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Reçu hier — 27 janvier 2026 De tout et de rien

Compressor - IzzyOnDroid F-Droid Repository

27 janvier 2026 à 13:53
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C'est simple et très efficace.
(Permalink)

Les fermes urbaines à l’épreuve des chiffres

27 janvier 2026 à 06:16

C’est la nouvelle lubie des municipalités écologistes. De Grenoble à Paris, en passant par Lyon, Nantes, ou Bordeaux, rares sont les grandes villes qui n’annoncent pas, à grand renfort de communication, le déploiement de fermes urbaines. Restauration du lien social, résilience des territoires urbains, autonomie alimentaire… Les promesses sont nombreuses. Mais résistent-elles à l’épreuve du réel ?

« Un projet qui mise sur le vivant pour cultiver l’avenir ». C’est en ces termes que le média grenoblois Place Gre’Net présente la ferme Mille Feuilles, quelques jours après son inauguration, le 6 novembre dernier. Une cérémonie très officielle, en présence de l’ensemble des élus locaux, visiblement enthousiastes à l’idée de dévoiler ce nouveau symbole de l’agriculture urbaine.

« L’idée était de ramener du travail agricole en ville […]. Nous voulions créer des emplois pour des personnes qui n’ont pas forcément d’expérience, mais qui ont envie de découvrir ce milieu », explique Isabelle Robles, directrice et fondatrice de Mille Pousses, l’association porteuse du projet.

Un projet qui doit aussi permettre de « faciliter l’accès aux populations les plus précaires, les plus modestes, à une alimentation de qualité, locale et surtout abordable », se félicite la maire d’Échirolles, Amandine Demore.

Éric Piolle, maire de Grenoble, se montre tout aussi emballé : « c’est le signe que l’activité agricole revient en ville, que la fonction nourricière du sol est là, présente sous nos yeux. C’est aussi un message pour notre rapport au vivant et notre rapport au foncier ».

Sur ce point, le maire n’a pas tort. Oui, ce projet en dit long sur son rapport au foncier, mais sans doute pas exactement dans le sens qu’il imagine. Car derrière ce concert de promesses et d’autosatisfaction, une question essentielle reste soigneusement évitée : à quel prix ?

Sur les toits de Paris

J’approfondis

Très chers radis

Car ce type de projet a un coût. Un coût élevé. Nous ne sommes pas ici face à une exploitation agricole comme les autres. Le foncier, en plein cœur urbain, n’a évidemment rien à voir avec celui d’un maraîcher s’installant à la campagne. À cela s’ajoute la très faible superficie de ces micro-fermes, qui accentue mécaniquement les effets de bord et les surcoûts, bien plus marqués que dans les exploitations de plus grande taille.

Les contraintes propres à l’aménagement urbain viennent encore alourdir la facture : remise en état des terrains, souvent d’anciennes friches industrielles ou des infrastructures désaffectées en reconversion (à Grenoble, un ancien stade de rugby). S’y ajoutent les études de sol, parfois rendues nécessaires par des pollutions résiduelles. Un enjeu particulièrement sensible à Grenoble, du fait du passé industriel de la ville, même si aucune communication officielle ne s’en est fait l’écho.

Ainsi, la toute nouvelle ferme urbaine grenobloise Mille Feuilles, d’une surface de 1,3 hectare, représente la bagatelle d’1,4 million d’euros d’investissement initial. Une somme intégralement financée par le contribuable : 638 000 euros par la Ville de Grenoble, 382 000 euros par l’Agence nationale de la rénovation urbaine, 218 000 euros par la Métropole de Grenoble, 125 000 euros par l’État et 12 000 euros par le Département de l’Isère.

Et ce n’est là que le début. Car une fois les rubans coupés, encore faut-il faire fonctionner l’ensemble. Pas de pesticides, peu de mécanisation : le modèle repose avant tout sur le travail humain. A Mille-Feuilles, cinq postes à temps plein sont prévus pour faire tourner la micro-ferme. Un chiffre qui peut paraître modeste au regard de la promesse de Mme Robles de « ramener du travail agricole en ville », mais qui représente en réalité une intensité de main-d’œuvre considérable rapportée à la surface exploitée. Environ douze fois plus que dans le maraîchage classique, où un agriculteur gère en moyenne près de 3 hectares de cultures.

Faute de données publiques détaillées, on peut raisonnablement estimer que ces emplois, supposément rémunérés au SMIC, représentent environ 110 000 euros de salaires annuels. À cela s’ajoutent les coûts d’entretien et de fonctionnement des infrastructures et des équipements, probablement de l’ordre de 40 000 euros supplémentaires par an. Au total, si l’on retient une durée de vie du projet de vingt ans, on arrive à un coût annuel d’environ 220 000 euros. Et si l’on suppose des rendements comparables à ceux d’un système de type « bio-intensif manuel », comme au Bec Hellouin, les légumes produits reviendraient in fine de six à vingt-quatre fois plus cher — selon les cultures — que ceux issus d’une exploitation maraîchère conventionnelle.

Sources pour les coûts de production en maraichage conventionnel :
https://www.la-cab.fr/wp-content/uploads/2020/10/touteslesfiches.pdf, https://rnm.franceagrimer.fr/prix?OIGNON, https://rnm.franceagrimer.fr/prix?RADIS, https://www.la-cab.fr/wp-content/uploads/2020/10/fichetk_pommedeterre.pdf

N’en déplaise à Mme Demore, il est ainsi difficile de qualifier un tel modèle de source d’alimentation « abordable ». Sauf à accepter un financement massif et pérenne par le contribuable, l’accès de ces productions aux « populations les plus précaires » relève davantage de l’affichage politique que de la réalité économique. D’autant qu’il est fort à parier que ce financement, au final, bénéficiera à une poignée de consommateurs urbains déjà privilégiés.

Le mirage de l’autonomie

Alors oui, c’est cher. Mais n’est-ce pas le prix à payer pour offrir aux villes davantage d’autonomie alimentaire ? L’argument est séduisant. Il résiste toutefois assez mal à l’épreuve des chiffres.

Car manger à sa faim, pour un être humain, demande beaucoup de place. Bien plus qu’on ne l’imagine. Ce que semble ignorer Éric Piolle (et, plus largement, une bonne partie de la population citadine), c’est qu’il faut en moyenne près d’un demi-hectare de surfaces agricoles pour nourrir un Français « moyen ». Soit environ un demi-stade de football par personne.

Cette surface s’explique en grande partie par la place occupée par l’élevage dans notre alimentation : près de 85 % des terres agricoles y sont consacrées. Les régimes végans s’en sortent donc nettement mieux, avec des besoins environ quatre fois inférieurs, de l’ordre de « seulement » 1 200 m² par personne.

Appliquons maintenant ces ordres de grandeur à la toute nouvelle ferme urbaine grenobloise. Avec ses 1,3 hectare, Mille Feuilles pourrait théoriquement assurer l’autonomie alimentaire… de trois personnes « moyennes ». Ou, dans le meilleur des cas, d’une petite dizaine de végans. En clair, à peine de quoi nourrir les cinq personnes chargées de cultiver le site. Nous sommes ici typiquement dans le cas d’une agriculture vivrière : un système capable de faire vivre celles et ceux qui y travaillent… et guère plus. En aucun cas, ce type de projet ne peut prétendre amorcer ne serait-ce qu’un début d’autonomie alimentaire pour une ville comme Grenoble et ses 160 000 habitants.

Fermes verticales : l’agriculture urbaine en mode high-tech

J’approfondis

Reste une question à élucider : pourquoi cette obsession de l’autonomie alimentaire ? Le territoire français fonctionne aujourd’hui selon une organisation éprouvée, avec des villes concentrant populations et activités économiques, et des campagnes davantage tournées vers la production agricole. Les unes dépendent des autres, et réciproquement. En quoi est-ce un problème ?

Cette quête d’autonomie, particulièrement marquée chez certains maires situés à gauche de l’échiquier politique, semble davantage nourrie par une angoisse de l’effondrement sociétal que par une analyse rationnelle des flux alimentaires. La porosité entre écologie politique et discours collapsologiques alimente sans doute cette crainte très urbaine d’être, un jour, « abandonné » par les campagnes.

Mais même dans ce scénario noir, ce ne sont pas quelques radis cultivés à la ferme Mille Feuilles qui sauveraient les citadins. Dès lors, une fois les chiffres posés, une question demeure : à quoi bon entretenir cette illusion ?

L’intérêt est ailleurs

On l’aura compris : l’intérêt de ce type de projets n’est pas réellement de restaurer la prétendue « fonction nourricière » des sols urbains, n’en déplaise à M. Piolle. Faut-il pour autant considérer qu’ils n’apportent rien ? Les bénéfices existent, mais ils se situent ailleurs.

D’abord, un espace végétalisé au cœur d’une agglomération, c’est a priori une bonne nouvelle. Dans un contexte de réchauffement climatique, où les populations urbaines sont de plus en plus exposées aux canicules, les fermes urbaines peuvent contribuer à limiter l’effet d’îlot de chaleur, grâce au pouvoir rafraîchissant des plantes. À condition, bien sûr, d’être correctement irriguées : sans eau, en pleine vague de chaleur, les cultures ne tardent pas à griller, et un couvert végétal desséché ne rafraîchit pas grand-chose.

Même dans ce cas favorable, la ferme urbaine reste toutefois moins efficace qu’un parc arboré. Les arbres offrent une surface foliaire bien supérieure à celle des cultures légumières, et les serres, quant à elles, sont plutôt connues pour emmagasiner la chaleur que pour rafraîchir l’atmosphère. Dès lors, une question simple s’impose : pourquoi ne pas investir directement dans des parcs, moins coûteux à l’installation comme à l’entretien, et nettement plus efficaces pour améliorer le confort thermique urbain ?

Les fermes urbaines peuvent également remplir une fonction sociale. Si leur potentiel de création d’emplois demeure limité, elles peuvent servir de supports pédagogiques, notamment à destination des écoles voisines. Enfants — et adultes, pourquoi pas — peuvent ainsi découvrir comment poussent les aliments et prendre conscience des contraintes associées à leur production. L’intention est louable. Le risque, en revanche, est de diffuser une vision très partielle, voire biaisée, du monde agricole. Les dimensions et les pratiques de ces micro-fermes sont en effet très éloignées des réalités de l’agriculture professionnelle.

Il est donc probable que ces projets servent avant tout de vecteurs de messages à forte charge idéologique, en particulier auprès de la jeunesse : défiance vis-à-vis de l’agriculture conventionnelle et des grandes exploitations, et, comme souvent, mise en avant des dangers supposés des pesticides, en omettant soigneusement les gains qu’ils ont permis en matière de rendements, de sécurité alimentaire et de conditions de travail.

C’est sans doute là que réside l’intérêt principal de ces fermes urbaines. Non pas pour la population dans son ensemble, mais pour les responsables politiques qui les subventionnent… avec notre argent. À défaut de constituer un levier crédible d’autonomie alimentaire, elles deviennent des outils de communication et des armes politiques, permettant de diffuser une certaine vision de l’écologie, même lorsqu’elle s’éloigne sensiblement des réalités agronomiques et économiques. Tout en offrant aux municipalités l’occasion de se parer d’une image « verte » et vertueuse.

Si le « rapport au foncier » des municipalités engagées dans ces projets était réellement aligné sur les préoccupations des populations socialement défavorisées, l’investissement irait sans doute en priorité vers le logement. Dans un contexte de forte pression immobilière, notamment sur le neuf, peut-on réellement se permettre de consacrer des hectares de terrain et des millions d’euros à des fermes urbaines qui ne profiteront, in fine, qu’à une minorité de citadins privilégiés, et ce au nom d’une écologie idéologique largement déconnectée des réalités ?

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Les municipales des Électrons libres, top départ !

27 janvier 2026 à 05:54

Nous y voilà. La saison des votes est ouverte, comme on le dirait de celle de la chasse. Un printemps 2026 pour les élections municipales, le suivant pour la présidentielle, sans compter la possibilité de petites législatives bonus pouvant s’intercaler malicieusement dans le calendrier.

Une longue séquence de tous les dangers qui risque de bouleverser le paysage politique comme rarement. À ce titre, tout le monde attend fébrilement de voir quelle sera la portée de la progression du Rassemblement national, mais aussi l’ampleur des changements de majorité au sein des plus grandes villes, que l’on prédit massifs.

Dans ce contexte, comme nous l’avons déjà esquissé dans notre dernier éditorial, Les Électrons libres ne pouvaient rester inactifs, d’autant que les enjeux municipaux concernent nombre de sujets qui nous sont chers et irriguent nos colonnes. Si l’analyse des rapports de force électoraux et de la tambouille politicienne n’en font pas partie, il en est autrement des domaines qui touchent directement la vie de nos concitoyens, comme l’écologie, les transports, le logement, la sécurité, la petite enfance, le grand âge, et on en passe.

Et ce, alors que ce scrutin sera le premier à se dérouler à l’heure de la révolution de l’intelligence artificielle et des incroyables perspectives qu’elle offre aux édiles pour inventer une ville de demain vraiment novatrice. Encore faut-il qu’ils s’en saisissent, ce dont les prémices de la campagne ne laissent pas forcément augurer, tant les discussions s’enlisent déjà dans des joutes médiocres et les traditionnels jeux d’appareils dont les citoyens ne cessent de se lasser.

Mais Les Électrons libres sont là pour relever le gant et remettre les vraies priorités au centre du débat. D’où la longue série que nous entamons aujourd’hui et qui devrait se prolonger, à raison de deux ou trois rendez-vous par semaine, jusqu’au premier tour, le 15 mars prochain. Ils prendront diverses formes. Certains s’intéresseront au bilan du mandat qui s’achève dans quelques villes emblématiques, dont la capitale, et d’autres, dont celui du jour, regarderont les lubies étranges qui grèvent les finances des mairies (et de leurs administrés). Nous aborderons également l’ensemble des thèmes mentionnés plus haut et, tous les quinze jours, nous vous proposerons un long entretien avec un élu ou un candidat sur le thème moteur de la série : « inventer la ville de demain ».

C’est parti !!!

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Reçu — 26 janvier 2026 De tout et de rien
Reçu — 25 janvier 2026 De tout et de rien

Électroscope #11 : un distille, un matériau immortel et une IA qui fait naître des bébés

25 janvier 2026 à 22:40

Transformer l’air en eau, rendre les avions immortels, faire progresser le fertilité grâce à l’IA, nettoyer les océans et rendre l’IA autonome… C’est parti pour Électroscope #11.

Le distille de Dune existe !

Des chercheurs du MIT ont mis au point un dispositif qui semble tout droit sorti d’un film de science-fiction. Il extrait de l’eau potable directement à partir de l’air, même dans les déserts les plus arides où l’humidité ne dépasse pas 10 %. Le rêve des personnages du célèbre roman Dune, de Frank Herbert ! Testé avec succès dans des conditions extrêmes (notamment la Vallée de la Mort, dans le désert de Mojave californien), ce système passif, sans électricité ni tuyaux, repose sur un hydrogel innovant intégré dans un panneau de la taille d’une fenêtre.

Le principe est astucieux et simple. La nuit, quand l’humidité augmente légèrement, le matériau absorbe la vapeur d’eau ambiante comme une éponge ultra-efficace. Le jour, la chaleur solaire libère cette eau capturée sous forme liquide, propre, filtrée et potable. Pas de pompe, pas de compresseur énergivore, juste la physique des matériaux et le soleil. Les tests ont montré des rendements impressionnants : jusqu’à 160 millilitres par jour dans des conditions très basses en humidité, avec une eau de qualité potable après traitement minimal.

Près de 2 milliards de personnes vivent dans des zones où l’accès à l’eau douce est critique, souvent loin des nappes phréatiques ou des rivières. Ce dispositif pourrait équiper des maisons, des villages isolés, des camps de réfugiés ou même des bases militaires et des expéditions, en produisant de l’eau sur place sans infrastructure lourde. À plus grande échelle, des versions modulaires pourraient alimenter des communautés entières, réduisant la dépendance aux forages coûteux ou au transport d’eau par camion.

Se pose encore la question de savoir comment s’assurer que l’eau reste vraiment sûre partout. Pour l’instant, le dispositif ne peut être déployé à grande échelle, restant au stade des prototypes prometteurs et des tests sur le terrain. Mais le MIT a démontré que, même à 10 % d’humidité, l’air contient assez d’eau pour être exploitable. C’est une percée concrète vers un monde où l’eau potable ne dépend plus seulement des pluies ou des rivières, mais de l’atmosphère elle-même. Avec de la prudence et des investissements intelligents, cela pourrait devenir un outil majeur contre la crise hydrique mondiale.

Des avions « immortels » ?

Des chercheurs américains des universités de North Carolina State et de Houston viennent de présenter un matériau composite révolutionnaire qui pourrait rendre les avions, les turbines éoliennes ou même les engins spatiaux quasi « immortels ». Ce composite auto-réparant se remet de ses blessures plus de 1 000 fois sans perdre ses performances, et il est déjà plus résistant que les matériaux actuels utilisés dans les ailes d’avions ou les pales de turbines.

Le secret réside dans une ingénieuse combinaison faite de fibres renforcées classiques (type carbone ou verre), intégrant des agents de réparation imprimés en 3D et des chauffages embarqués. Quand une fissure ou une délamination apparaît – typique des chocs, de la fatigue ou des impacts en vol –, le système détecte le dommage et active localement la chaleur. Cela déclenche la fusion d’un agent réparateur qui comble la brèche, solidifie le tout et restaure la structure. Les tests en laboratoire ont montré que le matériau reste plus solide que les composites standards, même après 500 cycles de casse et de réparation. Au-delà de 1 000, il conserve encore une intégrité remarquable.

L’intérêt est colossal pour l’aéronautique. Aujourd’hui, les avions doivent être inspectés et réparés régulièrement, ce qui coûte cher et immobilise les appareils. Avec ce matériau, les structures pourraient durer des siècles au lieu de décennies, réduisant drastiquement les coûts de maintenance, les déchets et les remplacements. Une aile ou un fuselage qui se répare seul, en vol ou au sol, changerait la donne pour la sécurité, la durabilité et même l’empreinte carbone du transport aérien. Les applications s’étendent aux éoliennes (où les pales subissent des vents extrêmes) et aux engins spatiaux (où les réparations en orbite sont quasi impossibles).

Cette révolution ne concerne pas encore les avions en développement, mais les premiers résultats montrent que la science des matériaux vient de franchir un cap. Des composites qui se soignent eux-mêmes pourraient transformer l’industrie en une ère de durabilité extrême, où le terme « jetable » ne serait plus employé…

L’IA championne de la FIV ?

Dans un monde frappé par la dénatalité, une petite révolution est en train de se produire dans le domaine de la fertilité. Un laboratoire entièrement robotisé, piloté par l’intelligence artificielle, a contribué à la naissance de 19 bébés en parfaite santé. Ce système, développé par la startup Conceivable Life Sciences et baptisé AURA, automatise les étapes les plus délicates de la fécondation in vitro (FIV), traditionnellement réalisées à la main par des embryologistes.

Au lieu de manipulations humaines sujettes à la fatigue, aux variations ou aux erreurs minuscules, AURA utilise des bras robotiques précis et des algorithmes d’IA pour sélectionner les meilleurs spermatozoïdes, injecter l’un d’eux dans l’ovule, surveiller en continu le développement des embryons et choisir ceux qui ont le plus de chances de donner une grossesse viable. Plus de 200 gestes sont ainsi standardisés, sans contact humain direct.

Les 19 naissances, issues de cliniques partenaires (notamment au Mexique), sont toutes issues de ce processus automatisé. Les premiers résultats sont encourageants. Les taux de fécondation et de grossesse obtenus dans les essais pilotes se situent au niveau des meilleures cliniques humaines, voire légèrement au-dessus dans certains cas. L’IA excelle particulièrement dans l’analyse objective et répétable des embryons, là où l’œil humain peut varier d’un technicien à l’autre.

La FIV traditionnelle reste une procédure chère, épuisante et dont le taux de succès moyen tourne autour de 30 à 40 % par cycle pour les femmes de moins de 35 ans. En automatisant et en optimisant chaque étape, AURA pourrait réduire les coûts à long terme, diminuer les écarts entre cliniques et rendre le traitement plus accessible à des millions de couples qui en sont aujourd’hui exclus pour des raisons financières ou géographiques. À terme, cela pourrait transformer la fertilité en une médecine plus prévisible et plus équitable.

Pour l’instant, AURA n’est pas encore « meilleur » que les laboratoires humains de pointe sur tous les plans, mais ses résultats préliminaires montrent qu’il est déjà plus constant et potentiellement plus efficace sur les étapes critiques. À suivre avec prudence, espoir et vigilance.

The Ocean Cleanup : sus au continent plastique

The Ocean Cleanup, l’organisation fondée par le jeune ingénieur néerlandais Boyan Slat, poursuit son combat contre la pollution plastique des océans. En 2025, elle a franchi un nouveau cap. Ses systèmes ont extrait environ 25 000 tonnes de déchets plastiques des milieux aquatiques (océans et rivières combinés). Ce chiffre représente un record absolu pour une seule année.

Un volume que Boyan Slat compare au poids d’une dizaine de tours Eiffel.

L’organisation ne se contente pas de ramasser le plastique déjà présent dans l’océan. Elle déploie aussi des « intercepteurs » dans les rivières pour bloquer les déchets avant qu’ils n’atteignent la mer. Selon leurs estimations, ces barrières recueillent désormais entre 2 et 5 % des flux mondiaux de plastique entrant dans les océans chaque année. Un pourcentage qui grimpe rapidement avec l’expansion de leur programme « 30 Cities », lancé en 2025.

Chaque année, environ 11 millions de tonnes de plastique finissent dans les océans, menacent la vie marine et contaminent la chaîne alimentaire. En extrayant les matériaux flottants avant qu’ils ne se fragmentent en microplastiques quasi impossibles à récupérer, The Ocean Cleanup empêche une dégradation irréversible. Leur objectif ambitieux reste de supprimer 90 % de cette pollution d’ici 2040, en combinant nettoyage actif, prévention en amont et plaidoyer pour des politiques globales plus strictes.

Restons néanmoins prudents. 25 000 tonnes par an, c’est énorme pour une ONG, mais minuscule face aux millions de tonnes qui finissent annuellement au fond des mers. Ensuite, si recycler ce plastique récupéré en produits utiles (comme des lunettes de soleil ou des routes) évite qu’il ne revienne dans la nature, le modèle économique est fragile, tant il repose sur des dons, des partenariats et des ventes. Mais Boyan Slat et son équipe prouvent que la technologie peut inverser la tendance, à condition de maintenir le rythme et d’obtenir un soutien mondial massif.

Rubin, la vraie révolution de l’IA ?

NVIDIA a lancé sa nouvelle plateforme Rubin, annoncée par son PDG, Jensen Huang. Succédant à Blackwell, elle est conçue pour propulser l’IA vers des systèmes de raisonnement autonomes, à même de planifier plusieurs étapes et d’agir comme de vrais agents intelligents.

Au cœur de Rubin, six puces inédites fonctionnent comme un tout cohérent. Le GPU Rubin apporte une puissance de calcul massive, le CPU Vera (avec 88 cœurs Olympus Arm) gère les tâches complexes, et quatre puces réseau assurent des connexions ultra-rapides. Les gains sont impressionnants : jusqu’à cinq fois plus de performances que Blackwell sur l’entraînement et l’inférence IA, et un coût divisé par dix pour traiter les données. Cela permettra des modèles d’IA bien plus puissants, avec des contextes gigantesques et une fiabilité accrue.

L’intérêt ? Ouvrir la voie à des applications concrètes comme des assistants personnels ultra-autonomes, des voitures qui décident en temps réel, des diagnostics médicaux plus précis et des usines intelligentes qui anticipent les pannes. Produite en masse dès janvier 2026, la plateforme arrivera chez les grands fournisseurs cloud fin 2026-début 2027.

Chaque lundi, Les électrons libres vous propose un tour d’horizon des nouvelles électrisantes qui secouent le monde de la tech et œuvrent en faveur d’un progrès à même de changer votre quotidien.

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Imagine t'es exécuté sommairement dans la rue et la une de tous les journaux du monde c'est que ton état vital est incompatible avec l'exercice de la ...

Schrödinger's Cat @comtestanaccount.bsky.social posted:
Imagine t'es exécuté sommairement dans la rue et la une de tous les journaux du monde c'est que ton état vital est incompatible avec l'exercice de la vie, potentiellement en raison d'une activité policière qui aurait pu avoir eu lieu à ce moment là

Quoted post from Le Parisien @leparisien.fr:
Un homme est mort après avoir été touché par des tirs de l’ICE, la police de l’immigration, à Minneapolis, seulement quelques semaines après un drame similaire qui avait causé la mort d’une Américaine du même âge.

Minneapolis : ce que l’on sait de la mort d’un homme de 37 ans, tué par la police de l’immigration

« La bulle actuelle dans le secteur de l'IA est bien pire que la situation qui prévalait lors de la bulle Internet », selon un critique qui estime que les investisseurs ont parié sur des « projets bidons »

25 janvier 2026 à 08:41
La nouveauté de 2025, c'est que les startups de la tech américaine n'essaient plus seulement d'arnaquer les utilisateurs : Ils essaient aussi d'arnaquer les investisseurs.
La chute va être rude. (Malheureusement pas que pour eux.)

Extrait : " « beaucoup de nouvelles technologies intégrant l’IA ne sont que des itérations d’outils déjà existants, habillés de marketing extravagant ». Ces produits sont présentés comme révolutionnaires alors qu’ils ne font rien de fondamentalement nouveau. L’industrie se concentre sur l’image et le battage médiatique plutôt que sur la création de valeur réelle.  "
(Permalink)

Tenir dans le chaos : la leçon stoïcienne

25 janvier 2026 à 07:29

Le monde vit désormais en état de crise permanente. Doit-on subir, renoncer, s’habituer ? Il y a 1 800 ans, un empereur trouvait des clefs pour ne pas devenir esclave du chaos.

« Ne perds plus de temps à discuter de ce que doit être un homme de bien. Sois-en un. » La main qui trace cette phrase tremble légèrement, pas de peur, mais de froid. Nous sommes vers 172 après J.-C., quelque part le long du Danube. Dans une tente militaire mal éclairée, Marc Aurèle écrit en grec sur un carnet qui n’était pas destiné à nous parvenir.

L’empereur romain fait face à des choix impossibles. La guerre s’éternise et nécessite des fonds. Les provinces, affaiblies par la peste, peinent déjà à payer leurs impôts. Dans ces conditions, toute décision implique de faire souffrir quelqu’un. Augmenter les taxes dans des territoires exsangues, ou laisser la frontière s’effondrer faute de renforts. Il n’écrit pas pour convaincre ni pour transmettre. Il écrit pour empêcher les circonstances extérieures de prendre le contrôle sur ce qu’il juge juste de faire, même lorsque toutes les options sont mauvaises.

Marc Aurèle n’a jamais cherché le pouvoir. Formé très jeune à la philosophie stoïcienne, il aurait sans doute préféré une vie d’études et de retrait. Mais il hérite du trône en 161, précisément au moment où l’Empire commence à se fissurer. Les crises s’empilent. La peste affaiblit durablement les populations, les guerres aux frontières se multiplient, les tensions politiques internes s’exacerbent. Gouverner ne consiste plus à améliorer un système relativement stable, mais à contenir un effondrement lent, fait d’arbitrages impossibles et de décisions prises avec des informations toujours incomplètes.

Très vite, l’intuition s’impose, profondément inconfortable : il n’y aura pas de retour à la normale. Pas de moment idéal où tout redeviendra simple. La crise n’est pas une parenthèse, mais le terrain même sur lequel il va falloir agir.

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Reçu — 24 janvier 2026 De tout et de rien

Oneplus phone update introduces hardware anti-rollback - Consumer Rights Wiki

24 janvier 2026 à 22:20
Merdification des smartphones OnePlus: il y a désormais un fusible qui claque dans le CPU Qualcomm et brick le téléphone si vous installez une ROM alternative ou si vous essayez de revenir à une version antérieure du système. Et ce n'est pas réparable.
Sympa, hein ?
(Permalink)

GitHub - Universal-Debloater-Alliance/universal-android-debloater-next-generation: Cross-platform GUI written in Rust using ADB to debloat non-rooted Android devices. Improve your privacy, the security and battery life of your device.

24 janvier 2026 à 18:55
Continuation de l'ancien logiciel pour virer les applications indésirables de votre smartphone.
Ce qui est sympa avec cette application est qu'elle vous indique s'il est dangereux ou gênant de virer une application ou non. Par exemple l'application de Gallerie Xiaomi : C'est elle qui est en charge des captures d'écran. Si vous la déinstallez, plus de capture d'écran avec la gesture "3 doigts". Universal-Debloater-Alliance vous prévient de cela.

Installation :
1) activer le mode développeur sur le smartphone.
2) activer le débogage USB dans les menus développeur.
3) installez adb si ce n'est pas déjà fait.
4) adb devices
5) valider la popup sur le smartphone pour autoriser.
6) lancer uad-ng-linux
(Permalink)

December in Servo: multiple windows, proxy support, better caching, and more! - Servo aims to empower developers with a lightweight, high-performance alternative for embedding web technologies in applications.

24 janvier 2026 à 18:05
Un moteur de rendu html, c'est un bout de code incroyablement complexe chargé de transformer html et css en quelquechose à l'écran.
Avant il y avait Trident (le moteur d'Internet Explorer), Presto (l'excellent moteur d'Opera), Gecko (Firefox), Blink (Google), et WebKit (Apple).

Sauf que Microsoft et Opera ont abandonné leur moteur, et que en gros Blink a plus de 80% du marché. (Vivaldi, Chromium, Edge, Opera, Brave... bref à peu près tous navigateurs utilisent Blink)

Alors il est bon de voir naître un nouveau moteur. Même si Servo est encore balbutiant, il est très prometteur. Il est écrit en Rust, ce qui laisse présager des performances exceptionnelle et une meilleure sécurité (et c'est bien ce qu'on recherche pour un moteur de rendu web).
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