Vue normale

Reçu — 21 mai 2026 De tout et de rien

Simplifier !

21 mai 2026 à 19:39

Les dirigeants d’entreprise et anciens hauts fonctionnaires Bertrand Mabille et Michel de Rosen viennent de publier un livre essentiel intitulé Simplifier !. À travers une série d’entretiens avec d’anciens présidents de la République, ministres, élus, hauts fonctionnaires et experts, ils dressent un constat lucide sur la complexité normative et organisationnelle qui entrave notre pays et proposent des pistes concrètes pour en sortir.

Montaigne écrivait dans les Essais qu’« il y a plus de lois en France qu’en tout le reste du monde ». Le constat n’est donc pas nouveau et la France se caractérise par une double complexité organisationnelle et normative. Nos codes dépassent en volume leur équivalent étranger, et souvent de très loin. Quant à l’organisation de notre État, elle se caractérise par un véritable morcellement d’acteurs et de responsabilités. Face à ce constat, les deux auteurs ont cherché à comprendre pourquoi le Moloch administratif français continue de produire de la complexité. Ils en tirent la conclusion que si le constat est partagé, les avis divergent quant aux remèdes à apporter. En réponse, ils proposent une approche globale du problème en souhaitant que les échéances électorales à venir permettent aux candidats de se saisir de cet enjeu crucial pour le pays.

La course perdue de la simplification

Il y a eu, en France, 28 lois de simplification depuis vingt ans. Dans le même temps, les principaux codes ont connu une inflation moyenne de plus de 250 % (celui de l’environnement a même été augmenté de près de 600 % !). Quant à l’organisation politico-administrative – le fameux mille-feuille –, elle ne s’est ni simplifiée ni clarifiée dans ses responsabilités. Le résultat est connu : des délais de construction des logements et des bâtiments deux fois plus longs que dans le reste de l’Europe, une agriculture corsetée par un entrelacs de normes et de procédures, un système de santé au bord de la crise de nerfs, des entreprises étouffées et, plus généralement, des services publics empêchés dans leur bon fonctionnement, nourrissant ainsi le discrédit des politiques publiques auprès des Français.

Apparaissent alors deux paradoxes. Le premier tient dans ce décalage permanent entre l’intention politique répétée de simplification et ses maigres résultats. Le second provient de la persistance, voire de l’amplification, de ce problème français malgré un diagnostic parfaitement établi depuis longtemps. Pour reprendre la formule célèbre de Georges Pompidou, on a continué d’« emmerder les Français » tout en étant conscient des effets délétères de cette complexité sur notre économie, notre quotidien et le fonctionnement de notre démocratie. C’est ce que confient la plupart des témoins du livre, allant de François Hollande, en passant par Édouard Philippe, David Lisnard ou Jean-Pierre Jouyet, au sortir de leur expérience, de leur appréciation de l’importance de la simplification et des perspectives de réforme envisageables.

Chacun de ces échanges met en relief un consensus sur le diagnostic : oui, ce sujet est de première importance ; oui, son impact est réel et oui, il faudrait simplifier. En revanche, au registre des solutions, les avis diffèrent : certains préconisent des mesures drastiques, quand d’autres militent pour un patient travail de détricotage. Mais tous font émerger un certain nombre de facteurs explicatifs de ce phénomène.

Tout d’abord, l’histoire de la nation française et de sa langue, marquée par une volonté centralisatrice et unificatrice forte. Cette machine normative n’est pas nouvelle et un tel biais culturel est difficile à inverser.

Ensuite, le fait que les Français eux-mêmes sont souvent demandeurs de normes. C’est le cas au regard des questions de protection des corps de métiers, des barrières à l’entrée pour les industriels, des questions sanitaires et agricoles ou des besoins de réaction législative immédiate à chaque risque médiatisé.

Enfin, notre administration est formée à agir par le texte. La culture du projet y est faible, et chaque ministre veut promulguer « sa » loi, nourrissant le cercle vicieux de la folie normative.

Une rupture indispensable

Face à ce constat, les auteurs et certains responsables politiques interrogés convergent sur un point : le traitement du problème ne passera ni par un nouveau « choc de simplification », ni par l’abolition symbolique de quelques formulaires CERFA, mais par une transformation complète et profonde de notre système politico-administratif et de notre rapport collectif à la sphère publique. Un chantier titanesque qui suppose plusieurs conditions préalables. La première, sans doute la plus difficile à réunir, implique la formation d’un large consensus dans le pays et un pilotage au plus haut niveau de l’État, avec un alignement indispensable entre gouvernement et Parlement. On sait, hélas, combien en France l’absence de culture du compromis et de capacité à envisager l’union nationale sur la plupart des sujets risque de rendre caduc cet impératif.

La deuxième implique la conception d’une réforme globale, portant à la fois sur le stock et sur le flux normatif. Comme le rappelle dans le livre Thierry Mandon, l’ancien secrétaire d’État chargé de la réforme de l’État et de la simplification (2014-2015), on simplifie quelques mesures pendant que de nouvelles normes, bien plus nombreuses, continuent d’être produites.

La troisième implique que ce processus ne se limite pas au droit, mais touche aussi les organisations et les pratiques administratives. Certains sujets, comme l’organisation territoriale, doivent par ailleurs probablement être soumis au référendum.

Mais concrètement ?

Pour réussir à mener à bien cette entreprise pharaonique, les auteurs suggèrent quelques pistes qui méritent d’être considérées. Dans un premier temps, ils proposent de réguler le robinet normatif par une réforme du droit des amendements, dont l’usage a explosé ces dernières années. Il en a en effet été voté davantage en une seule législature française qu’en Allemagne depuis la création de la RFA. L’objectif n’étant pas de museler le Parlement, mais bien de sortir les parlementaires de la course à la notoriété ou à l’obstruction systématique.

La deuxième piste consisterait à revenir à une application stricte des articles 34 et 37 de la Constitution qui stipulent que la loi doit fixer les grands principes et objectifs. C’est ensuite au pouvoir réglementaire de prendre le soin d’en définir les modalités. Le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel doivent redevenir les gardiens rigoureux de cet équilibre. Or, celui-ci a été largement écorné ces dernières années, avec des lois voulant préciser jusqu’au moindre détail d’une norme.

Enfin, les auteurs proposent de passer d’une logique de procédures à une logique d’objectifs. Cela passe par la reconsidération de notre administration et de sa compétence, en la laissant adapter les modalités à la réalité du terrain. Arrêtons ainsi de vouloir fixer par la loi l’angle exact d’une rampe d’accès PMR, quand l’éduction d’un principe d’accessibilité suffit.

Pour Bertrand Mabille et Michel de Rosen, cette philosophie, dont nous embrassons l’ambition, doit guider le grand travail de réécriture de nos 75 codes juridiques. Des propositions allant dans ce sens ont déjà été formulées dans le passé (par Robert Badinter et Antoine Lyon-Caen sur le Code du travail, ou par Gaspard Koenig, également témoin de l’ouvrage, avec son « projet Portalis »). Ne serait-il pas temps de les mettre en œuvre ? Non dans la perspective d’une libéralisation aveugle et brutale, certains domaines devant rester fortement encadrés. Mais en faisant le pari de la confiance dans le bon sens des individus plutôt que dans une réglementation tatillonne qui prétend tout anticiper.

C’est alors une transformation plus profonde de notre rapport à la chose publique qu’il faut opérer. Sortir d’une relation infantilisante et paternaliste pour redonner de la liberté et de la responsabilité aux acteurs de terrain. Dans un pays marqué par une défiance plus forte qu’ailleurs, le pari est ambitieux. Mais s’il permet de sortir de cette relation névrotique avec nos gouvernants et de redonner de l’air à la société, l’enjeu en vaut sans doute largement la peine.

* Bertrand Mabille et Michel de Rosen, Simplifier !, Éditions Télémaque, 378 pages, 2026

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Cancer infantile : le RN du côté des labos - POLITIS

21 mai 2026 à 06:19
Entre les enfants cancéreux et les labos, le RN est du côté des labos.
(Et plus généralement, le RN est du côté des riches et des enteprises. Rien à foutre des humains (ils ont voté contre l'augmentation du SMIC, contre l'indexation des salaires sur l'inflation, contre l'inscription du droit à l'avortement dans la constitution, etc.))

Il ne faut pas écouter les discours du RN : Il faut regarder comment ils VOTENT au parlement.
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Reçu — 20 mai 2026 De tout et de rien

Permaculture : miracle écologique ou utopie hors-sol ?

20 mai 2026 à 19:20

C’est une histoire qui a fait rêver toute une génération. Dans les années 2010, la petite ferme normande du Bec Hellouin, fondée sur la permaculture, devenait le Graal des sphères écologistes, promettant l’abondance sans tracteur, sans chimie et sur une surface minuscule.

Lorsque Charles et Perrine Hervé-Gruyer créent cette ferme, au milieu des années 2000, rien ne laisse encore présager l’engouement qui suivra. Sans formation agricole, mais animés par un idéal de reconnexion à la nature, ils s’installent sur des terres normandes peu fertiles. Les débuts sont difficiles, faits de tâtonnements et d’expérimentations. C’est en 2008 que leur trajectoire bascule avec la découverte d’un concept venu d’Australie : la permaculture. Contraction de « permanent agriculture », cette approche théorisée dans les années 1970 vise à concevoir des méthodes agricoles inspirées du fonctionnement des écosystèmes naturels. Diversité végétale, limitation du travail du sol, réduction des intrants et recherche d’autonomie… la permaculture promet à la fois résilience écologique et abondance alimentaire.

La dérive mystique de la permaculture

J’approfondis

Pour Charles et Perrine, c’est une révélation. Le couple fait alors un pari radical, celui d’abandonner la chimie et la mécanisation pour cultiver presque entièrement à la main, sur de très petites surfaces densifiées à l’extrême. Inspirée du micro-maraîchage bio-intensif, leur méthode multiplie les associations de plantes et les rotations rapides afin de maximiser les rendements au mètre carré. Autour des cultures, arbres, haies et étangs sont aménagés pour créer un microclimat protecteur. Et pour compenser la pauvreté des sols, d’importantes quantités de fumier sont utilisées afin de fabriquer des terres extrêmement riches en matière organique. Apparaissent alors les fameuses buttes de culture, mais aussi les « couches chaudes » : une technique consistant à cultiver sur une épaisse couche de fumier frais dont la décomposition produit de la chaleur, permettant de réchauffer le sol et d’avancer les récoltes en saison froide.

Permaculture : recyclage ou révolution ?

J’approfondis

Success-story

Et le pari est gagnant. Pionnière de la permaculture en France, la ferme du Bec Hellouin connaît un succès fulgurant. Succès agronomique d’abord, avec des récoltes affichant des rendements étonnamment élevés au regard des faibles moyens techniques mobilisés. Mais surtout, succès médiatique et culturel : le modèle fascine et séduit rapidement les milieux écologistes, qui y voient une alternative crédible à la très décriée « agro-industrie intensive ». Puis vient ce qui va véritablement transformer l’expérience en phénomène de société : la caution scientifique. En 2011, l’Inra — devenu depuis l’Inrae — lance une étude sur place sous la direction de l’agronome François Léger. Pendant quatre ans, les chercheurs observent, mesurent et chronomètrent le fonctionnement d’une parcelle-test de 1 000 m². Lorsque les résultats sont publiés, l’enthousiasme est immense dans les milieux militants. L’étude conclut qu’un revenu net mensuel de 898 à 1 571 euros peut être dégagé pour environ 43 heures de travail hebdomadaire. Pour beaucoup, la démonstration est faite : le modèle serait économiquement viable. La machine médiatique s’emballe aussitôt. Documentaires, conférences et articles se multiplient. Des milliers de néo-ruraux et de citadins s’inscrivent à des formations parfois très coûteuses pour apprendre à construire des buttes, associer les cultures ou tresser du saule. Le Bec Hellouin semble désormais adoubé par la science. Pour ses défenseurs, cette ferme prouverait qu’il est possible de tourner le dos à un siècle d’agronomie moderne et de nourrir le monde grâce à une agriculture réconciliée avec la nature.

Hélas, en y regardant de plus près, le miracle tenait davantage du mirage.

Un modèle économique fragile

La douche froide n’est d’ailleurs pas venue des défenseurs de l’agro-industrie, mais bien du camp écologiste lui-même. Dès 2015, l’association belge Barricade, un lieu d’émancipation pourtant farouchement engagé dans la promotion des alternatives environnementales et sociales, a publié une critique au vitriol de l’étude de l’Inra. Que des militants, a priori alliés naturels de ce genre d’initiative, pointent ainsi les failles du projet en dit long sur l’ampleur du trompe-l’œil. Le premier biais majeur soulevé par l’association concerne la surface. Les fameux 1 000 m² étudiés par les chercheurs correspondent au périmètre « strictement cultivé ». Les allées, les chemins de circulation, les zones de lavage ou les locaux de stockage en ont été exclus. Or, dans le monde réel, pour cultiver 1 000 m² de planches, un maraîcher a besoin d’au moins le double de terrain. Calculer la rentabilité sur ce seul mouchoir de poche gonfle artificiellement les rendements au mètre carré et interdit toute comparaison honnête avec d’autres exploitations. Plus problématique encore : la méthode de calcul des revenus. L’étude de l’Inra ne se base pas sur le chiffre d’affaires réel (l’argent effectivement encaissé), mais sur une « valeur récoltée ». En clair, les chercheurs ont multiplié l’ensemble de la production sortie de terre par un prix de vente estimé. Ce calcul intègre donc les légumes abîmés, invendus, donnés ou mis au compost. En économie, confondre ce que l’on produit et ce que l’on parvient à vendre est une erreur fondamentale qui fausse toute notion de rentabilité. Mais que cultive-t-on exactement au Bec Hellouin ? Pas de quoi remplir les assiettes du grand public. Pour qu’une si petite surface génère autant de valeur, la ferme a dû opérer des choix drastiques. Fini les légumes de garde essentiels pour se nourrir l’hiver (pommes de terre, carottes de conservation, oignons), trop gourmands en espace et trop peu rémunérateurs. La ferme s’est hyperspécialisée dans les cultures à cycle court et à très haute valeur ajoutée : jeunes pousses, « mini-légumes » et fleurs comestibles, vendus à prix d’or à une clientèle de niche, notamment composée de restaurants gastronomiques. Un modèle luxueux, parfaitement incapable de répondre aux enjeux de la sécurité alimentaire globale. Enfin, les critiques mettent le doigt sur le véritable moteur financier du Bec Hellouin. Loin du mythe du paysan vivant de ses seules récoltes, le modèle économique de la ferme s’appuie massivement sur une hybridation de ses activités. La rentabilité réelle du site est portée par le tourisme vert, les visites payantes, la vente de best-sellers et, surtout, l’école de permaculture. Des dizaines de stagiaires s’y pressent chaque année pour des formations courtes, non diplômantes, mais facturées au prix fort. L’écosystème du Bec Hellouin s’avère au final redoutablement lucratif, mais il vend davantage un concept, un idéal de vie, qu’un modèle agricole reproductible.

Dopage au crottin

Si le modèle économique pose question, le miracle agronomique cache lui aussi un angle mort particulièrement gênant. Pour comprendre comment 1 000 m² de terre peu fertile ont pu générer des récoltes aussi abondantes, particulièrement en hiver et au début du printemps, il faut regarder sous les légumes. Le secret de cette productivité hors norme tient à la technique des « couches chaudes ». Pour chauffer les serres et accélérer la pousse des légumes primeurs — les plus chers —, la ferme engloutit des quantités faramineuses de fumier de cheval, généreusement fourni par le centre équestre voisin. Un rapport interne au Bec Hellouin, publié en 2017 et consacré à l’étude des flux de matières organiques de la ferme, dévoile des chiffres qui donnent le vertige. On y apprend qu’en 2016, 780 kilos d’azote (contenus dans des dizaines de tonnes de fumier et de compost) ont été déversés sur les cultures. Or, la réglementation environnementale (la fameuse directive Nitrates) est stricte : pour éviter la pollution des nappes phréatiques, il est interdit de dépasser 170 kg d’azote par hectare et par an. Comment la ferme échappe-t-elle à l’illégalité ? Par un habile tour de passe-passe administratif. Le domaine du Bec Hellouin s’étend en réalité sur une vingtaine d’hectares. Pour son calcul réglementaire, la ferme a « lissé » l’apport de ces 780 kg d’azote sur près de 4,7 hectares de surface agricole, incluant des herbages et des prés-vergers qui n’ont pourtant pas reçu une once de ce fumier. Sur le papier, la moyenne tombe ainsi à 167 kg par hectare. Le bilan légal est sauvé de justesse. Mais dans les faits, l’immense majorité de ce fumier était concentrée sur les seuls jardins bio-intensifs. Sur la parcelle de 1 000 m² étudiée par l’Inra, entre 148 et 540 kg d’azote ont ainsi été épandus. C’est entre 9 et 30 fois le plafond légal autorisé. Un véritable dopage agronomique, loin de l’image d’une agriculture sobre et autonome, et qui fait peser un risque bien réel de lessivage des sols et de pollution des eaux.

Le retour du servage ?

Et les sols ne sont pas les seuls à fonctionner sous perfusion. Car derrière l’image d’une agriculture « sans intrants » se cache une autre ressource consommée en quantités colossales : le travail humain. L’étude de l’Inra chiffre entre 1 400 et 2 100 le nombre d’heures strictement nécessaires pour cultiver ces fameux 1 000 m², un total qui grimpe à 3 000 heures en incluant l’administratif et la vente. Ramené à l’hectare, cela représente un vertigineux total de 14 000 à 21 000 heures de labeur manuel. Il faudrait ainsi mobiliser sept à huit personnes à temps plein pour cultiver un seul hectare, là où le maraîchage biologique mécanisé n’en requiert qu’une. Poussons le raisonnement mathématique à l’échelle du pays. Si l’on voulait appliquer ce modèle aux 530 000 hectares dédiés aux fruits et légumes en France, il faudrait embaucher plus de 3,5 millions de travailleurs. C’est cinq fois plus que le nombre total d’agriculteurs en activité aujourd’hui, toutes filières confondues ! Surtout, cette armée utopique ne suffirait même pas à nous nourrir. Ce modèle ultra-densifié n’est rentable que sur des végétaux à haute valeur ajoutée (jeunes pousses, fleurs comestibles). Il est structurellement inadapté à la production des denrées caloriques de base (blé, maïs, pommes de terre), qui exigent de vastes surfaces et la force de la mécanisation. La permaculture vendue par le Bec Hellouin ne nourrit pas une nation. Elle approvisionne une niche.

La véritable leçon du Bec Hellouin n’est peut-être pas celle que l’on croit. Oui, cette ferme démontre qu’il est possible de produire beaucoup sur de petites surfaces, en recréant des écosystèmes riches. Mais elle montre surtout qu’aucune agriculture ne fonctionne sans intrants, sans énergie ou sans contraintes physiques. Derrière le rêve d’une production « naturelle » affranchie de la modernité, on retrouve simplement d’autres dépendances : du fumier importé, une main-d’œuvre massive, et une clientèle capable de payer très cher des produits de niche. La permaculture peut être une formidable source d’inspiration agronomique. Mais vouloir en faire le modèle destiné à nourrir 70 millions de Français relève moins de l’écologie… que du romantisme.

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CoMaps : Randonnez, pédalez, conduisez hors-connexion - Déplacez-vous en toute confidentialité | CoMaps

20 mai 2026 à 14:14
Bon je refais de la pub pour CoMaps, parce qu'ils le méritent.
- C'est une bonne application GPS utilisable à pied, en voiture, en vélo.
- contrairement à Google elle ne collecte pas vos données personnelles ni votre position.
- elle est légère et réactive, même sur les vieux téléphones.
- elle est facile à utiliser.
- les cartes peuvent être stockées à l'avance dans le téléphone, donc aucune consommation de données mobiles si vous le souhaitez.
- l'application peut donc même vous guider en mode avion ou dans les endroits d'où vous n'avez pas de réseau.
- cartes très complètes basées sur OpenStreetMap.
- possibilité de sauvegarde quotidienne automatique de vos favoris.
- possibilité d'exporter/importer vos favoris vers/depuis d'autres application (import/export kml, import gpx)
- possibilité d'enregistrer des traces, et d'exporter/importer (format gpx).
- possibilité d'utiliser la puce GPS *sans* les services Google (pour éviter de donner votre position à Google).
- vous pouvez même suggérer des corrections de la carte à OpenStreetMap directement depuis l'application, ou laisser une note aux contributeurs OpenStreetMap.
- Si vous avez un compte OpenStreetMap, vous pouvez même apporter des ajouts et corrections directement depuis l'application.

Alors bien sûr elle n'est pas parfaite ni aussi complète qu'OsmAnd, mais elle fait un *excellent* boulot.
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Adieu Visa et Mastercard : 130 millions d'Européens basculent vers un paiement 100 % souverain dès 2026 - Les Numériques

20 mai 2026 à 14:06
Ahum.
- du point de vue client, il faut obligatoirement un smartphone Apple ou Google, et non rooté. Donc américain.
- du point de vue serveur, ça tourne sur l'infra d'AWS (Amazon). Donc américain aussi.
Donc on est encore très loin d'une solution 100% souveraine.
Mais au moins l'initiative est là.
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Google Search as you know it is over | TechCrunch

20 mai 2026 à 09:40
Merdification de la recherche Google : Fini les listes de liens en résultats. Désormais Google va vous imposer un agent IA.

EDIT: Un autre article sur le sujet : https://tante.cc/2026/05/20/on-google-declaring-war-on-the-web/

EDIT: Et la manière dont Google va monétiser cette nouvelle interface est encore plus malaisante (encore plus opaque que les précédentes) : https://matthiasott.com/notes/ad-infinitum
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Linux se paie Windows : la latence des jeux chute grâce à l'open source

20 mai 2026 à 09:28
L'opensource brise le monopole des constructeurs : « low_latency_layer [...] permet d’activer les technologies de réduction de latence ultra-rapides Nvidia Reflex 2 et AMD Anti-Lag 2 sur n’importe quel GPU, faisant fi des barrières de marques imposées par les constructeurs. Que vous possédiez une carte AMD, Nvidia ou Intel, vous allez pouvoir activer l’option de réduction de latence de votre choix. »

Et le tout en explosant les perfs par rapport à Windows. 👌
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GitHub confirms breach of 3,800 repos via malicious VSCode extension

20 mai 2026 à 09:19
GitHub s'est fait pirater.
(Attendez je résume : GitHub (qui appartient à Microsoft) s'est fait pirater à cause d'un employé qui utilise VSCode (qui appartient à Microsoft) qui a installé un plugin vérolé hébergé sur le dépôt de plugins qui appartient à Microsoft. La boucle est bouclée.)
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Superbe image de la calotte permanente sud de Mars obtenue par la sonde Psyche lors de son survol le 15 mai dernier.

Thomas Appéré @thomasappere.bsky.social posted:
Superbe image de la calotte permanente sud de Mars obtenue par la sonde Psyche lors de son survol le 15 mai dernier.
Le givre saisonnier de glace carbonique couvre encore les hautes latitudes. La calotte résiduelle est très majoritairement constituée de glace d'eau.
🧪🔭 #Psyche

La surface ocre de Mars photographiée par la sonde Psyche le 15 mai. A gauche, la calotte permanente sud constituée de glace d'eau est recouverte d'un givre saisonnier de glace carbonique. © NAS/JPL-Caltech/ASU/Thomas Appéré

Reçu — 19 mai 2026 De tout et de rien

Cinéma : Bolloré réalise une purge - POLITIS

19 mai 2026 à 18:37
La cancel culture, la vraie.

EDIT: Rappel : L'extrême-droite détester les intellectuels, les artistes et la culture.
« Les représailles enclenchées par le milliardaire contre la mobilisation des auteurs et autrices, récemment rejoints par les professionnels du cinéma, rappelle la haine de l’extrême droite envers les artistes et les intellectuels. »
https://web.archive.org/web/20260523061132/https://www.liberation.fr/idees-et-debats/editorial/fronde-de-la-culture-avec-ses-methodes-brutales-vincent-bollore-tombe-le-masque-par-vanessa-springora-20260522_OCJBNK5FSFGSPM5Z7JSZZO6GSY/
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L’université française, une noyade volontaire

19 mai 2026 à 18:00

83 % des universités françaises sont en déficit. Chaque année, celui-ci se creuse inexorablement, porté par l’explosion des cotisations retraites. Et chaque année, leurs dirigeants militent pour le maintien du système qui les asservit.

Voici une histoire absurde. Des Conseils d’Administration universitaires votent chaque année des motions contre la réforme des retraites. Et chaque année, ils regardent, impuissants, leurs budgets de recherche et d’enseignement se faire dévorer un peu plus. Personne ne fait le lien. Personne n’en parle.

Ce paradoxe est le symptôme d’un système qui a réussi quelque chose de rare : se donner les apparences de l’autonomie tout en conservant toutes les structures de l’irresponsabilité.

Le piège invisible : le CAS Pensions

Quand une université emploie un fonctionnaire, elle paye non seulement son salaire, mais verse aussi à l’État une contribution pour sa future retraite. C’est le Compte d’Affectation Spéciale Pensions, dit CAS Pensions. Jusque-là, rien d’anormal. Le problème vient du taux de cotisation employeur appliqué. Dans le secteur privé, il tourne autour de 16 %. Mais à l’université, il atteint des niveaux démentiels, étant passé de 74,28 % en 2020-2024, à 78,28 % en 2025, puis 82,6 % en 2026, augmentant de 4 points à chaque fois. Pire, avec la loi LRU de 2007 (Libertés et Responsabilités des Universités), l’État a transféré la gestion de la masse salariale aux établissements. Un acte de responsabilisation apparent, mais rendu inefficient, puisque Paris a gardé la main sur ce taux de cotisation (appelé aussi surcotisations) qu’il ajuste chaque année pour équilibrer le régime national des retraites.

Le résultat est mécanique : les charges d’une université augmentent de plusieurs millions d’euros par an, sans qu’elle ait recruté une seule personne supplémentaire, alors que la dotation de l’État stagne. Résultat : trop d’universités françaises terminent régulièrement leur exercice en déficit, malgré des dotations d’État historiquement élevées (plus de 15 milliards d’euros au total). Les chiffres donnent même le vertige. En 2022, sur 70 établissements, 21 perdaient de l’argent. L’année suivante, ils étaient près d’une trentaine dans ce cas. Avant la grande bascule de 2024, en ayant vu 58, soit 83 % d’entre eux, connaître le déficit.

Pourtant, le CAS Pensions n’explique pas à lui seul la situation, car c’est l’ensemble de la loi LRU qui peut être incriminée. Mais il représente l’éléphant dans la pièce que personne ne veut voir.

L’autonomie sans la responsabilité

La loi LRU voulait créer des établissements agiles, capables de gérer leur budget, de recruter les meilleurs profils et de nouer des partenariats avec le monde économique. Valérie Pécresse, alors ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, pensait greffer un modèle anglo-saxon sur l’université française.

Elle a gagné la bataille législative. Elle a perdu la bataille culturelle.

Car le transfert de gestion a eu lieu sans transfert de culture managériale. Le président d’université reste élu par son Conseil d’Administration composé d’enseignants-chercheurs, de personnels administratifs et d’étudiants. Pour obtenir son siège, il négocie des postes, des décharges, des avantages avec les listes syndicales. Une fois élu, il ne peut pas vraiment sanctionner ses électeurs. Et s’il termine son mandat en déficit, il ne risque rien : pas d’inéligibilité, pas d’administrateur provisoire, pas de faillite technique. Le déficit devient même un argument pour réclamer des rallonges à l’État. In fine, cette architecture s’oppose à toute forme de responsabilité.

Le nœud du problème : deux libertés confondues

Au cœur du blocage, il y a une confusion majeure entre liberté intellectuelle et immunité managériale. La liberté académique, initiée au XIIIe siècle, confortée à la Révolution et sans cesse renforcée, est une conquête démocratique réelle. Elle protège les chercheurs de l’arbitraire politique (et religieux). Grâce à elle, un professeur peut critiquer une politique publique ou mener des recherches impopulaires sans craindre d’être licencié. C’est le socle de la pensée critique et il mérite d’être défendu.

Mais lors de la mise en place de la loi LRU, un compromis ambigu s’est installé. Face aux tensions universitaires de l’époque et sous la pression conjointe d’une partie des présidences d’université, des syndicats et des courants idéologiques les plus militants, la réforme n’a jamais osé clarifier la frontière entre indépendance scientifique et responsabilité de gestion.

Beaucoup de présidents d’université ont alors défendu une autonomie accrue… sans accepter, en parallèle, les mécanismes de redevabilité lui étant réellement associés. On a transféré des budgets, des responsabilités RH et des pouvoirs, tout en laissant subsister une culture où l’évaluation, la transparence ou la mesure des résultats pouvaient être perçues comme des menaces idéologiques.

Peu à peu, certaines franges militantes du monde académique ont exploité cette confusion pour étendre la notion de « liberté académique » bien au-delà de sa vocation initiale. La protection de la liberté de recherche s’est parfois transformée en protection contre toute contradiction, toute exigence de performance ou encore toute remise en cause des équilibres internes.

La liberté de penser, de rechercher et d’enseigner a mué en celle de déterminer la manière dont on dépense l’argent public. La dissociation de l’indépendance intellectuelle et de la responsabilité administrative est le grand chantier que la LRU n’a pas osé ouvrir.

Le coût réel

Le coût n’est pas que budgétaire, il est aussi pédagogique. Quand les excédents des IUT — ces pôles qui fonctionnent, affichent d’excellents taux d’insertion et entretiennent des liens réels avec le monde économique — sont absorbés par les déficits des facultés en crise, c’est la réussite qui subventionne l’inertie. Quand des universités sont paralysées plusieurs semaines par an par des grèves contre des réformes nationales (comme celle des retraites), ce sont les étudiants qui paient la facture.

La massification a fait progresser les effectifs de 15 % en quinze ans. Elle n’a pas été absorbée par une modernisation des structures, mais par une extension de la bureaucratie administrative. Les mots « service public » deviennent une incantation qui justifie l’absence de toute culture du résultat, voyant s’installer une confusion entre les moyens alloués et la qualité du service rendu.

Une piste sérieuse

Envisager aujourd’hui une réforme cohérente consisterait à dissoudre le lien entre gouvernance académique et gouvernance financière. Elle se fonderait sur un Conseil de surveillance à majorité extérieure (représentants de l’État, des régions, du monde économique, nommés et non élus) chargé de définir la stratégie et de valider le budget. Le pilotage de l’établissement lui-même incomberait à un Directoire de gestionnaires professionnels, recrutés sur contrat et responsables devant l’organisme déjà mentionné. Enfin, un Conseil académique conserverait la pleine souveraineté sur les contenus pédagogiques et la recherche, sans toucher ni au budget ni aux ressources humaines. La liberté intellectuelle serait ainsi préservée, voire renforcée, mais elle ne serait plus un bouclier contre la transparence comptable.

En réalité, cette architecture existe déjà partiellement dans les établissements publics expérimentaux (EPE), fondés sur des regroupements d’universités créés par l’ordonnance du 12 septembre 2018. Mais elle attend une véritable volonté politique pour être généralisée.

Cette logique ne sort pas de nulle part. En 2021, la Cour des comptes elle-même pointait, dans une note prospective sur les universités à l’horizon 2030, un régime électif qui « confie à des enseignants-chercheurs des charges de gestion complexes sans qu’ils soient en rien préparés aux responsabilités qu’ils exercent », des conseils d’administration où les débats stratégiques sont « réduits à la portion congrue », et une subvention d’État « presque entièrement consacrée à la masse salariale », ne laissant aux établissements aucune marge réelle d’investissement. La Cour allait même jusqu’à qualifier d’« aberration » l’incapacité de toute université française à connaître le coût réel d’une de ses formations. Cinq ans plus tard, rien n’a changé… si ce n’est que 83 % des établissements sont désormais dans le rouge.

L’université française ne manque pas de moyens, mais d’une architecture qui renforce le principe de responsabilité tout en maintenant la liberté intellectuelle.

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Rodolphe Meyer aka Le Réveilleur @lereveilleur.eurosky.social posted:
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Quel est l'impact climatique de l'utilisation de bois ?

Question cruciale puisque le bois est la première source d'énergie renouvelable en France où il est majoritairement utilisé pour du chauffage résidentiel.

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Bois : son véritable impact climatique
(youtu.be) YouTube video by Le Réveilleur

VoxEase Communication Aid

19 mai 2026 à 04:59
Une petite appli web (qui peut aussi fonctionner en local) qui permet à une personne qui ne peut pas parler d'exprimer divers besoins juste en cliquant un bouton. Ça peut être utile.
Ça peut être utilisé à la souris, au clavier, sur un écran tactile ou même avec un gamepad.  Et ça peut aussi parler français (voir les réglages).
(Permalink)
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