
Par où commencer ? Par des remerciements ? Comme chaque année, je vais rendre hommage aux mêmes : Rem, Renaud, Brice, Antoine, Fabien pour tous leurs rôles. Mais aussi H2L29, CerfVolant et George pour leur dévouement sur le forum. Remercier tous ceux qui financent le blog par des dons, par l’affiliation ou en le diffusant. Merci aussi à tous ceux qui commentent et partagent leur expérience, c’est plus que souvent riche et intéressant pour chacun.
J’espérais que 2025 verrait la fin des principaux conflits mondiaux et une amélioration notable de la vie de millions de civils. J’ai été déçu. A nouveau j’attend plus de paix et d’espoir pour tous les peuples.
Ce préambule passé, on va pouvoir parler de 2026.
2026 va connaitre un fort recul technique
Cette année va être à la fois très compliquée et très intéressante. Compliquée sur deux plans différents qui affectent particulièrement la vie du blog. Je relis mon billet du jour de l’an 2025 et je m’aperçois que mon appréhension de ce que devenait le marché MiniPC s’est pris de plein fouet un joli mur en cette fin 2025.
Beaucoup d’acteurs se sont sentis pousser des ailes, imaginant que monsieur et madame tout le monde allaient acheter des MiniPC à des prix de plus en plus élevés. Sans comprendre que la concurrence classique que sont les portables et les ordinateurs compacts allait leur mettre des bâtons dans les roues. La fin d’année a été une explosion spectaculaire de ces ambitions. Coller des puces hyper haut de gamme, associées à plein de mémoire vive et énormément de stockage dans un MiniPC. Et voir leur prix s’envoler à plus de 3000€ a fait tomber pas mal de glaçons au fond des bacs à douche.

Les habitudes prises de compenser une faiblesse d’innovation technique remplacée juste par des augmentations de RAM et de stockage ont également pris un mur composé de splendides briques de réalité du marché. C’est amusant de proposer un MiniPC avec 32 Go de RAM quand la mémoire vive est disponible à foison. Beaucoup moins drôle quand elle ne l’est plus. Paradoxalement, certaines marques s’en sont bien mieux sorties en travaillant justement leur image et leurs designs,. Elles ont doré un blason qui existait depuis longtemps en mettant en avant de l’ingéniosité plutôt qu’en gonflant leurs tableaux de caractéristiques.
Pour 2026, la situation ne s’annonce pas formidable. J’espère qu’elle débouchera sur des changements d’approche de la part des différents acteurs. Le marché va grandement souffrir pendant, au moins, la première moitié de l’année. Il va falloir du temps pour que les mémoires changent.
La mémoire vive, tout le secteur des semi-composants en réalité, va encore trinquer sur toute l’année 2026 mais les deux trimestres qui viennent vont voir la situation s’aggraver. On voit déjà que l’assèchement des disponibilités de mémoire a transformé le paysage informatique : Les MiniPC noname sont vendus en barebones puisque leurs distributeurs ne peuvent plus acheter de composants. Les marques plus connues comme Beelink, Geekom, Minisforum et d’autres ont un peu plus de disponibilités mais leurs tarifs se sont envolés.
Sur le segment portable, tout le monde sait déjà que les prix vont exploser et les caractéristiques vont baisser. On va payer plus cher en 2026 un portable avec moins de mémoire et de stockage qu’en 2025. Sur le segment du PC classique, assemblé ou non, la situation va être aussi compliquée. Les machines de bureau des grandes marques vont subir les mêmes hausses de prix. Les assembleurs de leur côté vont devoir trouver des solutions pour faire face à une situation impossible. Sans mémoire vive ou avec peu de disponibilité, les commandes ont commencé à chuter juste après la période du Black Friday. Avec des ventes qui ont été divisées par deux du jour au lendemain sur des configurations ou des composants clé comme les cartes mères. Sans RAM ou avec des prix délirants, les gens vont faire durer leur configuration actuelle le plus longtemps possible.
Je parlais des mémoires un peu plus haut. Parce que l’autre élément déterminant de 2026 va être la mémoire des acheteurs. On sait déjà que les augmentations de prix, les changements de caractéristiques, des machines ne vont pas impacter de la même manière en ce début d’année 2026 qu’à la rentrée de septembre. Certains vont résister à un nouvel achat parce que le prix qu’ils ont en tête, la configuration qu’ils ont regardée il y a quelques mois, était beaucoup moins chère. Mais au milieu de 2026 cette mémoire sera plus floue. Le public se sera habitué à cette nouvelle donne d’une informatique plus chère. Ce qui risque de ne pas changer en revanche, c’est leur pouvoir d’achat. Et je pense que sur l’année 2026, la statistique des ventes de PC sera absolument catastrophique.
Cela va être un challenge pour Minimachines car, sans publicité, la vie du site dépend énormément de l’affiliation. Et si les ventes s’écroulent, c’est tout le système économique du blog qui tombe avec. On verra bien comment les choses se passent mais les perspectives ne sont pas forcément réjouissantes. Et c’est là que l’on se retrouve face au second défi que 2026 nous réserve.

Un voyage généré par Gemini en Vue Dynamique comme résultat de recherche
2026, l’année du web par IA
Le web est en plein bouleversement. Vous en avez sans doute entendu parler, j’en ai glissé plusieurs fois des mots dans les commentaires, mais la course actuelle menée par les acteurs de l’IA concerne la recherche en ligne. Tout le monde rêve de détrôner Google comme moteur de recherche et tout le monde a la même recette.
Aujourd’hui quand vous éditez un site web votre premier lecteur, celui auquel vous pensez le plus, ce n’est pas le lecteur final. C’est Google. C’est triste à dire mais quand vous naviguez sur site classique, vous vous en rendez bien compte. Tout l’enjeu est de choisir les bons mots-clés et de les agencer dans un piège à visiteurs. Vous écrivez votre article, vous le saupoudrez de l’expression que vous voulez mettre en avant sur les moteurs de recherche et vous allongez le tout avec la mayonnaise classique. Titre énigmatique ou catastrophique mis en scène pour donner l’envie impérieuse de cliquer. Image d’illustration plus ou moins débile où un type bouche ouverte pointe du doigt un bidule avant une retouche HDR tous les potards à fond. Introduction délayée au maximum pour vous faire descendre devant au moins deux encarts de pub et rester sur la page assez de temps pour qu’elles soient considérées comme « vues ». Vidéo qui se lance en popup, seconde pub en bas de page, etc… Le tout est ensuite publié suivant des paramètres complexes d’heures de visite, de tranches d’âges de visiteurs et autres éléments calculés par des « experts SEO ».

Un site web moderne sur smartphone en 2026 : 100% pub
Donc, en gros, le site explique à Google qu’il faut venir voir une page précise sur un sujet « tendance » bien identifié. Lorsque celui-ci a bien été indexé et qu’un internaute interroge le moteur de recherche, il va lister le site dans la page des résultats. Vous aurez droit alors à la vignette HDR, le titre énigmatico-putaclic et un petit extrait sur le sujet. Tout ce qu’il faut pour vous donner envie de cliquer. Ensuite, que l’article soit intéressant ou non, qu’il soit une redite pure et simple d’un article déjà écrit la veille sur le même sujet à la mode mais avec un autre agencement de mots clés, peu importe. Ce qui compte, ce n’est pas que le visiteur soit informé, c’est qu’il se mange un maximum de pub. C’est ça le gros du web aujourd’hui.
En 2026, les choses vont changer. Parce qu’après avoir bien dressé les rédactions à créer du contenu indexé de manière précise pour que de petits robots logiciels sachent de quoi chaque article parle, Google et les autres vont changer de méthode. On devrait voir apparaitre une nouvelle manière d’indexer les sites. Le petit jeu du mot clé mis en avant sur un sujet existera toujours, mais Google ne veut plus forcément vous pousser à cliquer sur des liens pour en savoir plus.
Google va présenter ces retours via son interface Gemini qui peuple de plus en plus de smartphones Android, un résumé de ce que vous cherchez. En envoyant de petits robots IA butiner les différents sites qui ont entré les bons mots clés, le moteur de recherche va vous présenter non pas un listing de sites à aller consulter, mais un « pot pourri » de ce qu’ils écrivent. Ce sera très joli, un condensé de votre recherche avec des points listés et mis en évidence et même des liens directs vers le meilleur tarif. Au lieu de nécessiter le voyage sur 6 sites différents pour avoir une réponse entrecoupée de dizaines d’écrans de pub, de consentement à bouffer des milliers de cookies et de tonnes de vidéos sans rapport hurlant dans vos oreilles, vous aurez un résumé sur-mesure.
Vous comprenez ainsi pourquoi c’est la course à l’équipement depuis quelques trimestres. Les différentes IA du amrché veulent prendre la place de Google comme point d’entrée sur le web car c’est là que l’argent va être. Devenir le nouveau moteur de recherche est la clé de voute de l’IA du futur. Quand les gens ne diront plus « t’as qu’a chercher sur Google » mais plutôt « t’as qu’a demander à ChatGPT ou Gemini ».
Evidemment, c’est un peu la panique dans le milieu de l’édition web. Parce que si les internautes ne cliquent plus sur les pages, alors il n’y a plus de pub ni d’affiliation. C’est un challenge compliqué à gérer car aucune parade n’existe à priori. Vous pouvez dire aux robots IA que vous ne voulez pas qu’ils parcourent votre site, mais cela ne changera pas grand-chose. D’abord, parce qu’en conséquence il y a de grandes chances que le robot classique de Google ne les parcoure plus non plus à terme. Ensuite parce qu’il restera toujours les marchands et les marques pour proposer du contenu puisqu’en échange Google pointera ses liens vers eux.
Imaginons que vous fassiez une recherche pour acheter un ordinateur portable. Aujourd’hui, vous avez une profusion d’articles parlant du « meilleur portable » ou des listings de « portables pour étudiants » qui ne sont que des moyens de faire de l’affiliation grâce aux moteurs de recherche. Demain, ce sera Google qui proposera son propre listing avec des points clés de comparaison et un résumé des éléments importants pour chaque machine et des liens directs vers les meilleurs tarifs. Toute la partie qui se glisse aujourd’hui entre les deux est remplacée par une IA qui va résumer les contenus.
Evidemment, c’est une catastrophe pour les sites web. La seule parade est de générer du contenu moins automatique et plus journalistique. D’avoir des rédactions avec des humains q’on va lire pour leur signature. Comme on peut lire des articles de critiques cinéma, politique, économique dans de grands organes de presse papier parce que le point de vue de l’auteur est éclairant. Malheureusement, le système économique du web ne fonctionne plus comme cela. La pub ne rapporte pas assez, malgré sa nuisance, pour financer les salaires des grands journalistes. Et on ne fait absolument plus confiance en un site qui va accepter de dire dans un publi rédactionnel le lundi que HP fait les meilleurs portables puis d’annoncer le mardi que c’est Lenovo le meilleur. Quand, la veille, un article vous dit qu’une boite comme Intel doit absolument vendre sa division de fabrication de composants. Puis, un trimestre plus tard, le même site vous explique que les acteurs du monde informatique ne doivent pas dépendre d’autres fabricants pour fonctionner, il y a de quoi s’étonner.

Il fût un temps ou les gens achetaient de la presse papier juste pour la signature d’un critique qu’ils adoraient ou qu’ils detestaient. Les Cahiers du cinéma en furent un bon exemple.
Personnellement, je lis des signatures en ligne. Parce que je sais que le contenu est réfléchi, et cela même si je ne suis pas forcément d’accord avec ce qu’elles écrivent. Quand je parcours les pages de Next, que je lis le pavé numérique ou John Gruber et plein d’auteurs francophones ou anglophones pour des sujets précis. Je lis cela avant tout parce qu’il y a un humain qui se soucie de ses lecteurs derrière. Qui avance une réflexion dans la durée et développe des théories qui se matérialisent dans le monde réel. Je cherche davantage une colonne vertébrale qu’une réflexion girouette qui change suivant l’air du temps et l’appétit des tendances.
Comme beaucoup d’autres, je fais une sorte de revue de presse personnelle non pas de sujets ou de titres mais de gens, en partie grâce à la magie quasi oubliée du système RSS. Magie qui pourrait largement revenir à la mode d’ailleurs. Je ne lis pas des titres dans leur globalité, mais des signatures. Et c’est à mon sens la seule chose qui pourrait sauver le web de l’évolution promise par tous les moteurs de recherche. Il semblerait que beaucoup choisissent une autre voie en intégrant non pas de bons rédacteurs mais au contraire des IA pour un contenu low-cost profilé au millimètre afin de générer des articles à la chaine.
Qu’est-ce que tout cela va changer pour Minimachines ? A priori pas grand-chose. Le blog ne faisant pas de pub, je me fous depuis toujours de l’heure à laquelle je publie, du nombre de mes publications par jour ou même de référencer du contenu par rapport aux sujets tendance. J’ai essayé de créer une signature, justement. Pas mal de mes lecteurs viennent par habitude et par réflexe, sans forcément tomber sur le site via une recherche préalable. Il y’en a, bien entendu, qui découvrent un artiocle au gré d’une recherche mais au final je me fiche de savoir comment ils viennent. Je n’ai pas besoin d’afficher des dizaines de milliers de popups de pub chaque mois pour vivre en faisant manger des cookies à un maximum de monde. C’est un vrai luxe et j’en profite.
Ce que j’espère, c’est que les internautes fuyant, les sites webs vont redévelopper leurs rédactions. Mettre en avant le contenu plutôt que la pub, travailler à être moins les passe-plats d’annonceurs et plus au service des lecteurs et de l’information. Il est peu probable que la situation tourne ainsi et j’ai bien peur qu’au contraire cela aille de mal en pis, mais c’est le moment de l’année où on peut espérer le meilleur.
Peut être que de mon côté, je profiterai de 2026 et de ces changements dans l’air du temps pour accentuer ce côté différenciant. Vous donner envie de lire Minimachines même si vous n’aurez vraiment plus envie d’en acheter une. Parce qu’elle sera bien trop chère tout au long de l’année.
Bonne année 2026 à toutes et à tous ! © MiniMachines.net. 2025