"La maladie continue de circuler et de faire des victimes, plusieurs dizaines de milliers par an."
Ah bon parce que en France elle a disparu magiquement ? Ou juste le gouvernement (et les gens en général) n'en ont plus rien à foutre ?
Voir : https://www.caducee.net/actualite-medicale/16844/covid-19-ou-en-est-vraiment-la-situation-en-2026.html
"Pour autant, le SARS-CoV-2 n’a pas disparu du paysage sanitaire. Sa circulation demeure surveillée, la vaccination reste recommandée pour les personnes les plus vulnérables, et le COVID long continue d’alimenter les travaux de recherche comme les préoccupations cliniques de terrain." (Permalink)
Les violences dont on entendra pas parler à la télé.
Ce ne sont plus des "gardiens de la paix".
Si vous n'êtes pas un homme blanc, cis, hétéro, aisé, valide vous êtes potentiellement une cible pour eux. (Permalink)
Bon ben tiens un truc pas con pour augmenter l'autonomie des ordinateurs portable : Un écran avec un taux de rafraichissement variable de 120 Hz à... 1 Hz.
Pourquoi rafraichir l'écran à 120 images/secondes quand rien ne bouge ? Quand on fait de la bureautique, techniquement une grande partie du temps l'image est fixe (par exemple quand vous êtes en train de taper du texte, techniquement l'écran ne bouge pas 90% du temps).
Comment ils ont fait ?
L'écran contient un film spécial qui empêche les cellules LCD de "perdre" de la charge, ce qui permet de descendre à 1 Hz sans perdre l'image. (cf. https://news.ycombinator.com/item?id=47550856)
C'est ça qu'on veut dans les ordinateurs : Des technologie utiles, pas des puces IA qui bouffent encore plus de batterie. (Permalink)
— Rapport au Congres 2022 — Fortune de la famille Assad (archive administration precedente) — Rapport commande par le Congres — estime la fortune Assad entre 1 et 2 Mds$ (publie partiellement)
— Temoignage de Bill Browder — Fortune de Poutine estimee a 200 Mds$ (2017) — Temoignage sous serment devant la commission judiciaire du Senat — reference principale
Congressional Research Service (CRS) / Congress.gov
— North Korean Cyber Capabilities — inclut Bureau 39 et financement illicite du regime — Rapport CRS sur les capacites nord-coreennes, revenus illicites 500 M a 1 Md$/an
2. Enquetes journalistiques et medias de reference
Reuters
— Khamenei — fond Setad, empire economique de 95 milliards de dollars (2013) — Enquete en 5 parties sur le fond Setad. Reference principale pour la fortune de Khamenei
— Fortune de Kadhafi — cables WikiLeaks Gaddafi Incorporated : interets dans petrole, telecom, hotels et immobilier — Cables WikiLeaks (cable ambassade US mai 2006) relaye par Financial Times et presse internationale
— Assad — 250 M$ en billets physiques achemines vers Moscou sur 21 vols (2018-2019) — enquete Financial Times — Via Irish Times qui cite les documents obtenus par le FT · FT derriere paywall strict
— How Syria Became the Middle East’s Drug Dealer — captagon, 10 milliards de dollars par an (2024) — Enquete sur le role de Maher al-Assad dans le narco-Etat syrien
— Assad — 250 M$ achemines vers la Russie · via Moscow Times citant le FT (WSJ et FT derriere paywall) — Relais de l.enquete FT sur les transferts de cash Syria-Russie 2018-2019
— Des milliards caches par le clan al-Assad — jusqu’a 12 milliards de dollars (decembre 2025) — Bilan un an apres la chute du regime — familles al-Assad et Makhlouf
— Rumeur 60 Mds$ Bitcoin Venezuela — Project Brazen (janvier 2026) et refutation par Nansen et Chainalysis — Pas d’adresse de portefeuille fournie — non verifiable on-chain. Rejetee par les experts
— Donnees salariales par pays — references pour salaires medians — Travailleurs salaries en % de l.emploi — source ILO/Banque mondiale pour comparaisons salariales
— Criminal Justice International Associates (CJIA, 2010) — Fortune famille Chavez — Site hors ligne. Rapport estimant les detournements du clan bolivarien a ~100 Mds$ sur 14 ans via PDVSA. Reference citee dans de nombreux medias
— Trading Economics — Salaires moyens Russie, Bielorussie, Venezuela — Donnees officielles des instituts de statistiques nationaux
— Bill Browder — Notice Rouge (Red Notice), Simon & Schuster, 2015 — Temoignage de premiere main sur les mecanismes d’enrichissement de Poutine via les oligarques
Toutes les estimations de fortune des autocrates sont par nature incertaines — aucun ne déclare sa fortune réelle. Les chiffres compilent sources gouvernementales, enquêtes journalistiques d’investigation, rapports d’experts et témoignages sous serment.
Les fourchettes reflètent le degré d’incertitude : plus une fourchette est large, moins les actifs ont été localisés. Une fourchette comme 70–200 Mds$ pour Kadhafi ou 1–12 Mds$ pour Assad indique que des milliards restent activement recherchés à ce jour.
Les données salariales proviennent de sources officielles (Banque mondiale, Trading Economics, ILO) sauf pour les pays fermés ou en guerre : Corée du Nord (~5–10 $/mois, sources de déserteurs), Cuba (~26 $/mois, salaire d’État officiel 2016) et Syrie (~50 $/mois, estimation Banque mondiale en contexte de guerre civile). Ces estimations sont signalées comme telles dans l’infographie.
Cas particulier — Maduro et la rumeur des 60 Mds$ en Bitcoin : cette affirmation, publiée par Project Brazen en janvier 2026, n’est corroborée par aucune adresse de portefeuille ni donnée on-chain. Les firmes de forensique blockchain Nansen et Chainalysis se montrent sceptiques. Les données publiques vérifiables créditent le Venezuela de 240 BTC officiels (~21 M$). La fourchette 1–5 Mds$ retenue correspond aux actifs documentés par le DOJ américain (>700 M$ saisis) et aux estimations issues d’enquêtes journalistiques indépendantes.Cas particulier — Khamenei à 200 Mds$ : ce chiffre circule dans certains classements mais n’est étayé par aucune source académique ou journalistique sérieuse. L’estimation de référence reste celle de Reuters (2013) sur le fond Setad : ~95 Mds$. Les 200 Mds$ intègrent probablement les revenus futurs de l’IRGC extrapolés sur plusieurs décennies, ce qui constitue une méthodologie non standard.
Pourquoi a-t-on un cancer du poumon sans avoir jamais fumé ? Un cancer du côlon quand on est jeune et en bonne santé ? Pesticides ? Contaminants chimiques ? Sans réponse, les spéculations fleurissent. Sauf qu’aujourd’hui, la science peut identifier les coupables.
« Le cancer est multifactoriel », « on ne sait pas », ou plus brutalement « c’est la faute à pas de chance »… Pendant longtemps, on a répondu à ces interrogations par des formules à moitié satisfaisantes. Ce n’était pas faux, mais cela laissait souvent le patient comme le médecin dans une zone grise, avec le sentiment persistant qu’une pièce du puzzle manquait. Ce flou a aussi ouvert la porte à toutes sortes d’interprétations hâtives, certains s’empressant d’attribuer ces maladies à des causes environnementales supposées, comme les pesticides, ou des contaminants chimiques de l’alimentation, par exemple, sans disposer pour autant de preuves solides, en choisissant bien sûr le produit d’un plaidoyer (glyphosate, acétamipride, cadmium, aspartame, etc.) comme étant LA cause de leur mal.
Depuis quelques années, la génomique change la donne. Elle permet de lire dans l’ADN des tumeurs les traces laissées par les agressions du passé, comme des cicatrices. Tabac, ultraviolets, alcool, certaines toxines, infections virales, vieillissement cellulaire, défauts de réparation de l’ADN : tous ces processus peuvent laisser une empreinte particulière. On appelle cela des signatures mutationnelles. En pratique, ce sont des motifs de mutations suffisamment caractéristiques pour évoquer un mécanisme précis, un peu comme une écriture reconnaissable sur une scène de crime.
Pour comprendre, il faut repartir de la base. Une mutation, c’est le remplacement d’une lettre de l’ADN par une autre. Il existe six types principaux de substitutions : C>A, C>G, C>T, T>A, T>C, T>G. Ces lettres représentent les bases de l’ADN (C pour cytosine, T pour thymine, A pour adénine, G pour guanine). Par exemple, une mutation C>A signifie qu’à un endroit donné, une base cytosine (C) a été remplacée par une adénine (A). Ces changements paraissent minimes, mais accumulés par milliers, ils racontent une histoire. Car toutes les mutations ne se ressemblent pas. Le tabac produit volontiers certaines mutations, notamment de type C>A. Les UV donnent surtout des C>T dans des contextes très particuliers. D’autres agents produisent d’autres profils. C’est ainsi qu’ont été définies plus de 60 signatures dites SBS, pour « single base substitutions ». Certaines sont exogènes, donc liées à des expositions extérieures, comme le tabac (SBS4, et dans certains cancers ORL SBS92), les UV (SBS7a, SBS7b, SBS7c), l’alcool (SBS16). D’autres sont endogènes, c’est-à-dire produites par notre propre biologie : le vieillissement (SBS1, SBS5) ou le stress oxydatif (SBS18) par exemple.
Cette lecture ne sert pas seulement à décrire une tumeur. Elle peut aussi éclairer l’épidémiologie. Car si l’on retrouve la même signature chez de nombreux patients d’un même pays, d’un même environnement ou d’une même tranche d’âge, on commence à relier des expositions réelles à des cancers réels. C’est une épidémiologie d’un nouveau genre, fondée non plus seulement sur des associations statistiques, mais sur des cicatrices inscrites dans le génome tumoral.
Premier exemple, fascinant : le cancer du poumon chez les non-fumeurs. Une très grande étude internationale a analysé 871 tumeurs pulmonaires chez des personnes n’ayant jamais fumé, recrutées dans 28 lieux sur 4 continents. Le résultat est important, car il bouscule plusieurs idées reçues. D’abord, le tabagisme passif ne laisse qu’une trace mutagène très faible. Parmi 250 personnes exposées à la fumée passive, seules 3 présentaient la signature tabagique SBS4, soit 1,2 %, sans association nette entre exposition passive et signature spécifique. En revanche, dans les zones les plus exposées aux particules fines PM2.5, on observe davantage de signatures proches de celles du tabac, avec une hausse de 3,9 fois pour SBS4 mais de 76 % pour SBS5… une signature du vieillissement. Autrement dit, la pollution atmosphérique peut laisser dans le poumon du non-fumeur une blessure moléculaire qui ressemble en partie à celle de la cigarette ou du vieillissement normal, comme si l’air pollué avait accéléré le temps.
L’étude contient une autre surprise. Une signature appelée SBS22a, liée à l’acide aristolochique, a été retrouvée presque exclusivement à Taïwan : 32 des 36 cas positifs, soit 88,9 %. L’acide aristolochique est une toxine issue de certaines plantes utilisées dans des préparations médicinales traditionnelles. On connaissait déjà son rôle dans des cancers du rein, de la vessie ou du foie. Le fait de retrouver sa signature dans des cancers pulmonaires de non-fumeurs est inattendu. Et surtout, cette signature est enrichie parmi les mutations précoces, ce qui suggère une exposition ancienne, susceptible d’avoir participé à l’initiation du processus tumoral. Voilà un exemple parfait de cause cachée : l’agent a disparu depuis longtemps, mais son empreinte est restée dans l’ADN.
Deuxième exemple : les cancers colorectaux chez les moins de 50 ans. Une étude portant sur 981 cancers colorectaux dans 11 pays, dont 802 formes microsatellites stables analysées en détail, montre que chez les sujets jeunes certaines signatures sont davantage représentées, en particulier SBS88, liée à la colibactine, une toxine produite par certaines souches de la fameuse bactérie Escherichia coli (E. coli). Ces signatures sont 3,3 fois plus fréquentes avant 40 ans qu’après 70 ans. Elles semblent apparaître tôt dans l’histoire tumorale. Et surtout, il n’existe pas forcément de bactérie détectable au moment du diagnostic. Autrement dit, une exposition ancienne du microbiote intestinal a pu avoir lieu dans l’enfance ou au début de l’âge adulte, laisser des lésions durables, puis disparaître. C’est une idée très forte : la bactérie n’est plus là, mais le cancer garde la mémoire de son passage.
Troisième exemple : les cancers ORL. Là encore, les signatures mutationnelles permettent de remettre de l’ordre dans ce qui paraissait confus. Dans une étude portant sur 265 cancers de la tête et du cou, les signatures du tabac SBS4 et SBS92 étaient retrouvées respectivement dans 33,6 % et 7,6 % des cas. La signature liée à l’alcool, SBS16, était présente dans 19,2 % des cas. Ces signatures du tabac et de l’alcool étaient enrichies parmi les mutations précoces, ce qui est compatible avec un rôle initiateur. L’étude montre aussi que l’alcool seul pèse peu, mais que son effet mutagène semble renforcé par l’exposition concomitante au tabac.
Et chez les non-fumeurs, non-buveurs ? Là encore, l’ADN parle. Dans les cancers de l’oropharynx liés au HPV (papillomavirus qui entraînent aussi des cancers du col de l’utérus), les signatures dominantes sont SBS2 et SBS13, liées à l’activité d’APOBEC, une famille d’enzymes cellulaires activées notamment dans le contexte d’infection virale. Même chez des fumeurs, les cancers HPV positifs gardaient un profil plus proche de l’infection virale que du tabac. Cela veut dire quelque chose de très concret : ce n’est pas parce qu’une personne fume que son cancer est forcément un cancer « du tabac ».
Ces travaux changent plusieurs choses à la fois. Ils améliorent la prévention, en renforçant des messages très concrets : vaccination contre le HPV, lutte contre la pollution atmosphérique là où c’est identifié comme lié (Pékin n’est pas Aix-en-Provence), vigilance sur certaines expositions toxiques, compréhension du rôle du microbiote. Ils améliorent aussi notre lecture des causes. Le hasard ne disparaît pas, bien sûr. Il existe toujours une part de stochasticité dans la survenue des mutations et toutes les altérations ne conduisent pas à un cancer. Une exposition mutagène agit souvent comme un accélérateur, un booster, sur un terrain biologique déjà en mouvement. Mais cette part de hasard recule lorsque l’on peut montrer une signature précise, datable, cohérente avec une exposition donnée.
Ils changent aussi le regard porté sur les malades. Non, tous les cancers ne sont pas la conséquence d’un mauvais choix personnel. Certains reflètent des expositions involontaires, parfois très anciennes, parfois oubliées, parfois invisibles. C’est une manière de déculpabiliser sans nier la complexité.
Enfin, ces données imposent une forme de rigueur intellectuelle. Beaucoup de débats publics attribuent aujourd’hui tel ou tel cancer à un facteur environnemental supposé sur la seule base d’études observationnelles. Or une association statistique n’est pas une cicatrice moléculaire. Pour certains agents, on dispose désormais de signatures robustes, reconnaissables dans l’ADN tumoral. Pour d’autres, non. Cela ne veut pas dire qu’ils sont hors de cause, mais simplement qu’à ce jour, on n’a pas encore la preuve mutationnelle spécifique de leur rôle. C’est particulièrement important lorsqu’on passe du terrain scientifique au terrain médico-légal. On a ainsi vu le cas d’une infirmière dont le cancer du sein a été indemnisé au titre de son exposition prolongée au travail de nuit. Que le travail nocturne soit un facteur de risque probable ou reconnu est vrai. Mais affirmer qu’il est la cause de ce cancer précis en est une autre. On retrouve la même difficulté dans les cancers reconnus en Polynésie française après les essais nucléaires : il existe un dispositif spécifique d’indemnisation pour plusieurs cancers radio-induits chez les personnes exposées, ce qui relève d’une logique de réparation fondée sur une exposition possible et un faisceau d’arguments, mais cela ne revient pas à démontrer pour chaque tumeur individuelle une signature mutationnelle formelle attribuant avec certitude ce cancer précis aux retombées des essais. En l’absence d’une telle trace spécifique, la justice peut choisir que le doute doit bénéficier au patient, ce qui relève du droit et de la réparation. Mais cela ne suffit pas à établir une preuve scientifique de causalité individuelle.
Aujourd’hui, le cancer n’est plus seulement une énigme clinique. C’est aussi une histoire inscrite dans l’ADN tumoral. Une histoire que l’on commence à savoir lire. Certaines tumeurs portent la marque d’un polluant respiré, d’une bactérie disparue, d’un virus ancien, d’une toxine végétale oubliée, ou simplement du temps qui passe. Cette lecture nouvelle ne relève pas de la fascination technologique. Elle ouvre des portes concrètes : mieux prévenir, mieux comprendre, parfois mieux réparer, et surtout éviter les faux procès comme les fausses certitudes.
Remerciements au Pr Jacques Robert pour sa relecture et ses suggestions, ô combien précieuses.
Expérience : Visiter un site français en bloquant tous les paquets à destination de serveurs américains.
Spoiler: ça ne se passe pas bien. 71% des sites sont cassés.
On est globalement beaucoup dépendant des américains. (Permalink)
"la Cour estime que la manière dont le droit français permet de prendre les empreintes digitales et la photographie des personnes arrêtées est disproportionnée et contraire au droit de l’UE." (Permalink)
Ce qui est particulièrement stupide car:
1) une carte de crédit n'est pas un document officiel.
2) tout le monde n'en a pas forcément une (et certains ont une carte de *débit*... qui n'est donc pas acceptée.)
Finalement Microsoft décide qu'il va utiliser tout ce que vous faites sur GitHub pour entraîner ses IAs. Parce que pourquoi se faire chier à demander, hein.
EDIT: Cela pourrait être illégal en Europe. Affaire à suivre. (Permalink)
Un secteur de la tech qui domine le monde, attirant les plus grands talents de la planète. Une monnaie incontournable, permettant un endettement quasi illimité. Trump est-il en train de détruire les incroyables atouts américains ? Et surtout : pourquoi ?
Rio, 15 août 2016. Usain Bolt, l’homme le plus rapide de l’Histoire, celui dont les foulées fendaient l’air comme des lames, dont chaque fibre musculaire est le fruit de milliers d’heures d’entraînement, de sacrifices et de discipline, est en passe de s’élancer sur la finale olympique du 100 mètres. Tout le désigne comme l’ultime favori pour devenir triplement médaillé dans l’épreuve reine d’athlétisme. Imaginez maintenant qu’à quelques secondes du départ, en mondovision, il attrape une scie électrique et décide de se couper une jambe. L’image est absurde. Elle représente pourtant ce que les États-Unis font aujourd’hui à leur propre économie : amputer, un à un, les piliers de leur puissance.
En apparence, tout va bien outre-Atlantique. La croissance du PIB pour 2026 est estimée à au moins 3,5 % par le secrétaire au Trésor Scott Bessent, l’inflation semble contenue autour de 2,8 % et le chômage se maintient autour de 4,3 %. Des indicateurs macros qui enthousiasment un Donald Trump y voyant le signe de la bonne santé historique de l’économie américaine. Mais à y regarder de plus près, le constat n’est pas si reluisant.
La croissance américaine ne tient aujourd’hui que sur une seule jambe : l’écosystème de l’IA. Jason Furman, professeur d’économie à Harvard, estime ainsi que si l’on retirait les investissements liés à l’IA (data centers, logiciels, équipements informatiques, etc.), la croissance américaine au premier semestre 2025 n’aurait été que de 0,1 % (contre 1,2 % observé). Elle n’a d’ailleurs été que de 2,1 % sur l’année complète (contre 2,8 % en 2024). Une faible croissance qui, en plus, est très pauvre en termes d’emplois : seulement 180 000 ont été créés l’année dernière, contre 1,5 million en 2024 (et 580 000 attendus), un des niveaux les plus bas enregistrés ces vingt dernières années. Quant à l’indice de confiance des consommateurs, il frôle lui aussi ses niveaux les plus faibles observés ces dernières années, montrant que les Américains ont rarement été aussi pessimistes qu’aujourd’hui.
La dépendance américaine à l’IA est semblable à ce que l’on a connu à l’heure de la bulle internet. La hausse globale des investissements a augmenté de 2,6 % au dernier trimestre 2025, mais avec de fortes disparités. Les dépenses en équipements informatiques et en communication ont bondi de 61 %, quand celles des autres segments ont chuté de 17 %. Un repli généralisé et inquiétant selon les analystes américains.
La bonne santé de l’économie américaine est donc tributaire d’une technologie arrivée en trombe sur le marché il y a seulement trois ans. Comme le disent les investisseurs financiers chevronnés, « un manque de diversité dans l’exposition de ses placements augmente le risque de subir un retournement de conjoncture important ». Nos grands-mères, qui n’ont jamais lu Markowitz, le résument plus simplement : « Pour éviter la casse, on ne met pas tous ses œufs dans le même panier. »
Cette hyper-dépendance est d’autant plus inquiétante qu’elle est concomitante au sabordage complet de l’économie américaine réalisé en trois actes par le président lui-même.
Premier acte : les droits de douane. Se référant à une lecture simpliste du Larousse, le président Trump y voit simplement une taxe prélevée sur un produit importé. Il affirme ainsi que ce sont les pays exportateurs qui s’en acquittent, et que cela participe à rééquilibrer la balance commerciale des États-Unis avec le reste du monde (déficitaire en ce qui concerne les biens — ils importent plus de biens qu’ils n’en produisent —, mais exportatrice de services, ce qui équilibre le tout).
Malheureusement, la réalité est plus complexe, et les droits de douane, passant en moyenne de 2,6 à 9,8 % en 2025, ont été supportés en réalité à 90 % par les ménages et les entreprises américaines, absorbés à 30 % par les marges des entreprises et à 70 % par une augmentation des prix. Le tariff (à savoir le droit de douane, présenté d’ailleurs comme le plus beau mot de la langue anglaise par Donald Trump), alors qu’il visait initialement à financer une forte baisse de l’impôt sur le revenu, se retrouve in fine à réduire les marges des entreprises et à baisser le pouvoir d’achat des ménages. Donald Trump a ainsi réussi le tour de force de prélever 200 milliards de dollars en 2025 sur l’économie américaine en faisant passer cela pour une mesure d’augmentation du revenu. Un coup de génie.
Deuxième acte : le déficit public. Ce n’est certainement pas le point sur lequel les Français peuvent donner des leçons, mais force est de constater que les Américains font pire que nous. Le déficit fédéral devrait atteindre 5,8 % en 2026 (soit 1 900 milliards de dollars), loin au-dessus de la moyenne historique de 3,8 %. La dette publique a de son côté franchi 101 % du PIB et devrait progresser de 20 points d’ici dix ans. Les seuls intérêts de la dette représentent désormais 3,3 % du PIB, et grimperont à 4,6 % en 2036 (c’est la dépense fédérale augmentant le plus vite).
À l’inverse des pays dépensiers comme la France, les États-Unis pouvaient se le permettre, protégés par « le privilège exorbitant du dollar » comme le dénonçait Valéry Giscard d’Estaing. Ce bouclier ultime protège les États-Unis d’une crise de financement et s’assure qu’on leur prêtera toujours à des taux favorables, car le dollar fait office de monnaie de réserve mondiale. Dit autrement, tout le monde étant en équilibre sur la branche, personne n’a intérêt à ce qu’elle se fragilise pour éviter la chute.
Pourtant, c’est celui qui dépend le plus de sa stabilité qui a décidé de la scier, après avoir demandé à tout le monde de se poser ailleurs. Donald Trump et son principal conseiller économique Stephen Miran ont ainsi décidé, dans la chaleur du Bureau ovale, qu’affaiblir le dollar était une bonne idée. Si cela se justifie pour attirer des capitaux étrangers, c’est une folie de le faire au moment où vous vous endettez : cela conduit à un appauvrissement du pays. Résultat, la part du dollar dans le total mondial des monnaies est passée de 70 % en 2000 à 57 % aujourd’hui.
S’additionnant aux autres décisions baroques en la matière, comme le retrait de l’OMC, l’attaque contre l’indépendance de la Fed qui nuit à la crédibilité du dollar ou l’aliénation de ses principaux alliés, cette incitation à ne plus utiliser le dollar revient à fissurer le principal bouclier protégeant l’économie américaine et à débrancher l’assurance-vie de sa propre dette. Quand le dollar cessera d’être indispensable, les taux d’intérêt que le monde exigera de l’Amérique cesseront d’être cléments. Et ce jour approche.
Troisième acte, le plus grave à long terme : le sabordage de l’attractivité scientifique. L’avantage comparatif le plus précieux de l’Amérique n’est pas son pétrole de schiste, ni sa puissance militaire, ni la beauté de ses paysages, ou encore moins sa gastronomie, mais sa capacité à attirer les meilleurs cerveaux du monde dans ses universités et ses laboratoires. L’effet de cluster qui y réside constitue l’attractivité principale pour ces derniers. En vous installant aux États-Unis, vous avez la certitude de côtoyer les meilleurs de votre discipline et de progresser de manière exponentielle à leurs côtés. C’est cela qui a façonné les plus grandes réussites américaines récentes, de la création de la Silicon Valley à l’émergence de l’IA générative, en passant par l’avance prise en matière de biotechnologies.
Là encore, l’administration Trump a décidé qu’il était temps d’en finir avec ce moteur de l’économie américaine, en s’attaquant aux visas distribués aux étudiants et chercheurs étrangers, à la grande colère d’Elon Musk. En 2025, les inscriptions dans les universités américaines provenant de ces étudiants ont chuté de 17 % (après avoir diminué de 7 % en 2024). En parallèle, 6 000 visas de ce type ont été révoqués et l’administration a instauré un plafond de quatre ans pour ceux qui restent, rendant quasi impossible la poursuite de leurs travaux jusqu’au doctorat, venant ainsi fragiliser durablement le mécanisme de recherche fondamentale dans les prochaines années. Une aubaine pour le Canada, l’Australie et l’Europe qui accueilleront à bras plus qu’ouverts les futurs cerveaux qui penseront et développeront les technologies de rupture à venir, dans la conduite autonome, les NGT, le quantique, la fusion nucléaire, le spatial et l’IA générative.
Une seule question nous anime : pourquoi ? La réponse n’est ni géopolitique, ni idéologique, ni fantaisiste (même si la thèse de l’agent double ou d’une victime d’un kompromat prend de l’épaisseur), elle est simplement électoraliste, au sens le plus étroit du terme. Pour plaire à son cœur électoral, les ouvriers de la Rust Belt, cette ceinture industrielle du Midwest ayant vu ses usines fermer les unes après les autres et leurs emplois disparaître, Donald Trump est prêt à sacrifier tous les fondamentaux américains préparant la croissance de demain. Il promet ainsi le retour des manufactures sur le sol américain en misant sur le fait que les droits de douane pousseront les entreprises à y localiser leur production pour y échapper, mais aussi la protection contre l’immigration illégale par la restriction de l’attribution de visas et la préférence nationale par le repli commercial.
On pourrait objecter que la réindustrialisation a un coût à court terme et un gain à long terme. Sauf que les chiffres disent l’inverse. Les ouvriers n’ont pas plus de travail, la production manufacturière n’a progressé que de 1,4 % sur un an et le taux d’utilisation des capacités de production stagne à 76,3 %, soit 3,1 points en dessous de la moyenne des années allant de 1976 à 2025. Les droits de douane ne recréent pas un tissu industriel, ils renchérissent les importations des entreprises qui fabriquent encore. La restriction des visas ne protège pas l’emploi ouvrier, elle assèche le vivier d’ingénieurs qui conçoivent les produits de demain.
Ce que fait Donald Trump, c’est sacrifier les avantages comparatifs de son pays, les revenus de la décennie suivante pour financer l’illusion du mandat en cours. C’est un peu comme si un bellâtre venant de toucher un gros héritage décidait de tout dépenser en une nuit pour séduire une conquête éphémère plutôt que d’épargner et de préparer son avenir. La Rust Belt n’aura pas ses usines et l’Amérique aura perdu ses chercheurs, affaibli sa monnaie et alourdi sa dette. Et quand la facture arrivera, ce sont ces mêmes électeurs, ceux aux moindres ressources, qui la paieront le plus cher.
Nous pouvons néanmoins remercier Trump à deux titres. Parce qu’il offre aux enseignants en économie un cas d’école parfait de tout ce qu’il ne faut pas faire à la tête d’un pays, un manuel grandeur nature qui sera étudié pendant des années dans les amphithéâtres. Et parce qu’il permet à la France et à l’Europe, malgré leurs faiblesses, de reprendre une place de choix dans le grand bal des nations, nous offrant la possibilité d’attirer des talents développant les innovations qui assureront notre prospérité économique.
L’histoire aime se répéter. En 1930, le Smoot-Hawley Tariff Act releva massivement les droits de douane américains, provoquant des représailles en cascade et aggravant la Grande Dépression. Près d’un siècle plus tard, les mêmes réflexes produisent les mêmes effets, à une échelle décuplée par la dette et l’interconnexion financière mondiale.
Les États-Unis restent pour le moment la première puissance économique du monde. Mais même Usain Bolt ne peut courir un 100 mètres sur une seule jambe. Une grande nation peut survivre aux crises extérieures. Elle survit rarement aux blessures qu’elle s’inflige elle-même.
minimaliste13@minimaliste13.cpesr.frposted: RT si toi tu n'as jamais eu à regretter d'avoir réaffirmé ton soutien inconditionnel à un crime de guerre, ni d'avoir organisé une minute de silence pour un nazi.
Quoted post from Le HuffPost@huffingtonpost.fr: Les regrets de Yaël Braun-Pivet après la minute de silence pour Quentin Deranque
La version 11 de Wine, ce n'est pas juste une accumulation de petits patchs. C'est un game-changer (haha désolé pour le jeu de mots pourri).
Les changements importants:
- NTSYNC est implémenté. Si vous avez un noyau 6.14 ou plus récent, Wine pourra utiliser NTSync au lieu de esync/fsync. Si vous utilisiez déjà esync/fsync vous ne verrez pas beaucoup de différence (mais ntsync est plus propre), mais dans le cas contraire cela améliore les performances dans certains jeux de manière spectaculaire.
- WoW64 est terminé. Vous n'avez donc plus à jongler entre librairies système 32 et 64 bits dans les préfixes Wine. Installez tout en 64 bits, et les applications 32 bits fonctionneront tel quel. C'est particulièrement intéressant pour faire tourner les anciens jeux.
- et il y a bien entendu encore des tas d'autres améliorations (support Wayland, support contrôlleurs, etc.)
Si vous étiez sous Wine 9 ou 10, je vous encourage fortement à passer à la 11.
Contexte : Wine est un logiciel Linux qui permet de faire fonctionner les applications et jeux Windows sous Linux sans avoir besoin d'installer Windows. Plus de 90% des jeux Windows existants tournent sans problème dans Wine.
Pour voir si le module ntsync est chargé dans votre système:
💻 lsmod | grep -i ntsync
Pour le charger:
💻 sudo modprobe ntsync
(et /dev/ntsync doit apparaître)
L'activer au lancement du système:
Créer le fichier /etc/modules-load.d/ntsync.conf
contenant juste : "ntsync" (Permalink)
Tristan K.@tristankamin.bsky.socialposted: space nuclear go brrr
(Oui c'est Isaacman et le trumpisme, non y'a pas beaucoup de science derrière, oui y'a des projets bien plus beaux qui sont sacrifiés but still... space nuclear ftw)
Quoted post from Rêves d'espace@revesdespace.bsky.social: 🪐 Lancement d'une mission interplanétaire SR1 Freedom avant fin 2028 pour démontrer la propulsion nucléaire
🔴 Projet Skyfall pour Mars avec plusieurs drones de type Ingenuity
Et plein d'autres choses !
[Je ferai un article plus tard pour détailler]
2/2
Tristan K.@tristankamin.bsky.socialreplied: Si Israël ose, hâte de voir comment les pays européens vont mener leur communication pour justifier de seulement dénoncer passivement.