Meta connaissait les dangers que ses outils créaient pour les mineurs, affirme Arturo Béjar, ancien ingénieur de l’entreprise devenu spécialiste de la sécurité de ses produits.
Premier témoin appelé à la barre dans le procès qui oppose la Californie, le Colorado, le Kentucky, le New Jersey et 25 autres États à la société mère de Facebook, Instagram, WhatsApp et Threads, le lanceur d’alerte a contesté les déclarations faites par Mark Zuckerberg en octobre 2021, après la communication de divers éléments par l’ex-employée de Facebook Frances Haugen. À l’époque, l’entrepreneur avait déclaré que Meta menait des recherches constantes sur les manières de sécuriser ses produits.
Illustration : Flock
E-mails à l’appui, Arturo Béjar indique avoir discuté avec Mark Zuckerberg plus d’une centaine de fois sur des questions de sécurisation des produits. En octobre 2021, il lui a notamment rappelé les alertes constantes relatives à des contenus problématiques ou des effets négatifs sur la santé des mineurs utilisant Facebook ou Instagram.
« J’avais le sentiment qu’il avait donné une impression fausse et trompeuse des actions de Facebook envers les jeunes », a-t-il déclaré au tribunal. Et de préciser avoir adressé ses remarques directement au PDG, parce que « si Mark fait une priorité d’un sujet, des montagnes sont déplacées en quelques mois ».
L’ingénieur a travaillé chez Meta de 2009 à 2015 puis a étudié les questions de bien-être des adolescents sur Instagram de manière indépendante de 2019 à 2021. Pour lui, Meta priorise l’engagement utilisateur et la recherche de profit plutôt que la sécurité des internautes.
Meta nie toutes les accusations. En ouverture du procès, l’avocat de Meta Paul Schmidt a déclaré qu’il n’y avait « aucun débat » sur les difficultés que les internautes peuvent rencontrer dans leur usage des réseaux sociaux. Néanmoins, Meta « a mis au point des outils pour essayer de faire face à ces problèmes » et interdit aux moins de 13 ans de créer des comptes sur ses plateformes.
Meta connaissait les dangers que ses outils créaient pour les mineurs, affirme Arturo Béjar, ancien ingénieur de l’entreprise devenu spécialiste de la sécurité de ses produits.
Premier témoin appelé à la barre dans le procès qui oppose la Californie, le Colorado, le Kentucky, le New Jersey et 25 autres États à la société mère de Facebook, Instagram, WhatsApp et Threads, le lanceur d’alerte a contesté les déclarations faites par Mark Zuckerberg en octobre 2021, après la communication de divers éléments par l’ex-employée de Facebook Frances Haugen. À l’époque, l’entrepreneur avait déclaré que Meta menait des recherches constantes sur les manières de sécuriser ses produits.
Illustration : Flock
E-mails à l’appui, Arturo Béjar indique avoir discuté avec Mark Zuckerberg plus d’une centaine de fois sur des questions de sécurisation des produits. En octobre 2021, il lui a notamment rappelé les alertes constantes relatives à des contenus problématiques ou des effets négatifs sur la santé des mineurs utilisant Facebook ou Instagram.
« J’avais le sentiment qu’il avait donné une impression fausse et trompeuse des actions de Facebook envers les jeunes », a-t-il déclaré au tribunal. Et de préciser avoir adressé ses remarques directement au PDG, parce que « si Mark fait une priorité d’un sujet, des montagnes sont déplacées en quelques mois ».
L’ingénieur a travaillé chez Meta de 2009 à 2015 puis a étudié les questions de bien-être des adolescents sur Instagram de manière indépendante de 2019 à 2021. Pour lui, Meta priorise l’engagement utilisateur et la recherche de profit plutôt que la sécurité des internautes.
Meta nie toutes les accusations. En ouverture du procès, l’avocat de Meta Paul Schmidt a déclaré qu’il n’y avait « aucun débat » sur les difficultés que les internautes peuvent rencontrer dans leur usage des réseaux sociaux. Néanmoins, Meta « a mis au point des outils pour essayer de faire face à ces problèmes » et interdit aux moins de 13 ans de créer des comptes sur ses plateformes.
Depuis le 19 août 2026, plusieurs utilisateurs d'Instagram voient des messages leur indiquant que leurs notifications sont désactivées, alors que ce n'est pas le cas. Il s'agit probablement d'un bug.
Une astuce insolite permet de faire disparaître les publications sponsorisées des résultats de Pinterest : ajouter un gros mot à sa recherche. Nous avons testé cette méthode, qui semble exploiter les mécanismes chargés de protéger l’image des annonceurs.
Coup de théâtre pour le projet d'interdiction des réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans. Le texte qui a été concocté pour graver la mesure dans le marbre du droit vient d'être partiellement censuré par le Conseil constitutionnel.
Après dix ans sans changement, Instagram retouche son célèbre logo. Dévoilée ce 13 août 2026 par Adam Mosseri, le patron du service, cette nouvelle version se veut plus moderne, mais son mélange de styles ne convainc pas tout le monde.
Dans la soirée du 12 août 2026, une éclipse solaire a traversé l’Europe, offrant un spectacle saisissant de la péninsule Ibérique aux quatre coins du continent. Du simple cliché au smartphone aux compositions spectaculaires d’astrophotographes, retour en images sur l’événement astronomique de l’année.
Depuis des années, des femmes alertent sur les actes et le fonctionnement d’Andrew Tate et de son frère, Tristan. L’influenceur a gagné en visibilité et son modèle s’est répandu le long d’une décennie pendant laquelle ni les systèmes judiciaires, ni les médias n’ont su analyser le risque à sa juste valeur. Son idéologie essaime pourtant, jusqu’en France.
Après s’être exfiltrés de la Roumanie vers les États-Unis avec le soutien probable du camp Trump, voilà que les frères Tate ont été arrêtés en perspective d’une extradition vers le Royaume-Uni. En cause ? Andrew et Tristan Tate doivent répondre de 59 chefs d’accusation concernant sept victimes différentes. Distinctes, des poursuites pour traite présumée d’êtres humains restent ouvertes en Roumanie.
Douze ans après les premières plaintes déposées outre-manche contre les deux frères, la question de la facilité avec laquelle ceux-ci, Andrew en particulier, ont atteint le succès qu’on leur connaît demeure. À moins qu’elle ne s’explique par une double faillite judiciaire et médiatique, avance Daily Wire.
De fait, Andrew Tate a exprimé lui-même l’impunité dont il jouissait : « J’exploite une société abîmée, a-t-il par exemple lancé dans un échange en ligne. Je l’utilise à mon avantage. C’est grâce à elle que je gagne de l’argent avec des actrices webcams. C’est grâce à elle que j’ai de multiples petites amies. Je me tire d’un paquet de conneries dont je ne devrais pas me tirer. » Cette vantardise au sujet d’actions répréhensibles est récurrent : peu de temps avant d’être poursuivi par les autorités roumaines, il s’était vanté d’avoir cassé la mâchoire d’une femme dans un bar, et de mener son business de webcam comme une « arnaque totale », attirant des femmes en les faisant tomber amoureuses de lui.
Faute de réactions suffisamment critiques, l’influenceur a gagné au fil des ans une popularité toujours croissante, tirant profit sonnant et trébuchant de son partage d’expérience. Concrètement, au-delà de leur business de proxénètes en ligne, Andrew Tate et son frère se rémunèrent depuis des années de la promotion d’idées violentes sur les réseaux sociaux et du partage de formations pour les imiter.
Plus de dix ans d’illégalité… et d’une cote médiatique et politique toujours plus haute
Pour mieux se représenter le parcours de l’aîné des frères Tate, il faut remonter au début de la décennie précédente. D’abord kickboxer, impliqué dans diverses affaires de drogue, puis gestionnaire d’une affaire de webcam pornographique, Andrew Tate a gagné une audience plus grand public lorsqu’il a fait de la détestation des femmes un fond de commerce assumé.
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Telegram a brièvement été supprimé de l'’'App Store dans le monde entier par Apple le 3 août 2026. La firme à la pomme a signalé qu'un utilisateur avait partagé du « matériel pédopornographique »,
Depuis le 1er août 2026, les acteurs de la finance peuvent payer jusqu’à 100 000 dollars par mois pour recevoir plus rapidement les publications de Donald Trump sur Truth Social. Un nouveau service qui ravive les soupçons de conflit d’intérêts.
Alors que tout le monde attend le troisième trailer de GTA 6, des petits malins engrangent des millions de vues avec de fausses images du jeu de Rockstar.
Quelle est la philosophie d’Eurosky, ce service qui fournit un nom d’utilisateur réutilisable sur divers réseaux sociaux et applications de l’écosystème Atmosphère ? Dans quelle mesure s’interface-t-il avec Mastodon et le fédivers, cet autre espace numérique ouvert qui a gagné en visibilité ces dernières années ? Next vous explique.
« À quoi ressemblerait une politique industrielle capable de fournir un bon environnement technologique en Europe ? » Telle est la question mi-économique, mi-philosophique que lance Robin Berjon, vice-président de la Modal Foundation, lorsque Next lui demande d’expliquer le projet Eurosky.
Du point de vue de l’internaute, comme nous vous l’expliquions dans un précédent article, Eurosky est ce portail, ou ce fournisseur de nom d’utilisateur unique, qui vous permet, depuis un seul et même compte, de vous connecter à n’importe quel endroit de l’ATmosphère. L’Atmosphère (avec ou sans AT majuscule), c’est le nom donné à l’écosystème d’applications diverses – réseaux sociaux, sites web, outils de veille, dépôt de code, mini-jeux, etc – créées sur ou connectées au protocole AT.
Eurosky, pour le raconter de manière plus imagée, propose un petit vaisseau européen pour naviguer dans les eaux internationales de l’Atmosphère. Ce vaisseau a un grand coffre : un serveur de données personnelles (PDS), qui vous permet de stocker vos données et vos interactions sur des machines réglementées par les lois de l’Union européenne. Où que vous alliez (oui, même sur des services de droit américain comme Bluesky), quoi que vous fassiez, votre expérience du web social de l’Atmosphere se fera dans le cadre du règlement général sur la protection des données (RGPD), du règlement sur les services numériques, et des autres outils mis en place au sein de l’Union européenne.
Dessiner des contre-modèles face aux « monstres » de la Silicon Valley
« Quand on parle de souveraineté, les gens ne connaissent et ne comprennent souvent qu’un seul modèle, explique Robin Berjon : celui de la Silicon Valley, où tout est intégré verticalement du sol au plafond. » L’informaticien décrit des « monstres » qui ont étendu leurs tentacules des câbles sous-marins jusqu’aux applications dédiées aux consommateurs, et créent ensuite « des douves autour de leurs services pour empêcher les utilisateurs de partir, et leur faire payer un loyer ».
Ce modèle, affirme-t-il, n’a rien d’une fatalité. En l’occurrence, Eurosky « voudrait en proposer un autre, qui correspond assez bien à ce qui se fait dans le domaine du transport, de l’énergie et ailleurs, et qui est plus logique d’un point de vue économique et social ». Concrètement, il s’agit de s’appuyer sur des infrastructures partagées, « ce qui peut signifier "publiques", mais pas forcément ». Cette infrastructure, au sens le plus strict, c’est le fameux protocole AT : la route sur laquelle circulent les informations échangées sur Mu, affichées sur les sites web construits avec Blento ou Twinkl, ou stockées et éventuellement partagées, que l’on parle de code (sur Tangled ou Gamedev) ou de liens (sur Semble, Margin, etc).
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La chanteuse espagnole Rosalía est la cible de critiques pour avoir republié lundi 20 juillet sur les réseaux sociaux une vidéo de l’influenceuse libano-américaine Mia Khalifa qui se moquait de l’équipe argentine, après sa défaite face à l’Espagne en finale de la Coupe du monde. Les appels au boycott se multiplient alors que Rosalía est censée se rendre à Buenos Aires au début d’août pour une série de concerts.
Rosalía (à droite), en compagnie du couple d’acteurs espagnol Pénélope Cruz et Javier Bardem, lors du match de la Coupe du monde 2026 qui opposait la Roja à l’Autriche à Los Angeles (Californie), le 2 juillet.
C'est désormais acté : quelques mois après un vote favorable à l'Assemblée nationale, le Parlement a approuvé une loi pour interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans en France. Une première en Europe… et il y a déjà des inquiétudes.
Trump Media lance Truth API, un service payant qui livrera aux traders de Wall Street les posts de Truth Social en quelques millisecondes. Le président des États-Unis, actionnaire principal du groupe, monétise ainsi ses propres annonces auprès de marchés qu'il fait bouger lui-même.
Depuis un peu plus d’un mois, un réseau social européen a fait son entrée sur le protocole AT, qui sert de colonne vertébrale à Bluesky. Next l’a testé et en a discuté avec l’un de ses architectes.
Le réseau social a 34 jours à l’heure de publier ces lignes. Il comptait 100 000 utilisateurs au bout de 26 jours d’existence. De mon côté, j’ai rejoint la troupe alors que la plateforme fêtait sa troisième semaine d’existence.
Dans l’idée d’européaniser un peu mes réseaux sociaux – et d’écrire une série d’articles qui débute avec celui-ci –, je suis allée un cran plus loin : j’ai déplacé toutes mes données sur Eurosky, la plateforme construite par la Modal Foundation. L’entité, qui gère aussi Mu, vise à fournir au public un compte unique lui permettant d’accéder à une foultitude d’applications reliées par une seule et même infrastructure : le protocole AT.
Si tous ces termes techniques vous collent des frissons d’angoisse, retenez pour le moment qu’un compte Eurosky vous permet d’accéder, depuis l’Europe et sans avoir à vous réinscrire 15 fois, à des services aussi divers que des applications de construction de site, des réseaux sociaux (type Mu), des services de code, de blog, de veille, etc. On vous en dira plus dans un prochain article. D’ici là, vous pouvez vous référer à tout cela en évoquant l’ATmosphere, à laquelle appartient aussi… Bluesky.
Mais revenons à nos mu-tons. Depuis quelques jours, j’observais une partie de la communauté Bluesky discuter de ce nouveau réseau social, Mu. Pourquoi changer encore de plateforme, alors que j’avais déjà dû fuir X, me créer un compte sur Bluesky, un autre sur Mastodon, bref, que je vis désormais dans une (relative) cacophonie de services ? « Il n’y a aucune obligation, répond à Next le vice-président de Modal, Robin Berjon. Vous aurez le même contenu et le même genre de réseau. En revanche, vous y gagnerez un ensemble de fonctionnalités supplémentaires », à commencer par le très inutile mais très satisfaisant petit chat qui court depuis deux semaines en bas de mon écran.
Là, il court partout. Mais quand il sera fatigué, il fera une sieste. / Mu, capture d’écran
L’interopérabilité en action
Surtout, le réseau est construit de telle sorte qu’il est possible de tester Mu sans abandonner son compte Bluesky. Vous voyez l’interopérabilité, ce terme barbare que professent certains défenseurs du numérique (comme la Quadrature du Net) depuis des années ? Très concrètement, c’est cela qu’elle permet : avoir un compte utilisateur quelque part, s’en servir pour accéder à une multitude de services construits par des gens différents. Ça permet aussi d’accéder au même contenu, produit par la même foule de personnes auxquelles, personnellement, je me suis abonnée depuis mon arrivée sur Bluesky, depuis l’interface de mon choix.
En l’occurrence, depuis un demi-mois, j’ai abandonné la plateforme grise et bleue de Bluesky pour adopter celle marron et rose (vous pouvez tout à fait modifier les couleurs dans les paramètres) de Mu. Avec un poticha en plus.
Si j’insiste sur le chat, c’est à la fois pour la blague et parce que ç’a fait l’effet d’un excellent coup marketing à l’échelle de la rédaction de Next. J’ai vu des gens en parler depuis Bluesky. Je me suis dit qu’il fallait que je teste. J’ai créé mon compte, j’ai été dans Paramètres / Companion (oui, de petits anglicismes subsistent) et voir ce petit être de pixel se promener sur mon écran m’a rendue excessivement heureuse. J’en ai parlé sur les réseaux (alors que j’aurais dû accorder toute mon attention à une réunion de rédaction, oups). Mes collègues l’ont vu : en moins de trois minutes, une bonne partie d’entre eux étaient en train de tester pour avoir, eux aussi, la satisfaction de voir un petit-chat-mignon sur leur écran.
Des vérificateurs de confiance par communauté
Plus sérieusement, cela dit, Mu propose quelques autres fonctionnalités différentes de celles de Bluesky. Ainsi de l’onglet « Actualités », accessible à gauche, sous la page d’accueil. « Pour le moment il est très basique, il ne prend en compte que quelques centres d’intérêt et une zone géographique, mais on travaille sur quelque chose de plus avancé, explique Robin Berjon. Quelque chose qui ressemble à un mélange entre les flux sociaux des journaux et le flux RSS d’un journal, en faisant apparaître les comptes des journalistes sur le côté, les commentaires des gens… »
Un peu plus développé, Mu recourt aussi à un système de vérificateur de confiance. Ici, pas de paiement ou de nombre d’abonnés à dépasser pour obtenir le coche des utilisateurs vérifiés. Au contraire, il faut plutôt compter sur les travaux de communautés spécifiques pour faire émerger une série de comptes vérifiés.
« L’idée, à terme, c’est d’avoir un Wikipedia de la vérification. » Sur Facebook ou Twitter, rappelle Robin Berjon, de premiers programmes de vérification ont émergé, sur lesquels les sociétés ont fait des efforts « dans un premier temps. Cela devait notamment servir à protéger contre les bots. Et puis ils se sont rendu compte que moins de bots, cela impliquait moins de vues, donc des statistiques publicitaires plus basses. » Sans parler du tournant très pécuniaire pris par X, sous l’impulsion d’Elon Musk. En déléguant à des communautés nationales, d’intérêts, de spécialités, le but est « d’empêcher que la vérification ne reste aux mains d’une seule société, qui puisse changer d’avis ».
Cliquer sur le coche de vérification d’un compte permet d’afficher les entités qui l’ont vérifié. / Mu, capture d’écran
Et de souligner que Medsky, une communauté dédiée à la santé, est par exemple très active dans la validation de « comptes crédibles de la communauté médicale ». En l’état, le système est « encore un peu trop centralisé », note cela dit Robin Berjon : rien n’empêche le compte La France sur Bluesky/Eurosky, qui a vérifié mon propre compte, de changer de politique du jour au lendemain, donc de minimiser la crédibilité de sa vérification. « Des communautés comme ATProto Belgique essaient de déporter cela, en créant des processus documentés, en fournissant une traçabilité de l’information qui permet à l’utilisateur de vérifier comment les décisions sont prises. » Une logique aussi ouverte, encore une fois, que celle qui anime Wikipedia.
Parmi les nouvelles fonctionnalités à venir, Robin Berjon cite la possibilité d’intégrer « des mini-applications, des mini-fonctionnalités, des petits jeux » directement dans Mu. Ou encore un chantier relatif à la vérification de l’âge. « On peut être partagés, considérer que ce type de décision politique n’est pas dingue. Mais comme ça semble arriver, autant le faire le moins mal possible. » En d’autres termes, les équipes de la Fondation Modal devraient réfléchir à un système aussi « respectueux de la vie privée et peu intrusif » que possible. De ces gros chantiers aux petits outils comme le chiffrage automatique du nombre de messages dans un thread, la plateforme promet sur son site web« des nouvelles choses toutes les semaines ».
Un réseau social (très) jeune
Au bout de quelques semaines d’usage, quelles critiques pourrais-je faire à cette version européenne de Bluesky ? Comme j’ai été jusqu’au bout de la démarche, c’est-à-dire que je ne me suis pas contentée de recourir à mon compte utilisateur Bluesky pour tester Mu, mais que j’ai déplacé mes données chez Eurosky, je tombe quelquefois sur un message d’erreur lorsqu’un collègue m’envoie un lien vers un message Bluesky.
À moi de déduire des éléments que j’y lis (je pars généralement du nom du profil) pour aller rechercher le message depuis mon compte Mu. Ce genre de désagrément « est voué à se résorber » au gré des travaux sur Mu, indique Robin Berjon. Ce matin, j’ai aussi vécu l’étrange expérience de voir ma photo de profil remplacée par la sienne – j’avais visiblement traîné un peu trop longtemps sur son profil le temps d’écrire cet article. Bref, Mu est jeune, et encore un peu brouillon par endroits.
J’ai changé / Mu, Capture d’écran
Mais ces petits désagréments n’empêcheront probablement pas les geeks de tous poils d’observer avec bienveillance l’évolution rapide de la plateforme. Y compris sur la question des petits chats. Puisqu’évidemment, il a fallu que des amateurs de chiens (ces gros jaloux) s’en mêlent. Depuis quelques jours, la palette des animaux compagnons s’est donc élargie. Jugez-en par vous-même :
Paramétrage de l’animal compagnon sur Mu / Capture d’écran
Si vous préférez les paillettes, Mu a déjà un concurrent très très très Y2K (années 2000, pour nos vénérables lecteurs qui seraient perdus) : twinkl social. Je vous laisse sur une capture d’écran, mais je vous en parlerai un peu plus dans un prochain article.
Des paillettes et du glitter, svp / Capture d’écran du fil principal sur Twinkl.social
Depuis un peu plus d’un mois, un réseau social européen a fait son entrée sur le protocole AT, qui sert de colonne vertébrale à Bluesky. Next l’a testé et en a discuté avec l’un de ses architectes.
Le réseau social a 34 jours à l’heure de publier ces lignes. Il comptait 100 000 utilisateurs au bout de 26 jours d’existence. De mon côté, j’ai rejoint la troupe alors que la plateforme fêtait sa troisième semaine d’existence.
Dans l’idée d’européaniser un peu mes réseaux sociaux – et d’écrire une série d’articles qui débute avec celui-ci –, je suis allée un cran plus loin : j’ai déplacé toutes mes données sur Eurosky, la plateforme construite par la Modal Foundation. L’entité, qui gère aussi Mu, vise à fournir au public un compte unique lui permettant d’accéder à une foultitude d’applications reliées par une seule et même infrastructure : le protocole AT.
Si tous ces termes techniques vous collent des frissons d’angoisse, retenez pour le moment qu’un compte Eurosky vous permet d’accéder, depuis l’Europe et sans avoir à vous réinscrire 15 fois, à des services aussi divers que des applications de construction de site, des réseaux sociaux (type Mu), des services de code, de blog, de veille, etc. On vous en dira plus dans un prochain article. D’ici là, vous pouvez vous référer à tout cela en évoquant l’ATmosphere, à laquelle appartient aussi… Bluesky.
Mais revenons à nos mu-tons. Depuis quelques jours, j’observais une partie de la communauté Bluesky discuter de ce nouveau réseau social, Mu. Pourquoi changer encore de plateforme, alors que j’avais déjà dû fuir X, me créer un compte sur Bluesky, un autre sur Mastodon, bref, que je vis désormais dans une (relative) cacophonie de services ? « Il n’y a aucune obligation, répond à Next le vice-président de Modal, Robin Berjon. Vous aurez le même contenu et le même genre de réseau. En revanche, vous y gagnerez un ensemble de fonctionnalités supplémentaires », à commencer par le très inutile mais très satisfaisant petit chat qui court depuis deux semaines en bas de mon écran.
Là, il court partout. Mais quand il sera fatigué, il fera une sieste. / Mu, capture d’écran
L’interopérabilité en action
Surtout, le réseau est construit de telle sorte qu’il est possible de tester Mu sans abandonner son compte Bluesky. Vous voyez l’interopérabilité, ce terme barbare que professent certains défenseurs du numérique (comme la Quadrature du Net) depuis des années ? Très concrètement, c’est cela qu’elle permet : avoir un compte utilisateur quelque part, s’en servir pour accéder à une multitude de services construits par des gens différents. Ça permet aussi d’accéder au même contenu, produit par la même foule de personnes auxquelles, personnellement, je me suis abonnée depuis mon arrivée sur Bluesky, depuis l’interface de mon choix.
En l’occurrence, depuis un demi-mois, j’ai abandonné la plateforme grise et bleue de Bluesky pour adopter celle marron et rose (vous pouvez tout à fait modifier les couleurs dans les paramètres) de Mu. Avec un poticha en plus.
Si j’insiste sur le chat, c’est à la fois pour la blague et parce que ç’a fait l’effet d’un excellent coup marketing à l’échelle de la rédaction de Next. J’ai vu des gens en parler depuis Bluesky. Je me suis dit qu’il fallait que je teste. J’ai créé mon compte, j’ai été dans Paramètres / Companion (oui, de petits anglicismes subsistent) et voir ce petit être de pixel se promener sur mon écran m’a rendue excessivement heureuse. J’en ai parlé sur les réseaux (alors que j’aurais dû accorder toute mon attention à une réunion de rédaction, oups). Mes collègues l’ont vu : en moins de trois minutes, une bonne partie d’entre eux étaient en train de tester pour avoir, eux aussi, la satisfaction de voir un petit-chat-mignon sur leur écran.
Des vérificateurs de confiance par communauté
Plus sérieusement, cela dit, Mu propose quelques autres fonctionnalités différentes de celles de Bluesky. Ainsi de l’onglet « Actualités », accessible à gauche, sous la page d’accueil. « Pour le moment il est très basique, il ne prend en compte que quelques centres d’intérêt et une zone géographique, mais on travaille sur quelque chose de plus avancé, explique Robin Berjon. Quelque chose qui ressemble à un mélange entre les flux sociaux des journaux et le flux RSS d’un journal, en faisant apparaître les comptes des journalistes sur le côté, les commentaires des gens… »
Un peu plus développé, Mu recourt aussi à un système de vérificateur de confiance. Ici, pas de paiement ou de nombre d’abonnés à dépasser pour obtenir le coche des utilisateurs vérifiés. Au contraire, il faut plutôt compter sur les travaux de communautés spécifiques pour faire émerger une série de comptes vérifiés.
« L’idée, à terme, c’est d’avoir un Wikipedia de la vérification. » Sur Facebook ou Twitter, rappelle Robin Berjon, de premiers programmes de vérification ont émergé, sur lesquels les sociétés ont fait des efforts « dans un premier temps. Cela devait notamment servir à protéger contre les bots. Et puis ils se sont rendu compte que moins de bots, cela impliquait moins de vues, donc des statistiques publicitaires plus basses. » Sans parler du tournant très pécuniaire pris par X, sous l’impulsion d’Elon Musk. En déléguant à des communautés nationales, d’intérêts, de spécialités, le but est « d’empêcher que la vérification ne reste aux mains d’une seule société, qui puisse changer d’avis ».
Cliquer sur le coche de vérification d’un compte permet d’afficher les entités qui l’ont vérifié. / Mu, capture d’écran
Et de souligner que Medsky, une communauté dédiée à la santé, est par exemple très active dans la validation de « comptes crédibles de la communauté médicale ». En l’état, le système est « encore un peu trop centralisé », note cela dit Robin Berjon : rien n’empêche le compte La France sur Bluesky/Eurosky, qui a vérifié mon propre compte, de changer de politique du jour au lendemain, donc de minimiser la crédibilité de sa vérification. « Des communautés comme ATProto Belgique essaient de déporter cela, en créant des processus documentés, en fournissant une traçabilité de l’information qui permet à l’utilisateur de vérifier comment les décisions sont prises. » Une logique aussi ouverte, encore une fois, que celle qui anime Wikipedia.
Parmi les nouvelles fonctionnalités à venir, Robin Berjon cite la possibilité d’intégrer « des mini-applications, des mini-fonctionnalités, des petits jeux » directement dans Mu. Ou encore un chantier relatif à la vérification de l’âge. « On peut être partagés, considérer que ce type de décision politique n’est pas dingue. Mais comme ça semble arriver, autant le faire le moins mal possible. » En d’autres termes, les équipes de la Fondation Modal devraient réfléchir à un système aussi « respectueux de la vie privée et peu intrusif » que possible. De ces gros chantiers aux petits outils comme le chiffrage automatique du nombre de messages dans un thread, la plateforme promet sur son site web« des nouvelles choses toutes les semaines ».
Un réseau social (très) jeune
Au bout de quelques semaines d’usage, quelles critiques pourrais-je faire à cette version européenne de Bluesky ? Comme j’ai été jusqu’au bout de la démarche, c’est-à-dire que je ne me suis pas contentée de recourir à mon compte utilisateur Bluesky pour tester Mu, mais que j’ai déplacé mes données chez Eurosky, je tombe quelquefois sur un message d’erreur lorsqu’un collègue m’envoie un lien vers un message Bluesky.
À moi de déduire des éléments que j’y lis (je pars généralement du nom du profil) pour aller rechercher le message depuis mon compte Mu. Ce genre de désagrément « est voué à se résorber » au gré des travaux sur Mu, indique Robin Berjon. Ce matin, j’ai aussi vécu l’étrange expérience de voir ma photo de profil remplacée par la sienne – j’avais visiblement traîné un peu trop longtemps sur son profil le temps d’écrire cet article. Bref, Mu est jeune, et encore un peu brouillon par endroits.
J’ai changé / Mu, Capture d’écran
Mais ces petits désagréments n’empêcheront probablement pas les geeks de tous poils d’observer avec bienveillance l’évolution rapide de la plateforme. Y compris sur la question des petits chats. Puisqu’évidemment, il a fallu que des amateurs de chiens (ces gros jaloux) s’en mêlent. Depuis quelques jours, la palette des animaux compagnons s’est donc élargie. Jugez-en par vous-même :
Paramétrage de l’animal compagnon sur Mu / Capture d’écran
Si vous préférez les paillettes, Mu a déjà un concurrent très très très Y2K (années 2000, pour nos vénérables lecteurs qui seraient perdus) : twinkl social. Je vous laisse sur une capture d’écran, mais je vous en parlerai un peu plus dans un prochain article.
Des paillettes et du glitter, svp / Capture d’écran du fil principal sur Twinkl.social
Elon Musk a promis, sur X, de publier l'intégralité du code source de la plateforme une fois une revue de sécurité achevée. Mais sa précédente promesse de transparence, plus limitée, montre déjà les limites de l'exercice.
D’après les calculs de Meta, les plaintes déposées par la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey pourraient l’exposer à 1 400 milliards de dollars d’amende si l’entreprise est déclarée coupable d’avoir conçu Facebook et Instagram de manière à rendre les plus jeunes utilisateurs dépendants de leur usage.
L’entreprise a soumis ce chiffre dans un document déposé devant la Justice ce lundi et relayé par Reuters. Il est très proche de sa capitalisation actuelle, qui s’élève à 1 500 milliards de dollars.
« Une telle sanction n’a pas de comparaison dans l’histoire de la protection des consommateurs », indique la société, qui estime que les plaintes manquent de fondement.
Illustration : Flock
La société est poursuivie devant un tribunal californien pour avoir « priorisé ses profits sur la sécurité des enfants, alimentant la crise de la santé mentale que nous observons toucher toute une génération de jeunes États-uniens », selon l’équipe du procureur Rob Bonta.
Lors d’une audience de juin, des représentants des États plaignants ont déclaré calculer le montant qu’ils allaient réclamer en multipliant le nombre de violations par les montants des amendes fixées par chaque loi étatique.
Le nombre de violations, lui, serait égal à une estimation du nombre d’adolescents et de jeunes utilisateurs affectés par les actes de Meta.
Au mois d’août, la juge Yvonne Gonzales Rogers se prononcera sur les plaintes des quatre États en question, ainsi que sur celles des vingt-neuf États qui poursuivent l’entreprise essentiellement au motif que celle-ci aurait collecté des données de mineurs sans consentement parental adéquat.
Meta nie les accusations et déclare que les procureurs n’ont pas d’éléments permettant de démontrer une « addiction aux réseaux sociaux », dans la mesure où celle-ci n’est pas une maladie psychiatrique établie.
D’après les calculs de Meta, les plaintes déposées par la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey pourraient l’exposer à 1 400 milliards de dollars d’amende si l’entreprise est déclarée coupable d’avoir conçu Facebook et Instagram de manière à rendre les plus jeunes utilisateurs dépendants de leur usage.
L’entreprise a soumis ce chiffre dans un document déposé devant la Justice ce lundi et relayé par Reuters. Il est très proche de sa capitalisation actuelle, qui s’élève à 1 500 milliards de dollars.
« Une telle sanction n’a pas de comparaison dans l’histoire de la protection des consommateurs », indique la société, qui estime que les plaintes manquent de fondement.
Illustration : Flock
La société est poursuivie devant un tribunal californien pour avoir « priorisé ses profits sur la sécurité des enfants, alimentant la crise de la santé mentale que nous observons toucher toute une génération de jeunes États-uniens », selon l’équipe du procureur Rob Bonta.
Lors d’une audience de juin, des représentants des États plaignants ont déclaré calculer le montant qu’ils allaient réclamer en multipliant le nombre de violations par les montants des amendes fixées par chaque loi étatique.
Le nombre de violations, lui, serait égal à une estimation du nombre d’adolescents et de jeunes utilisateurs affectés par les actes de Meta.
Au mois d’août, la juge Yvonne Gonzales Rogers se prononcera sur les plaintes des quatre États en question, ainsi que sur celles des vingt-neuf États qui poursuivent l’entreprise essentiellement au motif que celle-ci aurait collecté des données de mineurs sans consentement parental adéquat.
Meta nie les accusations et déclare que les procureurs n’ont pas d’éléments permettant de démontrer une « addiction aux réseaux sociaux », dans la mesure où celle-ci n’est pas une maladie psychiatrique établie.