GOG are giving away Alone in the Dark: The Trilogy to celebrate their Preservation Program | GamingOnLinux
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C’est l’histoire improbable qui agite la presse technologique et militaire française, révélée au grand jour par Vincent Lamigeon. Dans un secteur de la défense verrouillé par des géants et des contrats d’État aux montants souvent astronomiques, une PME alsacienne de 17 employés, ALM Meca, vient de donner une leçon d’agilité industrielle au monde entier. Son nouveau drone, le « Fury », est qualifié de « meilleur drone d’interception au monde » dans sa catégorie. Un appareil qui pourrait jouer un rôle majeur dans la guerre en Ukraine au profit de Kiev, dans un conflit ayant placé les drones en première ligne.
La genèse du projet est en soi une prouesse. Développé en moins d’un an, sur fonds propres, sans aucune subvention de la Direction générale de l’armement (DGA) ni soutien public initial, le Fury affiche des performances qui ridiculisent des programmes dix fois plus coûteux. Propulsé par un microréacteur à kérosène, l’engin atteint la vitesse de 700 km/h, lui permettant de chasser et de neutraliser la plupart des drones en plein vol.
Le succès d’ALM Meca met en lumière une faille dans le modèle traditionnel de l’innovation de défense : la lourdeur administrative face à l’urgence opérationnelle. Dans les conflits modernes ayant démontré la nécessité de solutions anti-drones rapides et peu coûteuses, c’est un petit atelier de mécanique de précision qui apporte la réponse la plus crédible. Le Fury est un véritable manifeste pour la souveraineté industrielle portée par nos PME.
Cette semaine marque un tournant pour l’intelligence artificielle appliquée à la biologie et à la médecine. Deux équipes ont publié presque en même temps des résultats qui lèvent enfin un obstacle majeur. Jusqu’ici, les IA médicales étaient très performantes pour prédire des maladies, mais elles restaient incapables d’expliquer pourquoi elles arrivaient à cette conclusion. On les appelait des « boîtes noires ». Aujourd’hui, ces travaux montrent qu’on peut obtenir des prédictions très précises et comprendre les raisons biologiques qui provoquent certaines pathologies. On passe d’une IA qui « devine » à une IA qui commence à « comprendre » les mécanismes profonds du corps humain.
La première avancée concerne la maladie d’Alzheimer. Une jeune entreprise, Goodfire.ai, a travaillé main dans la main avec Prima Mente et leur modèle appelé Pleiades. Jusqu’à présent, on savait déjà détecter assez bien Alzheimer grâce à des analyses d’ADN par simples prélèvements sanguins. Mais l’IA se contentait de dire « oui ou non », sans jamais indiquer sur quoi elle se basait. Pleiades change cela. Les chercheurs ont découvert que la longueur des minuscules fragments d’ADN circulant dans le sang lance un signal très fort, que personne n’avait imaginé. Ces fragments trahissent déjà la maladie bien avant l’apparition des premiers symptômes visibles (perte de mémoire, etc.). L’IA pointe du doigt un mécanisme biologique concret. Les scientifiques disposent maintenant de nouvelles pistes sérieuses à explorer pour mieux comprendre et peut-être ralentir très tôt les effets de la maladie.

La seconde percée vient de Google DeepMind, avec AlphaGenome, présenté dans la revue Nature. Ce modèle s’attaque à ce qu’on appelle la « matière noire » de notre génome. Ces zones d’ADN, qui ne codent pas directement des protéines, mais qui régulent tout le reste (on les compare souvent à des interrupteurs ou des commandes à distance). Jusqu’ici, les outils devaient choisir entre analyser de très longues séquences d’ADN ou en décrypter chaque lettre. AlphaGenome réussit les deux à la fois. Il lit jusqu’à un million de lettres d’ADN d’un coup et prédit, avec une précision exceptionnelle, comment une petite mutation, même très loin d’un gène, va perturber son fonctionnement et contribuer à une maladie. Cela crée une sorte de carte vivante et dynamique du génome humain, bien plus complète qu’avant.
Or, la grande majorité des variations génétiques liées aux maladies (diabète, cancers, troubles rares, etc.) se trouvent justement dans ces zones non codantes, mal comprises.
Pour les patients, cela pourrait signifier l’obtention de diagnostics beaucoup plus précoces, plus fiables et mieux expliqués, que ce soit pour Alzheimer ou pour de très nombreuses autres pathologies génétiques.
Deux visions opposées de la robotique viennent d’abattre leurs cartes ! D’un côté, de solides machines en titane capables d’œuvrer en travailleurs infatigables ; de l’autre, des amis domestiques en mousse, pensés pour vivre à nos côtés sans nous effrayer.
Les premiers, Helix 02, nous viennent de Figure AI, une entreprise californienne de pointe. Elle propose une avancée impressionnante en matière d’autonomie corporelle. Au lieu de suivre des instructions rigides ou des séquences programmées à l’avance, son robot « comprend » son propre corps en temps réel. Grâce à une IA unique qui transforme directement ce que voient ses caméras (pixels) en mouvements fluides, il marche, manipule des objets, garde l’équilibre et anticipe les obstacles ou les frottements sans aide humaine. Sa démonstration la plus marquante ? Il vide et recharge entièrement un lave-vaisselle dans une cuisine normale, pendant quatre minutes d’affilée, en combinant marche, gestes précis et équilibre, sans jamais s’arrêter ni avoir besoin d’intervention extérieure. On est très loin des robots qui répètent bêtement les mêmes gestes. Ici, l’IA apprend de ses erreurs presque instantanément et agit comme si elle avait un « instinct physique ». Exactement le genre de robot-travailleur qu’on imagine dans les usines, les entrepôts ou même à la maison pour les tâches pénibles du quotidien.
À l’opposé, la start-up new-yorkaise Fauna Robotics a dévoilé Sprout, un humanoïde qui mise tout sur la douceur et la convivialité. Mesurant environ 1 mètre (la taille d’un enfant de 9 ans) et pesant seulement 22 kilos, il est recouvert d’une mousse souple vert sauge, avec des formes arrondies, sans angles durs ni parties qui pourraient pincer. Il bouge doucement, sans bruit agressif, et surtout possède un visage expressif, avec des sourcils motorisés qui montent et descendent pour montrer la surprise, la joie ou l’attention. L’idée est simple mais puissante : créer un robot que nul (et surtout pas les enfants) n’a peur d’approcher, qu’on peut toucher, bousculer sans risque, et qui invite naturellement à l’interaction sociale. Sprout n’est pas fait pour soulever des charges lourdes ou travailler en usine. Il est conçu pour les environnements humains – maisons, hôtels, écoles, boutiques – où l’acceptation et la confiance comptent plus que la force brute. Exit l’image du robot Terminator qui fait froid dans le dos. Sprout est un petit être attachant qui pourrait un jour nous apporter une brosse à dents dans une chambre d’hôtel ou jouer un rôle de compagnon discret.
Ces deux robots, lancés presque en même temps, montrent que la robotique humanoïde ne va pas vers un unique modèle. D’un côté, la quête de performance maximale et d’autonomie totale pour remplacer ou assister dans les tâches physiques exigeantes ; de l’autre, la priorité donnée à la sécurité, à l’émotion et à l’intégration harmonieuse dans notre vie quotidienne. Ensemble, ils préparent un futur où les robots ne seront plus des machines effrayantes ou impersonnelles, mais des partenaires adaptés à chaque usage.
Nombreuses sont les machines qui s’appuient sur une infrastructure invisible mais vitale : le positionnement de haute précision. C’est sur ce terrain que le Néerlandais FreshMiners est en train de réaliser un coup de maître avec le lancement du service « RTKsub », présenté comme le plus grand réseau GPS RTK (pour Real Time Kinematic) commercial au monde.
Pour le grand public, le GPS est cet outil qui nous localise à quelques mètres près. Mais pour l’agriculture de précision, cette marge d’erreur est inacceptable. Un tracteur autonome qui sème des graines ou un drone qui inspecte une infrastructure doit se positionner au centimètre près. Jusqu’à récemment, l’accès aux corrections RTK était coûteux, fragmenté ou limité à des zones géographiques restreintes. FreshMiners, connu initialement pour ses activités dans le minage de cryptomonnaies et dans la gestion énergétique, a pivoté intelligemment en s’appuyant sur l’infrastructure décentralisée de GEODNET pour déployer des stations de base à une échelle inédite.
Les implications sont immédiates pour l’agriculture : réduction drastique des intrants (engrais, pesticides) grâce à un épandage ciblé au centimètre près, optimisation des récoltes et automatisation facilitée des flottes de robots agricoles. C’est l’infrastructure du futur qui se met rapidement en place, transformant chaque parcelle agricole ou couloir aérien pour drones en une grille numérique de haute fidélité.
Et le déploiement de la technologie est rapide : la carte de couverture du service affiche un taux d’accessibilité frôlant les 100 % dans plusieurs pays européens (Pays-Bas, Portugal), où une précision de 2 cm est désormais la norme. Cela avance aussi en France !
Une troisième catégorie d’aéronefs sans pilote s’apprête à voler là où aucune machine n’était censée survivre. L’Empa (Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche), en Suisse, a officialisé la dernière version de son « FireDrone », un appareil conçu pour opérer au cœur des incendies industriels et forestiers.
L’innovation ne réside pas ici dans l’intelligence artificielle ou la vitesse, mais dans la science des matériaux. Le défi technique n’est pas mince : les drones conventionnels voient leurs structures fondre et leurs batteries exploser dès qu’ils ont l’audace de s’approcher un peu trop près d’un foyer intense. Le FireDrone, lui, utilise une isolation inspirée de l’aérogel, un matériau ultra-léger, pour protéger son électronique vitale (moteurs, caméras, capteurs) de la fournaise jusqu’à 200 °C pendant une dizaine de minutes.
Cette technologie offre aux pompiers un « œil » persistant dans l’enfer. Transmettant des données thermiques et visuelles en temps réel depuis l’intérieur d’un bâtiment en flammes ou au-dessus d’un feu de forêt actif, le FireDrone permet de localiser des victimes ou des sources de danger avant même qu’une équipe humaine ne s’engage.
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L’article Électroscope #12 : des drones, des robots et des IA qui révolutionnent la médecine est apparu en premier sur Les Électrons Libres.
C'est l'époque où les Provinces-Unies, cette confédération de sept régions rebelles issues des anciens Pays-Bas espagnols, émergent comme une puissance inattendue sur la scène européenne, au regard de leur taille modeste. Nées de la révolte contre la domination ibérique initiée en 1568 par Guillaume d’Orange, ces territoires du Nord (Hollande, Zélande, Utrecht, etc.) s’affranchissent progressivement d’un empire catholique oppressif pour forger une république protestante, tolérante et commerçante. C’est l’Âge d’or néerlandais, une ère de prospérité fulgurante alimentée par le commerce maritime, les innovations techniques et une flotte qui, prenant la suite de l'Espagne et du Portugal, domine les mers, reliant les Provinces-Unies aux Indes orientales via la Compagnie des Indes orientales, fondée en 1602.
Amsterdam, avec son port à l'activité bouillonnante et ses canaux labyrinthiques, devient le centre névralgique de ce miracle économique et un symbole d'ouverture, attirant marchands, artistes et penseurs de toute l’Europe, dont nombre de réfugiés de l'intolérance, comme Descartes ou John Locke, le père du libéralisme. Cette transformation culmine en 1648 avec le traité de Westphalie, qui consacre l’indépendance formelle des Provinces-Unies, posant les bases des Pays-Bas actuels, un État unifié dont nous avons déjà narré dans ces colonnes la grande habileté économique.
Dans ce paysage d’abondance et d’innovation, une fleur venue d’ailleurs s’impose comme un emblème inattendu : la tulipe. Introduite en Europe occidentale vers la fin du XVIe siècle par l’intermédiaire de l’Empire ottoman, où elle ornait les jardins des sultans et symbolisait la perfection divine, elle arrive aux Provinces-Unies grâce à des botanistes comme Carolus Clusius, qui, en 1593, plante les premiers bulbes à l’Université de Leyde. Rapidement, la fleur captive l’élite néerlandaise. Ses pétales vifs, ses formes variées et ses couleurs chatoyantes, allant du rouge éclatant au jaune doré, en passant par des motifs panachés rares, deviennent un signe de raffinement et de statut social. Dans une société calviniste où la richesse s’affiche discrètement, posséder un jardin de tulipes équivaut à exhiber une fortune subtile.
Au fil du temps, cette fleur transcende son rôle ornemental pour s’ancrer dans l’identité nationale des Pays-Bas. Aujourd’hui encore, les champs infinis de tulipes dans le parc floral de Keukenhof (le plus grand du monde), à l’ouest du pays, attirent des millions de visiteurs. La fleur incarne l’esprit néerlandais, entre exaltation de la beauté éphémère et renaissance éternelle offerte par le printemps. Un rappel de la fugacité de la vie dans une nation où l’eau menace constamment les digues.
Pourtant, au-delà de sa grâce florale, la tulipe joue un rôle central dans l’histoire économique mondiale, marquant les débuts d’une aventure spéculative connue sous le nom de tulipomanie, entre 1634 et 1637.
L’article Comment la tulipe fut à l’origine du capitalisme est apparu en premier sur Les Électrons Libres.
Lorsque l’indépendance de l’Algérie, en juillet 1962, met fin aux essais nucléaires dans le Sahara, la France cherche un nouveau site d’expérimentation. Après étude, le choix se porte sur les atolls inhabités de Mururoa et Fangataufa, en Polynésie française. Il tient surtout à la très faible densité de population de ces lieux. L’île habitée la plus proche, Tureia, compte alors une centaine d’habitants à 100 km, et l’archipel des Gambier, quelques centaines, à 400 km.
Le premier essai atmosphérique, baptisé Aldébaran, a lieu le 2 juillet 1966. Un désastre. Le nuage radioactif dérive vers l’archipel des Gambier au lieu de la direction initialement prévue, provoquant une contamination des populations locales… qui leur est dissimulée, sans leur offrir de protection particulière. Les autorités estiment l’exposition faible – de l’ordre de 5 millisieverts (mSv), proche des limites alors considérées comme acceptables – et préfèrent éviter toute communication susceptible de susciter un rejet populaire contre des essais présentés comme inoffensifs. Des évaluations ultérieures ont confirmé une exposition moyenne autour de 5 mSv, mais avec de fortes incertitudes liées aux habitudes alimentaires des habitants.
Les essais suivants sont mieux contrôlés. Dans la plupart des cas, les panaches radioactifs se dirigent vers l’Amérique du Sud, à plus de 7 000 km. Seuls quelques tirs contaminent Tureia ou les Gambier, sans atteindre le niveau d’Aldébaran. En 1974, lors de la dernière année des essais atmosphériques, c’est Tahiti – à 1 200 km – qui est touchée. Un épisode crucial pour évaluer l’impact sanitaire des tirs. La grande majorité des Polynésiens vit sur la côte ouest de l’île, qui est relativement épargnée grâce à l’absence de fortes précipitations lors du passage du nuage atomique. À l’inverse, la côte est et certaines zones centrales subissent des retombées plus importantes. Les doses estimées restent incertaines (habitudes alimentaires, déplacements), mais sont de l’ordre de 1 mSv à l’ouest et de quelques mSv à l’est.
Ces niveaux de contamination sont-ils réellement préoccupants ? La radioactivité naturelle varie selon les régions, mais elle atteint souvent plusieurs mSv par an. Un scanner médical délivre couramment quelques mSv. Les travailleurs du nucléaire eux-mêmes peuvent recevoir annuellement jusqu’à 20 mSv, et la limite pour le public (hors sources naturelles et médicales) est fixée à 1 mSv sur la même période. Un seuil volontairement très protecteur, et non une valeur au-delà de laquelle le danger devient significatif.

Le manque de transparence (voire les dissimulations des autorités) nourrit pourtant une profonde et compréhensible défiance. Beaucoup de Polynésiens restent convaincus d’un impact sanitaire majeur, certaines associations évoquant même un « crime contre l’humanité ». Pourtant, les données épidémiologiques n’en témoignent pas. La fréquence globale des cancers en Polynésie n’est pas supérieure à celle de la métropole, sauf pour le cancer de la thyroïde, dont l’incidence élevée s’observe aussi dans d’autres régions du Pacifique et semble davantage liée à des facteurs génétiques. Une étude demandée par le gouvernement à l’INSERM conclut que « les rares études épidémiologiques ne mettent pas en évidence d’impact majeur des retombées des essais nucléaires sur la santé des populations polynésiennes ». Un effet faible ne peut être exclu, mais un impact massif est incompatible avec les observations.
Faute de signal épidémiologique clair, on peut recourir aux modèles de risque établis à partir des survivants d’Hiroshima et Nagasaki. Ils suggèrent que l’exposition aux essais aurait pu provoquer quelques dizaines de cancers supplémentaires en Polynésie. À titre de comparaison, la même population connaît naturellement plusieurs dizaines de milliers de ces pathologies. Pour une dose de 1 à quelques mSv, la probabilité de développer un cancer radio-induit reste très faible, bien inférieure à 1 pour 1 000.
Cette analyse rationnelle contraste fortement avec la perception dominante en Polynésie, alimentée par des associations indépendantistes ou antinucléaires. Conscient d’une responsabilité historique, l’État a créé en 2010, via la loi Morin, un dispositif d’indemnisation pour les personnes atteintes de cancers découlant potentiellement des essais conduits. Une commission a examiné chaque dossier, dont la grande majorité n’a pas été reconnue, tant le lien de causalité apparaissait très improbable au vu des doses reçues.
Face à la frustration suscitée par ces refus, la méthodologie a été modifiée, de manière à ce qu’une exposition d’au moins 1 mSv valide la qualité de victime. Une inflexion qui a entraîné une nette hausse des indemnisations, voyant plusieurs centaines de dossiers être acceptés, alors même que la probabilité réelle d’un cancer radio-induit reste hypothétique.
Ce seuil de 1 mSv reste néanmoins hors d’atteinte pour la majorité des habitants de Tahiti, les doses estimées sur la côte ouest — où vit l’essentiel de la population — étant inférieures à ce niveau. Pas de quoi satisfaire la majorité des demandeurs, donc… D’où l’appel à la représentation nationale, sous la forme d’un chantage émotionnel sur ce sujet sensible et culpabilisant pour l’État. Sous l’impulsion des députés Mereana Reid Arbelot (Polynésie française) et Didier Le Gac (Finistère), une proposition de loi a donc été déposée pour faire disparaître ce seuil. Et ce, au prétexte de l’absence de fondement scientifique de celui-ci, au passage fort commode, puisqu’il repose sur l’idée que nul ne peut exclure un rôle de la radioactivité dans la survenue d’un cancer, y compris à faibles doses.
On notera le renversement de la charge de la preuve. Normalement, une personne physique ou morale est considérée coupable si l’on peut démontrer qu’elle est la cause d’un désordre, au-delà d’un doute raisonnable. Ici, l’État est considéré coupable et responsable de la survenue d’un cancer, car on ne peut pas démontrer que ce n’est pas le cas.
Sans surprise, le texte a été adopté à l’unanimité par les 60 députés présents à l’Assemblée nationale le 29 janvier. Il va permettre à plusieurs milliers de personnes ayant vécu en Polynésie à l’époque des essais et ayant développé un cancer d’être officiellement reconnues comme victimes, sans condition de dose minimale. Selon les estimations financières, le coût pour l’État pourrait atteindre l’ordre du milliard d’euros. Rien que ça, alors même que la dette de la France ne cesse d’enfler.
Si cette mesure répond à une attente forte, elle rompt totalement avec une approche scientifique, mais aussi probabiliste. Elle ouvre la voie à des indemnisations pour des cas où la responsabilité des essais apparaît en réalité très improbable. Une politique qui s’exonère des faits et de la rigueur, mais grève réellement les finances publiques sur l’autel de l’émotion…
L’article Polynésie : la bombe à un milliard est apparu en premier sur Les Électrons Libres.