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Reçu — 8 avril 2026 De tout et de rien

Amazon thanks loyal Kindle devotees by bricking their kit • The Register

8 avril 2026 à 13:12
Amazon récompense ses clients fidèles en abandonnant les anciens modèles de liseuses.
Modèles affectés : Kindle 1ière et seconde génération, Kindle DX, DX Graphite, Kindle Keyboard, Kindle 4, Kindle Touch, Kindle 5 et Kindle Paperwhite 1ière génération.
Les liseuses continueront de fonctionner, mais il ne sera plus possible d'acheter et télécharger de nouveaux livres.

Voilà pourquoi il faut du matériel ouvert capable de transférer des fichiers (WebDav ou même simple câble USB pour ajouter des livres).

C'est inacceptable de réduire artificiellement les capacités d'un matériel que vous avez acheté et qui est encore en état de marche. Ou alors Amazon devrait être forcé d'ouvrir le système pour qu'on puisse continuer à l'utiliser sans leurs services.
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VeraCrypt / Forums / General Discussion: Project Update

8 avril 2026 à 08:51
VeraCrypt est un système de chiffrement de disque très sûr. La version Windows fonctionne avec un pilote installé dans Windows.
Sans aucune explication et aucun avertissement, Microsoft a fermé le compte du développeur de VeraCrypt. Il ne peut donc plus signer le pilote, et donc impossible de publier de nouvelles versions de VeraCrypt pour Windows.
Et comme d'habitude avec les GAFAMs, impossible de parler à un humain pour résoudre le problème. Je suppose qu'il va falloir un article dans un magazine tech connu ou un shitstorm pour que Microsoft se bouge le cul.

(Aucun soucis pour les versions Apple et Linux, en revanche.)

EDIT: Même problème chez WireGuard : https://news.ycombinator.com/item?id=47687884

EDIT: D'autres développeurs sont touchés : https://www.bleepingcomputer.com/news/microsoft/microsoft-suspends-dev-accounts-for-high-profile-open-source-projects/

Edit : ça bouge : https://www.bleepingcomputer.com/news/microsoft/microsoft-rolls-out-fast-track-to-reinstate-windows-hardware-dev-accounts/
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Intel 486 Support Likely To Be Removed In Linux 7.1 | Hackaday

8 avril 2026 à 06:19
Pendant que Microsoft refuse désormais - dans Windows 11 - de supporter les machines sans TPM 2.0 (sorti entre 2014 et 2019), Linux envisage - dans le noyau Linux 7 - de ne plus supporter les processeurs 486 sortis en 1989 (il y a 37 ans).
Oui, globalement le support du matériel est meilleur sous Linux. (Jusqu'à des exemples absurdes : https://itsfoss.com/news/linux-draeamcast-gd-rom-support/)
Dommage que les fabricants de nouveau matériel ne se bougent pas plus le cul pour fournir des pilotes Linux.

EDIT: Ah oui, et pendant que Windows ne tourne que sur les processeurs x86 (et une version bancale pour les processeurs ARM), Linux (en tous cas Debian) fonctionne sur les processeurs x86, ARM, PowerPC, Risc64, s390x, et LoongArch  (cf. https://www.debian.org/ports/).
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Être végétarien est-il vraiment bon pour la santé ?

8 avril 2026 à 05:13

On prête souvent au végétarisme des vertus protectrices contre le cancer et pour la longévité. Une vaste étude récente, portant sur 1,8 million de personnes, relance le débat. Loin de confirmer l’image d’un régime miracle, elle rappelle surtout que le bilan est complexe et contrasté.

On ne devient généralement pas végétarien uniquement pour gagner quelques années de vie en plus, ni pour espérer échapper à un cancer dont chacun sait qu’il dépend d’une multitude de facteurs. Les travaux en sciences sociales identifient surtout trois grandes motivations au fait de renoncer à la viande : la cause animale, la volonté de réduire son impact environnemental et la recherche d’un bénéfice pour la santé. Dans une enquête récente menée en France, la santé arrivait même en tête des raisons invoquées pour réduire sa consommation de viande ou de produits laitiers. Mais supprimer la viande de son alimentation, et pour certains tout produit d’origine animale, est-il vraiment sans danger ? Ce choix réduit-il réellement le risque de cancer, comme l’a suggéré une étude récente ? Et permet-il de vivre plus longtemps que les mangeurs de viande ? C’est ce que nous allons tenter d’éclairer.

Pour la planète, faut-il bannir la viande ?

J’approfondis

Être végétarien ne désigne pas seulement un bannissement de toute protéine animale. Cela renvoie souvent à un profil social, culturel et sanitaire particulier. Quel est le profil type des végétariens dans les cohortes ? Dans NutriNet-Santé, qui comparait 90 664 consommateurs de viande à 2 370 végétariens, ces derniers étaient plus souvent des femmes (85,0 % contre 77,9 %), plus jeunes (avec 18,2 % de 18-30 ans contre 10,2 % chez les mangeurs de viande), et moins souvent âgés de 65 ans ou plus (10,0 % contre 18,7 %). Ils étaient aussi plus minces : l’obésité concernait 5,0 % d’entre eux contre 9,2 % chez les consommateurs de viande, tandis que les indices de masse corporelle (IMC) bas étaient plus fréquents. Dans EPIC-Oxford, grande cohorte britannique menée au Royaume-Uni chez environ 65 000 adultes recrutés à travers le pays, les végétariens présentaient globalement un profil de mode de vie plus favorable que les mangeurs de viande : ils étaient plus jeunes, plus diplômés, fumaient moins, avaient une activité physique plus élevée, consommaient un peu moins d’alcool et avaient là encore un IMC plus bas.

C’est un point central, parce qu’on comprend facilement que ces éléments constituent un biais majeur dès qu’on essaie de relier végétarisme et longévité. Si les végétariens ont moins de maladies, est-ce grâce à l’absence de viande, ou parce qu’ils cumulent aussi moins de tabac, moins d’alcool, moins de surpoids et davantage de comportements protecteurs ? Même quand les études ajustent statistiquement sur ces facteurs, elles ne les effacent jamais totalement. En nutrition, le risque est toujours de prendre pour effet direct du régime ce qui relève en partie d’un style de vie plus globalement prudent.

L’impact incertain sur la longévité

Alors, vit-on plus longtemps grâce au tofu ? Au risque d’en décevoir certains, les données ne permettent pas de l’affirmer. Dans une étude britannique de 2016 portant sur 60 310 adultes vivant au Royaume-Uni (dont 20 324 végétariens, parmi lesquels 2 228 vegans), après plus d’un million d’années-personnes de suivi et 5 294 décès, il n’y avait pas de différence significative de mortalité globale entre les groupes alimentaires (hazard ratio de 1,02). À l’inverse, dans l’Adventist Health Study-2, cohorte nord-américaine (73 308 participants) très particulière par son contexte religieux, un faible taux de tabagisme et d’alcool et son homogénéité sociale, les régimes végétariens étaient associés à une mortalité totale plus faible de 12 %. Les auteurs soulignaient toutefois que l’effet paraissait plus net chez les hommes que chez les femmes et que la cohorte différait de l’anglaise.

La conclusion honnête est donc simple : certaines cohortes trouvent un bénéfice sur l’espérance de vie, d’autres non. On ne peut pas choisir sérieusement d’être végétarien pour espérer gagner des années de vie.

Cela ne veut pas dire qu’il ne se passe rien. Les végétariens ont souvent un profil cardio-métabolique plus favorable, avec un IMC plus bas, un taux de LDL-cholestérol plus faible et une pression artérielle un peu plus basse que les mangeurs réguliers de viande. Dans l’étude EPIC-Oxford, cela s’accompagnait par exemple d’un risque plus faible de cardiopathie ischémique. Mais là encore, il faut distinguer amélioration de facteurs intermédiaires et démonstration d’un gain net sur la mortalité totale. On peut très bien observer moins d’hypertension, moins de diabète ou moins d’infarctus sans pour autant voir émerger un signal massif et universel sur la longévité globale. Ainsi, d’autres régimes alimentaires, qui n’excluent pas la viande, comme le régime méditerranéen par exemple, présentent des profils assez comparables en termes de protection cardiovasculaire.

Cancer : pas de régîme miracle

Sur le cancer, même prudence. La grande étude récemment publiée dans le British Journal of Cancer en 2026, qui a regroupé 1 817 477 personnes de 9 cohortes sur trois continents, a rapporté chez les végétariens des risques plus faibles pour certains cancers, notamment les cancers du pancréas, du sein, de la prostate, du rein et les myélomes multiples. Mais elle a aussi trouvé un risque plus élevé de carcinome épidermoïde de l’œsophage chez les végétariens, et un risque plus élevé de cancer colorectal chez les vegans. Ce n’est donc pas un récit simple. Et ce n’est pas totalement nouveau : dans EPIC-Oxford, en 2009, l’incidence de l’ensemble des cancers était environ 10 % plus basse chez les végétariens que chez les mangeurs de viande, avec en revanche un risque inexpliqué de cancers du col de l’utérus de +90 %. Dans l’Adventist Health Study-2, en 2013, les régimes végétariens étaient associés à 8 % de cancers en moins au total, mais de manière non significative. La littérature envoie donc depuis longtemps des signaux nuancés, parfois favorables, parfois contradictoires selon le type de cancer et la population étudiée.

« Danger » du végétarisme : autopsie d’une fake news

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Et là encore, concernant les cancers, de manière d’ailleurs assez superposable aux risques des maladies cardiovasculaires, être végétarien amène de facto, statistiquement, à diminuer nettement les facteurs de risque bien établis de cancers : moins de tabac ou d’alcool, moins de surpoids et plus d’activité physique. L’alimentation ne fait pas tout et pourrait être juste le reflet d’une manière de vivre. C’est exactement la frontière classique entre corrélation et causalité.

Le risque de la complexité

Pour essayer enfin d’être complet, il faut aussi parler des risques possibles, parce que c’est souvent le parent pauvre des papiers militants. Une alimentation végétarienne bien construite peut être excellente et sans danger. Mais elle n’est pas automatiquement équilibrée. Les données rappellent des vigilances sur la vitamine B12, la vitamine D, le calcium, l’iode et, selon les cas, le fer, le zinc ou certains oméga-3. Dans EPIC-Oxford, les végétariens et surtout les vegans présentaient aussi davantage de risques de fractures, en partie possiblement liés à un IMC plus bas. Autrement dit, supprimer la viande ne suffit pas à produire une alimentation protectrice.

Autre angle mort beaucoup moins médiatisé : celui des contaminants. Manger plus végétal ne signifie pas être moins exposé à tout. Pour rester dans l’actualité, l’étude européenne HBM4EU publiée en 2022, menée chez 2 510 adultes de 9 pays européens, montre que les végétariens avaient des concentrations urinaires de cadmium 35 % plus élevées que les non-végétariens, ce qui ramène potentiellement là encore au risque d’ostéoporose accrue, principale crainte liée à la surexposition au cadmium. À titre de comparaison, l’augmentation associée au tabagisme était estimée à 25 %. Cela ne signifie évidemment pas que le végétarisme serait « toxique ». Cela signifie simplement que toute alimentation, même présentée comme vertueuse, a aussi ses vulnérabilités environnementales.

Au total, être végétarien ne garantit ni une vie plus longue, ni une protection automatique contre le cancer. Les données suggèrent souvent un meilleur profil métabolique et parfois moins de certaines maladies, mais une partie de ce bénéfice apparent tient probablement au profil même des végétariens, plus qu’à la seule suppression de la viande. Inversement, une alimentation sans viande n’est pas exempte de limites : carences, fragilité osseuse, contaminants, qualité nutritionnelle parfois médiocre si elle est mal construite. En nutrition, la vérité utile est moins spectaculaire que les slogans. Ce n’est pas l’étiquette du régime qui protège. C’est la qualité réelle de l’alimentation, sa diversité, sa densité nutritionnelle, son faible degré de transformation et sa cohérence avec l’ensemble du mode de vie.

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Reçu — 7 avril 2026 De tout et de rien

Pays Baltes : la Russie attaquera-t-elle bientôt ?

7 avril 2026 à 04:46

Et si la Russie attaquait les pays baltes ? Le scénario est désormais pris au sérieux par la France, qui se prépare à l’éventualité d’un nouveau conflit dans les années suivant la fin de la guerre en Ukraine. Mais Moscou peut-elle prendre tout le monde de court ?

Le précédent oublié des années 1990

Narva, Estonie, 16 juillet 1993. Dans cette ville frontalière de la Russie, peuplée à plus de 90 % de Russes ethniques, le Conseil municipal organise un référendum pour obtenir un « statut d’autonomie nationale et territoriale ». Le gouvernement de Tallinn, pour qui l’intégration des minorités russes est l’un des sujets les plus brûlants, ne reconnaît pas cette votation illégale. Mais en Russie, plusieurs personnalités publiques réclament alors le rattachement de Narva et d’autres territoires à forte population russe, tel le vice-président Alexandre Routskoï, qui demande aussi l’annexion de la Crimée.

Cet épisode, largement oublié, rappelle une chose : les revendications impérialistes russes n’ont attendu ni l’avènement de Vladimir Poutine, ni « l’extension de l’OTAN vers l’Est », encore souvent présentée comme la cause originelle de l’agressivité de Moscou envers ses voisins. Trente-trois ans plus tard, alors que la Russie occupe tant de territoires en Moldavie, en Géorgie et surtout en Ukraine, la question est de savoir si les pays baltes seront les prochains. Ou plutôt : quand le seront-ils ?

Le scénario d’un « test » contre l’OTAN

L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont évidemment une différence avec les nations précitées : leur appartenance (depuis 2004) à l’OTAN, dont le fameux article 5 prévoit qu’une attaque envers un membre de l’Alliance sera considérée comme l’étant contre tous les autres. Mais le scénario que redoutent de plus en plus d’analystes est justement que la Russie veuille « tester » cette garantie de sécurité.

Le seuil à partir duquel un pays invoquerait l’article 5 est en effet difficile à déterminer, ce qui pourrait laisser la Russie tenter des opérations suffisamment agressives pour humilier les puissances occidentales, sans que celles-ci n’osent riposter. L’article cité n’oblige pas non plus les alliés à envoyer des troupes, d’où la crainte que les États-Unis, la France ou encore l’Allemagne répugnent à entrer en guerre pour un morceau de territoire à l’autre bout de l’Europe.

La ville de Narva est la plus couramment citée comme cible potentielle. D’une part parce que Moscou pourrait y invoquer, comme dans ses précédentes attaques contre des États européens, la protection des Russes ethniques (rousski) comme prétexte à une intervention. D’autre part parce que, selon les calculs russes, cette ville aux confins de l’Union européenne et de l’OTAN pourrait ne pas représenter un enjeu suffisamment important aux yeux des puissances occidentales pour qu’elles sacrifient leurs soldats.

Une analyse de plus en plus répandue parmi les pays européens est que la Russie pourrait tenter une telle opération vers la fin de la décennie : au-delà de 2030, la fenêtre d’opportunité se réduirait tant le réarmement européen aura porté ses fruits ; à plus court terme, la Russie ne serait pas prête à un tel conflit. Le consensus est qu’elle n’osera s’engager dans pareille aventure qu’après la fin de l’actuelle guerre en Ukraine, et aura besoin de plusieurs années pour refaire ses forces. Mais en est-on sûr ? Ne pourrait-elle pas frapper plus tôt que prévu ?

Le risque d’une attaque anticipée

Nous devons envisager le scénario où c’est la volonté d’en finir avec la résistance ukrainienne qui pourrait pousser le Kremlin à jouer l’escalade avec les Occidentaux. Il s’agirait de maximiser les enjeux du conflit pour le conclure sur une issue favorable à la Russie, en plaçant les pays de l’OTAN au bord d’une confrontation directe qu’ils voudraient éviter à tout prix. Le Kremlin partirait du principe que la guerre en cours n’étant pas aussi existentielle pour les dirigeants occidentaux que pour eux-mêmes, ces derniers finiraient par lâcher l’Ukraine et par la pousser à une paix bancale.

Bien qu’elle table sur une victoire à l’usure et un effondrement ukrainien, la Russie sait aussi que le temps ne joue plus autant en sa faveur. Si la nouvelle guerre du Golfe gonfle ses revenus pétroliers, son économie accumule les signaux d’alerte, rendant un conflit prolongé de moins en moins soutenable. Et si les recrutements sont toujours massifs, ils ne suffisent plus à combler les pertes humaines depuis janvier. Le tout pour des progrès territoriaux d’autant plus minimes que l’Ukraine reprend du terrain sur plusieurs segments.

Sans aller jusque-là, la séquence internationale actuelle peut sembler particulièrement propice à un coup de force visant à humilier l’OTAN. Les États-Unis sont concentrés sur une guerre pour laquelle ils prélèvent aussi bien des défenses aériennes en Corée que des stocks de munitions en Europe. Les Européens, eux, doivent gérer plusieurs crises graves dans leur voisinage et s’estiment d’autant moins prêts pour un conflit majeur. Si l’hypothèse d’une agression – même contenue – de la part de la Russie reste peu crédible dans les prochains mois, la situation interdit de l’écarter totalement.

La « République populaire de Narva »

Depuis mi-mars 2026, une nouvelle campagne lancée sur les réseaux sociaux russophones et reprise jusqu’à la télévision russe suscite l’inquiétude, avec des appels à créer une « République populaire de Narva », sur le modèle des mêmes prétendues républiques de Donetsk et de Louhansk créées en 2014 dans le Donbass. Malgré des incitations à la violence, cette campagne d’une ampleur (encore) limitée s’apparente à une énième provocation plutôt qu’aux préludes d’une action armée.

Cependant, d’aucuns y voient aussi une manière de tester les réactions occidentales. Et ce, alors que depuis un an, l’Europe voit s’enchaîner, à un rythme jamais vu, les actes relevant de la guerre hybride, allant de la désinformation aux sabotages. Les pays baltes en concentrent une grande partie : derrière les événements les plus spectaculaires, comme la violation de l’espace aérien de l’Estonie puis de la Lituanie à l’automne 2025, l’on observe une intensification d’autres pratiques comme le brouillage GPS des avions civils, ou encore des ingérences politiques à destination des minorités russes. Si la campagne autour de la « République populaire de Narva » n’augure sans doute pas d’une prochaine attaque, elle s’inscrit ainsi dans un continuum d’actions toujours plus agressives.

L’Estonie, petite forteresse balte

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Des forces russes prêtes plus tôt que prévu ?

Les forces russes dans la région ne sont clairement pas en mesure de lancer une attaque majeure. Si Moscou prévoit de les renforcer, il lui faudra pour cela des mois (au minimum), en rassemblant des moyens aujourd’hui consacrés au front ukrainien. Le scénario le plus couramment envisagé à Narva consiste en l’envoi de forces très limitées, qui pourrait permettre à Vladimir Poutine de nier qu’elles lui appartiennent, pour limiter le risque d’une riposte alliée.

Mais Moscou n’a pas besoin de reconstituer une force du type de celle qui a tenté d’envahir l’Ukraine en 2022. Son avantage pris dans le domaine des drones est tel qu’il pourrait aider à contrebalancer la supériorité qu’acquerraient rapidement les forces de l’Alliance en termes de forces « classiques ». À défaut de pouvoir s’engager dans un nouveau conflit majeur alors que son armée patine en Ukraine, le Kremlin pourrait estimer avoir de quoi tenir la dragée haute aux armées européennes pour mieux couvrir une provocation. Du délire ? Pas de l’avis d’une partie du renseignement ukrainien et de certains députés à la Rada qui nous ont fait part de leur inquiétude à ce sujet.

Tout ce qui précède reste hautement improbable, le risque le plus probable demeurant une agression russe une fois la guerre d’Ukraine terminée – ou du moins gelée, dans une fenêtre d’opportunité s’étendant sur les trois à quatre ans qui viennent. Mais les progrès spectaculaires de la Russie en matière de dronisation, qui devraient raccourcir l’échéance à laquelle elle sera apte à des opérations militaires majeures, et l’évolution de sa situation intérieure – notamment sur le plan économique – pourraient la pousser à agir plus tôt.

Le dernier livre d’Aurélien Duchêne, « L’Europe et ses armées » (Eyrolles, 2026), coécrit avec Robin Gastaldi, traite notamment, dès son premier chapitre, des pays baltes.

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Reçu — 6 avril 2026 De tout et de rien

Électroscope #21 : Retour vers la lune, lutte contre l’endométriose et drones en cartons

6 avril 2026 à 05:06

Retourner sur la Lune, soulager l’endométriose, robotiser les prises de sang, éduquer les robots et fabriquer des drones en carton… C’est parti pour Électroscope #21.

Retour vers la Lune !

Cinquante-quatre ans exactement après la mission Apollo 17, en décembre 1972, l’homme revient vers la Lune avec le programme Artemis II, dont nous suivons l’aventure en direct. Après la victoire de la course à l’espace contre les Soviétiques, l’Amérique avait tourné la page : budgets coupés, priorités terrestres, fin de la guerre froide… Un demi-siècle plus tard, le rêve sélénite est de retour !

N’en déplaise aux complotistes, qui font de la difficulté à revenir à ce type de missions un argument pour prétendre que jamais l’homme n’a mis les pieds sur la Lune, le vol habité en cours est un véritable exploit. Le programme Apollo était un sprint politique et financier exceptionnel, financé à hauteur de 4 à 5 % du budget fédéral américain dans un contexte de guerre froide. Or, par la suite, les priorités ont changé, les budgets de la NASA ont été drastiquement réduits, et les savoir-faire techniques ont été en grande partie perdus avec le départ à la retraite des équipes. De plus, les ambitions actuelles (base permanente sur la Lune, réutilisabilité, normes de sécurité modernes beaucoup plus strictes et intégration de partenaires privés) rendent le projet bien plus complexe et coûteux à long terme qu’un simple « aller-retour » comme dans les années 1960-1970, exigeant un soutien politique stable sur plusieurs décennies. Cela explique pourquoi il a fallu plus de 50 ans pour revenir, malgré les avancées technologiques. Il n’était pas question de « cacher quelque chose », ni de facilité perdue, mais bien de volonté politique, d’argent et de vision durable.

Jusqu’à ce 1er avril, où tout a changé. La fusée SLS a décollé du Kennedy Space Center, en Floride, propulsant le vaisseau Orion (baptisé Integrity) et ses quatre astronautes vers la Lune. À bord : Reid Wiseman (commandant), Victor Glover (pilote), Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen.

Ce n’est pas encore un alunissage – Artemis II est un vol de test de dix jours –, mais il est loin d’être anodin. Après un décollage parfait, l’équipage a réussi la manœuvre critique d’injection translunaire le 2 avril, quittant définitivement l’orbite terrestre. Après avoir filé vers le satellite de la Terre, il le survolera aujourd’hui. Les astronautes passeront à environ 6 400 km de la surface, y compris de la face cachée, que seuls les astronautes d’Apollo ont brièvement aperçue. Ce soir, à partir de 20 h 45, attendez-vous à des images en haute définition (certaines en 4K) de cette face cachée, retransmises quasiment en direct. Des vues qu’aucun œil humain n’a contemplées depuis 1972.

Mais ce voyage n’a rien d’une croisière et se déroule dans des conditions des plus spartiates. Les astronautes dorment attachés et vivent dans un espace confiné où chaque geste est calculé. Ils sont en train de repousser les limites de ce que l’humain peut endurer si loin de chez lui – plus loin encore que l’équipage d’Apollo 13 à l’époque.

Ce qui rend cette mission extraordinaire, c’est qu’elle teste en conditions réelles tout ce qui manquait jusqu’ici : le bouclier thermique pour une rentrée atmosphérique à très haute vitesse, les systèmes de survie pour plusieurs jours, la navigation en espace profond. Les premiers clichés de la Terre, déjà publiés, montrent notre planète comme une sphère bleue, fragile et magnifique – de quoi faire taire, une fois de plus, les platistes. Et surtout, Artemis II pose les bases concrètes de l’avenir : une base permanente sur la Lune, soit un avant-poste pour en exploiter les ressources, préparer des missions vers Mars et installer une présence durable de l’humanité dans l’espace lointain.

Après un demi-siècle d’absence, l’esprit des grands explorateurs est de retour. Fragile, risqué, mais bien vivant. L’humanité regarde à nouveau vers le haut.

Et si, ainsi, lever les yeux vers l’astre sélénite vous donne des frissons, nous vous conseillons de poursuivre ce voyage avec un ouvrage hors norme récemment paru, Le Dictionnaire amoureux de la lune (Plon), du géopolitologue Dominique Simonnet. Où poésie, capacité d’émerveillement et informations inédites se croisent avec grâce.

Des ultrasons contre l’endométriose

Des ultrasons pour vaincre le cauchemar de nombre de femmes ? C’est ce que la recherche française permet désormais de proposer aux victimes de l’endométriose. Cette pathologie touche une femme sur dix et reste, pour beaucoup, une source de douleurs intenses et de souffrances quotidiennes. Dans cette maladie, du tissu semblable à celui qui tapisse l’intérieur de l’utérus se développe en dehors de celui-ci. À chaque cycle menstruel, ce tissu s’enflamme et provoque des douleurs très fortes, pouvant même condamner la possibilité d’enfanter.

Longtemps cantonnée à des traitements hormonaux ou à des chirurgies lourdes et complexes, cette maladie invalidante voit enfin poindre une solution thérapeutique, née à Lyon. Aux Hospices civils de Lyon (hôpital de la Croix-Rousse), le professeur Gil Dubernard et son équipe ont détourné une technologie déjà éprouvée dans le traitement du cancer de la prostate : les ultrasons focalisés de haute intensité. Grâce à un dispositif robotisé, développé en collaboration avec l’INSERM et la société EDAP TMS, les médecins appliquent ces ondes de manière précise et non invasive, par voie endorectale, sans incision ni cicatrice.

En quelques minutes seulement, les ultrasons génèrent une ablation thermique qui détruit les lésions endométriosiques, notamment dans les formes les plus sévères. La procédure, réalisée en ambulatoire ou avec une hospitalisation très courte, permet aux patientes de rentrer chez elles le jour même ou le lendemain, avec une réduction souvent rapide des douleurs pelviennes, digestives et urinaires, tout en préservant leur fertilité. Aujourd’hui, les Hospices civils de Lyon sont devenus le premier centre au monde à l’offrir en routine, en alternative à la chirurgie traditionnelle. Une capacité initiale d’une centaine de patientes est prévue pour la première année, et l’intervention est désormais remboursée par l’Assurance maladie.

Cette avancée porte un immense espoir pour toutes les femmes confrontées à l’endométriose sévère. Elle promet de soulager des souffrances chroniques sans les contraintes mutilantes des opérations classiques, tout en ouvrant la voie à une prise en charge plus douce, plus rapide et plus respectueuse de la qualité de vie. Si elle ne guérit pas toutes les formes de la maladie, elle représente un progrès majeur qui change déjà concrètement le quotidien de nombreuses patientes.

La prise de sang robotique

Imaginez entrer dans un laboratoire ou un hôpital, vous asseoir tranquillement, et voir un robot accomplir, avec une précision remarquable, l’intégralité d’une prise de sang, sans qu’aucune main humaine ne touche l’aiguille. Ce scénario est devenu réalité grâce à Aletta, le premier robot autonome au monde dédié aux prélèvements sanguins.

Développé par la startup néerlandaise Vitestro, Aletta combine intelligence artificielle, robotique de pointe et imagerie multimodale. Le patient s’installe confortablement ; le robot positionne le bras, applique un garrot, localise avec une grande exactitude une veine adaptée, insère l’aiguille avec une précision submillimétrique, collecte les échantillons nécessaires, retire l’aiguille et pose enfin un pansement. Toute la procédure se déroule de manière entièrement automatisée.

Cette innovation réduit significativement le stress lié aux piqûres répétées, particulièrement pour les personnes aux veines difficiles à trouver. Les premiers résultats des essais cliniques sont encourageants : un taux de réussite dès la première tentative avoisinant les 95 %, et une grande majorité de patients qui jugent l’expérience aussi confortable, voire plus agréable, qu’une prise de sang traditionnelle. Surtout, Aletta permet aux infirmiers et aux phlébotomistes de consacrer davantage de temps à l’accompagnement humain des patients, tout en répondant aux pénuries de personnel dans les laboratoires et les hôpitaux. Avec Aletta, un geste médical courant devient plus fiable, plus serein et plus moderne.

Robotique : l’IA change tout !

99 % de réussite ! GEN-1 est peut-être le premier modèle d’IA véritablement capable de maîtriser les tâches physiques fondamentales grâce à la startup américaine Generalist AI. Grâce à un entraînement massif sur des centaines de milliers d’heures d’interactions physiques, suivi d’une adaptation très rapide, GEN-1 atteint des performances impressionnantes : un taux de réussite moyen de 99 % sur des tâches où les modèles précédents restaient autour de 64 %, une vitesse d’exécution jusqu’à trois fois supérieure à l’état de l’art, et une capacité remarquable à s’adapter en temps réel aux imprévus. Le robot peut ainsi improviser, récupérer une situation inattendue ou ajuster son geste avec une fluidité surprenante.

Cette avancée rapproche les robots d’une fiabilité et d’une efficacité suffisantes pour envisager des applications concrètes dans la logistique, l’assistance ou la production industrielle. Au lieu de répéter mécaniquement des gestes programmés, les robots équipés de GEN-1 commencent à faire preuve d’une réelle forme d’intelligence. Bien sûr, il ne s’agit encore que de tâches simples, et le chemin vers des robots universels reste long. Mais GEN-1 marque un pas décisif vers ce que beaucoup appellent le « moment ChatGPT de la robotique » : le passage d’expériences de laboratoire à des systèmes véritablement utiles au quotidien.

Des drones qui cartonnent !

Des drones fabriqués presque entièrement en carton ondulé ? C’est possible ! Baptisé AirKamuy 150, cet appareil à aile fixe, développé par la startup japonaise AirKamuy, vole à 120 km/h, s’assemble en seulement cinq minutes sans aucun outil et se présente sous forme de kit plat ultra-compact. Le mariage entre la technologie et la plus pure simplicité. Ce type de drones peut être produit en masse dans n’importe quelle usine de carton ordinaire, sans nécessiter de matériaux high-tech coûteux ni de chaînes de fabrication sophistiquées. Son coût unitaire, estimé à moins de 3 000 dollars, ouvre la porte à une production à très grande échelle. Conçu pour être déployé en essaims massifs, il mise sur la quantité et la rapidité plutôt que sur la sophistication individuelle. Biodégradable, léger et facile à stocker, il combine endurance (jusqu’à 80 minutes de vol selon les versions) et capacité de charge utile pour des missions de reconnaissance, de logistique ou de défense. Cette approche rend accessible une technologie autrefois réservée aux budgets militaires importants et permet d’envisager des applications civiles comme l’aide aux catastrophes, la surveillance maritime ou le transport rapide en zones difficiles. Surtout, elle démontre que l’innovation ne passe pas toujours par la complexité. Elle rappelle aussi une approche développée par l’armée ukrainienne, qui a reçu et déployé des centaines de drones australiens Corvo PPDS. Surnommés « cardboard drones », ils s’assemblent rapidement avec du ruban adhésif, des élastiques et de la colle, et sont principalement fabriqués à partir de carton traité pour résister à l’humidité. Depuis, Kiev est néanmoins passé à la vitesse supérieure dans ce domaine…

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Reçu — 5 avril 2026 De tout et de rien

Axios npm hack used fake Teams error fix to hijack maintainer account

5 avril 2026 à 06:39
La librairie Axios utilisée par de nombreuses entreprises a été compromise, infectant une grande quantité d'ordinateurs.
C'est un des développeurs d'Axios qui s'est fait avoir. Il s'est fait invité à la visio de ce qui ressemblait à une grande entreprise.

Par contre :
« During the call, a technical error was displayed, claiming that something on the system was out of date, prompting the maintainer to install a Teams update to fix the error. However, this fake update was actually RAT malware that gave threat actors remote access to the maintainer's device, allowing them to obtain the npm credentials for the Axios project.
Other maintainers reported similar social engineering attacks, where the threat actors tried to get them to install a fake Microsoft Teams SDK update. »

Excusez-moi, mais je facepalm très très fort:
- ça marche encore ces arnaques de fausse mise à jour, même - et surtout! - auprès d'un *dévelopeur* ???
- il ne contrôle pas les URLs de ce qu'il télécharge ?  Si c'est Teams, ça se télécharge depuis le site Microsof et rien d'autre.

Voir aussi : https://socket.dev/blog/attackers-hunting-high-impact-nodejs-maintainers
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Le spectre de Lawrence d’Arabie

5 avril 2026 à 05:51

Des illusions de Peter O'Toole aux frappes sur l'Iran, tout le drame du Proche-Orient moderne s'est noué sous le sable de 1916. Entre trahisons coloniales et ambitions contrariées, l’épopée de Lawrence d’Arabie demeure le point de bascule pour comprendre pourquoi la région s'embrase, encore, en 2026.

Revoir le Lawrence d’Arabie de David Lean, dont le héros tente de porter la révolte arabe de 1916-1918 dans le but de la conduire vers la création d'un État indépendant et libéré du joug ottoman, procure toujours cette sensation d’immensité vertigineuse et de choc cinématographique. Mais le revoir aujourd'hui, malgré les distances qu'il prend avec la réalité historique, alors que le Proche et le Moyen-Orient se sont à nouveau embrasés depuis le 7 octobre 2023 et l'actuelle attaque israélo-américaine sur l'Iran, livre une précieuse et fascinante grille de lecture du présent.

Le désert infini et vaporeux, la lumière flottante qui sculpte les dunes, la silhouette solitaire de Peter O’Toole enveloppée de soie blanche, chargeant à la tête de ses troupes à destination d'Aqaba (Jordanie), au rythme de la musique entêtante de Maurice Jarre… Le décor du film est planté. L’une des plus grandes productions de l’histoire du cinéma qui, en 1962, rafla la bagatelle de sept Oscars à partir du récit de cette révolte lancée par le chérif Hussein ben Ali, gardien des lieux saints de La Mecque.

Sauf que, contrairement à la réalité, tout concourt dans l’œuvre à donner du rôle de son personnage principal dans cette lutte panarabe l’illusion du combat mystique d’un homme seul défiant l'ordre impérial britannique et cherchant à redessiner le Levant par la grâce de son intuition. La vérité est tout autre. Qu’importe, car le film ressurgit avec une force particulière en ces temps troublés au Proche et au Moyen-Orient, où les échos du conflit ancien qu’il narre, ainsi que les accords Sykes-Picot qui redessineront la région à la même période, ne sont pas étrangers aux événements actuels.

Thomas Edward Lawrence : l’homme derrière le mythe

Thomas Edward Lawrence, né en 1888 au pays de Galles, n’était pas l’aventurier solitaire au regard halluciné que le film met en scène. Archéologue brillant, arabisant passionné, il avait parcouru la Syrie et la Mésopotamie (la région de Bagdad) avant la guerre, apprenant les dialectes bédouins et s’imprégnant des coutumes tribales, malgré quelques lacunes plus tard raillées par les observateurs français de son épopée. Engagé dans le renseignement britannique au Caire dès 1914, il devint l’agent de liaison idéal auprès des Arabes au début de leur révolte. Lawrence coordonna ses actions avec le fils du chérif, Fayçal, incarné par un brillant Alec Guinness, organisant des raids de guérilla, notamment contre des lignes ferroviaires vitales pour les Ottomans. La prise d’Aqaba, en juillet 1917, reste l’un des épisodes les plus célèbres de son parcours : une marche audacieuse à travers le désert et une victoire tactique obtenue par surprise.

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Reçu — 4 avril 2026 De tout et de rien

H.264 Streaming Fees: What Changed, Who's Affected, and What It Means

4 avril 2026 à 18:47
Via Licensing Alliance (Via) - l'organisation qui succède à MPEG-LA - et qui est en charge de collecter les droits d'utilisation de certains codecs (comme le très répandu H264) s'est dit "Tiens et si on en profitait pour tirer un peu plus de pognon ?".

Il est vraiment temps qu'on se débarrasse de ces parasites (avec AV1, Opus, Ogg... ce ne sont pas les codecs libres de droits et performants qui manquent).
Le seul problème c'est le support du décodage matériel (très répandu pour le H264, pas encore universel pour l'AV1).

Edit : article en Français. https://www.clubic.com/actualite-607765-ce-codec-video-coute-un-pognon-de-dingue-aux-plateformes-de-streaming-le-francais-videolan-porte-la-riposte-libre.html
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L'IA est capable de cloner des logiciels open source en quelques minutes : les projets bénévoles peuvent ainsi être exploités commercialement, sans que leurs auteurs en soient crédités ni rémunérés

4 avril 2026 à 17:34
Tiens oui, vu comment les boîtes d'IA et GAFAM manquent totalement de reconnaissance envers le Logiciel Libre, j'imagine bien que prendre une IA pour cloner un projet Libre sans avoir à se faire chier à respecter les licences et les gens, ça doit tourner à plein régime. Pouark.
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Reçu — 3 avril 2026 De tout et de rien

Le lien entre pesticides et cancer a-t-il vraiment été établi ?

3 avril 2026 à 03:57

L’info a circulé partout : le lien entre pesticides et cancer aurait été scientifiquement démontré. Une vague qui renseigne plus sur l’état de la presse française que sur le fait scientifique. Car la réalité est très loin de son traitement médiatique.

Le 1er avril, France Info titrait : « Le lien entre exposition aux pesticides et cancers établi par des chercheurs français et péruviens ». Le même jour, Le Monde reprenait l’étude avec un angle voisin, en parlant d’une « association robuste » entre l’exposition environnementale aux principaux pesticides utilisés au Pérou et des sur-risques localisés de cancers.

Ce n’était donc pas un poisson d’avril. C’était une vraie publication, parue dans Nature Health, signée par une équipe franco-péruvienne, et présentée comme une avancée majeure dans la compréhension des effets sanitaires des mélanges de pesticides à l’échelle d’un pays.

Un sujet inflammable. Des pesticides (tous confondus !). Des cancers (sans préciser lesquels). Une revue prestigieuse. Des cartes spectaculaires. Un modèle informatique à très haute résolution. Une touche de biologie moléculaire. Et, surtout, une conclusion qui semble offrir à la fois un récit et une morale : pendant des années, on aurait sous-estimé le rôle réel des pesticides dans la cancérogenèse humaine parce que l’on raisonnait molécule par molécule, alors qu’il fallait regarder les mélanges, c’est-à-dire ce que certains appellent « l’effet cocktail » (ou pisco sour). Tous les ingrédients d’une étude médiatiquement irrésistible.

Dans un débat déjà saturé sur les pesticides, ce type de publication alimente rapidement les biais de confirmation. Une partie du public, et de la presse, se précipite vers des certitudes sans examiner la nature des données. Il faut au contraire lire l’étude en détail, distinguer observation, inférence et interprétation, puis confronter les résultats à leurs limites méthodologiques, avant toute généralisation.

Comment est construite l’étude ?

Les auteurs partent d’un constat classique : en situation réelle, on n’est jamais exposé à une seule substance, dans une seule dose, par une seule voie, pendant une seule période. On vit dans des paysages chimiques complexes. On inhale, on ingère, on touche, on accumule. L’eau, le sol, la poussière, l’alimentation, l’activité professionnelle, le voisinage agricole, le climat, le ruissellement, tout cela s’entremêle. Les approches toxicologiques classiques ont souvent disséqué les molécules une par une. Eux veulent regarder l’ensemble, à l’échelle d’un territoire national.

Pour cela, ils construisent une représentation environnementale du Pérou fondée sur 31 substances actives de pesticides, décrites comme les plus couramment utilisées dans le pays. Ce modèle intègre les propriétés physicochimiques des substances, le carbone organique des sols, la pente, les précipitations, le ruissellement de surface et l’occupation des terres cultivées. Les auteurs montrent aussi que ce risque modélisé varie selon les conditions climatiques, notamment lors d’un épisode El Niño. Le territoire est découpé en cellules de 100 mètres sur 100 mètres. L’objectif n’est pas de mesurer la dose interne chez chaque individu, mais de produire une carte de risque environnemental cumulatif lié aux pesticides, normalisée de 0 à 100, sur la période 2014-2019.

Les auteurs superposent ensuite cette carte à des données issues du registre national péruvien du cancer, couvrant les années 2007 à 2020. Après nettoyage, géocodage et vérification d’une résidence d’au moins cinq ans, ils retiennent 158 072 cas de cancers primitifs. Ils comparent alors, district par district, le nombre de cancers observés au nombre de cancers attendus, puis appliquent un modèle statistique qui teste si les zones ayant un score environnemental pesticide plus élevé sont aussi celles où le risque de cancer apparaît plus élevé.

Quels résultats ?

436 hotspots ont été identifiés : des zones où le modèle estime un sur-risque statistiquement significatif. Dans ces hotspots, les risques relatifs vont de 1,14 à 9,38, avec une moyenne de 2,52. En clair, cela signifie que dans ces zones sélectionnées par le modèle, le risque estimé est en moyenne un peu plus de 150 % de ce qui était attendu.

Mais attention : l’étude ne dit pas qu’un district ayant un score pesticide deux fois plus élevé aura automatiquement deux fois plus de cancers. Elle dit que les zones classées par le modèle comme les plus à risque sont aussi celles où l’on observe davantage de cancers que prévu. On parle donc bien de corrélation à ce stade.

Les auteurs ajoutent un troisième niveau d’analyse. Ils se concentrent sur le foie, en particulier sur des cancers observés dans la région de Junín, et examinent 36 paires d’échantillons, tumoraux et non tumoraux. Ils y recherchent des modifications de l’activité des gènes pouvant correspondre à une exposition à certains types de cancérogènes.

Ils comparent ensuite ces résultats à des données issues de cohortes en France, à Taïwan et en Turquie. Ils identifient chez les patients péruviens une signature spécifique, suggérant une perturbation du fonctionnement normal des cellules du foie, absente dans les autres pays.

Là encore, le récit est fort : le territoire donnerait le signal épidémiologique, et le foie viendrait lui offrir une plausibilité biologique.

Mais il y a un biais possiblement important. Les auteurs s’appuient sur un cancer du foie atypique, déjà décrit au Pérou central, qui touche notamment des patients jeunes, non cirrhotiques, avec une forte composante d’ascendance amérindienne. Cela pose forcément la question d’une susceptibilité propre à cette population, qu’elle soit génétique, infectieuse, environnementale ou, plus probablement, mêlée.

Le fait que la signature transcriptomique décrite soit présentée comme « spécifique » aux patients péruviens peut certes soutenir l’hypothèse d’un contexte d’exposition particulier, mais cela peut aussi refléter un phénotype propre à une population donnée. Autrement dit, ce signal hépatique ne permet pas de déterminer le rôle des pesticides ; il peut aussi capter une vulnérabilité liée à l’ascendance ou à d’autres déterminants propres à cette région. Encore une fois, aucune causalité n’est prouvée.

Comment interpréter les résultats ?

Les pesticides se dispersent dans l’environnement. On observe davantage de cancers dans les zones les plus exposées. Donc le lien serait établi. Présenté comme cela, c’est évidemment spectaculaire. Un peu trop.

On parle ici d’un signal très large, agrégé, qui touche des groupes de cancers, et non d’une démonstration propre sur des cancers bien identifiés un par un. C’est un point essentiel, parce qu’il change complètement le sens du résultat. L’étude n’est pas construite pour dire clairement : le cancer du sein augmente de tant, le cancer de la prostate de tant, le cancer colorectal de tant. Les auteurs ont choisi une classification inhabituelle, fondée non pas sur les organes mais sur de grandes familles de tumeurs regroupées. C’est très inhabituel et doit forcément interpeller : les analyses statistiques par cancer n’étaient-elles pas significatives pour avoir dû élaborer cette classification ? En clair, les auteurs ont mélangé plusieurs cancers dans de grands ensembles biologiques. Cela peut être intéressant pour faire tourner un modèle. Mais on ne peut pas tirer de cette étude un sur-risque lisible et solide pour un cancer précis comme le sein, la prostate ou le côlon.

C’est ici qu’intervient la limite principale de l’étude. Elle ne mesure pas directement l’exposition des individus. Elle ne dit pas combien de pesticides une personne a réellement inhalés, mangés, absorbés ou manipulés au cours de sa vie. Elle reconstruit un risque environnemental à partir du relief, des sols, des pluies, du ruissellement et des propriétés des molécules. C’est très intéressant pour faire de la géographie de l’exposition. Mais ce n’est pas la même chose qu’une mesure d’exposition humaine réelle. Les auteurs le reconnaissent eux-mêmes : les expositions individuelles n’ont pas été mesurées directement, mais seulement inférées à partir de proxys spatiaux.

Un autre point devrait compter dans toute présentation sérieuse : cette étude porte sur le Pérou, pas sur l’Europe occidentale, encore moins sur la France.

Les 31 pesticides inclus dans le modèle correspondent aux usages péruviens entre 2014 et 2019. L’article précise qu’ils ont été retenus à partir d’enquêtes de terrain et de sources réglementaires péruviennes. Parmi eux, une dizaine de substances ne sont plus approuvées dans l’Union européenne. C’est le cas, par exemple, de l’atrazine, du chlorpyrifos ou du mancozèbe, qui apparaissent comme « non approuvés » dans la base officielle européenne. À l’inverse, d’autres substances du modèle restent approuvées en Europe, comme le glyphosate.

Cette seule remarque impose de ne pas surtransposer les résultats. On ne peut pas dire simplement : « ce que montre cette étude au Pérou vaut tel quel pour l’Europe ». Le contexte agricole n’est pas le même, les usages ne sont pas les mêmes, les mélanges ne sont pas les mêmes, les réglementations ne sont pas les mêmes, les conditions climatiques et sociales ne sont pas les mêmes. Et quand plusieurs substances étudiées sont interdites ou non approuvées en Europe, l’extrapolation devient encore plus fragile.

Enfin, les auteurs reconnaissent qu’ils ne peuvent pas exclure des facteurs de confusion environnementaux, sociaux ou liés au mode de vie. C’est capital. Car les régions mises en avant dans l’étude ne diffèrent pas seulement par les pesticides. Elles peuvent aussi différer par la pauvreté, l’accès aux soins, la nutrition, les infections, les conditions de travail, l’alcool, le tabac, la déforestation ou d’autres polluants. Dans une telle étude, il est toujours difficile de savoir quelle part du signal vient vraiment des pesticides, et quelle part vient du reste du paysage sanitaire et social.

Au fond, tout le problème vient de l’écart entre la prudence scientifique réelle de l’étude et la brutalité des formules médiatiques. Les auteurs parlent d’association spatiale robuste, de plausibilité biologique, de contribution possible des mélanges de pesticides aux trajectoires de cancérogenèse. Beaucoup de titres ont entendu : la preuve est faite. Ce n’est pas la même chose.

Il faut enfin rappeler que les liens les mieux établis entre pesticides et cancers dans la littérature ne reposent généralement pas sur un signal aussi large et aussi agrégé. Ils concernent plutôt des associations plus ciblées entre certaines substances ou familles de substances et certains cancers précis. C’est le cas, par exemple, du lien entre chlordécone et cancer de la prostate, ou encore des associations décrites entre certains organochlorés comme le lindane ou le DDT et certains lymphomes. C’est aussi pour cela que ce papier interpelle : il propose un signal plus large, plus massif, et moins lisible cliniquement que ce que la littérature avait jusqu’ici surtout documenté. Cela ne l’invalide pas, mais cela oblige à davantage de prudence et à demander des confirmations indépendantes.

Alors, que faut-il retenir ?

D’abord, que cette étude ne doit pas être balayée. Elle est innovante et elle pose une vraie question. Les approches classiques, molécule par molécule, passent probablement à côté d’une partie du réel. Le monde n’expose pas à une substance isolée, mais à plusieurs produits au cours d’une vie.

Ensuite, que le résultat principal doit être interprété avec beaucoup de prudence. Le sur-risque mis en avant est élevé, très élevé même, et justement cela devrait pousser à demander des confirmations indépendantes. Plus un effet semble fort, plus il doit être répliqué.

Enfin, qu’il faut résister à deux caricatures. La première serait de dire : cette étude prouve « enfin » que tous les pesticides causent LE cancer. La seconde serait de dire : ce n’est qu’une étude de plus sans intérêt. La vérité est tout autre : ce papier n’apporte pas de réponse, mais de nouvelles questions.

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