Vue normale

Some children are drawing on fake moustaches to bypass online age checks, report finds | The Independent

4 mai 2026 à 11:12
En Grande-Bretagne, il y a déjà une vérification d'âge en place pour accéder aux réseaux sociaux. Ce qui oblige les enfants à scanner leur visage avec la webcam. Un tier des enfants ont déjà contourné le système... en se dessinant une moustache 😂
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Colorado Grandma Keeps Getting Pulled Over Because Police Cameras Cannot Tell the Difference Between a Zero and the Letter O

4 mai 2026 à 06:02
Quand l'humain fait aveuglément confiance à l'informatique, et que personne n'est tenu responsable: Cette grand-mère de 76 ans subit des arrestations à répétition par les policiers.
Pourquoi ? Parce que quelqu'un a fait une erreur de saisie dans la base nationale des plaques d'immatriculation des voitures volées, et que c'est la sienne qui a été entrée. Le système de surveillance automatisé Flock déployé dans certains états envoie l'alerte à la police qui vient l'arrêter.

C'est un peu à l'images des GAFAMs: un gigantesque système informatique déshumanisé, où personne n'est tenu responsable, et dans lesquels vous n'avez aucun humain à qui parler et aucun recours.

Si VOS données sont stockées dans un système, vous DEVEZ avoir des recours. C'est tout le sens du RGPD.
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Électroscope #25 : drones kamikazes, fin de la calvitie et taxi volant

4 mai 2026 à 04:46

Faire repousser les cheveux, désactiver le chromosome 21, contrer le brouillage russe avec des drones autonomes, déceler le cancer cutané avec un robot français, traverser NY en taxi volant.. C’est parti pour Électroscope #25.

Vers la fin de la calvitie ? La pilule de VeraDermics livre des résultats cliniques spectaculaires

Va-t-on pouvoir inverser la chute de nos cheveux grâce à un simple comprimé, sans les effets secondaires habituels ? Ce qui relevait hier du rêve pour des millions de personnes touchées par l’alopécie semble sur le point de devenir une réalité médicale tangible.

La lutte contre la perte de cheveux de type androgénétique vient de franchir un cap historique. Fin avril 2026, l’entreprise pharmaceutique VeraDermics a dévoilé les résultats très attendus de son essai clinique de phase 2/3 (étude « 302 ») pour son médicament expérimental, le VDPHL01. Cette annonce a fait l’effet d’une véritable onde de choc, propulsant la valeur de l’entreprise de plus de 45 % à la Bourse de New York.

Le VDPHL01 se distingue par son approche : il s’agit du premier « minoxidil oral à libération prolongée ». Pour rappel, historiquement, le minoxidil oral existant dit « à effet immédiat » causait des effets secondaires cardiaques en raison de pics de concentration soudains dans le sang. Mais la nouvelle matrice en gel développée par les équipes de VeraDermics permet une diffusion plus lente et constante. Cela maximise la stimulation des follicules pileux tout en contournant le seuil de toxicité cardiaque des précédentes versions.

Les données cliniques, obtenues sur des hommes souffrant de calvitie légère à modérée, sont impressionnantes. Après six mois de traitement, les patients ont vu repousser en moyenne 30 à 33 cheveux supplémentaires par centimètre carré, avec des premiers effets visibles dès le deuxième mois. Du côté du ressenti des patients, les deux tiers de ceux recevant deux doses par jour ont jugé que leur densité capillaire s’est « améliorée » voire « nettement améliorée » (contre 13,4 % pour le placebo).

Fait majeur : aucun événement cardiaque lié au traitement n’a été recensé. S’il obtient le feu vert des autorités sanitaires, le VDPHL01 deviendrait le premier traitement non hormonal et oral approuvé contre la perte de cheveux depuis plusieurs décennies. VeraDermics attend les résultats finaux de confirmation (phase 3) pour les hommes au second semestre 2026, et recrute actuellement pour ses essais destinés aux femmes.

Trisomie 21 : un mécanisme naturel permet de « désactiver » le chromosome surnuméraire

Et si la clé pour traiter la trisomie 21 se cachait dans un processus biologique que toutes les femmes possèdent déjà ? Une équipe de chercheurs américains est parvenue à « éteindre » le troisième chromosome 21 grâce à une stratégie génétique inédite.

La trisomie 21, ou syndrome de Down, se caractérise par la présence d’une troisième copie du chromosome 21. Cette anomalie provoque une surcharge d’instructions génétiques au cœur des cellules. Pour tenter de neutraliser ce déséquilibre, des scientifiques du Beth Israel Deaconess Medical Center (qui est affilié à Harvard) ont puisé leur inspiration dans le génome féminin. En effet, au début du développement embryonnaire, les femmes possèdent deux chromosomes X. Pour éviter une « double dose » toxique de gènes, leur organisme tout juste conçu utilise un gène spécifique, appelé XIST, qui agit comme un interrupteur naturel pour désactiver l’un des deux chromosomes X.

L’idée de génie des chercheurs a été d’appliquer cet interrupteur biologique au chromosome 21, en utilisant une version modifiée des célèbres ciseaux génétiques CRISPR/Cas9. Leur équipe a réussi à insérer le gène XIST de manière très ciblée sur le chromosome 21 supplémentaire. L’expérience a été menée en laboratoire sur des cellules souches humaines (cellules iPS) porteuses de la trisomie.

Les résultats, publiés dans la prestigieuse revue PNAS, sont encourageants. L’intégration du gène a fonctionné avec une efficacité de 20 à 40 %, et ce, exactement à l’endroit souhaité, sans altérer massivement le reste du génome. Les précédentes tentatives avaient un taux de succès bien plus faible et endommageaient souvent le génome. L’efficacité aurait été améliorée d’environ 30 fois avec cette solution optimisée.

S’il est important de souligner que cette prouesse scientifique n’est pour l’instant réalisée qu’in vitro, elle marque une étape historique. Ce n’est pas encore un traitement immédiat : d’autres études devront s’assurer que l’outil génétique ne coupe pas de manière indésirable d’autres brins d’ADN. Néanmoins, cette preuve de concept ouvre une voie thérapeutique révolutionnaire pour le futur de la recherche sur les pathologies chromosomiques.

En Ukraine, les drones IA à bas coût défient le brouillage russe

Face à l’intensité de la guerre électronique sur le front, les forces ukrainiennes déploient massivement une nouvelle génération de drones à bas coût, et insensibles au brouillage. Derrière cette transformation radicale du champ de bataille, on retrouve l’ancien PDG de Google, Eric Schmidt, dont l’initiative a pris une envergure inattendue.

Loin des confortables campus de la Silicon Valley, c’est au-dessus des plaines ukrainiennes que se joue l’avenir de la technologie militaire. Depuis le début de l’invasion russe, la guerre des drones a muté à une vitesse fulgurante. L’initiative d’Eric Schmidt, initialement connue sous le nom de code « White Stork », a évolué en un vaste réseau de défense désormais baptisé « Project Eagle ». Sa mission ? Produire en masse des systèmes autonomes capables de déjouer les redoutables défenses russes !

Sur le terrain, les pilotes ukrainiens font face à un défi majeur : le brouillage. Les systèmes de guerre électronique russes saturent les fréquences, rendant les signaux inopérants et coupant le flux vidéo des opérateurs avant l’impact. C’est ici que la technologie du Project Eagle change la donne. Au lieu de s’appuyer sur une liaison continue, les appareils intègrent des modules de ciblage assisté par intelligence artificielle.

Le principe est redoutable d’efficacité : une fois que le pilote a visuellement accroché sa cible sur son écran, l’ordinateur de bord prend le relais. Grâce à la vision par ordinateur, le drone verrouille sa trajectoire et termine sa course de manière autonome. Ce guidage rend le brouillage russe « de dernière minute » totalement obsolète, avec un taux de réussite en autonomie dépassant les 70 % selon plusieurs sources.

Si les drones kamikazes de première ligne restent cruciaux, l’avancée du projet réside également dans les essaims de drones intercepteurs. Des systèmes comme le Merops, développés sous l’égide de Project Eagle, réalisent aujourd’hui la grande majorité des interceptions de drones russes à longue portée (type Shahed). Avec plus de 80 000 modules d’IA déployés, la technologie a largement dépassé le stade expérimental.

Mais le véritable coup de force de l’initiative d’Eric Schmidt reste économique. Avec un coût de production compressé autour de 400 dollars pour un drone d’attaque basique, et d’environ 15 000 dollars pour un intercepteur complexe, l’idée est d’inonder l’espace aérien avec des appareils peu coûteux, évolutifs… et entièrement sacrifiables.

Un bras robotisé pour traquer le cancer de la peau « en trois minutes »

Obtenir un rendez-vous chez le dermatologue relève parfois du parcours du combattant, avec des délais frôlant l’année d’attente dans certaines zones. Mais que se passerait-il si un robot dopé à l’intelligence artificielle pouvait cartographier chaque centimètre de votre peau en quelques minutes, sans même vous toucher ? C’est la promesse révolutionnaire de Swan, une innovation signée par la pépite française SquareMind.

Face à la saturation des cabinets médicaux et à l’augmentation des cancers cutanés, cette jeune startup parisienne apporte une réponse inédite. Son robot, baptisé Swan, propose une expérience digne d’un film d’anticipation. Dans la salle d’examen, le patient se tient debout tandis qu’un bras articulé navigue de manière fluide et autonome autour de son corps. En moins de « trois minutes », l’appareil réalise une numérisation complète du corps à très haute résolution (dermoscopique), sans le moindre contact physique.

Sur cette base, le système peut ainsi générer une véritable carte de la surface cutanée du patient. L’IA embarquée prend alors le relais pour analyser tous les clichés et comparer les données avec celles des visites précédentes. Elle met en évidence les moindres anomalies : un grain de beauté qui s’élargit, une lésion qui change de couleur ou une nouvelle tache suspecte. Un détail qui n’en est pas un lorsque l’on sait que 80 % des mélanomes apparaissent sous forme de nouvelles lésions.

Swan se positionne comme un super-assistant pour le dermatologue. Il vise à réduire la charge de travail du praticien, à lui faire gagner un temps précieux et à fiabiliser le dépistage précoce. Le médecin conserve bien évidemment l’entière responsabilité du diagnostic final. Soutenue par Bpifrance, l’entreprise se prépare désormais à déployer son robot à grande échelle dans les hôpitaux et cliniques d’Europe et des États-Unis.

Un taxi aérien électrique à New York

Imaginez troquer deux heures de klaxons et d’embouteillages interminables vers l’aéroport JFK contre un vol serein, sans émissions et quasi silencieux de seulement sept minutes. Ce scénario futuriste vient de franchir un cap décisif dans le ciel de la Grosse Pomme.

Fin avril 2026, l’entreprise californienne Joby Aviation a marqué l’histoire de la mobilité urbaine en menant une campagne inédite de vols de démonstration au-dessus de New York. Son appareil, un aéronef électrique à décollage et atterrissage verticaux (dit eVTOL), a relié avec succès Manhattan à l’aéroport international John F. Kennedy. Ce trajet, qui requiert généralement entre une à deux heures par la route, ne prend que 7 min dans les airs !

L’innovation de Joby ne se cantonne pas à la vitesse. Avec ses six rotors électriques perfectionnés, ce taxi des airs promet d’être « 100 fois plus silencieux » qu’un hélicoptère traditionnel. Un point essentiel pour l’acceptation citoyenne : selon l’entreprise, le bruit de l’appareil se fondra dans le bourdonnement urbain, le rendant imperceptible depuis le sol.

Loin d’être un luxe réservé à une poignée de millionnaires, le service ambitionne de révolutionner les trajets quotidiens de la population et des touristes. À terme, ces vols pourront être réservés directement depuis l’application Uber, un partenaire stratégique de Joby, pour un tarif estimé à environ 200 $ contre un tarif de 120 à 160 $ pour un VTC premium (Uber Black). Le surplus étant justifié par le gain de temps… et la vue.

Sous réserve de l’obtention de la certification finale de la Federal Aviation Administration (FAA), l’entreprise prévoit de lancer ses premiers vols commerciaux avec passagers dès le second semestre 2026. La révolution des transports urbains n’est plus une lointaine promesse : elle est en train de prendre son envol !

Chaque lundi, Les électrons libres vous propose un tour d’horizon des nouvelles électrisantes qui secouent le monde de la tech et œuvrent en faveur d’un progrès à même de changer votre quotidien.

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Reçu hier — 3 mai 2026 De tout et de rien

Déjà le décret de démantèlement total ? Ça c'est bien, pas mal de temps gagné sur les études, l'instruction et l'administratif.

Tristan K. @tristankamin.bsky.social posted:
Déjà le décret de démantèlement total ? Ça c'est bien, pas mal de temps gagné sur les études, l'instruction et l'administratif.

Quoted post from Le Monde @lemonde.fr:
Fessenheim : feu vert au démantèlement total de la centrale nucléaire, une étape décisive dans la reconversion du site

Fessenheim : feu vert au démantèlement total de la centrale nucléaire, une étape décisive dans la reconversion du site
(www.lemonde.fr) EDF a pour projet de créer près du site de Fessenheim, en réutilisant des bâtiments annexes à la centrale, une usine de recyclage de métaux faiblement radioactifs dont l’ouverture est projetée pour 2031.

?

Alexandra Delbot @alexandradelbot.bsky.social posted:
🤡

"Eric s'est confié au micro d'Europe 1. Il affirme qu'il a bien eu le Premier ministre au téléphone et ajoute : "Il m'a dit qu'il n'y aurait pas de suite aux amendes. Il m'a remercié d'être ouvert, d'avoir joué le jeu et que je n'avais pas à m'en faire, qu'il n'y aurait pas de sanction derrière."

1er-Mai : Sébastien Lecornu appelle un boulanger isérois verbalisé pour avoir ouvert sa boutique
(www.franceinfo.fr) Ce contrôle des inspecteurs du travail intervient alors que le gouvernement souhaite autoriser les boulangers et les fleuristes à travailler le 1er-Mai.

Rendre la vue aux aveugles

3 mai 2026 à 05:27

Ce n’est plus de la science-fiction. Implants, thérapies géniques de la rétine… grâce à la science, des aveugles commencent à voir à nouveau. S’il reste encore du chemin pour que tous recouvrent une vision complète, l’espoir est immense. Et, déjà, s’ouvrent d’autres perspectives : celle d’une vue augmentée.

Alice Charton avait 87 ans quand elle a relu pour la première fois depuis des années. Une heure le matin, une heure l’après-midi. « Cela a littéralement changé ma vie », dit-elle. Ce qui lui a rendu la vue, c’est une puce de 2 millimètres implantée sous sa rétine – un implant photovoltaïque qui transforme la lumière infrarouge en signal électrique et court-circuite les photorécepteurs détruits par sa maladie.

En 2026, rendre la vue aux aveugles n’est plus une chimère de laboratoire. C’est une réalité enthousiasmante qui n’en est qu’à ses débuts. Plusieurs technologies distinctes avancent simultanément sur cette question. Certaines sont déjà dans des salles d’opération réelles. D’autres seront cliniques d’ici cinq ans. Les dernières redéfinissent ce que « voir » pourrait signifier.

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Reçu — 2 mai 2026 De tout et de rien

WinePortable [Wiki de sebsauvage.net]

2 mai 2026 à 18:04
ALLEZ ZOU !     WinePortable est disponible  🎉
Il vous permet de jouer aux jeux Windows sous Linux sans avoir à vous emmerder à installer Wine.
1️⃣ Décompressez WinePortable
2️⃣ Copiez vos jeux Windows dedans
3️⃣ Lancez "explorer.sh" et jouez à vos jeux

C'est un Wine portable packagé avec tout le nécessaire pour faire tourner plus de 90% des jeux Windows (dxvk, vkd3d, vcrun2003 à 2026, physx, OpenAL).

Il devrait tourner sur à peu près n'importe quelle distribution Linux. Bonus de performance dans les jeux si vous avez un noyau 6.14+ et une carte graphique compatible Vulkan.

Edit : je suis aussi en train de vous préparer un portableGEProton.
(Permalink)

What is Windows K2? Inside Microsoft’s big plan to save Windows 11 and win back trust from users. | Windows Central

2 mai 2026 à 09:39
Le truc à retenir dans cet article c'est que Microsoft prend SteamOS comme référence en tant que but à atteindre pour faire tourner les jeux Windows de manière aussi performante et fluide que sous Linux.
Je ne peux pas m'empêcher de rire.
Wouais, y'a plus vraiment de raisons de garder Windows pour les jeux, Linux est plus performant.
(Et tant pis pour les quelques jeux qui ne passent pas. D'autant que généralement, ce sont les anti-cheats qui posent problème, et ils sont en soit des saloperies de spywares. Même si j'étais sous Windows, je n'en voudrais pas sur ma machine.)
(Permalink)
Reçu — 1 mai 2026 De tout et de rien

Le 4 mai, Jour de Libération des Actifs

1 mai 2026 à 05:00

Félicitations : le 4 mai, vous aurez cessé de travailler uniquement pour financer les retraités. Il aura fallu attendre quatre mois pour en arriver là. En 50 ans, les actifs ont perdu le fruit de 2 mois de travail sur l’année au profit de la solidarité intergénérationnelle.

Chaque mois, 15 millions d’actifs salariés consultent leur fiche de paie. Ils regardent en priorité le salaire net et éventuellement le brut et le superbrut (aussi appelé “coût total employeur”) quand ils ont le courage d’analyser le document dans son intégralité. Entre ce que paie l’employeur et ce que touche le salarié à la fin du mois s’est installé un gouffre où se perdent des lignes incompréhensibles comme : « assurance vieillesse plafonnée », « complémentaire tranche 1 » et des acronymes qui le sont encore plus « CEG », « CRDS », « CSA ». La fable sociale consiste à expliquer à ce travailleur qu’il doit circuler et qu’il n’y a rien à voir puisque c’est le prix du modèle social et de sa solidarité intergénérationnelle. Jamais n’est explicité combien de temps, exactement, il travaille pour le financer. Pour la première fois, nous avons fait le calcul.

Prenez un salarié français au niveau de vie médian (2200 €). Empilez toutes les cotisations qui financent les retraités : cotisation vieillesse de base (plafonnée et déplafonnée), retraite complémentaire Agirc-Arrco, contribution d’équilibre général, fraction de la CSG affectée au (feu) Fonds de solidarité vieillesse (FSV), contribution solidarité autonomie – le tout en parts salariale et patronale confondues (parce que les deux sont prélevés sur la rémunération totale du travail). Au total : 29,5 % du salaire superbrut. Ajoutez-y la part des dépenses de santé que les personnes âgées absorbent dans les comptes de la Sécu et que les actifs financent par leurs cotisations maladie et leur CSG : nous voilà à 37 % du superbrut qui est de facto amputé sur la fiche de paie pour financer la solidarité intergénérationnelle. C’est un record historique.

Appliquez ce taux aux 1 607 heures légales annuelles, divisez par sept heures (la durée d’une journée type) et vous obtenez 85 jours ouvrés. La transposition est bien sûr symbolique, les cotisations portent sur la rémunération et non sur le temps de travail, mais puisqu’un euro cotisé est un euro qui n’entre pas dans la poche du salarié, la conversion en jours travaillés dit toute la vérité économique et sociale de la situation. Un actif travaille donc en moyenne quatre-vingt-cinq jours non pas pour lui, mais pour financer les dépenses de retraites et de santé des retraités actuels.

Concrètement, cela signifie qu’en 2026, le salarié aura œuvré du 2 janvier au 4 mai uniquement pour financer les besoins de ses aïeux. L’ironie est presque trop parfaite. Le 1er mai, on célèbre les conquêtes du monde du travail. Le 4, on mesure combien ce travail rétribue de moins en moins ceux qui le fournissent. Bienvenue au Jour de Libération des Actifs.

Un jour qui ne cesse de reculer

Le concept n’est pas nouveau : le jour de libération fiscale mesure depuis des années la date à laquelle un contribuable cesse de travailler pour l’État. Notre calcul, lui, applique ce concept à la solidarité intergénérationnelle : non pas sur ce que l’État prélève au total, mais sur ce que les actifs versent spécifiquement pour les retraités. Rappelons qu’en répartition, on ne cotise pas pour soi mais pour financer aujourd’hui les salariés d’hier. Les cotisations ouvrent certes des droits mais ne garantissent aucunement un quelconque niveau de pension futur.

À l’arrivée, le constat est implacable. La solidarité intergénérationnelle pèse de plus en plus lourd sur les épaules des actifs. Et ce jour de libération ne cesse de reculer dans le calendrier. En 1970, il arrivait dès le 27 février. En 1990, il atteignait le 20 mars, décalé sous l’effet de la retraite à 60 ans et de la hausse des cotisations vieillesse. En 2000, après la création de la CSG, du FSV et la montée en charge des retraites complémentaires, il se situait le 17 avril. En 2015, il intervenait à la fin du même mois. Aujourd’hui, le voilà sonnant le 4 mai.

En cinquante-cinq ans, cette date libératoire a donc reculé de plus de deux mois, et ce, malgré la succession des réformes de retraite qui ont rallongé la durée de travail sur la vie sans toutefois pouvoir inverser la tendance face à un vieillissement démographique qui évolue plus vite que les règles de nos institutions collectives.

La France, en queue de peloton européen

Le Jour de Libération des Actifs n’a rien d’une fatalité démographique. C’est un choix politique, comme le démontre clairement une comparaison européenne (voir méthodologie en fin d’article). Un salarié irlandais est libéré dès le 2 mars. Un Suédois le 20. Un Allemand et un Polonais le 27. Un Autrichien le 8 avril. Un Belge le 14. Un Espagnol le 22. Seule l’Italie fait pire que la France, en poussant le délai jusqu’au 15 mai.

L’écart avec l’Allemagne est de 24 jours, un actif allemand récupère donc cinq semaines de travail de plus qu’un Français. Le différentiel est de deux mois pleins avec le Danemark et l’Irlande. Ce gradient n’est pas le fruit du hasard. C’est le produit de trois variables : la nature publique ou privée du système de retraite, sa relative générosité en temps et en pensions, et une démographie qui se dégrade.

Le prix caché : un pays qui n’investit plus dans son avenir

On pourrait envisager qu’il s’agit du prix à payer pour un modèle social « généreux ». Mais cette générosité n’est pas garantie de manière égalitaire pour toutes les générations, par ailleurs elle a un coût d’opportunité que personne ne mesure : chaque euro capté par le système de retraite est un euro qui n’ira pas ailleurs. La France consacre l’équivalent de 14 % de son PIB aux pensions, un record européen. C’est plus que son budget de l’Éducation nationale, de la Défense et de la Recherche réunis. C’est un mur de dépenses contraintes qui absorbe l’essentiel des marges de manœuvre budgétaires et assèche la capacité d’investissement public. Les récents budgets, qui ont coupé dans la recherche tout en revalorisant les pensions, témoignent de cet arbitrage qui s’impose déjà sous de fortes contraintes financières.

Quand un gouvernement veut investir dans la transition énergétique, dans l’intelligence artificielle, dans la réindustrialisation, dans la rénovation des hôpitaux ou dans les salaires des professeurs, il se heurte systématiquement au mur des pensions. Pendant que la dépense sociale emballe la dépense publique et fait gonfler notre dette collective, les universités se paupérisent, les startups cherchent leurs financements à Londres ou à Amsterdam, et les enseignants sont payés en dessous de la moyenne européenne.

Le déclassement des actifs

En réalité, le mal est encore plus profond. Ce n’est pas seulement l’investissement public qui trinque, mais aussi le moral des actifs. Quand un salarié constate qu’après cotisations, impôts et charges, le fruit de son travail ne lui permet plus de vivre dignement et qu’il a désormais un niveau de vie équivalent à ceux qui ne travaillent plus, mais qu’il finance, un irrémédiable sentiment d’injustice et de déclassement s’installe.

Ce sentiment n’est pas un fantasme. Le poids des cotisations retraite écrase littéralement le revenu réel et ne sert pas à revaloriser les rémunérations ni à récompenser la performance. Le résultat ? Des salaires nets comprimés, un sentiment d’inutilité de l’effort, et une désaffection croissante vis-à-vis du travail lui-même. La France n’a pas un problème de paresse, mais de tuyauterie : le travail paie et coûte cher aux entreprises, mais ce n’est pas le salarié qui en profite.

Ne cherchez pas plus loin l’origine du désengagement au travail que les DRH déplorent et que les enquêtes confirment sondage après sondage.

Un calcul fondé sur des hypothèses très prudentes

Nos 85 jours sont en réalité un plancher avec une méthodologie conservatrice. Ils prennent en compte les seules charges sociales visibles, mais ni les transferts intergénérationnels via les collectivités locales (l’APA, les aides sociales départementales), ni l’intégralité des dépenses de la branche autonomie, ni la dette sociale accumulée par la Cades, qui revient de facto à faire financer les besoins de retraités d’aujourd’hui par les actifs de demain. Ils ignorent aussi les avantages fiscaux dont bénéficient les retraités (abattement de 10 % sur l’impôt sur le revenu, taux de CSG plus faible que les actifs) qui réduisent les recettes de l’État et reportent la charge sur les contribuables en activité et sur leurs enfants. Si l’on ajoutait l’ensemble de ces transferts, notre Jour de Libération tomberait bien au-delà du mois de mai.

Faire du 4 mai un indicateur de performance

Le Jour de Libération des Actifs n’est pas un outil de remise en cause de la solidarité intergénérationnelle, c’est un thermomètre mesurant concrètement l’ampleur et le coût de cette solidarité trop souvent abstraite pour les actifs d’aujourd’hui, dans un pays qui a fait le choix insoutenable de garantir à ceux qui ne travaillent plus le même niveau de vie que ceux qui travaillent.

Un thermomètre sert à alerter quand la fièvre monte. Sans réforme structurelle et sans rééquilibrage intergénérationnel, le Jour de Libération continuera de reculer et, avec lui, le moral des actifs, notre compétitivité et in fine notre capacité à rester un pays prospère.

Il devrait devenir ce qu’il n’est pas encore : un indicateur avancé de la performance de nos politiques publiques. Stopper son décalage dans le temps et le ramener plus tôt dans l’année (en mars comme en Allemagne, aux Pays-Bas, au Portugal voire au Danemark) devrait être un objectif explicite, assumé et mesuré chaque année dans chaque projet de loi de finances de la sécurité sociale.

Les leviers sont connus : indexer plus fermement les pensions sur la dynamique réelle des salaires nets plutôt que sur l’inflation, conditionner aussi ces revalorisations aux équilibres budgétaires, miser sur la solidarité intragénérationnelle pour soulager les actifs, réduire les niches fiscales indues qui égalisent le niveau de vie entre actifs et retraités, construire enfin un étage de capitalisation universel qui complète la répartition pour éviter que les générations aujourd’hui actives soient celles des cotisations fortes et des pensions faibles. Aucune mesure n’est indolore. Mais chaque année de statu quo est une année où le travail paie moins. Ceux qui pensent que le problème se résoudra de lui-même avec la croissance ne voient pas que les conditions de son retour ne seront pas réunies tant que nous ne redonnerons pas la priorité au travail relativement aux retraites. Non pour punir les retraités, mais pour libérer les actifs et redonner au travail un sens économique autant que moral. Pour qu’un salarié qui regarde sa fiche de paie ne se demande plus à qui d’autre que lui profite son effort, mais à quel point cet effort lui revient.

Le 4 mai 2026, les salariés français ont commencé à travailler pour eux-mêmes. Leurs grands-parents, en 1970, y étaient parvenus dès le 27 février. Il serait peut-être temps de se demander à quelle date leurs petits-enfants y arriveront.


Note méthodologique

Ce calcul vise à estimer la part du temps de travail d’un salarié français consacrée, en 2026, au financement des pensions et de la santé des retraités. Deux périmètres sont distingués pour permettre au lecteur de juger de la robustesse du résultat selon le niveau de prudence qu’il retient.

Périmètre 1 — Cotisations retraite stricto sensu : 29,5 % du salaire brut

Le calcul porte sur un salarié rémunéré au niveau de vie médian (autour de 2 200 € bruts mensuels en 2026), donc intégralement sous le plafond de la Sécurité sociale (PASS = 4 005 €/mois en 2026). Sont additionnées toutes les cotisations qui alimentent directement les régimes de retraite, parts salariale et patronale confondues — choix méthodologique assumé : du point de vue économique, les deux parts sont prélevées sur la valeur créée par le travail et réduisent d’autant la rémunération nette potentielle du salarié. Rappelons qu’en répartition, ces cotisations ouvrent des droits pour les cotisants mais n’offrent aucune garantie sur les niveaux de pensions futures.

Ligne de prélèvementPart salarialePart patronaleTotal
Vieillesse plafonnée (CNAV)6,90 %8,55 %15,45 %
Vieillesse déplafonnée (CNAV)0,40 %2,11 %2,51 %
Agirc-Arrco T13,15 %4,72 %7,87 %
Contribution d’équilibre général (CEG) T10,86 %1,29 %2,15 %
Contribution solidarité autonomie (CSA)0,30 %0,30 %
Fraction de CSG affectée au FSV~1,2 % (CSG)~1,2 %
Total≈ 29,5 %

Sources : taux URSSAF 2026, barème Agirc-Arrco 2026 (legisocial), décret n° 2025-1446 du 31 décembre 2025 pour la vieillesse déplafonnée.

Périmètre 2 — Inclusion de la santé des seniors : 37 % du salaire brut

À ce socle s’ajoute la part des dépenses d’assurance maladie consommée par les retraités et financée par les actifs via leurs cotisations maladie patronales et la CSG affectée à la branche maladie. Selon la DREES, les personnes de 65 ans et plus concentrent environ la moitié de la consommation de soins et de biens médicaux remboursés, alors qu’elles ne représentent qu’un cinquième de la population. En appliquant cette clé de répartition au total des prélèvements maladie sur le brut (≈ 15 points : 13 % patronale + ~2 points de CSG-maladie affectée), on obtient environ 7,5 points de salaire brut consacrés au financement de la santé des seniors.

29,5 % + 7,5 % ≈ 37 %.

Si l’assurance maladie garantie par la sécurité sociale répond à une logique universelle, son financement se concentre principalement sur les actifs alors que les premiers bénéficiaires, les retraités, ne paient pas directement de cotisation maladie sur leurs pensions.

Ce second périmètre est économiquement justifié par le fait que les actifs financent ces dépenses sans en bénéficier eux-mêmes au même niveau.

De 37 % à 85 jours

Les 1 607 heures annuelles légales × 37 % = 595 heures, soit 85 jours ouvrés (sur la base de 7 heures par jour). Décomptés à partir du 2 janvier 2026 et en excluant week-ends, jours fériés et 1ᵉʳ mai, le 85ᵉ jour ouvré tombe le lundi 4 mai 2026.

Cette conversion temps/euros est symbolique (les cotisations portent sur la rémunération, pas sur les heures), mais elle traduit fidèlement le coût d’opportunité subi par le salarié : un euro de cotisation est un euro de pouvoir d’achat qu’il ne percevra pas à la fin du mois.

Comparaisons européennes

Les dates étrangères ont été calculées selon la même méthode, à partir des taux nationaux de cotisations vieillesse publique (Eurostat, OCDE Pensions at a Glance 2023) et de la part de la santé consommée par les seniors dans chaque pays.

Évolution historique 1970-2026

La rétrospective est reconstituée à partir des barèmes successifs de l’assurance vieillesse et des régimes complémentaires, intégrant les principales réformes (création de la CSG en 1991, élargissement du financement complémentaire, montée en charge progressive des taux Agirc-Arrco). Elle ne corrige pas des effets de structure (féminisation de l’emploi, montée du temps partiel) qui affectent à la marge la lecture en jours ouvrés.

Limites assumées

Le calcul ne comptabilise ni les transferts via les collectivités locales (APA, aides sociales départementales), ni la totalité de la branche autonomie, ni la part de la dette sociale Cades imputable aux retraités, ni les niches fiscales propres aux pensions (abattement de 10 %, demi-part des veufs, taux de CSG réduit). Leur intégration ferait reculer d’autant plus la date du Jour de Libération des Actifs.

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Reçu — 30 avril 2026 De tout et de rien

WinePortable... bientôt ?

30 avril 2026 à 14:45
Ces derniers jours j'ai commencé à bricoler un truc qui pourrait être un Wine en version portable. En gros de quoi faire fonctionner les jeux Windows sous Linux sans avoir à installer et configurer Wine au préalable (ce qui est assez fastidieux si vous avez suivi mon guide: ajouter les clés du dépôt Wine, ajouter le dépôt Wine, apt update, apt install, configuration, installation des dépendances via winetricks, etc.)

Là ça serait nettement plus simple:
1) Décompresser WinePortable
2) poser les jeux Windows dedans,
3) lancez "explorer.sh" qui vous affiche un explorateur de fichiers Windows. Vous n'avez plus qu'à lancer les jeux.

Il suffit d'un Linux 64 bits.  (Recommandé : un noyau 6.14+ et une carte graphique compatible Vulkan pour de meilleures performances dans les jeux.)

Ça semble fonctionner sur diverses distributions (Debian, Ubuntu, LinuxMint, Manjaro, Arch...). Dès que j'ai quelquechose d'assez propre, je vous le met bien entendu à disposition.

(Je me suis basé sur un Wine packagé sous forme d'AppImage auquel j'ai ajouté quelques scripts et surtout un préfixe préparé à l'avance avec tout le nécessaire : VCrun Microsoft (plusieurs versions), dxvk, vkd3d, corefonts, DotNet4, XNA 4, OpenAL et Physx.)

Je ne prétend absolument pas concurrencer des logiciels comme Lutris ou Bottles, mais juste fournir un environnement minimaliste mais pleinement fonctionnel, sans prise de tête, sans dépendances et installable même sans connexion internet.
Pas de deb, de Flatpak ou snap avec des dépendances. Juste une archive à décompresser.
(Permalink)

Hadopi (2009–2026) – La Quadrature du Net

30 avril 2026 à 13:11
Woaouu... après tout ce temps !   Merci La Quadrature et ses amis.

Extraits : "le système de surveillance de la Hadopi (opéré depuis 2021 par l’Arcom) n’est pas compatible avec le respect des droits fondamentaux protégés par l’Union européenne. [...] Concrètement, cela signifie que la riposte graduée est grippée. L’Arcom ne peut plus vous envoyer devant la justice, puisque les exigences requises par la CJUE ne sont pas remplies. [...] Cela ne veut pas dire pour autant que la Hadopi est définitivement morte. "
(Permalink)
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