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Reçu — 26 mars 2026 De tout et de rien

Cancer : et si les tumeurs savaient ?

26 mars 2026 à 19:49

Pourquoi a-t-on un cancer du poumon sans avoir jamais fumé ? Un cancer du côlon quand on est jeune et en bonne santé ? Pesticides ? Contaminants chimiques ? Sans réponse, les spéculations fleurissent. Sauf qu’aujourd’hui, la science peut identifier les coupables.

« Le cancer est multifactoriel », « on ne sait pas », ou plus brutalement « c’est la faute à pas de chance »… Pendant longtemps, on a répondu à ces interrogations par des formules à moitié satisfaisantes. Ce n’était pas faux, mais cela laissait souvent le patient comme le médecin dans une zone grise, avec le sentiment persistant qu’une pièce du puzzle manquait. Ce flou a aussi ouvert la porte à toutes sortes d’interprétations hâtives, certains s’empressant d’attribuer ces maladies à des causes environnementales supposées, comme les pesticides, ou des contaminants chimiques de l’alimentation, par exemple, sans disposer pour autant de preuves solides, en choisissant bien sûr le produit d’un plaidoyer (glyphosate, acétamipride, cadmium, aspartame, etc.) comme étant LA cause de leur mal.

Depuis quelques années, la génomique change la donne. Elle permet de lire dans l’ADN des tumeurs les traces laissées par les agressions du passé, comme des cicatrices. Tabac, ultraviolets, alcool, certaines toxines, infections virales, vieillissement cellulaire, défauts de réparation de l’ADN : tous ces processus peuvent laisser une empreinte particulière. On appelle cela des signatures mutationnelles. En pratique, ce sont des motifs de mutations suffisamment caractéristiques pour évoquer un mécanisme précis, un peu comme une écriture reconnaissable sur une scène de crime.

Pour comprendre, il faut repartir de la base. Une mutation, c’est le remplacement d’une lettre de l’ADN par une autre. Il existe six types principaux de substitutions : C>A, C>G, C>T, T>A, T>C, T>G. Ces lettres représentent les bases de l’ADN (C pour cytosine, T pour thymine, A pour adénine, G pour guanine). Par exemple, une mutation C>A signifie qu’à un endroit donné, une base cytosine (C) a été remplacée par une adénine (A). Ces changements paraissent minimes, mais accumulés par milliers, ils racontent une histoire. Car toutes les mutations ne se ressemblent pas. Le tabac produit volontiers certaines mutations, notamment de type C>A. Les UV donnent surtout des C>T dans des contextes très particuliers. D’autres agents produisent d’autres profils. C’est ainsi qu’ont été définies plus de 60 signatures dites SBS, pour « single base substitutions ». Certaines sont exogènes, donc liées à des expositions extérieures, comme le tabac (SBS4, et dans certains cancers ORL SBS92), les UV (SBS7a, SBS7b, SBS7c), l’alcool (SBS16). D’autres sont endogènes, c’est-à-dire produites par notre propre biologie : le vieillissement (SBS1, SBS5) ou le stress oxydatif (SBS18) par exemple.

Cette lecture ne sert pas seulement à décrire une tumeur. Elle peut aussi éclairer l’épidémiologie. Car si l’on retrouve la même signature chez de nombreux patients d’un même pays, d’un même environnement ou d’une même tranche d’âge, on commence à relier des expositions réelles à des cancers réels. C’est une épidémiologie d’un nouveau genre, fondée non plus seulement sur des associations statistiques, mais sur des cicatrices inscrites dans le génome tumoral.

Premier exemple, fascinant : le cancer du poumon chez les non-fumeurs. Une très grande étude internationale a analysé 871 tumeurs pulmonaires chez des personnes n’ayant jamais fumé, recrutées dans 28 lieux sur 4 continents. Le résultat est important, car il bouscule plusieurs idées reçues. D’abord, le tabagisme passif ne laisse qu’une trace mutagène très faible. Parmi 250 personnes exposées à la fumée passive, seules 3 présentaient la signature tabagique SBS4, soit 1,2 %, sans association nette entre exposition passive et signature spécifique. En revanche, dans les zones les plus exposées aux particules fines PM2.5, on observe davantage de signatures proches de celles du tabac, avec une hausse de 3,9 fois pour SBS4 mais de 76 % pour SBS5… une signature du vieillissement. Autrement dit, la pollution atmosphérique peut laisser dans le poumon du non-fumeur une blessure moléculaire qui ressemble en partie à celle de la cigarette ou du vieillissement normal, comme si l’air pollué avait accéléré le temps.

L’étude contient une autre surprise. Une signature appelée SBS22a, liée à l’acide aristolochique, a été retrouvée presque exclusivement à Taïwan : 32 des 36 cas positifs, soit 88,9 %. L’acide aristolochique est une toxine issue de certaines plantes utilisées dans des préparations médicinales traditionnelles. On connaissait déjà son rôle dans des cancers du rein, de la vessie ou du foie. Le fait de retrouver sa signature dans des cancers pulmonaires de non-fumeurs est inattendu. Et surtout, cette signature est enrichie parmi les mutations précoces, ce qui suggère une exposition ancienne, susceptible d’avoir participé à l’initiation du processus tumoral. Voilà un exemple parfait de cause cachée : l’agent a disparu depuis longtemps, mais son empreinte est restée dans l’ADN.

Deuxième exemple : les cancers colorectaux chez les moins de 50 ans. Une étude portant sur 981 cancers colorectaux dans 11 pays, dont 802 formes microsatellites stables analysées en détail, montre que chez les sujets jeunes certaines signatures sont davantage représentées, en particulier SBS88, liée à la colibactine, une toxine produite par certaines souches de la fameuse bactérie Escherichia coli (E. coli). Ces signatures sont 3,3 fois plus fréquentes avant 40 ans qu’après 70 ans. Elles semblent apparaître tôt dans l’histoire tumorale. Et surtout, il n’existe pas forcément de bactérie détectable au moment du diagnostic. Autrement dit, une exposition ancienne du microbiote intestinal a pu avoir lieu dans l’enfance ou au début de l’âge adulte, laisser des lésions durables, puis disparaître. C’est une idée très forte : la bactérie n’est plus là, mais le cancer garde la mémoire de son passage.

Troisième exemple : les cancers ORL. Là encore, les signatures mutationnelles permettent de remettre de l’ordre dans ce qui paraissait confus. Dans une étude portant sur 265 cancers de la tête et du cou, les signatures du tabac SBS4 et SBS92 étaient retrouvées respectivement dans 33,6 % et 7,6 % des cas. La signature liée à l’alcool, SBS16, était présente dans 19,2 % des cas. Ces signatures du tabac et de l’alcool étaient enrichies parmi les mutations précoces, ce qui est compatible avec un rôle initiateur. L’étude montre aussi que l’alcool seul pèse peu, mais que son effet mutagène semble renforcé par l’exposition concomitante au tabac.

Et chez les non-fumeurs, non-buveurs ? Là encore, l’ADN parle. Dans les cancers de l’oropharynx liés au HPV (papillomavirus qui entraînent aussi des cancers du col de l’utérus), les signatures dominantes sont SBS2 et SBS13, liées à l’activité d’APOBEC, une famille d’enzymes cellulaires activées notamment dans le contexte d’infection virale. Même chez des fumeurs, les cancers HPV positifs gardaient un profil plus proche de l’infection virale que du tabac. Cela veut dire quelque chose de très concret : ce n’est pas parce qu’une personne fume que son cancer est forcément un cancer « du tabac ».

Ces travaux changent plusieurs choses à la fois. Ils améliorent la prévention, en renforçant des messages très concrets : vaccination contre le HPV, lutte contre la pollution atmosphérique là où c’est identifié comme lié (Pékin n’est pas Aix-en-Provence), vigilance sur certaines expositions toxiques, compréhension du rôle du microbiote. Ils améliorent aussi notre lecture des causes. Le hasard ne disparaît pas, bien sûr. Il existe toujours une part de stochasticité dans la survenue des mutations et toutes les altérations ne conduisent pas à un cancer. Une exposition mutagène agit souvent comme un accélérateur, un booster, sur un terrain biologique déjà en mouvement. Mais cette part de hasard recule lorsque l’on peut montrer une signature précise, datable, cohérente avec une exposition donnée.

Ils changent aussi le regard porté sur les malades. Non, tous les cancers ne sont pas la conséquence d’un mauvais choix personnel. Certains reflètent des expositions involontaires, parfois très anciennes, parfois oubliées, parfois invisibles. C’est une manière de déculpabiliser sans nier la complexité.

Enfin, ces données imposent une forme de rigueur intellectuelle. Beaucoup de débats publics attribuent aujourd’hui tel ou tel cancer à un facteur environnemental supposé sur la seule base d’études observationnelles. Or une association statistique n’est pas une cicatrice moléculaire. Pour certains agents, on dispose désormais de signatures robustes, reconnaissables dans l’ADN tumoral. Pour d’autres, non. Cela ne veut pas dire qu’ils sont hors de cause, mais simplement qu’à ce jour, on n’a pas encore la preuve mutationnelle spécifique de leur rôle. C’est particulièrement important lorsqu’on passe du terrain scientifique au terrain médico-légal. On a ainsi vu le cas d’une infirmière dont le cancer du sein a été indemnisé au titre de son exposition prolongée au travail de nuit. Que le travail nocturne soit un facteur de risque probable ou reconnu est vrai. Mais affirmer qu’il est la cause de ce cancer précis en est une autre. On retrouve la même difficulté dans les cancers reconnus en Polynésie française après les essais nucléaires : il existe un dispositif spécifique d’indemnisation pour plusieurs cancers radio-induits chez les personnes exposées, ce qui relève d’une logique de réparation fondée sur une exposition possible et un faisceau d’arguments, mais cela ne revient pas à démontrer pour chaque tumeur individuelle une signature mutationnelle formelle attribuant avec certitude ce cancer précis aux retombées des essais. En l’absence d’une telle trace spécifique, la justice peut choisir que le doute doit bénéficier au patient, ce qui relève du droit et de la réparation. Mais cela ne suffit pas à établir une preuve scientifique de causalité individuelle.

Aujourd’hui, le cancer n’est plus seulement une énigme clinique. C’est aussi une histoire inscrite dans l’ADN tumoral. Une histoire que l’on commence à savoir lire. Certaines tumeurs portent la marque d’un polluant respiré, d’une bactérie disparue, d’un virus ancien, d’une toxine végétale oubliée, ou simplement du temps qui passe. Cette lecture nouvelle ne relève pas de la fascination technologique. Elle ouvre des portes concrètes : mieux prévenir, mieux comprendre, parfois mieux réparer, et surtout éviter les faux procès comme les fausses certitudes.

Remerciements au Pr Jacques Robert pour sa relecture et ses suggestions, ô combien précieuses.

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Apple Just Lost Me • AndreGarzia.com

26 mars 2026 à 07:53
Apparemment les gens au Royaume Uni qui viennent de mettre à jour leur iPad (et autes matériels Apple) se retrouvent avec une vérification d'âge forcée. En présentant la carte de crédit.
https://arstechnica.com/tech-policy/2026/03/apple-begins-age-checks-in-the-uk-with-latest-ios-update/

Ce qui est particulièrement stupide car:
1) une carte de crédit n'est pas un document officiel.
2) tout le monde n'en a pas forcément une (et certains ont une carte de *débit*... qui n'est donc pas acceptée.)

Exemples:
https://mastodon.social/@BenCotterill/116286218174294851
https://mastodon.social/@joeress/116286148356587812
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Reçu — 25 mars 2026 De tout et de rien

Dollar, tech : Trump est-il en train d’amputer l’Oncle Sam ?

25 mars 2026 à 21:20

Un secteur de la tech qui domine le monde, attirant les plus grands talents de la planète. Une monnaie incontournable, permettant un endettement quasi illimité. Trump est-il en train de détruire les incroyables atouts américains ? Et surtout : pourquoi ?

Rio, 15 août 2016. Usain Bolt, l’homme le plus rapide de l’Histoire, celui dont les foulées fendaient l’air comme des lames, dont chaque fibre musculaire est le fruit de milliers d’heures d’entraînement, de sacrifices et de discipline, est en passe de s’élancer sur la finale olympique du 100 mètres. Tout le désigne comme l’ultime favori pour devenir triplement médaillé dans l’épreuve reine d’athlétisme. Imaginez maintenant qu’à quelques secondes du départ, en mondovision, il attrape une scie électrique et décide de se couper une jambe. L’image est absurde. Elle représente pourtant ce que les États-Unis font aujourd’hui à leur propre économie : amputer, un à un, les piliers de leur puissance.

En apparence, tout va bien outre-Atlantique. La croissance du PIB pour 2026 est estimée à au moins 3,5 % par le secrétaire au Trésor Scott Bessent, l’inflation semble contenue autour de 2,8 % et le chômage se maintient autour de 4,3 %. Des indicateurs macros qui enthousiasment un Donald Trump y voyant le signe de la bonne santé historique de l’économie américaine. Mais à y regarder de plus près, le constat n’est pas si reluisant.

La croissance américaine ne tient aujourd’hui que sur une seule jambe : l’écosystème de l’IA. Jason Furman, professeur d’économie à Harvard, estime ainsi que si l’on retirait les investissements liés à l’IA (data centers, logiciels, équipements informatiques, etc.), la croissance américaine au premier semestre 2025 n’aurait été que de 0,1 % (contre 1,2 % observé). Elle n’a d’ailleurs été que de 2,1 % sur l’année complète (contre 2,8 % en 2024). Une faible croissance qui, en plus, est très pauvre en termes d’emplois : seulement 180 000 ont été créés l’année dernière, contre 1,5 million en 2024 (et 580 000 attendus), un des niveaux les plus bas enregistrés ces vingt dernières années. Quant à l’indice de confiance des consommateurs, il frôle lui aussi ses niveaux les plus faibles observés ces dernières années, montrant que les Américains ont rarement été aussi pessimistes qu’aujourd’hui.

La dépendance américaine à l’IA est semblable à ce que l’on a connu à l’heure de la bulle internet. La hausse globale des investissements a augmenté de 2,6 % au dernier trimestre 2025, mais avec de fortes disparités. Les dépenses en équipements informatiques et en communication ont bondi de 61 %, quand celles des autres segments ont chuté de 17 %. Un repli généralisé et inquiétant selon les analystes américains.

La bonne santé de l’économie américaine est donc tributaire d’une technologie arrivée en trombe sur le marché il y a seulement trois ans. Comme le disent les investisseurs financiers chevronnés, « un manque de diversité dans l’exposition de ses placements augmente le risque de subir un retournement de conjoncture important ». Nos grands-mères, qui n’ont jamais lu Markowitz, le résument plus simplement : « Pour éviter la casse, on ne met pas tous ses œufs dans le même panier. »

Cette hyper-dépendance est d’autant plus inquiétante qu’elle est concomitante au sabordage complet de l’économie américaine réalisé en trois actes par le président lui-même.

Premier acte : les droits de douane. Se référant à une lecture simpliste du Larousse, le président Trump y voit simplement une taxe prélevée sur un produit importé. Il affirme ainsi que ce sont les pays exportateurs qui s’en acquittent, et que cela participe à rééquilibrer la balance commerciale des États-Unis avec le reste du monde (déficitaire en ce qui concerne les biens — ils importent plus de biens qu’ils n’en produisent —, mais exportatrice de services, ce qui équilibre le tout).

Malheureusement, la réalité est plus complexe, et les droits de douane, passant en moyenne de 2,6 à 9,8 % en 2025, ont été supportés en réalité à 90 % par les ménages et les entreprises américaines, absorbés à 30 % par les marges des entreprises et à 70 % par une augmentation des prix. Le tariff (à savoir le droit de douane, présenté d’ailleurs comme le plus beau mot de la langue anglaise par Donald Trump), alors qu’il visait initialement à financer une forte baisse de l’impôt sur le revenu, se retrouve in fine à réduire les marges des entreprises et à baisser le pouvoir d’achat des ménages. Donald Trump a ainsi réussi le tour de force de prélever 200 milliards de dollars en 2025 sur l’économie américaine en faisant passer cela pour une mesure d’augmentation du revenu. Un coup de génie.

Deuxième acte : le déficit public. Ce n’est certainement pas le point sur lequel les Français peuvent donner des leçons, mais force est de constater que les Américains font pire que nous. Le déficit fédéral devrait atteindre 5,8 % en 2026 (soit 1 900 milliards de dollars), loin au-dessus de la moyenne historique de 3,8 %. La dette publique a de son côté franchi 101 % du PIB et devrait progresser de 20 points d’ici dix ans. Les seuls intérêts de la dette représentent désormais 3,3 % du PIB, et grimperont à 4,6 % en 2036 (c’est la dépense fédérale augmentant le plus vite).

À l’inverse des pays dépensiers comme la France, les États-Unis pouvaient se le permettre, protégés par « le privilège exorbitant du dollar » comme le dénonçait Valéry Giscard d’Estaing. Ce bouclier ultime protège les États-Unis d’une crise de financement et s’assure qu’on leur prêtera toujours à des taux favorables, car le dollar fait office de monnaie de réserve mondiale. Dit autrement, tout le monde étant en équilibre sur la branche, personne n’a intérêt à ce qu’elle se fragilise pour éviter la chute.

Pourtant, c’est celui qui dépend le plus de sa stabilité qui a décidé de la scier, après avoir demandé à tout le monde de se poser ailleurs. Donald Trump et son principal conseiller économique Stephen Miran ont ainsi décidé, dans la chaleur du Bureau ovale, qu’affaiblir le dollar était une bonne idée. Si cela se justifie pour attirer des capitaux étrangers, c’est une folie de le faire au moment où vous vous endettez : cela conduit à un appauvrissement du pays. Résultat, la part du dollar dans le total mondial des monnaies est passée de 70 % en 2000 à 57 % aujourd’hui.

S’additionnant aux autres décisions baroques en la matière, comme le retrait de l’OMC, l’attaque contre l’indépendance de la Fed qui nuit à la crédibilité du dollar ou l’aliénation de ses principaux alliés, cette incitation à ne plus utiliser le dollar revient à fissurer le principal bouclier protégeant l’économie américaine et à débrancher l’assurance-vie de sa propre dette. Quand le dollar cessera d’être indispensable, les taux d’intérêt que le monde exigera de l’Amérique cesseront d’être cléments. Et ce jour approche.

Les initiés de la Maison blanche

J’approfondis

Troisième acte, le plus grave à long terme : le sabordage de l’attractivité scientifique. L’avantage comparatif le plus précieux de l’Amérique n’est pas son pétrole de schiste, ni sa puissance militaire, ni la beauté de ses paysages, ou encore moins sa gastronomie, mais sa capacité à attirer les meilleurs cerveaux du monde dans ses universités et ses laboratoires. L’effet de cluster qui y réside constitue l’attractivité principale pour ces derniers. En vous installant aux États-Unis, vous avez la certitude de côtoyer les meilleurs de votre discipline et de progresser de manière exponentielle à leurs côtés. C’est cela qui a façonné les plus grandes réussites américaines récentes, de la création de la Silicon Valley à l’émergence de l’IA générative, en passant par l’avance prise en matière de biotechnologies.

Là encore, l’administration Trump a décidé qu’il était temps d’en finir avec ce moteur de l’économie américaine, en s’attaquant aux visas distribués aux étudiants et chercheurs étrangers, à la grande colère d’Elon Musk. En 2025, les inscriptions dans les universités américaines provenant de ces étudiants ont chuté de 17 % (après avoir diminué de 7 % en 2024). En parallèle, 6 000 visas de ce type ont été révoqués et l’administration a instauré un plafond de quatre ans pour ceux qui restent, rendant quasi impossible la poursuite de leurs travaux jusqu’au doctorat, venant ainsi fragiliser durablement le mécanisme de recherche fondamentale dans les prochaines années. Une aubaine pour le Canada, l’Australie et l’Europe qui accueilleront à bras plus qu’ouverts les futurs cerveaux qui penseront et développeront les technologies de rupture à venir, dans la conduite autonome, les NGT, le quantique, la fusion nucléaire, le spatial et l’IA générative.

Et les travailleurs qualifiés ne sont pas en reste. L’administration Trump a ainsi décidé de taxer les visas H-1B permettant de les faire venir en Amérique, à hauteur de 100 000 dollars. Une décision fascinante d’ironie. Alors que la croissance américaine dépend de manière vitale du secteur de la tech, celui-ci est perfusé aux deux tiers par l’apport de ces intelligences externes au pays, auxquelles il a été signifié qu’elles ne sont plus les bienvenues. Donald Trump ne se contente plus de scier des branches, il incendie toute la forêt.

Une seule question nous anime : pourquoi ? La réponse n’est ni géopolitique, ni idéologique, ni fantaisiste (même si la thèse de l’agent double ou d’une victime d’un kompromat prend de l’épaisseur), elle est simplement électoraliste, au sens le plus étroit du terme. Pour plaire à son cœur électoral, les ouvriers de la Rust Belt, cette ceinture industrielle du Midwest ayant vu ses usines fermer les unes après les autres et leurs emplois disparaître, Donald Trump est prêt à sacrifier tous les fondamentaux américains préparant la croissance de demain. Il promet ainsi le retour des manufactures sur le sol américain en misant sur le fait que les droits de douane pousseront les entreprises à y localiser leur production pour y échapper, mais aussi la protection contre l’immigration illégale par la restriction de l’attribution de visas et la préférence nationale par le repli commercial.

On pourrait objecter que la réindustrialisation a un coût à court terme et un gain à long terme. Sauf que les chiffres disent l’inverse. Les ouvriers n’ont pas plus de travail, la production manufacturière n’a progressé que de 1,4 % sur un an et le taux d’utilisation des capacités de production stagne à 76,3 %, soit 3,1 points en dessous de la moyenne des années allant de 1976 à 2025. Les droits de douane ne recréent pas un tissu industriel, ils renchérissent les importations des entreprises qui fabriquent encore. La restriction des visas ne protège pas l’emploi ouvrier, elle assèche le vivier d’ingénieurs qui conçoivent les produits de demain.

Ce que fait Donald Trump, c’est sacrifier les avantages comparatifs de son pays, les revenus de la décennie suivante pour financer l’illusion du mandat en cours. C’est un peu comme si un bellâtre venant de toucher un gros héritage décidait de tout dépenser en une nuit pour séduire une conquête éphémère plutôt que d’épargner et de préparer son avenir. La Rust Belt n’aura pas ses usines et l’Amérique aura perdu ses chercheurs, affaibli sa monnaie et alourdi sa dette. Et quand la facture arrivera, ce sont ces mêmes électeurs, ceux aux moindres ressources, qui la paieront le plus cher.

Nous pouvons néanmoins remercier Trump à deux titres. Parce qu’il offre aux enseignants en économie un cas d’école parfait de tout ce qu’il ne faut pas faire à la tête d’un pays, un manuel grandeur nature qui sera étudié pendant des années dans les amphithéâtres. Et parce qu’il permet à la France et à l’Europe, malgré leurs faiblesses, de reprendre une place de choix dans le grand bal des nations, nous offrant la possibilité d’attirer des talents développant les innovations qui assureront notre prospérité économique.

L’histoire aime se répéter. En 1930, le Smoot-Hawley Tariff Act releva massivement les droits de douane américains, provoquant des représailles en cascade et aggravant la Grande Dépression. Près d’un siècle plus tard, les mêmes réflexes produisent les mêmes effets, à une échelle décuplée par la dette et l’interconnexion financière mondiale.

Les États-Unis restent pour le moment la première puissance économique du monde. Mais même Usain Bolt ne peut courir un 100 mètres sur une seule jambe. Une grande nation peut survivre aux crises extérieures. Elle survit rarement aux blessures qu’elle s’inflige elle-même.

L’article Dollar, tech : Trump est-il en train d’amputer l’Oncle Sam ? est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

RT si toi tu n'as jamais eu à regretter d'avoir réaffirmé ton soutien inconditionnel à un crime de guerre, ni d'avoir organisé une minute de silence p...

minimaliste13 @minimaliste13.cpesr.fr posted:
RT si toi tu n'as jamais eu à regretter d'avoir réaffirmé ton soutien inconditionnel à un crime de guerre, ni d'avoir organisé une minute de silence pour un nazi.

Quoted post from Le HuffPost @huffingtonpost.fr:
Les regrets de Yaël Braun-Pivet après la minute de silence pour Quentin Deranque

Les regrets de Yaël Braun-Pivet après la minute de silence pour Quentin Deranque

Wine 11 rewrites how Linux runs Windows games at the kernel level, and the speed gains are massive

25 mars 2026 à 08:23
La version 11 de Wine, ce n'est pas juste une accumulation de petits patchs. C'est un game-changer (haha désolé pour le jeu de mots pourri).

Les changements importants:
- NTSYNC est implémenté. Si vous avez un noyau 6.14 ou plus récent, Wine pourra utiliser NTSync au lieu de esync/fsync. Si vous utilisiez déjà esync/fsync vous ne verrez pas beaucoup de différence (mais ntsync est plus propre), mais dans le cas contraire cela améliore les performances dans certains jeux de manière spectaculaire.
- WoW64 est terminé. Vous n'avez donc plus à jongler entre librairies système 32 et 64 bits dans les préfixes Wine. Installez tout en 64 bits, et les applications 32 bits fonctionneront tel quel. C'est particulièrement intéressant pour faire tourner les anciens jeux.
- et il y a bien entendu encore des tas d'autres améliorations (support Wayland, support contrôlleurs, etc.)

Si vous étiez sous Wine 9 ou 10, je vous encourage fortement à passer à la 11.

Contexte : Wine est un logiciel Linux qui permet de faire fonctionner les applications et jeux Windows sous Linux sans avoir besoin d'installer Windows. Plus de 90% des jeux Windows existants tournent sans problème dans Wine.

Pour voir si le module ntsync est chargé dans votre système:
💻 lsmod | grep -i ntsync

Pour le charger:
💻 sudo modprobe ntsync
(et /dev/ntsync doit apparaître)

L'activer au lancement du système:
Créer le fichier /etc/modules-load.d/ntsync.conf
contenant juste : "ntsync"
(Permalink)
Reçu — 24 mars 2026 De tout et de rien

space nuclear go brrr

Tristan K. @tristankamin.bsky.social posted:
space nuclear go brrr

(Oui c'est Isaacman et le trumpisme, non y'a pas beaucoup de science derrière, oui y'a des projets bien plus beaux qui sont sacrifiés but still... space nuclear ftw)

Quoted post from Rêves d'espace @revesdespace.bsky.social:
🪐 Lancement d'une mission interplanétaire SR1 Freedom avant fin 2028 pour démontrer la propulsion nucléaire
🔴 Projet Skyfall pour Mars avec plusieurs drones de type Ingenuity
Et plein d'autres choses !
[Je ferai un article plus tard pour détailler]
2/2

Pour le moment y'a égalité. Des frappes modestes sur les centrales en service pour faire peur sans rien provoquer de grave, et des frappes sur d'autre...

Tristan K. @tristankamin.bsky.social replied:
Pour le moment y'a égalité. Des frappes modestes sur les centrales en service pour faire peur sans rien provoquer de grave, et des frappes sur d'autres installations pour provoquer de petits incidents nucléaires.

Est-ce que le régime Netanyahou osera franchir la ligne rouge à laquelle s'est arrêtée celui de Poutine en Ukraine, c'est à dire déclencher un acciden...

Tristan K. @tristankamin.bsky.social posted:
Est-ce que le régime Netanyahou osera franchir la ligne rouge à laquelle s'est arrêtée celui de Poutine en Ukraine, c'est à dire déclencher un accident nucléaire ?

Quoted post from Le Monde @lemonde.fr:
EN DIRECT, guerre au Moyen-Orient : l’AIEA appelle à « la retenue maximale » après une nouvelle frappe sans dégâts sur la centrale nucléaire de Bouchehr, en Iran

EN DIRECT, guerre au Moyen-Orient : l’AIEA appelle à « la retenue maximale » après une nouvelle frappe sans dégâts sur la centrale nucléaire de Bouchehr, en Iran
(www.lemonde.fr) Un projectile a ciblé « l’intérieur de l’enceinte de la centrale » sans causer de dommages apparents, a annoncé mardi soir l’Agence iranienne atomique, attribuant cette frappe aux Etats-Unis et à Israël. Cette centrale située dans le sud de l’Iran avait déjà été visée la semaine dernière par un « projectile ».

Cadmium : ce que dit l’Anses, et ce qu’elle ne dit pas

24 mars 2026 à 20:25

Explosion des cancers, scandale sanitaire, injonctions à consommer bio… À chaque nouveau rapport, les gros titres catastrophistes se multiplient. Celui de l’Anses, sur le vrai sujet du cadmium, risque de ne pas faire exception. Mais que dit-il vraiment ?

« Réduire l’imprégnation de la population française » au cadmium : c’est l’objectif affiché du dernier rapport de l’agence sanitaire. Un document au ton parfois alarmiste, qui ne devrait pas manquer de faire réagir.

Car depuis l’été dernier, le sujet s’est imposé dans le débat public. D’abord porté par des collectifs de médecins, puis relayé par l’UFC-Que Choisir, il a rapidement été amplifié par les médias grand public. Les mots chocs ont alors fusé — « bombe sanitaire », « poison invisible », « cancérogène certain » — avec, en toile de fond, une inquiétude centrale : l’imprégnation élevée de la population française, notamment les enfants, via des aliments du quotidien comme les céréales, le pain ou le chocolat.

Très vite, un coupable est désigné : les engrais phosphatés de l’agriculture conventionnelle. Le sujet a même pris une tournure politique avec le dépôt, fin 2025, d’une proposition de loi portée par des députés écologistes visant à interdire ces engrais d’ici deux ans.

Et dans ce climat anxiogène, une solution s’est progressivement imposée comme une évidence : l’agriculture biologique. Présentée comme le refuge naturel face au risque du cadmium, elle s’est retrouvée propulsée, dans certains discours, au rang d’alternative incontournable.

Mais derrière les emballements médiatiques et les postures politiques, le nouveau rapport de l’Anses vient quelque peu fissurer le récit.

Une surexposition qui pose question

47,6 %. C’est, selon l’Anses, la part des adultes français surexposés au cadmium. Presque un sur deux. Concrètement, les analyses urinaires de la grande étude nationale Esteban (2014-2016) montrent qu’une personne sur deux dépasse le seuil critique pour la santé, fixé à 0,5 μg par gramme de créatinine. De quoi interpeller — d’autant que le cadmium, dont la durée de vie dans l’organisme s’étale entre 10 et 30 ans, s’accumule progressivement dans des organes clés comme le foie et les reins.

D’où vient-il ? Deux sources dominent. Le tabac, d’abord, qui représente 43 % de l’imprégnation totale. Et surtout l’alimentation, qui, chez les non-fumeurs, explique à elle seule 98 % de l’exposition. Mais inutile de traquer un aliment coupable : le cadmium est partout, ou presque. Pâtes, pain, pommes de terre, légumes… Tous les produits de base sont concernés, même si certains aliments présentent des concentrations supérieures aux autres de ce métal, comme les abats, les fruits de mer, les algues alimentaires ou encore le cacao.

À l’origine de cette contamination diffuse : les engrais phosphatés. Car pour maintenir la fertilité des sols — et compenser les exportations liées aux récoltes —, l’agriculture doit apporter des éléments minéraux essentiels : azote, potassium… et phosphore.

Du massacre des bisons au superphosphate : la quête de l’or blanc

J’approfondis

Et contrairement à une idée répandue, ces engrais ne sont pas « fabriqués » de toutes pièces par l’industrie chimique. Ils proviennent presque exclusivement de roches phosphatées, extraites de gisements sédimentaires, puis traitées pour rendre le phosphore assimilable par les plantes.

Ainsi, inutile de blâmer un quelconque processus synthétique : le cadmium que l’on consomme a une origine purement naturelle. Un héritage géologique dont on ne se débarrasse pas facilement, car une fois épandu, le métal contamine les sols, passe dans les plantes… puis dans nos assiettes. Et comme le cadmium est un élément chimique — donc indestructible —, il ne se dégrade pas. Quant à son élimination par lessivage, elle reste limitée, ce qui favorise son accumulation progressive dans les sols… et, mécaniquement, dans la population.

Dans ce contexte, la France fait figure de mauvais élève. Elle s’approvisionne majoritairement en phosphates marocains, autrefois plus riches en cadmium, et ses conditions pédoclimatiques limitent son évacuation par les pluies. Résultat : des niveaux d’imprégnation parmi les plus élevés d’Europe, parfois 3 à 4 fois supérieurs à ceux observés chez nos voisins.

Dernier élément à charge : la réglementation. Là où la plupart des pays fixent des plafonds entre 20 et 50 mg de cadmium par kilo d’engrais, la France autorise jusqu’à 90 mg/kg. Un écart loin d’être anecdotique.

La vraie nature du risque

C’est un fait : nous sommes exposés au cadmium. Mais cette exposition se traduit-elle forcément par un risque sanitaire significatif ? Oui, répond l’Anses, mais pas forcément là où on l’attend.

Alors que le débat médiatique se focalise sur le cancer, allant jusqu’à évoquer une supposée « explosion » de son incidence, le véritable enjeu sanitaire du cadmium se situe en réalité ailleurs : au cœur même de notre squelette. Car le cadmium perturbe la minéralisation des os. À long terme, il fragilise la structure osseuse et augmente significativement le risque de fractures, en particulier chez les personnes âgées. D’après une étude parue en 2018, jusqu’à un quart des cas d’ostéoporose chez les femmes de plus de 55 ans pourraient lui être attribuables. Un impact loin d’être anodin : à lui seul, ce phénomène pourrait représenter un coût allant jusqu’à 2,6 milliards d’euros par an pour le système de santé. Même si les données restent encore fragiles, le signal est suffisamment sérieux pour être pris en compte.

Autre organe cible : les reins. Le cadmium s’y accumule progressivement, pouvant entraîner des atteintes de l’organe et, dans les cas les plus avancés, évoluer vers une insuffisance.

Et le cancer, alors ? Le cadmium est bien classé CMR — cancérogène, mutagène et reprotoxique. Mais cette classification repose essentiellement sur des expositions par inhalation, notamment en milieu professionnel ou via le tabac. Une situation qui ne correspond pas à celle de la majorité de la population, exposée principalement par l’alimentation. Si des interrogations persistent concernant plusieurs cancers (sein, prostate, testicules, pancréas), à ce stade, les preuves restent limitées.

Enfin, l’exposition précoce suscite également des inquiétudes. Le cadmium peut traverser partiellement le placenta, exposant le fœtus. Chez les jeunes enfants, il est associé à des retards de croissance (taille, poids) et à des effets potentiels sur le développement neurologique.

Autrement dit, le risque existe… mais il est plus diffus et plus complexe que ne le laisse entendre le récit dominant.

Pas de panique

« Bombe sanitaire ». C’est sans doute l’expression qui revient le plus souvent dans la presse. Et pourtant, si le risque existe bel et bien, encore faut-il le remettre à sa juste place. D’abord parce que l’évaluation proposée par l’Anses, aussi impressionnante soit-elle, repose sur des bases statistiques encore fragiles. À titre de comparaison, le rapport du Centre commun de recherche de l’Union européenne (JRC) se montre nettement plus nuancé, évoquant notamment des niveaux de cadmium intermédiaires dans les sols agricoles français par rapport à d’autres pays européens.

Ensuite, lorsqu’on remonte aux études sur lesquelles s’appuie l’Anses, l’accumulation du cadmium dans les sols apparaît finalement assez limitée : de l’ordre de 15 %… sur un siècle. Une hausse qui n’est pas anodine dans un contexte d’exposition déjà élevée — d’autant que sur la même période, le reste de l’Europe prévoit une baisse de 15 % de la pollution de ses sols —, mais qui peine à justifier, à elle seule, le sentiment d’urgence.

Surtout, les risques associés au cadmium, bien que préoccupants, restent loin derrière ceux d’autres facteurs environnementaux majeurs. Obésité, alcool, tabac : autant de déterminants dont l’impact sanitaire est massif, solidement documenté, et qui coûtent chaque année plusieurs dizaines de milliards d’euros tout en étant responsables de plus de 100 000 décès. La comparaison mérite d’être posée.

Elle l’est d’autant plus que certains indicateurs interrogent. L’ostéoporose, principal effet sanitaire redouté du cadmium, est par exemple plus fréquente en Allemagne qu’en France, alors même que l’exposition y est nettement plus faible. Même constat du côté du cancer du pancréas, souvent présenté comme un effet caché du cadmium : aucune explosion particulière en France par rapport à nos voisins d’outre-Rhin.

Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’effet. Mais plutôt que celui-ci se dilue dans une multitude de facteurs de risque — âge, génétique, modes de vie — qui pèsent souvent bien davantage. Autrement dit : oui, il faut agir. Mais transformer le sujet en scandale sanitaire comporte un double risque. Celui de détourner l’attention des causes majeures de dégradation de notre santé… et celui de précipiter des décisions politiques guidées par l’émotion plus que par une analyse rigoureuse des bénéfices et des risques.

D’autant que les solutions avancées, elles, tombent souvent à côté de la cible.

Des préconisations éloignées des idées reçues

Février 2026. Dans les colonnes du Monde, au sujet du cadmium, le député européen écologiste Benoît Biteau défend sans détour sa position : pour lui, « la meilleure option reste l’agriculture biologique ». Son argument ? Une absence d’engrais de synthèse en bio. Un raisonnement séduisant… mais erroné.

Car si l’agriculture biologique repose bien sur des apports organiques pour l’azote, la situation est tout autre pour le phosphore. Sur ce point, bio et conventionnel utilisent en réalité les mêmes engrais phosphatés, issus de roches naturelles. Les mêmes intrants… et donc les mêmes contaminants potentiels.

Le cadmium dans les engrais est-il une fatalité ?

J’approfondis

Le rapport va même encore plus loin : les effluents d’élevage, largement utilisés en bio, présentent une forte affinité pour les métaux lourds. Dans certaines conditions, ils peuvent eux aussi contribuer à l’accumulation du cadmium dans les sols.

Le constat de l’Anses est donc sans appel : « il n’est pas possible de conclure à une différence de concentration en cadmium entre les aliments bio et conventionnels ». De quoi sérieusement nuancer le récit dominant, car derrière cette focalisation sur le bio, difficile de ne pas voir une instrumentalisation du sujet… alors même que ses bénéfices spécifiques sur le cadmium ne sont pas démontrés.

Surtout, cette grille de lecture occulte des solutions bien plus opérationnelles, pourtant clairement identifiées dans le rapport. Deux leviers principaux se dégagent : réduire les apports en engrais phosphatés et diminuer leur teneur en cadmium.

Sur le premier point, il est rappelé que l’agriculture française a longtemps eu la main lourde sur le phosphore. En ajustant les apports au plus près des besoins réels des cultures, il serait ainsi possible de réduire significativement les quantités épandues, sans perte notable de rendement. Et avec à la clé un double bénéfice : des économies sur l’achat d’engrais et moins de cadmium introduit dans les sols. Le rapport encourage aussi à mieux valoriser les ressources déjà présentes — effluents d’élevage, composts, couverts végétaux — pour remobiliser le phosphore stocké dans les sols et limiter le recours aux engrais minéraux importés. D’ailleurs, en France comme dans le reste de l’Europe, la tendance est déjà à la baisse depuis plusieurs décennies. La prolonger permettrait de réduire les risques… sans pour autant changer de paradigme.

Concernant le second levier, rassurons-nous : il est inutile de céder à une tentation géopolitique hasardeuse en allant chercher des engrais russes, naturellement moins chargés en cadmium. Le rapport privilégie une tout autre option : la décadmiation. Autrement dit, au lieu de changer de fournisseur, on dépollue directement les engrais.

Et le principe est déjà maîtrisé. Des procédés industriels — comme la co-cristallisation ou l’adsorption — permettent d’extraire le cadmium de l’acide phosphorique au moment de la fabrication. Résultat : un engrais conforme aux standards les plus stricts (moins de 20 mg/kg), sans remettre en cause les partenariats stratégiques avec l’Afrique du Nord.

Et surtout, la facture reste étonnamment légère. Le coût de la décadmiation est estimé entre 10 et 30 euros par tonne d’engrais, soit une hausse limitée de 1,5 % à 5 % du prix final. À l’échelle d’une exploitation, l’impact est quasi négligeable : pour une culture de blé, cela représente environ 2 euros par hectare, soit à peine 0,1 % du coût de production. Un surcoût jugé « maîtrisable et absorbable », très en deçà des fluctuations habituelles des marchés des engrais.

Du côté des producteurs, notamment marocains, le virage semble déjà amorcé. Des investissements massifs pour réduire la teneur en cadmium des engrais ont été consentis, et un taux inférieur à 20 mg/kg est désormais annoncé. Reste à en obtenir des confirmations indépendantes. Pour accélérer la généralisation de ces procédés, l’Anses propose d’abaisser le seuil réglementaire à ce chiffre.

Au fond, le cadmium pose une vraie question… mais il mérite mieux que des réponses simplistes. Oui, le risque existe. Oui, il faut agir. Mais agir ne signifie pas céder à la panique ni plaquer des solutions idéologiques sur un problème complexe.

Car à trop vouloir frapper vite et fort, on prend le risque de se tromper de cible. Interdire sans discernement, brandir des fausses solutions ou opposer des modèles agricoles, c’est passer à côté de leviers autrement plus efficaces — et immédiatement mobilisables.

La réalité est plus sobre, mais aussi plus prometteuse : ajuster finement les apports, améliorer les pratiques, investir dans des procédés industriels capables de dépolluer à la source. Bref, faire ce que l’on sait déjà faire quand on prend le temps de regarder les faits plutôt que les postures.

Méfions-nous donc des raccourcis. Car derrière certaines réponses en apparence évidentes se cachent parfois des impasses stratégiques. À commencer par celles qui, au nom de la santé publique, nous conduiraient à nous rendre dépendants d’acteurs dont les intérêts ne sont pas les nôtres.

Le cadmium appelle de la rigueur, pas des réflexes. De la méthode, pas des totems. Et si l’on veut vraiment réduire l’exposition des Français, la solution ne se trouve ni dans les slogans ni dans les interdits, mais dans une approche lucide, progressive… et résolument ancrée dans le réel.

L’article Cadmium : ce que dit l’Anses, et ce qu’elle ne dit pas est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Debunking zswap and zram myths

24 mars 2026 à 12:29
zram ou zswap ? Cet article est très en faveur de zswap.

Règles générales:
- N'utilisez jamais simultanément zram et zswap.
- Si vous avez du swap disque, n'utilisez pas zram en complément. À partir du moment où vous avez du swap disque, zswap est préférable.
- D'une manière générale, zswap se comportent mieux quand il y a beaucoup de pression sur la RAM.

Voir si zswap est actif : cat /sys/module/zswap/parameters/enabled
(renvoie Y ou 1 si actif)

L'activer au prochain redémarrage :
1) éditer le fichier /etc/default/grub
2) dans la ligne GRUB_CMDLINE_LINUX_DEFAULT ajouter le paramètre : zswap.enabled=1
3) sudo update-grub
(Permalink)

But it's not invasion unless it's from the Russian invasion of Ukraine.

ريّان نور @noorryan.bsky.social posted:
But it's not invasion unless it's from the Russian invasion of Ukraine.

Otherwise, it's just sparkling forward defensive line.

Quoted post from FRANCE 24 @france24.com:
🔴 URGENT - En direct : Israël va "s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani au Liban

En direct : l'Iran menace Israël de "lourdes" frappes en soutien aux Libanais et Palestiniens
(f24.my) L'Iran a tiré des missiles sur Israël tôt mardi matin, quelques heures après que le président américain Donald Trump a évoqué des discussions avec un responsable iranien pour mettre fin à la guerre – une…
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