Sipersmechatronics : l’impression 3D multifilament DIY
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Sipersmechatronics, c’est un projet d’une envergure étonnante dans le monde de l’impression 3D. Piloté par un passionné en solo, ce projet consiste à ajouter soi-même un dispositif pour imprimer avec plusieurs filaments sur sa propre imprimante.
On pourrait imaginer des constructeurs industriels capables de proposer cela en ajoutant un ensemble de composants supplémentaires, des moteurs, différents capteurs et toute une mécanique en plus de l’imprimante de base. Mais là où la proposition de Sipersmechatronics est folle c’est qu’il ne s’agit de rien de tout cela. Le projet consiste à ajouter un ensemble d’accessoires purement passifs, sans le moindre bout d’électronique ni le moindre moteur. Le tout imprimé en 3D avec sa propre imprimante.
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Le fonctionnement original de Sipersmechatronics
L’idée de base est de faire des supports de filaments 3D qui vont chacun prendre en charge un matériau et le glisser dans la buse de l’imprimante 3D, une approche classique donc. La trouvaille, c’est d’utiliser pour cette prise en charge non pas un ensemble de moteurs et de capteurs supplémentaires qui vont pousser le filament vers la buse, mais d’exploiter le moteur existant de l’extrudeur pour faire fonctionner ce mécanisme d’entrainement.
Sipersmechatronics
La tête d’impression de la Bambu Lab A1 propose en effet un arbre de moteur un peu plus long qui fait tourner un petit élément en façade. Cela permet de voir que le moteur, et donc l’engrenage de l’extrudeur, tournent. En supprimant ce « décor » de façade pour le remplacer par un engrenage, la rotation du moteur est exploitable pour d’autres usages..
Pour changer de filament, l’imprimante stoppe l’impression, retracte le filament utilisé et remonte sa tête pour se positionner précisément sous un des modules de gestion de matériau. Ce faisant, elle ajuste alors un engrenage présent sur la tête dans un autre intégré au châssis pour transmettre un mouvement.
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Le moteur de l’extrudeur qui pousse normalement le filament vers la buse est ainsi prolongé pour faire tourner une courroie. Celle-ci est liée à cet autre système d’engrenages qui va, en tournant, déplacer le filament de chaque bobine vers un tube pour le tirer ou le pousser. On peut ainsi rétracter le matériau en place et changer pour un nouveau dans la foulée. Tout cela sans jamais avoir besoin du moindre moteur ni du moindre bout d’électronique. Uniquement un pilotage du moteur existant de l’extrudeur. Le tour de force consiste à donner à l’imprimante la liste des mouvements à effectuer ainsi que le nombre de tours de moteur d’extrudeur à réaliser dans chaque sens.
Une Bambulab A1 Sipersmechatronicsisée
Les avantages de cette idée sont nombreux puisque le projet Sipersmechatronics promet la gestion de 4 filaments par défaut et jusqu’à 8 avec tubes permettant d’engager deux matériaux différents. L’ensemble est entièrement imprimé en 3D et la seule partie qui ne pourra pas être fabriquée par sa propre imprimante est très accessible. En effet, les tubes PFE qui guident les filaments vers la buse devront être achetés. Pour le reste, il faut du PLA pour le corps et les engrenages et du TPU souple pour la courroie.
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L’ajout de ce kit est totalement reversible, il ne modifie en rien l’usage de l’imprimante de base et peut donc être retiré pour un SAV par exemple. Expérimenter est totalement possible ici. Le pilotage de la solution se fait dans Bambu Studio, le logiciel de découpage de la marque Bambu Lab. des réglages doivent être effectués pour prendre en compte les différents mouvements supplémentaires pour les déplacements de la tête et les mouvements de filaments.
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Pour le moment, seules les Bambu Lab A1 sont concernées par ce développement et la A1 Mini est en cours de finalisation. Le site va proposer l’ensemble des éléments pour parvenir au résultat sous la forme d’un dossier payant : documentation, code, générateur de code nécessaire, fichiers de réglages et évidemment, l’ensemble des fichiers à imprimer.
Je ne pense pas que cette solution soit la plus efficace possible en termes de déchets de purge ni en temps d’impression. Les mouvements supplémentaires initiés par la manipulation du filament auront sans doute un impact important sur ce dernier poste. Mais je salue l’idée proposée et le résultat annoncé. D’autant que le développeur pense pouvoir adapter son idée à des modules AMS. Ce qui multiplierait encore le nombre de matériaux et coloris possibles.
Je suis assez épaté de la qualité du projet et du travail mené. Il manque encore pas mal d’informations à son sujet mais le résultat est déjà assez incroyable. La complexité de la programmation de l’ensemble, le jeu des engrenages et la prise en charge de l’ensemble des éléments est vraiment un casse-tête spectaculaire.
Sipersmechatronics : l’impression 3D multifilament DIY © MiniMachines.net. 2026