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Reçu — 15 mai 2026 De tout et de rien

Facebook ne le sait pas encore, mais il est déjà mort

15 mai 2026 à 07:02
Ceux qui pensent que Google, Apple ou Microsoft sont éternels et forcément incontournables n'ont pas connu AOL, Yahoo, MySpace ou AltaVista.
EDIT: Un autre article qui va dans le même sens : "Mark Zuckerberg Is Running Meta Into the Ground - The New York Times" - https://archive.ph/TCsXg (copie de l'article ici : https://app.wallabag.it/share/6a06dd6b877d78.36604211)

EDIT: Tiens justement on m'envoie ça : https://rip.so/
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Signal warns it would pull out of Canada if made to comply with lawful access bill - The Globe and Mail

15 mai 2026 à 06:58
Là où la plupart des autres n'ont pas de colonne vertébrale (coucou Facebook qui retire le chiffrement de bout en bout dans Instagram), Signal prévient qu'il sortira complètement du Canada si la loi de surveillance et d'écoute est votée.

Si ça arrive en France, pas de panique : Il nous reste DeltaChat et xmpp+omemo.

EDIT: On me signale que Signal supporte officiellement les proxy (https://support.signal.org/hc/fr/articles/360056052052-Page-d-assistance-d%C3%A9di%C3%A9e-aux-proxies) et qu'il est possible d'en auto-héberger un soi-même (https://github.com/signalapp/Signal-TLS-Proxy).

EDIT: Voir aussi cet article en français : https://next.ink/238296/des-fournisseurs-de-vpn-et-de-messageries-chiffrees-menacent-de-quitter-le-canada/
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Europe is moving to block Microsoft, Amazon, and Google from handling government health, financial, and legal data | TechSpot

15 mai 2026 à 05:34
Voilà un projet de loi qui va mettre un bon gros plomb dans les GAFAMs: L'interdiction de prendre un prestataire technique américain pour tout ce qui touche à l'informatique gouvernementale (santé, finances, etc.) (Le privé étant exclu de cette obligation).
C'est parfaitement logique du point de vue souveraineté, et on peut s'attendre à ce que les Américains combattent becs et ongles ce projet de loi.
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Reçu — 14 mai 2026 De tout et de rien

The original Metro 2033 and Metro: Last Light Complete Edition enter the GOG Preservation Program | GamingOnLinux

14 mai 2026 à 16:29
Ah super... et du coup GOG va aussi publier la version Linux ?
oui.... non ?
Ben voilà pourquoi je n'achète plus trop sur Gog.
(Parce que sur Steam, il y a les versions native de Metro 2033 et Metro Last Light pour Windows, Linux et Mac : https://store.steampowered.com/app/286690/Metro_2033_Redux/)
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Dans le combat contre le cancer, l’IA m’a changé le quotidien !

14 mai 2026 à 15:22

Atteinte de deux cancers, Zohra Bitan explique comment l’IA l’aide au quotidien à comprendre ses symptômes, son traitement, calmer ses angoisses et mieux vivre l’après maladie. Une réflexion sensible sur la place de l’IA dans la vie des patients.

Sur le chemin de la vie, je traverse deux cancers. Comme des millions de gens. Comme beaucoup de patients, j’ai la chance d’être accompagnée par un professeur remarquable, brillant, mais aussi surchargé. La médecine me surveille, me soigne, me suit. Elle me donne les traitements nécessaires, les rendez-vous, les scanners. Et je m’y tiens, comme on s’accroche à une corde solide dans la tempête.

Mais une fois la porte du cabinet refermée, il reste l’autre réalité : le silence, les secousses du corps, les doutes nocturnes, les alarmes intérieures, ces battements secrets qui grondent sous la peau.

Vivre après le cancer, c’est vivre avec des Diablotins. Je les appelle ainsi.

À la moindre secousse, ils surgissent avec leurs gyrophares intérieurs : « Danger ! Il revient ! » Un battement dans la tempe ? Sirène. Un mal de dos ? Gyrophare.

Un chiffre qui bouge sur la balance ? Coup de klaxon. Ce sont mes cicatrices invisibles : digestion capricieuse, douleurs dorsales, selles scrutées comme un oracle, poids qui fluctue. Autant de cavaliers de l’angoisse chevauchant dans l’ombre.

Voilà ce que les médecins voient peu. Car une fois les traitements terminés, la vie continue. Certes. Mais peuplée de fantômes. Le corps parle, le cerveau dramatise. Et aucun docteur n’est là face à chaque micro-signal, à chaque inquiétude de minuit.

Puis, un jour, presque par curiosité, j’ouvre une application d’IA. Au début, j’en reste à des recherches purement techniques : un terme médical, un effet secondaire, une valeur biologique.

Enfin, j’ose aborder des sujets sur lesquels aucun médecin n’aura le temps de m’informer :

  • Est-ce normal de ressentir une certaine sensation après tel repas ?
  • Est-ce qu’un mal de dos peut être dû à une posture ?
  • Pourquoi un symptôme banal devient-il un cyclone dans ma tête ?

Chaque fois, l’IA répond. Jamais elle ne prescrit. Jamais elle ne me dit d’arrêter mes traitements. Elle m’offre ce que nulle consultation ne peut offrir : du temps, de la pédagogie, un miroir devant lequel calmer mes peurs. C’est ainsi que je l’adopte. Non pour remplacer mes médecins. Juste pour respirer entre deux rendez-vous.

L’IA envisagée comme un outil de compréhension, non dans le rôle d’un médecin bis. Aujourd’hui, elle est mon interprète. Un traducteur entre mon corps et mon esprit.

Elle m’explique. Elle recoupe. Elle vulgarise. Elle redonne du rationnel là où mes Diablotins inventent des tragédies. Cela semble peu, mais ça change tout. Parce que comprendre, c’est respirer. Parce que remettre les symptômes à leur juste place, c’est reprendre la main.

Les médecins l’utilisent déjà. Pourquoi pas nous ? Ils s’en servent pour mieux lire certaines imageries, croiser des données, tester des médicaments. Alors pourquoi les patients n’auraient-ils pas, eux aussi, ce droit ?

Non pour se substituer aux médecins. Mais pour se comprendre. Pour prévenir. Pour se calmer. On me dit parfois : « Attention, l’IA peut induire en erreur. » Mais le vrai danger n’est pas l’IA. C’est le mauvais usage que l’on peut en avoir.

Entre un patient qui arrête son traitement sur un forum obscur et un patient qui garde ses rendez-vous, prend ses médicaments et utilise l’IA pour apaiser ses angoisses, il y a un fossé. En vérité, ce n’est pas leur métier que l’IA menace.

C’est l’ancien monde où le savoir médical était confisqué. Aujourd’hui, l’information circule comme l’eau sous une digue fissurée.

Et si elle est bien partagée, l’IA peut rapprocher le patient de son médecin : créer un dialogue plus adulte, plus éclairé, plus autonome. Reconnaître l’IA comme outil de santé du malade devient essentiel. Je ne demande pas qu’on sacralise l’intelligence artificielle. Je souhaite qu’on la reconnaisse comme un outil au service du patient.

L’IA ne soigne pas. Elle éclaire. Elle devient une pédagogie du quotidien, un filet de sérénité entre deux examens, un antidote au vacarme des Diablotins.

Mon expérience en est la preuve vivante. Après deux cancers, je sais une chose : le rire, la connaissance et l’autonomie sont mes meilleures armes. Alors, aux médecins qui craignent de perdre du terrain, je dis juste : écoutez nos voix. Celles des patients qui utilisent l’IA intelligemment.

Vous ne devez pas la considérer comme une menace, mais comme une chance. Car si vous voulez vraiment nous aider à vivre après, il faut entendre ce que l’IA nous apporte.

Force à tous les rescapés.
Et longue vie aux outils qui nous rendent notre sérénité.

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Reçu — 13 mai 2026 De tout et de rien

Low-Tech : le mirage écolo-bricolo

13 mai 2026 à 17:30

Un four solaire maison, un vélo-cargo flambant neuf appuyé à une cabane abritant des toilettes sèches, de bons moments en famille consacrés à la réparation des objets du quotidien… Séduisante sur le papier, que vaut vraiment la low-tech ?

Dans le paysage intellectuel de la transition écologique, la « Low-Tech » jouit d’une aura de sainteté. Née d’une inquiétude légitime face à l’ampleur des crises environnementales, cette mouvance se présente volontiers comme le bras armé technique de la décroissance. Portée par des figures comme l’ingénieur Philippe Bihouix (L’Âge des Low-tech) ou les expérimentations médiatisées du Low-tech Lab, elle promet une rédemption par la simplicité. En s’appuyant sur le triptyque « Utile, Accessible, Durable », elle s’inscrit dans la droite lignée de la « technologie intermédiaire » d’E. F. Schumacher (Small is Beautiful, 1973) et de la « convivialité » d’Ivan Illich (La Convivialité, 1973). L’idée est séduisante : se libérer de l’aliénation high-tech pour retrouver une autonomie artisanale et résiliente.

Pourtant, si l’intention est louable, force est de constater que la low-tech n’a toujours pas fait la démonstration de son efficacité concrète pour résoudre les crises systémiques qu’elle dénonce. Ce malentendu originel tient souvent à une confusion entre la sobriété de l’usage et une forme de nostalgie technique qui, sous couvert de vertu, ignore les lois élémentaires de la physique, de l’économie et de la sociologie.

L’arbitraire moral comme boussole

Ce flou conceptuel commence dès la définition même des besoins. Contrairement à l’éco-conception, qui s’appuie sur des Analyses de Cycle de Vie (ACV) normées (ISO 14006) et des données quantifiables, la low-tech repose sur une appréciation éminemment subjective de l’utilité. C’est ici que s’invite ce qu’on pourrait appeler l’arbitraire moral. On décrète, avec une assurance parfois doctorale, qu’un écran 4K est un caprice de la modernité, tandis qu’un vélo-cargo serait l’alpha et l’oméga du transport vertueux.

Cette hiérarchisation des besoins fait fi de la diversité des conditions humaines. Pour une personne âgée isolée en EHPAD, le téléviseur n’est pas un gadget aliénant, mais un lien cognitif et social vital, bien plus « utile » qu’un vélo-cargo dont elle n’aura jamais l’usage. En voulant régenter chaque gramme de cuivre au nom d’une éthique de la rareté, la low-tech risque de transformer la sobriété en un ascétisme autoritaire qui frappera d’abord les plus fragiles, et plus largement tous ceux dont les goûts et les besoins diffèrent de la norme imposée — par qui au fait ?

Le mythe de « l’ancien »

Dès lors que l’on substitue le jugement moral à l’analyse technique, on finit par sacrifier l’efficience sur l’autel de la simplicité. L’un des piliers du mouvement est en effet la réparabilité par la rusticité. Matthew B. Crawford, dans son Éloge du carburateur (2016), livre de chevet de Philippe Bihouix, vante la satisfaction métaphysique de comprendre et de réparer son moteur. C’est une philosophie de vie respectable, mais un désastre environnemental.

Le carburateur est simple, certes, mais il est thermodynamiquement médiocre. L’injection électronique, cette « boîte noire » tant décriée, n’est pas née d’une volonté de complexifier pour le seul plaisir sadique de quelques ingénieurs cupides : elle est la réponse indispensable aux normes sanitaires et environnementales modernes. Elle a, avec d’autres innovations techniques, permis en un demi-siècle de réduire d’un facteur 10 à 100 les émissions de polluants locaux (CO, NOx, particules fines) et de diviser par deux la consommation, grâce à un ajustement à la micro-seconde du mélange air-carburant.

Ce plaidoyer pour la simplicité s’appuie souvent sur un biais de nostalgie tenace qui idéalise le passé pour mieux condamner le présent. Qui n’a pas entendu l’éloge de la 2CV de grand-père, réparable avec un bout de fil de fer ? Si la 2CV était accessible, elle exigeait un entretien permanent, rouillait de peur et affichait le bilan sécuritaire d’un cercueil sur roulettes.

De même pour la machine à laver « increvable » de nos aïeux : si elle semblait durer 30 ans, c’est qu’elle ne servait qu’une fois par semaine. Aujourd’hui, une famille moyenne sollicite son équipement cinq fois plus souvent. À usage équivalent, la machine moderne — bien que plus complexe — affiche une fiabilité supérieure tout en consommant jusqu’à trois fois moins d’eau et d’électricité. Elle offre aussi de meilleures performances de lavage malgré des lessives globalement moins agressives et donc moins polluantes qu’autrefois. La longévité d’autrefois n’était pas le fruit d’une ingénierie supérieure, mais d’une sous-utilisation structurelle.

Le mythe de l’obsolescence programmée

J’approfondis

L’industrie, championne méprisée de l’optimisation

Si la simplicité d’usage est une illusion environnementale, la simplicité de fabrication l’est tout autant. On imagine souvent l’industrie comme un monstre gaspilleur par opposition à l’artisanat économe. C’est méconnaître la réalité de l’ingénierie. L’industrialisation, dans un marché concurrentiel, est, par nécessité, la science de l’optimisation extrême. Un ingénieur utilise le calcul de structure pour ne jamais surdimensionner une pièce, là où le bâtisseur low-tech, faute d’outils de mesure, gaspille de la matière par « sécurité ».

L’un des avatars les plus populaires de cette méconnaissance est le culte du « fait-maison », qui se révèle être un non-sens d’un point de vue énergétique. La cuisson du pain chez soi, par exemple, entraîne une perte essentielle de chaleur pour une seule baguette dans un four domestique, alors que le four d’un boulanger, mieux isolé et maintenu à température, produit des milliers d’unités avec une dépense électrique par kilo de 20 à 50 fois inférieure.

De même, les yaourts domestiques, chauffés par de simples résistances électriques, sont loin du rendement bien supérieur des pompes à chaleur industrielles utilisées en usine. Là encore, le fait maison présente une consommation d’électricité de l’ordre de 3 à 5 fois supérieure par unité à celle du yaourt industriel.

L’industrie ne se limite pas à la mutualisation de l’énergie, elle pratique aussi le nesting (optimisation de découpe) pour minimiser les chutes de matière, qu’il s’agisse de chutes générales ou de chutes de tôle, là où le bricolage local génère un résidu massif. En réalité, une usine de précision produit des objets dont les tolérances au micron minimisent les frottements et maximisent les rendements. Sacrifier cette précision et cette optimisation revient à accepter un gaspillage énergétique et matériel structurel au nom d’un folklore de l’autonomie.

Le vélo : un faux ami de la basse technologie

Nulle part ce malentendu entre « simplicité apparente » et « excellence industrielle » n’est plus visible que dans l’étendard favori de la mouvance : le vélo. C’est pourtant un contresens historique savoureux. La bicyclette moderne est le pur produit de la haute industrie du XIXe siècle. Elle a nécessité l’invention de l’acier tubulaire de précision, de la vulcanisation complexe du caoutchouc et des roulements à billes de précision micrométrique.

Sans cette infrastructure industrielle lourde et centralisée, un vélo pèserait 40 kg et perdrait 30 % de son rendement par friction. Le vélo est une réussite éclatante de l’industrie de pointe, pas du bricolage de récupération.

Le coût social du puritanisme et l’effet rebond

Cette idéalisation de l’outil « simple » ne se heurte pas qu’à la physique ; elle bute aussi sur un mur social. La low-tech est, par nature, une technologie pour « valides » qui ont du temps libre. Elle exige l’effort physique, la rusticité et de nombreuses connaissances. Pour une personne handicapée, la haute technologie (domotique, fauteuils électriques, prothèses bioniques pilotées par des interfaces neuronales) est la condition de son autonomie. Il en va de même pour la haine de la publicité, accusée de créer des besoins « artificiels ». Outre le mépris du libre arbitre qu’elle suppose, cette critique ignore que la publicité, certes imparfaite, permet de fluidifier le marché et de faire connaître les nouvelles solutions vertes et innovantes.

Ce puritanisme, qui voit d’un mauvais œil l’assistance électrique des vélos sous prétexte qu’elle contient du lithium, est le meilleur allié du statu quo : à force de refuser une dose de technologie nécessaire, on laisse les gens dans leurs voitures de 1,5 tonne. De même, la low-tech génère son propre effet rebond : un four solaire qui ne fonctionne qu’en été à midi ne remplace jamais une cuisinière, il s’y ajoute. La tiny house finit souvent par augmenter l’empreinte matérielle globale sous couvert de minimalisme, en devenant une résidence secondaire au fond du jardin, louée sur Airbnb.

Le plastique, ce paria pourtant indispensable

J’approfondis

Conclusion : L’innovation introuvable

En fin de compte, malgré plus de 20 ans de discours enthousiastes, la contribution majeure de la low-tech à l’histoire des techniques reste essentiellement cosmétique ou philosophique. Le mouvement excelle dans le « système D », mais se heurte à une contradiction physique insurmontable : son inefficience intrinsèque et son refus de la standardisation lui interdisent d’offrir des solutions réellement massifiables. Alors qu’on rénove péniblement 100 000 logements par an à l’aide de techniques et matériaux conventionnels, imaginer en rénover 500 000 à l’aide de paille et de terre crue relève de la pensée magique.

Contrairement aux leviers de démultiplication portés par la « croissance verte », la low-tech, restant confinée à une échelle artisanale et à un public d’initiés militants, n’a pas encore fait la démonstration de sa capacité à répondre rapidement et massivement aux besoins d’une population mondiale en croissance. Plutôt que de prôner une forme de régression romantique, ne devrions-nous pas défendre une « Haute Technologie Verte » ? Il s’agit tout simplement de miser sur les technologies qui permettent réellement de décarboner à l’échelle — comme celles mises en avant dans les rapports du GIEC : véhicules électriques, pompes à chaleur, énergies renouvelables, nucléaire ou carburants de synthèse. La transition mérite mieux que du folklore et du bricolage.

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Reçu — 12 mai 2026 De tout et de rien

Cette technologie ignorée qui pourrait tuer l’hantavirus avant qu’il ne vous tue

12 mai 2026 à 18:01

3 morts. Un gouvernement en alerte. Des quarantaines de 45 jours. Mais, 5 ans après le COVID, avons-nous tiré la moindre leçon ? Car il existe une technologie, vieille de près d'un siècle, capable de mettre fin à tout cela. Et nous refusons toujours de la déployer…

Le virus s'appelle Andes. C'est l'unique souche d'hantavirus connue capable de se transmettre d'humain à humain, une exception dans cette famille de virus habituellement confinée aux rongeurs. Mortalité brute : 30 à 40 %. Pas de traitement spécifique, pas de vaccin homologué, juste des soins de support. L'incubation peut atteindre 6 semaines, ce qui transforme chaque contact en bombe à retardement épidémiologique.

Le MV Hondius a quitté l'Argentine début avril pour une croisière ornithologique. Depuis, le virus a fait son chemin : un premier mort à bord, des passagers débarqués dispersés dans plusieurs pays, une quarantaine de jours d'errance avant qu'un port européen accepte de recevoir le navire. Dimanche 10 mai : arrivée à Tenerife. Ambulances, combinaisons, masques FFP2, transferts par petits groupes. Les 5 Français sont rapatriés à l'hôpital Bichat. Et l'un d'eux s’avère symptomatique dans l'avion. Sébastien Lecornu prend un décret d'isolement en urgence. 45 jours de quarantaine à domicile pour chacun.

Toute cette mobilisation pour quelques personnes alors qu’il existait une façon de ne pas en arriver là.

La lumière qui tue tout ce qui vole

Ces informations enregistrées, maintenant, essayez d’envisager une technologie capable d'inactiver n'importe quel pathogène aéroporté (virus, bactérie, spore) en une fraction de seconde, sans distinction d'espèce, de résistance aux antibiotiques ou de capacité à échapper aux vaccins. Une technologie qui serait potentiellement capable de fonctionner contre l'hantavirus, comme elle le fait avec la grippe, le COVID, la tuberculose, ou le prochain virus que nous n'avons pas encore nommé.

Cette technologie existe, elle s'appelle le far-UVC.

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Mais c'est fort intéressant tout ça !

Tristan K. @tristankamin.bsky.social posted:
Mais c'est fort intéressant tout ça !

Quoted post from Michaël Mangeon @mangeon4.bsky.social:
📖 Article du jour

Avant Zoé, premier réacteur nucléaire français, qui diverge en décembre 1948, la France aurait peut-être pu faire diverger l’un des premiers réacteurs nucléaires au monde, au cœur de la Seconde Guerre mondiale.

Petit fil 🔽🧶

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Reçu — 11 mai 2026 De tout et de rien

Sommet Africa Forward : une opportunité française

11 mai 2026 à 19:20

C’est maintenant ou jamais. Après 30 ans de stagnation française, 20 ans d’offensive chinoise et 10 ans de propagande russe, la France peut et doit retrouver une place en Afrique. Non plus comme puissance tutélaire, ni dans la repentance permanente, mais comme un vrai partenaire.

Le sommet Africa Forward de Nairobi, qui s’achève aujourd’hui, a réuni la France, le Kenya, des chefs d’État africains, des entreprises, des investisseurs et des acteurs de la société civile. Avec pour objectif de refonder les partenariats entre notre pays et le continent africain autour de l’innovation et de la croissance. C’est la première manifestation de ce type accueillie et coprésidée avec un pays anglophone et elle a suscité de grands espoirs, nous encourageant, par-delà la diplomatie, à prouver que nous pouvons changer de logiciel économique dans nos relations bilatérales. Une mutation souhaitable, tant les opportunités sont nombreuses avec le partenaire africain.

Car le continent n’est plus un espace d’influence hérité dans le souvenir de la fameuse Françafrique de triste mémoire, mais un ensemble de marchés épris de souveraineté, où s’expriment de nombreux besoins dans le cadre d’une concurrence acharnée. Le FMI estime d’ailleurs que l’Afrique subsaharienne a connu en 2025 sa croissance la plus rapide en dix ans (autour de 4,5 %). Bien que toujours fragilisée par la dette, les tensions sur les financements et le coût de l’énergie, elle continue d’avancer. Reste à savoir si la France cheminera avec elle ou si elle regardera d’autres puissances saisir les opportunités de demain à sa place.

Il y a urgence. Les relations politiques se sont durcies dans une partie du continent, notamment à l’Ouest, où le recul militaire français est devenu le signe le plus visible d’une perte d’influence. Or, l’Afrique est l’un des rares espaces où nos intérêts peuvent rencontrer des besoins considérables en infrastructures, énergie, santé, agroalimentaire, formation, numérique et industrie. Non plus dans une logique colonialiste, mais dans l’affirmation d’un partenariat respectant la souveraineté des États locaux.

Les chiffres soulignent pourtant l’écart entre potentiel et réalité. En 2024, les échanges France-Afrique subsaharienne n’ont atteint que 24,1 milliards d’euros (dont 11 milliards d’exportations), un montant modeste au regard des besoins du continent. En 2023, nous n’étions plus que le 8ᵉ fournisseur avec 3,2 % de parts de marché, loin derrière la Chine (17,3 %). Pékin l’a bien compris : son commerce avec l’Afrique a atteint un record de 295 milliards de dollars en 2024, pour la 16ᵉ année consécutive en position de premier partenaire. Son modèle, bien que critiqué pour sa prédation et sa dépendance, allie entreprises, financements, infrastructures, diplomatie et exécution rapide.

Cette puissance chinoise, il faut le rappeler, se déploie sur un continent qui demeure un espace de conquête, notamment à travers la guerre informationnelle qui y fait rage, et dans laquelle la France subit de plein fouet les attaques et les campagnes de désinformation de Pékin, mais également de Moscou. De fait, le groupe Wagner, bien connu pour ses opérations aux méthodes indéfendables, s’est également spécialisé dans la guerre hybride, partiellement responsable de la rupture de certains pays africains avec la France. Avec pour arguments, souvent émaillés de fake news, un franc CFA présenté comme un outil de domination prédatrice, des entreprises françaises accusées de s’enrichir sur le dos des travailleurs africains, ou encore des diplomates décrits comme de simples agents d’une colonisation qui se serait poursuivie insidieusement. Une stratégie russo-chinoise qui s’est répandue comme une traînée de poudre auprès de nombreux gouvernements et de certaines opinions publiques africaines, notamment dans la zone sahélienne. De quoi mettre bien des bâtons dans les roues des ambitions tricolores. D’où l’importance de profiter du sommet pour développer une contre-offensive audacieuse permettant d’instaurer un partenariat sain, lucide et débarrassé des ressentiments accumulés depuis la colonisation.

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L’enjeu est d’autant plus stratégique que le marché africain est en train de changer de nature avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), rejointe par 54 des 55 pays de l’Union africaine. La France a donc besoin de voir se réduire les barrières commerciales, d’espérer la simplification des procédures douanières et de faire émerger des chaînes de valeur régionales. La Banque mondiale estime que cette zone pourrait permettre d’augmenter le revenu réel du continent de 7 % d’ici 2035, soit de près de 450 milliards de dollars, et sortir 30 millions de personnes de l’extrême pauvreté. D’où la nécessité pour les entreprises françaises de se positionner tôt dans un espace continental en voie d’intégration pour bâtir un nouveau partenariat plus fiable, moins opaque, moins extractif, davantage tourné vers la valeur ajoutée locale. D’autant que dans l’énergie, les infrastructures, la santé, l’agroalimentaire, les télécommunications, l’intelligence artificielle ou l’industrialisation, les besoins africains croisent directement les savoir-faire français. Le programme d’Africa Forward s’appuie notamment sur ces sujets. Encore faut-il transformer ces thèmes en contrats et en débouchés concrets pour nos entreprises.

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La France dispose encore d’atouts. Selon la Direction générale du Trésor, en 2022, elle restait le deuxième pays investisseur en Afrique, avec 38,9 milliards d’euros de stock d’IDE, 2 440 filiales d’entreprises françaises et 235 000 emplois directs sur le continent. Mais cela ne suffit pas pour construire une stratégie de long terme efficace et, surtout, viable.

Nairobi doit donc accoucher d’une doctrine simple : faire de l’Afrique non plus un sujet diplomatique, mais une priorité productive. Cela suppose de mobiliser davantage les PME et ETI françaises, de sécuriser les financements et de construire des consortiums franco-africains.

Cette approche serait bénéfique pour toutes les parties. Nos entreprises cherchent des relais de croissance hors d’Europe. Nos filières industrielles ont besoin de volumes, de marchés et de projets exportables. Nos ingénieurs, nos énergéticiens, nos groupes de santé, nos logisticiens, nos entreprises agroalimentaires, nos acteurs du numérique disposent de compétences directement utiles au développement africain. Mais cette interdépendance vaut également dans l’autre sens : la France et l’Europe auront de plus en plus besoin des matières premières critiques du continent africain, qu’il s’agisse des minerais stratégiques nécessaires à la transition énergétique, aux batteries, aux infrastructures électriques ou encore de la bauxite guinéenne, indispensable aux chaînes de valeur de l’aluminium. La bonne stratégie n’est donc pas de vendre à l’Afrique comme à un simple débouché, ni de considérer ses ressources comme un seul réservoir extractif, mais de la considérer comme un partenaire dont la puissance est respectée. C’est ainsi que la France évitera à la fois le procès en verticalité et le déclassement économique. Nous avons besoin l’un de l’autre, dans l’espoir que le sommet Africa Forward marquera le début de cette nouvelle ère.

En somme, l’Afrique n’attendra pas la France. Elle arbitrera entre des offres chinoises, indiennes, américaines, européennes ou en provenance du Golfe. Elle choisira celles qui financent vite, exécutent bien et respectent ses priorités. Le sommet Africa Forward portera bien son nom s’il permet à la France de comprendre cette évidence. L’avenir de sa relation au continent se jouera moins par de pompeux discours historiques que dans la qualité des projets bâtis avec les entreprises, les États et les sociétés africaines. Le temps de l’influence automatique est terminé. Celui de l’investissement stratégique commence.

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Reçu — 10 mai 2026 De tout et de rien

Électroscope #26 : robot français, lidar couleur et batterie quantique

10 mai 2026 à 20:49

Rattraper la dextérité humaine, recharger une batterie en une fraction de seconde, sauver les nouveau-nés du paludisme, modéliser le monde en 3D et en couleurs et développer une IA olfactive… C’est parti pour Électroscope #26.

Une vraie dextérité « humaine » chez un robot !

Casser un œuf d’une seule main, émincer une tomate avec précision, ou résoudre un Rubik’s Cube à la volée. Si ces tâches nécessitant une grande finesse semblaient jusqu’ici réservées aux humains, la start-up française Genesis AI vient de balayer nos certitudes.

Elle a franchi un cap en présentant GENE-26.5. Un modèle de fondation en intelligence artificielle qui agit comme un « cerveau » conçu spécifiquement pour offrir aux robots des capacités de manipulation physique et de dextérité « équivalentes à celles d’un être humain ».

Le développement de la robotique généraliste s’est longtemps heurté à un obstacle majeur : la différence de morphologie entre l’homme et la machine, rendant l’apprentissage complexe. Pour abolir cette barrière, Genesis AI a dévoilé un écosystème matériel inédit combinant d’une part une main robotique biomimétique, et d’autre part un gant de collecte de données intelligent, recouvert d’une peau électronique tactile.

Lorsqu’un opérateur porte ce gant pour effectuer ses tâches quotidiennes, ses gestes sont enregistrés avec un très haut niveau de précision, avant d’être « transférés » directement à la machine. En numérisant le savoir-faire humain directement sur le terrain, Genesis AI est en passe de constituer la plus vaste bibliothèque de compétences physiques au monde.

Cet apprentissage initial est ensuite démultiplié au sein d’un simulateur hyperréaliste, permettant aux modèles de s’entraîner virtuellement à grande vitesse avant d’appliquer leurs acquis dans le monde réel avec une fluidité déconcertante. Forte d’une levée de fonds de 105 millions de dollars et soutenue par des figures emblématiques de la tech comme Xavier Niel, la start-up s’apprête à bouleverser l’industrie.

La « première batterie quantique » au monde

Et si on pouvait recharger un smartphone, un ordinateur ou même une voiture électrique en une fraction de seconde ? Une réalité qui se dessine grâce à une percée technologique réalisée en Australie.

L’agence scientifique nationale australienne (CSIRO), en collaboration avec l’Université de Melbourne et l’Institut de technologie de la même ville (RMIT), a annoncé avoir conçu et testé avec succès la « première preuve de concept » d’une batterie quantique. Publiés dans la revue Nature Light : Science & Applications, ces travaux esquissent peut-être l’avenir du stockage énergétique.

Contrairement à nos batteries traditionnelles, qui s’appuient sur des réactions chimiques intrinsèquement limitées par le temps, cette innovation puise sa force dans les lois de la « mécanique quantique ». Le secret de cette rapidité promise ? Un phénomène appelé « super-absorption ». Le système est capable d’absorber l’énergie lumineuse en un seul événement, ce qui charge la batterie à une vitesse hors normes.

Plus fascinant encore, les scientifiques ont confirmé une caractéristique totalement contre-intuitive propre au monde quantique : plus la batterie est grande, plus son temps de charge est court. Testé à température ambiante à l’aide de lasers ultrarapides, ce prototype démontre que la technologie pourrait, à terme, être déployée à grande échelle. « Cette recherche valide le potentiel prometteur des batteries quantiques pour obtenir une charge rapide et évolutive à température ambiante, jetant ainsi les bases des solutions énergétiques de nouvelle génération », assure un scientifique au CSIRO menant le projet.

S’il faudra patienter avant de voir ces batteries dans nos appareils quotidiens, cette première mondiale montre que la révolution de l’énergie quantique est officiellement en marche. Le prochain grand défi de l’équipe va consister à prolonger la durée de conservation de l’énergie stockée, qui se dissipe bien trop vite pour un usage en conditions réelles.

Paludisme : sauver les nouveau-nés

Un simple comprimé au goût de cerise, capable de se dissoudre dans le lait maternel, et qui porte en lui l’espoir de sauver des centaines de milliers de vies. C’est le médicament que vient d’approuver l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Pendant des décennies, une idée fausse a persisté : on pensait les nouveau-nés naturellement protégés par l’immunité de leur mère. En réalité, dans certaines régions d’Afrique, jusqu’à 18 % des bébés de moins de six mois sont infectés par le moustique vecteur. Face à ce fléau, les médecins devaient jusqu’ici fractionner des médicaments destinés aux patients plus âgés, multipliant les risques d’erreurs de dosage et d’effets secondaires parfois toxiques.

Le « Coartem Baby », développé conjointement par le groupe pharmaceutique Novartis et l’organisation Medicines for Malaria Venture (MMV), vient combler ce vide thérapeutique. Adapté aux bébés pesant à peine 2 kilogrammes, ce traitement offre une solution sûre et facile à administrer. Sa récente qualification par l’OMS atteste de son efficacité et permet désormais aux pays d’Afrique subsaharienne de s’approvisionner à grande échelle, le fabricant s’étant engagé à le distribuer sur « une base non lucrative ».

Pour rappel, le paludisme a coûté la vie à 610 000 personnes en 2024, frappant majoritairement les jeunes enfants. Avec ce nouveau médicament, combiné aux vaccins récents et aux moustiquaires de nouvelle génération, une page sombre de l’histoire des maladies infectieuses est enfin en train de se tourner !

Le premier lidar 3D couleur au monde

Une machine capable de voir le monde avec la même richesse de couleurs et la même perception de la profondeur que l’œil humain, de jour comme de nuit ! Cette capacité visuelle sera désormais intégrée à la nouvelle génération de capteurs lidar industriels. Rappelons qu’un lidar est un outil de télédétection qui utilise des impulsions lumineuses pour cartographier un environnement. Une technologie fondamentale dans le déploiement des véhicules autonomes.

L’entreprise américaine Ouster lance la gamme de capteurs REV8, marquant un tournant technologique majeur dans le domaine de la perception des machines. Au cœur de cette innovation se trouve le tout premier lidar à « couleur native » au monde.

Jusqu’à présent, les capteurs lidar classiques cartographiaient l’environnement en 3D grâce à des lasers, mais restaient « aveugles aux couleurs ». Et donc, pour identifier un panneau de signalisation ou interpréter des feux de freinage, il fallait associer ces données à celles de caméras séparées. Ce processus de calibrage logiciel était complexe et parfois sujet aux décalages. Avec la série REV8 et sa nouvelle puce L4 Ouster Silicon, qui intègre la colorimétrie de Fujifilm, chaque point 3D capturé naît directement avec sa couleur.

Cette approche offre une compréhension instantanée et sans latence de l’environnement, même sous des éclairages difficiles. Par ailleurs, le modèle phare de cette nouvelle gamme, le capteur OS1 Max, repousse les limites techniques en doublant la portée et la résolution de la génération précédente, avec une détection pouvant atteindre 500 mètres. Ces capteurs sont conçus pour une production de masse abordable.

L’industrie a déjà saisi l’enjeu : des acteurs mondiaux de la robotique et de l’automobile, tels que Google et Volvo Autonomous Solutions, prévoient d’adopter la technologie REV8.

Quand l’IA a du nez !

Un dispositif qui prend la forme d’une puce si minuscule qu’elle tient dans un smartphone, et s’avère capable de « sentir » un départ d’incendie ou de diagnostiquer une maladie par un simple souffle. Ce super-pouvoir olfactif est la promesse du « nez électronique » dopé à l’intelligence artificielle de l’entreprise française Nanoz.

Depuis sa création en 2012 et grâce à une collaboration étroite avec le CNRS, cette pépite de la deeptech française a réussi l’exploit de miniaturiser à l’extrême ses capteurs de gaz tout en les mariant à des algorithmes d’IA de pointe.

Fini les détecteurs classiques qui se contentent de sonner face à un seuil de concentration unique, générant souvent de fausses alertes. Le système de Nanoz va beaucoup plus loin : il génère une « signature olfactive » dynamique. L’intelligence artificielle embarquée analyse des signaux complexes (thermiques, électriques) pour reconnaître et isoler un gaz spécifique, même dans un environnement très pollué.

Les applications sont nombreuses. Dans le secteur automobile, ce nez électronique permet désormais d’anticiper l’emballement thermique des batteries électriques en détectant les tout premiers gaz émis. Et dans la santé, le capteur est capable d’identifier les biomarqueurs présents dans notre haleine pour diagnostiquer de manière non invasive et précoce des maladies comme le cancer du poumon ou le diabète.

En transformant un simple composant en une plateforme d’analyse intelligente, Nanoz dote nos machines et nos objets connectés d’un véritable sens de l’odorat.

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Quand les normes tuent l’innovation – de la Flandre moyenâgeuse à l’Europe d’aujourd’hui

10 mai 2026 à 06:24

Au XIVe siècle, la Flandre était la Silicon Valley du textile mondial. Elle a tout perdu, non pas à cause d'une guerre ni d'une catastrophe naturelle, mais sous le poids des normes. Une leçon pour l’Europe d’aujourd’hui.

Il est six heures et une minute du matin à Armentières, en Flandre française. Un foulon, un ouvrier qui travaille la laine pour en consolider les fibres, vient d'être arrêté. Son crime est d'avoir possédé deux pièces de drap non traité chez lui après cette heure fatidique. La réglementation corporative l'interdit. Procès, amende, casier. Deux de ses collègues subiront le même sort le jour même.

Nous sommes en octobre 1562. La Flandre est encore, sur le papier, la première puissance textile d'Europe. Mais dans les faits, elle est déjà morte. Ses meilleurs artisans ont fui. Ses marchés lui échappent. Et pendant que ses juges condamnent des tisserands pour des draps trop étroits, l'Angleterre exporte les siens dans toute l'Europe, y compris à Anvers, sous le nez des Flamands.

Ce que racontent ces anciennes condamnations dépasse largement l'histoire médiévale. C'est le récit d'une économie qui s'est suicidée par excès de normes. Et c'est, trait pour trait, le scénario que l'Union européenne est en train de rejouer avec ses industries d'avenir.

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Reçu — 8 mai 2026 De tout et de rien

Pesticides : la promesse médiatique à l’épreuve des faits

8 mai 2026 à 05:28

« Une agriculture sans pesticides est techniquement possible et économiquement viable » s’enthousiasme Radio France. « Un autre système agroalimentaire est possible », surenchérit la sociologue Dominique Méda. Un emballement pour le moins prématuré, si l’on en revient à la source.

Lorsqu’elles émanent de l’INRAE, de l’ANSES ou d’un autre organisme prestigieux, les publications scientifiques font autorité. Sauf qu’entre leurs conclusions réelles et la manière dont elles sont présentées dans les médias, il y a souvent un monde.

La genèse

Tout commence avec l’expérimentation Rés0Pest, coordonnée par l’INRAE et lancée en 2012. Son objectif : tester, dans des conditions réelles, la possibilité de cultiver sans aucun pesticide — y compris les traitements de semences — tout en conservant un modèle d’agriculture conventionnelle, avec engrais de synthèse et travail du sol. Menée pendant dix ans, entre 2013 et 2022, l’expérience a mobilisé huit sites expérimentaux à travers la France (une neuvième s’est jointe en cours de route).

Comme le précise dans Le Monde l’un des animateurs du site de Bretenière en Côte-d’Or : « L’idée n’est pas de démontrer qu’on doit se passer de phytos, mais d’anticiper ce qu’on pourrait faire si les phytos sont interdits. » Une sage précaution, quand on se souvient que certaines interdictions — glyphosate, acétamipride — ont déjà frappé avant que des alternatives viables ne soient prêtes, laissant les agriculteurs démunis face à la concurrence européenne.

L’expérimentation a donné lieu à deux publications complémentaires : l’une, centrée sur les performances agronomiques ; l’autre, consacrée à l’analyse de la durabilité socio-économique et environnementale.

Des résultats encourageants

Le principal enseignement est qu’il est techniquement possible de produire certaines cultures sans pesticides pendant plusieurs années, en combinant rotations longues, diversification, variétés résistantes et interventions mécaniques. Les ravageurs et maladies ne deviennent pas incontrôlables et les rendements obtenus restent globalement inférieurs au conventionnel, mais supérieurs à ceux de l’agriculture biologique.

Mais un premier obstacle apparaît immédiatement : les mauvaises herbes. Sans herbicides, leur contrôle repose sur la multiplication des interventions mécaniques. Celles qui échappent à ce contrôle captent une partie de l’eau et des nutriments, au détriment des cultures. Pour limiter les pertes de rendement, un recours important aux engrais minéraux devient alors nécessaire.

Une expérimentation encore loin d’être généralisable

Les auteurs le reconnaissent eux-mêmes : l’expérimentation ne respecte pas les standards habituels des essais agricoles.

Les essais demandent un niveau de suivi et d’expertise difficilement reproductible en conditions réelles. Sur la plateforme, les chercheurs peuvent accepter de perdre une culture, ce qui n’est pas le cas d’un agriculteur dont le revenu dépend directement de la récolte.

Enfin, le dispositif repose sur des parcelles de petite taille d’environ 0,5 hectare. Une taille suffisante pour permettre à la fois mécanisation et suivi très fin, mais qui ne présage pas de la transposition à grande échelle, dans des conditions agricoles réelles. Le passage à des parcelles de plusieurs dizaines d’hectares change profondément la donne : effets de bordure moins importants, sensibilité plus forte à la météo, variabilité des sols accrue.

Une viabilité économique encore très aléatoire

La vraie limite est économique. Selon les sites, la rentabilité varie fortement, et dans la moitié des cas, le revenu dégagé reste inférieur à un SMIC par unité de travail agricole.

Sans traitements chimiques, les interventions mécaniques se multiplient. Elles demandent plus de temps, davantage de surveillance et une forte réactivité technique. Une charge de travail — et mentale — qui repose entièrement sur l’agriculteur, une fois ce dernier privé du soutien d’une équipe d’agronomes.
Les solutions agronomiques utilisées ont elles aussi un coût. Allonger les rotations impose d’introduire des cultures moins rentables ou aux débouchés limités. Les cultures associées, qui consistent à faire pousser plusieurs espèces sur une même parcelle, renforcent la résilience du système, mais compliquent tout le reste : choix des espèces, gestion des densités, récolte, tri et valorisation des productions.

Autant de contraintes et de coûts ajoutés qui expliquent qu’une meilleure valorisation des récoltes, autrement dit une prime à la vente par rapport au conventionnel, soit mise en avant comme une condition clef de rentabilité. Une valorisation qui n’existe pas aujourd’hui, mais qui, pour ses défenseurs, se justifierait par une réduction des externalités négatives liées aux pesticides. Une affirmation, on le verra, qui reste à démontrer.

Un postulat contestable

L’étude ne teste pas une agriculture sans intrants chimiques, mais une agriculture sans pesticides reposant sur d’autres leviers : engrais de synthèse et forte ingénierie agronomique.

Il serait d’ailleurs caricatural d’opposer cette approche à une agriculture conventionnelle supposée reposer sur un usage massif et indiscriminé d’intrants. Dans la réalité, les agriculteurs dits conventionnels arbitrent en permanence entre travail du sol, intrants et techniques agronomiques pour atteindre un compromis productif et économique. L’agriculture de conservation des sols (ACS), par exemple, incarne l’un de ces bouquets de solutions possibles.

Le parti pris du “zéro pesticide”, qu’il soit de synthèse ou non, introduit en revanche de nouvelles contraintes. Il conduit notamment à un recours accru à la fertilisation minérale ainsi qu’à une intensification du travail mécanique du sol. Ces deux pratiques ont des effets indésirables bien documentés : fuites d’azote (eutrophisation), pression sur la qualité de l’eau et émissions de gaz à effet de serre — les engrais représentant environ 40 % des émissions agricoles. Le travail du sol, lui, accroît la consommation de carburant et dégrade la structure et la vie des sols.

Enfin, même “encourageants”, car supérieurs au bio, les rendements obtenus restent inférieurs au conventionnel. Or l’agronomie obéit à une loi d’airain : produire moins par hectare impose de cultiver davantage pour maintenir les niveaux de production. À grande échelle, se pose alors immédiatement la question du changement d’usage des sols — moins de rendements, c’est plus de terres cultivées, et donc davantage de déforestation —, et avec elle celle de ses effets sur les écosystèmes et la biodiversité.

On substitue ainsi en partie une contrainte à une autre, sans nécessairement améliorer le bilan global, voire en le dégradant. Dans ces conditions, et compte tenu de la dépendance à une valorisation économique spécifique, on reste loin d’un compromis agronomique et économique optimal pour l’agriculteur, l’environnement et la société.

Le même chercheur déjà cité le reconnaît sans détours : « Ce que l’on fait ici ne sera jamais généralisable partout en France, car il n’y a pas de solution magique pour se passer des phytos. »

Le grand sevrage

Imaginons un instant que nos agriculteurs se retrouvent pourtant un jour face à la situation d’une interdiction généralisée des pesticides. Eh bien, puisqu’« une agriculture sans pesticides est techniquement possible et économiquement viable », ils n’auraient plus qu’à s’y mettre n’est-ce pas ? En réalité, il est plus que probable que ce grand sevrage se transforme en grand servage.

Le surcroît de travail mécanique, dont une partie manuelle, casse le dos. Les aléas climatiques ou les attaques de ravageurs vident l’assiette et le compte en banque. L’hypervigilance nécessaire pour s’ajuster en permanence à la variabilité des conditions et au moindre soubresaut de son exploitation ruine le moral. Qui accepterait ces conditions pour un salaire de misère ?

Habitués aux rayons bien garnis de nos supermarchés, on oublie trop souvent que près de 45 % de la population active travaillait dans les champs au début du XXe siècle. Et que si aujourd’hui, ils ne sont plus que 2 %, c’est grâce à la technologie. Au moteur et à la chimie. Qui, parmi les 98 % de non-agriculteurs, acceptera de retourner courber l’échine pour combler ce vide technologique ? Sans doute pas ceux qui demandent le plus fortement cette évolution.

Une immense responsabilité

La dépendance aux pesticides a des impacts importants sur les milieux et la biodiversité, et chercher à la réduire est une démarche utile et indispensable. Rés0Pest est une prouesse scientifique dont les résultats seront sans doute très riches d’enseignements pour l’avenir. Mais ils devront évidemment s’inscrire dans la mise au point, sans tabou ni exclusion a priori, d’un éventail de solutions incluant agriculture de précision, nouvelles techniques génomiques et pratiques agronomiques améliorées.

Le communiqué de presse diffusé par l’INRAE se montrait d’ailleurs très prudent. Titré « Une étude expérimentale menée sur 10 ans montre le potentiel de systèmes de production agricoles sans pesticides », il devient, pour La Montagne, la preuve « que l’on peut se passer totalement de pesticides […] tout en obtenant des rendements satisfaisants et en préservant la viabilité économique des exploitations ». Et le journal d’ajouter : « Chiche ? »

Ce type de glissement d’une étude exploratoire, assortie de contraintes fortes, à une solution prête à l’emploi n’est pas nouveau. On l’a déjà observé dans le débat énergétique avec le rapport 2021 de RTE sur les futurs énergétiques à l’horizon 2050, qui a servi de caution à beaucoup pour asséner sans nuance : « le 100 % renouvelable est possible »

Le mirage du 100% EnR

J’approfondis

Pour quelques journalistes qui lisent les études qu’ils relayent, combien se contentent de recopier le communiqué de presse, la dépêche AFP, ou le papier d’un confrère ? Ou pire, de les interpréter à l’aune de leurs convictions ?

On l’a encore vu récemment avec le cadmium : des questions sanitaires bien réelles ont parfois été instrumentalisées en discours et articles anxiogènes, alors même que les sources scientifiques soulignent la complexité des mécanismes d’exposition et la diversité des facteurs en jeu.

Le problème n’est pas ce que disent ces études. C’est ce qu’on veut leur faire dire. Car c’est une responsabilité immense que d’intoxiquer le débat public en laissant croire qu’il existe des solutions magiques à des problèmes complexes qui engagent notre destin collectif.

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