Vue normale

Des centaines d’empreintes de dinosaures découvertes sur une montagne italienne

Les empreintes, vieilles de plus de 200 millions d’années, ont été découvertes en septembre dans le parc national du Stelvio, au nord de l’Italie.

© PIERO CRUCIATTI / AFP

Le paléontologue du Muséum d’histoire naturelle de Milan, Cristiano Dal Sasso (à droite), commente des photos d’empreintes de dinosaures projetées sur un écran lors d’une conférence de presse.

Automobile : l’assouplissement du tout électrique compromet-il les engagements climatiques de l’UE?

DÉCRYPTAGE - La mesure la plus symbolique du pacte vert imposant que les voitures neuves vendues après 2035 aient des émissions de CO₂ nulles a été assouplie mardi après des mois d’intenses tractations. La Commission assure qu’il n’y aura pas d’impact sur le rythme de décarbonation.

© Alf Ribeiro / AlfRibeiro - stock.adobe.com

Les voitures représentent 12% des émissions de gaz à effet de serre dans l’ensemble de l’Union européenne.

Des chercheurs utilisent la lumière pour dépolluer les océans des PFAS

16 décembre 2025 à 13:02

océan

Pour dépolluer les océans, certaines méthodes semblent relever de la science-fiction. Ici, des chercheurs ont développé une technique qui repose sur la lumière afin de détruire certains polluants éternels, comme les PFAS.

Aux grands maux les bons remèdes

16 décembre 2025 à 06:10

L’humanité dispose-t-elle encore de moyens d’agir, ou a-t-elle déjà perdu la bataille de la biodiversité ? Et devra-t-elle renoncer au progrès pour espérer se sauver ?

D’un côté, le déni ou l’indifférence : la tentation confortable de détourner le regard, en espérant que le problème finira par se résoudre tout seul. De l’autre, la panique, qui mène soit à la résignation fataliste, soit à la remise en cause radicale de nos modes de vie… jusqu’à prôner une forme de régression joliment rebaptisée « décroissance ».

Mais entre ces deux extrêmes, une troisième voie existe : celle du pragmatisme. Chercher des solutions concrètes, efficaces et compatibles avec le fonctionnement moderne de nos sociétés. Cette approche, pourtant défendue par les grandes instances scientifiques comme l’IPBES, reste étonnamment absente du débat public.

La direction à suivre

Montréal, décembre 2022. Alors que la COP15 – la grande convention mondiale sur la diversité biologique – bat son plein, un accord historique est adopté à l’unanimité des 196 délégations présentes : le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (CMBKM). Moins médiatisée que les COP sur le climat, cette conférence n’en affiche pas moins des ambitions considérables : « Stopper et inverser la perte de biodiversité d’ici 2030 ».

Le plan s’articule autour de 23 cibles d’action, regroupées en quatre grands axes :

  • maintenir, conserver et restaurer les milieux naturels ;
  • promouvoir une gestion durable des ressources (agriculture, pêche, forêts) ;
  • réduire les pressions liées à la pollution, aux espèces exotiques envahissantes et au changement climatique ;
  • et garantir les moyens de mise en œuvre, notamment financiers.

Malgré ces ambitions, le CMBKM n’a pas échappé aux critiques. En France, une partie de la gauche l’a jugé trop peu contraignant, trop flou, et surtout trop timide, notamment sur ses thèmes de prédilection 一 les mégabassines, les pesticides ou la promotion du bio 一 qui semblent eux-mêmes plus dictés par l’idéologie que par l’efficacité.

Il faut cependant bien admettre que le précédent plan, les Objectifs d’Aichi (2010-2020), s’était soldé par un échec. Alors, comment faire, cette fois, pour que les belles intentions se traduisent enfin en actions concrètes et en résultats ?

Préserver les habitats

On l’a vu : la première cause du déclin de la biodiversité, et de loin, c’est la destruction et l’artificialisation des milieux naturels. Préserver les habitats reste donc le levier numéro un pour enrayer la crise du vivant. C’est aussi l’un des piliers du CMBKM, qui fixe un objectif emblématique, le plan 30×30 : protéger au moins 30 % des terres et des océans d’ici 2030.

Un objectif ambitieux, puisqu’il double les engagements d’Aichi (17 % des terres et 10 % des zones marines protégées à l’horizon 2020), restés largement inachevés. Et cette fois, la qualité compte autant que la quantité. Les zones protégées doivent disposer de plans de gestion concrets, de financements suffisants et de personnels dédiés. Elles doivent aussi refléter la diversité des écosystèmes — forêts, prairies, zones humides, récifs coralliens — et ne pas se limiter à des espaces peu productifs ou isolés.

Autre exigence majeure : la connexion entre ces aires grâce à des corridors écologiques, pour permettre la circulation des espèces et limiter la fragmentation des habitats. Le cadre encourage également l’implication des peuples autochtones et des communautés locales, reconnues pour leur efficacité et leur connaissance fine des territoires, à travers les Aires protégées et de conservation autochtones (APCA).

Et la bonne nouvelle, c’est que cette stratégie fonctionne. Une méta-analyse internationale conclut que deux tiers des actions de conservation menées dans des aires protégées aboutissent à une amélioration notable de l’état des populations menacées. Une autre étude montre qu’étendre les zones protégées à 30 % permettrait de sauver plus de mille espèces tout en contribuant à atténuer le réchauffement climatique.

Quand le lynx ibérique reprend du poil de la bête

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Et la France, dans tout ça ? Permettons-nous un cocorico car chez nous, l’objectif 30×30 est déjà atteint, 33 % du territoire national étant couvert par une aire protégée. Cela représente très exactement 31 % des espaces terrestres (28 % en métropole, 45 % outre-mer) et 33 % des espaces maritimes (46 % en métropole, 32,5 % outre-mer). Entre zones Natura 2000, parcs naturels, réserves, sites du Conservatoire du littoral ou parcs marins, les dispositifs ne manquent pas.

Mais atteindre une cible ne signifie pas mission accomplie. Pour freiner durablement l’artificialisation, la France s’appuie sur le principe de Zéro Artificialisation Nette (ZAN), introduit en 2018 et inscrit dans la loi Climat et Résilience de 2021. L’objectif : mettre fin à la consommation illimitée d’espaces naturels, agricoles et forestiers. Toutefois, sa mise en œuvre révèle aussi des effets secondaires insuffisamment anticipés. En rigidifiant fortement l’accès au foncier, le ZAN tend à renchérir le coût du logement, à freiner certains projets de renouvellement urbain et à déplacer les pressions d’aménagement vers des territoires déjà fragiles.

La Trame verte et bleue, instaurée par la loi « Grenelle 1 » de 2009, elle, vise à reconnecter les milieux fragmentés. La Trame verte relie les habitats terrestres et humides (forêts, haies, prairies, zones humides), tandis que la Trame bleue rétablit les continuités aquatiques (cours d’eau, zones inondables, canaux). Passages à faune, aménagements de rivières, replantation de haies, intégration de la biodiversité dans l’urbanisme… autant de leviers concrets pour redonner de la cohérence au territoire et au vivant.

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Repenser l’agriculture

Préserver les milieux naturels suppose d’abord de limiter leur grignotage par l’agriculture, première responsable de la déforestation mondiale. Car non, les pesticides ne sont pas le problème central, malgré la place qu’ils occupent aujourd’hui dans le débat public. Le véritable enjeu, c’est surtout l’occupation des sols. Aujourd’hui, les terres agricoles couvrent un tiers des surfaces émergées de la planète, et elles continuent de s’étendre.

En France, pourtant, le débat environnemental tourne souvent en boucle autour d’un mot magique : le « bio ». Mais l’agriculture biologique, si elle présente quelques bénéfices locaux pour les sols, réduit les rendements, et donc augmente mécaniquement les surfaces nécessaires pour produire autant. En clair, plus de bio signifie souvent… plus de terres cultivées.

Pas étonnant, donc, que le CMBKM n’en parle pas, et que l’IPBES ne la mentionne qu’une seule fois dans son rapport pour décideurs : ses avantages globaux pour la biodiversité restent à démontrer.

L’enjeu central devient alors celui d’une intensification écologique : produire suffisamment, sur moins de surface, tout en réduisant les impacts environnementaux. Cela implique de combiner plusieurs leviers — restauration des sols, diversification des cultures, couverts végétaux, progrès génétiques, agriculture de précision.

L’agriculture de conservation des sols (ACS) illustre bien cette approche pragmatique : ni idéale, ni universelle, mais capable, dans certaines conditions, de concilier productivité, résilience agronomique et bénéfices écologiques.  Quant aux OGM, ils ont déjà montré la voie, avec une baisse moyenne de 37 % de l’usage des pesticides dans les cultures qui les ont adoptés. Les nouvelles techniques d’édition génétique (comme CRISPR-Cas9) ouvrent encore davantage de perspectives et pourraient, un jour, permettre de se passer d’une large part des traitements.

Préserver les milieux aquatiques

Remodeler notre agriculture contribue à réduire la pollution de l’eau par les engrais et les pesticides. Mais cela ne suffira pas. Car d’autres sources majeures persistent : eaux usées, rejets industriels et déchets plastiques. Il faut donc aussi dépolluer, comme cela a été fait récemment pour la Seine, en déployant des dispositifs d’épuration adaptés.

Concernant le plastique, trois leviers principaux existent : réduire la production et la consommation, renforcer la collecte et le recyclage, et nettoyer les milieux naturels. Un traité international contre la pollution plastique est en négociation à l’ONU depuis 2022… mais n’a toujours pas abouti.

Mais la plus grande menace pour la biodiversité aquatique reste sa surexploitation. Un tiers des stocks évalués de poissons et de fruits de mer sont aujourd’hui pêchés au-delà de leur capacité de renouvellement. Le chalutage, utilisé pour un tiers des prises, aggrave le problème : il capture sans distinction, gaspille des tonnes de poissons rejetés à la mer, et racle les fonds marins, altérant les habitats benthiques.

Faut-il pour autant renoncer à la pêche ? Pas si simple. Car elle fournit des protéines animales avec une empreinte au sol nulle et un bilan carbone raisonnable, comparable, voire inférieur, à celui du poulet. Sans compter qu’elle fait vivre des millions de personnes. L’enjeu n’est donc pas de l’abandonner, mais de mieux la réguler : respecter les taux de renouvellement des stocks et restreindre les techniques les plus destructrices. C’est à ce prix qu’on peut concilier rendement et durabilité.

Enfin, l’aquaculture peut être une partie de la solution, à condition d’éviter l’écueil classique : nourrir les poissons d’élevage avec… des poissons sauvages. Ce qui, rassurons-nous, est de moins en moins le cas.

Économie et technologie : ennemis ou alliés ?

Oui, des solutions existent, et elles sont déjà sur la table. Et non, elles ne nécessitent pas de renoncer au progrès ni de bouleverser nos modes de vie. Le principal frein aujourd’hui n’est pas structurel, mais politique. Et surtout, économique. Car ces solutions ont un coût, et demandent des moyens à la hauteur des ambitions.

Faut-il alors « décroître » pour sauver la biodiversité ? Ce serait au contraire se tirer une balle dans le pied. Sans vitalité économique, impossible de financer la transition. Au contraire, une économie solide peut être un levier, à condition de bien orienter les politiques publiques : intégrer systématiquement l’impact environnemental dans tout nouveau projet, flécher les subventions vers les pratiques les plus efficaces plutôt que les plus idéologiques, et supprimer celles qui supportent les pratiques préjudiciables.

C’est d’ailleurs l’un des objectifs phares du CMBKM : « supprimer ou réformer les incitations nuisibles à la biodiversité », soit 500 milliards de dollars par an à rediriger d’ici 2030 vers des pratiques vertueuses. Mais encore faut-il savoir identifier ce qui est réellement nuisible. Car la technophobie ambiante conduit souvent à rejeter, par réflexe, tout recours à la technologie. Et pourtant, c’est probablement là que réside une bonne part des solutions.

Pour le diagnostic, d’abord. Les progrès en télédétection et en imagerie satellitaire permettent désormais de suivre en continu l’état des écosystèmes et d’évaluer les progrès, notamment dans le cadre de l’objectif « 30×30 ». Le séquençage génétique, quant à lui, ouvre de multiples perspectives, comme inventorier la biodiversité grâce à l’ADN environnemental, ou guider la préservation de la diversité génétique des populations via des transferts d’individus ciblés.

Pour la modélisation, ensuite. L’intelligence artificielle permettra prochainement d’interpréter les masses de données collectées et de simuler l’efficacité des politiques envisagées. Mais avant tout, la technologie est un outil d’action. Le génie génétique permet déjà de créer des plantes moins gourmandes en intrants grâce à la transgénèse et à l’édition génomique. Et à l’avenir, ces procédés pourraient aider à lutter contre certaines espèces envahissantes grâce au forçage génétique, une technique capable de propager un trait dans toute une population en quelques générations. Son potentiel est immense, même s’il soulève, à juste titre, d’importantes questions éthiques et écologiques.

Bref, la technologie n’est pas l’ennemie de la biodiversité. Elle en est peut-être même le meilleur espoir. Refuser ces leviers au nom d’une vision dogmatique du « retour à la nature », ce serait se priver d’une chance réelle de restaurer les écosystèmes. Voire de se tromper complètement de cible, au risque de contribuer à l’aggravation du problème. 

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Ces ours polaires changent à un niveau génétique pour survivre au réchauffement climatique

15 décembre 2025 à 14:43

Particulièrement concernés par le réchauffement climatique, les ours polaires en voie de disparition voient leur génome se modifier sous la pression du changement climatique, favorisant des traits génétiques adaptés à la hausse des températures.

Avec 1 669 MW à 100 % de sa puissance, l’EPR de Flamanville bat le record du nucléaire français

15 décembre 2025 à 11:29

C'est le nouveau colosse du parc nucléaire français, et il a pu faire la démonstration de son plein potentiel. Après une montée en puissance qui a commencé en septembre 2024, avec sa première réaction en chaîne, le réacteur EPR de Flamanville a atteint sa capacité maximale de 100 % de puissance nucléaire.

Qu’est-ce que la dermatose nodulaire contagieuse, cauchemar des éleveurs bovins ?

Cette maladie extrêmement contagieuse implique des mesures drastiques comme l’abattage total de troupeaux, contesté par certains éleveurs inquiets pour leur exploitation, mais justifié par les scientifiques.

© JEFF PACHOUD / AFP

Pierre-Jean Duchene regarde ses vaches manger dans son exploitation à Entrelacs (Savoie), le 11 juillet 2025, tandis que son cheptel est menacé d’euthanasie après que l’un de ses animaux a contracté la dermatose nodulaire contagieuse. 

Le silence des abeilles

14 décembre 2025 à 08:17

Une mort suspecte, un coupable idéal, un mobile évident. Tout commence comme dans un dossier d’instruction bien ficelé. La victime ? L’abeille domestique, icône universelle de la biodiversité, célébrée depuis l’Antiquité pour son miel et son rôle dans la pollinisation. L’accusé ? Les néonicotinoïdes. Sauf que… ce n’est pas si simple. Contre-enquête sur une affaire en apparence pliée d’avance.

Acte I : Scène de crime

Depuis les années 1980, l’état de santé d’Apis mellifera inquiète. Cette espèce domestique, star mondiale du miel, connaît en France des pertes hivernales élevées, variables selon les années et les régions. Lors de l’hiver 2023-2024, elles ont souvent atteint des niveaux de l’ordre de 30 %, selon la Plateforme d’épidémiosurveillance ESA. En mars dernier, des apiculteurs ont signalé dans plusieurs zones des mortalités allant de 20 à 80 % de leurs colonies, quand le seuil habituellement admis comme « normal » se situe entre 5 et 10 %. Le syndicat SNA décrit même « des ruches totalement vides avec des réserves de miel et de pollen intactes, ou des ruches dont ne restaient que la reine et une poignée d’abeilles survivantes ».

Acte II : Un coupable idéal

Pour l’opinion publique, une partie des milieux écologistes et la majorité des apiculteurs, l’affaire est entendue depuis longtemps : les responsables sont d’abord et avant tout les insecticides néonicotinoïdes (NNI).

« Un drame se déroule sous nos yeux, les criminels sont connus et pourtant… la police ne fait rien », lisait-on en 2016 dans Reporterre. « Rien qu’en France, 56 millions d’abeilles meurent chaque jour, empoisonnées par les pesticides, herbicides, insecticides et autres néonicotinoïdes — dont une cuillerée peut tuer un milliard d’abeilles », affirmait en 2021 le commentaire du documentaire Une terre sans abeilles ?, cité par Le Monde.

Ce récit s’est imposé partout, jusqu’aux débats autour de la loi Duplomb et de la réintroduction potentielle de l’acétamipride, molécule qualifiée de « tueuse d’abeilles ».

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RTE alerte la France, souci de conseil sur la Renault 5 & origine de la pub de Noël — le récap de la semaine

14 décembre 2025 à 05:32

Le rapport de RTE sur la surcapacité de production électrique a fait sensation cette semaine, tout comme la fameuse publicité produite pour Intermarché, mettant en scène un loup cuisinier pendant les fêtes de Noël. Et par ailleurs, les propriétaires de Renault 5 se sont retrouvés face à un problème.

Soumission chimique: des analyses médicales bientôt remboursées dans le cadre d'une expérimentation

À compter du 1er janvier, dans le cadre d’une expérimentation menée pendant 3 ans et dans 3 régions distinctes, les analyses médicales permettant de détecter une soumission chimique seront remboursées par l’Assurance maladie.

© stock.adobe.com

Ces examens sont un «prélèvement sanguin et urinaire», ainsi qu’un «prélèvement de cheveux, lorsque la consultation a lieu plus de 5 jours suivant les faits donnant lieu à prescription ou si la situation clinique le nécessite». 

Dermatose : suivre l’évolution de la maladie en carte et ses graves conséquences sur le cheptel bovin

INFOGRAPHIES – Arrivé en France fin juin en Savoie, le fléau s’étend aujourd’hui au Sud-Ouest, avec des cas recensés en Ariège et dans les Hautes-Pyrénées qui menacent de nombreux élevages.

© S. Leitenberger - stock.adobe.co

Les éleveurs doivent faire face à la brutalité de la propagation du virus porté par les insectes.

Dermatose nodulaire contagieuse : l’abattage systématique est-il réellement nécessaire ?

DÉCRYPTAGE - Alors que la maladie se propage dans les élevages bovins français, l’État mise sur l’abattage systématique des troupeaux contaminés. Une stratégie radicale, critiquée par une partie des éleveurs.

© littlewolf1989 / stock.adobe.com

En Ariège, plus de 200 bovins ont déjà été abattus, déclenchant des manifestations d’envergure (illustration).

Une première en 50 ans : les États-Unis abandonnent l’Antarctique et rappellent leur dernier navire

12 décembre 2025 à 13:05

Le navire Nathaniel B. Palmer en Antarctique.

L'exploration de l'Antarctique menée par les États-Unis est continue depuis des décennies. Mais pour la première fois, depuis le retour du dernier navire scientifique, aucun remplaçant n'est prévu, et ce en raison d'une baisse de budget pour les activités scientifiques.

Un mur géant vieux de 7000 ans découvert au large du Finistère, sur l'île de Sein

Au cours d’une soixantaine de plongées entre 2022 et 2024, des plongeurs ont confirmé la présence de onze structures en granit construites par l’homme, dont la plus grande mesure 120 mètres de long et 21 mètres de large à sa base.

© LOIC VENANCE / AFP

L’île de Sein.

Inondations dévastatrices en Asie : mousson et réchauffement, un «mélange mortel»

Les fortes pluies associées aux tempêtes cycloniques Ditwah et Senyar qui ont frappé le Sri Lanka, l’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande sont devenus plus intenses au cours des dernières décennies.

© Akila Jayawardena / REUTERS

Une vue aérienne de bâtiments submergés après le passage du cyclone Ditwah à Niyamgamdora, au Sri Lanka, le 2 décembre 2025.

L’humanité allumait du feu il y a 400 000 ans, 350 000 ans plus tôt qu’on ne le pensait

DÉCRYPTAGE - L’analyse d’un foyer utilisé il y plus de 400 000 ans et découvert en Angleterre, apporte la plus ancienne preuve d’un allumage volontaire.

© Craig Williams, administrateurs du British Museum

Il y a 400 000 ans, des groupes humains ont frotté de la pyrite avec des silex pour allumer des feux sur le site de Barnham, dans l’est de l’Angleterre.

RTE alerte : les Français ne consomment pas assez d’électricité, et c’est un problème

9 décembre 2025 à 15:57

Trois ans après la crise énergétique, la France fait face à un problème inverse : elle produit trop d'électricité pour sa consommation actuelle. Dans son dernier bilan prévisionnel, RTE tire la sonnette d'alarme sur cette surcapacité qui, paradoxalement, risque de faire grimper la facture de tout le monde si l'électrification massive des usages n'augmente pas rapidement.

RTE alerte : la France produit trop d’électricité, et c’est un problème

9 décembre 2025 à 15:57

Trois ans après la crise énergétique, la France fait face à un problème inverse : elle produit trop d'électricité pour sa consommation actuelle. Dans son dernier bilan prévisionnel, RTE tire la sonnette d'alarme sur cette surcapacité qui, paradoxalement, risque de faire grimper la facture de tout le monde si l'électrification massive des usages n'augmente pas rapidement.

Les vraies menaces contre le vivant

9 décembre 2025 à 05:52

La crise affectant la biodiversité est réelle, massive, et l’endiguer doit être une priorité. Mais encore faut-il bien identifier les raisons de ce déclin. Or, celles qui sont mises en avant sont souvent très loin d’être les plus délétères. Au risque d’aggraver le problème.

Arrêtez cette lecture et réfléchissez-y un instant : quel serait votre top 5 des causes de la crise de la biodiversité ? Vous l’avez ? Eh bien… vérifions cela. Avec, pourquoi pas, quelques surprises à la clé…

N°5 : Le réchauffement climatique (6%)

Vous l’imaginiez certainement plus haut, pourtant le réchauffement climatique n’arrive qu’en cinquième et dernière position. Un résultat en partie en trompe-l’œil, car pour beaucoup de chercheurs, il pourrait bientôt devenir la cause principale du déclin biologique si l’humanité ne parvient pas à freiner sa progression.

Ses effets sur la biodiversité sont multiples. La plupart des espèces réagissent en migrant vers des latitudes ou des altitudes plus hautes, mais toutes n’en ont pas la possibilité. Les espèces peu mobiles, comme certaines plantes, sont particulièrement vulnérables. D’autres sont littéralement prises au piège dans leur milieu. C’est le cas de l’edelweiss, emblème des montagnes européennes, qui, ne pouvant plus migrer plus haut, est aujourd’hui menacé par le réchauffement du climat alpin.

Et même pour celles qui migrent, l’histoire n’est pas forcément heureuse. Ces déplacements bouleversent les chaînes alimentaires et provoquent des déséquilibres écologiques. Dans l’Arctique, par exemple, la migration vers le nord du cabillaud — un poisson prédateur — met à mal les espèces locales. En se nourrissant de juvéniles de morue polaire ou de lycodes arctiques, il exerce une pression nouvelle sur leurs populations tout en entrant en compétition avec d’autres prédateurs comme le flétan. Résultat : une perturbation en cascade de tout l’écosystème, jusqu’aux oiseaux marins et aux phoques.

Le réchauffement perturbe aussi le rythme du vivant. En modifiant la saisonnalité, il désynchronise les relations entre espèces. En Suisse romande, le gobemouche noir en fait les frais. Cet oiseau migrateur arrive chaque printemps pour nourrir ses petits avec des chenilles… mais celles-ci éclosent désormais plus tôt, à cause de la hausse des températures. Quand les oisillons naissent, le pic de nourriture est déjà passé. Ce décalage temporel, ou « mismatch », entraîne un effondrement du succès reproducteur et, à terme, menace la population.

Enfin, les océans subissent particulièrement les conséquences du réchauffement, notamment à travers les « canicules marines » — de véritables vagues de chaleur qui déciment des populations entières. Couplées à l’acidification des eaux, provoquée par l’excès de CO₂ absorbé, elles déclenchent le blanchiment massif des coraux, piliers de la biodiversité océanique. Plus de 40% des espèces coralliennes sont ainsi menacées d’extinction selon la liste rouge de l’UICN.

N°4 : La pollution (7%)

Vous la pensiez elle aussi certainement beaucoup plus haut. Son impact reste cependant très significatif.

Quand on parle de pollution, on pense d’abord à la pollution chimique des milieux naturels. Celle de l’air, notamment : l’ozone troposphérique, produit indirectement par les activités humaines (combustions, solvants, transports…), est toxique pour les végétaux. Il altère la photosynthèse, ralentit leur croissance et les rend plus vulnérables aux maladies ou à la sécheresse. Quant aux oxydes d’azote et de soufre, ils se transforment dans l’atmosphère en acides nitrique et sulfurique, donnant naissance aux fameuses pluies acides, capables d’altérer de nombreuses fonctions biologiques.

Retiens la nuit, retiens la vie

J’approfondis

Vient ensuite la pollution de l’eau, douce ou marine. L’agriculture en est souvent une source majeure : l’épandage d’engrais azotés et phosphatés entraîne un lessivage vers les rivières, puis vers la mer. Ce cocktail nourrit les proliférations d’algues vertes et de cyanobactéries, qui bloquent la lumière et épuisent l’oxygène en se décomposant. En conséquence, des zones mortes où la vie ne tient plus qu’à un fil. C’est le phénomène bien connu de l’eutrophisation.

Les pesticides, les métaux lourds, les médicaments ou autres molécules issues de l’industrie et des eaux usées aggravent encore la situation. Absorbées par les organismes aquatiques, ces substances intoxiquent les êtres vivants. Certaines molécules s’accumulent tout au long de la vie sans pouvoir être éliminées ; leur concentration augmente alors par bioamplification le long de la chaîne alimentaire, jusqu’à menacer les grands prédateurs. Côté hydrocarbures et plastiques, l’enjeu est double : des accidents spectaculaires (marées noires) et une pollution chronique par les macro- puis microplastiques qui blessent, étouffent ou contaminent la faune.

Les sols, eux, n’échappent pas à la contamination. L’usage de pesticides, d’engrais ou encore le travail mécanique du sol fragilisent les communautés souterraines : filaments mycéliens, bactéries, vers, insectes. À cela s’ajoutent les pollutions issues de décharges mal gérées, de rejets industriels ou miniers, qui empoisonnent lentement les sols vivants.

Enfin, des “pollutions sensorielles” — lumière et bruit — perturbent aussi les cycles biologiques : éclairages nocturnes désorientant insectes et oiseaux, bruit des transports ou activités maritimes nuisant à la communication, la chasse ou la reproduction. Les rejets d’eaux chaudes, plus localisés, modifient la température des cours d’eau et réduisent l’oxygène disponible.

N°3 : Les espèces et maladies envahissantes (13%)

Peut être pour vous la surprise de ce classement. Et pourtant, songez-y…

Avant l’arrivée de l’Homme, les écosystèmes évoluaient lentement, soumis aux forces naturelles : climat, dérive des continents, catastrophes ponctuelles… Chaque espèce occupait une niche écologique, c’est-à-dire un ensemble de conditions de vie, de ressources et d’interactions avec son environnement. Ces niches restaient globalement équilibrées : si une espèce prenait le dessus, ses prédateurs ou la limitation de ses ressources régulaient rapidement la situation. Sauf lors de grandes crises, les déséquilibres restaient lents, comme lors de migrations naturelles, ou très localisés, par exemple après une éruption volcanique. Les espèces avaient le temps de s’adapter, et un nouvel équilibre s’installait.

Puis est arrivé l’Homme. En colonisant la planète, il a brusquement chamboulé cet équilibre fragile. Les échanges de marchandises et de personnes entre continents ont déplacé des espèces beaucoup plus vite que ne l’aurait fait la nature. Résultat : certaines débarquent dans un nouvel environnement avec des avantages biologiques que les habitants locaux n’ont pas — reproduction rapide, grande tolérance écologique, agressivité… Parfois, elles n’ont pas de prédateurs. Parfois, leurs proies se laissent faire. Dans tous les cas, elles s’installent, se multiplient et prennent la place des espèces autochtones, souvent à leurs dépens.

Chat domestique : portrait d’un tueur en série

J’approfondis

Parmi les exemples les plus frappants : le rat noir, embarqué dans les cales des navires, qui a conquis toutes les îles du globe et dévoré œufs et poussins d’oiseaux nicheurs ; ou la jacinthe d’eau, originaire d’Amérique du Sud, qui a envahi de nombreux cours d’eau tropicaux et subtropicaux, formant des tapis denses qui étouffent la faune aquatique, bloquent la lumière et perturbent pêche et navigation.

Des exemples comme ceux-là, on en compte des milliers — plus exactement 3 500 — répartis aux quatre coins du monde. Et ces invasions concernent tous les groupes du vivant : animaux, plantes, mais aussi bactéries et champignons. Comme Xylella fastidiosa, une protéobactérie qui attaque oliviers, vignes et agrumes, devenue envahissante en Europe, ou encore Batrachochytrium dendrobatidis, un champignon responsable de la chytridiomycose et du déclin massif des amphibiens à l’échelle planétaire.

Bref, là où ces envahisseurs passent, l’équilibre fragile des écosystèmes est bouleversé, et la biodiversité locale en paie le prix. Mieux connaître les mécanismes de ces invasions, c’est donc déjà commencer à réfléchir à la manière de les prévenir.

N°2 : La surexploitation des espèces (24%)

La surexploitation des espèces et des ressources naturelles se hisse au second rang des causes de perte de biodiversité — bien loin devant la pollution ou le réchauffement climatique.

L’être humain a toujours prélevé dans la nature de quoi vivre : chasser, pêcher, cueillir. Mais les lances ont laissé place aux fusils, les filets artisanaux aux chaluts géants, et la planète compte désormais plus de huit milliards d’habitants. Ce qui n’était autrefois qu’une pression ponctuelle sur les écosystèmes est devenu, à l’échelle mondiale, une véritable hécatombe. Les prélèvements dépassent souvent la capacité de renouvellement des populations : on parle alors de surexploitation.

Celle-ci touche d’abord les vertébrés terrestres, chassés pour leur peau, leur ivoire, le commerce d’animaux de compagnie ou, parfois, simplement par pur loisir. Certaines espèces ont même failli disparaître à cause de croyances absurdes : la corne de rhinocéros, censée être aphrodisiaque, ou les os, griffes et pénis de tigre, jadis vantés comme remèdes contre l’arthrite ou l’impuissance.

Les plantes et les champignons ne sont pas épargnés : cueillette intensive et exploitation forestière menacent plusieurs espèces emblématiques. Le cèdre de l’Atlas, par exemple, subit des abattages clandestins pour son bois parfumé.

Mais c’est surtout dans les océans que la surexploitation atteint des proportions dramatiques. Chaluts de fond, filets démesurés ou dispositifs de concentration de poissons : les techniques de pêche industrielle, souvent peu sélectives, tuent bien plus qu’elles ne capturent, laissant derrière elles des écosystèmes épuisés et silencieux. Et quand les poissons disparaissent, ce sont aussi les oiseaux marins, les mammifères et les communautés humaines côtières qui s’effondrent à leur tour.

N°1 : Les changements dans l’utilisation des terres et de la mer (50%)

Numéro un et de très loin, la destruction des milieux naturels et les changements dans leur utilisation.

Car du haut de nos 8,2 milliards d’habitants, l’espèce humaine prend de la place. Beaucoup de place. Pour assurer survie et confort, il faut bien construire, circuler, produire, se nourrir… bref, aménager. En conséquence, entre 2 et 3 % de la surface terrestre émergée sont aujourd’hui couverts de bâtiments, de routes et d’infrastructures en tous genres. Cela peut sembler dérisoire, mais ces quelques pourcents pèsent lourd dans la balance du vivant.

Les zones côtières, d’abord, sont en première ligne : urbanisation, ports, digues, extraction de sable ou de granulats détruisent des écosystèmes parmi les plus riches et les plus utiles de la planète. À l’intérieur des terres, les infrastructures linéaires — routes, voies ferrées, canaux — peuvent aussi occasionner des dégâts majeurs en fragmentant les habitats.

Or, un animal a besoin d’un territoire, de ressources et de mobilité. Une quatre-voies entre une forêt et un étang peut suffire à rompre cet équilibre, coupant certaines populations de leur point d’eau. Chez les espèces à faible densité d’individus, comme beaucoup de grands mammifères, cette fragmentation isole les individus, limite les échanges génétiques et favorise la consanguinité — un lent poison pour la résilience des populations.
Plus le maillage d’obstacles se resserre, plus les populations se retrouvent à l’étroit, jusqu’à disparaître purement et simplement.

Mais les plus gros impacts proviennent sans doute de l’agriculture. Les terres cultivées et pâturées recouvrent près d’un tiers des surfaces émergées, et presque la moitié des terres habitables.

Cette expansion s’est faite au détriment des écosystèmes naturels, grignotant inexorablement les habitats d’innombrables espèces. Depuis la préhistoire, on estime ainsi que 46 % des surfaces forestières ont été perdues, et avec elles les êtres vivants qui s’y trouvaient.

Il faut toutefois nuancer, car environ deux tiers des terres agricoles sont constitués de prairies, souvent riches en biodiversité végétale et souterraine. Le dernier tiers, en revanche, correspond aux terres cultivées, fréquemment labourées, fertilisées et traitées, donc appauvries en êtres vivants. Et la disparition progressive des haies a aggravé la situation : en supprimant ces corridors écologiques, on a isolé les poches de nature restantes, piégeant la faune dans un puzzle d’habitats morcelés.

Différentes causes, différentes perceptions

Au fond, le déclin du vivant ne s’explique pas par une seule cause, mais par une mosaïque d’impacts. Tous n’ont pas la même ampleur… ni la même visibilité. Et c’est bien là le problème : ce qui frappe l’opinion n’est pas toujours ce qui affecte le plus les écosystèmes.

Certaines menaces deviennent de véritables totems médiatiques. Les pesticides, en particulier, cristallisent les peurs, les slogans et les débats politiques, jusqu’à occulter d’autres pressions tout aussi préoccupantes. Et cette focalisation sélective façonne notre vision du monde. En 2018, une enquête européenne révélait ainsi que la pollution était perçue – à tort – comme la première cause de perte de biodiversité, loin devant la destruction des milieux ou la surexploitation.

Une perception biaisée, héritée du bruit médiatique, qui brouille parfois la hiérarchie réelle des priorités écologiques. Car comprendre les véritables causes du déclin du vivant, c’est déjà faire un pas vers les solutions. Nous verrons au chapitre suivant qu’il existe des leviers simples, souvent peu coûteux, pour inverser les tendances locales, à condition de cibler les bonnes causes. 

Car sans bon diagnostic, pas de remède efficace.

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