Une intégration d'authentification unique tombée dans l'oubli a permis à un inconnu de s'emparer de comptes Dropbox sans jamais connaître le moindre mot de passe.
Déployées largement à travers le pays, plébiscitées par les forces de l’ordre mais critiquées pour leurs usages abusifs, les caméras de lecture de plaques minéralogiques et de reconnaissance de véhicules Flock sont devenues un nouveau sujet transpartisan de détestation technologique aux États-Unis.
Comment devient-on la marque la plus détestée d’un pays en quelques mois ? Sur les réseaux sociaux, des appels à vandaliser ou des vidéos représentant des manières de masquer ces caméras ont circulé tout l’été, jusqu’en France, alors même qu’elles ne sont pas installées dans l’Hexagone.
La vague vient des États-Unis. Sur place, le constructeur a déployé un réseau de 130 000 caméras capables de scanner les plaques minéralogiques de voitures et de collecter la marque, le modèle et tout autre signe caractéristique de n’importe quel véhicule, dans tous les États à l’exception de l’Alaska. Devant la force et les dysfonctionnements de la base de donnée ainsi constituée, par ailleurs équipée d’outils d’intelligence artificielle, les protestations se multiplient.
8,4 milliards de valorisation pour un réseau de surveillance équipé d’IA
Fondée en 2017, Flock est parvenue à faire adopter largement ses caméras aux États-Unis. Avec 7 000 agences de forces de l’ordre recourant à ses services, soit 40 % des services de police du pays, la société s’est assurée une croissance portant sa valorisation à 8,4 milliards de dollars en avril 2026.
Flock assure avoir permis de résoudre un million d’enquêtes criminelles en un an, d’après Vox. Quant aux forces de l’ordre, elles indiquent que la possibilité de suivre un suspect d’un État à l’autre est un enjeu critique pour résoudre des problématiques aussi variées que des vols de voitures, des disparitions inquiétantes ou des enlèvements d’enfants.
Le problème est qu’un outil aussi puissant fonctionne rarement sans revers. En l’occurrence, les cas de recherches illégales menées grâce à Flock se sont multipliés. Ainsi de la cinquantaine d’officiers de police (connus) recourant à la machine pour suivre les faits et gestes de leurs ex-partenaires, de son usage pour aider les agents de l’ICE (l’agence locale de l’immigration et des douanes), ou encore de la fouille de 80 000 caméras à travers le pays pour retrouver (sans succès) une femme dénoncée par son partenaire pour avoir réalisé un avortement, etc.
Pour toutes ces raisons, Flock est devenue, pour le public, une forme d’incarnation de toutes sortes d’enjeux de surveillance aux États-Unis.
Alors que des spécialistes des droits numériques alertaient de longue date contre les implications de ce type de dispositif en termes de vie privée, la population en a pris une plus large conscience lorsque ces caméras ont été ouvertement détournée de leur usage – outre aider l’ICE au-delà du cadre légal, elles ont pu servir à surveiller certaines manifestations. Dans certains cas, leur usage a par ailleurs été lié à des erreurs judiciaires.
Flock a assuré prendre des mesures pour lutter contre les usages abusifs, dont la réduction de la sauvegarde des données, passant d’un mois à une semaine (l’entreprise admet elle-même que 90 % des recherches ont lieu dans la semaine qui suit l’enregistrement), et la création d’un mode particulier dédié aux enquêtes ouvertes. Dans ces cas-là, les données recherchées et collectées sont stockées plus longtemps. Garrett Langley, le directeur de l’entreprise, a même admis avoir mis trop de temps à réagir aux usages abusifs de ses outils.
Résultats, certains citoyens décident de s’attaquer par eux-mêmes au mobilier installé par Flock. Ils s’en prennent aux poteaux sur lesquels les caméras sont installées, d’autres appellent à utiliser l’art pour boucher la vue (quand ils ne se font pas passer pour Darth Vader afin de mieux s’y opposer). Des projets collaboratifs, comme DeFlock, visent à répertorier les caméras de lecture de plaques partout aux États-Unis.
L’opposition populaire est telle que, à l’instar de la multiplication des centres de données, les caméras Flock deviennent un nouveau sujet technologique capable de réunir les bords politiques les plus opposés aux États-Unis. Dans la population, républicains et démocrates tombent en effet d’accord sur leur détestation de ces dispositifs.
Le sénateur républicain Josh Hawley a lancé une enquête sur le fonctionnement des outils de l’entreprise, tandis que son collègue Ron DeSantis a publiquement qualifié ces technologies de « hors de contrôle ». Toujours côté républicain, le gouverneur du Texas a cité différents cas d’usage abusif de l’outil, rapporte TechCrunch, à commencer par celui d’un officier de police texan, poursuivi pour avoir consulté la base de données de Flock afin de suivre des personnes sans autorisation, pour justifier une récente décision visant à minimiser le recours aux outils de l’entreprise. Côté démocrate, Bernie Sanders s’est aussi exprimé pour critiquer Flock et la « surveillance de masse par IA ».
Concrètement, plusieurs États travaillent désormais à couper leurs liens avec Flock, alors que soixante villes ont déjà mis fin à leurs contrats avec l’entreprise. Le ministère des Transports de Floride cite notamment des « rapports inquiétants de messages, des problèmes de gestion des données et de la vie privée, et des pratiques de surveillance » pour motiver sa décision, qui oblige l’État à se séparer de ses caméras dans les 30 prochaines jours. En Pennsylvanie, le gouverneur démocrate Josh Sapiro a quant à lui appelé à la rédaction d’une loi bipartisane pour les interdire à travers l’État.
Mais la pression populaire n’évolue pas sans contestation des principaux concernés : à San Francisco, l’entreprise travaille par exemple activement à minimiser les voix qui s’opposent à elle. À l’approche des élections de mi-mandat, prévues pour ce mois de novembre, nul doute que la gestion de ces caméras animera les débats américains.
Déployées largement à travers le pays, plébiscitées par les forces de l’ordre mais critiquées pour leurs usages abusifs, les caméras de lecture de plaques minéralogiques et de reconnaissance de véhicules Flock sont devenues un nouveau sujet transpartisan de détestation technologique aux États-Unis.
Comment devient-on la marque la plus détestée d’un pays en quelques mois ? Sur les réseaux sociaux, des appels à vandaliser ou des vidéos représentant des manières de masquer ces caméras ont circulé tout l’été, jusqu’en France, alors même qu’elles ne sont pas installées dans l’Hexagone.
La vague vient des États-Unis. Sur place, le constructeur a déployé un réseau de 130 000 caméras capables de scanner les plaques minéralogiques de voitures et de collecter la marque, le modèle et tout autre signe caractéristique de n’importe quel véhicule, dans tous les États à l’exception de l’Alaska. Devant la force et les dysfonctionnements de la base de donnée ainsi constituée, par ailleurs équipée d’outils d’intelligence artificielle, les protestations se multiplient.
8,4 milliards de valorisation pour un réseau de surveillance équipé d’IA
Fondée en 2017, Flock est parvenue à faire adopter largement ses caméras aux États-Unis. Avec 7 000 agences de forces de l’ordre recourant à ses services, soit 40 % des services de police du pays, la société s’est assurée une croissance portant sa valorisation à 8,4 milliards de dollars en avril 2026.
Flock assure avoir permis de résoudre un million d’enquêtes criminelles en un an, d’après Vox. Quant aux forces de l’ordre, elles indiquent que la possibilité de suivre un suspect d’un État à l’autre est un enjeu critique pour résoudre des problématiques aussi variées que des vols de voitures, des disparitions inquiétantes ou des enlèvements d’enfants.
Le problème est qu’un outil aussi puissant fonctionne rarement sans revers. En l’occurrence, les cas de recherches illégales menées grâce à Flock se sont multipliés. Ainsi de la cinquantaine d’officiers de police (connus) recourant à la machine pour suivre les faits et gestes de leurs ex-partenaires, de son usage pour aider les agents de l’ICE (l’agence locale de l’immigration et des douanes), ou encore de la fouille de 80 000 caméras à travers le pays pour retrouver (sans succès) une femme dénoncée par son partenaire pour avoir réalisé un avortement, etc.
Pour toutes ces raisons, Flock est devenue, pour le public, une forme d’incarnation de toutes sortes d’enjeux de surveillance aux États-Unis.
Alors que des spécialistes des droits numériques alertaient de longue date contre les implications de ce type de dispositif en termes de vie privée, la population en a pris une plus large conscience lorsque ces caméras ont été ouvertement détournée de leur usage – outre aider l’ICE au-delà du cadre légal, elles ont pu servir à surveiller certaines manifestations. Dans certains cas, leur usage a par ailleurs été lié à des erreurs judiciaires.
Flock a assuré prendre des mesures pour lutter contre les usages abusifs, dont la réduction de la sauvegarde des données, passant d’un mois à une semaine (l’entreprise admet elle-même que 90 % des recherches ont lieu dans la semaine qui suit l’enregistrement), et la création d’un mode particulier dédié aux enquêtes ouvertes. Dans ces cas-là, les données recherchées et collectées sont stockées plus longtemps. Garrett Langley, le directeur de l’entreprise, a même admis avoir mis trop de temps à réagir aux usages abusifs de ses outils.
Résultats, certains citoyens décident de s’attaquer par eux-mêmes au mobilier installé par Flock. Ils s’en prennent aux poteaux sur lesquels les caméras sont installées, d’autres appellent à utiliser l’art pour boucher la vue (quand ils ne se font pas passer pour Darth Vader afin de mieux s’y opposer). Des projets collaboratifs, comme DeFlock, visent à répertorier les caméras de lecture de plaques partout aux États-Unis.
L’opposition populaire est telle que, à l’instar de la multiplication des centres de données, les caméras Flock deviennent un nouveau sujet technologique capable de réunir les bords politiques les plus opposés aux États-Unis. Dans la population, républicains et démocrates tombent en effet d’accord sur leur détestation de ces dispositifs.
Le sénateur républicain Josh Hawley a lancé une enquête sur le fonctionnement des outils de l’entreprise, tandis que son collègue Ron DeSantis a publiquement qualifié ces technologies de « hors de contrôle ». Toujours côté républicain, le gouverneur du Texas a cité différents cas d’usage abusif de l’outil, rapporte TechCrunch, à commencer par celui d’un officier de police texan, poursuivi pour avoir consulté la base de données de Flock afin de suivre des personnes sans autorisation, pour justifier une récente décision visant à minimiser le recours aux outils de l’entreprise. Côté démocrate, Bernie Sanders s’est aussi exprimé pour critiquer Flock et la « surveillance de masse par IA ».
Concrètement, plusieurs États travaillent désormais à couper leurs liens avec Flock, alors que soixante villes ont déjà mis fin à leurs contrats avec l’entreprise. Le ministère des Transports de Floride cite notamment des « rapports inquiétants de messages, des problèmes de gestion des données et de la vie privée, et des pratiques de surveillance » pour motiver sa décision, qui oblige l’État à se séparer de ses caméras dans les 30 prochaines jours. En Pennsylvanie, le gouverneur démocrate Josh Sapiro a quant à lui appelé à la rédaction d’une loi bipartisane pour les interdire à travers l’État.
Mais la pression populaire n’évolue pas sans contestation des principaux concernés : à San Francisco, l’entreprise travaille par exemple activement à minimiser les voix qui s’opposent à elle. À l’approche des élections de mi-mandat, prévues pour ce mois de novembre, nul doute que la gestion de ces caméras animera les débats américains.
La filiale américaine Capgemini Government Solutions avait signé en 2025 plusieurs contrats avec l’ICE, l’agence américaine de l’immigration transformée par Trump en milice.
Quelques jours après la révélation de ces accords, le groupe annonçait la mise en vente de sa filiale. Il affirmait à cette occasion que « Capgemini a estimé que les contraintes légales habituelles imposées aux États-Unis pour contracter avec des entités fédérales menant des activités classifiées ne permettaient pas au Groupe d’exercer un contrôle approprié sur certains aspects des opérations de cette filiale, afin d’assurer un alignement avec les objectifs du Groupe ».
Mais, comme l’explique le média Observatoire des multinationales, cette vente n’est pas encore effective. Et, entre temps, l’entreprise a obtenu une extension de son contrat en cours jusqu’à la mi-mai puis un nouveau contrat avec l’ICE validé le 26 aout par l’administration états-unienne :
« Comme nous l’avons expliqué précédemment, Capgemini a décidé de lancer le processus de cession de CGS en raison des contraintes spécifiques de gouvernance liées à la nature de ses activités. Ce processus est en cours, et fera l’objet d’une communication une fois finalisé. », a répondu le groupe interrogé par l’Observatoire des multinationales.
La filiale américaine Capgemini Government Solutions avait signé en 2025 plusieurs contrats avec l’ICE, l’agence américaine de l’immigration transformée par Trump en milice.
Quelques jours après la révélation de ces accords, le groupe annonçait la mise en vente de sa filiale. Il affirmait à cette occasion que « Capgemini a estimé que les contraintes légales habituelles imposées aux États-Unis pour contracter avec des entités fédérales menant des activités classifiées ne permettaient pas au Groupe d’exercer un contrôle approprié sur certains aspects des opérations de cette filiale, afin d’assurer un alignement avec les objectifs du Groupe ».
Mais, comme l’explique le média Observatoire des multinationales, cette vente n’est pas encore effective. Et, entre temps, l’entreprise a obtenu une extension de son contrat en cours jusqu’à la mi-mai puis un nouveau contrat avec l’ICE validé le 26 aout par l’administration états-unienne :
« Comme nous l’avons expliqué précédemment, Capgemini a décidé de lancer le processus de cession de CGS en raison des contraintes spécifiques de gouvernance liées à la nature de ses activités. Ce processus est en cours, et fera l’objet d’une communication une fois finalisé. », a répondu le groupe interrogé par l’Observatoire des multinationales.
Sur Internet, les élections présidentielles de 2027 sont déjà la cible d’attaques et de détournements. Cette semaine, le site de campagne de Jean-Luc Mélenchon a été classé comme « dangereux ». Il y a aussi des redirections sur des noms de domaines qui ne sont pas sans rappeler ceux officiels des candidats et partis politiques. Rappel important : « le .fr n’est pas une zone de non-droit ».
Les élections présidentielles de 2027 seront les premières d’une ère post-IA générative, avec tout ce que cela comporte comme risques avec des contenus générés à la chaîne par IA, aussi bien sur des sites « d’actualités » que sur les réseaux sociaux.
Désinformation, fake news et ingérences numériques sont déjà de la partie depuis longtemps, sur tous les types de médias (texte, audio, vidéo), mais l’IA générative est désormais utilisée comme amplificateur pour inonder les internautes sous des tonnes de contenus. C’était déjà le cas pour les élections municipales de mars 2026, ce le sera encore l’année prochaine pour les présidentielles dans un contexte géopolitique plus que compliqué.
melenchon2027.fr déclenche un faux positif à cause…
Ce ne sont pas les seules attaques. Les détournements de noms de domaine ou de sites sont des manœuvres qui existent depuis les débuts d’Internet quasiment, sans jamais s’éteindre. Preuve en est avec les présidentielles à venir.
Parfois, ce sont les algorithmes qui s’affolent. Un exemple récent pointé par Stéphane Bortzmeyer sur X, qui demande au réseau social pourquoi « le site de campagne de @JLMelenchon a été classé comme dangereux » ? Selon plusieurs internautes, un message d’alerte s’affichait aussi sur Chrome.
Il était possible d’accéder quand même au site, mais le message pouvait en refroidir plus d’un. « J’ai même lu le source du Javascript sur la page d’accueil de https://melenchon2027.fr Rien trouvé de bizarre », affirme Stéphane Bortzmeyer. La situation est revenue à la normale en quelques heures.
Il reste 69% de l'article à découvrir. Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article. Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.
Anthropic a déconnecté de force un compte Claude compromis, après avoir détecté une vague de détournements de sessions authentifiées. Objectif : couper l'herbe sous le pied à des acteurs malveillants qui exploitent gratuitement l'accès payant d'utilisateurs légitimes.
Plusieurs documents soumis à l’actuel Parlement australien dans le cadre de ses enquêtes contiennent des éléments et des citations générées par IA. Le risque : que des représentants politiques appuient leurs décisions sur des éléments créés de toutes pièces par les chatbots génératifs.
Pour appuyer la fabrique de la loi, la plupart des parlements à travers la planète s’appuient sur des travaux d’enquête, auprès de citoyens comme d’experts. Mais comment s’assurer que ces processus fonctionnent bien, lorsqu’ils se retrouvent inondés de contenus générés par IA citant de fausses recherches et des universitaires inexistants ?
Telle est la question que soulève The Guardian Australia après avoir relevé de multiples « hallucinations » dues au recours à l’IA générative dans des travaux du Parlement australien. Dans certains cas, les membres des comités rédigeant les rapports supposés informer le travail réglementaire ont cité des références qui semblent réelles, mais qui n’existent pas.
Fausses références liées à de vrais universitaires
De la même manière que, dans d’autres domaines, des articles entièrement générés par IA se retrouvent attribués à de vrais journalistes, à leur corps défendant, certaines des références repérées par le Guardian lient des travaux inventés à de vrais universitaires.
Directement concernée, la psychologue et professeure associée à l’Université du Queensland, Dina Haslam qualifie la trouvaille d’ « inquiétante », précisément parce que ces faux sont crédibles. Elle décrit par ailleurs la « grande frustration » d’avoir investi temps, argent et expertise dans des « recherches rigoureuses », pour ensuite voir son nom et celui de ses équipes cités aux côtés de travaux inexistants.
Outre ce cas précis, The Guardian a constitué une base réunissant toutes les soumissions écrites envoyées au Parlement actuellement en exercice. Le journal a ensuite vérifié automatiquement chacune des citations en s’appuyant sur plusieurs bases de données académiques. Les références qui étaient les plus souvent pointées comme ne correspondant à aucun travail existant ont ensuite été vérifiées à la main. Ceci a permis au journal d’identifier au moins 39 textes à destination des représentants politiques contenant des références probablement hallucinées par des IA génératives.
Une autre méthode visant à estimer la prévalence du recours à de grands modèles de langage a donné des résultats plus importants. Le journal a notamment constaté que plus de 100 documents incluaient certains des tags ajoutés automatiquement aux urls par ChatGPT (de type ?utm_source=chatgpt.com) lorsque le chatbot fournit une source. Contactés, l’essentiel des autrices et auteurs de ces documents ont semblé découvrir la possibilité que les robots d’IA générative puissent générer de toutes pièces, et donc inventer, certaines des sources citées.
Quand les résumés IA de Google compliquent la vérification
Ce n’est pas la première fois que les décideurs australiens – comme ceux d’autres nationalités – ont maille à partir avec l’IA générative.
En 2025, Deloitte a dû rembourser une partie de la somme que l’État australien lui avait versée pour obtenir l’audit d’un système informatique dédié à l’automatisation des sanctions en cas d’irrespect des règles d’accès aux aides sociales. Son travail s’était avéré présenter de multiples erreurs et fausses citations scientifiques, typiques de ces textes générés par IA. Quelques mois plus tard, c’est le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, au Canada, qui a dû demander à la même entreprise de reprendre son travail après que celui-ci se soit avéré présenter des éléments – dont de supposées références scientifiques – générés par IA.
Dans le domaine juridique, plus de 2 000 cas de plaidoiries hallucinées par IA ont été identifiées par le juriste Damien Charlotin à travers le monde, quelquefois pour présenter un argumentaire, dans d’autres cas pour proposer des citations. Problème : dans ce second cas, les références ou jurisprudences énoncées n’existent quelquefois pas du tout. Dans plus de 350 cas, ces recours aux chatbots génératifs se sont soldés par des sanctions financières, plus 150 sanctions disciplinaires.
Mais pour le monde réglementaire comme pour le judiciaire, la multiplication de travaux en tout ou partie générés par IA vient compliquer la vérification des faits. Et ce d’autant plus qu’avec le déploiement généralisé des résumés IA dans Google, moteur de recherche le plus utilisé au monde, le chatbot Gemini tend à proposer des justifications ou à laisser entendre qu’une référence existe même si ce n’est pas le cas. Dans certaines occurrences, le Guardian relève la propension du robot à générer de faux résumés pour des travaux de recherche inexistants.
Dans la mesure où les enquêtes visent à éclairer les travaux parlementaires, le politologue Christian Downie estime que de nouvelles règles pourraient être nécessaires, pour encadrer la soumission de documentation aux régulateurs australiens. À défaut, le risque est de voir ces derniers prendre des décisions sur la base d’éléments générés automatiquement, sans lien avec le monde réel.
Plusieurs documents soumis à l’actuel Parlement australien dans le cadre de ses enquêtes contiennent des éléments et des citations générées par IA. Le risque : que des représentants politiques appuient leurs décisions sur des éléments créés de toutes pièces par les chatbots génératifs.
Pour appuyer la fabrique de la loi, la plupart des parlements à travers la planète s’appuient sur des travaux d’enquête, auprès de citoyens comme d’experts. Mais comment s’assurer que ces processus fonctionnent bien, lorsqu’ils se retrouvent inondés de contenus générés par IA citant de fausses recherches et des universitaires inexistants ?
Telle est la question que soulève The Guardian Australia après avoir relevé de multiples « hallucinations » dues au recours à l’IA générative dans des travaux du Parlement australien. Dans certains cas, les membres des comités rédigeant les rapports supposés informer le travail réglementaire ont cité des références qui semblent réelles, mais qui n’existent pas.
Fausses références liées à de vrais universitaires
De la même manière que, dans d’autres domaines, des articles entièrement générés par IA se retrouvent attribués à de vrais journalistes, à leur corps défendant, certaines des références repérées par le Guardian lient des travaux inventés à de vrais universitaires.
Directement concernée, la psychologue et professeure associée à l’Université du Queensland, Dina Haslam qualifie la trouvaille d’ « inquiétante », précisément parce que ces faux sont crédibles. Elle décrit par ailleurs la « grande frustration » d’avoir investi temps, argent et expertise dans des « recherches rigoureuses », pour ensuite voir son nom et celui de ses équipes cités aux côtés de travaux inexistants.
Outre ce cas précis, The Guardian a constitué une base réunissant toutes les soumissions écrites envoyées au Parlement actuellement en exercice. Le journal a ensuite vérifié automatiquement chacune des citations en s’appuyant sur plusieurs bases de données académiques. Les références qui étaient les plus souvent pointées comme ne correspondant à aucun travail existant ont ensuite été vérifiées à la main. Ceci a permis au journal d’identifier au moins 39 textes à destination des représentants politiques contenant des références probablement hallucinées par des IA génératives.
Une autre méthode visant à estimer la prévalence du recours à de grands modèles de langage a donné des résultats plus importants. Le journal a notamment constaté que plus de 100 documents incluaient certains des tags ajoutés automatiquement aux urls par ChatGPT (de type ?utm_source=chatgpt.com) lorsque le chatbot fournit une source. Contactés, l’essentiel des autrices et auteurs de ces documents ont semblé découvrir la possibilité que les robots d’IA générative puissent générer de toutes pièces, et donc inventer, certaines des sources citées.
Quand les résumés IA de Google compliquent la vérification
Ce n’est pas la première fois que les décideurs australiens – comme ceux d’autres nationalités – ont maille à partir avec l’IA générative.
En 2025, Deloitte a dû rembourser une partie de la somme que l’État australien lui avait versée pour obtenir l’audit d’un système informatique dédié à l’automatisation des sanctions en cas d’irrespect des règles d’accès aux aides sociales. Son travail s’était avéré présenter de multiples erreurs et fausses citations scientifiques, typiques de ces textes générés par IA. Quelques mois plus tard, c’est le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, au Canada, qui a dû demander à la même entreprise de reprendre son travail après que celui-ci se soit avéré présenter des éléments – dont de supposées références scientifiques – générés par IA.
Dans le domaine juridique, plus de 2 000 cas de plaidoiries hallucinées par IA ont été identifiées par le juriste Damien Charlotin à travers le monde, quelquefois pour présenter un argumentaire, dans d’autres cas pour proposer des citations. Problème : dans ce second cas, les références ou jurisprudences énoncées n’existent quelquefois pas du tout. Dans plus de 350 cas, ces recours aux chatbots génératifs se sont soldés par des sanctions financières, plus 150 sanctions disciplinaires.
Mais pour le monde réglementaire comme pour le judiciaire, la multiplication de travaux en tout ou partie générés par IA vient compliquer la vérification des faits. Et ce d’autant plus qu’avec le déploiement généralisé des résumés IA dans Google, moteur de recherche le plus utilisé au monde, le chatbot Gemini tend à proposer des justifications ou à laisser entendre qu’une référence existe même si ce n’est pas le cas. Dans certaines occurrences, le Guardian relève la propension du robot à générer de faux résumés pour des travaux de recherche inexistants.
Dans la mesure où les enquêtes visent à éclairer les travaux parlementaires, le politologue Christian Downie estime que de nouvelles règles pourraient être nécessaires, pour encadrer la soumission de documentation aux régulateurs australiens. À défaut, le risque est de voir ces derniers prendre des décisions sur la base d’éléments générés automatiquement, sans lien avec le monde réel.
Le collectif hacktiviste d’origine italienne Autistici/Inventati, qui fournit des services alternatifs d’hébergement et de messagerie, vient d’être désigné comme « organisation terroriste » par les États-Unis. Suivie du blocage de son nom de domaine en .org, la mesure vise à couper les moyens d’une initiative accusée d’outiller les mouvements d’ultragauche. Le collectif dénonce une attaque contre la liberté d’expression et assure qu’il ne se laissera pas faire.
Pour la première fois, les États-Unis assimilent une infrastructure numérique à une action terroriste. L’administration Trump vient en effet de classer le mouvement d’origine italienne Autistici/Inventati parmi les « organisations terroristes mondiales spécialement désignées » (on parle de SDGT, pour specially designated global terrorist).
Elle lui reproche d’héberger 16 000 boîtes mail, 1 500 sites et 10 000 blogs sur une plateforme devenue le « nœud clé d’une campagne transnationale menée par des réseaux d’extrême gauche violents et criminels visant à déstabiliser les États-Unis et leurs partenaires en Europe, dans l’hémisphère occidental et au-delà ».
Une sanction aux répercussions immédiates
L’action a été décrétée conjointement par le département d’État (l’équivalent du ministère des Affaires étrangères) dirigé par Marco Rubio et par le département du Trésor le 26 août.
Elle s’appuie sur le fondement juridique du décret exécutif 13 224 émis par George W. Bush suite aux attaques du 11 septembre 2001 qui dote l’administration états-unienne de pouvoirs de sanctions contre les organisations ou les personnes accusées d’avoir fourni des ressources ou des services ayant contribué à un acte de terrorisme. « Cette désignation s’inscrit dans le cadre d’un effort plus vaste du gouvernement américain visant à lutter contre la menace du terrorisme transnational d’extrême gauche », décrit le département d’État.
D’après ce même département d’État, Autistici/Inventati fournit son infrastructure à des « cellules violentes d’Antifa et d’autres militants d’extrême gauche à travers le monde », et permet à ces dernières d’opérer sous les radars légaux :
« Ces outils sont spécifiquement conçus pour soutenir les opérations des réseaux terroristes d’extrême gauche, construits pour leur permettre de s’organiser, de recruter, de communiquer, de diffuser de la propagande, de partager des informations et des tactiques sur les cibles, et de mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables et hors de portée de la loi. »
La désignation d’Autistici/Inventati comme membre de cette liste noire entraîne le blocage de toutes les ressources dont pourrait disposer le collectif aux États-Unis. Du côté du Trésor, cette qualification en tant que SDGT déclenche une sanction prononcée par l’OFAC (Office of Foreign Assets Control), qui interdit toute relation commerciale avec l’entité désignée. Une licence générale (PDF) en précise les modalités : elle autorise une fenêtre de wind down (liquidation) jusqu’au 25 septembre 2026, date à laquelle les banques, hébergeurs, prestataires ou opérateurs financiers devront avoir totalement coupé les ponts avec Autistici/Inventati.
La mesure a entraîné deux répercussions rapides. Le 28 août, Autistici/Inventati a en effet constaté le blocage de son compte PayPal, utilisé notamment pour recueillir les dons qui financent ses activités, puis la suspension du nom de domaine de l’un de ses sites web, autistici.org. Une analyse technique indépendante confirme que ce blocage a été réalisé au niveau du registre PIR qui gère le .org. Le site en question (hébergé par Open Networks Association en Suisse) n’a donc pas été saisi, et reste accessible au prix de quelques manipulations techniques. Les mails fournis en @autistici.org sont quant à eux inopérants.
Autistici/Inventati conserve par ailleurs l’essentiel de sa présence en ligne, à commencer par son autre domaine principal, inventati.org, et sa plateforme noblogs.org. Le mouvement craint cependant que les sanctions états-uniennes aient un impact plus sérieux sur ses activités.
Sur son blog collectif, il indique ainsi avoir été averti par sa banque italienne, Banca Etica, que celle-ci allait cesser de lui prodiguer des services financiers. « Il s’agit d’une étape importante, car elle montre comment une décision prise par une autorité américaine peut avoir des conséquences concrètes, y compris sur les relations financières d’une organisation italienne, qui a jugé trop risqué de maintenir ses relations avec A/I », remarque le collectif.
Autistici/Inventati résume sa raison d’être dans un manifeste écrit en 2002. Le collectif revendique une idéologie « anti-fascisme, anti-racisme, anti-sexisme, anti-militarisme », et affirme que sa mission consiste à mettre des outils de communication alternatifs (comprendre, non commerciaux) à destination de tous ceux qui partagent ses idées, et luttent pour les défendre.
Ses services comprennent notamment une messagerie (boîte mail), un outil de gestion de listes de diffusion et newsletters, des canaux de messagerie instantanée, de l’hébergement, des outils dédiés à l’anonymat et la plateforme de blogs noblogs.org, notoirement utilisée par des collectifs antifascistes (notamment français).
Partisan d’un « activisme radical », A/I assume de réserver ses services « exclusivement aux personnes ou aux groupes avec lesquels nous ressentons une affinité » :
« Nous sommes un collectif de militants numériques, d’antifascistes et d’anticapitalistes. Nous croyons en une technologie qui n’est pas un carcan mais un outil de libération. Où les courriels restent des lettres confidentielles, et non des fichiers ouverts. Où l’hébergement n’est pas une prison mais un refuge pour les idées dérangeantes, pour les débats que le marché refuse d’acheter et que l’État refuse de museler. »
Des canaux utilisés pour préparer des actions terroristes
Bien qu’A/I se contente de fournir des outils techniques, l’administration Trump estime que son action participe directement de celles de groupuscules extrémistes relevant du terrorisme.
Le département d’État affirme ainsi que les cellules anarchistes ayant saboté les réseaux ferroviaires en France, Italie, Allemagne et Pays-Bas en 2026 utilisaient A/I pour revendiquer leurs attaques. Il accuse également A/I d’avoir fourni des services au collectif Rose City Antifa, dans l’Oregon, lequel aurait attaqué des hélicoptères des douanes, et diffusé des appels à attaquer les agents de l’ICE, la tristement célèbre police de l’immigration, accompagnés d’informations personnelles.
Il décrit également comment un « groupe médiatique d’extrême gauche », cité dans une enquête fédérale pour terrorisme, utiliserait les outils d’A/I pour diffuser des appels à l’action en faveur d’organisations déjà désignées comme terroristes par les États-Unis, parmi lesquelles le Hamas, le Hezbollah ou le Front populaire de libération de la Palestine :
« Bon nombre de ces groupes se sont appuyés sur l’infrastructure numérique du collectif A/I pour planifier ou inciter à des attaques violentes, recruter d’autres personnes pour se livrer à des activités criminelles, publier des communiqués officiels d’organisations terroristes étrangères désignées par les États-Unis et diffuser des cartes d’infrastructures critiques, ainsi que des instructions pour la fabrication d’engins explosifs improvisés et incendiaires – le tout acheminé via un réseau de serveurs étrangers destiné à dissimuler les activités criminelles aux forces de l’ordre. »
D’autres apportent un constat plus nuancé. « Certains des sites NoBlogs les plus connus appartiennent à des chercheurs qui se consacrent exclusivement à documenter la haine et la radicalisation d’extrême droite, sans jamais agir concrètement, se contentant de révéler la réalité », remarque par exemple le compte d’un de ces collectifs de recherche.
De son côté, A/I dénonce le caractère arbitraire de la décision, et l’assimile à une forme de censure à laquelle, justement, le collectif se refuse. « Nous ne censurons pas les contenus à l’avance. Si la loi nous oblige à retirer un contenu, nous le faisons, puis nous nous battons pour le remettre en ligne. Notre limite, c’est la loi ; notre boussole, c’est la liberté », défend-il dans un appel à soutien.
A/I lance un appel à soutien – capture d’écran Next
Medium contre message
Il soulève dans le même temps la question de fond posée par cette sanction états-unienne :
« Ce cas est intéressant car il déplace l’attention de la responsabilité de ceux qui commettent une action vers celle des fournisseurs d’infrastructures permettant la communication, l’organisation ou la publication de contenu.
La question ne concerne pas uniquement A/I. Le même principe pourrait, en théorie, s’appliquer aux fournisseurs de messagerie électronique, aux services cloud, aux hébergeurs, aux plateformes de messagerie, aux systèmes de paiement ou aux bureaux d’enregistrement de noms de domaine. Il s’agit de déterminer à quel moment la fourniture d’un service à usage général devient, au regard des lois applicables, un « soutien matériel » à une organisation terroriste. »
La question interpelle également l’Electronic Frontier Foundation (EFF) qui voit dans cette sanction une menace plus large que le simple cas d’A/I. « Ils s’en prennent au messager, déclare à The Intercept Jillian York, directrice de la liberté d’expression internationale au sein de l’EFF. Je ne pense pas que les membres du groupe cautionnent nécessairement les agissements des personnes qu’ils ont hébergées. Ce qu’ils cautionnent, c’est la liberté d’héberger, la possibilité de rester anonyme et de préserver sa vie privée. »
Autistici/Inventati nie de son côté « toutes les allégations » de l’administration Trump et clame son intention de résister.
« Nous ne reculerons pas. Nous continuerons à œuvrer comme nous l’avons fait depuis des années et nous mettrons tout en œuvre pour contrer les fausses allégations d’un gouvernement aux abois politiquement, dont le seul but est de détourner l’attention du public et des médias de ses propres actes de violence et de bellicisme.
L’antifascisme et l’anticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester n’est pas du terrorisme. Et chacun a le droit de s’exprimer et de lutter pour l’humanité. »
En France, Framasoft et la Quadrature du Net ont signé et relayé la lettre ouverte initialement publiée par Sabot Media qui appelle à la révocation de cette classification, ainsi qu’à une distinction claire entre la fourniture d’infrastructure de communication et la direction des agissements de ses utilisateurs et utilisatrices.
« Nous n’attendons pas de chaque signataire qu’il ou elle cautionne toute publication ou position politique d’A/I, ou de ses utilisateurs et utilisatrices. Nous attendons des signataires qu’ils et elles défendent une distinction structurelle : l’infrastructure de communication n’est pas la même chose que les discours ou agissements qui transitent à travers elle », écrivent les signataires.
Le collectif hacktiviste d’origine italienne Autistici/Inventati, qui fournit des services alternatifs d’hébergement et de messagerie, vient d’être désigné comme « organisation terroriste » par les États-Unis. Suivie du blocage de son nom de domaine en .org, la mesure vise à couper les moyens d’une initiative accusée d’outiller les mouvements d’ultragauche. Le collectif dénonce une attaque contre la liberté d’expression et assure qu’il ne se laissera pas faire.
Pour la première fois, les États-Unis assimilent une infrastructure numérique à une action terroriste. L’administration Trump vient en effet de classer le mouvement d’origine italienne Autistici/Inventati parmi les « organisations terroristes mondiales spécialement désignées » (on parle de SDGT, pour specially designated global terrorist).
Elle lui reproche d’héberger 16 000 boîtes mail, 1 500 sites et 10 000 blogs sur une plateforme devenue le « nœud clé d’une campagne transnationale menée par des réseaux d’extrême gauche violents et criminels visant à déstabiliser les États-Unis et leurs partenaires en Europe, dans l’hémisphère occidental et au-delà ».
Une sanction aux répercussions immédiates
L’action a été décrétée conjointement par le département d’État (l’équivalent du ministère des Affaires étrangères) dirigé par Marco Rubio et par le département du Trésor le 26 août.
Elle s’appuie sur le fondement juridique du décret exécutif 13 224 émis par George W. Bush suite aux attaques du 11 septembre 2001 qui dote l’administration états-unienne de pouvoirs de sanctions contre les organisations ou les personnes accusées d’avoir fourni des ressources ou des services ayant contribué à un acte de terrorisme. « Cette désignation s’inscrit dans le cadre d’un effort plus vaste du gouvernement américain visant à lutter contre la menace du terrorisme transnational d’extrême gauche », décrit le département d’État.
D’après ce même département d’État, Autistici/Inventati fournit son infrastructure à des « cellules violentes d’Antifa et d’autres militants d’extrême gauche à travers le monde », et permet à ces dernières d’opérer sous les radars légaux :
« Ces outils sont spécifiquement conçus pour soutenir les opérations des réseaux terroristes d’extrême gauche, construits pour leur permettre de s’organiser, de recruter, de communiquer, de diffuser de la propagande, de partager des informations et des tactiques sur les cibles, et de mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables et hors de portée de la loi. »
La désignation d’Autistici/Inventati comme membre de cette liste noire entraîne le blocage de toutes les ressources dont pourrait disposer le collectif aux États-Unis. Du côté du Trésor, cette qualification en tant que SDGT déclenche une sanction prononcée par l’OFAC (Office of Foreign Assets Control), qui interdit toute relation commerciale avec l’entité désignée. Une licence générale (PDF) en précise les modalités : elle autorise une fenêtre de wind down (liquidation) jusqu’au 25 septembre 2026, date à laquelle les banques, hébergeurs, prestataires ou opérateurs financiers devront avoir totalement coupé les ponts avec Autistici/Inventati.
La mesure a entraîné deux répercussions rapides. Le 28 août, Autistici/Inventati a en effet constaté le blocage de son compte PayPal, utilisé notamment pour recueillir les dons qui financent ses activités, puis la suspension du nom de domaine de l’un de ses sites web, autistici.org. Une analyse technique indépendante confirme que ce blocage a été réalisé au niveau du registre PIR qui gère le .org. Le site en question (hébergé par Open Networks Association en Suisse) n’a donc pas été saisi, et reste accessible au prix de quelques manipulations techniques. Les mails fournis en @autistici.org sont quant à eux inopérants.
Autistici/Inventati conserve par ailleurs l’essentiel de sa présence en ligne, à commencer par son autre domaine principal, inventati.org, et sa plateforme noblogs.org. Le mouvement craint cependant que les sanctions états-uniennes aient un impact plus sérieux sur ses activités.
Sur son blog collectif, il indique ainsi avoir été averti par sa banque italienne, Banca Etica, que celle-ci allait cesser de lui prodiguer des services financiers. « Il s’agit d’une étape importante, car elle montre comment une décision prise par une autorité américaine peut avoir des conséquences concrètes, y compris sur les relations financières d’une organisation italienne, qui a jugé trop risqué de maintenir ses relations avec A/I », remarque le collectif.
Autistici/Inventati résume sa raison d’être dans un manifeste écrit en 2002. Le collectif revendique une idéologie « anti-fascisme, anti-racisme, anti-sexisme, anti-militarisme », et affirme que sa mission consiste à mettre des outils de communication alternatifs (comprendre, non commerciaux) à destination de tous ceux qui partagent ses idées, et luttent pour les défendre.
Ses services comprennent notamment une messagerie (boîte mail), un outil de gestion de listes de diffusion et newsletters, des canaux de messagerie instantanée, de l’hébergement, des outils dédiés à l’anonymat et la plateforme de blogs noblogs.org, notoirement utilisée par des collectifs antifascistes (notamment français).
Partisan d’un « activisme radical », A/I assume de réserver ses services « exclusivement aux personnes ou aux groupes avec lesquels nous ressentons une affinité » :
« Nous sommes un collectif de militants numériques, d’antifascistes et d’anticapitalistes. Nous croyons en une technologie qui n’est pas un carcan mais un outil de libération. Où les courriels restent des lettres confidentielles, et non des fichiers ouverts. Où l’hébergement n’est pas une prison mais un refuge pour les idées dérangeantes, pour les débats que le marché refuse d’acheter et que l’État refuse de museler. »
Des canaux utilisés pour préparer des actions terroristes
Bien qu’A/I se contente de fournir des outils techniques, l’administration Trump estime que son action participe directement de celles de groupuscules extrémistes relevant du terrorisme.
Le département d’État affirme ainsi que les cellules anarchistes ayant saboté les réseaux ferroviaires en France, Italie, Allemagne et Pays-Bas en 2026 utilisaient A/I pour revendiquer leurs attaques. Il accuse également A/I d’avoir fourni des services au collectif Rose City Antifa, dans l’Oregon, lequel aurait attaqué des hélicoptères des douanes, et diffusé des appels à attaquer les agents de l’ICE, la tristement célèbre police de l’immigration, accompagnés d’informations personnelles.
Il décrit également comment un « groupe médiatique d’extrême gauche », cité dans une enquête fédérale pour terrorisme, utiliserait les outils d’A/I pour diffuser des appels à l’action en faveur d’organisations déjà désignées comme terroristes par les États-Unis, parmi lesquelles le Hamas, le Hezbollah ou le Front populaire de libération de la Palestine :
« Bon nombre de ces groupes se sont appuyés sur l’infrastructure numérique du collectif A/I pour planifier ou inciter à des attaques violentes, recruter d’autres personnes pour se livrer à des activités criminelles, publier des communiqués officiels d’organisations terroristes étrangères désignées par les États-Unis et diffuser des cartes d’infrastructures critiques, ainsi que des instructions pour la fabrication d’engins explosifs improvisés et incendiaires – le tout acheminé via un réseau de serveurs étrangers destiné à dissimuler les activités criminelles aux forces de l’ordre. »
D’autres apportent un constat plus nuancé. « Certains des sites NoBlogs les plus connus appartiennent à des chercheurs qui se consacrent exclusivement à documenter la haine et la radicalisation d’extrême droite, sans jamais agir concrètement, se contentant de révéler la réalité », remarque par exemple le compte d’un de ces collectifs de recherche.
De son côté, A/I dénonce le caractère arbitraire de la décision, et l’assimile à une forme de censure à laquelle, justement, le collectif se refuse. « Nous ne censurons pas les contenus à l’avance. Si la loi nous oblige à retirer un contenu, nous le faisons, puis nous nous battons pour le remettre en ligne. Notre limite, c’est la loi ; notre boussole, c’est la liberté », défend-il dans un appel à soutien.
A/I lance un appel à soutien – capture d’écran Next
Medium contre message
Il soulève dans le même temps la question de fond posée par cette sanction états-unienne :
« Ce cas est intéressant car il déplace l’attention de la responsabilité de ceux qui commettent une action vers celle des fournisseurs d’infrastructures permettant la communication, l’organisation ou la publication de contenu.
La question ne concerne pas uniquement A/I. Le même principe pourrait, en théorie, s’appliquer aux fournisseurs de messagerie électronique, aux services cloud, aux hébergeurs, aux plateformes de messagerie, aux systèmes de paiement ou aux bureaux d’enregistrement de noms de domaine. Il s’agit de déterminer à quel moment la fourniture d’un service à usage général devient, au regard des lois applicables, un « soutien matériel » à une organisation terroriste. »
La question interpelle également l’Electronic Frontier Foundation (EFF) qui voit dans cette sanction une menace plus large que le simple cas d’A/I. « Ils s’en prennent au messager, déclare à The Intercept Jillian York, directrice de la liberté d’expression internationale au sein de l’EFF. Je ne pense pas que les membres du groupe cautionnent nécessairement les agissements des personnes qu’ils ont hébergées. Ce qu’ils cautionnent, c’est la liberté d’héberger, la possibilité de rester anonyme et de préserver sa vie privée. »
Autistici/Inventati nie de son côté « toutes les allégations » de l’administration Trump et clame son intention de résister.
« Nous ne reculerons pas. Nous continuerons à œuvrer comme nous l’avons fait depuis des années et nous mettrons tout en œuvre pour contrer les fausses allégations d’un gouvernement aux abois politiquement, dont le seul but est de détourner l’attention du public et des médias de ses propres actes de violence et de bellicisme.
L’antifascisme et l’anticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester n’est pas du terrorisme. Et chacun a le droit de s’exprimer et de lutter pour l’humanité. »
En France, Framasoft et la Quadrature du Net ont signé et relayé la lettre ouverte initialement publiée par Sabot Media qui appelle à la révocation de cette classification, ainsi qu’à une distinction claire entre la fourniture d’infrastructure de communication et la direction des agissements de ses utilisateurs et utilisatrices.
« Nous n’attendons pas de chaque signataire qu’il ou elle cautionne toute publication ou position politique d’A/I, ou de ses utilisateurs et utilisatrices. Nous attendons des signataires qu’ils et elles défendent une distinction structurelle : l’infrastructure de communication n’est pas la même chose que les discours ou agissements qui transitent à travers elle », écrivent les signataires.
Le fabricant de dispositifs cardiaques Boston Scientific a confirmé qu’une cyberattaque affecte directement la télésurveillance de certains de ses nouveaux implants.
Donald Trump a ordonné par décret que le lac Ontario soit renommé lac d’Amérique (Lake America). Google a rapidement implémenté le changement dans son service Maps, mais uniquement pour les internautes basés aux États-Unis. Le lac apparaît toujours comme Lac Ontario pour les Canadiens, tandis que le reste du monde voit les deux dénominations.
Mise à jour 1er/09 – Apple n’aura pas laissé planer le suspense très longtemps. Le constructeur a mis à jour son application Plans pour intégrer la lubie du cartographe en chef de la Maison Blanche. Le lac Ontario est désormais rebaptisé « Lac d’Amérique » dans l’app depuis les États-Unis.
Côté canadien, le grand lac conserve son nom d’origine, qui dérive du huron (« Ontarí’io »), donc bien avant la création du Canada ou des États-Unis. La province canadienne du même nom a été baptisée à partir du lac, et non l’inverse. Dans le reste du monde, le lac affiche deux noms, le vrai et le fake. Les mauvaises langues retiendront que l’ère de John Ternus à la tête d’Apple débute par un empressement certain à se plier à une injonction de Donald Trump.
Article original, 31/08 – Après le Golfe du Mexique renommé en Golfe d’Amérique en janvier 2025, Donald Trump intervient à sa façon dans la guerre douanière qui l’oppose au Canada avec une mesure de rétorsion symbolique : par décret présidentiel daté du 27 août, il ordonne que le lac Ontario soit renommé lac d’Amérique.
Une nouvelle dénomination appliquée séance tenante
« Le lac Ontario, qui constitue aujourd’hui un atout considérable pour les États-Unis, fait partie intégrante de notre patrimoine national. Ses eaux les plus profondes se trouvant en territoire américain, les États-Unis revendiquent la majeure partie de son volume, écrit Donald Trump. En reconnaissance de cette ressource économique florissante et de son importance cruciale pour l’économie de notre nation et pour son peuple, j’ordonne que le lac soit officiellement rebaptisé Lac Amérique. »
Le décret ordonne spécifiquement la mise à jour sous trente jours du Geographic Names Information System (GNIS), et confie à ce dernier la mission de veiller à ce que l’administration fédérale utilise la nouvelle dénomination, « y compris sur les cartes, les contrats et autres documents et communications des ministères et agences exécutifs ».
Le décret présidentiel a été doublé d’une ordonnance à effet immédiat, émanant du département de l’Intérieur. Le GNIS s’est rapidement exécuté : la fiche dédiée au lac Ontario reflète maintenant la nouvelle dénomination souhaitée par Donald Trump.
Google dit simplement suivre les règles
Google a implémenté le changement samedi 29 août au niveau de Google Maps, mais a choisi d’en limiter la portée, exactement comme pour le golfe du Mexique. Le moteur de recherche s’en est sobrement expliqué :
« Suite à la mise à jour de Google Maps pour refléter les changements de noms publiés dans les sources gouvernementales officielles (GNIS pour les États-Unis), les utilisateurs états-uniens verront « Lake America », les Canadiens continueront de voir « Lake Ontario », et les utilisateurs hors des États-Unis et du Canada verront les deux noms. Ces mises à jour s’inscrivent dans notre politique de longue date concernant les étendues d’eau dont le nom varie d’un pays à l’autre, et leur déploiement est en cours. »
Quid des autres acteurs de la cartographie ? Apple n’a pas encore réagi, mais la firme avait fini par refléter le nouveau nom souhaité par Trump pour le golfe du Mexique en février 2025, en se rangeant, comme Google, derrière le caractère officiel de la dénomination actée par le GNIS. Il est donc probable que son service Plans reflète le nouveau nom du lac Ontario pour les utilisateurs situés aux États-Unis.
D’autres ont choisi de prendre le mors aux dents. MapQuest, acteur historique de la cartographie, affirme qu’il ne changera pas son affichage, et propose en guise de pied de nez un générateur de nouveaux noms pour le lac Ontario.
Kathy Hochul, gouverneure démocrate de l’État de New York, voisin immédiat du lac Ontario, a quant à elle déclaré que son administration n’appliquerait pas le changement.
Guerre d’édition en vue sur OpenStreetMap ?
La question s’est aussi rapidement invitée dans les forums du service collaboratif OpenStreetMap, chez qui l’épisode golfe du Mexique avait entraîné une succession d’éditions doublée d’un long débat.
La discussion dédiée s’oriente vers un consensus similaire à celui trouvé début 2025. Le nouveau nom souhaité par Trump sera bien reflété sur la carte collaborative, mais il est assorti d’un attribut, official_name:en-US=*, qui en limite la portée. En pratique et comme l’explique la documentation dédiée, il faut que le processus de rendu implémenté par le service qui appelle les données OSM réclame spécifiquement cet attribut pour que le nom ressorte. À défaut, la carte conserve le nom usuel.
Doug Ford, premier ministre de l’Ontario, a quant à lui réagi en faisant installer, dimanche, une grande pancarte clamant « Lac Ontario – aujourd’hui et pour toujours ».
Donald Trump a ordonné par décret que le lac Ontario soit renommé lac d’Amérique (Lake America). Google a rapidement implémenté le changement dans son service Maps, mais uniquement pour les internautes basés aux États-Unis. Le lac apparaît toujours comme Lac Ontario pour les Canadiens, tandis que le reste du monde voit les deux dénominations.
Mise à jour 1er/09 – Apple n’aura pas laissé planer le suspense très longtemps. Le constructeur a mis à jour son application Plans pour intégrer la lubie du cartographe en chef de la Maison Blanche. Le lac Ontario est désormais rebaptisé « Lac d’Amérique » dans l’app depuis les États-Unis.
Côté canadien, le grand lac conserve son nom d’origine, qui dérive du huron (« Ontarí’io »), donc bien avant la création du Canada ou des États-Unis. La province canadienne du même nom a été baptisée à partir du lac, et non l’inverse. Dans le reste du monde, le lac affiche deux noms, le vrai et le fake. Les mauvaises langues retiendront que l’ère de John Ternus à la tête d’Apple débute par un empressement certain à se plier à une injonction de Donald Trump.
Article original, 31/08 – Après le Golfe du Mexique renommé en Golfe d’Amérique en janvier 2025, Donald Trump intervient à sa façon dans la guerre douanière qui l’oppose au Canada avec une mesure de rétorsion symbolique : par décret présidentiel daté du 27 août, il ordonne que le lac Ontario soit renommé lac d’Amérique.
Une nouvelle dénomination appliquée séance tenante
« Le lac Ontario, qui constitue aujourd’hui un atout considérable pour les États-Unis, fait partie intégrante de notre patrimoine national. Ses eaux les plus profondes se trouvant en territoire américain, les États-Unis revendiquent la majeure partie de son volume, écrit Donald Trump. En reconnaissance de cette ressource économique florissante et de son importance cruciale pour l’économie de notre nation et pour son peuple, j’ordonne que le lac soit officiellement rebaptisé Lac Amérique. »
Le décret ordonne spécifiquement la mise à jour sous trente jours du Geographic Names Information System (GNIS), et confie à ce dernier la mission de veiller à ce que l’administration fédérale utilise la nouvelle dénomination, « y compris sur les cartes, les contrats et autres documents et communications des ministères et agences exécutifs ».
Le décret présidentiel a été doublé d’une ordonnance à effet immédiat, émanant du département de l’Intérieur. Le GNIS s’est rapidement exécuté : la fiche dédiée au lac Ontario reflète maintenant la nouvelle dénomination souhaitée par Donald Trump.
Google dit simplement suivre les règles
Google a implémenté le changement samedi 29 août au niveau de Google Maps, mais a choisi d’en limiter la portée, exactement comme pour le golfe du Mexique. Le moteur de recherche s’en est sobrement expliqué :
« Suite à la mise à jour de Google Maps pour refléter les changements de noms publiés dans les sources gouvernementales officielles (GNIS pour les États-Unis), les utilisateurs états-uniens verront « Lake America », les Canadiens continueront de voir « Lake Ontario », et les utilisateurs hors des États-Unis et du Canada verront les deux noms. Ces mises à jour s’inscrivent dans notre politique de longue date concernant les étendues d’eau dont le nom varie d’un pays à l’autre, et leur déploiement est en cours. »
Quid des autres acteurs de la cartographie ? Apple n’a pas encore réagi, mais la firme avait fini par refléter le nouveau nom souhaité par Trump pour le golfe du Mexique en février 2025, en se rangeant, comme Google, derrière le caractère officiel de la dénomination actée par le GNIS. Il est donc probable que son service Plans reflète le nouveau nom du lac Ontario pour les utilisateurs situés aux États-Unis.
D’autres ont choisi de prendre le mors aux dents. MapQuest, acteur historique de la cartographie, affirme qu’il ne changera pas son affichage, et propose en guise de pied de nez un générateur de nouveaux noms pour le lac Ontario.
Kathy Hochul, gouverneure démocrate de l’État de New York, voisin immédiat du lac Ontario, a quant à elle déclaré que son administration n’appliquerait pas le changement.
Guerre d’édition en vue sur OpenStreetMap ?
La question s’est aussi rapidement invitée dans les forums du service collaboratif OpenStreetMap, chez qui l’épisode golfe du Mexique avait entraîné une succession d’éditions doublée d’un long débat.
La discussion dédiée s’oriente vers un consensus similaire à celui trouvé début 2025. Le nouveau nom souhaité par Trump sera bien reflété sur la carte collaborative, mais il est assorti d’un attribut, official_name:en-US=*, qui en limite la portée. En pratique et comme l’explique la documentation dédiée, il faut que le processus de rendu implémenté par le service qui appelle les données OSM réclame spécifiquement cet attribut pour que le nom ressorte. À défaut, la carte conserve le nom usuel.
Doug Ford, premier ministre de l’Ontario, a quant à lui réagi en faisant installer, dimanche, une grande pancarte clamant « Lac Ontario – aujourd’hui et pour toujours ».
L’IA générative peut-elle devenir un service public ? La Corée du Sud s’apprête à répondre à cette question. Le pays va en effet proposer aux citoyens un accès gratuit à des services d’IA, avec la promesse de tokens illimités. Un moyen pour Séoul d’atteindre la « souveraineté IA » face aux États-Unis et à la Chine.
Un chatbot gratuit pour chaque citoyen. C’est une des mesures mises en œuvre par le gouvernement coréen, dans le cadre d’un programme plus vaste pour casser la dépendance du pays aux modèles américains et chinois, comme l’explique le Wall Street Journal. Les bots auront des fonctionnalités d’IA classiques, mais ils devront aussi permettre aux utilisateurs de prendre un rendez-vous chez le médecin, recevoir des petites annonces immobilières pour ceux qui veulent déménager, ou obtenir des conseils financiers.
Une IA gratuite, illimitée et souveraine
Les bots donneront aussi aux parents des conseils de contenus éducatifs pour leurs marmots. Les petites entreprises pourront calculer leurs impôts et vérifier leur admissibilité à des programmes d’aide. Ces IA seront en effet connectées aux plateformes gouvernementales, ce qui leur permettra de remplir un rôle de service public, en quelque sorte. Les utilisateurs bénéficieront par ailleurs d’un usage illimité de l’IA.
Séoul a sélectionné trois consortiums, emmenés par les opérateurs télécoms SK Telecom et KT, ainsi que le groupe tech Kakao, éditeur de l’app à tout faire KakaoTalk (elle fait office de messagerie, de réservation de VTC, de gestion bancaire, etc.). Ils n’auront pas le temps de souffler : les premiers bêta-tests auront lieu dès le mois de septembre, avec un déploiement grand public avant la fin de l’année.
Ces trois consortiums recevront un gros coup de pouce de la part de l’État : jusqu’à 512 puces B200 de NVIDIA à se partager. L’État aidera aussi aux coûts de service à partir de l’année prochaine. Chaque acteur prévoit de livrer une application permettant d’accéder à leur chatbot, tout en intégrant cette « IA publique » dans leurs propres outils pour qu’elle soit accessible à un maximum d’utilisateurs. Plus de 20 millions de Coréens utilisent une version gratuite d’un bot IA.
Cette initiative « AI pour tous » fait partie d’un projet plus large visant à développer une « IA souveraine » en Corée du Sud. « À l’ère de l’intelligence artificielle, prendre un jour de retard pourrait signifier prendre une génération entière de retard », déclarait en novembre dernier le président sud-coréen Lee Jae-myung. « Nous faisons actuellement face à une crise urgente, une question de vie ou de mort », soutenait-il devant des parlementaires.
Une question de « survie »
« Seule une course contre la montre nous permettra de survivre. Nous devons sécuriser les éléments fondamentaux de l’intelligence artificielle plus rapidement que n’importe quel autre pays. Les semi-conducteurs, l’IA physique et les centres de données d’IA constituent les trois piliers d’un grand bond en avant. », a-t-il redit fin juin, au moment d’annoncer un gigantesque plan d’investissements dans les usines dédiées à la fabrication de mémoire vive.
Le pays va bâtir des infrastructures, des technologies (puces, LLM) et développer des compétences nationales pour réduire sa dépendance aux modèles étrangers. Le budget de ce programme représente l’équivalent de 6,8 milliards de dollars pour 2026. Un modèle suivi de près par d’autres pays qui ne veulent pas non plus se reposer entièrement sur des systèmes américains ou chinois.
L’IA générative peut-elle devenir un service public ? La Corée du Sud s’apprête à répondre à cette question. Le pays va en effet proposer aux citoyens un accès gratuit à des services d’IA, avec la promesse de tokens illimités. Un moyen pour Séoul d’atteindre la « souveraineté IA » face aux États-Unis et à la Chine.
Un chatbot gratuit pour chaque citoyen. C’est une des mesures mises en œuvre par le gouvernement coréen, dans le cadre d’un programme plus vaste pour casser la dépendance du pays aux modèles américains et chinois, comme l’explique le Wall Street Journal. Les bots auront des fonctionnalités d’IA classiques, mais ils devront aussi permettre aux utilisateurs de prendre un rendez-vous chez le médecin, recevoir des petites annonces immobilières pour ceux qui veulent déménager, ou obtenir des conseils financiers.
Une IA gratuite, illimitée et souveraine
Les bots donneront aussi aux parents des conseils de contenus éducatifs pour leurs marmots. Les petites entreprises pourront calculer leurs impôts et vérifier leur admissibilité à des programmes d’aide. Ces IA seront en effet connectées aux plateformes gouvernementales, ce qui leur permettra de remplir un rôle de service public, en quelque sorte. Les utilisateurs bénéficieront par ailleurs d’un usage illimité de l’IA.
Séoul a sélectionné trois consortiums, emmenés par les opérateurs télécoms SK Telecom et KT, ainsi que le groupe tech Kakao, éditeur de l’app à tout faire KakaoTalk (elle fait office de messagerie, de réservation de VTC, de gestion bancaire, etc.). Ils n’auront pas le temps de souffler : les premiers bêta-tests auront lieu dès le mois de septembre, avec un déploiement grand public avant la fin de l’année.
Ces trois consortiums recevront un gros coup de pouce de la part de l’État : jusqu’à 512 puces B200 de NVIDIA à se partager. L’État aidera aussi aux coûts de service à partir de l’année prochaine. Chaque acteur prévoit de livrer une application permettant d’accéder à leur chatbot, tout en intégrant cette « IA publique » dans leurs propres outils pour qu’elle soit accessible à un maximum d’utilisateurs. Plus de 20 millions de Coréens utilisent une version gratuite d’un bot IA.
Cette initiative « AI pour tous » fait partie d’un projet plus large visant à développer une « IA souveraine » en Corée du Sud. « À l’ère de l’intelligence artificielle, prendre un jour de retard pourrait signifier prendre une génération entière de retard », déclarait en novembre dernier le président sud-coréen Lee Jae-myung. « Nous faisons actuellement face à une crise urgente, une question de vie ou de mort », soutenait-il devant des parlementaires.
Une question de « survie »
« Seule une course contre la montre nous permettra de survivre. Nous devons sécuriser les éléments fondamentaux de l’intelligence artificielle plus rapidement que n’importe quel autre pays. Les semi-conducteurs, l’IA physique et les centres de données d’IA constituent les trois piliers d’un grand bond en avant. », a-t-il redit fin juin, au moment d’annoncer un gigantesque plan d’investissements dans les usines dédiées à la fabrication de mémoire vive.
Le pays va bâtir des infrastructures, des technologies (puces, LLM) et développer des compétences nationales pour réduire sa dépendance aux modèles étrangers. Le budget de ce programme représente l’équivalent de 6,8 milliards de dollars pour 2026. Un modèle suivi de près par d’autres pays qui ne veulent pas non plus se reposer entièrement sur des systèmes américains ou chinois.
Pour la rentrée, Numerama+ revient à 2,49 € par mois, avec un an de Surfshark One offert aux 700 premiers abonnés : VPN, antivirus, bloqueur de traqueurs et plus encore.
Meta joue les pompiers pour sauver la réputation de ses lunettes connectées. Ces produits font l’objet d’un feu nourri de critiques en raison de leur capacité à enregistrer des photos et des vidéos en loucedé ; la réputation catastrophique de l’entreprise en matière de respect de la vie privée fait le reste.
La fausse affiche de publicité mettant en scène Jeffrey Epstein portant les fameuses Ray-Ban connectées avec le slogan ravageur « Les lunettes des gens qui ne demandent pas le consentement » a fait le tour des réseaux sociaux. Cette campagne d’activistes menée à Londres contre les lunettes de Meta n’est que la pointe de l’iceberg. Ces produits, dont le succès commercial a été confirmé par Mark Zuckerberg et son partenaire EssilorLuxottica, posent de sérieux problèmes de confidentialité et de respect de la vie privée.
C’est pourquoi Meta tente de reprendre la main sur la com’ autour de ses lunettes connectées, dont le petit nom – « pervert glasses » – commence à leur coller à la peau. L’entreprise a ainsi lancé une campagne pour sensibiliser le public à l’existence du voyant LED qui s’allume dès que le capteur photo est en marche. Des affiches, placardées là où les lunettes enregistrent de fortes ventes, scandent le message suivant : « La caméra vous permet d’immortaliser l’instant. Le voyant permet à toutes les personnes autour de vous de savoir quand vous le faites. »
Image : Meta
Une vidéo partagée par Meta à The Verge précise que « pas de voyant » signifie « pas d’enregistrement ». Un message que l’entreprise va marteler, car cette loupiote est au cœur de la problématique. Les utilisateurs qui veulent enregistrer des vidéos sans le consentement des personnes aux alentours ont mis au point des techniques élaborées pour empêcher la diode de s’allumer.
C’est devenu un jeu du chat et de la souris avec Meta, qui déploie des correctifs pour empêcher ces bidouilles. Début juillet, la société mettait en ligne un patch empêchant la caméra de se lancer en cas d’altération du témoin lumineux. Autre correctif annoncé ce jeudi 27 août : arrêter la caméra quand la diode est couverte après le lancement d’un enregistrement.
« La caméra ne commence pas à enregistrer si la LED est masquée, mais certaines personnes tentent de contourner cette protection en lançant un enregistrement puis en la couvrant », explique Alex Himel, vice-président à la réalité augmentée chez Meta. On se demande pourquoi il a fallu tout ce temps à l’entreprise pour mettre un terme à cette bidouille si simple.
Le dirigeant indique aussi que Meta continuera à déployer des mises à jour de ce type pour s’assurer que la LED puisse avertir les personnes alentour lorsque des photos ou des vidéos sont enregistrées. « Seule une infime minorité de personnes tente de contourner ces protections, et le fait qu’elles doivent aller aussi loin montre que nos efforts portent leurs fruits », ajoute-t-il.
Meta joue les pompiers pour sauver la réputation de ses lunettes connectées. Ces produits font l’objet d’un feu nourri de critiques en raison de leur capacité à enregistrer des photos et des vidéos en loucedé ; la réputation catastrophique de l’entreprise en matière de respect de la vie privée fait le reste.
La fausse affiche de publicité mettant en scène Jeffrey Epstein portant les fameuses Ray-Ban connectées avec le slogan ravageur « Les lunettes des gens qui ne demandent pas le consentement » a fait le tour des réseaux sociaux. Cette campagne d’activistes menée à Londres contre les lunettes de Meta n’est que la pointe de l’iceberg. Ces produits, dont le succès commercial a été confirmé par Mark Zuckerberg et son partenaire EssilorLuxottica, posent de sérieux problèmes de confidentialité et de respect de la vie privée.
C’est pourquoi Meta tente de reprendre la main sur la com’ autour de ses lunettes connectées, dont le petit nom – « pervert glasses » – commence à leur coller à la peau. L’entreprise a ainsi lancé une campagne pour sensibiliser le public à l’existence du voyant LED qui s’allume dès que le capteur photo est en marche. Des affiches, placardées là où les lunettes enregistrent de fortes ventes, scandent le message suivant : « La caméra vous permet d’immortaliser l’instant. Le voyant permet à toutes les personnes autour de vous de savoir quand vous le faites. »
Image : Meta
Une vidéo partagée par Meta à The Verge précise que « pas de voyant » signifie « pas d’enregistrement ». Un message que l’entreprise va marteler, car cette loupiote est au cœur de la problématique. Les utilisateurs qui veulent enregistrer des vidéos sans le consentement des personnes aux alentours ont mis au point des techniques élaborées pour empêcher la diode de s’allumer.
C’est devenu un jeu du chat et de la souris avec Meta, qui déploie des correctifs pour empêcher ces bidouilles. Début juillet, la société mettait en ligne un patch empêchant la caméra de se lancer en cas d’altération du témoin lumineux. Autre correctif annoncé ce jeudi 27 août : arrêter la caméra quand la diode est couverte après le lancement d’un enregistrement.
« La caméra ne commence pas à enregistrer si la LED est masquée, mais certaines personnes tentent de contourner cette protection en lançant un enregistrement puis en la couvrant », explique Alex Himel, vice-président à la réalité augmentée chez Meta. On se demande pourquoi il a fallu tout ce temps à l’entreprise pour mettre un terme à cette bidouille si simple.
Le dirigeant indique aussi que Meta continuera à déployer des mises à jour de ce type pour s’assurer que la LED puisse avertir les personnes alentour lorsque des photos ou des vidéos sont enregistrées. « Seule une infime minorité de personnes tente de contourner ces protections, et le fait qu’elles doivent aller aussi loin montre que nos efforts portent leurs fruits », ajoute-t-il.
La start-up Operation Bluebird vient de lancer Twitter.now, un réseau social qui reprend le nom et l’oiseau bleu abandonnés par Elon Musk. Le souci ? X affirme toujours posséder la marque Twitter et tente de faire interdire ce retour devant la justice.