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Vue normale

☕️ L’éditeur de Norton et Avast lorgne le géant des noms de domaine GoDaddy

25 septembre 2026 à 05:32


L’éditeur de Norton 360 veut explorer de nouveaux horizons, et ils sont plutôt inattendus : Gen Digital a formulé une offre préliminaire de rachat pour GoDaddy, le géant américain des noms de domaine. Deux métiers très différents donc, mais les deux entreprises sont confrontées aux bouleversements provoqués par l’IA.

Par bien des aspects, Gen Digital et GoDaddy se ressemblent beaucoup. Pas uniquement parce que ces deux entreprises sont basées à Tempe, dans l’État de l’Arizona, avec des capitalisations boursières proches (14 milliards de dollars pour Gen, 13 milliards pour GoDaddy). Ce sont aussi et surtout des sociétés qui incarnent le web old school, celui des antivirus, des noms de domaine et des logiciels utilitaires dont les marques – Norton, LifeLock, Avast – ont traversé les différentes époques jusqu’à aujourd’hui.

Illustration : Flock

Il est toutefois difficile d’imaginer les deux sous un même toit. C’est pourtant ce que compte faire Gen Digital, qui a fait une offre d’achat à GoDaddy, selon le Financial Times. Les discussions n’en seraient qu’au stade préliminaire, et elles pourraient capoter à tout moment. Néanmoins, Gen Digital a entamé une stratégie de diversification : l’entreprise, née de la fusion en 2022 de NortonLifeLock et de son concurrent tchèque Avast, a de l’appétit.

En avril 2025, elle avait sorti le carnet de chèques pour acquérir la fintech MoneyLion dans un deal valorisé à 1 milliard de dollars. On est loin des antivirus. Gen Digital cherche à réduire sa dépendance à un métier historique que l’IA menace de bouleverser.

GoDaddy administre plus de 80 millions de noms de domaine, soit un cinquième du total mondial. La base clientèle est de plus de 20 millions de particuliers et de petites entreprises : un vivier intéressant pour vendre des solutions de sécurité.

Pour GoDaddy, l’opération aurait de quoi redorer la pilule d’une action en berne (- 55 % depuis son pic de janvier 2025 à 215 dollars). La rumeur d’une acquisition lui a d’ailleurs permis de rebondir ce jeudi 24 septembre. Les investisseurs craignent que les outils IA ne grignotent l’activité de l’entreprise. Celle-ci n’est toutefois pas restée sans rien faire : elle a lancé en novembre dernier Airo.ai, un service d’aide à la conception de sites web par l’intermédiaire d’un agent IA.

☕️ L’éditeur de Norton et Avast lorgne le géant des noms de domaine GoDaddy

25 septembre 2026 à 05:32


L’éditeur de Norton 360 veut explorer de nouveaux horizons, et ils sont plutôt inattendus : Gen Digital a formulé une offre préliminaire de rachat pour GoDaddy, le géant américain des noms de domaine. Deux métiers très différents donc, mais les deux entreprises sont confrontées aux bouleversements provoqués par l’IA.

Par bien des aspects, Gen Digital et GoDaddy se ressemblent beaucoup. Pas uniquement parce que ces deux entreprises sont basées à Tempe, dans l’État de l’Arizona, avec des capitalisations boursières proches (14 milliards de dollars pour Gen, 13 milliards pour GoDaddy). Ce sont aussi et surtout des sociétés qui incarnent le web old school, celui des antivirus, des noms de domaine et des logiciels utilitaires dont les marques – Norton, LifeLock, Avast – ont traversé les différentes époques jusqu’à aujourd’hui.

Illustration : Flock

Il est toutefois difficile d’imaginer les deux sous un même toit. C’est pourtant ce que compte faire Gen Digital, qui a fait une offre d’achat à GoDaddy, selon le Financial Times. Les discussions n’en seraient qu’au stade préliminaire, et elles pourraient capoter à tout moment. Néanmoins, Gen Digital a entamé une stratégie de diversification : l’entreprise, née de la fusion en 2022 de NortonLifeLock et de son concurrent tchèque Avast, a de l’appétit.

En avril 2025, elle avait sorti le carnet de chèques pour acquérir la fintech MoneyLion dans un deal valorisé à 1 milliard de dollars. On est loin des antivirus. Gen Digital cherche à réduire sa dépendance à un métier historique que l’IA menace de bouleverser.

GoDaddy administre plus de 80 millions de noms de domaine, soit un cinquième du total mondial. La base clientèle est de plus de 20 millions de particuliers et de petites entreprises : un vivier intéressant pour vendre des solutions de sécurité.

Pour GoDaddy, l’opération aurait de quoi redorer la pilule d’une action en berne (- 55 % depuis son pic de janvier 2025 à 215 dollars). La rumeur d’une acquisition lui a d’ailleurs permis de rebondir ce jeudi 24 septembre. Les investisseurs craignent que les outils IA ne grignotent l’activité de l’entreprise. Celle-ci n’est toutefois pas restée sans rien faire : elle a lancé en novembre dernier Airo.ai, un service d’aide à la conception de sites web par l’intermédiaire d’un agent IA.

Carburants : le blocage des prix, solution miracle ou fausse bonne idée ?

24 septembre 2026 à 13:12
Blocage des prix des carburants : une personne fait le plein de gazole

Avec un gazole, mais aussi une essence, qui battent des records, l’idée d’un blocage des prix des carburants à la pompe revient dans le débat politique. Pourquoi le gouvernement n’en veut pas, et qu’est-ce qui changerait pour les automobilistes ? Surtout, pourquoi c’est impossible en l’état actuel des choses ?

Le diesel a atteint près de 2,40 € le litre en moyenne en France dimanche 20 septembre 2026, un nouveau record, dans un contexte géopolitique qui perturbe fortement les approvisionnements. Plusieurs candidats à la présidentielle de 2027 avancent leurs idées. D’aucuns proposent de bloquer les prix à la pompe, quand d’autres réclament plutôt une baisse des taxes.

Le gouvernement refuse les deux !

Pourquoi le gouvernement juge la mesure « inapplicable »

Le raisonnement est simple : les distributeurs achètent leur carburant au prix du marché mondial, principalement en fonction du marché de Rotterdam aux Pays-Bas.

Si on leur impose de vendre moins cher, ils risquent de cesser de s’approvisionner plutôt que de vendre à perte, ce qui provoquerait des pénuries artificielles, selon le ministre Roland Lescure. Pour rappel, en France, la vente à perte est interdite. Certaines stations indépendantes ont déjà stoppé la distribution devant des prix trop élevés.

Le candidat communiste, Fabien Roussel, a même proposé un blocage du gazole à 1,60 €/l. Alléchant. Cependant, au cours du jour à Rotterdam, la tonne de gazole s’échange à 1 426,50 dollars américains. Avec un dollar à 0,88 €, cela représente 1 255 € la tonne de gasoil. En prenant une densité de 0,830 kg/l pour le gazole B7, cela donne 1 205 litres par tonne, soit un prix de 1,042 €/l de gazole acheté.

Il n’y a pas si longtemps, le GO s’échangeait sous les 50 centimes le litre à la cotation de Rotterdam. C’est plus du double, donc.

Le marché de Rotterdam et un approvisionnement mondial plombent tout

Sur ce prix, il faut ajouter environ 15 centimes pour le transport et la distribution (cela a tendance à grimper avec le prix des carburants pour le transport NDLA), mais aussi les 15 centimes environ de CEE (certificats d’économie d’énergie). On arrive à un carburant à 1,35 €/l hors toutes taxes (sauf CEE).

Ensuite, on ajoute 60,8 centimes d’euro d’accise (ex TICPE, TIPP) pour le gazole (67 c€ pour l’essence) et on arrive à 1,96 €/l HT. La TVA de 20 % achève le tableau pour atteindre 2,35 à 2,40 €/l actuellement.

Dès lors, le blocage des prix à 1,60 €/l ne serait possible qu’en bridant la TVA mais aussi l’accise à 25 centimes. Si les prix à Rotterdam continuent de grimper, il faudrait encore que l’Etat rogne ces taxes.

Juste pour donner un ordre d’idée : 2 c€ de taxe sur les carburants c’est environ 950 millions d’euros par an pour l’Etat. 75 centimes (pour limiter à 1,60 €/l) revient à trouver près de 34 milliards d’euros de recette ailleurs.

Comment fait TotalEnergies ?

TotalEnergies a plafonné ses prix à 1,99 € pour l’essence et 2,25 € pour le diesel. Cela provoque des ruées et même des pénuries locales dans certaines stations. Les patrons de la grande distribution, mais aussi les stations indépendantes dénoncent « une concurrence déloyale ».

Mais comment fait le géant pétrolier pour bloquer ses prix ? Eh bien, c’est en maîtrisant la chaîne de bout en bout, du forage de pétrole au raffinage, à la distribution. En rognant sur ses propres marges et en faisant des bénéfices dans d’autres secteurs que la distribution de carburant, TotalEnergies peut mettre des prix « bas ». Mais vous remarquerez que ce n’est pas 1,60 € pour autant.

D’autres proposent d’interrompre momentanément les CEE carburant. Ce sont environ 15 centimes qui sont répercutés par les distributeurs de carburants pour financer la transition énergétique (et les primes coup de pouce, ex-bonus, pour les véhicules électriques). Néanmoins, cela ne ferait « que » passer le gazole à 2,25 €/l en ce moment. Ce n’est pas magique.

La baisse des taxes, on l’a déjà vue, impose de trouver des dizaines de milliards d’euros, en fonction du curseur. Cela peut être une solution temporaire comme le gouvernement l’avait déjà fait lors de la crise de 2022 après la tentative d’invasion militaire de l’Ukraine par la Russie. Certains pays voisins ont décidé de certaines baisses de taxes temporaires sur les carburants, mais seulement parce que leurs finances le leur permettent, après avoir entrepris de profondes restructurations.

Que propose le gouvernement à la place ?

Des aides ciblées plutôt qu’un prix bloqué pour tous. Annoncées le 22 septembre, elles prolongent les dispositifs existants : l’aide « grands rouleurs » court jusqu’au 31 décembre, elle est élargie à 5,5 millions d’automobilistes, et la prime carburant versée par les entreprises passe de 600 à 1 000 €. L’aide double aussi, avec un équivalent de 40 centimes par litre contre 20 auparavant, soit 100 € pour les mois d’octobre à décembre. Cela représente entre 40 centimes et 1 €/l d’aide selon la distance domicile-travail et la consommation de son véhicule.

L’enveloppe est bien moindre, de l’ordre de 450 millions d’euros pour ce dernier trimestre. Mais ces mesures sont loin de faire l’unanimité. Certains les jugent insuffisantes. La colère sociale commence à se faire entendre. Explosif.

Quelles perspectives à moyen terme ?

Honnêtement, elles ne sont pas bonnes. Surtout que le président Trump envisage de réserver les carburants raffinés aux USA et de bloquer son exportation à l’étranger. Vu que les USA sont les premiers (ou deuxièmes selon les années) raffineurs de gazole au monde avec la Chine, toute interdiction d’exportation de gazole créerait encore plus de tensions sur les marchés mondiaux et ferait grimper les prix d’achat de gasoil.

La France a décidé depuis des années de ne plus faire tourner ses raffineries. Nous en avons 6 en activité contre 21 dans les années 70. Il y a plusieurs facteurs qui ont poussé à ces fermetures. Déjà, les installations étaient plus anciennes, et demandaient des investissements de modernisation. Les raffineurs ont trouvé plus rentable d’investir dans d’autres pays jugés plus attractifs et plus rentables.

Ensuite, il y a la transition énergétique et l’anticipation d’une baisse de la consommation d’hydrocarbures. Cette baisse est par exemple de 26 % entre 2005 et 2024 ! Pourquoi raffiner dans un pays qui ne consomme plus les produits ? Voilà la France (mais il n’y a pas qu’elle) déshabillée et incapable de produire localement un carburant sur lequel elle pourrait imposer un prix de vente.

Toutefois, il faut relativiser (si on veut être optimiste…). En effet, un litre d’essence ou de diesel est certes plus cher qu’en 1975. Cependant, ramené au budget des ménages, ce litre de carburant pèse aujourd’hui beaucoup moins lourd pour les ménages modestes qu’il y a 50 ans. Cela ne change pas les fins de mois, mais remet en perspective cette période de carburants chers à la pompe.

Source : gouv.fr, UFIP, mes cours de maths et de chimie

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☕️ Schneider Electric lance une OPA sur Shelly et ses capteurs connectés

24 septembre 2026 à 08:31


L’entreprise bulgare Shelly, bien connue des amateurs de domotique pour ses capteurs et interrupteurs connectés, devrait passer sous pavillon français.

L’industriel Schneider Electric vient en effet d’annoncer (PDF) une offre publique d’achat (OPA) portant sur au moins 95 % du capital de Shelly Group. Une fois réussie, l’opération permettra à l’acquéreur de procéder au retrait obligatoire des dernières actions cotées, conduisant à une prise de contrôle totale.

Schneider Electric a proposé 70 euros par action pour l’ensemble des titres qu’il ne détient pas déjà. L’opération représente une plus-value relativement modeste par rapport au cours actuel de l’action Shelly Group (cotée à Francfort et à Sofia), qui s’affichait à 64,40 euros le 23 septembre au soir. Elle valorise tout de même l’entreprise bulgare à plus de 1,2 milliard d’euros, et bénéficie du soutien des deux fondateurs de Shelly.

D’après Schneider Electric, ces derniers se sont en effet engagés à apporter les 57 % qu’ils détiennent à eux deux dans l’opération, puis à réinvestir une partie du produit de la cession dans l’entreprise pour au moins trois ans. Comme toujours en pareille circonstance, la transaction reste toutefois subordonnée à l’approbation des autorités bulgares.

Un relais Shelly Pro 4PM – crédit Next

Bien que Shelly dispose d’une activité tournée vers le grand public (interrupteurs Shelly Gen4, modules pour tableau électrique de type Shelly Pro 1PM), c’est principalement le volet entreprises (BtoB) qui semble intéresser Schneider. L’acquéreur indique ainsi :

« L’acquisition permettrait d’associer la plateforme logicielle de gestion de l’énergie domestique de Shelly au leadership technologique de Schneider Electric dans les bâtiments résidentiels, les projets de rénovation et les petits bâtiments commerciaux ».

☕️ Schneider Electric lance une OPA sur Shelly et ses capteurs connectés

24 septembre 2026 à 08:31


L’entreprise bulgare Shelly, bien connue des amateurs de domotique pour ses capteurs et interrupteurs connectés, devrait passer sous pavillon français.

L’industriel Schneider Electric vient en effet d’annoncer (PDF) une offre publique d’achat (OPA) portant sur au moins 95 % du capital de Shelly Group. Une fois réussie, l’opération permettra à l’acquéreur de procéder au retrait obligatoire des dernières actions cotées, conduisant à une prise de contrôle totale.

Schneider Electric a proposé 70 euros par action pour l’ensemble des titres qu’il ne détient pas déjà. L’opération représente une plus-value relativement modeste par rapport au cours actuel de l’action Shelly Group (cotée à Francfort et à Sofia), qui s’affichait à 64,40 euros le 23 septembre au soir. Elle valorise tout de même l’entreprise bulgare à plus de 1,2 milliard d’euros, et bénéficie du soutien des deux fondateurs de Shelly.

D’après Schneider Electric, ces derniers se sont en effet engagés à apporter les 57 % qu’ils détiennent à eux deux dans l’opération, puis à réinvestir une partie du produit de la cession dans l’entreprise pour au moins trois ans. Comme toujours en pareille circonstance, la transaction reste toutefois subordonnée à l’approbation des autorités bulgares.

Un relais Shelly Pro 4PM – crédit Next

Bien que Shelly dispose d’une activité tournée vers le grand public (interrupteurs Shelly Gen4, modules pour tableau électrique de type Shelly Pro 1PM), c’est principalement le volet entreprises (BtoB) qui semble intéresser Schneider. L’acquéreur indique ainsi :

« L’acquisition permettrait d’associer la plateforme logicielle de gestion de l’énergie domestique de Shelly au leadership technologique de Schneider Electric dans les bâtiments résidentiels, les projets de rénovation et les petits bâtiments commerciaux ».

Triche dans les jeux vidéo : un business qui pèse des milliards de dollars

24 septembre 2026 à 06:26
Triche à tous les étages
Triche dans les jeux vidéo : un business qui pèse des milliards de dollars

Les tricheurs pourrissent la vie des joueurs honnêtes et rapportent gros à tout un écosystème opaque. Deux études mises en lumière par l’Agence française pour le jeu vidéo permettent d’évaluer à la louche la valeur générée par cette nébuleuse du cheat.

Dans les jeux multijoueurs, les tricheurs ne se contentent pas de ruiner les parties : ils poussent aussi les éditeurs à installer des solutions anti-triche qui, elles-mêmes, peuvent finir par réduire les performances, la stabilité ou le confort des joueurs honnêtes. Si les motivations des adeptes de la triche sont connues, l’ampleur économique de ce marché parallèle l’est beaucoup moins.

Les outils de triche sont généralement vendus sur abonnement, ce qui peut représenter jusqu’à une centaine de dollars par mois (et parfois davantage). Il faut y ajouter tout un écosystème de services tout aussi payants permettant de contourner le bannissement et acheter un compte existant.

Une économie parallèle organisée en trois piliers

Deux études relayées par l’Agence française pour le jeu vidéo (AFJV) permettent de mesurer l’ampleur de cette activité occulte. La première, publiée en février par le cabinet Intorqa, évalue ce marché entre 5,1 et 13,8 milliards de dollars. Ses estimations ont été reprises dans une seconde étude, publiée le 18 septembre par l’équipe Ricochet d’Activision. Elle est aux premières loges pour évaluer le phénomène : Ricochet est le dispositif anti-triche de Call of Duty, l’une des plus importantes franchises multijoueur au monde.

La pyramide inversée de l’écosystème de la triche par Activision : les développeurs au sommet, qui revendent leurs solutions à des intermédiaires chargés de les distribuer à des revendeurs directs. Ces derniers fournissent ensuite des réseaux et des communautés qui élargissent le marché.

Activision décrit les trois « piliers » de ce marché. Tout d’abord, les solutions de triche en elles-mêmes, commercialisées sous forme d’abonnements mensuels, forfaits hebdomadaires ou offres premium. Ces produits sont souvent marketés comme « exclusifs » ou « privés », bien qu’il s’agisse généralement des mêmes outils. La deuxième catégorie est celle des comptes : « Lorsque les mesures prises à leur encontre retirent les comptes [des tricheurs] de la circulation, le marché cherche aussitôt à les remplacer. »

La demande a fait émerger une véritable économie parallèle autour des comptes volés ou anciens, ou des prêts pour les parties classées et les services de progression accélérée (boosting). Ces comptes sont plus difficiles à obtenir avec les améliorations apportées à leur sécurité, comme l’authentification à deux facteurs et les protections matérielles (TPM 2.0, Secure Boot et l’attestation à distance).

En août, Ricochet a prononcé plus 70 000 nouveaux bannissements matériels de tricheurs. Mais les récidivistes ne manquent pas de ressources pour revenir en piste, et c’est le dernier pilier de l’écosystème. Ces tricheurs peuvent s’équiper de logiciels d’usurpation d’identifiants matériels et d’outils de contournement pour continuer à jouer.

Toutes ces méthodes coûtent cher : certains joueurs peuvent ainsi dépenser des centaines, voire des milliers de dollars pour accéder à des logiciels de triche, à des comptes volés et à des outils de contournement.

Des milliards difficiles à comptabiliser

Reste à savoir ce que cela représente en termes sonnants et trébuchants pour l’ensemble de cette industrie. Un chiffre impossible à établir de manière précise évidemment : il y a trop de variables et trop d’inconnues, comme l’admet le cabinet Intorqa.

Les auteurs ont donc limité leurs recherches à 15 jeux, en croisant trois méthodes : le nombre de bans annoncés par les éditeurs, la proportion supposée de tricheurs parmi les joueurs, et l’activité observée sur les places de marché. Son modèle répète ensuite le calcul 10 000 fois, en faisant varier les paramètres incertains dans des plages jugées plausibles.

Image : Intorqa

Cela leur permet d’établir une fourchette de ce que rapporte les abonnements aux logiciels de triche : une estimation de 3,53 milliards de dollars par an, avec un intervalle de probabilité compris entre 2,08 et 5,75 milliards.

C’est plutôt large, mais cette estimation a au moins l’avantage de mettre des chiffres devant une réalité. Les FPS (jeux de tir à la première personne) et battle royale (type Fortnite) représentent 61 % du total, contre 24 % pour les jeux mobiles et 14 % pour les MMO (jeux massivement multijoueurs). La limite de l’exercice est que cette estimation ne couvre pas tous les genres de jeux ni toutes les régions.

Comme l’expliquait Activision, ces outils de triche ne sont qu’un des piliers de ce marché. Intorqa ajoute donc les services connexes : ventes de comptes, boosting, monnaies et objets virtuels, skins, outils d’usurpation matérielle et transactions réalisées sur des canaux comme Discord ou Telegram.

La méthodologie est beaucoup plus exploratoire, car elle mêle des estimations de revenus, des volumes de transaction et des marchés qui ne relèvent pas tous de la triche (la recharge de jeux mobiles ou le commerce de skin peuvent être tout à fait licites). L’étude donne un chiffre d’affaires compris entre 3 et 8 milliards de dollars, avec une estimation médiane à 5 milliards.

Image : Intorqa

On arrive donc à une valeur comprise entre 5,1 et 13,8 milliards de dollars par an, pour une valeur médiane de 8,5 milliards… « et probablement davantage encore si l’on tient compte des jeux et des régions qui n’ont pas été intégrée [au] modèle », précise Intorqa. Les auteurs concluent que les incitations à tricher ne peuvent qu’augmenter, « à mesure que les jeux deviennent plus compétitifs et que leur monétisation s’intensifie ».

Ils ne voient que deux possibilités pour que l’industrie se tire de ce guêpier : poursuivre la course à l’armement dans un jeu du chat et de la souris qui ne prendra jamais fin, ou « repenser en profondeur la conception, la sécurisation et la monétisation des jeux. » Un vœu pieux.

Triche dans les jeux vidéo : un business qui pèse des milliards de dollars

24 septembre 2026 à 06:26
Triche à tous les étages
Triche dans les jeux vidéo : un business qui pèse des milliards de dollars

Les tricheurs pourrissent la vie des joueurs honnêtes et rapportent gros à tout un écosystème opaque. Deux études mises en lumière par l’Agence française pour le jeu vidéo permettent d’évaluer à la louche la valeur générée par cette nébuleuse du cheat.

Dans les jeux multijoueurs, les tricheurs ne se contentent pas de ruiner les parties : ils poussent aussi les éditeurs à installer des solutions anti-triche qui, elles-mêmes, peuvent finir par réduire les performances, la stabilité ou le confort des joueurs honnêtes. Si les motivations des adeptes de la triche sont connues, l’ampleur économique de ce marché parallèle l’est beaucoup moins.

Les outils de triche sont généralement vendus sur abonnement, ce qui peut représenter jusqu’à une centaine de dollars par mois (et parfois davantage). Il faut y ajouter tout un écosystème de services tout aussi payants permettant de contourner le bannissement et acheter un compte existant.

Une économie parallèle organisée en trois piliers

Deux études relayées par l’Agence française pour le jeu vidéo (AFJV) permettent de mesurer l’ampleur de cette activité occulte. La première, publiée en février par le cabinet Intorqa, évalue ce marché entre 5,1 et 13,8 milliards de dollars. Ses estimations ont été reprises dans une seconde étude, publiée le 18 septembre par l’équipe Ricochet d’Activision. Elle est aux premières loges pour évaluer le phénomène : Ricochet est le dispositif anti-triche de Call of Duty, l’une des plus importantes franchises multijoueur au monde.

La pyramide inversée de l’écosystème de la triche par Activision : les développeurs au sommet, qui revendent leurs solutions à des intermédiaires chargés de les distribuer à des revendeurs directs. Ces derniers fournissent ensuite des réseaux et des communautés qui élargissent le marché.

Activision décrit les trois « piliers » de ce marché. Tout d’abord, les solutions de triche en elles-mêmes, commercialisées sous forme d’abonnements mensuels, forfaits hebdomadaires ou offres premium. Ces produits sont souvent marketés comme « exclusifs » ou « privés », bien qu’il s’agisse généralement des mêmes outils. La deuxième catégorie est celle des comptes : « Lorsque les mesures prises à leur encontre retirent les comptes [des tricheurs] de la circulation, le marché cherche aussitôt à les remplacer. »

La demande a fait émerger une véritable économie parallèle autour des comptes volés ou anciens, ou des prêts pour les parties classées et les services de progression accélérée (boosting). Ces comptes sont plus difficiles à obtenir avec les améliorations apportées à leur sécurité, comme l’authentification à deux facteurs et les protections matérielles (TPM 2.0, Secure Boot et l’attestation à distance).

En août, Ricochet a prononcé plus 70 000 nouveaux bannissements matériels de tricheurs. Mais les récidivistes ne manquent pas de ressources pour revenir en piste, et c’est le dernier pilier de l’écosystème. Ces tricheurs peuvent s’équiper de logiciels d’usurpation d’identifiants matériels et d’outils de contournement pour continuer à jouer.

Toutes ces méthodes coûtent cher : certains joueurs peuvent ainsi dépenser des centaines, voire des milliers de dollars pour accéder à des logiciels de triche, à des comptes volés et à des outils de contournement.

Des milliards difficiles à comptabiliser

Reste à savoir ce que cela représente en termes sonnants et trébuchants pour l’ensemble de cette industrie. Un chiffre impossible à établir de manière précise évidemment : il y a trop de variables et trop d’inconnues, comme l’admet le cabinet Intorqa.

Les auteurs ont donc limité leurs recherches à 15 jeux, en croisant trois méthodes : le nombre de bans annoncés par les éditeurs, la proportion supposée de tricheurs parmi les joueurs, et l’activité observée sur les places de marché. Son modèle répète ensuite le calcul 10 000 fois, en faisant varier les paramètres incertains dans des plages jugées plausibles.

Image : Intorqa

Cela leur permet d’établir une fourchette de ce que rapporte les abonnements aux logiciels de triche : une estimation de 3,53 milliards de dollars par an, avec un intervalle de probabilité compris entre 2,08 et 5,75 milliards.

C’est plutôt large, mais cette estimation a au moins l’avantage de mettre des chiffres devant une réalité. Les FPS (jeux de tir à la première personne) et battle royale (type Fortnite) représentent 61 % du total, contre 24 % pour les jeux mobiles et 14 % pour les MMO (jeux massivement multijoueurs). La limite de l’exercice est que cette estimation ne couvre pas tous les genres de jeux ni toutes les régions.

Comme l’expliquait Activision, ces outils de triche ne sont qu’un des piliers de ce marché. Intorqa ajoute donc les services connexes : ventes de comptes, boosting, monnaies et objets virtuels, skins, outils d’usurpation matérielle et transactions réalisées sur des canaux comme Discord ou Telegram.

La méthodologie est beaucoup plus exploratoire, car elle mêle des estimations de revenus, des volumes de transaction et des marchés qui ne relèvent pas tous de la triche (la recharge de jeux mobiles ou le commerce de skin peuvent être tout à fait licites). L’étude donne un chiffre d’affaires compris entre 3 et 8 milliards de dollars, avec une estimation médiane à 5 milliards.

Image : Intorqa

On arrive donc à une valeur comprise entre 5,1 et 13,8 milliards de dollars par an, pour une valeur médiane de 8,5 milliards… « et probablement davantage encore si l’on tient compte des jeux et des régions qui n’ont pas été intégrée [au] modèle », précise Intorqa. Les auteurs concluent que les incitations à tricher ne peuvent qu’augmenter, « à mesure que les jeux deviennent plus compétitifs et que leur monétisation s’intensifie ».

Ils ne voient que deux possibilités pour que l’industrie se tire de ce guêpier : poursuivre la course à l’armement dans un jeu du chat et de la souris qui ne prendra jamais fin, ou « repenser en profondeur la conception, la sécurisation et la monétisation des jeux. » Un vœu pieux.

Entre appels à ralentir la course et accélération des sorties de modèles, le double discours d’OpenAI et Anthropic

DÉCRYPTAGE - Tout en défendant un nécessaire encadrement de l’IA au Conseil de sécurité de l’ONU, les deux leaders américains accélèrent la sortie de modèles d’IA plus puissants et moins coûteux.

© REUTERS / Kylie Cooper / REUTERS / Carlos Barria

Sam Altman, PDG d’OpenAI (à gauche, en mars, à Washington), et Dario Amodei, cofondateur et PDG d’Anthropic (ici, en septembre, à San Francisco), ont publié mardi les dernières moutures de Claude et de ChatGPT-6.

Jean-Michel Delacomptée : «Retraites : “les vieux” ne méritent pas cette rancœur»

TRIBUNE - Le réquisitoire contre les retraités donne le sentiment d’un désir de vengeance de leurs cadets, s’inquiète l’écrivain, essayiste et universitaire*.

© Fabien Clairefond

Jean-Michel Delacomptée.

Que sont ces marges des raffineurs que la gauche veut taxer ?

DÉCRYPTAGE - Jean-Luc Mélenchon rêve de les bloquer. TotalEnergies rappelle que les raffineries françaises sont plus souvent déficitaires que bénéficiaires

© Rhone energies

Une vue de la raffinerie de Rhône Énergies, à Fos-sur-Mer.

En Afrique, l’Alliance pour une révolution verte “peine à sortir les agriculteurs de la pauvreté”

À l’occasion du 20e anniversaire de cette organisation fédérant des acteurs publics et privés, en vue de transformer les rendements et les revenus des paysans dans 13 pays africains, le bilan est nuancé. La presse souligne notamment une réorientation vers la culture du maïs qui s’est faite au détriment des cultures traditionnelles, plus résistantes face au changement climatique.

© photo TONY KARUMBA/AFP

Un agriculteur dans un champ de maïs, au Kenya.

« Un hôtel sur rail» : Nox, la start-up qui veut inventer le train de nuit pour les voyageurs d’affaires

La compagnie va lancer sa première ligne Hambourg-Munich le 23 mars 2027, avec des sièges transformables en lits. À l’horizon 2035, elle envisage de desservir 100 villes européennes, dont Paris, avec des cabines privatives.

© DR

Une voiture de Nox comprendra trente sièges transformables en lits plats.

Aide carburant : le gouvernement élargit le dispositif des « grands rouleurs » à 5,5 millions de Français

23 septembre 2026 à 07:52
Un homme habillé en polaire rouge, fait le plein d'essence d'une voiture avec un pistolet de pompe a essence vert.

L’aide carburant destinée aux travailleurs qui utilisent leur voiture pour aller travailler est prolongée jusqu’à la fin de l’année 2026. Son montant atteint 100 euros pour trois mois et le dispositif est élargi à 5,5 millions de bénéficiaires potentiels.

Une aide de 100 euros pour octobre à décembre

Le gouvernement a annoncé le 22 septembre le renouvellement de l’aide destinée aux travailleurs « grands rouleurs ». Le dispositif est prolongé pour les mois d’octobre, novembre et décembre 2026.

L’aide forfaitaire atteint 100 euros pour ces trois mois. Elle correspond à une prise en charge équivalente à 40 centimes d’euro par litre de carburant, contre 20 centimes auparavant. Evidemment, ce calcul étatique dépend des kilomètres que vous effectuez.

Le dispositif précédent concernait environ 3 millions de personnes. Avec son élargissement, le gouvernement estime que 5,5 millions de Français pourront désormais en bénéficier.

Des plafonds de revenus relevés

L’aide concerne les personnes qui utilisent leur voiture pour se rendre au travail et qui remplissent les conditions de revenus et de distance prévues par le dispositif. Les plafonds sont relevés.

Pour cette nouvelle période, elle peut concerner les personnes gagnant jusqu’à :

  • 2 050 euros nets par mois pour une personne seule ;
  • 4 070 euros nets par mois pour un couple ;
  • 6 100 euros nets par mois pour un couple avec deux enfants.

Une condition liée à l’utilisation du véhicule s’applique également. Le trajet entre le domicile et le lieu de travail doit représenter au moins 15 kilomètres, ou le véhicule doit être utilisé pour parcourir 8 000 kilomètres par an.

Les bénéficiaires précédents n’ont pas de nouvelle démarche à effectuer

D’un côté, les Français qui ont déjà bénéficié de l’aide de 100 euros couvrant la période d’avril à septembre 2026 recevront automatiquement la nouvelle aide.

Aucune démarche supplémentaire n’est donc prévue pour ces bénéficiaires.

De l’autre côté, pour les autres personnes susceptibles d’entrer dans le dispositif, les modalités de demande restent celles prévues pour l’aide « grands rouleurs ». Cependant, il faut savoir qu’une grande partie des bénéficiaires potentiels n’ont pas fait la demande la première fois. Soit par fierté, soit par manque d’information.

Une aide distincte de la prime carburant versée par l’employeur

Le gouvernement annonce également une évolution de la prime carburant que l’employeur peut verser à un salarié pour ses frais de carburant liés aux trajets entre le domicile et le lieu de travail.

Son plafond de défiscalisation est porté à 1 000 euros, contre 600 euros précédemment. Cette prime peut être versée par l’employeur et bénéficie, dans la limite annoncée, d’une exonération de fiscalité et de cotisations sociales.

Aide carburant : des mesures chiffré à 450 millions d’euros

L’extension de l’aide aux « grands rouleurs » s’inscrit dans un ensemble de mesures annoncées par le gouvernement face à la hausse des prix des carburants.

Ainsi, le coût total annoncé pour ces différents dispositifs atteint 450 millions d’euros. Des mesures spécifiques sont également prévues ou prolongées pour certains secteurs professionnels, notamment le BTP, l’agriculture, les transports, l’aide à domicile et les infirmiers libéraux.

A quand la revalorisation du barème kilométrique ?

La présentation des 100 € comme « 40 c€/l » est trompeuse. En effet, le dernier trimestre à 2×15 km par jour, c’est environ 1 800 km. A 5 l/100 km cela donne 90 litres et donc une aide de plus de 1 € par litre consommé. Sauf que si on passe à 36 km de distance domicile-travail et une consommation de 6 l/100 km, on retombe sur les 40 c€/l.

On a donc une aide ciblée, mais pas équitable. D’ailleurs, le Gouvernement n’a pas (encore ?) parler de revoir le barème kilométrique. Ce barème est celui utilisé pour les frais réels pour les impôts sur le revenu, mais également pour les frais professionnels en entreprise.

La dernière revalorisation du barème kilométrique fiscal date de 2023.

Le barème avait alors été augmenté de 5,4 %. Depuis, il n’a plus été revalorisé : les barèmes sont restés identiques en 2024, 2025 et 2026. Un sacré manque à gagner de ce côté-là également. Mais…motus !

Notre avis, par leblogauto.com

Pourquoi décider d’une aide dite ciblée plutôt que d’une baisse générale qui bénéficierait à tout le monde quel que soit le revenu ou les kilomètres effectués ? Eh bien pour le montant que cela représente évidemment. Avec cette aide ciblée qui peut bénéficier à 5,5 millions de personne, l’Etat s’assure que ce ne sera pas réclamé par tous ces gens.

Une baisse de 2 centimes de taxe sur une année de carburant représenterait environ un « trou » dans les caisses de 950 millions d’euros. On comprend mieux l’aide.

A quand le retour du gazogène ?

Source : Ministère des transports

L’article Aide carburant : le gouvernement élargit le dispositif des « grands rouleurs » à 5,5 millions de Français est apparu en premier sur Le Blog Auto.

Le site de paris Polymarket veut convaincre l’Europe qu’il n’est pas un site de paris

23 septembre 2026 à 06:27
Le pari du lobbying
Le site de paris Polymarket veut convaincre l’Europe qu’il n’est pas un site de paris

Polymarket aimerait se faire une place en Europe, malgré les interdictions d’exercer dans plusieurs pays, dont la France. Si la porte est fermée, pourquoi ne pas essayer la fenêtre ? Le site de paris s’est en effet lancé dans un grand numéro de lobbying sur le Vieux continent.

L’accès à Polymarket est bloqué en France par les FAI depuis cet été, car le site « fait la promotion d’une offre illégale de jeux d’argent et de hasard », reproche l’Autorité nationale des jeux (ANJ). Le régulateur avait ordonné la mise en œuvre du géoblocage en novembre 2024, mais il restait possible d’accéder à la page d’accueil depuis l’Hexagone.

Plusieurs pays européens ont également pris des mesures contre l’accès à Polymarket, à l’instar de l’Espagne. L’entreprise new yorkaise cherche pourtant à se développer à l’international et tout particulièrement en Europe, mais cette expansion se heurte aux législations nationales sur les jeux d’argent.

Une montagne à gravir

C’est pourquoi le site de paris a lancé une vaste campagne de lobbying pour convaincre les autorités européennes et britanniques qu’il devrait être régulé comme un service financier sous la directive MiFID plutôt que comme une plateforme de jeux d’argent et de hasard. Le Financial Times rapporte que des représentants de Polymarket ont rencontré des régulateurs à Londres, à Bruxelles et partout en Europe.

Dans le détail, Polymarket aurait rencontré Verena Ross, la présidente de l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) en juin, ainsi que des responsables de la Commission européenne. L’idée est d’obtenir un agrément pour que les particuliers (dont certains utilisent un VPN pour tout de même parvenir à parier) puissent avoir accès au site.

Capture d’écran de la page d’accueil de Polymarket.

Polymarket estime en effet que ses contrats devraient être assimilés à des produits dérivés plutôt qu’à des paris. Un argument qui a porté aux États-Unis : c’est la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), le régulateur américain des marchés de produits dérivés, qui supervise l’activité de la plateforme. Certains États américains s’y opposent toutefois et cherchent à appliquer au site leur législation sur les jeux d’argent.

Polymarket a rejoint en septembre le lobby Blockchain For Europe et discuterait avec d’autres groupes industriels européens.

Un service gangrené par les délits d’initiés

On ignore encore si cette offensive de lobbying portera ses fruits en Europe continentale, mais la requalification en service financier ne va pas de soi. Polymarket a une montagne à gravir : dans son rapport semestriel publié le 10 septembre (PDF), l’AEMF écrit que les marchés prédictifs sont « gangrenés par les opérations d’initiés » et représentent « des risques concernant la protection des investisseurs et l’intégrité des marchés ».

De l’autre côté de la Manche, le régulateur financier FCA envisage de revoir les règles encadrant l’accès des particuliers aux sites de marchés prédictifs. Il estime toujours que l’interdiction se justifie au regard du caractère spéculatif et du risque élevé qui pèse sur ces options binaires – un produit financier reposant sur une issue « oui ou non ». La FCA pourrait toutefois accepter de superviser les paris sur les événements financiers ou certains événements climatiques.

Les jeux portant sur les résultats politiques ou sportifs continueraient de dépendre de l’autorité de régulation des jeux d’argent. Un distinguo qui ne ferait pas les affaires de Polymarket, dont l’essentiel des revenus provient de ce type de paris.

La plateforme n’est pas étrangère aux controverses et aux manipulations. Pour promouvoir son activité, elle aurait ainsi payé des influenceurs pour produire des contenus bidonnés. C’est aussi le paradis des délits d’initiés : un soldat américain a ainsi été arrêté après un gain faramineux sur la chute du président du Venezuela. En France, une enquête a été ouverte au mois de mai après des paris sur la météo, posés après que des capteurs installés à l’aéroport de Roissy eurent été piratés.

Le site de paris Polymarket veut convaincre l’Europe qu’il n’est pas un site de paris

23 septembre 2026 à 06:27
Le pari du lobbying
Le site de paris Polymarket veut convaincre l’Europe qu’il n’est pas un site de paris

Polymarket aimerait se faire une place en Europe, malgré les interdictions d’exercer dans plusieurs pays, dont la France. Si la porte est fermée, pourquoi ne pas essayer la fenêtre ? Le site de paris s’est en effet lancé dans un grand numéro de lobbying sur le Vieux continent.

L’accès à Polymarket est bloqué en France par les FAI depuis cet été, car le site « fait la promotion d’une offre illégale de jeux d’argent et de hasard », reproche l’Autorité nationale des jeux (ANJ). Le régulateur avait ordonné la mise en œuvre du géoblocage en novembre 2024, mais il restait possible d’accéder à la page d’accueil depuis l’Hexagone.

Plusieurs pays européens ont également pris des mesures contre l’accès à Polymarket, à l’instar de l’Espagne. L’entreprise new yorkaise cherche pourtant à se développer à l’international et tout particulièrement en Europe, mais cette expansion se heurte aux législations nationales sur les jeux d’argent.

Une montagne à gravir

C’est pourquoi le site de paris a lancé une vaste campagne de lobbying pour convaincre les autorités européennes et britanniques qu’il devrait être régulé comme un service financier sous la directive MiFID plutôt que comme une plateforme de jeux d’argent et de hasard. Le Financial Times rapporte que des représentants de Polymarket ont rencontré des régulateurs à Londres, à Bruxelles et partout en Europe.

Dans le détail, Polymarket aurait rencontré Verena Ross, la présidente de l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) en juin, ainsi que des responsables de la Commission européenne. L’idée est d’obtenir un agrément pour que les particuliers (dont certains utilisent un VPN pour tout de même parvenir à parier) puissent avoir accès au site.

Capture d’écran de la page d’accueil de Polymarket.

Polymarket estime en effet que ses contrats devraient être assimilés à des produits dérivés plutôt qu’à des paris. Un argument qui a porté aux États-Unis : c’est la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), le régulateur américain des marchés de produits dérivés, qui supervise l’activité de la plateforme. Certains États américains s’y opposent toutefois et cherchent à appliquer au site leur législation sur les jeux d’argent.

Polymarket a rejoint en septembre le lobby Blockchain For Europe et discuterait avec d’autres groupes industriels européens.

Un service gangrené par les délits d’initiés

On ignore encore si cette offensive de lobbying portera ses fruits en Europe continentale, mais la requalification en service financier ne va pas de soi. Polymarket a une montagne à gravir : dans son rapport semestriel publié le 10 septembre (PDF), l’AEMF écrit que les marchés prédictifs sont « gangrenés par les opérations d’initiés » et représentent « des risques concernant la protection des investisseurs et l’intégrité des marchés ».

De l’autre côté de la Manche, le régulateur financier FCA envisage de revoir les règles encadrant l’accès des particuliers aux sites de marchés prédictifs. Il estime toujours que l’interdiction se justifie au regard du caractère spéculatif et du risque élevé qui pèse sur ces options binaires – un produit financier reposant sur une issue « oui ou non ». La FCA pourrait toutefois accepter de superviser les paris sur les événements financiers ou certains événements climatiques.

Les jeux portant sur les résultats politiques ou sportifs continueraient de dépendre de l’autorité de régulation des jeux d’argent. Un distinguo qui ne ferait pas les affaires de Polymarket, dont l’essentiel des revenus provient de ce type de paris.

La plateforme n’est pas étrangère aux controverses et aux manipulations. Pour promouvoir son activité, elle aurait ainsi payé des influenceurs pour produire des contenus bidonnés. C’est aussi le paradis des délits d’initiés : un soldat américain a ainsi été arrêté après un gain faramineux sur la chute du président du Venezuela. En France, une enquête a été ouverte au mois de mai après des paris sur la météo, posés après que des capteurs installés à l’aéroport de Roissy eurent été piratés.

L’éditorial de Gaëtan de Capèle : «Face au gouffre des retraites des fonctionnaires, le syndrome de l’autruche»

Rapport après rapport, le Conseil d’orientation des retraites (COR) nous a longtemps dit tout et son contraire. Grâce à l’obstination d’un ancien haut fonctionnaire, on découvre un tableau fort différent de celui habituellement présenté.

© Le Figaro

Gaëtan de Capèle.

Nouvelle saignée chez Xbox, Halo et Rare passent sous la coupe d’Activision

22 septembre 2026 à 14:57
Le patrimoine Xbox en pièces
Nouvelle saignée chez Xbox, Halo et Rare passent sous la coupe d’Activision

Nouvelle purge chez Xbox. Après une première charrette de licenciements début juillet, l’activité jeux vidéo de Microsoft poursuit sa réorganisation ou plutôt son « reset ». La potion est amère pour plusieurs studios, dont certains risquent de mettre la clé sous la porte.

En juillet, Xbox s’amputait de cinq studios et annonçait la suppression de 3 200 postes, la moitié immédiatement, le reste durant le courant de l’exercice fiscal en cours (fin juin 2027). Une nouvelle coupe claire a été annoncée ce mardi 22 septembre : 268 licenciements répartis entre les studios Halo, d’autres studios internes chez Xbox, ainsi que dans les équipes de direction et les services centraux.

Matt Booty, le chef des contenus Xbox et bras droit de la directrice générale Asha Sharma, explique que ce nouveau serrage de vis permet au groupe de « réaliser environ les trois quarts de la restructuration ». En plus de ces suppressions de postes, il annonce aussi une réorganisation des studios. Le changement le plus important concerne la franchise Halo, véritable symbole de Xbox : le prochain jeu sera développé directement par Activision, séparément du travail réalisé par le studio pour Call of Duty.

Le prochain Halo sera réalisé par Activision

Les studios Halo (anciennement 343 Industries) n’ont pas su concrétiser les espoirs de renouvellement de la licence créée à l’origine par Bungie. Leur avenir s’écrit désormais en pointillés : Microsoft va les cantonner à un rôle de support pour la communauté de joueurs et la gestion du dernier volet en date, Halo Infinite, sorti en 2021. Activision reprend également World’s Edge, le studio qui développe Age of Empires.

Le poids lourd Bethesda va absorber le studio Obsidian, pour qui il va développer un projet de nouveau Fallout et continuer à alimenter Grounded en contenus frais. Les studios Playground et Turn 10 vont fusionner, ce qui pour le coup a une certaine logique : le premier développe le jeu de course arcade Forza Horizon, le second la simulation réaliste Forza Motorsport. Ils travailleront ensemble sur la franchise Forza ainsi que sur Fable, dont un nouvel épisode sort en février prochain. Sur le versant mobile, King (Candy Crush) absorbe Microsoft Casual Games qui développe et exploite le fameux jeu Solitaire.

Enfin, le dernier changement est certes symbolique, mais il risque de faire saigner les cœurs des nombreux joueurs : Rare va rejoindre Activision. Le studio anglais fondé en 1985 est une institution du jeu vidéo, avec des titres comme Banjo-Kazooie, Donkey Kong Country, GoldenEye 007, Perfect Dark, Killer Instinct… Racheté en 2002 par Microsoft, il continue d’exploiter Sea of Thieves, récemment porté sur PS5. Sous la férule d’Activision, il est difficile d’être optimiste pour l’avenir de Rare.

La restructuration ne s’arrête pas là. Le studio anglais Ninja Theory pourrait fermer ses portes après deux tentatives ratées de revente. Chez Arkane, la consultation avec les salariés dans le cadre d’un PSE se poursuit jusqu’à la fin de l’année pour déterminer le futur du studio français.

La direction de Xbox entend regrouper ses investissements dans les grosses franchises connues, à l’instar d’Elder Scrolls, Halo ou encore Fallout. C’est ce qui explique aussi la reprise du projet Physint d’Hideo Kojima, abandonné par PlayStation il y a quelques jours. Le prochain jeu d’espionnage du créateur de Metal Gear Solid va coûter très cher, ce qui peut paraitre complètement paradoxal pour une entreprise qui taille dans le vif. Mais c’est une question d’image de marque, alors que les mauvaises nouvelles ne cessent de s’empiler.

Nouvelle saignée chez Xbox, Halo et Rare passent sous la coupe d’Activision

22 septembre 2026 à 14:57
Le patrimoine Xbox en pièces
Nouvelle saignée chez Xbox, Halo et Rare passent sous la coupe d’Activision

Nouvelle purge chez Xbox. Après une première charrette de licenciements début juillet, l’activité jeux vidéo de Microsoft poursuit sa réorganisation ou plutôt son « reset ». La potion est amère pour plusieurs studios, dont certains risquent de mettre la clé sous la porte.

En juillet, Xbox s’amputait de cinq studios et annonçait la suppression de 3 200 postes, la moitié immédiatement, le reste durant le courant de l’exercice fiscal en cours (fin juin 2027). Une nouvelle coupe claire a été annoncée ce mardi 22 septembre : 268 licenciements répartis entre les studios Halo, d’autres studios internes chez Xbox, ainsi que dans les équipes de direction et les services centraux.

Matt Booty, le chef des contenus Xbox et bras droit de la directrice générale Asha Sharma, explique que ce nouveau serrage de vis permet au groupe de « réaliser environ les trois quarts de la restructuration ». En plus de ces suppressions de postes, il annonce aussi une réorganisation des studios. Le changement le plus important concerne la franchise Halo, véritable symbole de Xbox : le prochain jeu sera développé directement par Activision, séparément du travail réalisé par le studio pour Call of Duty.

Le prochain Halo sera réalisé par Activision

Les studios Halo (anciennement 343 Industries) n’ont pas su concrétiser les espoirs de renouvellement de la licence créée à l’origine par Bungie. Leur avenir s’écrit désormais en pointillés : Microsoft va les cantonner à un rôle de support pour la communauté de joueurs et la gestion du dernier volet en date, Halo Infinite, sorti en 2021. Activision reprend également World’s Edge, le studio qui développe Age of Empires.

Le poids lourd Bethesda va absorber le studio Obsidian, pour qui il va développer un projet de nouveau Fallout et continuer à alimenter Grounded en contenus frais. Les studios Playground et Turn 10 vont fusionner, ce qui pour le coup a une certaine logique : le premier développe le jeu de course arcade Forza Horizon, le second la simulation réaliste Forza Motorsport. Ils travailleront ensemble sur la franchise Forza ainsi que sur Fable, dont un nouvel épisode sort en février prochain. Sur le versant mobile, King (Candy Crush) absorbe Microsoft Casual Games qui développe et exploite le fameux jeu Solitaire.

Enfin, le dernier changement est certes symbolique, mais il risque de faire saigner les cœurs des nombreux joueurs : Rare va rejoindre Activision. Le studio anglais fondé en 1985 est une institution du jeu vidéo, avec des titres comme Banjo-Kazooie, Donkey Kong Country, GoldenEye 007, Perfect Dark, Killer Instinct… Racheté en 2002 par Microsoft, il continue d’exploiter Sea of Thieves, récemment porté sur PS5. Sous la férule d’Activision, il est difficile d’être optimiste pour l’avenir de Rare.

La restructuration ne s’arrête pas là. Le studio anglais Ninja Theory pourrait fermer ses portes après deux tentatives ratées de revente. Chez Arkane, la consultation avec les salariés dans le cadre d’un PSE se poursuit jusqu’à la fin de l’année pour déterminer le futur du studio français.

La direction de Xbox entend regrouper ses investissements dans les grosses franchises connues, à l’instar d’Elder Scrolls, Halo ou encore Fallout. C’est ce qui explique aussi la reprise du projet Physint d’Hideo Kojima, abandonné par PlayStation il y a quelques jours. Le prochain jeu d’espionnage du créateur de Metal Gear Solid va coûter très cher, ce qui peut paraitre complètement paradoxal pour une entreprise qui taille dans le vif. Mais c’est une question d’image de marque, alors que les mauvaises nouvelles ne cessent de s’empiler.

☕️ Paramount obtient finalement le feu vert pour avaler Warner

22 septembre 2026 à 13:56


Paramount Skydance vient de lever un gros obstacle sur le long chemin vers l’acquisition de Warner Bros. Discovery. Le groupe de David Ellison a trouvé un accord avec la Californie et plusieurs autres États qui tentaient de bloquer l’opération en justice. Le dirigeant, fils de Larry Ellison le cofondateur d’Oracle, a annoncé à ses troupes que la transaction devrait être finalisée dans les deux semaines.

Au terme d’une négociation de plusieurs jours, le groupe Paramount a arraché un accord avec le procureur général de Californie, qui agissait en son nom et celui des procureurs généraux de onze autres États, ainsi qu’avec la Writers Guild of America. « Nous avons obtenu toutes les autorisations nécessaires à cette fusion et pouvons désormais avancer vers sa finalisation », se réjouit-il en annonçant que les studios resteront à Hollywood – il avait en effet menacé de quitter la Californie.

Le château d’eau de Warner Bros, par Silas Lundquist, Licence Unsplash

Le projet d’accord judiciaire entre les deux entreprises et les procureurs, que la juge Araceli Martínez-Olguín doit encore valider, contient un certain nombre d’engagements de la part de Paramount qui s’appliqueront pendant cinq ans (PDF). La nouvelle entité devra sortir en salles au moins 30 films par an, avec une fenêtre d’exclusivité de 45 jours minimum. Si le nombre minimal de sorties n’est pas atteint, le groupe pourrait être obligé de céder Miramax et verser 30 millions de dollars pour chaque film manquant à l’appel.

Ce volume sera difficile à tenir, mais pas impossible : les deux studios prévoient en effet une quinzaine de films de cinéma chacun cette année, contre 19 en 2025.

Un conseil éditorial pas si indépendant

En ce qui concerne l’indépendance de CBS News et de CNN, Paramount créera un conseil de surveillance éditoriale composé de cinq journalistes qui seront nommés par… le conseil d’administration du groupe. En termes d’indépendance, on a probablement fait mieux. Ce conseil pourra définir de grands principes éditoriaux, arbitrer les différends entre journalistes et direction, examiner les questions de biais éditoriaux, et surveiller l’indépendance des rédactions vis-à-vis de la direction, des propriétaires et des actionnaires.

Les premiers pas de ce conseil seront très intéressants à suivre : les Ellison sont des proches de Trump, qui vient d’interdire à CNN l’accès à la salle de presse de la Maison-Blanche au mépris de liberté d’expression inscrite au Premier amendement de la Constitution du pays.

Quoi qu’il en soit, ce conseil de surveillance est une des raisons qui ont convaincu les États américains de mettre fin à leur offensive judiciaire. Sans accord, un procès aurait dû avoir lieu en mars prochain. Cette résolution à l’amiable est une bonne nouvelle pour les finances de Paramount, qui s’était engagé à verser des pénalités de 7 millions de dollars par jour à compter du 1er octobre si l’opération à 110 milliards de dollars (!) traînait en longueur.

La fusion va déboucher sur la création d’un des principaux studios de production audiovisuel au monde. Il contrôlera en effet Paramount et Warner, ainsi que Skydance, Miramax, Nickelodeon, New Line, les studios DC (et bien d’autres actifs), sans oublier l’activité jeux vidéo qui fait partie de la dot sans être une priorité du groupe.

☕️ Paramount obtient finalement le feu vert pour avaler Warner

22 septembre 2026 à 13:56


Paramount Skydance vient de lever un gros obstacle sur le long chemin vers l’acquisition de Warner Bros. Discovery. Le groupe de David Ellison a trouvé un accord avec la Californie et plusieurs autres États qui tentaient de bloquer l’opération en justice. Le dirigeant, fils de Larry Ellison le cofondateur d’Oracle, a annoncé à ses troupes que la transaction devrait être finalisée dans les deux semaines.

Au terme d’une négociation de plusieurs jours, le groupe Paramount a arraché un accord avec le procureur général de Californie, qui agissait en son nom et celui des procureurs généraux de onze autres États, ainsi qu’avec la Writers Guild of America. « Nous avons obtenu toutes les autorisations nécessaires à cette fusion et pouvons désormais avancer vers sa finalisation », se réjouit-il en annonçant que les studios resteront à Hollywood – il avait en effet menacé de quitter la Californie.

Le château d’eau de Warner Bros, par Silas Lundquist, Licence Unsplash

Le projet d’accord judiciaire entre les deux entreprises et les procureurs, que la juge Araceli Martínez-Olguín doit encore valider, contient un certain nombre d’engagements de la part de Paramount qui s’appliqueront pendant cinq ans (PDF). La nouvelle entité devra sortir en salles au moins 30 films par an, avec une fenêtre d’exclusivité de 45 jours minimum. Si le nombre minimal de sorties n’est pas atteint, le groupe pourrait être obligé de céder Miramax et verser 30 millions de dollars pour chaque film manquant à l’appel.

Ce volume sera difficile à tenir, mais pas impossible : les deux studios prévoient en effet une quinzaine de films de cinéma chacun cette année, contre 19 en 2025.

Un conseil éditorial pas si indépendant

En ce qui concerne l’indépendance de CBS News et de CNN, Paramount créera un conseil de surveillance éditoriale composé de cinq journalistes qui seront nommés par… le conseil d’administration du groupe. En termes d’indépendance, on a probablement fait mieux. Ce conseil pourra définir de grands principes éditoriaux, arbitrer les différends entre journalistes et direction, examiner les questions de biais éditoriaux, et surveiller l’indépendance des rédactions vis-à-vis de la direction, des propriétaires et des actionnaires.

Les premiers pas de ce conseil seront très intéressants à suivre : les Ellison sont des proches de Trump, qui vient d’interdire à CNN l’accès à la salle de presse de la Maison-Blanche au mépris de liberté d’expression inscrite au Premier amendement de la Constitution du pays.

Quoi qu’il en soit, ce conseil de surveillance est une des raisons qui ont convaincu les États américains de mettre fin à leur offensive judiciaire. Sans accord, un procès aurait dû avoir lieu en mars prochain. Cette résolution à l’amiable est une bonne nouvelle pour les finances de Paramount, qui s’était engagé à verser des pénalités de 7 millions de dollars par jour à compter du 1er octobre si l’opération à 110 milliards de dollars (!) traînait en longueur.

La fusion va déboucher sur la création d’un des principaux studios de production audiovisuel au monde. Il contrôlera en effet Paramount et Warner, ainsi que Skydance, Miramax, Nickelodeon, New Line, les studios DC (et bien d’autres actifs), sans oublier l’activité jeux vidéo qui fait partie de la dot sans être une priorité du groupe.

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