Ou encore CVE-2026-43813 dans le composant CloudAttestation chargé de vérifier l’intégrité des applications, qui permet de contourner le contrôle de signature du code.

Plusieurs failles du noyau autorisaient l’écriture et la corruption de sa mémoire, ce qui peut servir à élever les privilèges ou à compromettre plus largement le système.

Le nombre de correctifs est encore plus important dans macOS 26.6 Tahoe : le bulletin dénombre 155 identifiants CVE. Là non plus, aucune faille « zero day » au compteur, mais on retrouve les mêmes vulnérabilités critiques que sous iOS 26.6, avec en plus des failles propres au système (dans Accounts, Core Services, CUPS, Remote Management…) avec à chaque fois un risque d’obtention des privilèges root. Une faille dans HFS peut aussi permettre l’exécution de code arbitraire. Une vulnérabilité dans le Wi-Fi peut faire sortir une app du bac à sable ou lui accorder certains privilèges. watchOS 26.6, tvOS 26.6 et visionOS 26 comprennent plus de 80 correctifs.

C’est entendu, on est encore loin des 570 failles colmatées dans Windows 11 via le dernier Patch Tuesday, mais à l’échelle d’Apple c’est tout de même significatif. Habituellement, les mises à jour de sécurité du constructeur comptent quelques dizaines de vulnérabilités. iOS 26.5.2 affichait ainsi 32 failles de sécurité, ce qui était déjà un joli paquet qui devait être intégré dans iOS 26.6.

Signe des temps, plusieurs outils d’IA sont crédités dans les listes des correctifs : Claude (Anthropic), GLM (Z.AI), l’AI Red Ream de NVIDIA, Codex Security (OpenAI)… Apple est également partenaire du projet Glasswing d’Anthropic, qui lui permet depuis avril d’accéder au modèle Mythos spécialisé dans la cybersécurité. Si l’IA générative aide les attaquants, elle épaule aussi les défenseurs.

En attendant un probable iOS 26.6.1, les utilisateurs d’appareils Apple seront bien avisés d’effectuer ces mises à jour. Ce d’autant que ces versions 26.6 intègrent en plus une fonction en préparation d’iOS 27, d’iPadOS 27 et de macOS 27 Golden Gate : elle optimise l’index de Spotlight (le moteur de recherche interne) pour le futur Siri. Un travail qui nécessite plusieurs jours en tâche de fond. Bien sûr, Siri AI ne sera pas lancé cet automne en Europe sur iPhone et iPad, mais il sera tout de même disponible sur Mac.

☕️ Impressionnante pluie de correctifs dans iOS 26.6 et macOS 26.6

28 juillet 2026 à 06:26


Fin juin, à l’occasion de la mise en ligne d’iOS 26.5.2, Apple avait expliqué que le processus de distribution des mises à jour de sécurité pour ses systèmes d’exploitation s’était accéléré. En cause : l’IA générative qui permet de développer rapidement « des outils de piratage malveillants ».

Un cycle plus expéditif qui explique aussi peut-être pourquoi la dernière livraison est si riche en correctifs. iOS 26.6 et iPadOS 26.6 corrigent en effet la bagatelle de 87 vulnérabilités, soit autant de CVE dans la longue liste publiée par Apple.

Aucune d’entre elles n’a été exploitée activement avant la publication du correctif (« zero day »), en revanche plusieurs sont considérées comme très sérieuses. C’est le cas de CVE-2026-64747 dans le composant système AVEVideoEncoder, qui permet à une application d’exécuter du code arbitraire avec les privilèges du noyau. Ou encore CVE-2026-43813 dans le composant CloudAttestation chargé de vérifier l’intégrité des applications, qui permet de contourner le contrôle de signature du code.

Plusieurs failles du noyau autorisaient l’écriture et la corruption de sa mémoire, ce qui peut servir à élever les privilèges ou à compromettre plus largement le système.

Le nombre de correctifs est encore plus important dans macOS 26.6 Tahoe : le bulletin dénombre 155 identifiants CVE. Là non plus, aucune faille « zero day » au compteur, mais on retrouve les mêmes vulnérabilités critiques que sous iOS 26.6, avec en plus des failles propres au système (dans Accounts, Core Services, CUPS, Remote Management…) avec à chaque fois un risque d’obtention des privilèges root. Une faille dans HFS peut aussi permettre l’exécution de code arbitraire. Une vulnérabilité dans le Wi-Fi peut faire sortir une app du bac à sable ou lui accorder certains privilèges. watchOS 26.6, tvOS 26.6 et visionOS 26 comprennent plus de 80 correctifs.

C’est entendu, on est encore loin des 570 failles colmatées dans Windows 11 via le dernier Patch Tuesday, mais à l’échelle d’Apple c’est tout de même significatif. Habituellement, les mises à jour de sécurité du constructeur comptent quelques dizaines de vulnérabilités. iOS 26.5.2 affichait ainsi 32 failles de sécurité, ce qui était déjà un joli paquet qui devait être intégré dans iOS 26.6.

Signe des temps, plusieurs outils d’IA sont crédités dans les listes des correctifs : Claude (Anthropic), GLM (Z.AI), l’AI Red Ream de NVIDIA, Codex Security (OpenAI)… Apple est également partenaire du projet Glasswing d’Anthropic, qui lui permet depuis avril d’accéder au modèle Mythos spécialisé dans la cybersécurité. Si l’IA générative aide les attaquants, elle épaule aussi les défenseurs.

En attendant un probable iOS 26.6.1, les utilisateurs d’appareils Apple seront bien avisés d’effectuer ces mises à jour. Ce d’autant que ces versions 26.6 intègrent en plus une fonction en préparation d’iOS 27, d’iPadOS 27 et de macOS 27 Golden Gate : elle optimise l’index de Spotlight (le moteur de recherche interne) pour le futur Siri. Un travail qui nécessite plusieurs jours en tâche de fond. Bien sûr, Siri AI ne sera pas lancé cet automne en Europe sur iPhone et iPad, mais il sera tout de même disponible sur Mac.

3,1 fois moins d’accidents : les taxis autonomes de Waymo conduisent mieux que vous

27 juillet 2026 à 10:05

Selon l'institut américain des assurances pour la sécurité routière, les taxis autonomes de Waymo ont eu 68 % d'accidents en moins que des conducteurs humains. Une étude rassurante pour les autorités.

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