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Reçu — 8 mai 2026 De tout et de rien

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8 mai 2026 à 16:01
Dernière connerie que j'ai vu dans un jeu:
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Le bouton "Annuler" quitte le jeu.
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Donc si tu n'as pas la dernière version installé, le jeu t'empêche de jouer. Même si tu veux jouer offline.

Quelle quantité de merde les devs ont bouffé pour penser que ça serait une bonne idée ?
(Exemple de situation: Le joueur est sur une connexion 3G. Il ne veut pas bouffer tout son forfait pour télécharger la nouvelle version. Et bien il ne peut pas jouer.)
Ironie: si tu lances le jeu dans une sandbox qui n'a pas d'accès à internet, le jeu démarre sans problème.
Je considère ce jeu comme défectueux.
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Pesticides : la promesse médiatique à l’épreuve des faits

8 mai 2026 à 05:28

« Une agriculture sans pesticides est techniquement possible et économiquement viable » s’enthousiasme Radio France. « Un autre système agroalimentaire est possible », surenchérit la sociologue Dominique Méda. Un emballement pour le moins prématuré, si l’on en revient à la source.

Lorsqu’elles émanent de l’INRAE, de l’ANSES ou d’un autre organisme prestigieux, les publications scientifiques font autorité. Sauf qu’entre leurs conclusions réelles et la manière dont elles sont présentées dans les médias, il y a souvent un monde.

La genèse

Tout commence avec l’expérimentation Rés0Pest, coordonnée par l’INRAE et lancée en 2012. Son objectif : tester, dans des conditions réelles, la possibilité de cultiver sans aucun pesticide — y compris les traitements de semences — tout en conservant un modèle d’agriculture conventionnelle, avec engrais de synthèse et travail du sol. Menée pendant dix ans, entre 2013 et 2022, l’expérience a mobilisé huit sites expérimentaux à travers la France (une neuvième s’est jointe en cours de route).

Comme le précise dans Le Monde l’un des animateurs du site de Bretenière en Côte-d’Or : « L’idée n’est pas de démontrer qu’on doit se passer de phytos, mais d’anticiper ce qu’on pourrait faire si les phytos sont interdits. » Une sage précaution, quand on se souvient que certaines interdictions — glyphosate, acétamipride — ont déjà frappé avant que des alternatives viables ne soient prêtes, laissant les agriculteurs démunis face à la concurrence européenne.

L’expérimentation a donné lieu à deux publications complémentaires : l’une, centrée sur les performances agronomiques ; l’autre, consacrée à l’analyse de la durabilité socio-économique et environnementale.

Des résultats encourageants

Le principal enseignement est qu’il est techniquement possible de produire certaines cultures sans pesticides pendant plusieurs années, en combinant rotations longues, diversification, variétés résistantes et interventions mécaniques. Les ravageurs et maladies ne deviennent pas incontrôlables et les rendements obtenus restent globalement inférieurs au conventionnel, mais supérieurs à ceux de l’agriculture biologique.

Mais un premier obstacle apparaît immédiatement : les mauvaises herbes. Sans herbicides, leur contrôle repose sur la multiplication des interventions mécaniques. Celles qui échappent à ce contrôle captent une partie de l’eau et des nutriments, au détriment des cultures. Pour limiter les pertes de rendement, un recours important aux engrais minéraux devient alors nécessaire.

Une expérimentation encore loin d’être généralisable

Les auteurs le reconnaissent eux-mêmes : l’expérimentation ne respecte pas les standards habituels des essais agricoles.

Les essais demandent un niveau de suivi et d’expertise difficilement reproductible en conditions réelles. Sur la plateforme, les chercheurs peuvent accepter de perdre une culture, ce qui n’est pas le cas d’un agriculteur dont le revenu dépend directement de la récolte.

Enfin, le dispositif repose sur des parcelles de petite taille d’environ 0,5 hectare. Une taille suffisante pour permettre à la fois mécanisation et suivi très fin, mais qui ne présage pas de la transposition à grande échelle, dans des conditions agricoles réelles. Le passage à des parcelles de plusieurs dizaines d’hectares change profondément la donne : effets de bordure moins importants, sensibilité plus forte à la météo, variabilité des sols accrue.

Une viabilité économique encore très aléatoire

La vraie limite est économique. Selon les sites, la rentabilité varie fortement, et dans la moitié des cas, le revenu dégagé reste inférieur à un SMIC par unité de travail agricole.

Sans traitements chimiques, les interventions mécaniques se multiplient. Elles demandent plus de temps, davantage de surveillance et une forte réactivité technique. Une charge de travail — et mentale — qui repose entièrement sur l’agriculteur, une fois ce dernier privé du soutien d’une équipe d’agronomes.
Les solutions agronomiques utilisées ont elles aussi un coût. Allonger les rotations impose d’introduire des cultures moins rentables ou aux débouchés limités. Les cultures associées, qui consistent à faire pousser plusieurs espèces sur une même parcelle, renforcent la résilience du système, mais compliquent tout le reste : choix des espèces, gestion des densités, récolte, tri et valorisation des productions.

Autant de contraintes et de coûts ajoutés qui expliquent qu’une meilleure valorisation des récoltes, autrement dit une prime à la vente par rapport au conventionnel, soit mise en avant comme une condition clef de rentabilité. Une valorisation qui n’existe pas aujourd’hui, mais qui, pour ses défenseurs, se justifierait par une réduction des externalités négatives liées aux pesticides. Une affirmation, on le verra, qui reste à démontrer.

Un postulat contestable

L’étude ne teste pas une agriculture sans intrants chimiques, mais une agriculture sans pesticides reposant sur d’autres leviers : engrais de synthèse et forte ingénierie agronomique.

Il serait d’ailleurs caricatural d’opposer cette approche à une agriculture conventionnelle supposée reposer sur un usage massif et indiscriminé d’intrants. Dans la réalité, les agriculteurs dits conventionnels arbitrent en permanence entre travail du sol, intrants et techniques agronomiques pour atteindre un compromis productif et économique. L’agriculture de conservation des sols (ACS), par exemple, incarne l’un de ces bouquets de solutions possibles.

Le parti pris du “zéro pesticide”, qu’il soit de synthèse ou non, introduit en revanche de nouvelles contraintes. Il conduit notamment à un recours accru à la fertilisation minérale ainsi qu’à une intensification du travail mécanique du sol. Ces deux pratiques ont des effets indésirables bien documentés : fuites d’azote (eutrophisation), pression sur la qualité de l’eau et émissions de gaz à effet de serre — les engrais représentant environ 40 % des émissions agricoles. Le travail du sol, lui, accroît la consommation de carburant et dégrade la structure et la vie des sols.

Enfin, même “encourageants”, car supérieurs au bio, les rendements obtenus restent inférieurs au conventionnel. Or l’agronomie obéit à une loi d’airain : produire moins par hectare impose de cultiver davantage pour maintenir les niveaux de production. À grande échelle, se pose alors immédiatement la question du changement d’usage des sols — moins de rendements, c’est plus de terres cultivées, et donc davantage de déforestation —, et avec elle celle de ses effets sur les écosystèmes et la biodiversité.

On substitue ainsi en partie une contrainte à une autre, sans nécessairement améliorer le bilan global, voire en le dégradant. Dans ces conditions, et compte tenu de la dépendance à une valorisation économique spécifique, on reste loin d’un compromis agronomique et économique optimal pour l’agriculteur, l’environnement et la société.

Le même chercheur déjà cité le reconnaît sans détours : « Ce que l’on fait ici ne sera jamais généralisable partout en France, car il n’y a pas de solution magique pour se passer des phytos. »

Le grand sevrage

Imaginons un instant que nos agriculteurs se retrouvent pourtant un jour face à la situation d’une interdiction généralisée des pesticides. Eh bien, puisqu’« une agriculture sans pesticides est techniquement possible et économiquement viable », ils n’auraient plus qu’à s’y mettre n’est-ce pas ? En réalité, il est plus que probable que ce grand sevrage se transforme en grand servage.

Le surcroît de travail mécanique, dont une partie manuelle, casse le dos. Les aléas climatiques ou les attaques de ravageurs vident l’assiette et le compte en banque. L’hypervigilance nécessaire pour s’ajuster en permanence à la variabilité des conditions et au moindre soubresaut de son exploitation ruine le moral. Qui accepterait ces conditions pour un salaire de misère ?

Habitués aux rayons bien garnis de nos supermarchés, on oublie trop souvent que près de 45 % de la population active travaillait dans les champs au début du XXe siècle. Et que si aujourd’hui, ils ne sont plus que 2 %, c’est grâce à la technologie. Au moteur et à la chimie. Qui, parmi les 98 % de non-agriculteurs, acceptera de retourner courber l’échine pour combler ce vide technologique ? Sans doute pas ceux qui demandent le plus fortement cette évolution.

Une immense responsabilité

La dépendance aux pesticides a des impacts importants sur les milieux et la biodiversité, et chercher à la réduire est une démarche utile et indispensable. Rés0Pest est une prouesse scientifique dont les résultats seront sans doute très riches d’enseignements pour l’avenir. Mais ils devront évidemment s’inscrire dans la mise au point, sans tabou ni exclusion a priori, d’un éventail de solutions incluant agriculture de précision, nouvelles techniques génomiques et pratiques agronomiques améliorées.

Le communiqué de presse diffusé par l’INRAE se montrait d’ailleurs très prudent. Titré « Une étude expérimentale menée sur 10 ans montre le potentiel de systèmes de production agricoles sans pesticides », il devient, pour La Montagne, la preuve « que l’on peut se passer totalement de pesticides […] tout en obtenant des rendements satisfaisants et en préservant la viabilité économique des exploitations ». Et le journal d’ajouter : « Chiche ? »

Ce type de glissement d’une étude exploratoire, assortie de contraintes fortes, à une solution prête à l’emploi n’est pas nouveau. On l’a déjà observé dans le débat énergétique avec le rapport 2021 de RTE sur les futurs énergétiques à l’horizon 2050, qui a servi de caution à beaucoup pour asséner sans nuance : « le 100 % renouvelable est possible »

Le mirage du 100% EnR

J’approfondis

Pour quelques journalistes qui lisent les études qu’ils relayent, combien se contentent de recopier le communiqué de presse, la dépêche AFP, ou le papier d’un confrère ? Ou pire, de les interpréter à l’aune de leurs convictions ?

On l’a encore vu récemment avec le cadmium : des questions sanitaires bien réelles ont parfois été instrumentalisées en discours et articles anxiogènes, alors même que les sources scientifiques soulignent la complexité des mécanismes d’exposition et la diversité des facteurs en jeu.

Le problème n’est pas ce que disent ces études. C’est ce qu’on veut leur faire dire. Car c’est une responsabilité immense que d’intoxiquer le débat public en laissant croire qu’il existe des solutions magiques à des problèmes complexes qui engagent notre destin collectif.

L’article Pesticides : la promesse médiatique à l’épreuve des faits est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Reçu — 7 mai 2026 De tout et de rien

oss-security - Dirty Frag: Universal Linux LPE

7 mai 2026 à 20:31
Oh bah tiens, encore une faille dans le même genre que copy.fail : https://github.com/V4bel/dirtyfrag

EDIT: Wo pinaise c'est pas fini : https://github.com/0xdeadbeefnetwork/Copy_Fail2-Electric_Boogaloo
#OnVaTousMourir

Petite réflexion:
3 failles de privilege escalation trouvée coup sur coup sous Linux.
Mais dites-vous bien une chose : Les failles ont été trouvée ➡️➡️parce qu'on a accès au code source⬅️⬅️.
Le même genre de faille existe probablement sous une forme proche (abuser d'une API/ABI ou d'une bibliothèque système) sous Windows. MAIS ON NE LE SAIT PAS. Et probablement de manière beaucoup plus importante étant donné l'énorme legacy que traîne Microsoft (jusqu'à garder des compatibilités Windows 95 et MS-Dos).
(Permalink)

560 000 foyers éligibles au RSA ne le touchent pas | Mediapart

7 mai 2026 à 06:40
La droite et l'extrême-droite qui fantasment : "Oh làlà les pauvres abusent des aides sociales !"
La réalité : Un TIER des personnes qui ont droit au RSA ne le demandent même pas.

EDIT: Et encore la guerre aux pauvres : https://www.laquadrature.net/2026/05/07/projet-de-loi-fraudes-le-parlement-elargit-lacces-aux-comptes-bancaires-pour-le-controle-du-rsa/
(Les riches eux peuvent toucher beaucoup *beaucoup* plus d'argent public, l'état n'ira pas mettre son nez dans leurs comptes bancaires.)
(Permalink)
Reçu — 6 mai 2026 De tout et de rien

Pourquoi l’agriculture française se meurt ?

6 mai 2026 à 19:08

Un million de vaches laitières en moins depuis 2000. 1,1 million d’hectares de céréales rayés de la carte. Alors qu’une nouvelle loi d’urgence est attaquée de toutes parts à l’Assemblée, l’agriculture française sombre. Autopsie d’un naufrage qui menace notre souveraineté alimentaire.

Il fut un temps, pas si lointain, où la France régnait sans partage sur les terres agricoles européennes. En l’an 2000, elle affichait fièrement 8 % des parts de marché mondial et trônait au 2e rang des exportateurs. Jusqu’en 2015, elle dégageait encore un insolent excédent commercial de plus de 9 milliards d’euros. La France nourrissait le monde. Mais aujourd’hui, le champion est à terre, devenu le maillon faible de l’Europe.

Le contraste avec nos voisins est cruel. Entre 2019 et 2024, pendant que le solde français fondait de 49 %, celui de l’Italie bondissait de 66 % et celui de l’Espagne de 34 %. Et en 2025, c’est le choc : pour la première fois depuis 1978, la balance commerciale agricole française a plongé dans le rouge, avec un déficit de 515 millions d’euros… Tandis que l’Espagne affiche un excédent de 17,6 milliards d’euros.

Au-delà du solde commercial, c’est la valeur même de la production agricole française qui progresse moins vite que celle de ses voisins. Jadis leader européen incontesté, la France est aujourd’hui sur le point de se faire dépasser.

(Source : https://www.senat.fr/rap/r25-317/r25-317_mono.html)

Dans la filière élevage, l’hémorragie est totale, avec un million de vaches laitières en moins depuis 2000 (-26 %). La France est le seul grand pays laitier d’Europe dont la production recule depuis 2014. 47 % du beurre consommé par les Français est désormais importé.

Dans les champs, alors qu’on pensait nos grandes cultures céréalières à l’abri, la filière est en pleine déroute. Depuis 2014, 1,1 million d’hectares de céréales ont été rayés de la carte (-11 %), tandis que les exportations de blé tendre ont été divisées par deux.

Côté volaille, la demande augmente, mais ce sont les importations qui raflent la mise : elles représentent désormais 44 % de la consommation intérieure, tandis que des pénuries d’œufs affectent les rayons de nos commerces depuis plusieurs mois.

Face à cette chute libre, un nouveau projet de « loi d’urgence » est en cours d’examen par l’Assemblée. Un texte censé libérer enfin les agriculteurs, mais qui est — à l’instar de la loi Duplomb en 2025 — attaqué de toutes parts. Pendant que le gouvernement et la droite tentent de le faire passer au forceps, la gauche et les écologistes dénoncent un recul démocratique inacceptable et un blanc-seing accordé à l’agro-industrie.

Une bataille politique acharnée qui illustre le grand écartèlement français : comment sauver notre souveraineté alimentaire en plein naufrage économique, sans renier nos ambitions environnementales ?

Des normes en pagaille

Pour le sénateur Laurent Duplomb, auteur d’un rapport remarqué sur l’état du secteur agricole, le mal est d’abord administratif. Selon ses mots, l’agriculture française « avance avec des boulets aux pieds depuis de trop nombreuses années ». Des boulets qui portent un nom : la surtransposition. Cette habitude très française qui consiste à prendre une directive européenne déjà exigeante… et à y ajouter une couche supplémentaire de contraintes nationales, transformant le quotidien des agriculteurs en véritable parcours du combattant.

Alors qu’en Europe, un éleveur peut construire un poulailler jusqu’à 85 000 poulets sans lourdes formalités, en France, le seuil tombe à 40 000. Même logique pour les élevages laitiers : au-delà de 400 vaches, une autorisation environnementale complexe devient obligatoire, au point qu’aucun gros projet n’a vu le jour depuis cinq ans. Face au risque juridique et aux recours possibles, de nombreux agriculteurs préfèrent renoncer ou limiter volontairement la taille de leurs exploitations. Un problème qui concerne aussi d’autres infrastructures, comme les dispositifs de stockage de l’eau ou les méthaniseurs.

Du côté des phytosanitaires, la réglementation française interdit certains pesticides pourtant encore autorisés au niveau européen. Le cas le plus emblématique reste l’interdiction brutale des néonicotinoïdes qui, décidée sans étude d’impact approfondie, a laissé certaines filières sans solution technique viable.

Mais au-delà de cet exemple spectaculaire, c’est l’ensemble des pratiques agricoles du quotidien qui se retrouve sous contrainte. Là où un agriculteur allemand ou roumain applique les recommandations européennes standard, son homologue français doit slalomer entre des Zones de Non-Traitement (ZNT) particulièrement strictes autour des cours d’eau, des écoles ou des habitations. Certains mélanges de produits, autorisés ailleurs, lui sont interdits, l’obligeant à multiplier les passages de tracteur. Et pour protéger les abeilles, des contraintes horaires l’obligent parfois à travailler… en pleine nuit.

Un modèle à bout de souffle

La petite ferme familiale en polyculture-élevage. Voilà l’idéal fantasmé de ce que devrait être une exploitation agricole pour beaucoup. Une image érigée en modèle de vertu, qui a largement inspiré la réglementation française, portée par des attentes sociétales et environnementales fortes.

Pendant que des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la Pologne ou la Roumanie assumaient la transition vers des exploitations de taille industrielle, la France, elle, est restée attachée à des structures plus modestes.

Un modèle économique encouragé par les normes que nous évoquions… mais aussi renforcé par d’autres spécificités très françaises. Les droits de succession, par exemple, qui sapent la capacité financière nécessaire à l’acquisition de nouvelles terres, ou l’hyperréglementation du foncier, conçue à l’origine pour protéger les petits exploitants face à la spéculation, mais qui complique fortement l’agrandissement des exploitations.

À ces contraintes réglementaires s’ajoute une défiance plus diffuse, venue de la population elle-même. Paradoxalement, alors que les citoyens réclament du lait ou de la viande produits sur le territoire national, ce sont souvent les mêmes qui s’opposent à la construction ou à l’agrandissement d’exploitations près de chez eux. Associations et riverains contestent régulièrement les permis de construire des exploitations jugées « trop grandes », souvent qualifiées de « fermes-usines ». C’est ainsi que les recours juridiques se multiplient et freinent, voire bloquent, toute dynamique d’agrandissement.

Or, qui dit petites exploitations dit aussi davantage d’effets de bord. À quantité de travail équivalente, les volumes produits restent plus faibles, et les revenus suivent la même pente.

Face à cette impasse économique, les pouvoirs publics ont longtemps misé sur la montée en gamme… une orientation qui montre aujourd’hui ses limites.

Un contexte délicat

Et comme si cela ne suffisait pas, le contexte international est venu ajouter une couche supplémentaire de problèmes, aggravant encore les tensions déjà à l’œuvre dans les campagnes françaises.

Des difficultés qui sont d’abord venues de l’Est. En s’imposant comme le premier exportateur mondial et en inondant la planète de son blé à bas coût, la Russie a fait s’effondrer les cours et évincé les céréaliers français de leurs débouchés historiques au Maghreb.

Blé russe, poulet polonais : la France agricole perd la guerre

J’approfondis

Dans le même temps, les charges explosent. Après le séisme de la guerre en Ukraine, l’embrasement du Moyen-Orient fait de nouveau flamber les prix de l’énergie, entraînant celui des engrais et du carburant. Pris au piège d’un « effet ciseau » dévastateur entre ces coûts exorbitants et des cours agricoles qui stagnent, de nombreux exploitants ne s’y retrouvent plus.

(Source : https://www.web-agri.fr/marches-agricoles/engrais)

À ce cocktail explosif s’ajoute l’arrivée d’une nouvelle contrainte venue de Bruxelles : le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). En voulant taxer l’impact environnemental des produits importés, l’Europe va mécaniquement maintenir le prix des engrais à des niveaux records, infligeant un nouveau surcoût à des trésoreries déjà exsangues.

Des signes inquiétants

Avril 2026. Dans une quasi-indifférence médiatique, la filière maïs tire la sonnette d’alarme. Les premières estimations sont préoccupantes. Selon l’institut technique Arvalis, les surfaces de maïs grain pourraient reculer de 10 à 15 % cette année au niveau national.

Face aux difficultés qui s’accumulent, le choix devient radical : plutôt que de produire à perte, de nombreux agriculteurs se résignent à la jachère. Les trésoreries épuisées ne permettent plus d’avancer les frais colossaux exigés par ces cultures. Très gourmand en engrais et en gaz pour le séchage des grains, le maïs est d’ailleurs particulièrement exposé. Entre des cours incertains et une ressource en eau fragilisée, le calcul est vite fait : terrifiés par le risque financier, beaucoup renoncent tout simplement à semer.

Plus au nord, l’angoisse gagne la filière betteravière. Privés de néonicotinoïdes, les producteurs se sentent désarmés face à la prolifération des pucerons, qui s’annonce particulièrement importante cette année. Comble de l’absurde, l’État a autorisé en urgence le spirotétramate, un insecticide pourtant banni par l’Europe pour sa toxicité environnementale. Un pis-aller, alors que la profession réclamait le retour de l’acétamipride, plus efficace et toujours légal chez nos voisins européens.

Relever la tête

Pourtant, la France conserve de solides atouts. Son secteur viticole et sa filière laitière jouissent d’une réputation d’excellence mondiale, et l’Hexagone dispose de terres parmi les plus fertiles d’Europe. Reste à libérer ce potentiel en regardant lucidement ce qui fonctionne ailleurs : soumis aux mêmes marchés, nos voisins prouvent que d’autres trajectoires sont possibles.

Comment l’Irlande est devenue la star du lait

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Pour y parvenir, un cap politique clair est indispensable. Il faut lever les tabous qui freinent l’agrandissement des fermes, seule issue pour réaliser des économies d’échelle. Sur le plan économique, l’urgence est de mieux former les agriculteurs à la gestion d’entreprise, afin de maîtriser les coûts et d’éviter les pièges d’une surmécanisation souvent encouragée par une fiscalité inadaptée. Dans le même temps, les aides publiques doivent être réorientées vers l’investissement productif.

Mais le nœud du problème reste réglementaire. Mettre fin à la surtransposition des normes est une priorité pour faciliter les projets. Cela ne signifie pas ignorer les enjeux enjeux environnementaux, mais arbitrer avec finesse, en privilégiant l’efficacité réelle plutôt que les interdictions de principe.

Un exercice délicat, dans une société de plus en plus polarisée, où les questions agricoles sont devenues hautement politiques. Car au fond, le principal verrou est sociétal. Il est urgent que les Français prennent pleinement conscience du trésor que représente leur agriculture. Un pilier de notre souveraineté, de notre économie et de notre rayonnement à l’international.

Mais à regarder le triste sort du projet de loi d’urgence à l’Assemblée, le fossé avec le terrain donne le vertige. Là où le secteur réclame un électrochoc structurel, le texte n’offrait que de timides rustines administratives, elles-mêmes méticuleusement déchirées en commission sur l’autel des postures idéologiques. Pendant que Paris s’écharpe pour savoir s’il faut organiser une réunion publique ou une permanence en mairie pour creuser une retenue d’eau, l’Espagne et l’Europe de l’Est conquièrent nos marchés. Il serait temps de cesser de tirer sur l’ambulance, avant qu’il ne reste définitivement plus rien à sauver.

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IA : Apple accepte de payer 250 millions de dollars après des plaintes l’accusant d’avoir trompé des millions d’acheteurs d’iPhone sur ses capacités

6 mai 2026 à 08:34
"Les plaignants reprochaient au géant californien d’avoir « promu des capacités d’IA qui n’existaient pas au moment des faits, n’existent pas aujourd’hui, et n’existeront pas avant deux ans ou plus », selon un document d’accord soumis à la justice. "
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The Boring Internet | Terry Godier

6 mai 2026 à 06:29
L'internet est mort ?
Non. La seule chose qui est en train de mourir, ce sont les cancers capitalistes comme les GAFAMs qui se sont greffés dessus pour extraire un maximum de "valeur" pour les actionnaires.
Internet est bien vivant, et grâce à une chose: LES PROTOCOLES. http, smtp, rss, irc, xmpp...
C'est pas sexy, un protocole, c'est parfois compliqué. Mais ce n'est pas monétisable (ou alors difficilement). Et c'est ce qui les sauve. La seule chose que peuvent faire les capitalistes face à un protocole, c'est essayer de les tuer (parfois avec succès).

Mais les protocoles sont toujours là.

A titre d'exemple, l'article parle de SomaFM. C'est une radio en ligne. 20 ans d'existence. Oui Spotify existe, mais SomaFM est toujours là, sans volonté de monétisation de ses utilisateurs, et en utilisant des protocoles ouverts (streams accessibles directement par URL, fichiers de playlist, serveurs Icecast).

Si tous les GAFAMs crevaient du jour au lendemain, ça serait la panique mondiale, mais vous verriez qu'internet se porte bien et continue d'être un vivier. Les forums en php fonctionnent toujours. Les blogs aussi. Les podcasts. Les galeries d'images. Le Fediverse est en pleine forme. Et il y a Gemini.
Certes c'est un peu plus technique, il faut apprendre. Mais ce n'est pas inatteignable. N'importe qui peut, avec un peu d'apprentissage, diffuser son propre morceau de musique.

Cet article me fait plaisir, c'est un contre-point à tous les articles qui nous annoncent que - ça y est - c'est la mort d'internet. Non, c'est juste l'agonie des platformes-sangsues qui pourrissent internet depuis bien trop longtemps. Et je ne vais pas les pleurer. Et l'IA est probablement en train de tuer un peu plus vite certaines d'entre elles. BIEN. Je suis impatient que les humains recolonisent cet espace bouffé par les bots, l'IA, les startups, les data-brokers, les annonceurs, les vendeurs d'attention, les capitalistes-investisseurs-actionnaires-extracteurs-de-valeur et autres parasites.

Vous pouvez aussi relire "Le manifeste du web indépendant" publié il y a 29 ans : https://www.uzine.net/article60.html
Il est toujours là, le web indépendant, toujours bien vivant. Il ne fait pas de bruit, il est discret, mais il est solide et serein.
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Être malade mental en France : la double peine

6 mai 2026 à 04:23

« Sur une échelle de 0 à 10, à combien évaluez-vous votre douleur ? » Dans le cas de la santé mentale, cette question n’est jamais posée. Un oubli révélateur : alors que l’accueil des patients en détresse constitue un enjeu majeur, la psychiatrie demeure le parent pauvre de notre système de santé. Il faut y remédier. Urgemment.

En France, la hiérarchie des souffrances est une réalité silencieuse mais réelle. Quand on se voit diagnostiquer une pathologie somatique lourde, tout un protocole et une équipe médicale complète se mettent en branle, aidés de moyens techniques à la pointe de la technologie qui sont mobilisés pour, dans un premier temps, diagnostiquer, puis traiter la souffrance et enfin soigner ou du moins traiter les symptômes. Le trouble mental condamne, lui, trop souvent à l’errance.

Une faillite éthique et structurelle

Si la dépression sévère est biologiquement comparable, dans l’intensité des symptômes, à une fin de vie cancéreuse, et la schizophrénie à une tétraplégie (score DALY), tant le handicap est réel et invalidant, le traitement réservé aux malades mentaux témoigne d’une faillite éthique et structurelle. L’antalgie s’est énormément développée grâce aux percées de la recherche médicale. Quand on est pris en charge aux urgences pour une douleur quelconque, la première chose que demande l’infirmière d’accueil et d’orientation (IAO) est le degré de douleur de la personne (entre 0 et 10). Cette question n’est jamais posée aux malades mentaux. Pourtant, les études l’ont montré, la douleur psychique active les mêmes canaux de la douleur dans le cerveau ; elle peut être encore plus invalidante et se transférer sur des douleurs somatiques réelles : tachycardie, difficultés à respirer, palpitations, frissons, courbatures, maux de tête, etc.

Ces symptômes sont si prégnants que beaucoup de patients finissent aux urgences croyant faire un AVC. Évalués pour ces symptômes, ces patients repartent souvent chez eux sans avoir vu une infirmière psy ou un psychiatre, alors que la douleur est toujours là, bien que les analyses biologiques reviennent négatives.

La loterie des urgences

Quand les malades sont orientés vers le service psychiatrique des urgences, c’est souvent la première fois qu’ils peuvent être écoutés, évalués et se voir proposer un traitement adapté à leur pathologie. Faute de place dans les CMP, faute d’accès à un médecin généraliste (lesquels sont souvent peu formés à la psychiatrie), les urgences sauvent la vie d’un grand nombre de malades, marquent le début du traitement et pavent la voie vers un suivi rapproché et une amélioration de leurs conditions de vie. Toutefois, c’est aussi le lieu d’une grande injustice, d’une double peine. Faute de place dans les hôpitaux psychiatriques, ou suite à un mauvais diagnostic, car réalisé par des internes moins bien formés que les psychiatres (qui n’assurent plus de gardes passé 18 h et le week-end) et en sous-effectif, des patients en grande souffrance repartent chez eux dépités, ayant un sentiment d’abandon et surtout toujours à risque : de décompensation psychotique, d’auto-agressivité, de suicide. En laissant le malade repartir chez lui, on transforme également ses proches (s’il en a) en soignants malgré eux, plongés dans une hypervigilance épuisante qui peut être le terreau de violences intrafamiliales.

Que faire alors ?

Aux urgences tout d’abord, il faut sortir du tri « vital vs non-vital ». Le problème des urgences classiques est qu’on y traite l’immédiat (le sang, le cœur). Celui qui ne saigne pas n’est pas prioritaire. En intégrant des analyses de douleur systématiques basées sur des outils validés comme l’échelle de détresse psychologique, on remet sur un pied d’égalité malades somatiques et malades psy. Il faudrait également qu’un infirmier psychiatrique puisse intervenir au besoin avec l’IAO pour déterminer l’urgence mentale afin d’établir un protocole de soins au plus vite. Enfin, les couloirs et salles d’attente des hôpitaux, glauques, éclairés aux néons et bruyants, ne sont pas propices à un retour au calme. Avoir des box dédiés, apaisants, permettrait d’atténuer la détresse psychologique.

Au niveau des CMP, la transformation passe par une sortie du modèle de « guichet administratif » saturé pour devenir de véritables centres de soins intensifs ambulatoires. Cela implique de créer des accès directs sans rendez-vous et de déployer des équipes mobiles capables d’aller vers le patient lorsqu’il est trop prostré pour se déplacer. Il s’agit de mettre en place un suivi de proximité, un “case management” où un référent unique coordonne le parcours de soins pour éviter les ruptures catastrophiques qui surviennent trop souvent entre deux rendez-vous éloignés de plusieurs mois.

Un changement culturel à opérer

Enfin, chez le médecin traitant, qui reste le premier rempart (80 % des prescriptions d’antidépresseurs et d’anxiolytiques sont faites par les médecins généralistes), il faut systématiser l’utilisation de questionnaires d’évaluation de la vulnérabilité psychologique au même titre que la prise de tension. La création de “hotlines” directes entre généralistes et psychiatres permettrait également aux médecins de premier recours de ne plus porter seuls, en quinze minutes de consultation, le poids de prescriptions lourdes. Il s’agit de passer d’une médecine de l’urgence chimique à une médecine de l’accompagnement humain.

En somme, c’est de la parité des soins dont il est question ici. Pour qu’elle devienne réalité, le changement doit être culturel avant d’être budgétaire. Il faut certes aligner les remboursements, mais surtout accepter, une fois pour toutes, que le cerveau est un organe biologique dont les défaillances sont aussi concrètes qu’une insuffisance rénale. Mieux vaut être atteint d’un cancer que d’une dépression majeure en France ? Sur le plan du soutien logistique et de la reconnaissance sociale, la réponse penche cruellement vers l’affirmative.

Tant que la santé mentale sera traitée comme une variable d’ajustement budgétaire et non comme une urgence vitale, nous continuerons de produire du handicap là où la science et l’organisation nous permettraient de produire du rétablissement.

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Reçu — 5 mai 2026 De tout et de rien

"X a plongé dans le chaos ces dernières années". Suivant une décision coordonnée, les trois partis de la gauche allemande, le SPD, les Verts et Die Li...

Sleeping Giants FR @slpng-giants-fr.bsky.social posted:
"X a plongé dans le chaos ces dernières années". Suivant une décision coordonnée, les trois partis de la gauche allemande, le SPD, les Verts et Die Linke, annonçent leur départ de X. L'ensemble de leurs députés au Bundestag suivent le mouvement.

#WirVerlassenX: SPD, Grüne und Linke kündigen gemeinsam ihre Parteipräsenz bei X auf
(www.spiegel.de) Es wurde ihnen zu viel Chaos, zu viel Desinformation: SPD, Grüne und Linke wollen sich vom Kurznachrichtendienst X verabschieden. Hinter der Aktion steckt eine länger geplante Absprache.
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