La sécheresse de l’été 2026, un gros coup dur de plus pour l’économie européenne

© Dessin de Kamensky, Autriche/Cartoon Movement.

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© PHOTO ATUL LOKE/THE NEW YORK TIMES
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Météo-France a publié un bilan de l'été 2026, marqué par les canicules et les vagues de chaleur. Un tel été aurait été « quasi impossible sans changement climatique ». Quasiment aucune partie du territoire n'a été épargnée.

© Photo PATRICK MEINHARDT/AFP
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L'Organisation météorologique mondiale estime désormais à près de 100 % la probabilité qu'El Niño se maintienne jusqu'en février 2027. C'est la première fois que l'OMM se dit aussi catégorique sur ce phénomène, synonyme de météo extrême sur une bonne partie du globe.
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Un nouvel épisode de forte chaleur est très probable pour les premiers jours du mois de septembre. Alors que l'été 2026 est déjà le plus chaud jamais enregistré en France, il faudrait s'attendre à des températures inédites pour la période.

© BRUCE OMORI / NYT

© PHOTO HANDOUT/SCHMIDT OCEAN INSTITUTE/AFP
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El Niño, le phénomène climatique qui se produit dans l'océan Pacifique, pourrait être particulièrement important cette année. Une tendance dont toutes les conséquences sont encore parfois mal comprises par les scientifiques, mais qui pourrait avoir des effets graves sur le climat.

© Photo/AFP

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La semaine du 24 août 2026 a été tristement marquée par la catastrophe climatique qui s'est produite au Népal. Dans le reste de l'actualité scientifique : une pluie artificielle de la startup Rainmaker et une éclipse de Lune visible en France.
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La catastrophe survenue au Népal le 26 août 2026 a été rapidement documentée par des images filmées par des témoins. Il a fallu attendre un peu plus pour obtenir les premières images de satellites, qui montrent comment les crues sont survenues, en complément des données géologiques.
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Une catastrophe s'est produite au Népal ce 26 août 2026. Une inondation massive est survenue près de la frontière tibétaine, et de très nombreuses victimes sont à déplorer. L'origine de ces crues massives est attribuée au phénomène du GLOF : de quoi s'agit-il ?

© PHOTO ROMAIN PERROCHEAU/AFP
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L'entreprise américaine Rainmaker affirme avoir fabriqué de la pluie au-dessus de l'Alaska, en mesurant exactement la quantité d'eau tombée. Une réalisation qui relance un vieux débat : peut-on vraiment contrôler la météo ?

© ABRIANSYAH LIBERTO/REUTERS
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Des orages impressionnants surviennent dans le sud de la France ce lundi 24 août 2026. Des internautes partagent des photos et vidéos de tornades, qui montrent la violence du phénomène météorologique en cours.

© DAN KITWOOD / Getty Images via AFP
Hydrologue spécialiste de la gestion de la ressource en eau, Éric Servat a passé plusieurs décennies à l'étudier sur le terrain, en particulier en Afrique, avant de diriger des institutions de recherche de premier plan. Directeur honoraire du Centre international UNESCO sur l'eau, qu'il a créé en 2020, directeur de recherche à l'IRD et professeur associé à l'université de Montpellier, il observe aujourd'hui avec inquiétude la tournure prise par le débat français.
Au point de prendre la plume. Dans Le Grand Défi de l'eau, publié il y a quelques mois, il s'attaque aux idées reçues, aux postures militantes et aux solutions toutes faites qui, selon lui, ont progressivement contaminé la gestion d'une ressource pourtant trop vitale pour devenir un champ de bataille idéologique.
Les Électrons Libres : Vous décrivez votre livre comme « un plaidoyer pour la raison, l'espoir et l'action ». Que voulez-vous dire par là ?
Éric Servat : J'en avais assez d'entendre n'importe qui dire n'importe quoi. Dans les pays où j'ai vécu, notamment en Afrique, j'ai approché de près la problématique de la ressource en eau. J'ai vu des gens en grande difficulté par manque d'eau ou parce qu'elle était de mauvaise qualité. C'est pourquoi j'aimerais qu'on retrouve un peu de sérénité sur cette question en France, où tous les sujets sont devenus clivants et polémiques, générant de l'hystérie et de la violence, de façon presque indécente au regard de la situation des pays sahéliens par exemple. Pour l'eau comme pour d'autres sujets nous avons, en France, une capacité d'analyse, de décision et d'action que beaucoup nous envient.
Les débordements du printemps 2023 autour des « mégabassines » à Sainte-Soline m'ont choqué. C'est en partie la raison de ce livre : répondre à des discours souvent purement militants, donner au grand public des clés de compréhension et souligner les progrès accomplis ces dernières décennies en matière de gestion de la ressource. Certes, en tant que scientifique, il est compliqué de se positionner car le débat est fréquemment préempté par des visées de politique politicienne. Des gens qui n'y connaissent rien martèlent des affirmations erronées parce que leur projet politique sous-jacent est de renverser le « système » et de mettre en place un autre modèle de société. L'eau ne doit pas être otage de ces luttes politiques. Elle mérite mieux que ça.
Un discours rationnel est-il encore audible ?
Difficilement, car une partie de la communauté scientifique est elle-même partie prenante. On l'a vu lors des débats sur la loi Duplomb : les faits et les données ne sont pas pris en compte. Il faut revenir aux fondamentaux. Nos sociétés se sont construites depuis la nuit des temps autour de l'eau, dont on oublie trop souvent aujourd'hui les dimensions économique, sociale et culturelle.
Comment le changement climatique affecte-t-il le cycle de l'eau ?
Le cycle hydrologique (précipitations, ruissellement, infiltration, évaporation) est modifié par le réchauffement : davantage d'évaporation, davantage de transpiration par les plantes. Résultat, une partie de l'eau remonte plus vite et plus fort vers l'atmosphère et les sols se dessèchent plus rapidement, notamment en surface. Autrement dit, le cycle de l'eau s'accélère et l'atmosphère stocke davantage de vapeur d'eau supplémentaire : 7 % de plus pour une hausse de température de 1 degré.
On observe déjà les conséquences de cette situation. Dans l'arc méditerranéen, que je connais bien puisque je vis à Montpellier, les classiques épisodes dits « cévenols » surviennent dans une atmosphère bien plus chargée en vapeur d'eau, entraînant des pluies potentiellement plus intenses, des crues violentes et un ruissellement accru puisque l'eau s'infiltre mal dans le sol imperméabilisé par la sécheresse. La quantité totale d'eau précipitée ne change pas beaucoup mais l'irrégularité des pluies s'accroît. Au final, une grande partie de cette eau est « perdue » pour la recharge des aquifères.
D'une autre manière, les Pyrénées-Orientales subissent aussi ce changement : de 2022 à 2024, on y a observé une sécheresse d'une intensité telle que certains paysages et certaines contraintes d'usage de l'eau ont temporairement évoqué ceux de régions semi-désertiques, ce qui a fortement impacté l'économie locale (agriculture et tourisme).
Vous jugez sévèrement les politiques publiques menées depuis des années dans ce domaine. Pourquoi ?
Excessivement complexe, le mille-feuilles administratif doit être revisité en profondeur. Certes, les grandes agences de bassins (dédiées aux principaux fleuves comme le Rhône, la Loire ou la Seine) sont à conserver, leurs Comités de Bassin étant de vrais lieux de discussion et de décision entre tous les types d'acteurs de l'eau. Mais en matière d'exploitation de la ressource en eau, c'est l'échelle du bassin versant qui est pertinente. Or, les compétences sont aujourd'hui éparpillées entre les communes, communautés de communes, départements et régions, auxquelles s'ajoutent celles des agences locales de l'eau, des schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), des schémas d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE), des PTGE, des CLE, etc. Il faut simplifier le système et s'appuyer sur les contraintes locales.
Vous n'êtes guère plus indulgent pour le Plan Eau, lancé en 2023.
Ce plan n'a rien d'innovant, ni dans ses constats – les mêmes qu'il y a dix ans – ni dans ses recommandations. S'il s'agit juste de prôner la sobriété (mot valise et culpabilisant car évoquant une addiction, auquel je préfère « économies d'eau » ou « optimisation des usages de l'eau ») et l'amélioration de la qualité de l'eau, on n'a pas besoin de grand Plan Eau ! Sauf peut-être dans un État aussi jacobin que le nôtre, dans lequel on a toujours besoin d'un signal « venu d'en haut » …
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